S’installer au Turkménistan en tant qu’expatrié : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Turkménistan ne ressemble à aucune autre expérience d’expatriation. Entre un coût de la vie plus élevé que la moyenne mondiale, une économie portée par le gaz, un contrôle étroit de la société et d’importantes contraintes administratives, ce pays d’Asie centrale est à la fois fascinant et déroutant. Pour un salarié envoyé par son entreprise, un consultant sur un projet d’infrastructure ou un diplomate, la clé est de bien préparer son arrivée et de connaître à l’avance les réalités du terrain.

Bon à savoir :

Ce guide fournit les dernières données sur le coût de la vie, les visas, le travail, le logement, la santé, l’éducation, les communications, les finances et les codes culturels. Il vous aide à évaluer la faisabilité de votre projet d’expatriation avec votre famille et à anticiper les défis pour éviter les mauvaises surprises sur place.

Comprendre le pays et son contexte

Le Turkménistan est un État d’Asie centrale, largement recouvert par le désert du Karakoum. Son histoire dépasse les 5 000 ans et l’on y trouve plusieurs sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme Merv ou Nisa. La population est d’environ 7,5 millions d’habitants, majoritairement turkmène, avec de petites minorités ouzbèkes et russes. La capitale, Achgabat, rassemble plus d’un million d’habitants.

Attention :

Le pays est une république présidentielle extrêmement centralisée, qualifiée de dictature autoritaire. Le contrôle politique, médiatique et numérique est strict, avec une liberté d’expression limitée et des changements de réglementation pouvant intervenir brutalement par décret. Bien que l’islam sunnite soit la religion principale, l’État reste officiellement laïc dans une société profondément conservatrice.

Économiquement, le Turkménistan s’appuie sur d’immenses réserves de gaz naturel (quatrième réserve mondiale) et une production agricole centrée sur le coton et le blé. Le PIB par habitant se situe autour de 8 500 à 11 000 dollars selon les sources, mais ces chiffres masquent des inégalités et un pouvoir d’achat réel plus faible que dans la plupart des pays occidentaux.

Pour un expatrié, cela signifie un environnement où l’État est omniprésent, où le cadre légal est rigide, mais où les Turkmènes, eux, se montrent généralement hospitaliers, chaleureux et très attachés aux valeurs familiales et à l’hospitalité.

Coût de la vie : à quoi s’attendre réellement ?

Contrairement à l’image qu’on pourrait avoir d’un pays désertique et peu touristique, le coût de la vie au Turkménistan est loin d’être bas. Les données disponibles montrent que la vie y est en moyenne 1,57 fois plus chère que la moyenne mondiale, avec une position élevée dans les classements internationaux de coût de la vie (environ 23ᵉ sur 197 pays), bien au-dessus de nombreux pays voisins d’Asie centrale.

Budgets types pour expatriés

Les estimations varient selon le style de vie, la ville et l’inclusion ou non du loyer. Quelques ordres de grandeur permettent cependant de se faire une idée.

ProfilDépenses mensuelles « moyennes » (avec loyer)Budget « serré » (avec loyer)Niveau « confortable/luxe » (avec loyer)
Célibataire~3 500 TMT (≈ 1 250 $)~565,8 $2 557,5 $
Couple~5 000 TMT (≈ 1 730 $)~777,04 $3 636,25 $
Famille de 4~5 800 TMT (≈ 2 435 $)~1 100,44 $5 079,5 $

Ces moyennes masquent des écarts importants entre Achgabat, capitale très chère, et les autres villes (Turkmenabat, Mary, Balkanabat, Türkmenbaşy, etc.). Par exemple, un expatrié seul à Achgabat verra facilement son budget grimper autour de 1 800 $ par mois, alors que des estimations pour l’ensemble du pays parlent souvent d’environ 1 900–2 000 $ pour un expatrié.

Le Turkménistan est ainsi classé 23ᵉ pays le plus cher du monde pour le coût de la vie, mais seulement 143ᵉ pour la qualité de vie, ce qui souligne un rapport coût/confort peu favorable si l’on ne bénéficie pas d’un package d’expatriation solide (logement, assurance santé, école pour les enfants, etc.).

Structure des dépenses

Les enquêtes budgétaires donnent une idée claire de la manière dont se répartissent les dépenses des ménages locaux, ce qui est aussi utile pour les expatriés, même si leurs niveaux de consommation diffèrent.

