S’installer à Saint-Martin en tant qu’expatrié, c’est choisir une île minuscule par la taille mais gigantesque par sa diversité. Partagée entre la France au nord et le Royaume des Pays-Bas au sud, avec plus de 120 nationalités et une économie largement tournée vers le tourisme, Saint-Martin/Sint Maarten attire aussi bien les actifs qualifiés que les retraités ou les nomades digitaux. Mais derrière les cartes postales – 37 plages, climat tropical, ambiance « Friendly Island » – la réalité quotidienne repose sur des démarches administratives précises, un coût de la vie élevé et des choix de quartier à ne pas prendre à la légère.
Ce guide pratique couvre tous les aspects clés pour préparer votre installation sur l’île de Saint-Martin. Il vous aide à comprendre sa double identité franco-néerlandaise, à choisir votre côté de résidence, à estimer votre budget et à identifier les meilleurs quartiers. Il aborde également les démarches importantes : santé, scolarité, transports, formalités d’immigration, ainsi que les questions bancaires et d’organisation du déménagement international.
Comprendre Saint-Martin : une seule île, deux territoires
Avant d’imaginer une vie sur place, il faut intégrer une donnée clé : Saint-Martin n’est pas un seul territoire administratif. Au nord, Saint-Martin est une collectivité d’outre-mer française, pleinement intégrée à la République et à l’Union européenne (mais hors espace Schengen pour la partie fiscale et douanière). Au sud, Sint Maarten est un pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas, avec ses propres lois, son système fiscal et son régime migratoire.
Bien qu’il n’y ait ni barrière ni contrôle systématique pour passer de la partie française à la partie néerlandaise de Saint-Martin, les administrations et les lois changent radicalement (droit du travail, fiscalité, immigration, santé, création d’entreprise, achat de bien).
Sur le plan géographique, l’île est petite – 37 miles carrés, soit environ 96 km² – mais concentrée : 33 km² pour le côté français, 25 km² pour le côté néerlandais. Environ 84 000 habitants y vivent, à peu près à parts égales entre les deux territoires, dans une mosaïque de langues où l’anglais domine au quotidien, même si le français reste officiel au nord et le néerlandais (avec l’anglais) au sud. Cette densité, ajoutée au relief vallonné et au tracé limité des routes, explique en partie les embouteillages fréquents.
Le climat de Saint-Martin est caribéen, caractérisé par des alizés rafraîchissants, des températures stables de 25 à 28°C toute l’année et plus de 300 jours de soleil. L’année se divise en une saison sèche marquée (de décembre à avril) et une saison des pluies et des ouragans (de juin à novembre), avec un pic de risque statistique entre août et octobre. S’installer sur l’île nécessite d’intégrer la gestion du risque cyclonique au quotidien, notamment dans le choix du logement, la souscription d’assurances adaptées et la préparation de plans d’évacuation éventuels.
Choisir son camp : côté français ou côté néerlandais ?
Pour un expatrié, la première grande décision stratégique tient en une question : vivre sur le territoire français ou néerlandais ? Dans la pratique quotidienne, beaucoup de résidents traversent la frontière sans y penser – on vit à Grand Case et on travaille à Simpson Bay, on fait ses courses tantôt à Marigot, tantôt à Philipsburg. Mais pour le droit au séjour, le travail, l’école des enfants, la fiscalité ou l’achat immobilier, le choix de son côté de résidence principale pèse lourd.
La partie française de l’île de Saint-Martin présente une atmosphère européenne marquée par un rythme de vie plus lent, une importance centrale accordée à la gastronomie (avec Grand Case surnommée la ‘capitale gastronomique de la Caraïbe’), la présence de cafés et de marchés. L’influence du droit français se perçoit dans la vie sociale, notamment via la protection sociale et le système scolaire. Des lieux emblématiques comme Orient Bay, souvent comparée à un ‘Saint-Tropez des tropiques’, et Marigot, avec ses façades coloniales, ses ruelles pavées et ses marchés, illustrent cette identité culturelle spécifique.
La partie néerlandaise, elle, se distingue par son côté plus animé et commercial. Philipsburg accumule boutiques duty free et front de mer très fréquenté les jours d’escale de croisière, Simpson Bay concentre une grande partie de la vie nocturne et nautique, Maho et Cupecoy mélangent casinos, resorts, immeubles modernes, bars et proximité immédiate de l’aéroport. Pour les carrières liées au tourisme, au yachting, à la restauration ou au divertissement, Sint Maarten concentre une grande part des opportunités.
