S’installer en Slovaquie ne se résume pas à faire ses valises et réserver un billet d’avion. Le pays, membre de l’Union européenne, combine un cadre de vie plutôt agréable, un coût de la vie encore raisonnable et une bureaucratie parfois dense, surtout pour les ressortissants de pays tiers. Entre permis de séjour, inscription à la police des étrangers, assurance maladie, fiscalité, logement et ouverture d’un compte bancaire, chaque étape obéit à des règles précises.
Ce guide fournit une vue d’ensemble structurée des démarches nécessaires pour vivre en Slovaquie. Il s’appuie sur le cadre légal en vigueur et décrit le fonctionnement concret des administrations locales.
Comprendre le contexte slovaque avant de s’installer
Avant même d’entrer dans les procédures, il est utile de situer le pays dans son contexte économique et institutionnel. La Slovaquie est un État d’Europe centrale, sans accès à la mer, membre de l’Union européenne, de la zone euro et de l’espace Schengen. La monnaie officielle est l’euro, ce qui simplifie les démarches financières pour les ressortissants de la zone euro. Le système politique est démocratique, avec une large liberté d’expression, et un État laïque.
L’économie slovaque est diversifiée (industrie, tourisme, agriculture, services). Bratislava concentre les emplois qualifiés et anglophones, tandis que Košice, Nitra ou Banská Bystrica offrent un coût du logement plus bas. La qualité de vie varie donc selon la ville, mais l’installation nécessite systématiquement de suivre un parcours administratif défini.
Cadre légal de la résidence : qui doit faire quoi ?
Le texte central qui encadre la présence des étrangers est la loi n°404/2011 sur le séjour des étrangers. Elle fixe les types de titres de séjour, leurs conditions et les procédures. Un autre texte clé, la loi n°5/2004 sur les services de l’emploi, régit l’accès au marché du travail. Des directives européennes, notamment 2004/38/CE et 2021/1883, complètent ce dispositif.
Différence majeure entre citoyens de l’UE et ressortissants de pays tiers
Pour savoir quelles démarches entreprendre, la première question est simple : êtes-vous citoyen de l’UE/EEE/Suisse ou ressortissant d’un pays tiers ?
Les citoyens de l’UE, de l’EEE et de la Suisse bénéficient de la libre circulation et n’ont besoin ni de visa ni de permis de long séjour pour entrer et travailler en Slovaquie. Toutefois, ils doivent procéder à une formalité d’enregistrement après un certain délai. En revanche, les ressortissants de pays tiers (hors UE/EEE/Suisse) doivent, s’ils séjournent plus de 90 jours sur une période de 6 mois, obtenir un titre de séjour. Ce titre est généralement lié à un motif spécifique tel que le travail, les études, le regroupement familial, la recherche ou les affaires.
Les grandes catégories de séjour
La loi distingue deux grandes familles de statuts pour les non-EU :
Le droit au séjour en France pour les étrangers se divise principalement en deux catégories. Le séjour temporaire est accordé pour une durée limitée, généralement de 6 mois à plusieurs années, renouvelable, et est lié à un motif précis comme un emploi, des études, la recherche, une entreprise, une activité spéciale ou le regroupement familial. Le séjour permanent se décline en trois sous-types : le séjour permanent pour cinq ans, le séjour permanent pour une durée illimitée et le séjour de longue durée, qui correspond au statut de résident de longue durée de l’Union européenne.
Les citoyens de l’UE/EEE/Suisse n’entrent pas dans cette classification : ils procèdent à une « inscription de résidence » et peuvent obtenir un certificat ou une carte de séjour d’UE, mais dans un cadre simplifié.
Obtenir un titre de séjour : procédures et documents clés
Dès que l’on envisage de rester plus de 90 jours en Slovaquie, la question du titre de séjour devient centrale, surtout pour les ressortissants de pays tiers.
