Poursuivre des études supérieures à l’étranger en République Tchèque : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Étudier à l’étranger attire de plus en plus d’étudiants francophones. Parmi les destinations européennes, en République Tchèque occupe une place à part : universités historiques, coût de la vie raisonnable, diplômes reconnus dans toute l’Union européenne et offre massive de programmes en anglais. Mais derrière cette image séduisante se cachent aussi des démarches administratives rigoureuses, des différences de coût selon les villes, et un élément décisif que beaucoup sous-estiment : la langue tchèque.

Bon à savoir :

Ce guide pratique détaille les étapes clés pour organiser un projet d’études supérieures en République Tchèque. Il couvre le choix de la ville, l’établissement d’un budget, les possibilités de bourses, les autorisations de travail pour étudiants et les méthodes pour apprendre la langue tchèque. Le processus administratif, incluant la demande de visa, est également expliqué. Les conseils sont étayés par des données chiffrées et des exemples concrets.

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Pourquoi choisir de faire ses études supérieures en République Tchèque ?

En République Tchèque coche plusieurs cases très recherchées par les étudiants internationaux. Membre de l’Union européenne, le pays bénéficie d’un cadre académique harmonisé (système LMD, crédits ECTS, reconnaissance européenne des diplômes) tout en affichant des coûts nettement plus bas que la majorité des pays d’Europe de l’Ouest.

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Nombre total d’établissements d’enseignement supérieur en République tchèque, incluant universités et écoles spécialisées.

La combinaison de plusieurs facteurs explique cet engouement : coût de la vie relativement bas, forte présence d’entreprises internationales, cadre de vie sûr, transports efficaces, et position centrale en Europe, qui permet de voyager facilement vers l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Slovaquie ou la Hongrie.

Diplômes européens et enseignement orienté “emploi”

Le système d’enseignement supérieur suit le schéma classique licence–master–doctorat adopté dans le cadre du processus de Bologne. La majorité des masters “classiques” durent deux ans (120 ECTS), avec aussi des cursus intégrés longs (droit, médecine, certaines formations d’enseignants) qui s’étendent sur 4 à 6 ans.

Attention :

Les universités publiques mettent l’accent sur la qualité académique et la professionnalisation, avec des infrastructures modernes, un corps professoral qualifié et des liens étroits avec les entreprises. Cette approche vise à préparer les étudiants au marché international du travail et se traduit par un taux d’insertion très élevé : jusqu’à 95 % des diplômés trouvent un emploi sans difficulté et environ 85 % sont embauchés dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme.

Comprendre le paysage universitaire tchèque

Le système distingue les universités publiques, les deux universités d’État (défense et police) et un vaste réseau d’universités privées. L’ensemble est supervisé par le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports.

Parmi les établissements les plus souvent cités pour les études en anglais :

Universités en République tchèque

Une sélection d’établissements d’enseignement supérieur renommés en République tchèque, incluant des universités publiques et privées.

Université Charles (Prague)

La plus ancienne et plus grande université du pays, fondée en 1348, offrant un large éventail de programmes.

Université Masaryk (Brno)

Deuxième plus grande université tchèque, réputée pour sa recherche et ses facultés de droit et de médecine.

Université technique tchèque de Prague (CTU)

Principale université technique du pays, spécialisée dans l’ingénierie, l’architecture et les sciences appliquées.

Université d’économie de Prague (VŠE)

Plus grande université économique en République tchèque, offrant des programmes en commerce, finance et gestion.

Université technique de Brno

Établissement technique majeur en Moravie, axé sur l’ingénierie, les technologies de l’information et les sciences naturelles.

Université Palacký d’Olomouc

Seconde plus ancienne université du pays, reconnue pour ses facultés de lettres, de pédagogie et de médecine.

Université tchèque des sciences de la vie de Prague

Spécialisée dans l’agriculture, l’environnement, la foresterie et les sciences biologiques connexes.

Université de Bohême du Sud

Située à České Budějovice, elle se concentre sur les sciences naturelles, l’éducation, les sciences humaines et la théologie.

