Les tendances actuelles du marché immobilier à Saint-Barthélemy

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Longtemps réservé à quelques initiés, l’immobilier à Saint-Barthélemy est aujourd’hui l’un des marchés les plus chers et les plus fermés au monde. Après une décennie de hausse spectaculaire, marquée par les chocs d’Irma puis du Covid, l’île entre dans une nouvelle phase : les excès de la flambée post-pandémie s’estompent, sans remettre en cause une trajectoire de valorisation solide, portée par la rareté du foncier, un tourisme ultra-luxe et un cadre fiscal singulier.

Bon à savoir :

Le marché se rééquilibre entre ses segments et voit ses délais s’allonger pour le très haut de gamme. L’offre de revente pour les biens construits après 2017 augmente, tandis que les pressions réglementaires et les tensions sociales sur le logement s’accentuent. Ce micro-marché mêle calculs de rendement locatif, une spéculation modérée et des stratégies patrimoniales sur le très long terme.

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Un marché passé de la frénésie à la stabilité assumée

Pendant plusieurs années, Saint-Barthélemy a vécu au rythme d’une véritable course à l’achat. Après le passage de l’ouragan Irma en 2017, l’île a surpris par sa vitesse de reconstruction, ce qui a rassuré les investisseurs. Les prix, d’abord corrigés d’environ 22 % entre 2017 et 2018, sont rapidement repartis à la hausse pour se retrouver en 2019 environ 30 % au-dessus de leur niveau d’avant Irma.

70

En dix ans, le prix au mètre carré a augmenté d’environ 70 % à Saint-Barthélemy.

À partir de la mi-décembre 2022, le marché sort cependant de sa phase de « boom frénétique » pour entrer dans ce que les professionnels décrivent comme un nouvel équilibre. La vague de hausses brutales est terminée, les transactions se raréfient momentanément et les délais de vente se rallongent, notamment sur les biens les plus chers. Mais la tendance de fond ne bascule pas : la demande reste structurellement supérieure à l’offre, et les projections tablent désormais sur une croissance annuelle des valeurs comprise entre 8 et 10 % à long terme, plutôt que sur les coups d’accélérateur à deux chiffres observés après Irma et pendant le Covid.

Une résilience éprouvée face aux crises

Ce repositionnement ne doit pas faire oublier la capacité de l’île à traverser les tempêtes économiques. Lors de la crise financière de 2008, les prix n’ont pas reculé. Après Irma, le rebond a été fulgurant. Pendant le choc pandémique de 2020, alors que de nombreuses destinations perdaient pied, Saint-Barthélemy a enchaîné les records de transaction. Les prix au mètre carré, déjà parmi les plus élevés du globe, ont continué à progresser.

Exemple :

Le marché immobilier de Monaco résiste aux crises grâce à un territoire exigu (21-25 km²), limitant mécaniquement l’offre. Son statut de collectivité d’outre-mer lui confère une grande autonomie fiscale et en urbanisme. Il bénéficie également d’un cadre juridique protecteur (droit français et européen) et d’une clientèle internationale ultra-fortunée, peu sensible aux taux d’intérêt ou aux cycles économiques classiques.

Des segments de marché qui n’évoluent pas au même rythme

Si l’on parle souvent « du » marché de Saint-Barthélemy, la réalité est plus nuancée. Tous les segments n’évoluent pas au même tempo, et la phase actuelle de stabilisation met en lumière des différences marquées selon les gammes de prix.

Ultra-luxe : plus de temps, légers ajustements

Les villas et domaines au-delà de 10 millions d’euros, voire jusqu’à 50–60 millions pour les propriétés les plus spectaculaires, sont les premières à montrer des signes d’essoufflement relatif. Là où une villa à plus de 10 millions trouvait preneur en environ douze mois il y a peu, il faut désormais souvent près de deux ans pour conclure une vente. Dans ce segment, des ajustements de prix de l’ordre de 12 à 20 % sont observés sur les biens qui traînent sur le marché.

Attention :

Pour les propriétés entre 5 et 10 millions d’euros, les délais de vente s’allongent et la négociation est plus marquée, sans signe de retournement du marché. Ce segment reste peu liquide, avec une base d’acheteurs potentiels mondiale mais très restreinte, rendant la plupart des transactions discrètes, voire confidentielles.