Où et comment déposer la demande
Les demandes de titre de séjour se déposent en personne, sauf incapacité physique avérée. Deux possibilités :
– À l’étranger, auprès d’une mission diplomatique slovaque (ambassade ou consulat) ;
– En Slovaquie, auprès du département de la police des étrangers (Foreign Police) si vous y séjournez déjà légalement (mais pas seulement avec un visa touristique de type C).
Le dépôt partiel est interdit : tous les documents requis doivent être fournis en une seule fois. À la réception du dossier, la police des étrangers délivre un certificat de dépôt qui permet au demandeur de rester légalement en Slovaquie jusqu’à la décision.
Les délais de traitement varient selon le type de séjour :
| Type de demande | Délai indicatif de décision |
|---|---|
| Séjour temporaire pour études, recherche, activités spéciales | 30 jours |
| Séjour temporaire pour emploi (hors cas accélérés) | 90 jours |
| Séjour permanent (5 ans, illimité) | 90 jours |
| Séjour permanent ou long terme pour « intérêt de l’État » ou investisseur majeur | 30 jours |
| Séjour de longue durée (résident de longue durée UE) | 90 jours |
Les documents généralement exigés
Même si la liste exacte change selon le motif du séjour, certains documents sont quasi systématiques pour un ressortissant de pays tiers :
Liste des pièces justificatives nécessaires pour constituer un dossier de demande de visa ou de titre de séjour pour la Slovaquie. Assurez-vous que tous les documents sont à jour et conformes aux exigences.
Passeport valable au moins 6 mois au-delà de la durée de séjour envisagée, accompagné du formulaire officiel de demande dûment complété.
Une photo d’identité couleur aux dimensions réglementaires (3 × 3,5 cm).
Document justificatif selon votre situation : contrat de travail, attestation d’inscription universitaire, contrat d’hébergement scientifique, licence d’activité pour entrepreneur, certificat de mariage pour regroupement familial, etc.
Preuve de ressources financières stables et régulières, ainsi qu’une preuve d’hébergement en Slovaquie.
Une assurance maladie couvrant la Slovaquie et un extrait de casier judiciaire du pays de citoyenneté et des pays de résidence de plus de 90 jours au cours des trois dernières années.
Certificat médical attestant l’absence de maladies menaçant la santé publique, à remettre dans les 30 jours suivant la délivrance de la carte de séjour.
Les documents étrangers doivent généralement dater de moins de 90 jours au moment du dépôt, être légalisés (apostille ou super-légalisation) et traduits en slovaque par un traducteur assermenté, sauf pour les documents en tchèque.
Combien faut-il prouver en ressources financières ?
La Slovaquie se réfère au « minimum vital » (subsistence minimum), fixé à 273,99 € depuis juillet 2024. Pour beaucoup de démarches de séjour, on exige des moyens équivalents à douze fois ce montant. Pour illustrer :
| Type de preuve de ressources | Référence au minimum vital |
|---|---|
| Demande de séjour de longue durée (standard) | 12 × 273,99 € (pour le demandeur) |
| Regroupement familial (époux/épouse) | 24 × 273,99 € (12× pour le sponsor + 12× pour le conjoint) |
Ces montants peuvent être démontrés via un relevé bancaire, un contrat de travail, une attestation de salaire, une pension ou une déclaration notariée d’un proche s’engageant à subvenir aux besoins.
Cas particulier du casier judiciaire pour les citoyens américains
Un exemple illustre la rigueur de l’administration : les citoyens des États‑Unis doivent fournir exclusivement le relevé fédéral FBI « Identity History Summary Check » transmis directement par le FBI sur papier officiel. Les checks d’États ou attestations sur l’honneur sont refusés. La procédure FBI peut prendre autour de 12 semaines, ce qui impose d’anticiper largement la demande de séjour.
Séjour de longue durée et nouvelles exigences linguistiques
Le séjour de longue durée (statut de résident de longue durée UE) est accordé en principe après cinq ans de séjour légal et ininterrompu en Slovaquie. Des périodes d’absence de plus de 180 jours d’affilée ne sont pas prises en compte dans ces cinq ans, et le temps passé avec un titre d’études ne compte qu’à moitié.
