Pourquoi les avantages fiscaux font des Îles Turks et Caïques un paradis pour les investisseurs immobiliers

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Pour un investisseur immobilier international, les Îles Turks et Caïques cumulent deux atouts rarement réunis dans les Caraïbes : un marché haut de gamme en forte croissance et un environnement fiscal quasi exempt d’impôts directs. Concrètement, un propriétaire étranger peut y détenir une villa de luxe ou un condo sur la plage, encaisser des loyers élevés en dollars américains et revendre avec une forte plus-value… sans être frappé d’impôt sur le revenu, sans capital gains tax et sans taxe foncière annuelle.

Bon à savoir :

Les Îles Turks et Caïques appliquent un système fiscal simple et lisible, incluant un droit de timbre à l’achat, une taxe sur l’hébergement touristique, des droits de douane et, pour les résidents actifs, quelques contributions sociales. Cette structure offre une grande prévisibilité, un atout majeur pour les investisseurs.

Un environnement fiscal « zéro impôt direct » taillé pour l’investissement

Les Îles Turks et Caïques se présentent comme une juridiction à « zéro taxation directe ». En pratique, cela se traduit par une liste impressionnante de taxes… qui n’existent tout simplement pas.

Attention :

Aux Îles Turks et Caïques, il n’existe pas d’impôt sur le revenu pour les particuliers (loyers, plus-values immobilières, dividendes, intérêts, crypto-actifs) ni pour les sociétés (bénéfices). Les revenus offshore des entreprises enregistrées localement échappent également à toute imposition.

L’autre élément déterminant pour l’immobilier est l’absence de taxe foncière annuelle. Une fois le droit de timbre payé à l’acquisition et le titre de propriété inscrit au registre foncier, il n’existe pas de prélèvement récurrent type property tax, là où de nombreux États caribéens imposent un pourcentage annuel de la valeur cadastrale.

Astuce :

Le cadre fiscal est avantageux avec l’absence d’impôt sur les plus-values (capital gains tax), d’impôt sur les successions et d’impôt sur la fortune (wealth tax). Un propriétaire peut ainsi transmettre un bien à ses héritiers sans aucun droit à payer sur la valeur de l’actif. Cet aspect est particulièrement important pour les familles à haut patrimoine qui souhaitent organiser une transmission internationale de leurs biens.

Enfin, il n’y a ni TVA, ni sales tax générale. La consommation est taxée de manière ciblée via des droits de douane, une taxe d’hébergement touristique et quelques prélèvements sectoriels (télécoms, carburants, alcool), mais pas de TVA sur chaque transaction de la vie courante.

Une fiscalité d’acquisition simple : le droit de timbre comme pivot

L’impôt central pour un investisseur immobilier aux Îles Turks et Caïques est le droit de timbre sur les transactions immobilières. Il s’agit d’une taxe unique, due au moment du transfert de propriété, calculée en pourcentage du prix d’achat ou de la valeur de marché, selon le montant le plus élevé.

Ce droit de timbre varie en fonction de l’île et de la tranche de valeur du bien. Les îles les plus prisées des investisseurs internationaux – en particulier Providenciales et les îlots privés emblématiques – sont soumises à des taux plus élevés que les îles dites « secondaires ».

Barème du droit de timbre selon l’île et la valeur du bien

Le tableau ci-dessous synthétise les principaux taux applicables :

Localisation du bienValeur du bienTaux de droit de timbre
Providenciales, Parrot Cay, Pine Cay, Dellis Cay, Ambergris Cay, Water Cay, East & West Caicos≤ 25 000 $0 %
Idem> 25 000 $ et ≤ 250 000 $6,5 %
Idem> 250 000 $ et ≤ 500 000 $8 %
Idem> 500 000 $10 %
Grand Turk, North Caicos, Middle Caicos, South Caicos, Salt Cay≤ 25 000 $0 %
Idem> 25 000 $ et ≤ 100 000 $5 %
Idem> 100 000 $6,5 %

Ce système est particulièrement lisible pour un investisseur : le taux appliqué est celui de la tranche correspondant à la valeur totale du bien, non un système par paliers progressifs. Un condo à 600 000 $ sur Grace Bay bénéficiera ainsi du taux de 10 % sur l’intégralité du prix.

Bon à savoir :

La base imposable lors de la cession d’un bien immobilier peut être diminuée de la valeur des « chattels », c’est-à-dire des meubles et équipements inclus dans la vente (mobilier, électroménager). Il est d’usage d’affecter environ 10 % du prix total à ces éléments pour réduire légitimement la base taxable, à condition que cette valorisation reste raisonnable.