Cœur de marché : villas familiales et biens entre 2,5 et 5 millions

À l’inverse, le segment compris entre 2,5 et 5 millions d’euros apparaît beaucoup plus fluide. Le délai médian de vente se stabilise autour de quatre mois, reflet d’un équilibre plus sain entre une offre encore limitée et une demande solide, venue essentiellement d’acheteurs européens et nord-américains à la recherche d’une résidence secondaire avec 3 ou 4 chambres, piscine et vue mer.

Ce cœur de marché concentre une partie des villas familiales « typiques » de l’île, affichées en millions d’euros « à un chiffre » – souvent en milieu ou haut de fourchette selon l’emplacement. Dans ces gammes de prix, la pression haussière sur les valeurs est moins spectaculaire que lors du boom post-Covid, mais la progression reste régulière. Les experts anticipent là aussi une appréciation annuelle de l’ordre de 8 à 10 % sur les prochaines années.

Entrée de gamme relative : studios, petits appartements et biens sous 2,5 millions

En dessous de 2,5 millions d’euros, la situation est paradoxale. D’un côté, l’île a vu affluer de nouveaux biens à la vente en 2022 sur ce segment, faisant grimper le délai moyen de commercialisation d’environ 4,5 à 11 mois. De l’autre, les prix restent stratosphériques au regard des standards internationaux : un simple studio ou un condo d’une chambre tourne autour de 1 à 2 millions d’euros, et un deux-pièces de 56 m² à Gustavia a pu être proposé sur plan à plus de 3,1 millions.

Cette « entrée de gamme » est donc toute relative, même pour des acquéreurs très aisés. Elle illustre surtout la segmentation forte du marché entre d’un côté des biens accessibles aux ultra-riches internationaux, de l’autre une pénurie chronique de logements réellement abordables pour les travailleurs et résidents permanents.

Analyse du marché immobilier de luxe

Panorama des valeurs et des surfaces

Pour mesurer l’ampleur des niveaux de prix atteints, un simple coup d’œil aux fourchettes de vente suffit.

Type de bien / SegmentNiveau de prix typique (approx.)
Studio / 1 chambre condo1 à 2 M€
Appartement 2 chambres (ex. Gustavia, 56 m²)≈ 3,15 M€ sur plan
Villa familiale 3–4 chambresMillions d’euros « à un chiffre » (milieu/haut)
Villas luxe en secteur prime15 000 à 25 000 €/m² (et plus)
Marché courant haut de gamme20 000 à 30 000 €/m², parfois au-delà
Grands domaines de prestige15 à 60 M€
Record emblématique (domaine Rockefeller)≈ 135 M€ (avril 2023)

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les observateurs comparent désormais Saint-Barthélemy à Monaco, à Capri ou à Saint-Tropez plutôt qu’aux autres îles caribéennes.

Transactions : un volume plus volatil qu’il n’y paraît

L’évolution récente des volumes met en lumière une autre spécificité : sur un marché aussi petit, quelques ventes exceptionnelles peuvent changer la physionomie d’une année entière.

En 2021, 113 transactions ont été recensées, pour un montant global dépassant les 500 millions d’euros. En 2022, le nombre de ventes recule à 95, puis à 70 en 2023. Pourtant, le montant global reste proche des sommets de 2021, notamment grâce à la cession du mythique domaine Rockefeller à Colombier, autour de 135 millions d’euros, soit à lui seul près de 20 % du volume annuel.

94

En 2024, le nombre de transactions dans le segment immobilier de luxe est remonté à 94, confirmant un regain de dynamisme.

Cette volatilité apparente ne remet pas en cause la tendance lourde : dans son ensemble, le marché est décrit comme robuste, exclusif et mûr, avec une croissance désormais plus mesurée, mais installée.

Quelques repères chiffrés sur les volumes récents

Année / PériodeNombre de transactionsCommentaire clé
2021113Volume total > 500 M€
202295Ralentissement après le pic post-Covid
202370Moins d’actes, mais volume préservé grâce aux méga-ventes
202494Rebond des transactions
1er semestre saison 2024–2025n.c.Volume doublé pour certains leaders du marché
1er semestre 2025 (Sibarth)3 ventes ≥ 30 M€Segments ultra-prime toujours très actifs

Une offre rare qui s’ouvre… un peu

Le socle du modèle économique immobilier de Saint-Barthélemy, c’est la rareté. L’île ne fait qu’une vingtaine de kilomètres carrés, les pentes sont parfois abruptes, les zones constructibles sont strictement encadrées par le plan local d’urbanisme, et la Collectivité bloque les projets jugés trop massifs ou trop agressifs pour le paysage. Résultat : la plupart du temps, la demande dépasse très largement l’offre.

