Gestion financière à l’international : comment organiser ses services bancaires pour expatriés en République Tchèque

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en République Tchèque, que ce soit pour un contrat d’expat, des études ou un projet entrepreneurial, implique très vite une question clé : comment gérer son argent au quotidien dans un système bancaire que l’on ne connaît pas. Le pays dispose d’un secteur bancaire solide, très numérisé, mais aussi assez exigeant en matière de conformité et parfois peu flexible avec les étrangers. Comprendre le fonctionnement des banques, les alternatives fintech, la fiscalité et même l’accès au crédit immobilier permet d’éviter des erreurs coûteuses.

Bon à savoir :

Cet article fournit un panorama complet des services bancaires et financiers utiles aux expatriés, basé sur les données les plus récentes disponibles sur le secteur tchèque.

Un paysage bancaire solide, conservateur… et très digitalisé

La République Tchèque est membre de l’Union européenne depuis 2004, mais n’a pas adopté l’euro. La monnaie locale est la couronne tchèque (CZK). Le système bancaire y est décrit comme liquide, rentable, stable et plutôt conservateur. La plupart des grandes banques sont détenues par des groupes étrangers de l’Europe de l’Ouest, ce qui a contribué à la stabilisation du secteur après les crises bancaires des années 1990.

100000

Les dépôts sont garantis jusqu’à l’équivalent de 100 000 euros par client et par banque en République tchèque, conformément aux règles européennes.

Même si le pays n’est pas un grand centre financier international, son secteur bancaire est avancé en matière de digitalisation : applications mobiles performantes, signatures électroniques, KYC en ligne, open banking via la directive PSD2, et plus de 200 institutions de monnaie électronique (EMI) complètent l’offre des banques classiques.

Dans ce contexte, la présence étrangère est loin d’être marginale : plus de 500 000 étrangers résident en République Tchèque, dont plus de 150 000 rien qu’à Prague. Cette population alimente une forte demande de services bancaires adaptés aux non-résidents et aux nouveaux arrivants.

Pourquoi ouvrir un compte local est quasiment indispensable

Pour un expatrié, ouvrir un compte bancaire local en République Tchèque n’est pas un simple confort, c’est souvent une étape incontournable une fois la phase d’installation passée.

Plusieurs raisons pratiques expliquent cette nécessité. De nombreux employeurs exigent un compte en CZK auprès d’une banque locale pour verser le salaire. Les propriétaires préfèrent que les loyers proviennent d’un compte tchèque, ce qui facilite également la mise en place de virements permanents pour loyer, électricité, services télécoms ou abonnement de transport.

Astuce :

Ouvrir un compte bancaire local en République tchèque permet d’éviter les frais de retrait à l’étranger et les marges de change défavorables appliqués lors de l’utilisation d’une carte étrangère. De plus, pour un projet immobilier, disposer d’un historique bancaire local et d’un « rodné číslo » (numéro d’identification tchèque) simplifie considérablement les démarches pour obtenir un prêt et peut même en améliorer les conditions.

Enfin, certaines banques offrent des comptes sans frais de tenue ou des formules très bon marché, voire des primes à l’ouverture, ce qui limite le coût de cette démarche.

Les grandes banques pour expatriés : qui fait quoi ?

Le secteur est très concentré : quelques établissements dominant le marché, en particulier Česká spořitelna, ČSOB, Komerční banka, Raiffeisenbank, MONETA Money Bank, Fio banka, Air Bank et UniCredit Bank. Chacun a sa stratégie, son niveau de services en anglais et ses avantages pour les expatriés.

Voici un tableau de synthèse des principaux acteurs cités et de leurs offres pertinentes pour un nouvel arrivant.