Le tourisme représente environ 45 % du PIB de l’île.
Sur le plan des revenus, les indicateurs montrent un niveau plutôt élevé pour la région, avec un PIB par habitant proche de 29 000 dollars pour Sint Maarten et environ 18 400 dollars pour Saint-Martin (données 2019). Le salaire moyen tourne autour de 3 800 dollars par mois, avec un salaire horaire moyen d’environ 22 dollars, mais un quart de la population gagne moins de 2 100 dollars mensuels : les inégalités sont bien réelles. Pour un expatrié qualifié, les rémunérations peuvent être attractives, mais il faut impérativement les comparer à un coût de la vie parmi les plus élevés de la Caraïbe.
Immigration et titres de séjour : deux systèmes à maîtriser
L’un des pièges classiques pour les nouveaux arrivants est de croire qu’un titre de séjour sur un côté ouvre automatiquement des droits sur l’autre. Ce n’est pas le cas. Même si l’on se déplace librement entre Saint-Martin et Sint Maarten, chaque territoire applique sa propre législation migratoire.
S’installer côté néerlandais (Sint Maarten)
Les conditions d’entrée de base sont relativement simples pour un séjour touristique : passeport valide pour la durée du séjour, billet retour ou de continuation, preuve de logement (hôtel, location, hébergement chez un proche) et de moyens financiers. Depuis 2024, un formulaire d’entrée électronique (ED Card) doit être rempli en ligne sur entry.sx, de préférence avant le voyage.
Les durées de séjour autorisées varient selon la nationalité. Les ressortissants néerlandais et américains peuvent rester jusqu’à six mois consécutifs. Ceux de l’UE, du Canada, de l’Australie, du Japon et d’autres pays exemptés de visa bénéficient généralement d’un séjour touristique de trois mois, extensible. De nombreuses nationalités sont dispensées de visa pour les courts séjours, notamment si le voyageur possède un visa Schengen, britannique, américain ou canadien valide.
En revanche, travailler ou résider durablement exige un cadre tout autre. Pour la plupart des non-Européens, il faut à la fois un permis de travail et un permis de résidence temporaire. Le permis de travail est toujours porté par un employeur local, qui doit prouver qu’aucun candidat local ou européen n’est disponible (publication de l’offre dans la presse locale pendant plusieurs semaines, justification à l’appui). La durée initiale est généralement d’un an maximum, renouvelable, et les délais théoriques de traitement avoisinent six semaines après la phase de recrutement local.
Le permis de résidence, lui, suppose de rester physiquement à l’extérieur de Sint Maarten pendant l’instruction du dossier, de disposer d’une assurance santé valable sur l’île, d’un casier judiciaire vierge et de ressources suffisantes (par exemple, un salaire au moins à hauteur de 2 500 dollars par mois par personne pour certains statuts). Un dépôt de garantie peut être exigé selon le pays d’origine, restitué au départ définitif.
Plusieurs programmes de résidence existent aux Pays-Bas : un statut de retraité (type « Penshonado ») lié à l’achat d’un bien immobilier d’au moins 450 000 florins, un programme investisseur à partir de 900 000 florins (sans droit au travail), et un permis pour dirigeants d’entreprise. Après cinq ans de résidence légale, il est possible de demander la résidence permanente, puis la naturalisation néerlandaise, sous conditions de maîtrise de la langue et d’intégration.
S’installer côté français (Saint-Martin)
Côté français, ce sont les règles de l’immigration française qui s’appliquent, adaptées au contexte ultramarin. Pour les citoyens de l’UE, de l’Espace économique européen et de la Suisse, les choses sont simples : liberté d’installation et de travail, sans visa ni permis. Pour les autres, la logique est celle du visa de court séjour (type Schengen) pour des séjours de moins de 90 jours sur 180, et du visa de long séjour valant titre de séjour pour s’installer durablement.
Pour travailler à Saint-Martin en tant que salarié, il faut obtenir un visa long séjour « salarié » auprès du consulat de France dans le pays d’origine. Cette démarche nécessite qu’un employeur légalement établi à Saint-Martin ait préalablement obtenu une autorisation de travail de l’administration locale. L’offre d’emploi doit être conforme au droit social français et un test du marché du travail est souvent requis pour attester de l’absence de candidat européen qualifié.