Autre point notable : pour un terrain nu destiné à une construction future, le droit de timbre est calculé uniquement sur la valeur du lot au moment de la vente, sans tenir compte du bâtiment à venir. Pour un investisseur qui envisage de développer un projet neuf (villa, résidence ou petit complexe touristique), cela a un impact direct sur le coût fiscal d’entrée.

50000

Le droit de timbre sur un prêt hypothécaire est plafonné à 50 000 $, limitant la charge fiscale même pour les financements importants.

Les coûts de transaction : un cadre compétitif et prévisible

Au-delà du droit de timbre, un investisseur doit prendre en compte les frais juridiques, les commissions d’agence et divers frais d’enregistrement. L’ordre de grandeur global permet néanmoins de rester dans un environnement compétitif par rapport à d’autres places caribéennes ou européennes.

Bon à savoir :

Les honoraires d’avocat pour une acquisition immobilière représentent généralement entre 1% et 2% de la valeur du bien. L’intervention d’un conseil local est indispensable pour vérifier le titre de propriété, les servitudes et la conformité de la transaction avec les règles de la Registered Land Ordinance.

Les commissions d’agences immobilières se situent le plus souvent autour de 6 % pour des biens développés (villas, condos) et jusqu’à 10 % pour des parcelles non bâties. Ces commissions sont traditionnellement prises en charge par le vendeur, ce qui allège la facture directe de l’acheteur.

8.5 à 10

Pour un acheteur, les coûts de clôture typiques représentent cette fourchette de pourcentage du prix d’achat.

Pour visualiser la structure de ces coûts, on peut la résumer ainsi :

Poste de coût pour l’acheteurFourchette indicative (en % du prix d’achat)
Droit de timbre5 % à 10 % selon l’île et la valeur
Frais juridiques1 % à 2 %
Frais d’enregistrement diversMontant fixe modeste (ex. 25 $/parcelle)
Total coûts de clôture (hors commission d’agent)Environ 8,5 % à 10 %

Du point de vue de la planification patrimoniale, cette fiscalité à l’entrée s’oppose à une absence quasi totale de prélèvements pendant la détention et à la sortie. Là où un investisseur européen ou nord-américain s’attend à payer chaque année une taxe foncière et, le moment venu, un impôt sur la plus-value, il n’a, aux Îles Turks et Caïques, à gérer que les coûts privés de possession (assurance, entretien, charges de copropriété).

Location touristique : forte rentabilité, taxation ciblée

La destination vit largement du tourisme haut de gamme. Les taux d’occupation dépassent 80 % dans certains segments, et les loyers journaliers de villas ou de condos de luxe peuvent atteindre des niveaux très élevés. Sur ce volet, le régime fiscal conserve sa philosophie : aucun impôt sur le revenu pour le propriétaire, mais une taxation de la consommation via une taxe d’hébergement.

Bon à savoir :

Les revenus locatifs, qu’ils proviennent d’un condo en résidence hôtelière ou d’une villa gérée par un property manager, ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu local. Un propriétaire non-résident peut ainsi percevoir ces revenus en dollars américains sans imposition locale.

En revanche, une Tourism Accommodation Tax de 12 % s’applique à la location de courte durée. Cette taxe frappe aussi bien les nuitées en hôtel que les séjours en villas et résidences touristiques. L’opérateur ou le propriétaire, ou plus souvent le gestionnaire de location, est tenu de collecter ces 12 % auprès des locataires et de les reverser à l’administration.

Bon à savoir :

Les baux d’une durée égale ou supérieure à six mois, définis comme locations de long terme, sont exonérés de la taxe de 12%. Cette différence fiscale est un élément clé à considérer pour les investisseurs comparant la rentabilité entre la location saisonnière et la location résidentielle à l’année.

La gestion d’une location saisonnière s’accompagne de frais de management significatifs, de l’ordre de 20 % à 40 % du revenu brut selon le niveau de service (accueil, conciergerie, marketing, maintenance). Il s’agit là d’un coût de marché, non d’une taxe, mais il impacte évidemment la rentabilité nette.