Université technique de Ostrava – VSB

Université technique clé en Moravie-Silésie, forte dans les domaines minier, métallurgique et économique.

Université anglo-américaine (AAU)

Première université privée de langue anglaise à Prague, offrant des programmes en arts libéraux et en affaires.

Université de New York à Prague (UNYP)

Établissement privé proposant des programmes d’études en anglais, souvent en partenariat avec des universités américaines et européennes.

Université métropolitaine de Prague

Université privée proposant des programmes en relations internationales, études médiatiques et sciences sociales.

Les domaines couverts sont extrêmement variés : ingénierie, informatique, économie et gestion, relations internationales, sciences naturelles, santé, sciences sociales, architecture, design, droit, arts, communication, tourisme, etc.

Exemple focalisé : Czech Technical University in Prague

Czech Technical University illustre bien le haut niveau des études techniques en République Tchèque. Fondée en 1707, elle est considérée comme la plus ancienne université technique d’Europe. Elle compte huit facultés (génie civil, mécanique, électrique, nucléaire et physique, architecture, transports, biomédical, informatique) ainsi que plusieurs instituts de recherche.

Exemple :

L’établissement, qui accueille environ 22 000 étudiants dont plus de 3 000 internationaux originaires de 117 pays, illustre une forte attractivité mondiale. Il propose une offre académique étendue avec plus de 130 programmes en tchèque et plus de 80 en anglais. Reconnu pour son excellence, il se positionne autour de la 400e place dans les classements mondiaux et se classe régulièrement numéro 1 en République Tchèque dans les disciplines d’ingénierie et d’architecture selon les classements par matière.

Ses liens avec l’industrie sont très développés : coopération avec Siemens, Bosch, Skoda-Volkswagen, Toyota, Honeywell, ABB, Microsoft, etc. De nombreux diplômés travaillent dans ces entreprises ou fondent leurs propres sociétés technologiques.

Étudier en anglais ou en tchèque : un choix stratégique

Le choix de la langue d’enseignement conditionne à la fois le montant des frais de scolarité et l’intégration sur place.

Dans les universités publiques, les études en langue tchèque sont gratuites pour tous, y compris les étrangers. En revanche, tout programme en langue étrangère (anglais, parfois français ou allemand) est payant, que ce soit dans le public ou le privé.

22000

Frais annuels maximum pour certains programmes en anglais très spécialisés en France, pouvant atteindre environ 21 000 à 22 000 euros.

Exemples chiffrés de frais de scolarité

Certains chiffres donnent un ordre de grandeur plus précis :

Université / programmeNiveauLangueFrais annuels indicatifs
Programmes médicaux à Charles UniversityMaster longAnglais~300 000 CZK (~13 000 €)
Économie / informatique à Masaryk UniversityMasterAnglais100 000–200 000 CZK (~4 400–8 800 €)
Programmes en anglais – plage générale (public/privé)Bachelor/MasterAnglais3 000–10 000 € (cas fréquents)
Programmes publics en tchèqueTousTchèqueGratuit (hors frais administratifs)

À l’inverse, certains établissements particulièrement subventionnés ou à vocation spécifique affichent des frais très bas, voire nuls pour certains publics étrangers, ce qui justifie de comparer finement les offres.

La voie “zéro frais” : apprendre le tchèque

Pour bénéficier de la gratuité à l’université publique, il faut étudier en tchèque. Cela suppose d’atteindre au minimum le niveau B2 du Cadre européen (et parfois C1 pour la médecine). Ce niveau correspond à environ 500–600 heures de cours intensifs, généralement concentrées sur une année préparatoire.

Astuce :

De nombreuses universités et écoles de langue proposent des préparations linguistiques, souvent accompagnées d’un module de mise à niveau dans la discipline visée (maths, sciences, terminologie médicale, économie, etc.). Le coût annuel de ces formations oscille généralement entre 2 700 et 5 000 €, selon la ville et l’intensité du programme. Cet investissement initial peut ensuite permettre de suivre plusieurs années d’études supérieures sans frais de scolarité.