Une fois en possession du visa long séjour, la régularisation sur place passe par un enregistrement à la préfecture de Saint-Martin dans les trois premiers mois, parfois associé à un examen médical et à une démarche d’intégration (contrat d’intégration républicaine). Le premier titre de séjour est en général valable un an, puis prolongeable sous forme de carte pluriannuelle de deux à quatre ans. Après cinq années de séjour légal et continu, une carte de résident de dix ans devient théoriquement accessible, tout comme la naturalisation française pour ceux qui remplissent les conditions linguistiques (niveau B1), d’intégration et de moralité.
La réunification familiale est possible tant côté français que côté néerlandais, mais elle demande des ressources stables, un logement adapté et un solide dossier d’état civil (actes de naissance, mariage, souvent légalisés ou apostillés et traduits). En contrepartie, les conjoints peuvent en général travailler, et les enfants accèdent sans restriction au système scolaire local.
Où vivre à Saint-Martin : panorama des quartiers clés
L’île ne se résume pas à Marigot et Philipsburg. Pour un expatrié, le choix du quartier influence non seulement le budget, mais aussi la sécurité, la vie sociale, l’accès aux écoles, à l’emploi et à la mer. Chaque zone présente un mélange particulier d’atouts et de contraintes.
Les quartiers du côté néerlandais
Simpson Bay, largement étendu autour du lagon et de la marina, attire fortement les expatriés, les nomades digitaux et les actifs du tourisme. Longue plage, nombreux restaurants, bars de plage, salles de sport, cinéma, supermarchés, activités nautiques, l’endroit cumule les avantages d’un « hub » pratique. Le revers, ce sont les nuisances : circulation chargée, parkings difficiles, forte animation nocturne qui peut compliquer le repos, et un niveau de petits vols qui impose de sécuriser voitures et logements.
Juste à côté, Pelican Key propose une alternative plus résidentielle. Sur les collines, des villas avec vue mer, des résidences à faible densité et une atmosphère jugée plus calme et sûre, appréciée des familles et des retraités. L’inconvénient : la promiscuité architecturale dans certaines parties basses, et les prix en conséquence de la demande.
Le quartier animé de Maho, célèbre pour ses vidéos d’avions atterrissant près de la plage, concentre hôtels et vie nocturne mais est soumis à une délinquance opportuniste (pickpockets, deals). De plus, Maho Beach est officiellement classée zone à risque en raison du souffle des réacteurs des avions au décollage et à l’atterrissage.
Cupecoy, plus à l’ouest, en bord de falaises dorées, regroupe des condos haut de gamme, des villas, un complexe résidentiel sécurisé à Porto Cupecoy avec marina, piscine, restaurant, salle de sport et tennis. La proximité de l’American University of the Caribbean attire étudiants et professeurs, tout comme le voisinage du luxueux resort La Samanna et du seul golf 18 trous de l’île à Mullet Bay. L’ambiance se veut chic, mais la fréquentation peut devenir intense, et les loyers sont parmi les plus élevés.
Plus discrets, des lotissements comme Almond Grove, sur les hauteurs de Cole Bay, offrent des résidences fermées sous surveillance 24 h/24, vue sur la baie de Simpson et accès rapide à Marigot, à l’aéroport et aux zones de loisirs. Belair et Mary’s Fancy, proches de Philipsburg et du Sint Maarten Medical Center, représentent un choix privilégié des familles locales ou françaises, avec une vie de quartier conviviale, des écoles à proximité et des vues panoramiques sur les baies de Great Bay ou Little Bay.
Dawn Beach et Indigo Bay, sur les côtes est et sud, offrent de belles plages, des complexes résidentiels et un environnement familial, tout en restant proches de Philipsburg. Oyster Pond, à la frontière française, propose un cadre exclusif sur un lagon, avec des résidences gardiennées et des vues sur Saint-Barthélemy.
À l’autre extrême, certains secteurs sont signalés comme plus problématiques sur le plan de la sécurité : Cole Bay à la nuit tombée, Dutch Quarter, Sucker Garden ou encore les abords du St. Maarten Medical Center tard le soir, où vols et activités de gangs sont plus fréquents. Il ne s’agit pas de zones de guerre, mais d’endroits où l’on évite les déplacements inutiles après une certaine heure.
