Les projets de développement urbain à venir à Trinité et Tobago

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Au-delà des plages de carte postale et de l’image d’État pétrolier, Trinité et Tobago est en plein tournant urbain. Des fronts de mer redessinés à San Fernando et Port of Spain, aux programmes de logement social, en passant par la transformation numérique d’Arima et les grands chantiers de transport, le pays se réinvente à travers la ville. Derrière ces projets, une même ambition : rendre les centres urbains plus attractifs, mieux connectés, plus résilients face au climat et un peu plus justes socialement.

Bon à savoir :

La transformation de l’urbanisme se déploie à travers des projets locaux concrets, des grands plans nationaux alignés sur la Vision 2030, et des initiatives régionales ou internationales pour la résilience climatique. Pour un petit État insulaire vulnérable aux risques et à l’instabilité économique, l’objectif est d’utiliser l’urbanisme comme un levier pour diversifier l’économie, renforcer la cohésion sociale et s’adapter aux changements.

Une stratégie nationale qui place la ville au cœur du développement

La plupart des grands projets urbains en cours ou à venir s’inscrivent dans un cadre stratégique très structuré. Vision 2030, la Stratégie nationale de développement, sert de colonne vertébrale : elle met l’accent sur des infrastructures de qualité, la résilience climatique, la cohésion sociale et la modernisation de l’économie. À cette feuille de route s’ajoutent d’autres cadres qui orientent directement l’urbanisme.

70

Près de 70 % de la population de Trinité-et-Tobago vit dans les zones côtières vulnérables, ciblées par le premier Plan national d’adaptation.

Dans le même temps, un vaste programme baptisé « Revitalisation Blueprint » ou « Global Logistical Hub » annonce 129 grands projets en deux phases (2025‑2030 puis 2030‑2035), avec pour objectif assumé de rendre le pays « méconnaissable » à l’horizon 2035. La dimension urbaine y est omniprésente : ports, aéroports, autoroutes, fronts de mer, équipements et nouveaux quartiers doivent faire de Trinité et Tobago une plate-forme logistique, énergétique et touristique régionale.

30

Réduction des émissions du transport public prévue par le pays d’ici 2030 par rapport à 2013

Port of Spain, laboratoire d’une capitale du XXIe siècle

Capitale politique et financière, Port of Spain concentre les enjeux de modernisation urbaine. Avec à peine plus de 12 km², elle ne représente qu’une fraction du territoire de Trinité, mais abrite environ 4 % de la population nationale, accueille chaque jour quelque 250 000 personnes et irrigue un corridor urbain d’environ 600 000 habitants allant de Chaguaramas à Arima.

Repenser la ville : du Waterfront au « City of Festivals »

La transformation de Port of Spain ne date pas d’hier. Le Port of Spain International Waterfront Centre, inauguré en 2009, a marqué une première étape décisive : deux tours de bureaux de 26 étages, un Hyatt Regency de 22 étages et un vaste centre de conférences ont redonné une vocation internationale au front de mer, dans le cadre de l’ancienne stratégie Vision 2020.

Face à la dégradation du centre, le gouvernement a lancé un ambitieux projet de revitalisation. Un plan directeur a été élaboré avec le cabinet NLBA Architects et validé après consultations publiques en 2019, sur la base d’une idée forte : faire de Port of Spain une « City of Festivals », un centre vivant où se mêlent commerce, culture, patrimoine et habitat.

Urban Development Corporation of Trinidad and Tobago (UDeCOTT) avec le soutien du ministère de la Planification

Les diagnostics menés avec la BID dans le cadre de l’Initiative des villes émergentes et durables (ESCI) ont mis en évidence des défis aigus : gestion du drainage et des déchets, vulnérabilité environnementale, mobilité, sécurité, patrimoine, mais aussi fortes inégalités au sein de quartiers comme East Port of Spain, Gonzales et Belmont. Un plan d’action de près de 200 millions de dollars américains a dessiné une dizaine d’années d’investissements en environnement, restauration patrimoniale et développement socio-économique.

