S’installer aux Îles Vierges des États-Unis en tant qu’expatrié

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Emménager aux Îles Vierges des États-Unis, c’est s’offrir un quotidien au cœur des Caraïbes tout en restant dans un cadre juridique et monétaire américain. Mais derrière les cartes postales, la vie sur place demande une préparation minutieuse, surtout pour un expatrié qui compte y travailler, y scolariser ses enfants ou y investir. Ce guide propose un panorama complet et pragmatique pour comprendre le territoire, calculer son budget, choisir son île, gérer les démarches d’entrée, de résidence, de santé, d’emploi, de fiscalité, de logement et d’installation pratique.

Comprendre le territoire et choisir son île

Les Îles Vierges des États-Unis (USVI) sont un territoire non incorporé des États‑Unis. L’archipel se compose de trois îles principales – St. Thomas, St. Croix et St. John – complétées par une myriade d’îlots, dont Water Island. La capitale, Charlotte Amalie, se trouve sur St. Thomas.

La population globale tourne autour de 84 000 à 87 000 habitants selon les sources, avec une forte proportion de résidents nés à l’étranger (environ 35 %). La langue officielle est l’anglais, parlé par les deux tiers de la population, tandis que l’espagnol est présent chez près d’un cinquième des habitants. La monnaie est le dollar américain et les prises électriques, le réseau téléphonique, la poste et une bonne partie des règles juridiques sont alignés sur ceux du continent.

Bon à savoir :

Le climat est tropical, avec des températures annuelles entre 24 et 32 °C. L’année est marquée par une saison sèche en hiver et une saison humide de l’été à l’automne. Il est essentiel de noter que la saison des ouragans s’étend de juin à novembre, un paramètre crucial pour tout projet de vie sur place.

St. Thomas, St. Croix, St. John : trois ambiances différentes

S’installer aux Îles Vierges des États-Unis, c’est d’abord choisir une île dont le mode de vie correspond à ses attentes.

St. Thomas est la plus urbaine et la plus connectée. C’est le principal hub touristique et de transport, avec l’aéroport international et deux grands ports de croisière. On y trouve le plus large choix de commerces, de restaurants, de services et d’emplois dans le tourisme, la finance et l’administration. La vie y est aussi plus chère que la moyenne américaine, avec un coût de la vie estimé autour de 32 % au-dessus de la moyenne nationale.

Exemple :

Saint-Croix, la plus grande île des Îles Vierges américaines, se distingue par son ambiance résidentielle et son caractère authentique. Elle est réputée pour son riche patrimoine historique, illustré par les villes coloniales de Christiansted et Frederiksted, et pour son identité locale très marquée. Un avantage notable est son coût du logement, généralement plus abordable que sur les îles voisines de Saint-Thomas et Saint-Jean, en faisant une option intéressante pour les expatriés recherchant plus d’espace et un budget plus contenu.

St. John est la plus petite et la plus préservée : environ deux tiers de l’île appartiennent au Virgin Islands National Park, ce qui limite fortement la construction et maintient des paysages spectaculaires. La contrepartie de ce cadre naturel exceptionnel est un coût de la vie élevé (jusqu’à 41 % au-dessus de la moyenne américaine) et une offre de services plus restreinte, y compris en matière de santé (pas d’hôpital, seulement un centre de santé).

Le tableau ci‑dessous résume quelques différences utiles pour un premier repérage.

ÎlePopulation approximativeProfil généralCoût de la vie vs. moyenne USParticularités
St. Thomas~50 000Urbaine, touristique, capitale, ports+32 %Plus d’emplois, plus d’animation
St. Croix~50 000Résidentielle, historique, plus étendueVariable, souvent plus basPlus d’espace, meilleurs prix immobiliers
St. John~4 000Très naturelle, parc national majoritaire+41 %Peu bâti, très recherché pour le calme

Conditions d’entrée, visas et résidence

La situation administrative dépend d’abord de votre nationalité.

Pour les citoyens américains

Pour un citoyen des États‑Unis, entrer aux Îles Vierges des États-Unis revient à voyager à l’intérieur du pays. Aucun passeport ni visa n’est exigé, que ce soit pour visiter, travailler ou s’installer durablement. Une pièce d’identité officielle avec photo (permis de conduire, carte d’identité d’État…) suffit en principe.