Combien coûte la vie étudiante en République Tchèque ?

Globalement, le coût de la vie est présenté comme “abordable” à l’échelle européenne, mais il varie fort selon les villes et le type de logement. Plusieurs sources convergent vers un budget mensuel étudiant compris entre 350 et 750 € (ou 300–700 €), incluant logement, alimentation, transports, dépenses personnelles et quelques loisirs.

Comparaison de coûts mensuels par ville (colocation, en CZK)

Le tableau ci-dessous synthétise des estimations moyennes par mois pour un étudiant en colocation :

VilleLogement (coloc)NourritureTransportsCharges (élec, chauffage, eau…)Total mensuel estimé
Prague10 000–20 0005 000–8 000200–5502 000–4 00017 200–32 550
Brno8 000–15 0004 500–7 000200–5501 800–3 50014 500–26 050
Ostrava6 000–10 0004 000–6 000130–4001 500–3 00011 630–19 400
Plzeň7 000–12 0004 000–6 500150–4501 700–3 20012 850–22 150
Olomouc6 500–11 0004 000–6 000130–4001 600–3 00012 230–20 400

En prenant comme repère un taux de change de 26 CZK pour 1 €, cela situe un budget courant autour de 430–700 € par mois pour la plupart des villes universitaires, Prague étant la plus chère.

Bon à savoir :

Les premiers mois nécessitent souvent une marge budgétaire supérieure, estimée entre 800 et 1 500 €, pour couvrir des dépenses spécifiques comme la caution du logement, l’achat de vaisselle, de linge de lit, d’équipements de base et éventuellement de vêtements d’hiver adaptés.

Se loger : dortoirs universitaires, colocation ou studio ?

Le logement est l’élément le plus déterminant dans le budget. Trois options principales s’offrent aux étudiants étrangers : la résidence universitaire, la colocation dans un appartement privé ou le studio individuel.

Résidences universitaires

La plupart des universités publiques gèrent leurs propres dortoirs. Les chambres sont généralement partagées (deux lits) avec salle de bain privée, commune à deux chambres, ou parfois à l’étage. Kitchenette ou cuisine commune, connexion internet, charges et souvent Wi-Fi sont inclus dans le loyer.

Les prix restent, de loin, la solution la plus économique :

Type de logement en dortoir publicPrix indicatif mensuel
lit en chambre partagée (corridor bathroom)~4 500 CZK
chambre individuelle (corridor bathroom)~6 000 CZK
chambre double en “flat cell” (sdb partagée)~7 000 CZK
chambre simple en “flat cell”~8 000 CZK
fourchette générale dortoir public150–260 €

Dans certains calculs récents, un lit en chambre partagée en dortoir d’université est estimé autour de 125 €/mois, avec des variations selon la ville (Prague avoisine 8 700 CZK pour une chambre double dans certains cas, Brno environ 6 600 CZK, d’autres villes entre 5 400 et 6 100 CZK).

600

C’est le prix mensuel maximum pour une résidence étudiante privée, généralement plus moderne et mieux située.

Colocation et appartements privés

Louer une chambre dans un appartement partagé est l’option la plus répandue après les dortoirs. Le coût dépend très fortement du quartier et de la ville :

Type de logement privéPrix indicatif mensuel
chambre en colocation~7 000 CZK (≥ 205 €)
studio / 1 pièceà partir de 15 000 CZK (~370 €)
1 chambre en centre-ville500–1 000 €
1 chambre hors centre420–750 €
3 pièces centre-ville730–1 900 €
3 pièces hors centre630–1 500 €

Les studios à Prague dépassent fréquemment les 15 000 CZK mensuels, ceux de Brno tournant souvent autour de 12 000–13 000 CZK. Les prix ont nettement augmenté ces dernières années, ce qui pousse certains étudiants à vivre en périphérie et à faire la navette, avec parfois 3 000–5 000 CZK de différence de loyer.