On estime aujourd’hui qu’il n’y a officiellement qu’une quarantaine de villas disponibles à la vente, plus une vingtaine d’« off-market » négociées en toute discrétion. Les terrains nus sont encore plus rares, avec des prix dépassant facilement les 1 000 €/m² pour les quelques parcelles de qualité.

L’effet « fin de cycle Irma »

Ce manque d’offre structurel va toutefois être partiellement atténué par un phénomène très spécifique au cycle en cours. La vague de reconstructions et de nouvelles constructions qui a suivi l’ouragan Irma a produit un stock important de maisons neuves entre 2017 et 2018. Or, la Collectivité a durci la fiscalité des plus-values immobilières dès mai 2017 : la taxation est passée de 20 % à 35 % sur les huit premières années de détention, avant de repasser sous le régime français plus classique.

Astuce :

Une grande partie des villas construites ou achetées après le passage de l’ouragan Irma atteignent leur maturité fiscale vers 2024–2025, les rendant soudainement plus intéressantes à revendre. Par conséquent, le stock de maisons bâties après 2017, en particulier celles avec deux ou trois chambres et une vue sur la mer, commence à réapparaître sur le marché.

En 2018, près de 90 % des villas proposées étaient neuves ; à la fin 2020, elles ne représentaient plus que 35 % de l’offre, et environ 20 % des transactions aujourd’hui. Le mouvement de revente des biens récents devrait donc contribuer à alimenter le marché dans les prochaines années, sans suffire pour autant à combler le déficit structurel d’offre.

Politique publique : freiner la spéculation, préserver le cadre de vie

Face à la pression immobilière et à une crise aiguë du logement pour les résidents et les travailleurs saisonniers, la Collectivité de Saint-Barthélemy a durci sa politique. Outre le renforcement de la fiscalité sur les cessions rapides, elle a suspendu la délivrance de nouveaux permis de construire pour les grands projets de luxe, avec un double objectif : ralentir un développement économique jugé trop rapide, et concentrer les efforts sur le logement des habitants.

Réglementation du littoral

Les nouvelles mesures visant à encadrer la construction et à préserver les zones côtières face aux enjeux environnementaux.

Limitation des constructions

Les autorités limitent désormais la construction de villas géantes et imposent des gabarits mieux intégrés au paysage.

Études d’impact renforcées

Le renforcement des études d’impact environnemental est désormais obligatoire pour les nouveaux projets.

Adaptation au risque côtier

Envisagement d’un resserrement de la réglementation en zone littorale face au risque de montée des eaux.

Permis conditionnels

Les permis restent possibles sur certains fronts de mer, mais avec une orientation claire vers la préservation.

Préservation des espaces naturels

L’esprit des nouvelles règles va clairement vers la préservation des plages et du trait de côte.

Ce choix politique a un effet direct sur le marché : en bridant l’offre neuve très haut de gamme, il entretient la rareté sur le segment déjà le plus cher, tout en incitant les propriétaires à rénover et à remettre sur le marché des biens existants, que ce soit à la vente ou à la location longue durée.

Un cadre fiscal singulier, taillé pour les très hauts patrimoines

Saint-Barthélemy attire aussi pour ce qu’elle ne fait pas payer. Sur place, il n’existe ni taxe foncière annuelle, ni impôt local sur la fortune immobilière, ni impôt sur le revenu pour les personnes fiscalement domiciliées sur l’île depuis au moins cinq ans. Les loyers perçus localement ne sont pas taxés par la Collectivité.

Bon à savoir :

Lors de l’achat, les frais de transaction (droit de mutation, frais de notaire et coûts annexes) représentent environ 6 à 7 % du prix. À la revente, pour un non-résident, la France applique une taxe de 35 % sur la plus-value si la durée de détention est inférieure à huit ans. Au-delà de cette période, le régime rejoint le droit commun français, avec des exonérations progressives.

Pour les résidents longue durée, les règles sont plus indulgentes : après cinq ans de résidence fiscale sur l’île, il n’y a plus d’impôt local sur les plus-values, ni sur les revenus, ni sur le patrimoine, sous certaines conditions. Cette combinaison de stabilité monétaire (euro), d’absence de taxes récurrentes et de contrôle politique local en fait un outil de préservation patrimoniale très recherché par les fortunes internationales, plus qu’un terrain de jeu pour investisseurs à la recherche de cash-flow élevé.

