S’installer en Jordanie en tant qu’expatrié : le guide complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Jordanie en tant qu’expatrié, c’est choisir un pays sûr, politiquement relativement stable, au carrefour du Moyen‑Orient, avec une capitale en pleine effervescence et une population réputée pour son hospitalité. Mais c’est aussi accepter un coût de la vie élevé pour la région, une culture conservatrice, une bureaucratie parfois déroutante et un marché du logement très contrasté d’un quartier à l’autre.

Bon à savoir :

Ce guide rassemble les informations clés pour préparer votre départ, comprendre la vie quotidienne sur place et éviter les écueils les plus fréquents.

Comprendre le pays et la vie à Amman

S’installer en Jordanie en tant qu’expatrié passe presque toujours par Amman. La capitale concentre l’essentiel des emplois qualifiés, des écoles internationales, des hôpitaux de pointe et de la vie culturelle. Avec environ 4 à 4,1 millions d’habitants et une communauté étrangère estimée à plus de 50 000 personnes, Amman est une vraie métropole régionale.

La ville est bâtie sur une succession de collines – les « Jebal » – et de vallées – les « Wadi ». On se repère davantage grâce aux grands axes (Mecca Street, Medina Street, Zahran Street et ses fameux « cercles ») et aux lieux emblématiques qu’avec les noms de rues. L’urbanisme oppose un centre‑ville ancien (Al‑Balad) très populaire et commercial, et un ouest d’Amman nettement plus aisé, moderne et prisé des expatriés.

Bon à savoir :

La Jordanie est un pays majoritairement musulman, au gouvernement religieux et aux valeurs sociales conservatrices. Sa société est patriarcale, où la famille et le clan jouent un rôle central. Cependant, la capitale Amman présente une scène culturelle dynamique avec des cafés branchés, des galeries, des festivals (comme le Festival International du Film d’Amman) et une jeunesse très connectée.

Le pays est souvent présenté comme l’un des plus sûrs de la région, et même 9ᵉ pays le plus sûr du monde selon un classement cité par la presse locale. Cette stabilité, au milieu d’une zone troublée, explique en partie l’attractivité d’Amman pour les ONG, les organisations internationales et les entreprises régionales.

Astuce :

Le climat est de type méditerranéen, avec des étés très chauds et secs, pouvant atteindre 38 à 40 °C, et des hivers frais à froids, pluvieux, avec parfois de la neige en altitude. La pluviométrie annuelle est faible (moins de 300 mm), rendant la ressource en eau sensible. Il est essentiel de prévoir des vêtements adaptés à la chaleur extrême comme au froid, d’autant que les bâtiments sont souvent mal isolés.

L’arabe est la langue officielle, mais l’anglais est largement pratiqué dans les affaires, les zones touristiques et chez les plus jeunes. On peut vivre à Amman en parlant surtout anglais, mais apprendre quelques bases d’arabe (ne serait‑ce que les salutations et les chiffres) facilite énormément les démarches et le contact avec les habitants.

Premiers pas sur place : SIM, applis, logement provisoire

Les expatriés qui témoignent le répètent : la toute première chose à faire en débarquant à Amman est de prendre une carte SIM locale. Beaucoup de démarches (recherche de logement, livraison, ouverture de compte, services en ligne) exigent un numéro jordanien. Les opérateurs principaux sont Zain et Orange, avec des forfaits prépayés ou postpayés relativement abordables.

Applications utiles en Jordanie

Découvrez une sélection d’applications et de services en ligne qui simplifient le quotidien en Jordanie, de la livraison à domicile au paiement des factures.

Livraison de repas et courses

Commandez des repas avec Bilforon ou faites vos courses en ligne avec Basket.jo. Pour les boissons, utilisez Get Spiritz.

Découverte et transport

Explorez de nouveaux lieux avec Aroundtown et déplacez-vous facilement grâce aux applications de VTC comme Careem ou Uber.

Paiement des factures

Réglez vos factures d’eau, d’électricité et d’autres services en ligne via la plateforme officielle E‑Fawateer, intégrée à de nombreuses banques.