À partir de mai 2025, pour tous les vols domestiques, y compris à destination ou en provenance des Îles Vierges des États-Unis, un document d’identité compatible REAL ID ou un passeport valide sera requis aux contrôles de la TSA. L’entrée et la sortie sont suivies électroniquement par les autorités américaines (CBP), mais il n’y a pas de formulaires à remplir pour les citoyens américains.

Attention :

Pour un Américain, s’installer sur place est extrêmement simple d’un point de vue migratoire. Les principaux enjeux se situent au niveau fiscal et pratique, comme l’établissement d’une résidence « bona fide », le changement de permis de conduire et l’inscription sur les listes électorales locales.

Pour les non‑Américains

Pour les étrangers, les règles sont celles de l’immigration américaine classique. Les ressortissants des pays membres du programme d’exemption de visa (Visa Waiver Program) peuvent venir pour le tourisme ou les affaires jusqu’à 90 jours avec une autorisation ESTA, à condition de disposer d’un passeport en cours de validité, d’un ESTA approuvé, d’un billet retour et de ne pas être en situation d’inadmissibilité vis‑à‑vis des États‑Unis. L’ESTA coûte 14 dollars et se demande en ligne.

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Aucun pays non éligible au VWP n’est exempté de l’obligation de visa pour entrer aux États-Unis.

Pour un projet d’expatriation avec emploi local, il est crucial de disposer d’un statut de travail adapté (visa de travail, résidence permanente, citoyenneté). Le traitement des demandes, qu’il s’agisse de visas tourisme ou travail, prend généralement quelques jours à quelques semaines, et les frais associés (par exemple 175 dollars pour certains visas spécifiques aux Îles Vierges des États-Unis) sont non remboursables.

À noter : les Îles Vierges britanniques voisines constituent une juridiction distincte, avec leurs propres visas et permis de travail. Un expatrié aux Îles Vierges des États-Unis qui souhaite travailler ou séjourner dans les BVI doit se conformer aux règles de ce territoire.

Devenir résident « bona fide » et implications fiscales

L’un des grands attraits des Îles Vierges des États-Unis, notamment pour les entrepreneurs et les investisseurs, tient à leur régime fiscal spécifique. Le territoire applique un « miroir » du code des impôts fédéral américain : en pratique, les règles de l’Internal Revenue Code s’y appliquent, mais les impôts sont perçus par le Virgin Islands Bureau of Internal Revenue (VIBIR) et non par l’IRS, pour les revenus de source Îles Vierges.

Le statut de résident « bona fide »

Pour bénéficier des régimes avantageux, il faut démontrer une résidence « bona fide ». Ce statut repose sur trois volets : la présence physique, le domicile fiscal (tax home) et le centre d’intérêts vitaux.

Astuce :

Pour établir votre domicile fiscal aux Îles Vierges des États-Unis, trois critères principaux sont à considérer. Premièrement, la présence physique, dont le seuil emblématique est de 183 jours passés sur le territoire au cours de l’année fiscale. Bien que d’autres combinaisons existent, viser ce nombre de jours reste l’approche la plus simple pour un expatrié. Deuxièmement, votre activité professionnelle principale ou votre centre d’intérêts économiques doit se situer dans les Îles Vierges. Enfin, vous devez satisfaire au test du « closer connection », qui exige que vos liens les plus étroits (comme votre logement principal, votre famille, votre participation à des associations locales et vos comptes bancaires) soient localisés dans les Îles plutôt qu’aux États‑Unis continentaux ou dans tout autre pays.

Un expatrié qui remplit ces conditions déclare alors son revenu mondial auprès du VIBIR. Les taux d’imposition suivent la grille progressive américaine, jusqu’à 37 % pour les tranches supérieures, mais le territoire peut appliquer des réductions massives pour certaines activités.

Le programme Economic Development Commission (EDC)

Le dispositif le plus emblématique est celui de l’Economic Development Commission. Il s’adresse aux entreprises qui s’implantent dans des secteurs jugés stratégiques (services financiers, technologie, tourisme haut de gamme, énergies renouvelables, etc.), effectuent un investissement minimal d’au moins 100 000 dollars (hors stocks) et emploient au moins dix résidents à temps plein (ayant vécu dans le territoire au moins un an).

Avantages pour les entreprises éligibles

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une réduction de 90 % de l’impôt sur les sociétés (taux effectif aux alentours de 3,7 %) ;

– des exemptions totales de certaines taxes locales : taxe d’accise, taxe sur les recettes brutes, taxe foncière d’entreprise, sur une durée de 20 à 30 ans.