Qui achète et qui possède à Saint-Barthélemy ?

Le profil des propriétaires reflète bien cette logique patrimoniale. Environ 30 % des villas appartiennent à des résidents locaux, 40 % à des Français de l’Hexagone, et 25 % à des Américains. En termes d’acheteurs récents, les Européens (Union européenne et Royaume-Uni) représentent environ 55 %, les Américains 35 %, et les 10 % restants se répartissent entre autres nationalités très aisées.

292000

En 2023, Saint-Barthélemy a accueilli environ 292 000 visiteurs, soit une progression annuelle de 10 %, avec une majorité venue d’Amérique du Nord.

Sur le marché de la location saisonnière type Airbnb, la clientèle est elle aussi massivement internationale : 86 % de visiteurs étrangers, dont plus de 60 % de ressortissants américains et près de 15 % de Français. La moitié appartient aux générations post-2000, preuve que l’attrait de l’île se renouvelle auprès de jeunes ultra-riches.

Locations saisonnières : un pilier du modèle économique

Derrière la façade « résidence secondaire », une grande partie des villas fonctionnent en réalité comme de véritables micro-entreprises hôtelières. On dénombre environ 1 000 villas disponibles à la location sur l’île, dont 650 positionnées clairement sur le segment luxe et gérées par quelque 70 agences spécialisées. Les 300 restantes, plus modestes, passent souvent par Airbnb ou sont proposées en direct par leurs propriétaires.

Des loyers parmi les plus élevés des Caraïbes

Les revenus locatifs donnent le vertige : les villas très haut de gamme se louent régulièrement entre 20 000 et 50 000 dollars par semaine en haute saison, certaines dépassant les 80 000. Durant la semaine du Nouvel An, les propriétés iconiques directement en front de mer peuvent atteindre ou dépasser 100 000 dollars hebdomadaires. Une villa de cinq chambres à Saint-Jean s’affiche ainsi à 75 000 euros la semaine en très haute saison.

23000

Les 10 % de propriétés les plus performantes sur Airbnb génèrent plus de 23 000 dollars de revenu mensuel.

Même les appartements plus modestes tirent leur épingle du jeu : un condo bien placé peut générer 3 000 à 6 000 euros par semaine, tandis que les maisons de taille moyenne se situent généralement entre 8 000 et 50 000 euros de loyer hebdomadaire, selon la saison, la vue et les services inclus.

Un marché très structuré et professionnalisé

Contrairement à d’autres destinations, la location saisonnière est fortement encadrée. Un régime d’autorisation existe, et les hébergeurs sont soumis à la taxe de séjour. La plupart des propriétaires confient leur bien à une agence locale assurant non seulement la commercialisation mais aussi l’intendance : entretien, conciergerie, housekeeping quotidien, transferts, chefs privés, chauffeurs, babysitters, location de yachts, organisation d’événements…

94,5

Sur les plateformes de type Airbnb, la grande majorité des annonces concernent des logements complets.

Rendement : modeste en pourcentage, puissant en valeur absolue

En proportion du prix d’achat, les rendements bruts se situent plutôt autour de 2 à 4 %, ce qui paraît faible comparé à d’autres marchés émergents. Mais ces pourcentages s’appliquent à des valeurs de plusieurs millions d’euros : un 3 % annuel sur une villa à 10 millions représente tout de même 300 000 euros de loyers bruts, souvent suffisants pour couvrir entretien, staff, assurances, frais de gestion et travaux de rénovation périodiques.

Pour des acheteurs principalement motivés par la préservation de capital et l’usage personnel, cette capacité à faire porter au marché touristique une partie des coûts de détention est un argument de poids.

Les quartiers phares : une géographie très segmentée

La notoriété de Saint-Barthélemy repose aussi sur la diversité de ses micro-marchés, chacun avec son ambiance, ses codes et ses niveaux de prix.

Gustavia, la capitale, concentre port de plaisance, boutiques de luxe (Louis Vuitton, Hermès, Cartier), restaurants gastronomiques, nightlife et appartements avec vues directes sur le port. La densité bâtie y est la plus forte, et la rareté des surfaces explique les prix exceptionnels des rares parcelles constructibles ou des penthouses avec terrasse.