Poste de dépensePart moyenne du budgetMontant moyen mensuel (TMT)
Logement (loyer)~26 %~1 200 TMT
Alimentation (courses)~26 %~560–700 TMT (célibataire / couple)
Transports~8 %~390 TMT
Santé~9 %~270 TMT
Éducation~6 %~230 TMT
Dépenses discrétionnaires (loisirs, divers)~6 %~150 TMT

Pour un expatrié, ces proportions peuvent varier : la part du logement sera souvent plus élevée en raison d’exigences de confortsupérieures, tandis que les dépenses de santé et d’éducation privée peuvent fortement peser, faute de pouvoir s’appuyer sur les systèmes publics.

Alimentation et restauration

Les produits alimentaires de base restent abordables en monnaie locale, mais les produits importés, l’alcool de bonne qualité et la restauration dans des lieux « expat-friendly » font rapidement monter la note. Le ratio moyen dépenses alimentaires / revenu est d’ailleurs d’environ 26 %, ce qui est élevé.

TMT

Le manat (TMT) est la monnaie utilisée pour indiquer les repères de prix mentionnés dans l’article.

Produit ou service alimentairePrix moyen (TMT)
Déjeuner simple en quartier d’affaires60 TMT
Repas bon marché au restaurant100 TMT
Repas pour 2 dans restaurant de milieu de gamme300 TMT
Menu fast-food30–47,5 TMT
0,5 l de bière locale (supermarché)9 TMT
Bouteille de vin « correct »150–200 TMT
Cappuccino10–24 TMT
1 kg de riz~3,9 TMT / 1 lb ~8,16 TMT
1 kg de tomates~1,4 TMT (données marchés)
1 kg de pommes~2,5 TMT
12 œufs7–22,8 TMT
500 g de blanc de poulet~13 TMT
Pain quotidien pour deux2,5 TMT

Un célibataire dépenspera en moyenne autour de 560 TMT par mois en courses, un couple environ 700 TMT. Pour une famille, les estimations varient énormément (de quelques centaines à plusieurs milliers de TMT selon le niveau de vie), ce qui reflète la différence entre une consommation locale modeste et un mode de vie plus occidental (produits importés, restaurants, etc.).

Logement : un poste crucial

Le logement est l’un des grands enjeux de l’expatriation au Turkménistan, surtout à Achgabat. L’offre « occidentale » est faible, la qualité souvent très inégale et les loyers nettement supérieurs à ceux du marché local, notamment pour les expatriés.

On retrouve deux types de données : des montants en TMT (statistiques générales) et des loyers en dollars (témoignages d’expatriés à Achgabat). Les ordres de grandeur convergent toutefois.

Type de logementLoyer mensuel moyen
Studio (marché global)440–1 700 TMT
1 chambre (fourchette globale)660–2 600 TMT
2 chambres870–3 500 TMT
3 chambres1 000–4 800 TMT
1 chambre centre-ville (stat global)~3 660 TMT
1 chambre hors centre (stat global)~2 300 TMT
3 chambres centre-ville (stat global)~5 800 TMT
3 chambres hors centre (stat global)~4 900 TMT
1 chambre centre Achgabat (témoignages)~400 $
1 chambre hors centre Achgabat~325 $
3 chambres centre Achgabatà partir de ~680 $
3 chambres hors centre Achgabat~525 $
Maison avec jardin (4–5 pièces)~600–1 500 $
Villa2 600–10 000 TMT de loyer ou ~5,8 M TMT à l’achat

Plusieurs éléments pratiques à connaître :

Bon à savoir :

La majorité des expatriés non-diplomates résident dans des immeubles locaux souvent vétustes, avec des parties communes dégradées. Un appartement correct (T2/T3) coûte généralement entre 500 et 700 $ par mois, un prix élevé pour la qualité. De nombreux propriétaires exigent un an de loyer d’avance, une pratique risquée en cas de litige. Les services (eau, électricité, chauffage, climatisation) sont gérés de manière centralisée par l’immeuble, avec des coupures et des plannings d’activation parfois inadaptés. En été, certains quartiers connaissent des pénuries d’eau ou un approvisionnement limité, un point crucial à vérifier avant toute signature de bail.

Les charges de base pour un appartement de 85 m² (électricité, chauffage, eau, ordures) tournent autour de 2 000 TMT par mois. L’internet haut débit (quand il fonctionne) se paie environ 280 à 645 TMT selon le débit, sans garantie de qualité de service.