On peut résumer le schéma économique d’une location touristique ainsi :

ÉlémentTraitement aux Îles Turks et Caïques
Impôt sur le revenu du propriétaireAucun impôt local sur le revenu locatif
Taxe d’hébergement sur les séjours12 % du montant de la location (court terme)
Location long terme (≥ 6 mois)Non soumise à la taxe de 12 %
Frais de gestion de locationEnviron 20 % à 40 % des loyers bruts

Pour un investisseur étranger, il faut obviously tenir compte de la fiscalité de son pays de résidence, puisque l’absence d’impôt local ne neutralise pas nécessairement l’imposition dans l’État de domicile. Néanmoins, du point de vue de la structuration de l’investissement, la neutralité fiscale locale permet une grande latitude.

Coûts récurrents de détention : pas d’impôt, mais des charges privées

L’absence de property tax ne signifie pas que détenir un bien est gratuit. Dans un environnement insulaire exposé aux ouragans, les coûts d’assurance et de maintenance sont significatifs, et les charges de copropriété ou d’HOA peuvent représenter un poste important.

L’assurance habitation est fortement recommandée, et souvent exigée par les banques en cas d’emprunt. Les primes annuelles se situent légèrement autour de 1 % à 2 % de la valeur du bien. Pour une villa estimée à 1 million de dollars, il est donc courant de voir une prime annuelle entre 10 000 $ et 20 000 $.

500 à 800

C’est le montant mensuel, en dollars, que peut atteindre la facture d’électricité pour une grande propriété de haut standing, notamment en cas d’usage intensif de la climatisation.

Les résidences en copropriété sont gérées par des strata corporations ou des associations de propriétaires (HOA). Les charges correspondent à l’entretien des parties communes, des piscines, des jardins, de la sécurité, etc. Les écarts sont considérables d’un projet à l’autre, de quelques centaines de dollars par mois dans des résidences plus simples à plusieurs milliers pour les complexes de luxe ultra-services.

Astuce :

Outre les postes de charges principaux, il est crucial d’inclure dans vos projections financières les coûts liés à la maintenance courante, au jardinage, à l’entretien de la piscine, ainsi qu’aux réparations et remplacements d’équipements. Pour un investisseur visant un rendement net précis, l’intégration systématique de ces dépenses dès la phase d’étude est essentielle.

Enfin, il existe une redevance annuelle modeste de Landholding License de 300 $, qui tient plus du droit administratif que de la taxe foncière. Il ne s’agit pas d’un impôt calculé sur la valeur du bien, mais d’un frais fixe.

Une structure juridique souple pour les investisseurs étrangers

Un des grands atouts des Îles Turks et Caïques est l’absence de restrictions sur la propriété foncière par des non-résidents. Un investisseur étranger peut acquérir un bien en nom propre, sans exigence de partenaire local ni quota de détention.

La propriété peut aussi être détenue via une société locale à responsabilité limitée, qui peut être détenue à 100 % par des étrangers. Ce schéma est particulièrement répandu pour les projets commerciaux ou pour des objectifs de planification patrimoniale et de confidentialité.

Bon à savoir :

Le système foncier repose sur le modèle Torrens : chaque parcelle est identifiée par un numéro de bloc et de lot. Le certificat de titre délivré par le Land Registry est garanti par l’État, ce qui rend le registre extrêmement fiable. En conséquence, la pratique de l’assurance titre, courante en Amérique du Nord, est rare voire inexistante localement.

Au plan purement fiscal, le choix entre détention en nom propre ou via société locale n’entraîne pas d’impôt sur les bénéfices ou sur les dividendes, puisqu’il n’y a pas d’impôt sur les sociétés ni de retenue à la source. En revanche, cela peut avoir des implications en cas de cession : la vente des parts d’une société détenant un actif immobilier est soumise à un droit de transfert de 8 % sur la valeur de marché du terrain, là où la cession directe du bien peut atteindre 10 % de droit de timbre selon l’île et la valeur.

Exemple :

Le tableau ci-dessous illustre la différence de traitement entre les cas, en présentant une comparaison visuelle des approches ou résultats mentionnés dans le contenu de l’article.

Mode de cessionBase de calculTaux applicable
Vente directe du bien immobilierValeur du bien (hors chattels)5 % à 10 % selon île/valeur
Vente de parts d’une landholding companyValeur de marché du terrain, proratisée8 %

Cette possibilité d’optimisation (légale) du taux de droit de timbre par la structure de détention est l’un des éléments que les investisseurs sophistiqués analysent en amont, en concertation avec des avocats locaux.