Les colocations sont particulièrement populaires pour réduire les coûts et bénéficier d’une ambiance internationale. Il faut toutefois ajouter les charges (électricité, chauffage, eau, internet) qui représentent en moyenne 3 500–5 000 CZK par mois pour un petit appartement, plus en hiver.

Coût de la vie quotidienne : nourriture, transports, loisirs

L’alimentation représente en moyenne 150–250 € par mois. Manger régulièrement au restaurant fait rapidement grimper la facture, mais les cantines universitaires restent bon marché : un repas y coûte environ 1,90 € ou 70 CZK. Dans un petit restaurant, un plat du jour tourne autour de 160 CZK (~5,3 €). Une bière à un bar se trouve autour de 40 CZK, un ticket de cinéma vers 150 CZK.

10

Le forfait étudiant mensuel pour les transports à Prague coûte environ 10 €.

Les loisirs restent abordables : 40–100 € par mois pour quelques sorties (cinéma, concerts, musées, salle de sport). Les randonnées, balades, “nuit des musées” ou événements gratuits complètent l’offre.

Visa étudiant et démarches administratives

Les formalités diffèrent selon que l’on est citoyen de l’Union européenne/EEE/Suisse ou ressortissant d’un pays tiers.

Étudiants UE/EEE/Suisse

Les citoyens européens et assimilés n’ont pas besoin de visa pour étudier. Ils doivent toutefois déclarer leur résidence si le séjour dépasse 30 jours et se munir d’une assurance santé valable (carte européenne d’assurance maladie ou couverture privée).

Étudiants hors UE/EEE

Pour un séjour d’études de plus de 90 jours, un visa long séjour ou un permis de résidence longue durée pour études est obligatoire. On distingue :

le visa de long séjour pour études, valable jusqu’à un an, extensible dans la limite de 12 mois au total ;

le permis de séjour de longue durée pour études, destiné aux programmes plus longs.

Attention :

La demande doit généralement être déposée en personne à l’ambassade ou au consulat tchèque compétent. L’envoi par courrier n’est autorisé que dans des cas limités pour certaines nationalités, l’exigence principale restant la présence physique.

Le délai de traitement est en principe de 60 jours, mais peut monter à 90 jours. Les ambassades peuvent restreindre le nombre de dossiers acceptés chaque mois, ce qui crée parfois plusieurs mois d’attente pour obtenir un rendez-vous.

Documents principaux à fournir

Tous les documents (sauf passeport et preuves de fonds) doivent être présentés en tchèque ou accompagnés d’une traduction certifiée, en original ou copie légalisée, et datés de moins de 180 jours au moment du dépôt. Il faut en général fournir deux jeux complets.

Les pièces clés sont : les éléments essentiels du projet.

passeport valide (au moins 3 mois après la fin du séjour, émis depuis moins de 10 ans, avec 2 pages libres) ;

– formulaire de demande rempli lisiblement en lettres capitales (en indiquant comme motif “études” pour un programme accrédité) ;

– photos d’identité récentes ;

– lettre d’admission officielle de l’université ou de l’école ;

– preuve de logement (contrat de location, attestation de dortoir, autorisation du propriétaire) ;

– preuve de ressources financières suffisantes ;

assurance santé couvrant l’ensemble du séjour, avec une couverture minimale de 60 000 € ;

– extrait de casier judiciaire ou attestation équivalente ;

– reçu du paiement des frais de visa.

Le tarif du visa long séjour est d’environ 2 500 CZK (≈ 100 €), à régler en monnaie locale selon le pays.

Montant minimal de ressources

Pour le visa, l’administration calcule un plancher financier à partir d’un “minimum existentiel” (environ 3 130 CZK/mois dans les documents consultés). La règle indiquée est :

– pour le premier mois de séjour : 15 fois ce minimum ;

– pour chaque mois suivant : 2 fois ce minimum.

Ainsi, pour un séjour de 4 mois, l’exemple donné est un minimum de 65 730 CZK, soit autour de 3 000 USD selon le taux de change. Les preuves peuvent prendre la forme d’un relevé bancaire, d’une lettre de garantie d’un sponsor, d’un justificatif de bourse, etc.