Pour les premiers jours ou semaines, beaucoup choisissent un hôtel ou un Airbnb proche du centre. Des hébergements comme le Sydney Hotel, à deux pas du centre‑ville, offrent une solution économique et pratique le temps de trouver un logement plus durable. Les plateformes Booking.com, Airbnb ou Expedia permettent de repérer des options meublées, souvent plus souples en termes de durée.

Où habiter à Amman ? Cartographie des quartiers pour expatriés

L’un des choix les plus structurants pour votre vie sur place concerne le quartier. Amman est très polarisée entre un ouest aisé, moderne, et un est plus populaire, moins cher mais aussi moins équipé. Pour un expatrié, le cœur se situe clairement à l’ouest.

Les grands profils de quartiers

On peut distinguer plusieurs grandes familles de quartiers prisés des étrangers.

D’un côté, les zones résidentielles très haut de gamme comme Abdoun, Dabouq, Deir Ghbar, Um Uthayna, Khalda ou certaines parties de Dabuq. On y trouve des villas de luxe, des immeubles récents, des ambassades, des centres commerciaux haut de gamme et un niveau de sécurité élevé. Abdoun, par exemple, abrite de nombreuses chancelleries (dont l’ambassade des États‑Unis), le Taj Mall, des restaurants gastronomiques et des clubs très fréquentés le week‑end. Le quartier donne une impression relativement « occidentalisée ».

Dabouq est encore plus exclusif : c’est la zone résidentielle du roi Abdallah II, du palais de Husayniyah et du siège des services de renseignement. Y habiter suppose des autorisations particulières, et la population se compose de membres de la famille royale, de hauts responsables et de grands hommes d’affaires.

Exemple :

À proximité, le quartier de Khalda a connu un fort développement et reste prisé des classes moyennes supérieures pour son accès rapide aux grands centres commerciaux (City Mall, Mecca Mall) et aux axes principaux. Um Uthayna, souvent appelé le « quartier doré » des élites, se distingue par la concentration de bijouteries de luxe et de sièges de groupes internationaux.

Deir Ghbar est un autre quartier résidentiel cossu, calme, sans véritable vie nocturne, recherché par les familles ou ceux qui souhaitent un environnement plus paisible. Al‑Zahair, le long de la route de l’aéroport, attire surtout les personnes travaillant vers Queen Alia Airport, avec l’avantage d’être à l’écart des pires embouteillages.

À l’autre extrémité, Jabal Al‑Weibdeh et Jabal Amman proposent un cadre plus historique, artistique et socialement mixte. Weibdeh est un ancien quartier central aux rues piétonnes, aux immeubles art déco ou modernistes, truffé de cafés, de galeries, de street art. C’est le repaire des artistes, journalistes, intellectuels, mais aussi d’une petite communauté expatriée qui privilégie l’atmosphère à la place de parking. On y trouve toutes les commodités du quotidien à distance de marche, ce qui est rare à Amman.

Jabal Amman, autour de Rainbow Street, joue la carte du patrimoine et du lifestyle : grandes villas du début du XXᵉ siècle reconverties en restaurants ou institutions culturelles, bars, cinémas, boutiques design. Une sorte de quartier bobo, animé le soir, très apprécié des jeunes actifs et des étrangers.

Entre ces deux pôles, des secteurs comme Shmeisani, Sweifieh/Al‑Swaifyeh ou Rabieh offrent un compromis intéressant. Shmeisani est un quartier d’affaires et d’hôtellerie, aux rues larges, qui combine bureaux, banques, écoles et logements, avec un bon rapport qualité/prix. Sweifieh est le royaume du shopping et des sorties, avec Wakalat Street, ses malls (Baraka Mall, Galleria) et une fréquentation très jeune, très dense le soir. Deir Ghbar et Abdoun, déjà cités, complètent cet arc ouest‑ammani très recherché.

Enfin, le centre‑ville historique, Al‑Balad, au pied de la Citadelle, concentre marchés, commerces traditionnels, restaurants bon marché, amphithéâtre romain, mosquées et un quotidien beaucoup plus local, plus bruyant et plus conservateur. On y loue à des tarifs nettement inférieurs, mais ce n’est pas la première option de la plupart des familles expatriées.

Ordre de grandeur des loyers selon les quartiers

Les prix varient fortement d’un secteur à l’autre, mais aussi selon la surface, l’état du bien et son niveau d’équipement (meublé ou non, climatisation, ascenseur, parking, etc.). Les données disponibles permettent toutefois de dégager quelques fourchettes.