Niveau de maîtrise du slovaque exigé pour la demande de séjour de longue durée à partir de mi-2025.
– Les moins de 14 ans ;
– Les personnes reconnues comme « Slovaques vivant à l’étranger » ;
– Les personnes ayant récemment suivi au moins deux années d’études secondaires ou universitaires en slovaque.
Cette exigence renforce l’importance de se former à la langue, non seulement pour la vie quotidienne, mais aussi pour sécuriser un statut durable.
Les différentes formes de séjour permanent
Le séjour permanent regroupe plusieurs sous‑catégories :
– Séjour permanent pour cinq ans, accordé notamment aux conjoints et enfants de citoyens slovaques ou à certains étrangers considérés d’intérêt pour la République (par exemple d’anciens citoyens ou des investisseurs).
– Séjour permanent pour une durée illimitée, accessible en général après quatre années passées avec un séjour permanent de cinq ans.
– Long séjour (résident de longue durée UE), lié aux cinq années de présence continue et à des critères proches, mais avec une dimension européenne (prise en compte de périodes dans d’autres États membres sous certaines conditions).
Une jurisprudence d’un tribunal régional (Žilina, affaire 30S/168/2020) a par ailleurs jugé que les partenaires de même sexe de citoyens slovaques pouvaient, dans certains cas, entrer dans la catégorie des situations « dignes d’une attention particulière » au regard du droit à la vie familiale, ouvrant la voie à un séjour permanent.
S’inscrire à la police des étrangers et enregistrer son adresse
Obtenir un titre de séjour ne suffit pas : le droit slovaque met un accent particulier sur l’enregistrement de l’adresse, qui conditionne de nombreux autres droits (accès à la santé, fiscalité, ouverture de compte, etc.).
Qui doit déclarer quoi, et quand ?
L’autorité compétente est le département de la police des étrangers (Oddelenie cudzineckej polície, souvent abrégé OCP). Les règles varient légèrement :
– Citoyens UE/EEE/Suisse : doivent signaler le début de leur séjour dans les 10 jours ouvrables suivant l’entrée et s’enregistrer s’ils restent plus de 90 jours. Pour un séjour au‑delà de trois mois, ils demandent l’enregistrement de leur résidence dans les 30 jours suivant la fin des 90 jours.
– Ressortissants de pays tiers : doivent déclarer leur présence dans les trois jours ouvrables suivant l’entrée, sauf s’ils sont hébergés dans un hôtel ou un dortoir qui se charge de la déclaration.
L’adresse que vous déclarez devient votre adresse officielle de contact. Elle est utilisée par les autorités pour toute communication et sert à la réception de votre courrier administratif.
Pièces nécessaires pour l’enregistrement d’adresse
Là encore, l’inscription suppose de présenter des justificatifs :
– Passeport ou carte d’identité en cours de validité.
– Formulaire officiel de déclaration d’adresse.
– Preuve de logement : bail, acte de propriété ou attestation d’hébergement signée par l’hébergeant.
– Parfois, documents liés au motif du séjour (contrat de travail, attestation d’études, justificatifs de ressources).
Pour les ressortissants de pays tiers logés chez un particulier, une « déclaration de mise à disposition de logement » du propriétaire est souvent requise. Elle doit être signée devant notaire, jointe à un extrait du cadastre prouvant la propriété, et parfois complétée par une attestation de la municipalité confirmant que le logement respecte les normes de surface et d’hygiène.
Les documents non rédigés en slovaque ou en anglais doivent être traduits officiellement.
Obligations après inscription
Les obligations ne s’arrêtent pas au premier rendez‑vous avec la police des étrangers. Une fois enregistré :
Les ressortissants de pays tiers et les citoyens de l’UE résidant en Slovaquie doivent déclarer tout changement dans un délai précis. Un changement d’adresse doit être signalé sous 5 jours ouvrables (ressortissants tiers) ou 10 jours (citoyens UE). Tout changement d’état civil, de nom, de nationalité ou de document de voyage doit également être notifié. La perte, le vol ou la détérioration du titre de séjour doit être déclarée dans les 5 jours. Enfin, les ressortissants de pays tiers doivent informer la police s’ils prévoient un séjour de plus de 30 jours hors de leur adresse enregistrée, ou de plus de 180 jours consécutifs hors du territoire slovaque.
Ne pas mettre à jour ces informations peut entraîner des difficultés en cas de contrôle, ou lors du renouvellement du titre.
Pourquoi l’adresse enregistrée est-elle si importante ?
L’enregistrement de l’adresse est une sorte de clé maîtresse pour beaucoup d’autres démarches :
| Démarche ou droit | Nécessité d’une adresse enregistrée ? |
|---|---|
| Souscription à l’assurance maladie publique | Oui |
| Ouverture d’un compte bancaire local | Très souvent oui |
| Inscription des enfants à l’école | Oui |
| Déclaration fiscale et détermination de la résidence fiscale | Oui |
| Droit de vote aux élections municipales (résidents permanents) | Oui |
Sans adresse officielle, on se heurte rapidement à une série de blocages pratiques : impossibilité de recevoir certains courriers, difficultés pour contractualiser un abonnement internet ou pour s’inscrire sur les listes de patients d’un médecin généraliste.
Travailler en Slovaquie : permis de travail et statut de séjour
La dimension professionnelle est l’un des principaux motifs d’installation. Là encore, les règles diffèrent radicalement selon que l’on est citoyen de l’UE ou ressortissant d’un pays tiers.
Situation des citoyens de l’UE/EEE/Suisse
Ils peuvent venir travailler sans permis de travail ni visa. Toutefois, ils doivent, comme vu plus haut, s’enregistrer après 90 jours, et déclarer leur emploi. Les employeurs ont des obligations de notification aux autorités du travail.
Pour les ressortissants de pays tiers : plusieurs régimes possibles
Pour un emploi salarié, la règle générale est la combinaison travail + résidence. Les principaux dispositifs sont :
Présentation des différents titres permettant de travailler et de résider légalement en France, adaptés à diverses situations professionnelles.
Fusionne le permis de travail et le titre de séjour temporaire pour emploi en une seule procédure simplifiée.
Souvent combiné à un titre de séjour, il est utilisé pour des cas spécifiques comme le travail saisonnier ou l’emploi familial (premiers 12 mois).
Destinée aux travailleurs hautement qualifiés, elle exige un diplôme et un salaire minimum (généralement 1,2 à 1,5 fois le salaire moyen national).
Permet d’exercer en tant qu’entrepreneur individuel ou de créer une société sur le territoire français.
La demande de permis unique se fait en général via une demande de séjour temporaire pour emploi, sans avoir à déposer séparément une demande de permis de travail. L’employeur doit néanmoins déclarer l’offre d’emploi à l’Office du travail avant le dépôt du dossier, afin de vérifier qu’aucun candidat local ne peut pourvoir le poste.
Délais, validité et renouvellement
Les permis liés à l’emploi (permis unique, permis de travail et séjour temporaire pour emploi) sont :
En principe, les titres de séjour sont accordés pour une durée maximale de deux ans et sont renouvelables. Certains traités ou accords prévoient des durées différentes, pouvant aller jusqu’à cinq ans pour certains citoyens américains. Ces titres sont conditionnés au maintien du même employeur, du même poste et du même lieu de travail. Tout changement majeur sur ces éléments doit être signalé aux autorités et peut nécessiter de recommencer la procédure.
En cas de fin d’emploi, un délai de protection d’environ 60 jours permet au titulaire d’essayer de retrouver un poste ; à défaut, le titre de séjour peut être révoqué.
Se loger en Slovaquie : marché, contrats et enjeux administratifs
La recherche de logement est à la fois un enjeu pratique et une étape administrative, puisque la preuve de logement est exigée pour la plupart des titres de séjour et pour l’enregistrement de l’adresse.