Après l’arrivée

Dans les trois jours ouvrables suivant l’arrivée, les étudiants doivent se déclarer à la police des étrangers ou au bureau du ministère de l’Intérieur, sauf s’ils résident en dortoir universitaire, auquel cas l’enregistrement est effectué par l’établissement. Il est ensuite impératif de signaler tout changement d’adresse, de passeport ou de statut d’étudiant.

Conditions d’admission et calendrier universitaire

L’année universitaire est découpée en deux semestres : semestre d’hiver (fin septembre/début octobre – janvier, examens en janvier) et semestre de printemps (février – fin mai, examens en juin). La rentrée de septembre-octobre est l’intake principal, même si certaines facultés acceptent des entrants en février.

Les dates limites de candidature varient beaucoup d’une université à l’autre et même d’une faculté à l’autre. De manière générale :

– pour une rentrée d’automne, les candidatures s’ouvrent 9 à 12 mois avant, avec des deadlines souvent situées entre février et avril ;

– pour une rentrée de printemps, les candidatures sont plutôt déposées avant octobre–novembre de l’année précédente.

Astuce :

En plus des délais universitaires, prévoyez le temps nécessaire pour la reconnaissance de vos diplômes (nostrification), l’obtention de la lettre d’admission, la prise de rendez-vous à l’ambassade et le traitement du visa. Dans la pratique, il est prudent de commencer à se renseigner 10 à 12 mois avant la rentrée visée.

Exigences académiques

Pour l’accès :

– en licence : diplôme de fin d’études secondaires reconnu comme équivalent au baccalauréat tchèque ;

– en master : licence/bachelor reconnu ;

– en doctorat : master reconnu.

La reconnaissance (nostrification) est une étape souvent longue, gérée par des autorités tchèques ou directement par certaines universités pour les diplômes du supérieur. Certains pays voisins bénéficient de procédures simplifiées pour le secondaire.

Bon à savoir :

Le dossier d’inscription peut inclure un formulaire en ligne, des frais de dossier (environ 20–60 €), des relevés de notes, un CV, une lettre de motivation, des lettres de recommandation et, selon la filière, un portfolio (pour l’art et le design) ou un mémoire de licence pour une entrée en master. Des entretiens ou examens d’entrée, parfois organisés en ligne, sont fréquents, notamment dans les filières sélectives.

Niveau de langue requis

Pour un programme en anglais, les universités exigent généralement un niveau B2 au minimum, attesté par un test standardisé :

IELTS à partir de 5,5–6,0 ;

TOEFL iBT autour de 70–90 ;

Cambridge FCE/CAE/CPE, PTE, Duolingo, selon les établissements.

Les tests doivent souvent dater de moins de deux ans. Les natifs anglophones ou les étudiants ayant obtenu un diplôme complet en anglais peuvent être exemptés sur justificatif.

Pour un programme en tchèque, il faut prouver un niveau B2 ou C1, en réussissant un examen officiel de langue tchèque (Czech Language Certificate Exam, ou examen d’État dans une école reconnue).

Travailler pendant ses études : règles et opportunités

Travailler en parallèle de ses études est très répandu en République Tchèque. Cependant, les conditions diffèrent nettement selon la nationalité et le type de séjour.

Étudiants citoyens de l’UE/EEE/Suisse

Ils ont les mêmes droits que les Tchèques sur le marché du travail : aucun permis spécial n’est exigé, quel que soit le volume horaire. Seule obligation : déclarer sa résidence si le séjour dépasse 30 jours.

Étudiants de pays tiers

La situation est plus nuancée mais moins restrictive qu’on ne le croit souvent.

Bon à savoir :

Les étudiants à temps plein dans un programme accrédité bénéficient d’un accès large au travail sans permis spécifique, leur employeur devant simplement informer le service public de l’emploi. Les autres étudiants (échanges, cours non accrédités, etc.) peuvent travailler sans permis uniquement de manière limitée (7 jours consécutifs ou 30 jours annuels sous 26 ans). Au-delà, un permis de travail, une carte employé ou une carte bleue UE est obligatoire.