Exemple :

Le quartier de Saint-Jean, avec sa baie emblématique, l’hôtel Eden Rock et le club Nikki Beach, offre une atmosphère balnéaire chic très prisée. Il est particulièrement recherché pour ses villas proches de la plage, accessibles à pied des restaurants et des commerces. On y trouve également des références de la location saisonnière haut de gamme, comme la villa BOM.

Pointe Milou incarne quant à elle le rêve de la villa suspendue sur l’océan, avec coucher de soleil à 180°. Cette enclave résidentielle ultra-exclusive aligne des propriétés spectaculaires comme Danse des Étoiles ou Villa Caramba, dont les prix et les loyers reflètent la qualité de la vue et le niveau de confidentialité.

Bon à savoir :

Flamands se distingue par sa grande plage et des établissements de luxe comme le Cheval Blanc (LVMH), offrant hôtels haut de gamme, villas en bord de mer et maisons en hauteur. Les quartiers de Gouverneur, Saline et Colombier privilégient l’exclusivité avec des plages peu construites, un accès parfois pédestre ou maritime, des vues dégagées et des domaines prestigieux, comme l’ancienne propriété Rockefeller à Colombier, atteignant des valorisations exceptionnelles.

Lorient, Vitet, Toiny, Grand et Petit Cul-de-Sac jouent un autre registre : ambiance plus villageoise, spots de surf, hôtels intimistes comme Le Barthélemy, villas contemporaines sur les hauteurs, lagons propices au kitesurf. Marigot, Anse des Cayes, Grand Fond ou Corossol complètent le tableau avec chacun leur équilibre entre authenticité, vue mer, et développement de nouvelles propriétés.

Une architecture post-Irma, entre luxe durable et normes cycloniques

Le passage d’Irma a profondément transformé l’architecture de l’île. Les reconstructions se sont faites selon des standards cycloniques rigoureux : structures renforcées, matériaux résistants, toitures repensées, ancrages renforcés. Cette contrainte a paradoxalement servi de catalyseur à une nouvelle génération de villas où « luxe durable » n’est plus un slogan marketing mais un cahier des charges.

Bon à savoir :

Les nouvelles constructions intègrent désormais des équipements durables comme des panneaux solaires, des systèmes de récupération d’eau de pluie, des vitrages performants et une isolation renforcée. Leur orientation est optimisée pour la ventilation naturelle, réduisant le besoin en climatisation. Le code de l’urbanisme impose également l’installation de citernes traditionnelles, souvent creusées dans la roche, pour compenser la pression sur la production d’eau dessalée, qui atteint environ 4 000 m³ par jour et s’avère insuffisante en haute saison.

La durabilité, nouveau critère de valeur

Au sommet du marché international, les études montrent que les acheteurs fortunés sont prêts à payer plus cher pour des logements éco-responsables : matériaux non toxiques, consommation énergétique optimisée, domotique avancée, etc. À Saint-Barthélemy, ce mouvement se traduit par le succès croissant des villas combinant design contemporain, standards européens, et dispositifs environnementaux concrets.

Pour un investisseur, ces caractéristiques ne sont pas qu’un argument d’image : une maison mieux isolée, équipée de panneaux solaires et de systèmes de récupération d’eau, réduit ses charges d’énergie, préserve les ressources limitées de l’île, et évite des travaux lourds à moyen terme. À l’échelle d’un patrimoine de plusieurs millions, la différence de coût d’exploitation sur dix ou quinze ans devient significative.

Les tensions sociales d’un marché « trop » réussi

Cet âge d’or immobilier a toutefois un revers. La flambée des prix n’épargne pas le quotidien des résidents : loyers à long terme astronomiques, raréfaction des baux classiques au profit de la location touristique, coût de la vie en forte hausse dans les restaurants et les supermarchés, difficulté pour les salariés, les saisonniers et même certains indépendants de se loger décemment.

Attention :

Les autorités locales alertent sur un risque de dépeuplement et de déracinement des habitants, nécessitant des actions pour rééquilibrer la situation. Les mesures envisagées, comme la suspension des grands permis de construire, la réorientation de l’offre vers le logement pour résidents et le renforcement de la réglementation en bord de mer, visent à répondre conjointement à des enjeux sociaux et environnementaux.

Pour l’instant, ces tensions n’ont pas infléchi la demande des ultra-riches, mais elles conditionnent clairement les orientations futures de la politique d’urbanisme et, à terme, la forme que prendra la croissance immobilière sur l’île.