BanqueGroupe / PropriétéProduit phare pour particuliersPoints forts pour expatriés
Česká spořitelnaErste Group (Autriche)Compte « Standard » (sans frais de gestion)Plus grande base clients, réseau de 400+ agences, services en anglais, multi-devises
ČSOBKBC Group (Belgique)« ČSOB Plus Account »Département clients internationaux, SEPA performant, transfert international détaillé
Komerční banka (KB)Société Générale (France)Pack « Start » gratuitOffres packagées, services en anglais, forte présence entreprises
RaiffeisenbankRBI (Autriche)Compte courant sans fraisPersonnel anglophone, e-banking/app en anglais, comptes multi-devises, retrait gratuit
MONETA Money BankBanque tchèque (ex-GE Money)« Tom Plus Current Account »Retraits gratuits, forte densité de DAB, bonne note dans les prix « Bank of the Year »
Fio bankaBanque tchèque 100 % localeCompte courant Fio sans fraisTrès bas coûts, multi-devises, virements internationaux à tarif fixe
Air BankPPF GroupCompte courant unique sans fraisApplication moderne, retraits gratuits, bonne réputation auprès des étrangers
UniCredit Bank Czech Rep. & SKUniCredit Group (Italie)Compte « Start »Centre International Clients à Prague, équipe multilingue

L’accessibilité varie d’une banque à l’autre. Česká spořitelna est réputée accepter l’ouverture de compte avec un simple passeport pour certains profils, tandis qu’Air Bank peut ouvrir un compte à certains non-Européens sans visa, à condition de présenter deux pièces d’identité avec photo et de venir avec un locuteur tchèque capable d’aider à la compréhension des documents.

Attention :

Les exigences d’identification et les services linguistiques varient selon les banques. MONETA Money Bank exige systématiquement un passeport et une seconde pièce d’identité. En revanche, ČSOB et Raiffeisenbank sont plus structurées pour l’accueil des clients internationaux, proposant des services en plusieurs langues (anglais, allemand, français, italien, russe).

Conditions d’ouverture de compte : ce que les banques demandent vraiment

En pratique, les exigences varient non seulement d’une banque à l’autre, mais aussi parfois d’une agence à l’autre, voire d’un conseiller à l’autre. Néanmoins, plusieurs éléments reviennent systématiquement.

Le passeport en cours de validité est incontournable pour tout étranger. De nombreuses banques demandent en plus une deuxième pièce d’identité avec photo, comme un permis de conduire, une carte nationale d’identité ou une carte de séjour.

Exemple :

Pour prouver son adresse en République tchèque, plusieurs documents sont acceptés : un contrat de location, une facture d’électricité, un certificat de résidence officiel ou toute autre attestation administrative. La situation personnelle influence le type de document complémentaire requis. Un étudiant devra généralement fournir une attestation d’inscription universitaire pour ouvrir un compte bancaire spécifique dit « étudiant ». Un salarié, particulièrement s’il est ressortissant d’un pays non membre de l’Union européenne, pourra se voir demander son contrat de travail ou une attestation émise par son employeur.

Pour les ressortissants hors UE, la barre est plus haute : visa ou permis de séjour d’au moins 90 jours, justification d’un lien avec le pays (contrat de travail, lettre d’admission universitaire, bail de logement…). Certains profils venant de pays soumis à sanctions (Russie, Iran, Syrie, par exemple) peuvent voir leur dossier analysé plus longuement.

100-2000

Le dépôt initial requis pour ouvrir un compte bancaire en République tchèque, exprimé en couronnes tchèques (CZK).

Pour l’ouverture à distance, les possibilités se réduisent. Certaines institutions acceptent une pré-ouverture en ligne, mais imposent ensuite une visite en agence pour vérifier l’identité. D’autres exigent un rodné číslo ou une carte de résident permanent pour finaliser le processus à distance. Dans certains cas, un représentant local peut être mandaté via procuration.

Rodné číslo et TIN : le détail administratif qui change tout

Comme dans le reste de l’Union européenne, les banques tchèques doivent collecter des informations sur la résidence fiscale et le numéro d’identification fiscale (TIN) de leurs clients, afin de répondre aux règles d’échange automatique d’informations (CRS, FATCA pour les Américains, etc.).

Bon à savoir :

En République Tchèque, le TIN (Tax Identification Number) pour les personnes physiques est généralement le ‘rodné číslo’, un numéro de naissance à dix chiffres présent sur la carte de séjour. Il est important de noter que ce numéro n’est pas attribué immédiatement. Après l’enregistrement auprès de la police des étrangers, il faut généralement compter un délai d’attente de un à trois mois pour l’obtenir.

Pour les sociétés, le TIN correspond au Daňové identifikační číslo (DIČ), délivré par l’administration fiscale.