Voici un tableau indicatif, en dollars, pour quelques quartiers phares :

QuartierStudio / 1 ch (centre)1 ch hors centre2 ch meublé haut de gamme3 ch centre3 ch hors centreVilla luxe
Abdoun700–900 USD500–700 USD800–1 500 JOD (~1 130–2 120 USD)700–1 000 USD500–800 USD2 000–3 000 USD
Dabouq600–800 USD400–600 USD1 000–1 500 JOD700–1 000 USD500–700 USD2 500–3 500 USD
Sweifieh500–700 USD300–500 USD800–1 500 JOD500–900 USD300–700 USD1 500–2 500 USD
Quartiers ouest « classiques » (Khalda, Shmeisani, Deir Ghbar)200–500 JOD150–350 JOD800–1 500 JOD350–900 JOD220–700 JOD≥ 2 000 JOD

Ces montants sont des plages observées ; dans la pratique, la négociation est la règle, et les loyers peuvent être revus significativement à la baisse, surtout pour des paiements annuels ou semestriels d’avance.

Marché locatif et contrats : comment s’y retrouver

La plupart des expatriés résident en appartement. Les immeubles typiques comptent 4 à 6 étages, avec des logements de grande surface (130 à 200 m² pour 2‑3 chambres), parfois en duplex. Les balcons existent mais les jardins privatifs sont rares, sauf en rez‑de‑chaussée ou en villa. Les plans sont parfois surprenants : couloirs immenses, pièces de service disproportionnées, salles de bain sans fenêtres, etc.

Meublé ou non meublé ?

En Jordanie, l’offre standard reste l’appartement non meublé, souvent sans électroménager. Dans les quartiers très fréquentés par les diplomates et expatriés (Abdoun, Deir Ghbar, Sweifieh, Weibdeh, Jabal Amman), on trouve davantage de biens meublés ou semi‑meublés, mais les loyers montent en conséquence.

Un 1–2 chambres meublé de bonne qualité dans un bon quartier se situe généralement autour de 400 à 900 JOD par mois. Pour un 2–3 chambres meublé, il faut compter 7 000 à 16 000 JOD à l’année, et les biens vraiment luxueux démarrent plutôt vers 15 000 JOD/an.

Contrats, paiements et dépôt

Le marché locatif est encadré par la loi sur les locataires et propriétaires, ainsi que par le Code civil. En pratique, un bail écrit est indispensable. Il précise la durée (souvent un an, renouvelable tacitement), le montant du loyer, le mode de paiement (mensuel, trimestriel, souvent semestriel ou annuel), le dépôt de garantie (en général 1 à 3 mois de loyer), la répartition des charges, les responsabilités de chacun en matière de réparations, et les conditions de résiliation.

Bon à savoir :

De nombreux propriétaires, surtout avec des locataires étrangers, exigent un paiement d’avance pour 6 ou 12 mois. Ce système est parfois facilité par les entreprises ou ambassades qui versent l’allocation logement en une fois. Il est cependant possible de négocier un paiement mensuel ou trimestriel, particulièrement si le logement est difficile à louer.

Les expatriés soulignent l’importance de : la communication interculturelle, l’intégration locale et le soutien communautaire.

vérifier que toutes les factures d’électricité et d’eau précédentes ont été réglées avant d’emménager ;

exiger un reçu pour toute somme versée, y compris pour le gardien (Haris), souvent payé en liquide (25–40 JOD/mois) pour la surveillance, le ménage des parties communes, la gestion des bouteilles de gaz, etc. ;

– détailler précisément l’état des lieux par écrit et en photos, afin d’éviter des retenues abusives sur le dépôt de garantie au départ.

Combien coûte la vie au quotidien ?

La Jordanie est un pays à coût de la vie élevé pour la région, surtout à Amman. Par comparaison, on la rapproche souvent de villes comme Auckland ou Adélaïde. Plusieurs estimations donnent des ordres de grandeur pour les dépenses mensuelles, hors loyer et avec loyer.