Dans certains cas, des abattements peuvent aussi concerner l’impôt personnel des dirigeants, si leur résidence bona fide est reconnue. Ce type de montage reste technique et nécessite l’appui d’avocats et de fiscalistes spécialisés, d’autant plus que des propositions législatives récentes visent à ajuster les seuils et les taux.

Il faut aussi être conscient des contreparties civiques : un citoyen américain devenu résident bona fide des Îles Vierges des États-Unis ne peut plus voter à l’élection présidentielle américaine, même s’il conserve un droit de vote aux scrutins locaux.

Coût de la vie et budget d’expatrié

Vivre aux Îles Vierges des États-Unis coûte nettement plus cher que dans la plupart des États américains. Entre l’insularité, la dépendance aux importations, l’énergie onéreuse et un marché immobilier tendu, l’expatrié doit anticiper un budget conséquent.

Ordres de grandeur du coût de la vie

Les évaluations convergent : le coût de la vie est entre 30 et près de 60 % supérieur à la moyenne américaine, selon que l’on inclut ou non le logement. Un indice global situe les îles environ 1,1 fois au-dessus de la moyenne nationale, mais certains postes spécifiques explosent :

les courses alimentaires peuvent être 30 à plus de 60 % plus chères que sur le continent ;

les restaurants sont en moyenne autour de 30 % plus coûteux ;

– l’électricité est facturée autour de 0,47 dollar par kWh, soit largement plus qu’aux États‑Unis continentaux.

Les estimations mensuelles, logement compris, donnent une idée assez parlante :

Profil de foyerBudget mensuel (approx.)Remarques
Personne seule (modeste)2 200 – 3 000 $Hors assurance santé
Personne seule (confortable)4 700 – 5 200 $Avec logement en zone centrale
Couple5 000 – 7 000 $Variable selon style de vie
Famille de quatre personnes5 900 – 8 700 $Hors santé et scolarité privée

Ces fourchettes dépendent de l’île choisie, du quartier, de l’habitude de manger dehors et de la consommation énergétique (climatisation, appareils électriques…).

Logement : loyers et achat

L’immobilier est le premier poste de dépense. Sur le marché locatif, on retrouve des niveaux comparables à certaines grandes villes américaines, voire supérieurs pour les biens avec vue sur mer ou proches des plages.

Quelques valeurs moyennes :

Type de bienLoyer mensuel moyen (USD)
Studio/1 chambre centre-ville1 500 – 1 600 $
Studio/1 chambre hors centre1 400 – 1 500 $
Appartement 3 chambres centre~3 250 $
Appartement 3 chambres hors centre3 400 – 3 700 $
Petite maison hors front de mer (3 ch.)3 000 – 5 000 $ (selon l’île)

Les loyers les plus élevés se trouvent sur St. Thomas et St. John, alors que St. Croix offre plus souvent des opportunités à 1 000–1 500 dollars pour un petit appartement.

Bon à savoir :

Les prix au pied carré sont élevés, autour de 967$ en centre-ville et 1 000$ hors centre. Un studio modeste démarre à environ 80 000$, tandis que les villas avec vue mer dépassent souvent 500 000$. L’assurance habitation obligatoire, couvrant notamment ouragans et séismes, coûte entre 1,35% et 3% de la valeur de reconstruction par an.

Alimentation, énergie et communications

Les produits alimentaires sont souvent importés, ce qui se reflète directement sur les prix. Un gallon de lait (3,8 L) peut coûter autour de 10 dollars, une douzaine d’œufs presque 7 dollars et une livre de blanc de poulet plus de 11 dollars. La note de supermarché d’une famille grimpe très vite, même en privilégiant les produits locaux (fruits tropicaux, poissons, quelques légumes).

Les restaurants suivent la même tendance : un repas simple dans un établissement bon marché tourne autour de 25 dollars, tandis qu’un dîner pour deux dans un restaurant de gamme moyenne peut facilement atteindre 120 à 130 dollars.

Les services de base complètent ce tableau :

facture d’électricité, eau et déchets pour un appartement de taille moyenne autour de 300–315 dollars par mois (parfois davantage en cas d’usage intensif de la climatisation) ;

– internet haut débit (60 Mbps et plus) environ 90 dollars par mois ;

– forfait mobile avec 10 Go de données autour de 110 dollars.