Disposer d’un rodné číslo facilite non seulement l’ouverture de compte et certaines opérations bancaires, mais aussi la demande de prêt immobilier, l’abonnement à certains services ou la réalisation de démarches administratives. Beaucoup d’expatriés sous-estiment ce point et se retrouvent bloqués sur des formalités tant que ce numéro n’est pas attribué.

Frais bancaires, cartes et services numériques : à quoi s’attendre

Les banques tchèques pratiquent généralement des frais de tenue de compte mensuels, souvent autour d’une soixantaine de couronnes pour les forfaits de base, même si plusieurs établissements proposent des offres gratuites sous conditions (niveau de revenus mensuels, utilisation minimale de la carte, etc.). Les retraits dans les distributeurs de la banque sont souvent gratuits, mais les retraits hors réseau ou à l’étranger peuvent être facturés.

Virements bancaires en République tchèque

Informations sur les coûts et la réglementation des virements nationaux et internationaux en CZK et en euros.

Virements domestiques en CZK

Les virements en couronnes tchèques à l’intérieur du pays sont généralement peu coûteux.

Virements SEPA en euros

Vers l’UE/EEE, ces virements sont facturés au même tarif que les virements nationaux en euros, conformément au règlement européen. Ils sont donc très bon marché, voire gratuits dans certains packs bancaires.

Les services numériques sont bien développés : interfaces web, applications mobiles, confirmation des opérations par notification ou code, open banking permettant de connecter d’autres services. Certaines banques ont commencé à facturer l’authentification par SMS, ce qui incite à privilégier les notifications via application. Pour un expatrié, la disponibilité d’une interface en anglais est un critère décisif : Raiffeisenbank, ČSOB, Česká spořitelna, Komerční banka ou Fio banka proposent des services digitaux en anglais, avec une qualité d’app et d’assistance variable.

Les cartes de débit sont systématiquement proposées, les cartes de crédit beaucoup moins. Obtenir une carte de crédit pour un nouveau résident peut nécessiter plusieurs mois de relevés bancaires tchèques et la preuve de salaires réguliers. On est loin d’un modèle à l’américaine où la carte de crédit est l’outil de base de la vie quotidienne.

Nouveau résident en République tchèque

Gérer les virements internationaux et le change : banques vs fintech

Pour un expatrié, le nerf de la guerre est souvent la capacité à transférer son argent d’un pays à l’autre, à bon taux de change et sans frais abusifs. Les banques tchèques offrent les fonctions classiques de transferts internationaux, mais les coûts et les délais varient fortement.

ČSOB, par exemple, distingue clairement les paiements SEPA en euros et les autres paiements « étrangers ». Un virement SEPA sortant en ligne coûte 5 CZK, tout comme un paiement vers un autre compte ČSOB en République Tchèque ou en Slovaquie. Mais un virement international en dehors du SEPA est facturé à 1 % du montant, avec un minimum de 250 CZK et un maximum de 1 500 CZK, auxquels peuvent s’ajouter des frais supplémentaires en agence.

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Pourcentage facturé par ČSOB sur un paiement international de type OUR, avec un minimum de 300 CZK et un maximum de 2000 CZK.

Fio banka adopte une grille plus simple : 200 CZK pour la plupart des virements internationaux en monnaie étrangère sous codes SHA/BEN, 500 CZK en code OUR, tandis que les paiements SEPA en euros vers la Slovaquie ou dans la zone SEPA sont gratuits. Les virements entrants en devises sont généralement facturés 100 CZK, sauf les euros en provenance de la Slovaquie ou d’autres pays qui peuvent être gratuits.

À cela s’ajoute la question du change. De nombreuses banques pratiquent des taux de conversion peu avantageux, avec un spread significatif par rapport au taux de marché. Pour les expatriés qui reçoivent un salaire dans une autre devise, ou qui doivent régulièrement envoyer de l’argent vers leur pays d’origine, ces marges peuvent coûter cher à la longue.

Bon à savoir :

Pour les transferts d’argent et les paiements à l’étranger, des fintechs comme Wise, Revolut, Bunq, Vivid Money, Citfin, MultiPass, Airwallex et iBanFirst offrent des alternatives. Elles proposent des comptes multi-devises, des cartes internationales et des transferts aux taux du marché, avec des frais transparents et souvent réduits.