ProfilCoût mensuel estimé (hors loyer)Coût total moyen (avec loyer)
Expatrié seul500–600 JOD~ 1 145 JOD (1 150 USD env.)
Nomade digital~ 1 834–1 796 USD
Famille de quatre1 700–1 800 JOD~ 2 258 JOD (2 716 USD env.)
Résident local moyen~ 776 USD

Un salaire net de 1 500 JOD est considéré comme correct pour vivre à Amman, sans mener grand train dans les quartiers les plus chers. Pour une personne seule en location, 550 JOD/mois peuvent suffire à couvrir les besoins essentiels, à condition de choisir un quartier moins huppé et d’éviter les dépenses superflues.

478

Le salaire net mensuel moyen en Jordanie est d’environ 478 dinars jordaniens.

Électricité, eau, Internet : à quoi s’attendre ?

Les charges d’un appartement de taille moyenne tournent en général autour de 70 à 80 JOD/mois pour un 85 m², mais peuvent varier fortement selon la saison.

Plusieurs postes sont à prendre en compte :

35

Une famille de quatre personnes en Jordanie paie en moyenne 35 JOD par mois pour l’électricité, avec des variations saisonnières importantes.

Les factures peuvent être payées en ligne via E‑Fawateer, par virement bancaire, ou dans certains supermarchés et bureaux de poste.

Santé : un système performant, mais assurance quasi indispensable

La Jordanie s’est imposée comme l’un des pôles médicaux du Moyen‑Orient. Avec 122 hôpitaux, dont 70 privés, et un nombre important de médecins formés en Occident, le pays attire chaque année des patients de toute la région, notamment pour la cardiologie, l’oncologie et l’ophtalmologie. Le coût des soins reste globalement 10 à 30 % inférieur à celui des États‑Unis.

Le système se répartit entre secteur public et secteur privé. Le ministère de la Santé, les hôpitaux militaires et universitaires couvrent la majorité des Jordaniens, mais les expatriés ne bénéficient pas automatiquement de ces dispositifs.

Attention :

Pour un étranger, les cliniques et hôpitaux privés sont la pratique la plus répandue, appréciés pour leur rapidité, leur confort et la qualité de l’équipement. Les consultations y coûtent généralement entre 20 et 50 JOD, et jusqu’à 100 JOD pour un spécialiste. Sans assurance, une hospitalisation prolongée peut donc devenir très onéreuse.

Plusieurs points clés à retenir :

Assurance santé pour les expatriés en Jordanie

Informations essentielles sur la couverture médicale et l’accès aux soins pour les étrangers résidant en Jordanie.

Obligation et recommandation

L’assurance santé n’est pas légalement obligatoire pour les expatriés, mais elle est fortement recommandée.

Couverture par l’employeur

De nombreux employeurs internationaux fournissent une couverture privée à leurs salariés expatriés.

Coût des assurances locales

Les assurances privées locales coûtent environ 300 à 800 JOD par an, selon l’âge et les garanties choisies.

Prise en charge d’urgence

En cas d’urgence, tout le monde, y compris les étrangers, bénéficie de premiers secours gratuits si l’hospitalisation n’est pas nécessaire.

Accès aux pharmacies

Les pharmacies sont omniprésentes. Beaucoup de médicaments courants, et certains antibiotiques, sont délivrés sans ordonnance à des tarifs nettement plus bas qu’en Europe.

À Amman, plusieurs établissements privés de référence se distinguent : Jordan Hospital, The Specialty Hospital, Istishari Hospital, Arab Medical Center, Farah Hospital, ou encore le King Hussein Cancer Center pour l’oncologie.

Pour les expatriés vivant en dehors de la capitale, il est souvent conseillé de choisir une assurance incluant l’évacuation vers Amman en cas de besoin, les infrastructures des villes secondaires étant plus inégales.

Travailler en Jordanie : secteurs porteurs et réalité administrative

La Jordanie n’a pas de visa « nomade digital » ni de programme formalisé pour télétravailleurs. Travailler depuis le pays tout en facturant des clients étrangers reste une zone grise, tolérée jusqu’à un certain point mais non couverte par un cadre spécifique. Pour exercer légalement une activité salariée en Jordanie, il faut impérativement disposer d’un permis de travail et, dans la plupart des cas, d’un titre de séjour associé.