En parallèle, les structures de trust sont largement utilisées pour la protection d’actifs et la transmission. Les textes locaux reconnaissent divers types de trusts (VISTA trusts, discretionary trusts, private trust companies), sans imposer de fiscalité spécifique aux constituants, trustees ou bénéficiaires. Les lois prévoient des protections contre certaines revendications fondées sur la réserve héréditaire ou certains contentieux matrimoniaux, avec des délais de prescription stricts pour les créanciers.

Comparaison avec d’autres juridictions caribéennes

Dans le paysage régional, les Îles Turks et Caïques se distinguent par une combinaison de caractéristiques rarement réunies : langue anglaise, dollar US comme monnaie officielle, absence d’impôts directs majeurs et absence de contrôles de change.

Les analyses comparatives soulignent que, dans la Caraïbe anglophone, seuls les Îles Turks et Caïques et les îles Caïmans cochent simultanément toutes ces cases : pas d’impôt sur le revenu ni sur la propriété, pas de restrictions générales sur la propriété étrangère, pas de contrôle des changes, environnement juridique de common law et utilisation du dollar américain.

Bon à savoir :

Plusieurs destinations concurrentes importantes présentent des charges fiscales et réglementaires notables. Les Bahamas appliquent une taxe foncière, une TVA et des contrôles de change. La Barbade impose un impôt sur le revenu pouvant excéder 30%, une TVA et une taxe foncière. Les Bermudes combinent taxe foncière, taxe sur les salaires et des limitations importantes à l’achat de biens par les non-résidents. Enfin, les Îles Vierges britanniques soumettent la propriété foncière étrangère à des restrictions nécessitant des autorisations gouvernementales.

Dans ce contexte, la proposition fiscale des Îles Turks et Caïques apparaît particulièrement attractive pour un investisseur à la recherche d’un actif en devise forte, dans une juridiction stable bénéficiant d’une note de crédit A- et d’une croissance touristique solide.

Indirect taxes et coûts de construction : l’envers de la médaille

Si le cadre fiscal sur le revenu et le patrimoine est très favorable, l’État se finance principalement par des taxes indirectes. Les investisseurs immobiliers s’y trouvent directement exposés, en particulier lors de la construction ou de la rénovation.

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Les droits de douane représentent environ 30 % des recettes récurrentes du gouvernement et constituent le taux général d’importation pour la plupart des biens.

Pour un promoteur ou un investisseur qui envisage de construire ou de rénover en profondeur, ces niveaux de taxation à l’importation signifient que le coût total de revient sera élevé. Le prix au mètre carré de construction commence couramment autour de 250 $ US et peut grimper bien au-delà selon le standing et les finitions.

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Taux de la taxe appliquée sur les services de télécommunication en Guadeloupe.

L’hébergement touristique et la restauration sont également frappés par le taux de 12 %, qui, combiné à la taxe d’hébergement de 12 % sur les séjours, contribue de manière significative aux recettes publiques. À lui seul, l’Accommodation Tax représente près de 22 % des recettes budgétaires récurrentes, niveau similaire au droit de timbre foncier.

Pour un investisseur immobilier, ces éléments n’annulent pas les avantages fiscaux, mais ils expliquent le coût de la vie élevé sur place et la nécessité de bien calibrer son business plan en matière de construction, d’exploitation hôtelière ou de location courte durée.

Contributions sociales : seule forme de « taxe personnelle » pour les résidents

Pour ceux qui ne se limitent pas à un investissement passif mais décident de vivre et/ou de travailler sur place, les seules véritables formes de prélèvements obligatoires à caractère personnel sont les cotisations à la National Insurance (NI) et au National Health Insurance Plan (NHIP).

La NI fonctionne comme un régime de sécurité sociale couvrant, entre autres, retraite, invalidité, maternité ou chômage. Pour les salariés du secteur privé, la cotisation globale est de 12 % du salaire, répartie entre 6,5 % à la charge de l’employeur et 5,5 % pour l’employé. Les travailleurs indépendants cotisent à hauteur de 10 %, en choisissant une tranche de revenu de référence comprise entre 1 300 $ et 3 700 $ par mois.

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Plafond mensuel de la contribution au NHIP pour les salariés, partagée à parts égales entre l’employeur et l’employé.

Ces contributions sont techniquement des cotisations sociales et non des impôts sur le revenu. Mais dans un environnement sans income tax, elles constituent la principale charge obligatoire pour les résidents actifs. Pour un investisseur qui envisage de créer une structure locale avec employés, elles font partie intégrante du coût du travail.