Transports : bon marché mais chaotiques

La bonne nouvelle, c’est que le transport local est peu coûteux en valeur absolue, même si la qualité laisse souvent à désirer.

Élément de transportPrix ou donnée clé
Ticket de bus local (aller simple)0,5 TMT
Abonnement mensuel transports30 TMT
Départ taxi (tarif de base)10 TMT
Taxi ~1 mile~4,83 TMT
Taxi attente 1h30 TMT
Essence 1 litre~1,5 TMT
Transport dans le budget moyen~8 % des dépenses, ~390 TMT/mois

Les routes sont en très mauvais état hors centre-ville, avec des nids-de-poule fréquents, du bétail traversant la chaussée et des piétons peu regardants. La vitesse est strictement limitée (60 km/h dans Achgabat) et contrôlée par radars. Conduire de nuit hors des grandes villes est fortement déconseillé.

Exemple :

Au Turkménistan, les voitures neuves représentent un investissement important par rapport aux salaires locaux. Par exemple, une Toyota Corolla coûte environ 200 000 TMT et une Volkswagen Golf peut varier entre 150 000 et 400 000 TMT selon la version. En revanche, pour un expatrié dont le contrat est pris en charge par son entreprise, il est fréquent que le package d’avantages inclue un véhicule de fonction avec chauffeur.

Salaire, épargne et pouvoir d’achat

Le salaire net moyen local est d’environ 2 325 TMT par mois (environ 700–750 $ selon les taux), ce qui ne couvre que 0,4 mois de dépenses moyennes telles qu’estimées par les comparateurs internationaux. Autrement dit, le niveau de vie moyen local est nettement inférieur à celui d’un expatrié typique.

Pour les résidents, le ratio dépenses/revenus atteint en moyenne 84 % et seuls 58 % déclarent réussir à épargner chaque mois, en moyenne 1 400 TMT. Les expatriés, eux, perçoivent généralement des salaires très supérieurs allemands, français ou anglo-saxons, parfois complétés par une prime d’expatriation, ce qui permet de vivre correctement, à condition que le contrat de travail prenne en charge les coûts lourds : logement, école internationale, assurance santé privée.

Dans les enquêtes, 63 % des résidents jugent le coût de la vie « supportable » à condition de bien budgéter, tandis que 37 % estiment que la vie est trop chère. Pour un étranger qui paie tout de sa poche sans avantages, la seconde perception est souvent plus proche de la réalité.

Visas, permis de travail et résidence : un parcours très encadré

Le Turkménistan est l’un des pays les plus fermés au monde d’un point de vue migratoire. Tous les étrangers, ou presque, ont besoin d’un visa. Pour s’installer en tant qu’expatrié salarié, la combinaison visa de travail + permis de travail est indispensable.

Le rôle central de la lettre d’invitation

La quasi-totalité des visas reposent sur une lettre d’invitation (Letter of Invitation, LOI) approuvée par le Service national des migrations. Cette lettre est demandée :

par une agence de voyage locale pour un visa touristique;

par l’employeur turkmène pour un visa de travail ou d’affaires.

Sans LOI validée, il est pratiquement impossible d’obtenir un visa, que ce soit auprès d’une ambassade ou à l’arrivée. La procédure d’approbation de la LOI prend en général 3 à 4 semaines (jusqu’à 20 jours ouvrables) et la lettre est ensuite valable trois mois.

Principaux types de visa

Pour s’installer comme expatrié, ce sont surtout les visas de travail et d’affaires qui comptent, mais il existe une palette assez large.

Type de visaUsage principal
Visa de travailEmploi salarié, missions de longue durée
Visa d’affairesRéunions, négociations, missions de courte durée
Visa touristiqueSéjours avec guide, tourisme classique
Visa de transitPassage vers un autre pays (sans LOI)
Visa familial / privéRejoindre un proche résidant au Turkménistan
Visa étudiant, investissement, santé, sport, humanitaire, etc.Cas spécifiques

Les visas peuvent être à entrée simple ou multiple, avec une durée allant de 10 jours à plusieurs mois, voire un an pour certains visas de travail, généralement alignés sur la durée du contrat.

Permis de travail : quotas et lourdeur administrative

Travailler légalement au Turkménistan suppose l’obtention d’un permis de travail, distinct du visa. C’est à l’employeur local de faire la demande auprès du ministère du Travail et de la Protection sociale avant votre arrivée. Il doit démontrer :

qu’aucun candidat local ne peut occuper le poste;

que le quota de travailleurs étrangers (souvent limité à 10 % des effectifs) n’est pas dépassé.