Permis de travail : le rôle central de l’employeur

Le principe de base est simple : tout non‑Jordanien souhaitant travailler doit obtenir un permis de travail, et c’est l’employeur local, dûment enregistré auprès du ministère du Travail, qui porte la demande. Ce système de « sponsorship » (Kafala) lie très fortement le salarié à son entreprise : changement d’emploi, départ anticipé ou perte du travail ont des conséquences directes sur le droit au séjour.

Les grandes étapes d’un recrutement international sont les suivantes :

Exemple :

Pour travailler légalement en Jordanie, un étranger doit suivre une procédure en plusieurs étapes. Il doit d’abord obtenir une offre d’emploi formelle d’une entreprise enregistrée localement. L’employeur dépose ensuite une demande de permis de travail au ministère du Travail, accompagnée des documents requis comme le contrat, les diplômes et un test du marché du travail prouvant qu’aucun Jordanien n’est disponible pour le poste. Après approbation, le candidat obtient un visa de travail depuis une représentation diplomatique jordanienne à l’étranger. À son arrivée, il doit passer une visite médicale obligatoire et effectuer d’autres formalités. Enfin, une fois le permis de travail délivré, il peut demander un permis de résidence, généralement valable un an et renouvelable.

Les délais cumulés varient en général de 4 semaines à 3 mois, selon la réactivité des administrations et la complétude du dossier.

300

C’est le montant approximatif en dinars jordaniens des frais de permis de travail pour un travailleur non arabe dans la plupart des secteurs.

Certaines zones, comme la zone économique speciale d’Aqaba, fonctionnent avec des règles assouplies : les entreprises peuvent y employer jusqu’à plus de 70 % d’étrangers et bénéficient de procédures simplifiées, moyennant des redevances périodiques (par exemple 40 JOD tous les trois mois).

Secteurs d’emploi pour expatriés

Les étrangers qualifiés se concentrent surtout dans quelques secteurs :

enseignement et formation linguistique (écoles internationales, universités, instituts privés) ;

ONG et organisations internationales (projets humanitaires, développement, réfugiés) ;

– tourisme et hôtellerie (notamment à Amman, Petra, Wadi Rum, la mer Morte, Aqaba) ;

– technologies de l’information, ingénierie et télécoms ;

– santé (médecins spécialisés, consultants hospitaliers) ;

– fonctions de direction ou de conseil pour des groupes régionaux ou multinationaux.

À l’inverse, de nombreux métiers manuels ou à faible qualification (artisanat traditionnel, petite restauration, certains postes administratifs, chauffeurs, etc.) sont réservés par la loi aux citoyens jordaniens. Il est donc illusoire d’espérer s’installer en Jordanie sans compétences particulières ni appui d’un employeur.

Transports, conduite et déplacements quotidiens

Amman n’est pas une ville « de piétons ». Les trottoirs sont souvent discontinus ou encombrés, les dénivelés importants, la circulation dense et parfois anarchique. La plupart des expatriés se déplacent donc en voiture (personnelle ou avec chauffeur), en taxi ou via des applications comme Careem et Uber.

Le réseau de transports publics, bien que présent, reste limité, irrégulier et peu lisible pour un nouvel arrivant. Des bus couvrent les grands axes et relient les grandes villes, mais ils sont souvent bondés et ne desservent pas finement les quartiers résidentiels.

Astuce :

Pour vos déplacements à Amman, plusieurs options s’offrent à vous. Les taxis jaunes traditionnels sont nombreux et économiques, à condition de bien exiger du chauffeur qu’il utilise le compteur. Les taxis partagés blancs (« servees ») suivent des itinéraires fixes et sont très abordables, mais leur système de remplissage et d’arrêts à la demande est moins intuitif pour un visiteur étranger. Pour plus de confort et de sécurité, notamment un suivi géolocalisé et un tarif connu à l’avance, privilégiez les applications de VTC comme Careem ou Uber.

Conduire en Jordanie

Un grand nombre d’expatriés finissent par conduire eux‑mêmes. La conduite se fait à droite, avec un code de la route proche des normes européennes sur le papier, mais une application plus souple sur le terrain. Les dépassements hasardeux, les changements de voie non signalés et les excès de vitesse sont fréquents. Les radars automatiques et les contrôles policiers sont cependant nombreux, notamment sur les grands axes (Desert Highway, routes d’accès à Aqaba ou à la mer Morte).