Les principaux axes de la transformation de Port of Spain peuvent être synthétisés ainsi :

Axe de transformationContenu principalActeurs clefs
Revitalisation du centreProjets mixtes (bureaux, logements, commerces), montée en hauteur en centre-ville, modernisation de City Gate, tramway urbain à l’étudeUDeCOTT, ministère de la Planification, Town and Country Planning Division
Regénération de l’est de la villeProjet d’urbanisme à East Port of Spain (Piccadilly, Besson Streets), restauration de Fort Picton, programmes sociaux pilotés par EPOSDCEast Port of Spain Development Company, ministère du Logement
Mise en valeur des fronts de mer et espaces vertsDéveloppement d’un Foreshore Green Park par remblaiement, projets à Invaders Bay et sur le site de PowerGen, extension du zooUDeCOTT, municipalité de Port of Spain
Patrimoine et institutionsRénovation de bâtiments emblématiques (Red House, châteaux de la ceinture du Savannah), réaménagement de la prison, restauration de bâtiments historiquesNational Trust, ministère du Tourisme et de la Culture, UDeCOTT

Derrière la liste de projets – City Gate, Salvatori site, Memorial Plaza, Smart City plan, etc. – se dessine un pari : densifier et diversifier le centre au lieu d’encourager l’étalement, en misant sur la mixité fonctionnelle et des partenariats public‑privé.

East Port of Spain, cœur social de la régénération

Longtemps marginalisée, la partie orientale de Port of Spain devient l’une des priorités politiques. L’East Port of Spain Development Company (EPOSDC), bras armé de l’État sur ce territoire, reçoit une enveloppe de 20 millions de dollars TT pour 2024/2025, dont 4 millions spécifiquement pour les programmes sociaux et économiques, après avoir déjà déployé 38 programmes en 2023/2024.

Exemple :

Le projet de réaménagement de deux acres autour de Piccadilly et Besson Streets à Port-d’Espagne illustre l’approche double de la Housing Development Corporation (HDC). Il combine une amélioration des infrastructures (logements, commerces, ateliers, espaces communautaires, parc de micro‑agriculture et zone industrielle légère) avec une volonté affichée d’éviter les déplacements forcés des habitants. Cette dimension sociale est renforcée par des programmes parallèles comme des incubateurs d’entreprises, un programme d’alphabétisation en ligne et le mentorat pour jeunes filles (Project Bloom), visant à s’attaquer aux causes de la violence et de l’exclusion.

Cette logique de « ville inclusive » se retrouve dans la gouvernance : une large part de l’attribution des logements HDC se fait par tirage aléatoire modifié, avec des quotas pour les services de sécurité, les seniors, les personnes handicapées et un petit contingent à la discrétion ministérielle. Là encore, le choix des priorités urbaines est étroitement lié à la question du logement abordable.

San Fernando, vitrine d’une nouvelle urbanité côtière

À l’autre extrémité de l’île, San Fernando vit elle aussi une transformation spectaculaire. Longtemps perçue comme capitale du sud à l’urbanisation chaotique, la ville se repositionne grâce à un projet de réaménagement de son front de mer présenté comme l’un des investissements les plus ambitieux jamais réalisés dans cette partie du pays.

Un front de mer de 400 acres en mutation

Le San Fernando Waterfront Redevelopment Project couvre plus de 400 acres, depuis King’s Wharf au nord jusqu’à Hatters Beach au sud, entre les rivières Marabella et Cipero. L’idée est de reconnecter la ville à la mer, de valoriser un site stratégique à proximité immédiate du centre d’affaires, et de créer un puissant moteur économique, culturel et touristique.

Phases et partenaires du projet

Le projet est structuré en trois phases et implique une collaboration avec de multiples organismes publics et agences spécialisées.

Phase 1 : Planification et coordination

Coordination initiale pilotée par le ministère de la Planification et UDeCOTT comme agence de mise en œuvre.

Phase 2 : Développement urbain et foncier

Intervention de la San Fernando City Corporation et de la Land Settlement Agency (LSA) pour l’aménagement et le logement.