Contrairement à une croyance tenace, la loi actuelle ne fixe plus de limite stricte de 20 heures par semaine pour les étudiants. Cette règle a existé mais a été supprimée. En pratique, il reste conseillé de ne pas dépasser un temps partiel raisonnable (environ 20 heures) pour préserver la réussite académique.

Salaire et types de contrats

Le salaire minimum brut est d’environ 18 900 CZK par mois pour un temps plein (40 h) ou 112,50 CZK de l’heure. L’horaire courant pour un job étudiant se situe plutôt entre 150 et 200 CZK de l’heure. Le salaire brut moyen dans le pays avoisine 42 600 CZK.

Les contrats les plus fréquents :

Exemple :

Le marché du travail tchèque propose plusieurs formes de contrats. Le contrat de travail classique, à temps plein ou partiel, est le cadre le plus protecteur pour le salarié. Pour des emplois occasionnels, l’accord sur l’exécution d’un travail (DPP) est très répandu pour les petits jobs, limité à 300 heures par an chez un même employeur. Pour un temps partiel plus régulier, l’accord sur l’activité de travail (DPČ) est adapté, avec une limite moyenne de 20 heures par semaine.

Tous les contrats doivent être écrits et respecter le salaire minimum. Le droit du travail tchèque protège l’ensemble des salariés, quelle que soit leur nationalité.

Types de jobs pour étudiants étrangers

Les possibilités varient selon le niveau de tchèque. Avec peu ou pas de tchèque, les secteurs suivants recrutent fréquemment :

centres de services internationaux (IT, support client multilingue, back-office) ;

enseignement de langues (anglais surtout, mais aussi français dans certains cas) ;

– hôtellerie-restauration dans les zones touristiques ;

– jobs sur le campus : assistant de bibliothèque, aide administrative, support informatique, “student ambassador” ;

– travail en ligne : rédaction, graphisme, développement web, community management, traduction, via des plateformes type Upwork, Freelancer, Fiverr.

Avec un niveau de tchèque intermédiaire ou avancé, le champ s’élargit aux commerces, banques, agences, services de santé, administrations locales, etc.

La plupart des universités disposent d’un centre de carrière qui aide à rédiger un CV “à la tchèque”, prépare aux entretiens et organise des rencontres avec les entreprises.

Après le diplôme : rester travailler en République Tchèque

Les perspectives d’emploi après les études sont un des grands atouts du pays. L’économie est dynamique, le taux de chômage parmi les plus bas d’Europe, et certains secteurs (IT, ingénierie, industrie, finance, santé, R&D) font face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Une fois diplômé d’un programme accrédité, un étudiant international bénéficie d’un accès facilité au marché du travail. Il peut notamment demander un permis de séjour de longue durée pour recherche d’emploi ou création d’entreprise, d’une durée d’environ 9 mois. Ce délai sert à trouver un poste et basculer ensuite sur :

une Employee Card (permis de travail et de séjour lié à un poste et un employeur) ;

une Carte bleue EU pour des emplois très qualifiés.

Bon à savoir :

Après plusieurs années de résidence continue (généralement 5 ans, les années d’études comptant pour moitié), il est possible de demander un permis de séjour permanent, puis éventuellement la citoyenneté, à condition de réussir un examen de langue tchèque.

L’estimation des salaires annuels de début de carrière pour les diplômés se situe entre 15 000 et 30 000 € selon le secteur. Les fonctions IT, ingénieur, finance ou juridique figurent parmi les mieux rémunérées, avec des salaires pouvant atteindre ou dépasser 40 000–60 000 CZK mensuels pour des profils expérimentés.

Bourses et financements possibles

Même si la vie étudiante est relativement abordable, cumuler frais de scolarité, vie quotidienne et déplacements représente un investissement important. Un éventail de bourses permet toutefois de réduire la facture, en particulier pour les étudiants originaires de certains pays.