Bon à savoir :

Il est possible d’utiliser un permis de conduire étranger accompagné d’un permis international pour de courts séjours. Pour un séjour plus long, la conversion en permis jordanien est recommandée, voire nécessaire. La procédure varie selon la nationalité : pour certains pays occidentaux, la conversion est possible sans examen pratique, moyennant des frais (par exemple environ 250 JOD pour un permis valable 10 ans).

Pour ce qui est de la location de voiture, l’offre est abondante, à l’aéroport comme en ville. Les tarifs se situent grosso modo entre 25 et 40 JOD par jour pour un véhicule standard, avec assurance au tiers obligatoire et assurance tous risques vivement conseillée. L’âge minimal pour louer est en général de 25 ans.

Les trajets inter‑urbains se font facilement par la route : il faut compter environ 1 heure pour rejoindre la mer Morte depuis Amman (55 km), 3 h 30 pour Petra (235 km) et 4 h pour Aqaba (334 km). De nombreux expatriés profitent ainsi des week‑ends pour explorer le pays.

Éducation : un large choix d’écoles internationales

Pour les familles expatriées, l’un des postes de dépense et de décision les plus importants reste la scolarité. Le système public jordanien, en arabe, est reconnu comme l’un des plus développés du monde arabe, mais il n’est pas adapté aux enfants ne parlant pas la langue. La plupart des parents étrangers se tournent donc vers les écoles privées, très nombreuses à Amman.

On recense plusieurs dizaines d’écoles internationales dans la capitale, offrant des programmes variés : International Baccalaureate (IB), programmes britannique (IGCSE, A‑Levels), américain (AP), français, voire des cursus bilingues anglais‑arabe.

Frais de scolarité dans les écoles internationales

Un aperçu des coûts annuels dans quelques établissements fréquemment cités par les expatriés. Les montants sont des ordres de grandeur, hors frais annexes (transport, uniformes, cantine, activités).

École Internationale A

Frais annuels : entre 15 000 et 25 000 €. Un établissement réputé pour son programme bilingue et son large éventail d’activités périscolaires.

Lycée Français B

Frais annuels : entre 10 000 et 18 000 €. Fait partie d’un réseau mondial, assurant une continuité pédagogique avec le système éducatif français.

International School C

Frais annuels : entre 20 000 et 30 000 €. Propose un curriculum de type IB (Baccalauréat International) très prisé pour l’entrée dans les universités anglo-saxonnes.

Bilingual Academy D

Frais annuels : entre 8 000 et 14 000 €. Une option souvent plus abordable avec un enseignement partagé entre la langue locale et l’anglais.

ÉcoleProgramme(s)Tranches de frais annuels (approx.)
Amman AcademyIB (PYP, MYP, DP), bilingue EN/AR4 626 – 12 713 JOD
Ahliyyah & Mutran SchoolIB (PYP, MYP, DP, CP)2 890 – 9 150 JOD
Amman Baccalaureate SchoolIB, bilingue7 121 – 16 606 JOD
International Academy – Amman (IAA)IB + IPC3 850 – 14 585 JOD
Modern American SchoolAméricain + IB4 850 – 13 450 JOD
Lycée Français International d’AmmanFrançais3 833 – 6 222 JOD
Canadian International School – AmmanIB (PYP, MYP, DP)3 040 – 8 755 JOD
New English SchoolAméricain / britannique3 650 – 11 900 JOD
King’s Academy (Madaba)Américain (boarding/day)18 857 – 29 774 JOD

À cela s’ajoutent régulièrement 1 000 à 2 000 JOD par an pour les uniformes, les manuels, le transport scolaire et diverses activités, sans compter les éventuels frais d’examens (IB, IGCSE…).

Il est impératif de s’y prendre tôt pour les inscriptions, les écoles les plus réputées fonctionnant souvent avec des listes d’attente.

Argent, banques et gestion financière

La monnaie locale est le dinar jordanien (JOD), arrimé au dollar américain à un taux fixe (environ 0,709 JOD pour 1 USD). Cette parité stable facilite la planification financière pour les expatriés rémunérés en devise étrangère. Les paiements par carte sont répandus dans les grandes surfaces, malls et institutions, mais beaucoup de petites transactions (taxis, petits commerces, pourboires) se font en espèces.