Phase 3 : Infrastructures et environnement

Mobilisation du ministère des Transports (unités routières et côtières, PTSC), de l’Environmental Management Authority, de l’Institute of Marine Affairs et du National Trust.

ComposanteDescriptionStatut / horizon
Requalification routièreÉlargissement de Lady Hailes Avenue en 2×2 voies, piste cyclable, promenade, passerelle piétonne, amélioration des carrefoursEn cours, piloté par l’unité PURE
Stationnement structurantConstruction d’un parking à étages (9 niveaux, environ 1 001 places) au waterfrontEn cours, réalisé par Kee Chanona Ltd pour UDeCOTT
Logement à BayshoreAménagement de 57 lots et construction de 80 nouveaux logements + remplacement de 50 maisons précaires à MarabellaDémarré, LSA et UDeCOTT en partenaires
Pôle de pêcheModernisation de la pêche à Hatters Beach (halle, froid, réparation moteurs, casiers, zones de nettoyage)Conception achevée, travaux prévus sur 15 mois
Remblai et défense côtièreRehaussement de 3,8 ha à King’s Wharf (en complément de 1,6 ha existants) + ouvrages de protection sur 3 kmTravaux cardés à partir de 2023
Quartier mixte Lady HailesProjet résidentiel et commercial sur 3,7 acres (140 à 180 appartements de 2‑3 chambres, bureaux et commerces)Lancement prévu, durée estimée 4 ans
District historique Plaza San CarlosRestauration de sept bâtiments classés, création d’une place piétonne avec musée, galerie, commercesProcédures d’appel d’offres finalisées, chantier annoncé sur 24 mois
Projet social Hatters Pan YardReconstruction des infrastructures de la steelband locale affectée par les travaux routiersProjet de responsabilité sociale d’UDeCOTT

L’un des points les plus sensibles reste la question des occupants informels du littoral, dont le déplacement a entraîné des retards, en particulier sur l’élargissement de Lady Hailes Avenue et certaines opérations de remblai. Le gouvernement affirme vouloir coupler les travaux à des solutions de relogement via la LSA, mais ce type d’arbitrage illustre la tension récurrente entre modernisation urbaine et justice sociale.

Attention :

Au-delà du waterfront, San Fernando entreprend la rénovation d’équipements majeurs comme Skinner Park et la Cour suprême, la transformation d’un ancien couvent en tribunal de la famille, et développe une dimension culturelle et mémorielle forte avec les futurs aménagements de la Plaza San Carlos.

Arima, pionnière de la « ville intelligente » caribéenne

Si Port of Spain et San Fernando incarnent la transformation physique des villes, Arima illustre une autre facette de la mutation urbaine : la numérisation des espaces publics et des services avec le projet Connected Arima, présenté comme la première initiative de ce type à Trinité et Tobago – et même dans la Caraïbe.

Connected Arima : WiFi, capteurs et services intégrés

Soutenu par une coopération technique de 500 000 dollars américains de la BID (projet TT‑T1115, financé en partie par le Korea Poverty Reduction Fund) et adossé à un volet de 15,5 millions de dollars de prêt BID dédié à la revitalisation urbaine, Connected Arima vise à transformer le centre-bourg en « smart town ».

Projet de Réseau Fibre Optique à Arima

Déploiement d’une infrastructure numérique performante pour connecter les zones clés de la ville et ses services essentiels.

Infrastructure Principale

Plus de 13 km de fibre optique déployés avec 28 points d’accès. Capacité : 300 connexions par borne et débit visé de 15 Mb/s par utilisateur.

Nœud Central et Couverture

Le réseau s’appuie sur l’hôpital général d’Arima comme nœud principal et irrigue Hollis Avenue, le marché, Queen Street, la Dial, les abords du Velodrome et Princess Royal Park.

Sous-réseaux Spécialisés

Trois sous-réseaux sont prévus : un pour les commerçants, un pour la santé, et un pour la sécurité (police municipale et police nationale).