Bourses du gouvernement tchèque

Un programme emblématique de la coopération au développement tchèque existe depuis la fin des années 1950. Il a déjà permis à plus de 20 000 étudiants étrangers de réaliser des études complètes dans les universités publiques du pays.

Bon à savoir :

Ce programme de bourses, géré par les ministères de l’Éducation et des Affaires étrangères, est destiné aux candidats originaires de pays en développement. Il finance des études en République tchèque, principalement en langue tchèque (avec une année préparatoire de langue incluse). Pour certains profils spécifiques, des formations au niveau master ou doctorat dispensées en anglais sont également éligibles au financement.

Les bourses couvrent en général la durée standard du programme, exonèrent des frais de scolarité, versent une allocation mensuelle pour les dépenses courantes et soutiennent éventuellement l’assurance santé. L’éligibilité dépend du pays d’origine et du niveau d’études (licence, master, doctorat).

Autres dispositifs de bourses

De nombreux autres mécanismes existent :

Financements pour étudier en République tchèque

Plusieurs programmes de bourses et d’échanges permettent de financer un séjour d’études en République tchèque, de l’échange au doctorat.

Programmes européens

Financement via Erasmus+ pour des semestres d’échange, masters conjoints ou stages.

Bourses Visegrad

Bourses pour master et doctorat destinées aux étudiants d’Europe centrale et orientale.

Bourses régionales

Exemple : le South Moravian Centre for International Mobility (JCMM) offre jusqu’à 7 000 CZK/mois pour des masters et doctorats en tchèque à Brno.

Programmes bilatéraux

Accords intergouvernementaux permettant d’étudier gratuitement dans une université tchèque avec une bourse mensuelle.

Bourses universitaires

Bourses de mérite, allocations sociales ou de logement, et aides à la mobilité proposées par les universités.

Programme Václav Havel

Aide spécifique pour les étudiants confrontés à des répressions politiques.

La plupart de ces bourses ont des dates limites très anticipées, souvent situées entre septembre et mars pour une rentrée l’automne suivant. Il est donc essentiel de repérer les opportunités un an à l’avance.

L’élément décisif : apprendre le tchèque

Même si plus de 1 000 programmes sont proposés en anglais, la langue officielle reste le tchèque. C’est un atout pour qui la maîtrise, et un obstacle pour qui l’ignore.

Connaître le tchèque ouvre plusieurs portes :

accès gratuit aux programmes en langue tchèque dans les universités publiques ;

plage de postes beaucoup plus large sur le marché du travail local ;

– intégration sociale plus profonde, dans la vie quotidienne comme sur le campus ;

– possibilités accrues de rester sur le long terme (résidence permanente, citoyenneté).

Bon à savoir :

Le tchèque est une langue slave occidentale, mutuellement intelligible avec le slovaque et partiellement avec le polonais. C’est une langue phonétique, où les mots se prononcent comme ils s’écrivent. Sa grammaire comprend sept cas, trois genres (avec distinction masculin animé/inanimé) et un riche système de déclinaisons. Pour entrer à l’université, le niveau B2 est généralement requis, ce qui s’acquiert en moyenne après un an de cours intensifs (500 à 600 leçons).

Où et comment apprendre le tchèque ?

De nombreuses institutions universitaires proposent des cours de tchèque pour étrangers, sous différentes formes : année préparatoire, cours semestriels, écoles d’été, programmes en ligne hybrides. Des écoles privées, parfois accréditées pour faire passer l’examen d’État, complètent l’offre.

Parmi les centres connus :

les instituts de langue et départements de tchèque pour étrangers de Charles University, Masaryk University, Palacký University, Mendel University, etc. ;

– plusieurs écoles privées spécialisées dans la préparation intensive aux études supérieures ;

– les centres tchèques à l’étranger, qui organisent des cours de langue dans différents pays.