Résidence par investissement : combiner fiscalité et statut migratoire

Acquérir un bien immobilier n’ouvre pas automatiquement un droit de résidence aux Îles Turks et Caïques, mais la réglementation prévoit plusieurs passerelles entre investissement et statut migratoire, notamment à travers les Permanent Residence Certificates (PRC) et les permis de résidence temporaires.

1000000

Le seuil d’investissement minimum pour obtenir un PRC par l’immobilier est d’un million de dollars sur les îles de Providenciales ou West Caicos.

Le PRC est assorti d’un droit de résidence permanente, sans obligation de présence physique minimale. Il ne confère ni citoyenneté ni droit de vote, et le droit de travailler nécessite une autorisation distincte. Les frais de dossier sont de 25 000 $ plus 150 $ de frais administratifs, avec un délai de traitement qui oscille autour de un à deux mois.

Bon à savoir :

La détention d’un bien immobilier d’une valeur supérieure à un million de dollars peut, dans certains cas, contribuer à l’éligibilité au Programme de Résidence au Canada (PRC). Cette possibilité reste soumise au respect des autres critères obligatoires, notamment celui d’avoir un casier judiciaire vierge.

Des permis temporaires annuels existent également pour les personnes disposant de moyens financiers indépendants et effectuant un investissement immobilier substantiel. Ces permis, qui coûtent typiquement 1 500 $ par an, n’offrent cependant aucune garantie de reconduction automatique et n’ouvrent pas forcément droit à un cumul de durée pour l’accès ultérieur à la résidence permanente.

Dans l’ensemble, le lien entre investissement immobilier et statut migratoire n’est pas aussi direct qu’un schéma classique de « citoyenneté contre investissement », mais il permet à un investisseur sérieux de sécuriser un droit de résidence durable dans une juridiction à fiscalité ultra légère.

Un marché immobilier soutenu par le tourisme et la rareté foncière

Les avantages fiscaux ne se comprennent pleinement qu’à la lumière de la dynamique de marché. Sur ce point, les chiffres récents confirment que les Îles Turks et Caïques ne sont pas qu’un « refuge fiscal », mais bien un marché immobilier de destination en forte traction.

Le volume des transactions immobilières a atteint environ 693,5 millions de dollars en 2024, avec une progression notable du segment des condominiums, dont les ventes ont bondi de 40 % par rapport à 2023. Plusieurs années récentes ont vu des montants annuels totaux dépassant les 700 ou 780 millions de dollars, avec des hausses spectaculaires sur certains trimestres.

Attention :

La demande immobilière se concentre sur des zones emblématiques (Grace Bay Beach, Leeward) et des îles privées de prestige (Parrot Cay, Ambergris Cay). Les villas de luxe en front de mer et les résidences de marques hôtelières renommées (Ritz-Carlton, Wymara Villas, Beach Enclave, The Strand, Rock House, South Bank, ainsi que les nouveaux projets Andaz, The Loren, St Regis) contribuent à une forte pression sur les prix.

Le marché du foncier brut n’est pas en reste : les parcelles non bâties représentent environ un cinquième des transactions, avec un prix moyen ayant nettement progressé ces dernières années. Pour les investisseurs ou développeurs, cette tension à la hausse sur le foncier reflète la combinaison de rareté géographique et d’appétit international.

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L’Accommodation Tax représente près de 22 % des recettes publiques, illustrant la place centrale du tourisme dans le modèle économique.

Cette dynamique de marché est essentielle pour comprendre pourquoi le gouvernement peut maintenir un système sans impôt sur le revenu ni taxe foncière : il se finance par les flux touristiques (hébergement, consommation) et par les transactions et imports générés par cette industrie, plutôt que par la richesse patrimoniale stockée.

Des incitations ciblées pour les grands projets et les PME locales

Au-delà du cadre général, les autorités des Îles Turks et Caïques déploient des incitations spécifiques via l’agence Invest Turks and Caicos (Invest TCI). Créée en 2015, cette structure publique accompagne gratuitement les investisseurs dans leurs démarches, depuis les études de faisabilité jusqu’à la négociation d’accords de développement avec le gouvernement.

Bon à savoir :

Pour les grands projets immobiliers ou touristiques, des concessions importantes peuvent être négociées. Elles incluent des réductions ou exonérations de droits de douane sur les équipements, des dérogations partielles sur les droits de timbre, et des accords de protection contre de futures taxes. L’accès à des terrains de l’État (Crown land) peut également être obtenu via ces Development Agreements.