Les quartiers du côté français
Sur la façade atlantique, Orient Bay est sans doute le quartier le plus connu des francophiles. Sa plage de près de 1,6 km, ses clubs de plage, ses restaurants, ses boulangeries et cavistes, sa place du village animée en font un lieu très vivant, parfois bruyant, avec une section naturiste. Le vent y est plus présent, rendant le spot idéal pour le kitesurf et la planche, mais certaines installations ferment relativement tôt en fin de journée.
Sur la côte caraïbe, Grand Case est réputée pour sa succession de restaurants et de « lolos », ce qui lui vaut le titre de capitale culinaire de la région. Sa plage est plus abritée et bénéficie d’un soleil qui persiste un peu plus longtemps en fin de journée. L’ambiance y est axée sur la gastronomie plutôt que sur une vie nocturne effrénée. Le soir, il est recommandé de rester sur l’axe principal bien éclairé, le reste du village étant plus calme et discret.
Terres Basses regroupe quelques-unes des villas les plus luxueuses de l’île, dans un grand lotissement fermé, posé sur une péninsule bordée de plages calmes et familiales (Baie Longue, Baie Rouge, Plum Bay). Le calme, la sécurité et l’espace sont au rendez-vous, mais il faut une voiture pour tout, et l’animation nocturne est quasi inexistante.
Anse Marcel, au nord, coincée entre les collines, offre un mouillage naturel abrité, une plage quasiment fermée, une marina, quelques boutiques et restaurants de cuisine française, ainsi qu’une vue splendide sur Anguilla et les îlets voisins. L’isolement relatif charme certains, mais complique les déplacements quotidiens vers les autres zones de l’île.
Marigot, capitale du côté français, condense marchés, boutiques, front de mer, marina de plaisance et quelques bâtiments administratifs. L’ambiance est typiquement franco-caribéenne, mais certaines zones autour de la gare routière, de la marina de Fort Louis et de Sandy Ground connaissent des problèmes de vols et d’agressions, d’où la prudence recommandée, surtout la nuit.
Enfin, Cul-de-Sac, aligné face à la mer des Caraïbes, permet un accès rapide à l’îlet Pinel et à ses plages protégées. C’est un secteur apprécié pour son esprit plus nature que festif, en marge de l’agitation.
Exemples de zones selon le profil
Pour visualiser les grandes tendances, on peut résumer certains secteurs prisés suivant les profils d’expatriés.
| Profil d’expatrié | Côté néerlandais (Sint Maarten) | Côté français (Saint-Martin) |
|---|---|---|
| Jeune actif / tourisme | Simpson Bay, Maho, Cupecoy | Orient Bay, Grand Case |
| Famille avec enfants | Pelican Key, Belair, Mary’s Fancy, Almond Grove | Terres Basses, Anse Marcel, quartiers calmes de Marigot |
| Retraité / semi-retiré | Dawn Beach, Oyster Pond, Indigo Bay | Terres Basses, Cul-de-Sac, Grand Case |
| Nomade digital / long séjour | Simpson Bay, Pelican Key, Cupecoy | Orient Bay, Grand Case, Cul-de-Sac |
Coût de la vie : combien prévoir pour vivre à Saint-Martin ?
L’un des points les plus sensibles pour un projet d’expatriation à Saint-Martin est le budget. L’île n’est pas une destination « bon marché » : la quasi-totalité des biens de consommation courante est importée, les coûts de transport et d’énergie sont élevés, et la pression touristique fait grimper loyers et prix de vente. Les estimations réunies par les différentes sources donnent un ordre de grandeur utile pour bâtir un plan financier.
Pour un célibataire, hors loyer, il faut compter environ 1 500 dollars de dépenses mensuelles (alimentation, transports, loisirs, assurances, etc.). En incluant un loyer « standard », la facture grimpe autour de 3 200 dollars par mois. Un couple dépense en moyenne un peu plus de 4 200 dollars (loyer inclus), et une famille de quatre personnes avoisine près de 5 800 dollars mensuels. Sur une année, cela représente entre 38 000 et presque 70 000 dollars selon la taille du foyer.
Un mode de vie confortable ou premium pour un célibataire à Singapour dépasse aisément ce budget mensuel en dollars.
Pour les retraités, les repères sont similaires : autour de 3 000 à 4 500 dollars par mois pour un style de vie simple, jusqu’à 7 500 dollars pour un confort notable, et bien davantage au-delà (8 000 à 15 000 dollars) pour un niveau de vie très haut de gamme. Dans de nombreux cas, des couples de retraités constatent qu’ils dépensent 15 à 25 % de moins qu’aux États-Unis pour un niveau de vie similaire, ce qui représente jusqu’à 30 000 dollars d’économies annuelles par rapport à certaines métropoles américaines.