Astuce :

Un permis de travail est généralement valable pour une durée d’un an et est renouvelable. Il est crucial de noter que le traitement administratif de la demande peut s’étendre sur plusieurs semaines, voire quelques mois. Il est donc fortement recommandé d’initier les démarches bien en avance pour éviter tout délai imprévu.

Démarche type pour un expatrié salarié

L’enchaînement se résume ainsi :

Exemple :

L’exemple illustre les étapes clés pour qu’un travailleur étranger obtienne un permis de travail au Turkménistan. L’employeur turkmène initie la procédure en déposant le dossier de permis auprès des autorités. Après une pré-approbation, il sollicite une lettre d’invitation du Service des migrations. Le travailleur dépose ensuite sa demande de visa (avec la Lettre d’Invitation et les documents requis) à l’ambassade turkmène compétente. Une fois entré sur le territoire, il doit s’enregistrer auprès du Service des migrations dans les trois jours ouvrables suivant son arrivée. La procédure se finalise par la signature du contrat de travail et l’accomplissement des formalités locales, comme l’enregistrement de l’adresse.

La non‑conformité (travail sans permis, absence d’enregistrement, dépassement de durée de visa) expose à des amendes, une arrestation, une expulsion et une interdiction de retour pouvant aller jusqu’à cinq ans. Le système est appliqué strictement.

Famille et long séjour

Les conjoints et enfants mineurs peuvent en principe obtenir un visa familial dépendant de votre propre visa et permis de travail. Ils doivent eux aussi s’enregistrer à l’arrivée. Ces visas n’autorisent pas automatiquement le travail : le conjoint souhaitant travailler devra entamer une procédure de permis de travail propre.

L’obtention d’une résidence permanente reste exceptionnelle. Elle dépend parfois du mariage avec un citoyen turkmène ou de liens familiaux proches. Même après plusieurs années de travail, la résidence permanente n’est pas automatique.

Achgabat et les grandes villes : où vivre, comment se loger ?

La plupart des expatriés se concentrent à Achgabat, capitale politique et administrative, ainsi que dans quelques pôles où les projets industriels et énergétiques sont importants (Balkanabat, Türkmenbaşy, Mary, Turkmenabat).

Achgabat, vitrine de marbre dans un pays fermé

Achgabat est une ville singulière : architecture monumentale en marbre blanc, dômes dorés, complexes de fontaines géantes, parcs impeccables et avenues surdimensionnées. La ville détient plusieurs records du Guinness, dont celui de la plus grande concentration de bâtiments en marbre. Elle héberge aussi la plus grande roue d’observation couverte et un immense parc d’attractions, le « Monde des contes de Turkmenbashi ».

Derrière cette façade spectaculaire, la réalité quotidienne pour un expatrié est plus nuancée : une ville assez chère, avec une infrastructure parfois défaillante (coupures d’eau et d’électricité, internet très lent et filtré), un contrôle permanent et une vie sociale plus limitée qu’à Dubaï ou Almaty.

Le marché locatif vu du terrain

Pour se loger, la norme pour un expatrié est de passer par une agence immobilière habituée à travailler avec des étrangers. Il est quasi impossible de trouver un bon logement en arrivant seul, sans réseau local.

Quelques réalités à garder en tête :

Bon à savoir :

La plupart des appartements pour étrangers sont meublés, mais les meubles sont souvent de mauvaise qualité. Il faut souvent visiter de nombreux biens avant d’en trouver un correct. Les immeubles ‘élite’ du sud de la ville, avec de grands T3 neufs, sont très prisés par les diplomates et cadres. Des compounds sécurisés existent pour certains personnels diplomatiques. L’eau du robinet n’étant pas toujours potable, prévoyez un système de filtration ou l’achat d’eau en bouteille.

Le prix des logements est globalement considéré comme « cher pour la qualité » par la plupart des expatriés interrogés, ce qui renforce l’importance de négocier une prise en charge locative par l’employeur.

Services domestiques

Un point positif souvent souligné : il est relativement facile d’employer des aides à domicile (femmes de ménage, jardiniers, chauffeurs), pour des salaires autour de 100 $ par mois et par personne. Ces emplois se font dans le secteur informel, sans cadre légal structuré, mais ils améliorent sensiblement le confort de vie au quotidien.