Transports et voiture

Conduire sur place coûte aussi plus cher qu’aux États‑Unis continentaux. Le litre d’essence revient à un peu plus d’un dollar (environ 5 dollars le gallon). L’achat d’un véhicule neuf est fortement majoré : un modèle type Toyota Corolla peut approcher ou dépasser les 40 000 dollars, en raison des coûts d’importation et d’insularité.

L’alternative consiste à faire venir sa voiture par cargo depuis le continent, pour un coût autour de 2 500 dollars, auxquels s’ajoutent les taxes routières basées sur le poids du véhicule et les droits de douane si le véhicule n’est pas d’origine américaine.

Les transports publics (Vitran) sont limités et peu pratiques pour un usage quotidien exigeant, même si un ticket de bus ne coûte que quelques dollars. Les « safari taxis » – pick‑ups aménagés transportant plusieurs personnes – et les taxis individuels complètent l’offre, mais à des tarifs élevés (20 dollars de prise en charge, environ 5 dollars par mile, plus de 30 dollars l’heure d’attente).

Travailler, entreprendre et trouver un emploi

L’économie des Îles Vierges des États-Unis est très dépendante du tourisme, qui représenterait autour de 60 % du PIB et des emplois, avec plus de deux millions de visiteurs par an. Viennent ensuite les secteurs publics (administration), la construction, quelques activités de fabrication et une montée en puissance des services financiers, des technologies et des énergies renouvelables.

Marché de l’emploi et salaires

Le taux de chômage récent avoisine les 3,5–3,5 % selon les années, ce qui traduit un marché du travail relativement tendu. L’effectif global de la population active tourne autour de 41 000 personnes, pour environ 36 000 emplois. Le salaire moyen horaire est estimé à environ 24–25 dollars, inférieur à la moyenne américaine (plus de 32 dollars), avec un salaire annuel moyen d’environ 51 650 dollars.

Le salaire minimum officiel est de 10,50 dollars de l’heure. La durée normale de travail est de 40 heures par semaine, et les heures supplémentaires sont rémunérées à 1,5 fois le taux normal au‑delà de ce seuil, voire au‑delà de huit heures par jour selon les postes.

3000

Plus de 3 000 ouvriers supplémentaires seraient nécessaires dans le secteur de la construction pour répondre aux besoins de reconstruction.

Du côté des conditions de travail, la législation locale prévoit une période d’essai de 90 jours pour la plupart des salariés et un nombre relativement élevé de jours fériés (jusqu’à 17 ou 18 jours dans le secteur public). Les employés du gouvernement bénéficient d’un large éventail d’avantages (assurance santé et dentaire, assurance vie, régime de retraite à prestations définies, congés annuels généreux).

Comment trouver un emploi

Les employeurs privilégient souvent les candidats déjà présents sur l’île ; venir sans travail en poche mais avec un coussin d’épargne de un à deux mois de dépenses est une stratégie fréquente. Les méthodes classiques de recherche d’emploi restent très utilisées :

Astuce :

Pour maximiser vos chances de trouver un emploi, adoptez une approche multi-canal. Démarchage direct : contactez les entreprises des secteurs porteurs comme l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, la santé et l’éducation. Réponse aux annonces : surveillez les petites annonces dans les journaux locaux tels que le Virgin Islands Daily News, l’Island Trader et le St. Croix Avis. Recherche en ligne : consultez les sites web des grands resorts, qui disposent souvent d’une rubrique « Careers » ou « Carrières ». Emplois publics : utilisez les plateformes gouvernementales officielles, notamment le site de la Division of Personnel (www.dopusvi.org/careers).

Pour certains métiers (enseignants, infirmiers, professions de santé, avocats, comptables, ingénieurs, coiffeurs, électriciens, plombiers, etc.), l’exercice professionnel nécessite une certification ou une licence spécifique des autorités compétentes, notamment le Department of Licensing and Consumer Affairs et le ministère de la Santé.

Entreprendre et créer une société

Le paysage entrepreneurial local est dominé par les petites entreprises. Créer une société, par exemple une LLC, implique d’y consacrer du temps et un budget non négligeable. Le processus typique inclut la réservation du nom, le dépôt des statuts (Articles of Organization), l’obtention d’un numéro d’identification employeur (EIN), puis d’une licence d’activité auprès du Department of Licensing and Consumer Affairs.