Logement : une part majeure du budget
Le logement pèse lourd – souvent 50 à 60 % du revenu. Un appartement d’une chambre en ville (Marigot, Philipsburg, Simpson Bay) se loue aux alentours de 1 000 à 1 500 dollars par mois, une version un peu en retrait plus proche de 800 à 1 200 dollars. En bord de mer, les 1 chambre passent plutôt à 1 800–2 500 dollars mensuels. Les maisons et villas de 2 à 3 chambres dans les meilleurs secteurs (Cupecoy, Terres Basses, Orient Bay, Pelican Key) se situent le plus souvent entre 3 000 et 6 000 dollars par mois, voire davantage pour les propriétés d’exception.
Prix d’achat minimum pour un appartement de deux chambres, avant frais supplémentaires.
Certaines zones sont réputées plus chères, comme Terres Basses, Cupecoy ou Orient Bay, quand d’autres – Marigot, certaines parties de Philipsburg ou de Cole Bay – offrent des loyers plus accessibles, au prix d’un environnement plus urbain et parfois plus contrasté socialement.
Dépenses quotidiennes : alimentation, services, loisirs
Les paniers alimentaires sont naturellement pénalisés par l’insularité. Pour un couple, le budget courses tourne autour de 500 à 800 dollars par mois. Quelques prix de référence illustrent ce surcoût : près de 2,80 dollars pour un litre de lait, environ 2,75 dollars le kilo de riz, 3,99 dollars la douzaine d’œufs, près de 12 dollars le kilo de bœuf, 8 dollars le kilo de pommes, entre 5 et 6 dollars pour des agrumes, et plus de 2,50 dollars pour une salade.
Le coût moyen d’un repas dans un restaurant de gamme moyenne se situe entre 15 et 31 dollars.
Les charges courantes – électricité, eau, gaz, déchets – représentent environ 150 à 600 dollars par mois selon la surface du logement et l’intensité d’utilisation de la climatisation, avec des factures d’électricité souvent comprises entre 150 et 300 dollars, l’eau entre 50 et 100 dollars. L’accès internet haut débit tourne entre 50 et 100 dollars par mois, les forfaits mobiles entre 20 et 50 dollars.
Les loisirs ne sont pas négligeables dans le budget : un abonnement de salle de sport coûte généralement entre 50 et 127 dollars mensuels, une séance de sports nautiques se facture 50–150 dollars, une excursion organisée plutôt 120–300 dollars, les boissons en bar entre 8 et 15 dollars, et un ensemble chaise-longue/parasol sur la plage aux alentours de 25 dollars la journée.
Travail, business et opportunités
L’économie de Saint-Martin repose massivement sur les services, en particulier le tourisme, la restauration, l’hôtellerie, les activités nautiques et le commerce de détail. Les secteurs porteurs pour un expatrié expérimenté se situent dans l’hôtellerie de standing, la direction de restaurants ou de bars, la gestion d’immeubles et de copropriétés, les services aux yachts (crew, maintenance, charter), la santé (médecins, infirmiers, spécialistes), l’enseignement (écoles internationales, universités), la logistique, la finance et certains métiers qualifiés du bâtiment.
Aperçu des rémunérations mensuelles selon le niveau de qualification et l’expérience, avec des variations notables entre les côtés de l’île.
Dans le secteur hôtelier, les salaires se situent généralement entre 1 200 et 2 000 dollars mensuels.
Pour ces fonctions, la fourchette de rémunération est comprise entre 2 000 et 3 500 dollars par mois.
Médecins, cadres, experts en finance ou en IT peuvent percevoir un salaire supérieur à 3 500 dollars mensuels.
Les augmentations moyennes sont modérées (environ 4 % tous les deux ans). Avec 2 à 5 ans d’expérience, le salaire moyen est 30 % plus élevé qu’en début de carrière.
Monter un business, surtout dans le tourisme, la restauration, les services nautiques ou l’immobilier, peut être pertinent – d’autant que les barrières à l’investissement étranger sont limitées, qu’il n’existe pas de droits de douane sur les importations (ce qui favorise l’approvisionnement des magasins) et que la demande locative est forte. Mais il faut composer avec la petite taille du marché, sa vulnérabilité aux chocs externes (ouragans, crises sanitaires), la saturation partielle dans certains créneaux (bars, guesthouses, locations saisonnières) et la bureaucratie locale. Sur le côté néerlandais, des régimes fiscaux spécifiques pour cadres expatriés et investisseurs existent, avec des taux d’imposition réduits sous certaines conditions.