Revolut, par exemple, revendique plus de 65 millions de clients et permet des transferts dans plus de 70 devises vers plus de 150 pays. Les virements en devise locale dans la même zone SEPA sont gratuits, les transferts hors SEPA sont facturés modestement, et les plans payants offrent des remises significatives sur les frais (jusqu’à 100 % pour l’offre Ultra). Wise propose des comptes multi-devises permettant de détenir plus de 50 devises, avec des coordonnées bancaires locales dans dix monnaies majeures, et facture les conversions au taux de change moyen du marché, plus un faible pourcentage.

Pour un expatrié, la combinaison la plus efficace consiste souvent à :

utiliser un compte bancaire tchèque pour le salaire, les factures locales, et pour rassurer employeur et propriétaire ;

coupler ce compte à une solution type Wise ou Revolut pour les transferts internationaux et les dépenses à l’étranger, afin d’éviter les marges de change des banques classiques.

Multi-devises : optimiser ses flux internationaux depuis la République Tchèque

Au-delà du simple compte en CZK, plusieurs acteurs tchèques proposent des comptes multi-devises, très utiles pour ceux qui jonglent avec plusieurs monnaies.

Česká spořitelna offre par exemple un compte en devises étrangères permettant d’effectuer dépôts, retraits et paiements dans différentes monnaies : euro, dollar américain, franc suisse, livre sterling, yen japonais, dollar canadien, couronne danoise, couronne suédoise. Un seul compte multi-devises peut être relié à une carte « multi-currency » utilisable dans toutes ces devises, ce qui réduit les conversions inutiles lorsque la dépense est réalisée dans la même monnaie.

Bon à savoir :

Raiffeisenbank propose des comptes personnels et professionnels pouvant détenir jusqu’à 16 devises sous un seul numéro de compte. Le compte AKTIVNÍ permet de gérer des devises comme les CZK, EUR et USD. Les virements domestiques et en euros au sein de l’EEE sont gratuits, et les deux premiers paiements hors EEE sont offerts chaque mois. Les retraits aux distributeurs automatiques, en République Tchèque comme à l’étranger, sont illimités du côté des frais de Raiffeisenbank, mais les banques étrangères peuvent appliquer leurs propres frais.

Des acteurs de niche comme Citfin ciblent surtout les entreprises tournées vers l’international : jusqu’à 28 devises sous un seul IBAN, comptes multi-devises sans frais de tenue, taux de change jugés compétitifs, virements en euros ou paiements domestiques facturés quelques couronnes, et capacité d’interconnexion avec le logiciel comptable de l’entreprise.

Pour un indépendant ou une PME expatriée gérant des flux entre CZK, EUR, USD et d’autres monnaies, ces comptes multi-devises locaux peuvent réduire drastiquement les coûts de conversion et les délais de transfert, surtout lorsqu’ils sont combinés à des plateformes globales comme Wise Business, iBanFirst ou Airwallex.

Règles de conformité, KYC et vigilance anti-blanchiment

Le revers d’un système bancaire conservateur et solide, c’est un niveau de vigilance élevé en matière de lutte contre le blanchiment (AML) et le financement du terrorisme (CTF). Les banques tchèques ont l’obligation de « connaître leur client » : identifier les bénéficiaires effectifs, comprendre la source des fonds, contrôler la cohérence des flux avec le profil déclaré.

Attention :

Les transactions jugées atypiques peuvent être temporairement bloquées ou signalées à l’Unité d’analyse financière. Pour les clients originaires de pays considérés comme plus risqués, ces contrôles peuvent être renforcés.

Pour un expatrié, cela signifie concrètement qu’il faut être prêt à documenter l’origine de fonds importants (vente de bien immobilier à l’étranger, héritage, économie personnelle), notamment lors de la souscription d’un produit d’investissement, d’une ouverture de compte entreprise ou d’une acquisition immobilière. Anticiper ces demandes, conserver des justificatifs traduits en tchèque ou en anglais, éviter les montages opaques et les structures complexes inutiles est souvent la meilleure façon d’éviter les blocages.