399

Frais de base estimés pour la constitution d’une LLC, auxquels s’ajoutent des coûts annuels.

Les sociétés sont également soumises à une taxe de 4 à 5 % sur les recettes brutes, sans possibilité de déduire les charges, et à diverses taxes spécifiques selon leur activité (droit d’importation, taxe hôtelière, etc.). Pour les structures visant le régime EDC, la barre d’entrée est plus élevée, mais les bénéfices fiscaux très substantiels.

Une alternative, pour les entreprises étrangères qui souhaitent employer des personnes sur place sans créer de filiale, est de recourir à un Employer of Record (EOR), qui se charge des aspects RH, paie et conformité locale, mais cette solution s’adresse surtout à des structures déjà structurées à l’international.

Logement : location, achat, quartiers

Pour un expatrié, la stratégie la plus prudente consiste à louer d’abord, puis envisager un achat une fois l’île et les quartiers mieux connus.

Où habiter selon son profil

Sur St. Thomas, plusieurs quartiers attirent les expatriés :

Frenchman’s Bay et Mahogany Run, prisés pour leurs vues, leurs résidences de standing et leur proximité des plages ;

Red Hook, très animé, avec un accès direct aux ferries pour St. John, de nombreux bars et restaurants ;

– Peterborg ou Secret Harbor pour les villas de prestige.

Sur St. John, la vie se concentre à Cruz Bay et Coral Bay, deux petites localités qui offrent des commerces de base, des restaurants et quelques services, le reste de l’île étant largement occupé par le parc national.

Sur St. Croix, Christiansted et Frederiksted rassemblent une grande partie de l’offre résidentielle, complétées par des zones résidentielles sur la côte est, appréciées pour leurs plages et leur ambiance plus calme.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, le choix d’un logement doit prendre en compte plusieurs facteurs essentiels : la proximité des commodités (écoles, hôpitaux, commerces), la vue et l’accès à la mer, la qualité de la route (certaines voies étant très pentues ou dégradées), ainsi que la résistance des bâtiments aux ouragans (en privilégiant les maisons maçonnées aux structures en bois).

Acheter un bien immobilier

Le régime de propriété est de type « fee simple », identique à celui du continent américain, et il n’y a pas de restriction sur l’achat immobilier par des étrangers. Les transactions se déroulent selon des standards américains : offre et contre‑offre, condition suspensive d’inspection, possibilité de signer électroniquement, dépôt de garantie (escrow) entre 6 et 10 % du prix, remboursable sous certaines conditions.

Bon à savoir :

La vente doit être clôturée par un avocat basé dans les Îles Vierges des États-Unis. Un relevé de plan exact (« As Built Survey ») est obligatoire pour obtenir l’assurance-titre, essentielle à la transaction. Un impôt de mutation (« stamp tax ») est dû sur la valeur du bien à des taux progressifs (de 2% à 3,5%). Il est traditionnellement à la charge du vendeur, mais cette règle est négociable.

Les frais de clôture incluent aussi les inspections, l’expertise, les honoraires de l’avocat, la première année d’assurance propriétaire et les dépôts de garantie pour les services publics. S’ajoute l’impôt foncier annuel, avec des taux différents selon l’usage : environ 0,377 % de la valeur pour les résidences, 0,4946 % pour les terrains, 0,711 % pour les biens commerciaux, jusqu’à 1,407 % pour les timeshares. Certaines exemptions existent pour la résidence principale (homestead).

Le financement doit presque toujours passer par des banques locales ou régionales : les grandes banques nationales prêtent rarement pour des biens offshore. Des prêts classiques (Fannie Mae, FHA, VA, etc.) sont néanmoins accessibles pour les acheteurs qualifiés, mais les taux suivent de près le taux directeur de la Fed, avec des intérêts autour de 7,3 % pour des prêts à 20 ans. Le processus peut prendre jusqu’à quatre mois entre la demande et la signature.

Santé : système, hôpitaux et assurance

Le système de santé des Îles Vierges des États-Unis repose sur un modèle américain mêlant structures publiques et privées, sans couverture universelle. Il souffre de sous‑financement, d’un manque chronique de spécialistes et d’infrastructures fragilisées par les ouragans.