Santé, écoles et services essentiels
Un autre pilier d’une installation réussie, surtout en famille, concerne l’accès aux soins, à l’éducation et aux services quotidiens.
Santé : bonne offre de base, mais évacuations possibles
Les deux côtés de l’île disposent d’un hôpital principal : le Sint Maarten Medical Center à Cay Hill côté néerlandais (environ 120 lits, services d’urgence, chirurgie, maternité, dialyse, etc.) et le Centre Hospitalier Louis-Constant Fleming à Concordia côté français (urgences, chirurgie, maternité, radiologie, pédiatrie, laboratoire). Autour, une constellation de cliniques privées, de cabinets de généralistes, de dentistes et de spécialistes assure une couverture globale correcte.
Les standards de soins sont jugés bons pour la plupart des besoins courants (consultations, examens, opérations courantes), mais certaines pathologies complexes, interventions de pointe ou prises en charge très spécialisées nécessitent une évacuation vers des centres plus grands – Guadeloupe ou France hexagonale pour les assurés français, Curaçao, Aruba, Colombie, Puerto Rico ou Miami pour d’autres. D’où la recommandation quasi systématique, pour les expatriés, de souscrire une assurance santé internationale incluant la prise en charge de l’évacuation médicale.
C’est le coût maximal en dollars pour réaliser un examen IRM dans le système de santé privé décrit.
Éducation : offre dense et niveaux variés
Saint-Martin se distingue par un taux d’alphabétisation très élevé (environ 99 % des plus de 15 ans) et un système éducatif relativement riche au regard de la taille de l’île. L’école est obligatoire de 4 à 18 ans, et l’on trouve une large palette d’établissements : écoles publiques primaires, collèges et lycées, écoles confessionnelles (catholiques, protestantes, adventistes), écoles privées et internationales, ainsi qu’un établissement d’enseignement supérieur par côté (University of Saint Martin, American University of the Caribbean, écoles de commerce locales).
Sur le côté néerlandais de l’île, plusieurs écoles primaires catholiques (Sœur Regina, Sœur Magda, Sœur Borgia, Sœur Marie Laurence, St. Dominic, St. Joseph) ou protestantes (Helmich Snijders, Asha Stevens) proposent un enseignement en néerlandais ou en anglais, avec des contributions annuelles souvent modestes (environ 300 florins, soit 166 dollars). Pour un enseignement entièrement en anglais, le Methodist Agogic Centre (MAC) couvre de la maternelle au lycée. Des options privées plus onéreuses (environ 1 000 dollars par mois et par élève) existent également, comme la Caribbean International Academy (programme canadien) ou la Learning Unlimited Preparatory School (programme nord-américain).
Côté français, les établissements suivent le programme de l’Éducation nationale, du primaire au lycée, avec notamment le lycée Robert Weinum près de Grand Case. Les frais de scolarité y sont sans commune mesure avec ceux des écoles privées internationales, même si des coûts annexes (cantine, transports, fournitures) existent naturellement.
Pour les tout-petits, les crèches et jardins d’enfants coûtent généralement autour de 500 dollars par mois, parfois moins pour des systèmes de garde à temps partiel. Les écoles internationales primaires peuvent facturer autour de 12 000 dollars par an. À l’université, une année peut atteindre plus de 20 000 dollars par semestre dans certaines écoles comme l’American University of the Caribbean, tandis que l’université locale de Sint Maarten propose des cursus plus abordables.
Transports, énergie, risques naturels : la logistique au quotidien
Sur une île aussi compacte, on pourrait s’attendre à un usage intensif des transports publics. En pratique, la voiture personnelle reste le mode dominant. La route principale forme une boucle autour de l’île et dessert l’essentiel des zones habitées, mais sa capacité reste limitée, ce qui engendre de fréquents embouteillages, en particulier dans les secteurs de Philipsburg, Simpson Bay, Marigot et aux abords des ponts qui s’ouvrent pour laisser passer les yachts.