Les méthodes recommandées combinent cours structurés, pratique orale quotidienne, immersion par les films, séries, musique, livres pour enfants et participation à des événements culturels. Des applications (Duolingo, Memrise, etc.) et des plateformes audio-vidéo complètent utilement le dispositif traditionnel.

Choisir sa ville : Prague, Brno ou ailleurs ?

Le choix de la destination à l’intérieur du pays influencera autant l’expérience académique que le budget.

Bon à savoir :

Prague est la ville la plus prestigieuse et la plus chère, avec un coût de la vie 15–20 % plus élevé qu’à Brno et des loyers élevés. Brno, ville étudiante dynamique, propose un coût de la vie et des loyers inférieurs de 20 à 25 %. Les villes moyennes comme Ostrava, Olomouc ou Plzeň offrent un cadre plus calme et des logements très abordables, notamment en dortoirs.

Construire un budget réaliste : exemple de scénario

Pour un étudiant hors UE suivant un master en anglais à Brno, logé en dortoir, on peut esquisser un budget annuel approximatif :

PosteMontant mensuel (CZK)Montant mensuel (≈ €)Montant annuel (≈ €)
Logement dortoir (chambre partagée)6 500~250~3 000
Nourriture5 000~190~2 280
Transports publics500~20~240
Charges diverses (téléphone, etc.)1 500~60~720
Loisirs / imprévus2 000~75~900
Total vie quotidienne~595~7 140

À cela s’ajoutent :

4500-8000

Ce montant, en euros par an, représente les frais de scolarité pour un master en anglais en République tchèque.

On arrive facilement à un budget global de 12 000–15 000 € par an pour un cursus en anglais sans bourse, contre nettement moins si l’on suit des études en tchèque et que les frais de scolarité disparaissent.

Tirer le meilleur parti de l’expérience tchèque

Réussir un projet d’études en République Tchèque ne se limite pas à additionner des coûts et des crédits ECTS. Une préparation méthodique augmente fortement les chances de réussite.

En pratique, cela signifie :

Astuce :

Pour réussir son projet d’études en République tchèque, une préparation minutieuse est essentielle. Il faut anticiper très tôt le calendrier administratif : choisir son programme, vérifier les prérequis, passer les tests de langue, préparer les traductions et légalisations de documents, puis engager la procédure de visa en tenant compte des délais réels pour obtenir un rendez-vous. Il est également crucial de comparer finement les villes et les universités, non seulement sur leur réputation académique, mais aussi sur le coût de la vie, la langue d’enseignement, les partenariats industriels et les débouchés locaux dans la filière visée. Planifier l’apprentissage du tchèque avant le départ, même pour un programme en anglais, facilite grandement la vie quotidienne, la recherche de petits emplois, les relations avec des colocataires tchèques et l’accès aux stages. Une fois sur place, il est important d’utiliser pleinement les ressources du campus : centres de carrière, bureaux internationaux, associations étudiantes, tuteurs linguistiques et services d’aide au logement. Enfin, une recherche exhaustive sur les bourses disponibles (gouvernementales, universitaires, européennes, régionales), incluant leurs critères, délais et obligations, est indispensable pour optimiser son financement.

En République Tchèque, les étudiants étrangers sont loin d’être une rareté : ils représentent déjà plusieurs dizaines de milliers de personnes, intégrées dans un système universitaire ancien, solidement arrimé aux standards européens et tourné vers l’employabilité. Avec un plan de financement solide, une stratégie linguistique claire et une gestion prudente des démarches de visa, poursuivre des études supérieures en République Tchèque peut devenir un levier puissant pour une carrière internationale, tout en profitant d’un cadre de vie européen à coûts maîtrisés.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en République Tchèque afin d’optimiser sa charge imposable et de diversifier ses investissements, tout en conservant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, République Tchèque), la stratégie retenue consiste à cibler la République Tchèque pour sa fiscalité modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un cadre juridique stable et un coût de la vie inférieur à celui de Paris (Prague ~30 % moins chère), tout en restant au cœur de l’UE. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence avec achat ou location longue durée, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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