Investir à Saint-Barthélemy aujourd’hui : à qui, pour quoi, comment ?

Au vu des niveaux de prix et de la structure de la fiscalité, Saint-Barthélemy n’est pas un marché pour investisseurs opportunistes. Il s’adresse à des acheteurs disposant déjà d’un patrimoine conséquent, qui cherchent avant tout à :

sécuriser une partie de leurs actifs dans un marché euro hautement résilient ;

profiter personnellement d’une résidence secondaire dans une destination ultra-privilégiée ;

– couvrir une partie des coûts grâce à des revenus locatifs de très haut niveau.

Une procédure d’achat encadrée, mais lisible

Le cadre juridique est celui du Code civil français, adapté au contexte local. Les transactions se déroulent sous le contrôle d’un notaire, qui assure les vérifications de titre, inscrit la vente au registre foncier français, et sécurise la signature. La plupart des achats se font en pleine propriété ; il n’y a pas d’obligation de résidence pour acquérir un bien.

Exemple :

Le parcours classique comprend : la recherche via une agence, la réception d’une offre, la signature d’un compromis ou d’une promesse de vente, le versement d’un dépôt d’environ 10%, un délai d’instruction de 60 à 90 jours, puis la signature de l’acte authentique et le paiement du solde. Les frais annexes (notaire et droits de mutation) s’élèvent généralement à 6–8% du prix d’achat.

Pour les non-résidents, l’obtention d’un financement local est possible mais limitée ; beaucoup optent pour un crédit depuis leur pays de résidence, ou tout simplement pour un achat comptant.

Un horizon de détention long, voire très long

Le durcissement de la taxe sur les plus-values la première décennie de détention et la faible liquidité du segment ultra-luxe rendent les stratégies de rotation rapide peu pertinentes. Les professionnels considèrent au contraire que Saint-Barthélemy se prête à un horizon de 10, 15 ou 20 ans, voire à une logique de transmission familiale.

Attention :

Sur le long terme, un rythme de progression annuelle de 8 à 10 %, couplé à des revenus locatifs couvrant les frais courants, en fait un outil puissant de valorisation et de protection du capital. Cependant, cet investissement comporte des risques majeurs : une très forte concentration du risque sur un micro-territoire et une exposition significative aux aléas climatiques.

Une île qui veut rester rare, chère… et habitable

Le marché immobilier de Saint-Barthélemy se trouve ainsi à un moment charnière. D’un côté, tous les fondamentaux qui ont fait son succès restent en place : rareté du foncier, attrait touristique unique, législation protectrice, fiscalité avantageuse pour les résidents, clientèle internationale surabondante, résilience aux crises. De l’autre, la Collectivité tente de freiner les excès d’un système devenu presque trop performant, au risque de sacrifier l’âme du territoire.

Bon à savoir :

Les signaux récents indiquent une évolution vers un modèle de croissance plus lent et sélectif : allongement des délais de vente dans le très haut de gamme, stabilisation des prix, retour des villas post-ouragan Irma sur le marché et durcissement réglementaire. L’île reste une destination très prisée des ultra-riches, tout en accordant une attention accrue à son environnement et à ses habitants.

Pour les investisseurs capables de supporter des tickets d’entrée à plusieurs millions d’euros, le message est clair : Saint-Barthélemy n’est pas l’endroit où l’on cherche la meilleure rentabilité brute, mais l’un des rares lieux où luxe, stabilité, fiscalité douce et rareté absolue se conjuguent, dans une perspective patrimoniale que peu de marchés peuvent aujourd’hui offrir avec un tel degré de certitude historique.

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Cas pratique : un investisseur français qui diversifie à Saint-Barthélemy
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Saint-Barthélemy afin de bénéficier du marché haut de gamme des villas de location saisonnière et d’une exposition à un territoire attractif des Antilles. Budget alloué : 1 000 000 à 1 500 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs quartiers (Gustavia, Saint-Jean, Colombier), la stratégie retenue a consisté à cibler une villa avec vue mer dans une zone à forte demande touristique, combinant rendement locatif brut cible de 6–8 % et fort potentiel de valorisation, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement + rafraîchissement) d’environ 1 300 000 euros. La mission a inclus : sélection du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, expert-comptable), optimisation du montage juridique et fiscal et définition d’un plan de diversification patrimoniale à long terme.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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