Crédits immobiliers : accéder à la propriété en tant qu’expatrié

Le marché immobilier tchèque, en particulier à Prague, est réputé cher. Les prix d’achat atteignent environ 13,3 fois le salaire annuel brut moyen, ce qui classe la République Tchèque parmi les pays de l’UE où l’accès à la propriété est le plus difficile.

Pourtant, le crédit immobilier y reste accessible aux étrangers dans certaines conditions. Treize banques proposent des prêts hypothécaires, encadrés par les règles de la Banque nationale tchèque. Ces règles ont été durcies en 2022 (plafonds sur le ratio dette/revenu et service de la dette), puis assouplies à partir de 2024‑2025, notamment avec la suppression du plafond sur le montant total des dettes par rapport au revenu annuel.

Bon à savoir :

Les conditions d’accès au crédit varient selon votre nationalité. Les ressortissants de l’UE peuvent généralement obtenir un prêt avec un simple certificat de résidence temporaire. Pour les ressortissants de pays tiers, un titre de séjour permanent est souvent exigé. Cependant, certains établissements acceptent de financer des non-résidents via la création d’une société tchèque (s.r.o.) ou avec des garanties renforcées, comme un dépôt à terme ou un apport personnel plus élevé.

Les banques évaluent la capacité de remboursement à travers plusieurs indicateurs : part de la mensualité dans le revenu net, niveau et stabilité des revenus, montant de l’apport (au moins 10 %, idéalement 20 %), qualité de la garantie (le bien immobilier lui-même). Pour les étrangers sans résidence permanente, le ratio prêt/valeur (LTV) est souvent plafonné à 60‑70 %, ce qui oblige à mobiliser un apport plus important.

4,8

Les taux d’intérêt moyens ont atteint environ 4,8 % fin 2024 avant de redescendre.

Pour un expatrié, se faire accompagner par un courtier ou un conseiller bancaire habitué aux dossiers internationaux est souvent décisif. Il ne s’agit pas seulement de comparer les taux, mais aussi de naviguer entre les exigences en matière de résidence, l’analyse de revenus étrangers, le traitement des crédits d’impôt et les subtilités du cadastre immobilier (« Katastr nemovitostí »).

Assurance, épargne, investissement : compléter sa stratégie financière

La gestion financière d’un expatrié ne se limite pas à un compte courant. La République Tchèque dispose d’un marché de l’assurance et de l’épargne encadré par des règles européennes (Solvabilité II, directives sur les services d’assurance) et supervisé par la ČNB et le ministère des Finances.

Astuce :

L’assurance maladie est obligatoire pour tous les résidents, via un système public ou un contrat privé pour certains groupes, comme certains non-Européens. De plus, des produits complémentaires tels que l’assurance vie, l’assurance emprunteur, la prévoyance et les programmes d’épargne retraite sont courants. Ces derniers offrent souvent des avantages fiscaux, comme une déductibilité partielle des cotisations ou une exonération d’impôt après une certaine période.

De nombreux expatriés font appel à des cabinets de conseil spécialisés dans la clientèle internationale, qui proposent des plans financiers intégrant l’épargne en CZK et en devises, la gestion de portefeuilles, l’optimisation fiscale entre pays d’origine et pays d’accueil, voire l’accompagnement dans les transferts de plans de retraite étrangers.

Dans ce domaine, comme dans le reste du marché financier tchèque, les textes contractuels sont souvent en tchèque, ce qui renforce l’importance d’un interlocuteur de confiance maîtrisant l’anglais ou le français, capable d’expliquer clairement les engagements, les frais, les risques et les implications fiscales dans les deux pays.

Fiscalité personnelle : ce que tout expatrié doit intégrer à sa gestion bancaire

Le système fiscal tchèque est de type mixte, avec un impôt sur le revenu des personnes physiques à 15 % jusqu’à un certain seuil de revenus annuels, puis à 23 % au-delà. Le seuil d’entrée dans la tranche supérieure correspond à 36 fois le salaire moyen mensuel, soit 1 676 052 CZK pour l’année 2025. Les revenus professionnels perçus en République Tchèque sont imposables, qu’ils proviennent d’un employeur local ou d’un employeur étranger, dès lors que le travail est effectué sur le territoire.