Santé : pourquoi l’évacuation médicale doit être prévue

La situation sanitaire est l’un des principaux points de vigilance pour un expatrié au Turkménistan. Le système de santé public, sous-financé depuis la fin de l’URSS, manque de personnel, de matériel moderne et parfois même de médicaments basiques. Les hôpitaux publics sont souvent surchargés et les conditions d’hygiène en dessous des standards occidentaux.

Attention :

Les étrangers n’ont généralement pas accès gratuit au système public de santé. Les ambassades déconseillent fortement les interventions lourdes sur place. Bien que quelques établissements récents à Achgabat offrent des infrastructures modernes dans des spécialités comme la cardiologie, des problèmes majeurs persistent : pénurie de médicaments, qualité variable des formations médicales et corruption.

Pour toutes ces raisons, les recommandations convergent :

souscrire obligatoirement une assurance santé internationale couvrant les frais d’évacuation médicale vers un pays tiers (Turquie, Émirats, Europe, etc.);

– arriver avec une réserve de médicaments personnels suffisante pour toute la durée du séjour, surtout en cas de traitement chronique;

– éviter autant que possible les actes médicaux invasifs sur place.

Les coûts d’évacuation peuvent facilement dépasser 70 000 $ pour un transfert vers Istanbul ou Dubaï, ce qui rend une couverture spécifique non négociable dans un contrat d’expatriation sérieux.

Éducation : options internationales limitées

Pour les familles, la question de l’école est cruciale. L’enseignement public turkmène est gratuit pour les citoyens, mais la langue d’enseignement est le turkmène, le cadre éducatif est très contrôlé et il n’existe pas de tradition d’accueil d’enfants d’expatriés dans ces établissements.

Bon à savoir :

L’école internationale QSI Ashgabat, fondée en 1994, est l’option principale. Cet établissement privé à but non lucratif accueille les élèves de la maternelle au lycée avec un programme international axé sur les compétences du XXIᵉ siècle. Partiellement soutenue par le Département d’État américain et accréditée internationalement, elle propose des frais de scolarité élevés, comparables à ceux d’autres capitales d’Asie centrale.

Il existe aussi des établissements à proximité du Turkménistan (notamment à Tachkent, en Ouzbékistan) pour les familles qui choisiraient un schéma de type « parent expatrié au Turkménistan, famille basée à l’étranger », mais ce modèle n’est pas adapté à tout le monde.

Dans tous les cas, l’employeur doit clarifier en amont la prise en charge des frais de scolarité, car un an dans une école internationale peut se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Communications et internet : un environnement ultra‑restreint

Sur le plan numérique, le Turkménistan est l’un des pays les plus fermés et les moins connectés du monde. L’accès à internet est limité, cher et massivement censuré.

Accès et coût

Le réseau est largement dominé par la société publique Turkmen Telecom et sa filiale mobile Altyn Asyr. La pénétration internet n’est que d’environ 35–45 % de la population, avec une forte concentration en zone urbaine. Les débits sont extrêmement faibles : les offres grand public vont de 1 à 6 Mbps officiellement, mais les vitesses réelles sont souvent plus basses, avec des coupures fréquentes et une latence élevée.

150

Le coût mensuel en TMT d’un forfait internet fixe de 1 Mbps au Turkménistan, dépassant largement le seuil d’abordabilité recommandé.

Censure, surveillance et VPN

La grande majorité des réseaux sociaux et des messageries (Facebook, Instagram, X/Twitter, YouTube, WhatsApp, Telegram, Signal, etc.) sont bloqués. D’innombrables sites d’actualités, d’ONG, de droits de l’homme et d’information indépendante sont également inaccessibles. Des études techniques montrent que plus de 120 000 domaines et plusieurs milliards d’adresses IP sont filtrés.

Attention :

L’utilisation de VPN, de Tor ou d’autres outils similaires est interdite et constitue un délit, pouvant entraîner des arrestations et de lourdes amendes. Certains utilisateurs sont contraints de signer des engagements à ne plus y recourir. Bien qu’il existe un marché gris de VPN « tolérés » vendus à prix élevé, leur utilisation comporte un risque juridique réel.

Pour un expatrié, cela implique : s’adapter à une nouvelle culture, gérer la langue, trouver un logement, naviguer dans le système de santé, établir un réseau social, et comprendre les lois locales.