L’originalité tient aussi au modèle économique et à la gouvernance. La connexion est gratuite pour les usagers, mais financée par des acteurs publics (Hôpital, Borough Corporation) et par une forme de régie publicitaire locale : une page d’accueil servant de panneau d’affichage numérique pour les commerces, facturée 100 dollars TT par mois – un montant symbolique, d’abord exonéré pour lancer le service. Cette combinaison de connectivité publique, de soutien au commerce local et de renforcement de la sécurité (grâce à des mâts intelligents, caméras, boutons d’appel d’urgence, éclairage solaire) illustre un urbanisme centré sur l’usage plutôt que sur le seul bâti.

Astuce :

La démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation numérique de l’administration, avec la création d’un ministère dédié, la généralisation des services en ligne via ttconnect, le déploiement d’un data center gouvernemental et d’une offre de chatbots. Elle est complétée par des programmes de formation (DHub) et des recherches universitaires en intelligence artificielle. La ville d’Arima sert ainsi de terrain d’expérimentation pour ces politiques numériques nationales.

Le logement au cœur des politiques urbaines

Derrière les grands chantiers d’infrastructures, la question du logement reste un fil rouge. À Trinité et Tobago, la pénurie et l’inégalité d’accès au logement abordable structurent en profondeur le débat urbain. En 2019, environ 200 000 personnes vivaient dans des bidonvilles ou des implantations informelles, soit près d’un cinquième de la population. La file d’attente pour un logement subventionné avoisinait 139 000 personnes, certaines familles patientant depuis un quart de siècle.

HDC, programmes de subventions et grandes opérations

La Housing Development Corporation (HDC), agence sous tutelle du ministère du Logement et du Développement urbain, est au premier plan de la réponse publique. Son mandat est double : produire des logements abordables et accompagner l’entretien de ses ensembles existants, tout en travaillant avec des promoteurs privés via des incitations fiscales et des joint‑ventures.

Plusieurs outils sont mobilisés pour aider les ménages :

DispositifBénéficiaires ciblesAide principale
Taux hypothécaire à 2 %Revenus < 8 000 TT$/moisCrédit à faible taux, financement jusqu’à 100 % pour des biens jusqu’à 625 000 TT$
Taux hypothécaire à 5 %Revenus entre ~14 000 et 25 000 TT$/moisAchat de biens jusqu’à 1,5 M TT$, avec conditions assouplies depuis 2017
Programme Rent-to-OwnJeunes (moins de 35 ans), proches de la capacité d’achatLocation sur 3 à 5 ans, 2/3 des loyers transformés en dépôt, possibilité de prolonger
Subvention de constructionMénages modestesJusqu’à 50 000 TT$ pour construire
Home Improvement GrantPropriétaires à faible revenuSubvention directe de 15 000 TT$ pour rénover
Home Improvement SubsidyPropriétaires modestesSubvention « matching » jusqu’à 20 000 TT$
Housing and Village Improvement ProgrammePopulations ruralesAmélioration de logements et d’infrastructures de village

Ces mécanismes complètent une politique de prix des logements HDC où l’État prend à sa charge la totalité des coûts d’infrastructures (voirie, réseaux) et plafonne la valeur du terrain, avec une subvention moyenne d’environ 40 % du coût des unités.

3300

Le programme de réhabilitation des quartiers a amélioré les infrastructures pour plus de 3 300 familles entre 2011 et 2018.

De l’accession aidée à la ville durable

La politique du logement ne se limite pas au soutien financier. Le gouvernement encourage la création de « New Towns » sur des nœuds de croissance stratégiques, soutient des projets d’habitat durable (Eco Village) et pousse les promoteurs à intégrer espaces communs et techniques « green building ». La montée en puissance de promoteurs privés sur le segment des communautés fermées, des ensembles mixtes ou des résidences de luxe (Maraval Heights, Westmoorings Estates, La Sagesse, San Fernando City Centre) contribue à diversifier l’offre, au risque d’accentuer certaines fractures si les politiques d’inclusion ne suivent pas.