Offre de soins sur chaque île

Sur St. Thomas, le Schneider Regional Medical Center (169 lits) assure l’essentiel des soins hospitaliers, avec des services d’urgence, de maternité, de chirurgie et un centre de cancérologie. Sur St. Croix, le Governor Juan F. Luis Hospital & Medical Center propose des prestations comparables et abrite notamment un centre cardiaque. Sur St. John, le Myrah Keating Smith Community Health Center prend en charge les urgences et les consultations de base, mais les cas sérieux sont transférés à St. Thomas.

Attention :

Dans l’ensemble du territoire, des spécialités médicales comme la neurochirurgie, la chirurgie cardiaque et la rhumatologie sont absentes, et d’autres ne comptent parfois qu’un seul praticien. Il n’existe qu’un seul établissement de soins de suite homologué (20 lits) et les lits de long séjour sont insuffisants. Les soins psychiatriques aigus et de longue durée sont exclusivement assurés par des structures publiques.

En cas de pathologie complexe, il est fréquent d’être évacué vers Porto Rico ou la Floride pour bénéficier d’équipements et de compétences plus avancés.

Assurance santé et couverture

L’assurance maladie n’est pas obligatoire, mais compte tenu du niveau des coûts, elle est vivement recommandée. Le problème majeur pour un expatrié est que la plupart des assureurs locaux ne proposent que des contrats collectifs via les employeurs ; les polices individuelles sont rares et chères. Les options de base pour être couvert sont donc :

Options d’assurance santé pour expatriés

Pour les expatriés aux États-Unis, plusieurs solutions existent pour assurer une couverture médicale adéquate. Voici les principales options à considérer.

Couverture locale par l’employeur

Obtenir une couverture santé via son employeur local est souvent la solution la plus simple et économique.

Conserver une assurance américaine

Il est possible de conserver une assurance américaine, comme Medicare pour les retraités éligibles.

Assurance santé internationale

Souscrire une assurance santé internationale, incluant idéalement la garantie d’évacuation médicale, offre une protection complète à l’étranger.

Des produits spécifiques ont été développés pour la région par des courtiers locaux, permettant de choisir différents niveaux de plafond annuel (par exemple 1 à 2 millions de dollars) et des options (maternité, dentaire, rapatriement).

Les programmes publics (Medicaid local, appelé Medical Assistance Program, et Medicare) existent, mais s’adressent plutôt aux populations déjà intégrées au système social américain. Des conditions de revenus, de résidence et parfois d’emploi sont exigées pour bénéficier de Medicaid, et la liberté de choix du praticien y est limitée.

Pour un expatrié non retraité, la solution la plus pragmatique reste souvent une assurance privée internationale robuste, complétée, si possible, par une affiliation à un régime professionnel ou à une couverture fournie par l’employeur.

Éducation : écoles et université

Le système scolaire public des Îles Vierges des États-Unis fait face à des difficultés structurelles : budgets contraints, manque d’enseignants, infrastructures éprouvées par les ouragans. Beaucoup de familles expatriées se tournent donc vers les écoles privées ou internationales, en particulier sur St. Thomas et St. John.

Parmi les établissements notables :

21000

Les frais annuels maximum pour la Virgin Islands Montessori School & Peter Gruber International Academy (VIMSIA), l’une des écoles privées les plus onéreuses des Îles Vierges.

Pour l’enseignement supérieur, l’University of the Virgin Islands (UVI) dispose de campus sur St. Thomas et St. Croix et accueille environ 1 500 étudiants. Les frais de scolarité annuels sont de l’ordre de 5 956 dollars pour un résident du territoire et 16 556 dollars pour un étudiant venant de l’extérieur. Une majorité d’étudiants de première année (environ 64 %) bénéficie d’aides financières selon les besoins.

Pour les familles d’expatriés, le coût de la scolarité privée peut rapidement devenir l’un des principaux postes de dépenses, à intégrer impérativement dans le budget global.

Vie quotidienne, transport et culture locale

Au‑delà des chiffres et des démarches, la réussite d’une expatriation se joue aussi sur le terrain du quotidien et de l’adaptation culturelle.

Se déplacer et conduire

Particularité notable : on conduit à gauche, alors que la plupart des véhicules sont équipés d’un volant à gauche, comme aux États‑Unis. La prise en main surprend au début, d’autant plus que les routes sont souvent étroites, pentues et parsemées de nids‑de‑poule. Une vigilance accrue s’impose, en particulier de nuit ou sous la pluie.