– une absence quasi totale d’accès libre aux réseaux sociaux;

– une surveillance probable des communications en ligne et téléphoniques;

– une grande difficulté à travailler à distance s’il s’agit d’activités très connectées;

– la nécessité d’accepter une « diète numérique » forcée.

Avant de partir, mieux vaut télécharger hors ligne les documents, livres, ressources et loisirs numériques dont vous aurez besoin, et échanger avec d’anciens expatriés pour connaître les solutions pratiques autorisées à l’instant T.

Banque, argent et gestion financière

Le Turkménistan reste une économie très largement dominée par le cash. La monnaie officielle est le manat turkmène (TMT). Le paiement par carte est rare en dehors de quelques hôtels et restaurants de standing à Achgabat. Les distributeurs automatiques internationaux sont quasiment inexistants.

Astuce :

Il est conseillé d’arriver au Turkménistan avec des dollars américains en espèces, en billets récents et en bon état. Ces derniers peuvent être échangés dans les banques, les hôtels ou les bureaux de change officiels. Les euros y sont plus difficiles à convertir. Le taux de change officiel (environ 3,5 TMT pour 1 USD) coexiste avec un marché parallèle défavorable aux autorités, rendant les conversions délicates. Changer de l’argent en dehors des circuits légaux est illégal.

L’ouverture d’un compte bancaire en TMT ou en devises est possible pour les étrangers, théoriquement sur présentation du passeport. Le système offre une garantie publique des dépôts (la loi sur la garantie obligatoire des dépôts prévoit un remboursement à 100 % des sommes déposées en cas de problème, par l’intermédiaire de la Banque centrale). Dans la pratique, la bureaucratie, le manque de transparence et l’absence d’habitude avec la clientèle étrangère rendent l’exercice complexe. De nombreux expatriés se reposent sur leur banque d’origine et sur les transferts internationaux via des prestataires (type Western Union) pour leurs besoins ponctuels.

Vie sociale, culture et codes à respecter

Vivre au Turkménistan, c’est accepter d’évoluer dans une société très conservatrice, où la famille, l’honneur et la communauté priment, et où l’État garde un œil permanent sur la sphère publique.

Langue et religion

La langue officielle est le turkmène. Le russe est couramment parlé en ville, surtout à Achgabat et Türkmenbaşy, et reste la langue la plus utile pour un expatrié au quotidien. L’anglais, lui, est très peu répandu (environ 2 % de locuteurs). Apprendre quelques bases de turkmène et, surtout, un peu de russe, facilite énormément les interactions.

La population est majoritairement musulmane sunnite, avec une minorité orthodoxe. Cependant, la pratique religieuse est encadrée par l’État, et le pays se veut officiellement séculier.

Usages sociaux

Les salutations sont chaleureuses mais formelles. On se serre la main de la main droite, on prend des nouvelles de la santé et de la famille en début de conversation. Il est d’usage de maintenir le contact visuel, d’utiliser un langage poli et des titres honorifiques.

Quelques règles de base :

Bon à savoir :

Les démonstrations d’affection en public, au-delà de se tenir la main, sont mal vues. Une tenue modeste est attendue : épaules et genoux couverts pour les femmes, et les shorts sont à éviter pour les hommes. Il est d’usage d’enlever ses chaussures avant d’entrer dans une mosquée ou une maison. Si vous êtes invité chez quelqu’un, c’est un honneur ; il est poli d’apporter un petit cadeau (friandises, fleurs, souvenir). Refuser une offre de nourriture ou de boisson est considéré comme impoli, et accepter le thé, symbole d’hospitalité, est particulièrement important.

Les conversations politiques ou critiques du régime sont à proscrire, que ce soit en public, en privé, en ligne ou sur les réseaux sociaux. La législation sanctionne sévèrement la diffamation, la propagande considérée comme hostile et les propos critiques sur les dirigeants.

Questions sensibles

Les relations homosexuelles masculines sont illégales et passibles de prison. Le climat vis‑à‑vis de la communauté LGBTQ+ est décrit comme hostile. Toute expression publique en ce sens peut avoir des conséquences graves. Les expatriés concernés doivent le savoir et adapter leur stratégie de visibilité et de sécurité personnelle.

Attention :

Une femme turkmène soupçonnée d’entretenir une relation avec un étranger, ou considérée comme prostituée par les autorités, peut causer de sérieux problèmes à ce dernier, tels qu’une amende ou une expulsion du pays.

Enfin, des témoignages mentionnent l’existence d’un couvre-feu informel vers 23 h, des contrôles fréquents de papiers et une forte présence policière. Avoir sur soi en permanence son passeport ou au minimum une copie et son visa est indispensable.

Communauté expatriée

Le pays ne dispose quasiment pas de clubs d’expatriés formels. La majorité des échanges passent par des plateformes comme InterNations, Expat.com ou des groupes privés. À Achgabat, InterNations organise des rencontres mensuelles et des activités thématiques (clubs de lecture, petits-déjeuners, sorties culinaires), qui aident à rompre l’isolement.

Les témoignages d’expatriés font souvent état de week-ends silencieux, de difficultés à nouer des liens avec les locaux (en raison des barrières linguistiques, culturelles et de la méfiance généralisée), et d’un temps libre passé en petits cercles d’étrangers. Anticiper cette réalité psychologique est important, surtout si l’on vient d’une grande métropole ouverte.

Sécurité, légalités et quotidien

Sur le plan de la criminalité de droit commun, le Turkménistan est généralement considéré comme plutôt sûr. Les crimes violents sont rares et majoritairement liés à l’alcool ou au trafic de drogue. Les expatriés peuvent toutefois être ciblés pour des vols opportunistes, en particulier dans les marchés, les transports en commun ou les trains de nuit.

La prudence standard reste de mise :

Astuce :

Pour assurer votre sécurité, il est conseillé d’éviter d’exhiber des objets de valeur en public. Limitez vos déplacements nocturnes, en particulier en utilisant des taxis non officiels. Enfin, soyez vigilant face aux sollicitations pour services sexuels dans certains bars et hôtels fréquentés par des étrangers.

En revanche, le risque principal est d’ordre légal et administratif : non‑respect des règles d’enregistrement, prise de photos de bâtiments officiels, commentaires politiques en ligne, usage de VPN, relation jugée inappropriée avec un citoyen local… Les sanctions peuvent être lourdes et rapides (amende, détention, expulsion).

Le pays se trouve en zone sismique active; des tremblements de terre sérieux ont déjà touché Achgabat. Les plans d’urgence des ambassades prévoient généralement des consignes spécifiques, qu’il est utile de connaître.

Faut-il accepter une expatriation au Turkménistan ?

Pour un salarié international, le Turkménistan n’est pas une destination « facile ». Le coût de la vie est élevé par rapport au niveau de service, l’accès à la santé de qualité est limité, internet est lent et filtré, la législation est dure et la société très contrôlée. Beaucoup d’organismes classent le pays parmi les moins libres du monde, y compris sur le plan numérique.

En contrepartie, une mission au Turkménistan peut offrir :

Opportunités au Turkménistan

Découvrez les avantages professionnels et culturels uniques offerts par une expérience au Turkménistan.

Carrière Unique

Bénéficiez d’une expérience professionnelle unique dans un environnement très particulier et stimulant.

Rémunération Complète

Profitez de rémunérations attractives avec des packages incluant logement, école, santé et billets d’avion.

Culture et Patrimoine

Explorez une culture riche : tapis, chevaux Akhal-Teke, musées et sites antiques fascinants.

Aventures Naturelles

Découvrez des paysages spectaculaires : le cratère de gaz de Darvaza, les canyons et le désert du Karakoum.

Avant de dire oui, il est essentiel de vérifier point par point :

la prise en charge du loyer dans un quartier adapté;

la couverture santé internationale et les modalités d’évacuation;

– la scolarisation des enfants, si vous venez en famille;

– les conditions de congés et de rotations pour quitter régulièrement le pays;

– l’accompagnement pour les démarches de visa, permis de travail et enregistrement.

S’installer au Turkménistan en tant qu’expatrié ne s’improvise pas. Un projet bien encadré par l’employeur, une préparation minutieuse et une bonne compréhension des réalités locales peuvent toutefois transformer ce défi en expérience marquante, à la fois personnellement et professionnellement.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un ancrage avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Turkménistan, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Turkménistan pour sa fiscalité personnelle modérée sur certains revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, la faible pression fiscale globale et un coût de vie nettement inférieur à la France (Achgabat significativement moins chère que Paris), tout en offrant un environnement d’investissement de niche en Asie centrale. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de séjour longue durée avec location ou achat de résidence, gestion CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone (avocat, immigration) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), en tenant compte des risques de double imposition via la convention bilatérale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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