Bon à savoir :

À Port of Spain, le marché des bureaux se contracte en raison du télétravail et du départ de certaines entreprises pétrolières. Cela entraîne la reconversion de bâtiments commerciaux obsolètes en logements. Cette transformation est considérée comme un levier pour densifier et revitaliser le centre urbain.

Autoroutes, transports et portuaire : le squelette de la ville de demain

Les choix d’infrastructures de transport conditionnent en grande partie la forme que prendront les villes dans les prochaines décennies. À Trinité et Tobago, où le taux de motorisation est l’un des plus élevés de la Caraïbe (presque une voiture pour deux habitants) et où la congestion plombe Port of Spain et San Fernando, la modernisation du réseau routier et des transports publics est un axe majeur des politiques publiques.

Un maillage routier en pleine expansion

Plusieurs programmes – Highway Programme, Road Rehabilitation Programme, Rural Access Roads and Bridges – ont, depuis les années 1990, multiplié les investissements dans les routes et les ponts. Aujourd’hui, quatre corridors concentrent l’essentiel des chantiers :

1.7

Le coût estimé en milliards de dollars TT de l’élargissement et de l’extension de l’autoroute Churchill–Roosevelt.

Ces artères structurent l’urbanisation, favorisent l’accessibilité des pôles secondaires et appuient d’autres projets stratégiques comme le développement du port de Toco, conçu comme une porte d’entrée maritime plus rapide vers Tobago.

Transport public, ports et aéroports : vers une urbanisation polycentrique

Même si la voiture reste dominante, l’État tente de rééquilibrer le système. La Public Transport Service Corporation (PTSC), en difficulté avec une flotte vieillissante et fragmentée, a reçu des dotations massives pour renouveler ses bus – y compris au gaz naturel – et envisage à terme l’électrification partielle de son parc. Des projets de Bus Rapid Transit sur l’ancienne emprise ferroviaire (Priority Bus Route), d’application mobile de sécurité dans les taxis collectifs (TTWeSafe) ou encore de rationalisation des lignes figurent dans la réflexion.

Au niveau des infrastructures lourdes, les grands chantiers influencent directement la structure urbaine :

Exemple :

À Tobago, l’agrandissement de l’aéroport A.N.R. Robinson, piloté par NIDCO avec une entreprise chinoise, vise une capacité de 3 millions de passagers, avec un nouveau réseau routier et la modernisation de la piste et des parkings, pour un coût dépassant le milliard de dollars TT. Sur les côtes, le port de Toco est destiné à devenir un hub multifonctionnel (ferries, marina, garde-côtes, pêche), tandis que les ports de Port of Spain et Point Lisas voient leurs terminaux à conteneurs modernisés via des partenariats public-privé. À La Brea, un projet de cale sèche de 500 millions de dollars avec China Harbour Engineering Corporation renforce l’ambition de développer la côte sud-ouest en pôle industriel et portuaire majeur.

Ces investissements, couplés à des projets de front de mer comme Invaders Bay ou le waterfront de San Fernando, dessinent un futur urbain beaucoup plus tourné vers la mer, mais aussi plus exposé aux risques de submersion et d’érosion, ce qui impose des solutions intégrées de défense côtière et de planification urbaine.

Tobago, entre tourisme, risques climatiques et planification territoriale

La petite île de Tobago, dotée de sa propre assemblée (Tobago House of Assembly – THA), constitue un terrain particulier de développement urbain. Son économie repose fortement sur le tourisme et la pêche, avec un usage des sols encore largement rural au nord‑est et une forte concentration d’activités dans le sud‑ouest, autour de Scarborough et de la zone aéroportuaire.