Les bus collectifs (minibus) partent principalement de Marigot, mais sont peu fiables avec des horaires irréguliers et un service s’arrêtant tôt, vers 21h. Un ticket coûte 1 à 2 dollars et un abonnement mensuel environ 40 dollars, mais ils ne sont pas recommandés pour des déplacements professionnels réguliers. Les taxis appliquent généralement des tarifs fixes à négocier avant la course et acceptent majoritairement le dollar américain.
Pour les expatriés, louer une voiture pour quelques semaines à l’arrivée (30–60 dollars par jour) est souvent la solution la plus pratique avant de décider d’un achat. Un véhicule d’occasion peut se trouver à partir de 1 500–4 000 dollars pour des modèles vieillissants, plus fréquemment entre 8 000 et 15 000 dollars pour des voitures récentes et fiables. L’assurance auto coûte entre 800 et 1 500 dollars par an (ou 50–100 dollars par mois), l’essence 1,30–1,50 dollar le litre (5–6 dollars le gallon). Les limitations de vitesse vont grosso modo de 35 à 50 mph, on roule à droite sur toute l’île, et le port de la ceinture ainsi que l’interdiction de téléphoner au volant sont en vigueur.
L’électricité est coûteuse, surtout avec une utilisation intensive de climatiseurs et de chauffe-eau. L’eau du robinet n’est généralement pas recommandée pour la consommation directe, la majorité des expatriés préférant l’eau en bouteille. Les réseaux (énergie, eau, communications) ont été fragilisés par des ouragans récents, bien que des programmes de renforcement aient été mis en place. Il est essentiel de se préparer aux aléas météorologiques extrêmes en sécurisant les volets, en stockant de l’eau et de la nourriture avant la saison cyclonique, et en vérifiant les contrats d’assurance habitation.
Système bancaire et moyens de paiement
Travailler et vivre sur l’île suppose d’ouvrir au minimum un compte local, ne serait-ce que pour percevoir un salaire, payer un loyer ou régler certaines factures. Plusieurs banques opèrent sur le territoire, y compris Banco di Caribe avec une agence à Cole Bay côté néerlandais, qui propose des comptes courants et d’épargne, y compris pour non-résidents, assortis de cartes de débit et de services en ligne. D’autres établissements sont cités par la communauté expatriée, comme certaines banques françaises ou régionales du côté néerlandais.
Pour ouvrir un compte non-résident, il faut généralement fournir un passeport, un justificatif de domicile récent (moins de 3 mois), une preuve de revenus (bulletins de salaire, contrat de travail ou relevés bancaires) et parfois une lettre de référence bancaire. La procédure peut être initiée en ligne, mais un déplacement en agence est souvent nécessaire pour finaliser. Les délais d’instruction varient de quelques jours à deux semaines, avec la possibilité de devoir fournir des documents supplémentaires.
Pour les expatriés, une combinaison de comptes – un compte local en euros sur le côté français, un compte en florins (ANG) ou en dollars sur le côté néerlandais, plus un compte multi-devises en ligne – représente souvent le montage le plus souple pour gérer paiements courants, virements internationaux et économies, d’autant que le dollar américain est accepté à peu près partout des deux côtés.
Saint-Martin est globalement classée parmi les îles caribéennes les plus sûres. La criminalité violente reste rare dans les zones fréquentées par les expatriés, et les autorités américaine et canadienne recommandent des « précautions normales de sécurité ». Les délits les plus courants concernent les vols à la tire, les cambriolages et les effractions de véhicules, surtout sur les parkings de plages, à Philipsburg, Marigot ou dans certains quartiers moins favorisés.
Pour éviter les ennuis, appliquez ces conseils de base : ne laissez pas d’objets visibles dans votre voiture, fermez toujours portes et fenêtres, privilégiez les résidences gardiennées si possible, et évitez de vous promener seul tard le soir dans les zones peu éclairées ou réputées à risque. Sur la route, la prudence est de mise face au trafic dense, aux routes étroites, aux nids-de-poule et aux comportements imprudents des autres usagers.
Sur le plan social, l’île porte bien son surnom de « Friendly Island ». La petite taille du milieu fait que tout le monde finit par connaître tout le monde, avec les avantages (entraide, réseaux qui fonctionnent rapidement) et les inconvénients (rumeurs, vie privée réduite) de ce type d’écosystème. Pour un expatrié, s’intégrer passe par la fréquentation de clubs sportifs, d’associations, de groupes de bénévoles (collectes, nettoyages de plage), par la participation aux nombreux festivals (Carnivals, festivals gastronomiques, fêtes nationales) et par l’apprentissage, au minimum, de quelques codes de politesse et de patience face aux lenteurs administratives.