Un permis de conduire américain ou international est accepté pour séjourner, mais pour une installation durable, il est recommandé (et parfois requis) d’obtenir un permis local. La voiture est quasi indispensable sur St. Thomas et St. Croix, sauf à vivre et travailler dans un périmètre très restreint. Sur St. John, certains résidents parviennent à s’en passer grâce aux taxis, aux ferries et à de courtes distances, mais cela reste peu confortable pour une famille.

Les ferries assurent des liaisons fréquentes entre St. Thomas et St. John (notamment entre Red Hook et Cruz Bay), tandis que St. Croix est reliée par de petits avions ou des bateaux privés.

Culture, rythme de vie et sécurité

La société locale est marquée par un mélange d’héritages africains, européens et caribéens. L’anglais est la langue commune, mais un créole anglophone et diverses variantes de créoles francophones et hispanophones sont très présents dans la vie quotidienne. La courtoisie est essentielle : dire « Good morning » ou « Good afternoon » en entrant dans un commerce ou en abordant quelqu’un est une norme sociale forte.

Exemple :

Le rythme de vie en Corse est globalement plus lent que sur le continent. Cette différence est perçue de manière contrastée : certains y voient un retour à une vie plus humaine et apprécient cette cadence, tandis que d’autres la vivent difficilement, notamment à cause des lenteurs administratives et logistiques qu’elle peut engendrer.

La scène culinaire est particulièrement riche, au point que les Îles Vierges des États-Unis ont été distinguées comme « destination culinaire caribéenne de l’année ». On y retrouve des plats typiques comme le callaloo (ragoût de feuilles vertes), le conch (lambi), les johnny cakes (petits pains frits) et le fungi (accompagnement à base de semoule de maïs). Les événements culturels majeurs, comme le Carnaval ou le St. John Celebration, réunissent musique, défilés, costumes et gastronomie dans une atmosphère festive.

Bon à savoir :

La criminalité, notamment les vols, y est supérieure à la moyenne américaine. Il est conseillé de ne pas laisser d’objets de valeur dans son véhicule, de bien verrouiller son domicile et d’éviter les zones isolées la nuit.

Environnement et saison des ouragans

Le cadre naturel est exceptionnel, avec des plages mondialement connues (Magens Bay, Trunk Bay, Cinnamon Bay, Maho Bay), des parcs marins protégés (Buck Island Reef National Monument au large de St. Croix), des sentiers de randonnée et des sites historiques (forts, anciennes plantations sucrières, architectures coloniales).

Mais vivre dans les Îles Vierges des États-Unis, c’est aussi composer avec le risque ouragan. Les cyclones de 2017 (Irma et Maria) ont laissé des traces profondes : plus de 90 % des bâtiments endommagés, d’immenses coupures de courant, des millions de dollars de dégâts. Les constructions récentes doivent respecter des normes de résistance élevées (vents d’au moins 110 mph, normes sismiques renforcées), et l’assurance contre les tempêtes est incontournable.

Pour un expatrié, préparer un kit d’urgence (eau, nourriture non périssable, médicaments, lampes, générateur si possible) et un plan de repli fait partie des routines à mettre en place. La loi locale interdit en outre les crèmes solaires contenant certains filtres chimiques (oxybenzone, octinoxate, octocrylène) afin de protéger les récifs coralliens ; seules les formulations minérales non nano à base d’oxyde de zinc ou de dioxyde de titane sont autorisées.

Déménagement, logistique et finances

Venir s’installer aux Îles Vierges des États-Unis ne se limite pas à prendre un billet d’avion avec deux valises. Le déménagement complet d’un foyer implique de réfléchir au volume à transporter, aux délais, aux formalités douanières et à l’ouverture de comptes bancaires locaux.

Déménager ses biens

Les effets personnels sont généralement transportés par conteneur maritime, avec des délais de deux à six semaines. Plusieurs schémas existent :

un conteneur complet (FCL) si le volume est important ;

un groupage (LCL), où plusieurs déménagements partagent un même conteneur, plus économique pour de petits volumes ;

un mix incluant du fret aérien pour les biens urgents.

Bon à savoir :

Les biens en provenance des Îles Vierges des États-Unis sont soumis aux formalités douanières, car ce territoire ne fait pas partie de la même zone douanière que les États-Unis continentaux et Porto Rico. Pour le passage en douane, il est impératif de remplir le formulaire 3299 de l’US Customs, de fournir un inventaire détaillé et des justificatifs de propriété. Les articles personnels d’occasion possédés depuis plus d’un an sont généralement admis sans droits de douane significatifs, contrairement aux objets neufs ou récents qui peuvent être taxés.

Pour les animaux de compagnie, il n’y a pas de quarantaine pour les animaux venant du continent américain, mais un certificat de bonne santé délivré moins de 10 jours avant le départ et une vaccination antirabique à jour (datant d’au moins six mois pour les animaux de plus de 12 semaines) sont requis. Les serpents de compagnie sont interdits. Les oiseaux et animaux exotiques nécessitent des permis d’importation.

Ouvrir un compte bancaire

Les principales banques locales incluent des établissements comme Banco Popular, FirstBank, Bank of the Virgin Islands ou certaines branches de groupes caribéens et nord‑américains. En tant qu’expatrié, il est généralement possible d’ouvrir un compte, mais les exigences varient d’une banque à l’autre.

Bon à savoir :

Un dossier complet nécessite généralement deux pièces d’identité officielles, une preuve d’adresse locale et une preuve de revenus ou de l’origine des fonds. Pour une société, il faut joindre les documents de constitution (statuts, numéro EIN, résolution bancaire). Les non-résidents doivent parfois présenter un numéro d’identification fiscal (ITIN) à défaut de numéro de sécurité sociale.

Il est conseillé de contacter la banque avant d’arriver, de faire vérifier les documents par email et de prévoir un séjour suffisant pour finaliser l’ouverture, certains contrôles pouvant prendre plusieurs jours.

Dernières démarches à l’arrivée

Les premières semaines sur place sont souvent consacrées à :

ouvrir un compte bancaire ;

signer un bail ou finaliser un achat ;

– mettre en service l’électricité, l’eau, l’internet ;

– enregistrer son véhicule et souscrire une assurance auto ;

– demander un permis de conduire local ;

– s’inscrire auprès des services fiscaux si l’on vise le statut de résident bona fide ;

– visiter les écoles et finaliser l’inscription des enfants.

Astuce :

Avant de s’installer définitivement, un séjour préalable de quelques semaines est fortement conseillé. Il permet d’évaluer le coût de la vie réel, de tester la qualité de l’internet dans les quartiers ciblés, de rencontrer des employeurs potentiels et d’échanger avec des résidents expérimentés. Ce séjour est également crucial pour évaluer son adaptation personnelle au rythme insulaire et à l’éloignement du continent, un sentiment souvent désigné par l’expression « rock fever ».

S’installer aux Îles Vierges des États-Unis en tant qu’expatrié offre un compromis rare : vivre dans un cadre caribéen spectaculaire tout en bénéficiant d’infrastructures et d’un système juridique américains. Mais cette promesse s’accompagne d’un coût de la vie élevé, d’un système de santé fragile, d’un marché immobilier tendu et d’une vulnérabilité aux ouragans. En contrepartie, les opportunités existent : carrière dans le tourisme ou les services, télétravail avec un salaire continental, investissement immobilier ou entrepreneurial soutenu par des incitations fiscales puissantes.

Une expatriation réussie aux Îles Vierges des États-Unis repose sur quelques piliers : un budget réaliste, une compréhension fine du régime fiscal, une couverture santé solide, un choix d’île cohérent avec son style de vie, et surtout l’acceptation d’un rythme et d’une culture insulaires très différents de ceux du continent. Pour ceux qui sont prêts à jouer le jeu, la vie sur place peut offrir, au‑delà des clichés de plage et de cocotiers, une expérience riche, exigeante et profondément dépaysante.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en s’installant aux Îles Vierges des États-Unis (USVI) pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements offshore et conserver un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs options (Grèce, Chypre, Maurice, autres territoires US), la stratégie a été de cibler les USVI pour leurs incitations fiscales spécifiques aux investisseurs étrangers, l’environnement en dollar US et un cadre anglo-saxon attractif pour la planification patrimoniale internationale. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, conventions fiscales applicables), obtention du statut de résident, transfert de la résidence bancaire et des centres d’intérêts économiques, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France), mise en relation avec un réseau local (avocats, immigration, comptables US) et intégration patrimoniale globale afin de réduire la fiscalité globale de plus de 50% tout en maîtrisant le risque de double imposition et de contrôle fiscal.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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