Stratégies de résilience et projets touristiques

Consciente de sa vulnérabilité aux inondations, glissements de terrain, cyclones, incendies de brousse, séismes et tsunamis, la THA a élaboré, avec l’appui de l’initiative « Making Cities Resilient 2030 » des Nations unies, une stratégie de réduction des risques et de résilience pour 2022‑2026. Six objectifs stratégiques encadrent l’action, avec 91 mesures allant du renforcement institutionnel à la protection des écosystèmes en passant par la préparation aux catastrophes. La Division des infrastructures, carrières et développement urbain et la Division des établissements, services publics et développement rural pilotent les volets concrets : aménagement, renouvellement urbain, mise à niveau des réseaux.

Dans ce cadre, plusieurs projets structurants prennent forme :

Bon à savoir :

Le développement de Tobago intègre une approche concertée et écologique. À Store Bay, la rénovation a été co-construite avec les usagers pour préserver l’identité du lieu et éviter la gentrification. L’aéroport A.N.R. Robinson a été agrandi, transformant la zone de Crown Point. Enfin, le nord-est de l’île est désormais une réserve de biosphère UNESCO, avec un plan climat qui lie protection des forêts et des coraux au tourisme nature.

À cela s’ajoutent de grands projets hôteliers – Marriott, resorts gérés sous enseignes internationales comme Hilton ou Hyatt – qui, s’ils se concrétisent, densifieront encore le tissu urbain du sud de l’île et poseront des questions aiguës de gestion de l’eau, des déchets et de la capacité des réseaux.

Une urbanisation sous contraintes : climat, finances, inégalités

Derrière cette effervescence de projets, Trinité et Tobago fait face à des contraintes lourdes. Sur le plan économique, le pays reste très dépendant des hydrocarbures, avec un produit intérieur brut réel en 2025 encore inférieur de 16 % au niveau de 2015, une production de gaz en recul et des réserves de change en forte baisse. Les agences de notation ont d’ailleurs durci leurs perspectives. Dans ce contexte, la capacité à financer sur la durée des investissements urbains massifs – qu’il s’agisse d’autoroutes, de fronts de mer ou de logements sociaux – devient un enjeu politique central.

Attention :

La montée du niveau de la mer menace Port of Spain, la prolifération du sargasse affecte le tourisme à Tobago, et l’intensification des tempêtes, pluies et glissements de terrain met en péril les infrastructures et les quartiers précaires.

Enfin, les inégalités sociales et territoriales – pauvreté de près de 19 % à Tobago, 19 % de la population nationale en habitat informel, chômage élevé chez les jeunes – pèsent sur la soutenabilité des modèles urbains. Les projets qui ne prennent pas en compte ces dimensions (par exemple en négligeant la relocalisation ou l’inclusion des communautés affectées) risquent de susciter contestations et blocages.

Quel cap pour les villes de Trinité et Tobago ?

Les prochaines années diront si le pays parvient à convertir cette multitude de chantiers en véritable projet de ville. Certains signaux sont encourageants : enracinement des projets dans des cadres comme Vision 2030 ou le National Adaptation Plan, montée en puissance des partenariats internationaux, attention croissante portée à la résilience climatique et au patrimoine, émergence d’expériences innovantes comme Connected Arima.

Attention :

Pour un développement urbain durable et équitable, il est impératif de maîtriser l’étalement urbain lié aux infrastructures, de développer les transports collectifs, d’assurer l’inclusivité des grands projets, d’accélérer la régularisation foncière et la production de logements décents, et d’intégrer systématiquement les normes de construction écologique.

Si Trinité et Tobago parvient à articuler plus finement ces dimensions – infrastructures, logement, climat, inclusion, numérique – ses projets urbains à venir pourraient faire des villes non pas seulement des vitrines de croissance, mais de véritables moteurs de résilience et de cohésion pour l’ensemble du pays.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Trinité-et-Tobago pour chercher du rendement locatif et une exposition en dollar trinidien (TTD). Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars US, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés locaux (Port of Spain, San Fernando, Tobago), la stratégie retenue a consisté à cibler une maison individuelle ou un petit immeuble résidentiel dans un quartier en croissance touristique ou économique, combinant un rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – en gardant à l’esprit que plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars US. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, en intégrant fiscalité française et trinidienne.

Vous recherchez de l'immobilier rentable : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube