S’installer en Slovénie sans parler la langue, c’est possible. Y construire une vraie vie, se faire des amis locaux, comprendre l’humour, les sous‑entendus administratifs ou les blagues au bureau, c’est beaucoup plus simple avec au moins un peu de slovène. Le pays est petit, très anglophone – surtout chez les jeunes et dans le tourisme – mais la langue reste la clé de l’intégration sociale, professionnelle et culturelle.
Cet article fournit un guide complet pour les expatriés en Slovénie, couvrant le fonctionnement de la langue, les dispositifs publics d’aide, le choix des écoles, l’utilisation d’applications, les opportunités de pratique et les examens à viser, en proposant une progression logique.
Comprendre le slovène : une langue exigeante mais logique
Avant de choisir une méthode, il est utile de comprendre dans quoi on s’engage. Le slovène est une langue slave du sud, parlée par environ 2 à 2,5 millions de personnes, surtout en Slovénie mais aussi dans certaines zones d’Italie, d’Autriche, de Hongrie et de Croatie. Elle a une longue tradition écrite, une littérature riche (France Prešeren, Fran Milčinski…) et un ancrage culturel très fort.
Particularités qui surprennent les expatriés
Sur le papier, le slovène fait peur : une grammaire très flexionnelle, six cas, trois genres et surtout un système de « duel », forme spécifique pour « deux » (deux personnes, deux objets), qui touche les noms, adjectifs, pronoms et verbes. Un seul nom peut avoir jusqu’à une vingtaine de formes selon le cas, le genre et le nombre. Pour un francophone, cela ressemble à une super‑version de l’allemand… en plus slavisée.
La langue russe utilise six cas principaux (nominatif, génitif, datif, accusatif, locatif, instrumental) qui modifient les terminaisons des mots. Parallèlement, les verbes se distinguent par leur aspect (perfectif ou imperfectif) et se conjuguent selon le temps, la personne, le nombre et parfois le genre. La maîtrise de ces systèmes demande un temps d’apprentissage significatif pour être automatisée.
Autre difficulté typique : les dialectes. On compte plusieurs dizaines de variétés régionales, au point que certains Slovènes ont du mal à se comprendre entre eux. La langue du quotidien peut aussi s’éloigner du slovène « standard » qu’on apprend en cours. Enfin, la prononciation comporte des consonnes roulées, des groupes de consonnes serrés et des lettres spécifiques (č, š, ž), avec un accent tonique mobile.
Ce qui simplifie la vie des apprenants
Face à ce tableau, il y a heureusement des éléments rassurants. Le slovène utilise l’alphabet latin, avec seulement trois lettres supplémentaires (č, š, ž). L’orthographe est globalement phonétique : une fois les sons maîtrisés, on lit ce qu’on voit. Les temps verbaux de base sont peu nombreux (un présent, un passé, un futur principaux), ce qui simplifie la conjugaison par rapport au français.
La langue slovène a intégré de nombreux emprunts internationaux, notamment dans les domaines technologiques, commerciaux et de la culture populaire, ce qui peut faciliter l’apprentissage. De plus, ses similitudes avec d’autres langues slaves, comme le croate, le serbe ou le russe, sont un atout pour les locuteurs de ces langues. En pratique, de nombreux Slovènes maîtrisant bien l’anglais, il est possible de commencer à communiquer dans cette langue tout en introduisant progressivement des phrases en slovène pour s’entraîner, par exemple : « Učim se slovenščino. Prosim, govorite slovensko. » (« J’apprends le slovène, parlez‑moi slovène, s’il vous plaît. »).
Une estimation réaliste, pour un natif anglophone, parle d’environ 1100 heures pour atteindre une vraie maîtrise. Pour un expatrié motivé, 6 à 12 mois suffisent en général pour tenir une conversation courante, à condition d’être régulier et de combiner plusieurs approches.
Les grandes voies d’apprentissage pour expatriés en Slovénie
En Slovénie, les expatriés disposent d’un ensemble de leviers souvent complémentaires : dispositifs publics gratuits (ou subventionnés), universités, écoles privées, cours en ligne, applications, échanges linguistiques, auto‑apprentissage guidé.
Programmes publics d’intégration linguistique
Le cœur du système s’appuie sur des programmes cofinancés par le gouvernement slovène et les fonds de l’Union européenne, en particulier le Fonds « Asile, migration et intégration » (AMIF).
Deux dispositifs phares structurent l’offre pour les ressortissants de pays tiers (non‑UE) :
– le programme « Initial Integration of Migrants » (ZIP) ;
– le programme informel « Learning Slovenian for Survival ».
Tous deux sont axés sur le slovène comme langue seconde et sur la connaissance de la société slovène. Ils sont gratuits pour les participants, mais financés par l’État et les fonds européens.
ZIP et cours de survie : combien d’heures, pour qui, pourquoi ?
Le programme ZIP est un cursus public accrédité, centré sur le slovène et la vie en Slovénie. Le format standard prévoit 180 heures de cours. Si vous ne réussissez pas l’examen final, vous pouvez bénéficier de 60 heures supplémentaires, soit jusqu’à 240 heures au total. Une réforme récente a d’ailleurs officiellement augmenté le nombre maximum d’heures accessibles aux immigrés adultes.
Le programme « Learning Slovenian for Survival » propose lui aussi 180 heures, avec la même possibilité de 60 heures additionnelles en cas de résultats insuffisants. Il vise essentiellement la communication de base pour survivre au quotidien : magasins, transports, santé, administration simple.
Ces deux offres visent principalement un public spécifique, bien que le contenu ne détaille pas explicitement lequel. Il est essentiel de se référer au document source complet pour identifier précisément les bénéficiaires ou les objectifs ciblés par ces propositions.
– les ressortissants de pays tiers disposant d’un permis de séjour permanent ou temporaire valable au moins un an ;
– les membres de famille de citoyens slovènes ou de l’UE résidant en Slovénie ;
– les personnes bénéficiant d’une protection internationale ou temporaire.
Les citoyens de l’UE, eux, ne sont pas éligibles à ces programmes gratuits spécifiques. Ils devront passer par d’autres circuits (écoles de langues, universités, cours privés).
Formalités d’inscription : le certificat à 22,60 €
Pour accéder gratuitement à ces cours ou à certains examens, un document clé est nécessaire : un certificat délivré par l’« unité administrative » (Upravna enota) de votre lieu de résidence. Son coût est de 22,60 €, payé une seule fois. Il atteste de votre éligibilité et vous ouvre un droit à un certain nombre d’heures (60, 120, 180 ou 240 selon votre statut et la durée de votre permis).
Les prestataires qui dispensent ces cours sont sélectionnés par appels d’offres tous les deux ans : universités populaires (Ljudska univerza) dans différentes villes, Centre pour le slovène comme langue étrangère de l’Université de Ljubljana, associations comme Slovenska filantropija, ou encore instituts privés comme Didaktum, très présent pour les formations « niveau survie » dans une quarantaine de localités.
Langue et marché du travail : des exigences légales à connaître
Apprendre le slovène n’est pas qu’une question de politesse envers vos voisins. La loi slovène a progressivement intégré des obligations linguistiques liées au travail, au séjour permanent ou au regroupement familial.
C’est le nombre d’heures de la formation gratuite en slovène de niveau A1 proposée par l’Office de l’emploi pour les demandeurs d’emploi ressortissants de pays tiers.
Une modification récente de la loi sur les étrangers renforce encore ces exigences :
– pour le regroupement familial, un niveau « survie » de slovène est exigé ;
– pour le permis de séjour permanent, un niveau A2 (CECR) est demandé, sauf exceptions (diplôme obtenu en slovène, examen déjà passé à un niveau supérieur, etc.).
Concrètement, cela signifie que la question de la langue s’imposera tôt ou tard à tout expatrié qui souhaite rester au‑delà de quelques années.
Examens officiels : à quoi servent-ils et comment y accéder ?
Le système d’examens de slovène est structuré autour du programme « Slovene as a Second and Foreign Language », décliné en quatre grands niveaux, tous alignés sur le Cadre européen commun de référence (A1 à C1/C2). Depuis 2017, les épreuves conçues par l’Izpitni center du Centre pour le slovène à l’Université de Ljubljana bénéficient de la certification de qualité ALTE Q‑mark, ce qui renforce leur reconnaissance internationale.
On distingue plusieurs types d’épreuves :
– examens officiels multinationaux (B1, B2, C1) reconnus par le Global Seal of Biliteracy, utilisés pour des dossiers académiques ou professionnels ;
– examens publics « slovene as a second and foreign language » (niveaux percée, basique, intermédiaire, avancé) accessibles gratuitement une fois pour les ressortissants de pays tiers éligibles au ZIP ;
– test de niveau « survie », plutôt oral, destiné à vérifier la capacité à gérer les besoins quotidiens (courses, médecin, transports, etc.).
Pour les demandeurs de citoyenneté ou certains statuts, l’examen de niveau basique est particulièrement stratégique. Il comporte quatre parties pondérées à égalité : compréhension orale, compréhension écrite, production écrite et entretien oral (conversation générale, description guidée avec images, jeu de rôle). Pour réussir, il faut obtenir au moins 60 % des points dans chacune des composantes. La notation est descriptive (de « excellent » à « insuffisant »).
Les candidats qui ont suivi un cours ZIP de 180 ou 120 heures avec au moins 80 % de présence ont droit à une première tentative gratuite, financée par l’Office gouvernemental pour le soutien et l’intégration des migrants et l’AMIF. Ils doivent en revanche assumer leurs frais de déplacement et de matériel.
Les tests « survie » sont quant à eux confiés à l’institut Didaktum, avec inscription via un formulaire en ligne. Là encore, la première tentative est couverte par l’État, après obtention d’un certificat spécifique payant (22,60 €).
Universités et centres de langues : une offre dense pour étudiants et chercheurs
Si vous êtes étudiant, doctorant, chercheur ou conjoint d’étudiant, les universités slovènes sont un point d’entrée naturel dans le slovène.
Le Centre pour le slovène comme langue étrangère (Université de Ljubljana)
Le Centre pour la slovène comme langue seconde et étrangère, rattaché à la Faculté des lettres de l’Université de Ljubljana, joue un rôle central. Il conçoit les examens, publie des manuels, mène des recherches en didactique et propose un éventail impressionnant de cours, en présentiel et à distance, pour adultes et jeunes.
Parmi les formats phares :
L’école d’hiver de langue slovène propose un programme intensif de deux semaines à Ljubljana, comprenant 4 leçons matinales obligatoires (9h-12h30) et des modules optionnels l’après-midi (14h-15h30). Le programme culturel et les devoirs portent le total à 60-80 heures de travail, validant 3-4 ECTS. Le coût est de 600€ pour le module du matin et le programme culturel, plus 230€ pour l’option de l’après-midi. Des bourses sont disponibles pour les membres des minorités slovènes à l’étranger et les descendants d’expatriés.
– École d’été pour jeunes (13–17 ans), organisée depuis 2006, mêlant cours de langue le matin et activités ludiques ou culturelles l’après‑midi et le soir.
– Semaines intensives de slovène pour élèves de lycées slovènes ou bilingues à l’étranger, lancées initialement pour des élèves de Carinthie autrichienne puis étendues à la Hongrie.
– Cours pour futurs étudiants en Slovénie : par exemple un module de 80 leçons de slovène pour lycéens souhaitant étudier sur place, deux soirs par semaine, ou des cours débutants/intermédiaires pour enfants et adolescents sur deux semaines (20 leçons pour environ 295 €).
Les cours peuvent se dérouler en présentiel ou en ligne (via Zoom), avec également des formules individuelles (environ 45 € la leçon de 45 minutes).
Le Centre propose le cours en ligne ‘Slovene Learning Online (SLO)’, entièrement gratuit et ergonomique. Disponible en plusieurs langues d’interface, il comprend des dialogues, animations, exercices interactifs et un travail sur l’alphabet slovène (25 lettres spécifiques) et les nombres. Tous les exercices sont corrigés et les enregistrements audio sont réalisés par des locuteurs natifs. C’est une excellente ressource pour débuter ou consolider ses connaissances entre deux cours.
Université de Nova Gorica et University of Primorska : deux pôles très actifs
Le Language Centre de l’Université de Nova Gorica (UNG LC) offre une structure très flexible pour tous les niveaux (A1 à B2) :
– chaque cours standard dure 60 heures de 45 minutes (réduites à 45 en petits groupes) ;
– la formule peut être classique en présentiel, hybride (un tiers en salle, deux tiers en ligne) ou entièrement en ligne ;
– les cours valent généralement 4 ECTS (6 ECTS pour un cours de slovène de base) ;
– pour les étudiants et employés de l’UNG, un cours par an est gratuit ; les suivants coûtent 320 €. Pour les autres, les tarifs tournent autour de 379 € (A1/A2) à 399 € (B1/B2).
Les universités de Primorska (Koper et environs) misent elles aussi sur une politique linguistique d’accueil :
L’université propose plusieurs formats de cours pour faciliter l’apprentissage de la langue et l’intégration culturelle des étudiants étrangers.
Cours gratuits « Langue et culture slovènes » avant le début du semestre pour les étudiants internationaux.
Cours « Slovène langue étrangère » de 60 heures, valant 6 crédits ECTS, disponible pour trois niveaux.
Créneaux spécifiques pour les étudiants Erasmus, avec des enseignants attitrés (ex : A1 le mercredi après-midi).
Groupes de niveaux A2 et B1 spécialement organisés pour certaines facultés, comme les sciences de la santé.
Les exigences en slovène dépendent des filières. De manière générale, pour les programmes suivis en slovène, les étudiants étrangers doivent attester d’un A2 au moment d’entrer en deuxième année. Certaines licences ou masters exigent un B1 ou C1 à la fin du cursus. Pour les doctorats (hors études de slovène), il n’y a souvent pas d’obligation formelle, sauf pour la filière « études slovènes » qui impose B1 à l’entrée, B2 à la sortie.
Leto PLUS : l’année préparatoire pour futurs étudiants
Autre outil utile pour les jeunes expatriés : le programme Leto PLUS / Year PLUS de l’Université de Nova Gorica, destiné aux étudiants internationaux insuffisamment armés en slovène pour suivre les cours réguliers. Il s’agit d’une année préparatoire mêlant cours de langue et d’intégration universitaire. Ce type de dispositif permet d’arriver au niveau requis sans brûler les étapes.
Écoles privées, cours intensifs et formations spécialisées
Quand on n’entre pas dans les critères des programmes publics – ou qu’on veut aller plus vite, plus loin – les écoles privées de langue slovène constituent une alternative souple, mais payante.
Cours intensifs d’été, groupes du soir et formations en ligne
Plusieurs organismes proposent des stages intensifs, souvent très prisés des expatriés :
– Zavod ŠOLT organise par exemple des cours intensifs d’été de 30 heures, complétés en deux semaines et demie, à raison de quatre séances par semaine. Les tarifs démarrent autour de 199 € pour les étudiants et 259 € pour les non‑étudiants. Si le nombre de participants est inférieur à quatre, la durée de cours peut être réduite ou le groupe annulé.
Certaines écoles privées ou associatives proposent des cours de groupe limités à 10 personnes, couvrant tous les niveaux du CECRL (de A1 à C2), avec des créneaux en soirée disponibles en présentiel ou en ligne. Par exemple : A1 en ligne le mardi de 17h à 19h15, A1 en présentiel le lundi aux mêmes horaires, A2 le jeudi de 17h45 à 20h, B1 le lundi de 16h30 à 18h45, B2 le mardi de 17h à 19h15, et un cours de conversation de niveau C1 le vendredi de 16h30 à 18h45.
Les formules tarifaires typiques pour ce type de cours de groupe ressemblent à ceci :
| Durée du forfait | Volume horaire indicatif | Prix approximatif |
|---|---|---|
| 1 mois | 12 h | ~99,90 € |
| 3 mois | 36 h (1 niveau) | ~269,70 € |
| 6 mois | 72 h (2 niveaux) | ~509,49 € |
Ces offres conviennent bien aux expatriés qui travaillent et souhaitent un rythme régulier mais modéré, avec un groupe restreint.
Via Linguae et les cours en ligne structurés
Certaines sociétés se spécialisent dans la formation en ligne structurée. C’est le cas de Via Linguae, Jezikovni tečaji d.o.o., basée à Ljubljana. Elle propose des modules de 50, 100 ou 120 heures, souvent sur Zoom, avec un environnement d’apprentissage en ligne (type classe virtuelle ERUDIO) contenant supports, exercices et enregistrements.
Quelques repères de prix :
| Type de cours Via Linguae | Volume | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Cours général | 50 h | ~250 € |
| Cours général | 100 h | ~460 € |
| Cours complet | 120 h | 470 € (ou 2 × 250 € pour deux blocs de 60 h) |
| Slovène médical | 230 h | 1600 € |
Le cours de slovène médical vise le niveau C1 requis pour travailler dans les institutions de santé slovènes ou intégrer certaines facultés médicales. Le rapport coût/volume horaire est élevé, mais l’objectif est très spécifique (terminologie, préparation approfondie à un examen de haut niveau).
Les conditions générales sont régies par la législation slovène, notamment en matière de protection des consommateurs, de données personnelles et de communications électroniques. Les paiements s’effectuent généralement sur facture. Notez que les cours déjà commencés ne sont pas remboursables.
Expatriés, emploi et service public de l’emploi
Pour les personnes inscrites comme demandeurs d’emploi, le service public offre des cours d’A1 gratuits (120–180 heures) et un passage d’examen, avec en plus :
– remboursement des frais de déplacement (0,23 €/km) pour se rendre en cours et le jour de l’examen ;
– indemnité de participation (1,50 €/h) pour compenser le temps investi.
L’examen doit être passé dans l’année suivant l’inscription (prolongeable jusqu’à 12 mois en cas de force majeure). Ceux qui réussissent un examen de niveau supérieur (A2 ou plus) ou qui ont fait des études formelles en slovène sont dispensés de cette obligation.
Auto‑apprentissage : bien choisir ses ressources en ligne et sur appli
L’autre pilier pour un expatrié est le travail autonome, surtout si l’on a un emploi à temps plein ou une vie de famille chargée. L’avantage, en slovène, est que l’écosystème de ressources s’est nettement enrichi ces dernières années, même si l’offre reste moins abondante que pour l’espagnol ou l’allemand.
Cours en ligne gratuits structurés
Deux plateformes gratuites méritent une attention particulière.
D’abord, Slovene Learning Online (slonline.si), déjà évoquée, développée par le Centre pour le slovène en coopération avec la société DigiEd. L’interface est claire, ludique, et couvre l’alphabet, les chiffres, les phrases usuelles, les situations pratiques. Des animations courtes présentent le pays, la langue et la vie quotidienne.
Cette plateforme propose environ 125 leçons gratuites de 5 minutes chacune, axées sur l’acquisition de vocabulaire et la prononciation. Sa méthode repose sur un apprentissage quotidien et progressif en petites unités, idéal pour les apprenants, notamment les expatriés avec un budget limité, souhaitant enrichir leur lexique sans sessions intensives.
On peut y ajouter 50LANGUAGES, avec son cours « Slovene for beginners » basé sur 100 leçons de phrases pratiques. Les fichiers audio sont téléchargeables en MP3, et l’application mobile offre des jeux, tests et révisions hors ligne. Là encore, pas besoin de prérequis, l’approche se veut clairement orientée vers la communication de base.
Applications mobiles : ne pas attendre Duolingo
Contrairement à d’autres langues, le slovène n’est pas (ou pas pleinement) intégré à certaines plateformes mainstream comme Duolingo. Il faut donc regarder ailleurs. Plusieurs applications se distinguent pour le slovène :
– Ling App : conçue par Simya Solutions, elle couvre plus de 60 langues dont le slovène. Les cours se veulent complets (lecture, écriture, compréhension et expression) avec mini‑jeux, chatbot IA, exercices de prononciation, tracé de lettres sur l’écran, etc. Les contenus sont créés avec des locuteurs natifs, les voix ne sont pas synthétiques. Un modèle freemium donne accès aux leçons débutants ; des abonnements payants (mensuel, semestriel, annuel, à vie) permettent d’aller plus loin.
L’application Memrise est très utile pour apprendre du vocabulaire et travailler la prononciation grâce à des vidéos de locuteurs natifs. Son système de répétition espacée et l’utilisation de mnémoniques en font un excellent complément pour ancrer durablement les mots et expressions utiles.
– Clozemaster : plutôt pour niveaux intermédiaires et avancés. L’application propose des phrases à trous dans des contextes variés afin de consolider vocabulaire et structures grammaticales en situation réelle.
– Mondly : propose des leçons interactives, un chatbot, de la reconnaissance vocale et même des expériences en réalité augmentée pour certaines langues. Pour le slovène, c’est une option intéressante si l’on veut un parcours équilibré entre compréhension et expression.
– Drops, LinGo Play, DuoCards, 50 Languages : chacune a son angle (sessions ultra‑courtes, flashcards, immersion visuelle, etc.), utile pour compléter sans forcément remplacer un vrai cours.
– Forvo : dictionnaire de prononciation où l’on peut entendre des milliers de mots slovènes prononcés par des natifs, parfois avec variations dialectales. Idéal pour corriger un accent ou vérifier la bonne intonation avant un rendez‑vous.
Pour un expatrié apprenant le slovène, se reposer uniquement sur une application est une erreur classique. L’usage optimal consiste à articuler une application (ex: Ling ou Memrise pour le vocabulaire) avec un cours structuré et de la pratique réelle (tandems, sorties, collègues).
Plateformes multimédias et contenus créateurs
La palette s’étend bien au‑delà des applications :
– YouTube concentre plusieurs créateurs de contenus en slovène pour étrangers : vidéos pédagogiques, séries de type « How to be a Slovene », chaînes d’expats qui racontent leur intégration. Certaines vidéos proposent des sous‑titres anglais, ce qui facilite le passage d’une langue à l’autre.
– Des blogueurs et expatriés partagent également des listes de ressources : mémos de grammaire, listes de faux‑amis, retours d’expérience sur différentes écoles ou manuels (« Colloquial Slovene », « Slovene: A Comprehensive Grammar », etc.).
– Des outils comme Forvo, Besana (pour vérifier les déclinaisons), Termania ou le portail lexical Fran offrent une plongée dans la langue écrite, utile pour ceux qui aiment comprendre en profondeur comment la langue fonctionne.
Là encore, l’enjeu pour l’expatrié est de transformer ces ressources en routine praticable : écouter un podcast slovène dans le bus, suivre une ou deux chaînes locales, mettre l’interface de son téléphone en slovène, etc.
Pratiquer avec des Slovènes : tandems, meetups, réseaux sociaux
Aucune méthode, même brillante, ne remplace les conversations avec de vraies personnes. Pour les expatriés, la pratique est doublement cruciale : elle débloque la langue et ouvre des portes sociales.
Applications de tandem et communautés en ligne
Plusieurs plateformes facilitent la mise en relation avec des locuteurs slovènes :
– Tandem et HelloTalk : applications très populaires de « language exchange » où l’on trouve des dizaines de profils en Slovénie, notamment à Ljubljana et Maribor. Les Slovènes y apprennent souvent l’anglais, l’allemand, l’italien ou le coréen, et sont ravis d’échanger contre du français ou une autre langue.
Ce site, l’un des plus anciens, permet des échanges linguistiques via chat écrit, audio ou vidéo. Il se distingue par une méthodologie guidée (fiches, plans de séance) créée par un enseignant. Son nouvel outil de chat vocal et vidéo inclut la reconnaissance vocale et une traduction contextuelle.
– HelloTalk, au‑delà de la messagerie, propose des « Voice Rooms » (salons audio) et des lives, ce qui peut être une bonne façon de s’habituer aux accents slovènes sans pression.
Ces plateformes exigent un minimum de prudence (éviter de partager des données sensibles, repérer les profils peu sérieux) mais elles offrent, pour un coût nul ou modeste, une immersion conversationnelle difficilement atteignable autrement.
Vie locale : cafés, bibliothèques et universités
En Slovénie même, les échanges linguistiques s’organisent aussi dans la vraie vie : cafés de conversation dans les grandes villes, bibliothèques municipales (comme à Maribor), associations étudiantes sur les campus, organisations comme Slovenska filantropija qui proposent parfois des ateliers de slovène bénévole (sans certificat, mais très utiles pour parler).
Pour un expatrié basé à Ljubljana ou Maribor, l’université constitue un bon point d’ancrage social et culturel, même sans être étudiant, grâce à ses événements ouverts, conférences et clubs linguistiques. De plus, les quartiers étudiants et les rives des fleuves, comme le quartier Lent à Maribor ou les berges de la Ljubljanica et les parcs à Ljubljana, sont des lieux de rencontre propices pour pratiquer la langue, particulièrement durant les saisons du printemps et de l’été.
Stratégies concrètes pour bien combiner ces ressources
Face à la profusion de programmes, d’écoles et d’outils, beaucoup d’expatriés se demandent par où commencer. Voici quelques pistes d’organisation, en fonction des profils.
Profil 1 : expatrié de pays tiers, nouvel arrivant
Si vous êtes ressortissant d’un pays hors UE, fraîchement installé en Slovénie, plusieurs réflexes sont stratégiques :
1. Vérifier votre éligibilité au programme ZIP et/ou au cours de survie, ainsi qu’aux cours du service de l’emploi si vous êtes inscrit comme demandeur d’emploi.
2. Obtenir rapidement le certificat auprès de votre Upravna enota (22,60 €), puis vous inscrire à un cours ZIP ou survie sur l’un des sites listant les prestataires (infotujci.si, sites des universités populaires, etc.).
3. Profiter de l’examen gratuit à la fin du cursus, en visant au moins le niveau A1 ou A2 selon vos projets (emploi, regroupement familial, permis permanent). Pensez à utiliser les centres d’auto‑apprentissage pour préparer l’examen (Self‑directed Learning Centres).
Pour renforcer votre apprentissage, utilisez des plateformes comme Slovene Learning Online, LingoHut ou 50LANGUAGES pour acquérir les bases. Automatisez l’acquisition du vocabulaire avec une application telle que Ling ou Memrise. Enfin, perfectionnez votre prononciation en utilisant Forvo.
5. Très vite, ajouter de la pratique : tandem linguistique (Tandem, HelloTalk), rencontre avec des voisins, participation à des événements associatifs. Ne pas attendre de « bien parler » avant de parler.
Profil 2 : expatrié UE en poste, peu de temps
Pour un Européen venu travailler en Slovénie, souvent dispensé des dispositifs gratuits mais très occupé :
– s’inscrire à un cours du soir dans une école privée (type cours de groupe A1 puis A2, une ou deux fois par semaine) ;
– suivre en parallèle Slovene Learning Online pour stabiliser la grammaire de base ;
– utiliser quotidiennement une application comme Memrise ou Drops pour enrichir le vocabulaire (5 à 10 minutes par jour) ;
– programmer une ou deux séances de tandem par semaine, en ligne ou en présentiel, pour pratiquer ce qui a été appris ;
– fixer une échéance (par exemple passer un examen A1 ou A2 dans l’année) pour garder la motivation.
Profil 3 : étudiant étranger
Pour un étudiant, la logique est souvent de passer par l’université :
Pour apprendre le slovène en tant qu’étudiant étranger, plusieurs options efficaces s’offrent à vous. Suivez les **cours de slovène pour étrangers** proposés par votre université (comme UP, UNG ou l’université de Ljubljana) : ils sont souvent gratuits ou très abordables, intégrés au cursus avec des crédits ECTS et adaptés au calendrier académique. Profitez des **jours préparatoires de langue et culture** lorsqu’ils sont proposés pour un démarrage intensif. Si nécessaire, envisagez un **programme préparatoire** comme Leto PLUS avant de vous lancer dans une filière entièrement enseignée en slovène. Complétez cet apprentissage formel par une **immersion sur le campus** : impliquez-vous dans des associations étudiantes, optez pour des colocations mixtes (avec des Slovènes et des étrangers) et participez aux événements culturels.
Profil 4 : conjoint d’expatrié, parent au foyer
Ce profil a parfois plus de temps mais moins de contacts directs avec la langue :
– suivre un cours intensif d’été (Zavod ŠOLT, universités, écoles privées), utile pour « casser la barrière » initiale ;
– combiner avec des cours en ligne (Via Linguae ou autre) si la mobilité est limitée (enfants, déplacements) ;
– utiliser des ressources adaptées aux enfants (ateliers de langue, jeux en slovène) pour apprendre en famille ;
– s’intégrer dans le quartier : marchés, associations de parents d’élèves, bibliothèques, où quelques phrases comme « Živijo », « Hvala », « Lep dan! » sont très appréciées et encouragent les Slovènes à aider.
Pourquoi l’investissement linguistique paie en Slovénie
Toutes les études sur l’intégration le rappellent : la langue est l’un des leviers majeurs pour l’accès à l’emploi, la participation sociale, la réduction des discriminations. En Slovénie, où les immigrants représentent une part croissante de la population (plus de 12 % de ressortissants de pays tiers et environ 3 % de citoyens de l’UE), la stratégie nationale d’intégration adoptée récemment insiste sur l’importance de l’offre de cours de slovène.
Une part non négligeable des immigrés déclarent avoir subi des discriminations ethniques au cours de l’année écoulée.
Pour beaucoup d’expatriés, un moment charnière est celui où l’on réussit pour la première fois une interaction complexe en slovène : régler un problème administratif, expliquer un souci de santé au médecin, animer une réunion au travail, plaisanter avec des amis slovènes. Ces « petites victoires » consolidées par la pratique donnent le sentiment de vraiment habiter le pays, et pas seulement d’y résider.
Mettre en place un plan de route personnel
Le dernier conseil, peut‑être le plus important, est de ne pas s’en remettre au hasard. Le slovène n’est pas une langue que l’on absorbe passivement en prenant un café sur la place centrale de Ljubljana. Il demande de la régularité, mais pas forcément des journées entières d’étude.
Un plan simple pour un expatrié pourrait ressembler à ceci :
Pour apprendre efficacement le slovène, il est recommandé de suivre un plan précis : se fixer un objectif clair pour l’année (comme atteindre le niveau A2 ou gérer des démarches quotidiennes), choisir un cours structuré (ZIP, université) comme base, y adosser un outil en ligne sérieux (Slovene Learning Online, LingoHut) pour le travail autonome, sélectionner une application dédiée au vocabulaire (Memrise, Ling), participer régulièrement à des échanges linguistiques (tandem, cafés), et tenir un carnet de suivi pour noter les progrès et les points à revoir.
La bonne nouvelle, c’est qu’en Slovénie, l’écosystème institutionnel (programmes publics, universités, centres de langues, financement européen) et citoyen (bénévolat, tandems) forme un environnement plutôt favorable. Beaucoup de Slovènes apprécient profondément qu’un étranger fasse l’effort d’apprendre leur langue, surtout dans un pays où l’anglais pourrait suffire en surface.
Pour un expatrié prêt à investir un peu de temps chaque jour, le slovène cesse alors d’être une « langue impossible » pour devenir un outil concret, vivant, qui ouvre les portes de ce petit pays vert niché entre l’Autriche, la Hongrie, la Croatie et l’Italie – et de la vie quotidienne qui va avec.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Slovénie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Slovénie pour sa fiscalité modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, sa stabilité politique et son appartenance à la zone euro, combinant coût de vie inférieur à la France (Ljubljana ~30 % moins cher que Paris) et accès complet au marché UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, partenaires francophones) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).
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