Déménager à Saint-Martin : la dimension logistique
Pour ceux qui ne se contentent pas de deux valises et d’un sac à dos, la question du déménagement international mérite d’être anticipée plusieurs mois à l’avance. Importer un conteneur de meubles, de véhicules ou d’effets personnels vers Saint-Martin/Sint Maarten implique de jongler entre droit français, règles de l’UE et législation douanière du Royaume des Pays-Bas.
Pour bénéficier de la franchise de droits de douane sur vos biens de déménagement, vous devez transférer votre résidence principale d’un pays hors UE vers la France. Conditions essentielles : avoir résidé au moins un an hors de l’UE et avoir utilisé les biens au moins six mois avant l’importation. Les effets doivent être déclarés sur un inventaire détaillé, importés dans l’année suivant le déménagement et ne pas être revendus dans les 12 mois (délai pouvant aller jusqu’à 10 ans pour les objets de grande valeur, notamment pour les résidences secondaires). Préparez les documents requis : certificats spécifiques, attestation de changement de résidence, inventaire, formulaire de non-cession et preuves de domicile.
Côté néerlandais, l’import de véhicules, par exemple, peut bénéficier d’exemptions fiscales si le déménageur a résidé au moins 12 mois à l’étranger, a utilisé la voiture sur place et l’importe avec le reste de ses biens. Dans tous les cas, les véhicules non européens doivent être conformes aux normes techniques locales, ne pas être classés « salvage » ou irrémédiablement endommagés, et passer par un transitaire ou un déménageur agréé pour les formalités douanières.
Les coûts de transport varient selon le port de départ et le type d’envoi. Pour donner un ordre de grandeur, certains tarifs mentionnent par exemple plus de 900 dollars pour un conteneur 20 pieds depuis la côte Ouest des États-Unis, davantage pour des ports plus éloignés, avec des temps de transit de une à trois semaines selon les routes. Le port principal est celui de Philipsburg pour les cargaisons, avec une zone franche dédiée au stockage sous douane.
Pour organiser un tel déménagement, de nombreuses sociétés spécialisées proposent des prestations « porte-à-porte » incluant emballage, chargement, formalités douanières, acheminement maritime et livraison à domicile. L’enjeu, pour un expatrié, est de peser le coût de cet envoi face au rachat de meubles et de véhicules sur place, en gardant en tête les normes électriques différentes (230 V, 50 Hz) et le coût souvent élevé de l’immobilier, qui conduit à choisir des logements plus petits qu’en Europe ou en Amérique du Nord.
Conclusion : Saint-Martin, un projet à construire avec lucidité
S’installer à Saint-Martin en tant qu’expatrié n’a rien d’un simple déménagement « en vacances permanentes ». L’île conjugue un niveau de vie relativement élevé, un tissu économique dynamique mais fragile, une mosaïque culturelle fascinante, et la complexité d’une double juridiction où chaque côté fonctionne avec ses propres règles. En échange d’une préparation minutieuse – choix du côté français ou néerlandais, compréhension des mécanismes de visas et de permis de travail, évaluation réaliste du coût du logement, anticipation des questions de santé, d’école et d’assurance – l’île offre un cadre de vie rare : climat ensoleillé quasi permanent, plages nombreuses et accessibles, activités nautiques illimitées, scènes gastronomique et culturelle épanouies, et une communauté internationale surprenante pour une si petite superficie.
Pour transformer un rêve caribéen en projet solide, la clé réside dans la précision : chiffres, démarches, quartiers, contrats. Ce guide en trace les grandes lignes. À chacun, ensuite, d’affiner son itinéraire personnel – qu’il soit celui d’un jeune professionnel du tourisme, d’un investisseur immobilier, d’un retraité en quête d’hiver doux ou d’un nomade digital à la recherche d’un bureau face à une mer turquoise.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer à Saint-Martin / Sint Maarten, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Saint-Martin / Sint Maarten, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Saint-Martin / Sint Maarten pour son environnement fiscal doux sur les revenus et le patrimoine, la possibilité d’arbitrer entre les régimes français (partie nord) et néerlandais (partie sud), et un cadre international dynamique (tourisme, location saisonnière). La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, conventions internationales), obtention du droit de séjour et installation, détachement CPAM/couverture santé privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, immobilier) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), permettant des économies fiscales significatives et une diversification géographique maîtrisée.
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