Bon à savoir :

Le secteur bancaire jordanien est développé et régulé par la Banque centrale de Jordanie. Il comprend 28 banques commerciales, avec des acteurs locaux majeurs (Arab Bank, Bank of Jordan, Housing Bank, Bank al Etihad, Jordan Islamic Bank…) et plusieurs banques étrangères (Standard Chartered, Citi, Société Générale). Les services de banque islamique (sans intérêt, avec partage des profits) coexistent avec les offres bancaires classiques.

Pour ouvrir un compte courant, un expatrié doit généralement présenter un passeport valide, une preuve de résidence (contrat de location, facture de service), un permis de résidence et de travail, ainsi qu’un dépôt initial (souvent autour de 100–200 JOD). Certaines banques exigent un solde minimum permanent, sous peine de frais mensuels.

Bon à savoir :

Les démarches pour ouvrir un compte se font principalement en agence, bien que des offres en ligne et des applications mobiles se développent. Il faut prévoir des délais variables, pouvant aller de quelques minutes à plusieurs jours selon les contrôles effectués par l’établissement.

À noter que les transferts internationaux et les relations avec des services comme PayPal peuvent être plus ou moins simples selon la banque choisie. Par exemple, Cairo Amman Bank a mis en place un partenariat spécifique avec PayPal pour permettre des liaisons directes avec des comptes jordaniens.

Pour les virements transfrontaliers, des services comme Wise (ex‑TransferWise) sont souvent utilisés par les expatriés pour réduire les frais et bénéficier de meilleurs taux de change.

Vie quotidienne, culture et codes sociaux

La vie en Jordanie ne se résume pas à un contrat de travail et un bail. Pour bien s’intégrer, il faut comprendre le système de valeurs local et certains codes implicites.

La société jordanienne est profondément marquée par la culture arabe et bédouine. L’hospitalité y occupe une place centrale. Être invité à partager un café à la cardamome ou un repas autour d’un gigantesque plat de mansaf est à la fois un honneur et un rituel presque sacré. Refuser systématiquement les invitations ou les petites attentions peut être perçu comme de la froideur.

Bon à savoir :

La famille est une valeur centrale où les décisions importantes sont rarement individuelles et incluent l’avis des parents, frères et oncles. Le taux de divorce est parmi les plus bas du monde arabe, et il est fréquent que plusieurs générations vivent sous le même toit ou à proximité immédiate.

Dans l’espace public, les marques d’affection entre hommes et femmes sont mal vues. En revanche, il n’est pas rare de voir deux amis masculins se tenir par la main : ce geste n’a pas de connotation romantique, il exprime une proximité amicale. L’homosexualité en tant que telle n’est pas criminalisée, mais un mode de vie ouvertement LGBTQ+ reste très mal accepté socialement. À Amman, une micro‑scène existe, essentiellement souterraine.

Bon à savoir :

La règle de base pour les expatriés est la modestie : couvrir épaules et genoux, éviter les vêtements moulants ou transparents, surtout hors des zones touristiques. Les shorts pour hommes sont mal acceptés en dehors des plages et randonnées. La société est diversifiée, allant des tenues occidentales aux habits traditionnels.

Au travail, le costume‑cravate reste une valeur sûre pour les hommes, au moins lors des premiers rendez‑vous, et les tailleurs ou ensembles sobres pour les femmes. Les hiérarchies sont marquées, et la ponctualité est valorisée… même si les réunions commencent souvent en retard, après un long préambule autour du café.

Le calendrier est rythmé par l’islam. Le vendredi est le jour sacré et férié, le week‑end courant étant vendredi–samedi. Pendant le Ramadan, les horaires de travail raccourcissent, le rythme de vie se décale et les soirées s’animent après la rupture du jeûne (iftar). Même si les non‑musulmans ne sont pas tenus de jeûner, il est conseillé de ne pas manger, boire ou fumer ostensiblement en public dans la journée, par respect.

Se déplacer, voyager et profiter du pays

Vivre en Jordanie offre un accès privilégié à certains des sites les plus spectaculaires du Moyen‑Orient : Petra, bien sûr, mais aussi les canyons et arches de Wadi Rum, les rives salées de la mer Morte, les châteaux du désert, les réserves naturelles (Dana, Ajloun, Mujib), ou encore les fonds marins du golfe d’Aqaba.