Structures et niveaux de prix
Le marché est très contrasté selon les villes. Bratislava est la plus chère, avec une offre locative tendue, notamment à cause d’une procédure de permis de construire longue qui limite l’offre. Plus de 90 % des Slovaques sont propriétaires de leur logement, ce qui réduit encore le parc locatif disponible.
À Bratislava, les fourchettes usuelles sont :
| Type de logement à Bratislava | Localisation | Fourchette indicative de loyer mensuel (hors charges détaillées) |
|---|---|---|
| Appartement 1 chambre (1‑bedroom) | Centre‑ville | 350 € – 1 200 € |
| Appartement 1 chambre | Hors centre | 260 € – 850 € |
| Appartement 3 chambres (3‑bedroom) | Centre‑ville | 518 € – 1 850 € |
| Appartement 3 chambres | Hors centre | 371 € – 1 300 € |
Les autres villes comme Košice, Prešov ou Banská Bystrica affichent des loyers nettement inférieurs. Par exemple, un appartement d’une chambre à Banská Bystrica peut se louer entre 400 € et 700 € par mois.
Les charges (électricité, gaz, chauffage, eau) ne sont pas toujours incluses dans le loyer annoncé et représentent souvent 100 à 200 € supplémentaires par mois. Dans certains contrats, internet peut être compris.
Types de logements et acteurs
Pour une installation de long terme, les options principales sont :
Plusieurs options de logement sont accessibles aux étudiants internationaux en Chine. Les locations privées concernent des studios, appartements T1, T2 ou plus grands. La colocation est possible via des sites spécialisés ou des groupes sur les réseaux sociaux. Les résidences étudiantes (dortoirs) proposent des tarifs très abordables, généralement entre 60 € et 180 € par lit et par mois, selon la ville et le niveau de confort. Enfin, des appartements destinés aux chercheurs ou invités universitaires sont parfois disponibles, souvent situés dans ou à proximité des dortoirs.
Les canaux de recherche incluent de très nombreux portails immobiliers locaux, des groupes Facebook d’expatriés ou d’étudiants, et des agences immobilières. Les agences facturent en général une commission équivalente à un mois de loyer dans la capitale (à la charge du propriétaire ou du locataire selon les pratiques locales).
Dépôt de garantie, contrat et pièges à éviter
L’accès au logement nécessite souvent un apport initial conséquent. À Bratislava notamment, il est courant de devoir avancer :
– Le dépôt de garantie, souvent 1 à 2 mois de loyer, parfois plus.
– Le premier mois de loyer.
Nombre de mois de loyer que certains propriétaires exigent comme trésorerie immédiate lors de la location d’un logement.
Le contrat de location doit préciser le montant du loyer, la part des charges, la durée du bail et les conditions de révision (indexation potentielle sur l’inflation). Les charges sont parfois plafonnées avec régularisation annuelle en fonction de la consommation réelle.
Pour sécuriser la transaction, deux réflexes s’imposent :
– Vérifier l’identité réelle du propriétaire grâce au portail cadastral slovaque, qui répertorie les propriétaires légaux des biens.
– Se méfier des annonces trop belles pour être vraies, des prix anormalement bas ou des interlocuteurs refusant de se rencontrer ou de montrer le bien avant paiement.
Système de santé et assurances : ce qu’il faut faire en arrivant
La Slovaquie fonctionne avec un système d’assurance maladie obligatoire, distinct de la sécurité sociale. Toute personne résidant de manière durable doit se situer dans l’un des deux cadres suivants :
– Assurance maladie publique (obligatoire pour la plupart des résidents permanents et pour les salariés).
– Assurance commerciale privée (pour ceux qui ne remplissent pas les critères d’affiliation publique, par exemple certains étudiants ou ressortissants de pays tiers en début de séjour).
Assurance publique : qui est obligé, qui est couvert ?
L’assurance publique est en principe obligatoire pour toute personne disposant d’un séjour permanent en Slovaquie. Elle est également accessible, même sans séjour permanent, dans plusieurs situations :
– Emploi légal en Slovaquie avec un revenu au moins égal au salaire minimum.
– Travailleur indépendant autorisé et titulaire d’un titre de séjour.
– Étudiant en provenance d’un autre pays de l’UE, ou étudiant étranger dans le cadre d’un accord international.
– Personnes ayant obtenu l’asile, certaines catégories de mineurs, bénéficiaires de bourses spécifiques, etc.
Le système est financé par des cotisations. Pour les salariés, elles sont partagées entre l’employeur et l’employé. Les travailleurs indépendants paient leurs cotisations directement. L’État prend en charge les cotisations pour certaines catégories spécifiques : les étudiants à plein temps, les chômeurs inscrits, les bénéficiaires de certaines prestations sociales et les personnes sous protection.
Les trois caisses d’assurance publiques sont :
| Nom de l’assureur | Statut |
|---|---|
| Všeobecná zdravotná poisťovňa (VsZP) | Publique |
| Dôvera zdravotná poisťovňa | Privée |
| Union zdravotná poisťovňa | Privée |
La couverture de base est la même par la loi, mais chaque caisse propose des avantages complémentaires différents (services en ligne, programmes de prévention, etc.). On ne peut changer de caisse qu’une fois par an, avec une demande avant le 30 septembre pour un effet au 1er janvier suivant.
Assurance privée : indispensable pour certains profils
Les personnes qui ne peuvent pas entrer immédiatement dans le système public doivent souscrire une assurance commerciale, souvent exigée lors de la demande de visa ou de séjour pour les non‑EU. Elle doit couvrir les soins en Slovaquie et être parfois traduite en slovaque par un traducteur assermenté. Ce schéma est courant pour :
– Les étudiants non européens hors accords spécifiques.
– Certains chercheurs invités sans contrat de travail local.
– Les membres de famille en cours de regroupement.
Le fonctionnement standard d’une assurance santé est que l’assuré avance les frais médicaux puis se fait rembourser selon les termes de son contrat. Parallèlement, il existe des produits spécifiques conçus pour certaines populations, comme des polices dédiées aux citoyens ukrainiens offrant par exemple des primes journalières.
Démarches d’inscription et accès aux soins
Dès qu’une personne devient éligible à l’assurance publique (par exemple à l’obtention du séjour permanent ou au début de l’emploi), elle doit s’enregistrer auprès d’une caisse dans les 8 jours. L’enregistrement n’est pas automatique.
L’assureur délivre ensuite une carte d’assurance maladie, à présenter chez les médecins ayant conventionnement avec la caisse concernée. Il est recommandé de :
– S’enregistrer auprès d’un médecin généraliste (všeobecný lekár) dans sa zone de résidence.
– Vérifier avant tout rendez‑vous que le professionnel est bien sous contrat avec sa caisse ; sinon, le patient risque de payer intégralement la prestation.
Les délais pour un spécialiste peuvent varier d’une poignée de jours à plusieurs semaines. Les dentistes sont en grande partie privés ; la caisse ne rembourse qu’une part limitée (par exemple les soins de base et certains actes préventifs).
L’urgence médicale est accessible via le 112 ou le 155. Les services d’urgence ne peuvent pas refuser un patient en situation vitale. Une petite participation (de l’ordre de quelques euros) peut être due même avec une assurance publique.
Banque, impôts et fiscalité : structurer sa vie financière
S’installer durablement en Slovaquie suppose d’entrer dans le système bancaire local et de comprendre au moins les grandes lignes de la fiscalité.
Ouvrir un compte bancaire : conditions et documents
Le système bancaire slovaque est majoritairement contrôlé par de grands groupes internationaux et est considéré comme stable au sein de la zone euro. Les banques offrent les services habituels : comptes courants, cartes bancaires, banque en ligne, crédits, etc.
Les démarches d’ouverture de compte se font en général en agence, même si certaines banques ou acteurs 100 % en ligne permettent une procédure à distance. Dans la plupart des cas, un étranger devra présenter :
– Une pièce d’identité avec photo (passeport ou carte nationale d’identité).
– Un justificatif d’adresse (bail, facture de services publics).
– Éventuellement un titre de séjour ou un contrat de travail, surtout pour les ressortissants de pays tiers.
– Un formulaire d’ouverture rempli, et parfois un spécimen de signature.
Il n’existe pas d’interdiction légale pour un étranger d’ouvrir un compte en Slovaquie. Cependant, chaque banque applique sa propre politique de risque. Certaines peuvent refuser les non-résidents ou exiger des justificatifs supplémentaires, comme une preuve de lien avec le pays (contrat de travail, acte de propriété ou certificat d’inscription universitaire).
Les frais mensuels de tenue de compte tournent souvent autour de 5 à 10 €, avec des offres gratuites sous conditions (revenu minimal, jeune, étudiant, etc.). Les retraits dans les distributeurs de la même banque sont généralement gratuits, mais des frais (1 à 5 €) s’appliquent pour les retraits dans des distributeurs d’autres banques.
Quand devient‑on résident fiscal slovaque ?
Au‑delà des titres de séjour, la question fiscale est cruciale. On est considéré comme résident fiscal slovaque si l’une des conditions suivantes est remplie :
– Avoir une résidence permanente en Slovaquie.
– Séjourner physiquement au moins 183 jours dans l’année civile (sauf quelques exceptions : soins médicaux, études, travail transfrontalier quotidien).
– Avoir en Slovaquie une résidence non occasionnelle et l’intention manifeste d’y vivre durablement (liens personnels et économiques).
Les résidents fiscaux sont imposés sur l’ensemble de leurs revenus mondiaux. Les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source slovaque (ex: salaires pour un travail en Slovaquie, revenus locatifs d’un bien dans le pays). Des conventions de non-double imposition, signées avec de nombreux pays, peuvent préciser ou atténuer cette règle générale.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
Le système est progressif. Les principaux paramètres récents sont les suivants :
| Élément | Montant / Taux indicatif |
|---|---|
| Taux d’imposition de base | 19 % sur la part de revenu imposable jusqu’à un certain seuil |
| Taux supérieur | 25 % sur la part excédant ce seuil |
| Seuil pour le taux supérieur | Environ 48 441,43 € de revenu imposable annuel |
| Taux spécifique pour certains indépendants | 15 % jusqu’à un plafond de chiffre d’affaires (ex. 100 000 €) |
| Taxation de certains intérêts | 19 % forfaitaire |
| Dividendes (résidents) | Entre 7 % et 10 % selon l’exercice, 35 % si versés depuis un État non conventionné |
Les salaires, primes, avantages en nature, logement de fonction, voiture de société pour usage privé ou indemnités de relocation sont inclus dans l’assiette imposable. Les cotisations sociales et de santé obligatoires sont en général déductibles.
Des abattements personnels existent (par exemple une déduction personnelle maximale pour les revenus modestes, déduction pour conjoint à charge, bonus fiscal pour les enfants, etc.), mais leur bénéfice complet implique souvent que la majeure partie des revenus mondiaux soit de source slovaque.
Un salarié rattaché au système slovaque contribue, avec son employeur, à la sécurité sociale et à l’assurance maladie. À titre indicatif :
C’est le pourcentage total des cotisations sociales prélevées sur le salaire brut, incluant la part salariale et la part patronale.
Il existe un plafond pour la base de calcul de certaines cotisations sociales, mais pas pour l’assurance maladie. Les règles de coordination européennes (formulaire A1) permettent parfois aux expatriés intra‑UE de rester affiliés dans leur pays d’origine, selon la situation.
TVA et autres prélèvements
Pour les personnes qui se lancent dans une activité économique (freelance, entrepreneur, société), la TVA entre en jeu. Le taux standard est de 20 %, avec des taux réduits à 10 % (et parfois 5 %) sur certains biens et services (produits médicaux, denrées de base, presse, certaines prestations d’hébergement…).
Les étrangers sans établissement en Slovaquie qui fournissent des services ou vendent des biens sur le territoire peuvent devoir se faire enregistrer à la TVA avant le début de l’activité, et déposer des déclarations périodiques en ligne.
La Slovaquie ne connaît pas d’impôt sur la fortune, ni de droits de succession ou de donation spécifiques, mais les propriétaires immobiliers s’acquittent d’un impôt foncier municipal (calculé au mètre carré, avec des tarifs variables selon la commune et le type de bien).
Même si une part importante des jeunes urbains parle anglais, le slovaque reste la langue de l’administration, du monde du travail hors grandes entreprises internationales et de la vie quotidienne.
Pourquoi le slovaque est devenu encore plus important
Outre le simple confort de vie (médecin, pharmacie, administration, supermarché, voisins), la maîtrise de la langue prend une dimension juridique avec l’introduction de l’exigence de niveau A2 pour la demande de séjour de longue durée. Par ailleurs, de nombreux employeurs, même dans les services, exigent au minimum une compréhension opérationnelle du slovaque, surtout pour des postes en contact direct avec le public ou les équipes locales.
Les enfants scolarisés dans le système public suivent l’enseignement en slovaque. Pour les adultes, l’offre de cours est variée : elle inclut des formations dans les universités, les écoles de langues publiques ou privées, ainsi que des formations en ligne. Des cours gratuits sont également disponibles via certaines organisations, comme le centre d’information pour migrants de l’OIM.
Types de cours et structures existantes
Les options s’étendent des cours intensifs universitaires aux plateformes en ligne gratuites. Certaines formations associent langue et orientation socio‑culturelle, en abordant les démarches administratives (séjour, santé, logement, emploi) à travers des modules thématiques. D’autres, privées, proposent des formats souples pour professionnels (cours du soir, classes virtuelles, cours individuels).
Comme les démarches de long séjour imposent de plus en plus de formalités en slovaque, suivre ces cours ne relève plus seulement du « plus » pour l’intégration, mais d’une stratégie à moyen terme pour sécuriser sa situation administrative.
Conclusion : anticiper, planifier, s’entourer
Vivre en Slovaquie implique de naviguer dans un ensemble de procédures cohérentes mais techniques : choix du bon titre de séjour, collecte de documents souvent à l’étranger (casier judiciaire, apostilles), recherche de logement pour prouver l’hébergement et enregistrer une adresse, inscription à l’assurance maladie, ouverture d’un compte bancaire, compréhension des règles fiscales et sociales.
La clé pour éviter les mauvaises surprises est d’anticiper :
Pour une demande de titre de séjour en France, il est crucial de commencer tôt la collecte des pièces longues à obtenir, comme le casier judiciaire, les traductions ou les attestations médicales. Il faut également vérifier systématiquement les exigences spécifiques à sa propre catégorie (étudiant, salarié, entrepreneur, membre de famille, chercheur, ressortissant UE ou non‑UE). Enfin, il est recommandé de s’appuyer sur les informations officielles (ministère de l’Intérieur, police des étrangers, caisses d’assurance santé) et, si besoin, sur des professionnels comme des avocats, des services de relocation ou des associations d’aide aux migrants.
En combinant préparation administrative, apprentissage progressif de la langue et compréhension du cadre juridique, l’installation durable en Slovaquie devient nettement plus fluide, et permet de profiter pleinement de la vie quotidienne dans ce pays d’Europe centrale.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer en Slovaquie, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Slovaquie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Slovaquie pour sa fiscalité modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie inférieur à la France (Bratislava ~30% moins chère que Paris) et son appartenance à la zone euro, offrant stabilité monétaire et accès UE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat de résidence principale, coordination caisse maladie locale/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, immigration, francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), permettant plus de 50% d’économies fiscales sur ses revenus et placements, tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux, convention FR‑SK, adaptation culturelle).
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