En parallèle, un programme dédié aux micro, petites et moyennes entreprises (MSME) permet aux acteurs locaux, souvent dans le tourisme et les services liés, de bénéficier d’aides, de subventions, de soutien marketing et d’exonérations douanières, à condition qu’ils soient majoritairement détenus par des personnes ayant le statut de Turks and Caicos Islander.

Si ces dispositifs sont surtout conçus pour favoriser l’entrepreneuriat local, ils intéressent indirectement l’investisseur immobilier étranger, dans la mesure où un tissu de PME dynamiques améliore l’environnement de services (gestion, maintenance, restauration, loisirs) autour de son investissement.

Un cadre juridique de common law et une transparence internationale assumée

Les Îles Turks et Caïques sont un territoire britannique d’outre-mer régi par un système de common law. Le cadre législatif en matière immobilière (Registered Land Ordinance, Strata Titles Ordinance, Physical Planning Ordinance, National Parks Ordinance, etc.) donne aux investisseurs une visibilité claire sur leurs droits et obligations. Les titres de propriété sont garantis par l’État via un système de registre unifié, les contrats s’appuient sur une jurisprudence largement alignée sur celle du Royaume-Uni et du Commonwealth.

Bon à savoir :

Cette juridiction participe activement aux principaux mécanismes internationaux de transparence fiscale. Elle a conclu des accords d’échange d’informations (TIEAs) avec plusieurs pays du G20, met en œuvre le Common Reporting Standard (CRS) de l’OCDE et applique le dispositif FATCA avec les États-Unis. Les échanges avec le Royaume-Uni sont spécifiquement régis par un Tax Information Exchange Arrangement, qui couvre notamment le droit de timbre et la taxe d’hébergement.

Cette transparence n’annule pas les avantages fiscaux exposés plus haut, mais elle signifie qu’un investisseur bénéficiant de l’absence d’impôt sur le revenu ou sur les plus-values aux Îles Turks et Caïques reste généralement tenu de respecter les obligations fiscales et déclaratives de son pays de résidence. Autrement dit, il s’agit d’une place fiscalement attractive mais compatible avec les standards internationaux de conformité, non d’une zone d’opacité.

Conclusion : un outil puissant de stratégie patrimoniale… à manier avec méthode

Pour un investisseur immobilier international, les Îles Turks et Caïques offrent une équation singulière : un marché de luxe soutenu par un tourisme en croissance, un environnement politique et juridique stable, une devise forte (le dollar US) et un modèle fiscal où la quasi-totalité des impôts directs – revenu, plus-value, patrimoine, succession, bénéfices – sont tout simplement absents.

Bon à savoir :

En contrepartie d’une fiscalité sur la détention très faible, l’État prélève des droits sur les transactions (droit de timbre jusqu’à 10%), sur la consommation (droits de douane, taxe touristique de 12%, taxes sur services) et via des contributions sociales pour les résidents actifs. L’investisseur doit donc arbitrer entre ce coût d’entrée significatif et les avantages fiscaux à long terme, dans un marché immobilier dynamique.

La clé pour profiter pleinement de ces avantages fiscaux consiste à structurer l’investissement avec soin : choix de l’île et du segment de marché, décision entre détention en nom propre, via société locale ou via trust, anticipation des coûts de construction et d’exploitation, et intégration de la fiscalité du pays de résidence dans le montage global.

Pris dans leur ensemble, ces éléments expliquent pourquoi les Îles Turks et Caïques se sont imposées comme l’une des juridictions les plus attractives au monde pour une stratégie immobilière orientée à la fois vers le rendement locatif haut de gamme et vers la préservation de patrimoine sur le long terme.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie aux Îles Turks et Caïques
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, déjà bien structuré patrimonialement en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel aux Îles Turks et Caïques pour rechercher du rendement locatif saisonnier haut de gamme et une exposition en dollars américains. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après étude de plusieurs îles (Providenciales, Grand Turk, North Caicos), la stratégie retenue a consisté à cibler une villa ou un condo dans une zone touristique en croissance comme Grace Bay, combinant rendement locatif brut cible proche de 10 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et potentiel de valorisation lié au tourisme de luxe, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement/travaux légers) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection de l’île et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, attorney, comptable), choix de la structure (propriété directe ou via société locale/LLC offshore) et définition d’un plan de diversification patrimoniale intégrant les risques juridiques, fiscaux et locatifs propres aux Îles Turks et Caïques.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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