Bon à savoir :

Depuis Amman, des agences et plateformes (GetYourGuide, Viator) proposent excursions, randonnées, survols en hélicoptère et circuits combinés. Les frais d’entrée aux grands sites varient généralement de 5 à 50 JOD. Pour les courts séjours, le Jordan Pass offre un accès combiné à plusieurs sites.

Au quotidien, la capitale elle‑même offre une multitude d’activités : cafés, librairies, cinémas (environ 7–10 JOD la séance), salles de sport (25–80 JOD/mois), clubs, concerts, expositions. Beaucoup de rencontres se font dans les cafés plutôt que dans les bars, l’alcool étant disponible mais cher – taxation oblige – et minoritaire dans les pratiques de loisirs.

Santé, sécurité et réalités moins glamour

Aussi séduisante que soit la promesse, il serait trompeur de peindre la Jordanie en paradis sans nuages. Plusieurs défis importants marquent le quotidien.

Sur le plan environnemental, Amman souffre d’un manque d’espaces verts, d’une pollution de l’air parfois sensible et d’une gestion des déchets inégale. Certains quartiers sont décrits comme sales et surpeuplés, particulièrement dans l’est.

Attention :

Le pays présente de fortes disparités entre quartiers aisés et zones de grande précarité, comme les camps de réfugiés et les banlieues industrielles. L’accueil d’une part très élevée de réfugiés par habitant exerce une pression considérable sur les infrastructures, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement et de l’eau.

La sécurité au sens strict reste bonne, mais la prudence est de mise sur la route : les accidents de circulation figurent parmi les principales causes de décès, avec un coût économique estimé à plusieurs centaines de millions de dinars par an. Le port de la ceinture à l’avant est obligatoire, l’alcool au volant strictement interdit, et certains axes (notamment la Desert Highway près d’Aqaba, de nuit) sont réputés dangereux.

Attention :

La liberté d’expression est restreinte, et critiquer ouvertement les autorités ou aborder des débats politiques sensibles peut entraîner des conséquences négatives. Il est conseillé aux expatriés d’éviter les discussions politiques publiques, notamment sur les sujets régionaux particulièrement délicats.

Les questions d’égalité des genres et de droits des minorités restent délicates : la société reste largement masculine dans l’espace public, et de nombreuses expatriées rapportent des micro‑agressions, regards insistants ou attitudes paternalistes, même si la Jordanie est souvent décrite comme l’un des pays les plus sûrs de la région pour les voyageuses seules.

Conclusion : une expatriation exigeante mais riche

S’installer en Jordanie en tant qu’expatrié, c’est accepter un certain nombre de contraintes : démarches de visa et de permis de travail parfois lourdes, coût de la vie élevé, culture conservatrice, infrastructures de transport public limitées et marché du logement inégal selon les quartiers. Mais c’est aussi évoluer dans un pays remarquablement sûr à l’échelle régionale, à l’hospitalité sincère, riche d’une histoire plurimillénaire et entouré de paysages spectaculaires.

Astuce :

Pour réussir son expatriation au Canada, plusieurs leviers sont essentiels : préparer son budget avec soin, choisir son quartier en connaissance de cause, souscrire une bonne assurance santé, prendre le temps de comprendre les codes sociaux locaux, ajuster ses attentes en matière de confort urbain, et s’appuyer sur la communauté expatriée déjà présente via les groupes Facebook, les espaces de coworking et les réseaux associatifs.

Avec ces repères en tête, s’installer en Jordanie peut devenir bien plus qu’une simple affectation professionnelle : une immersion profonde dans un pays de contrastes, à la croisée des mondes arabe, méditerranéen et occidental.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale en Jordanie pour optimiser sa fiscalité et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Grèce, Chypre, Émirats), la stratégie retenue consiste à cibler la Jordanie pour son régime favorable aux revenus de source étrangère, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur à celui de la France (Amman moins chère que Paris) et une position géostratégique entre Europe et Golfe. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence via achat ou location de résidence principale, organisation santé (CPAM, couverture locale/privée), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, immigration) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration internationale).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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