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Nombre de jours de séjour en République Tchèque au-delà duquel un expatrié est généralement considéré comme résident fiscal.

Sur le plan bancaire, certaines règles sont particulièrement importantes. Les intérêts perçus sur les comptes et dépôts tchèques sont en général soumis à une retenue à la source de 15 %. Pour un non-résident qui prouve sa résidence fiscale dans un autre État, cette retenue peut être adaptée selon les termes de la convention fiscale. Les dividendes sont eux aussi imposés à 15 % à la source, voire 35 % lorsqu’ils sont versés à des résidents de pays sans convention de double imposition ou sans accord d’échange d’informations fiscales.

Bon à savoir :

La déclaration d’impôt annuelle est obligatoire au-delà d’un certain seuil de revenus, même en cas de prélèvement à la source. Des crédits d’impôt et déductions existent (intérêts d’emprunt immobilier, certaines assurances, dons), mais leur accès est conditionné. Pour un non-résident, au moins 90 % des revenus mondiaux doivent provenir de sources tchèques pour en bénéficier.

Pour les expatriés américains, la situation se complique encore : ils restent soumis à l’impôt américain sur leurs revenus mondiaux, doivent déclarer leurs comptes à l’étranger et articuler les mécanismes d’exclusion de revenu étranger, de crédits d’impôt et de conventions fiscales avec les règles tchèques. Là encore, la banque n’est qu’un maillon d’un écosystème fiscal beaucoup plus large.

Choisir son mix : banque locale, fintech, multi-devises et conseil

Face à la complexité du système et à la diversité des besoins (salaire, loyers, transferts internationaux, investissement, projet immobilier, optimisation fiscale), la solution la plus efficace pour un expatrié en République Tchèque repose rarement sur un seul établissement.

Un schéma de gestion financière pragmatique pourrait ressembler à ceci :

Configuration bancaire pour expatriés en République tchèque

Recommandations pour structurer ses comptes bancaires en fonction de ses besoins quotidiens, professionnels et transfrontaliers.

Compte courant en CZK

Ouvrir un compte dans une banque locale (Česká spořitelna, ČSOB, Raiffeisenbank, Air Bank, Fio…) pour le salaire, le loyer, les factures et constituer un historique de crédit.

Compte en devises local

Éventuellement un compte multi-devises dans une banque tchèque pour limiter les conversions si vos revenus sont en euros/dollars ou dans plusieurs monnaies.

Compte fintech multi-devises

Ouvrir un compte chez une fintech (Wise, Revolut, Bunq) pour bénéficier de meilleurs taux de change, de cartes internationales et faciliter les transferts vers votre pays d’origine.

Compte professionnel spécialisé

Pour indépendants/entrepreneurs : un compte pro multi-devises chez un acteur spécialisé (Citfin, MultiPass, iBanFirst, Airwallex) pour gérer les flux business internationaux à moindre coût.

Accompagnement conseil

Si nécessaire, se faire accompagner par un conseiller financier/fiscal local habitué aux expatriés pour articuler comptes, investissements et obligations fiscales entre les deux pays.

Dans un environnement bancaire conservateur, mais pourtant très digital, et dans un pays où la barrière linguistique et la bureaucratie peuvent surprendre, cette combinaison d’acteurs permet de tirer parti des forces de chacun : sécurité et reconnaissance locale des banques traditionnelles, flexibilité et faible coût des fintechs, expertise de conseil des spécialistes de l’expatriation.

Bon à savoir :

La République Tchèque offre un cadre financier solide pour une gestion internationale efficace, adapté aussi bien à une expatriation de quelques années qu’à un projet de vie à long terme. Il est essentiel de prendre le temps d’en comprendre les règles et les outils spécifiques.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (République Tchèque, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la République Tchèque pour son impôt sur le revenu compétitif, l’absence d’impôt sur la fortune, sa stabilité économique et institutionnelle, combinant coût de vie plus bas qu’en France (Prague ~30 % moins chère que Paris) et plein accès au marché UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, réseau bilingue) et intégration patrimoniale. L’accompagnement permet de viser des économies fiscales significatives tout en limitant les risques (contrôles fiscaux, double imposition via convention FR‑CZ, adaptation culturelle).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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