Apprendre le tchèque en République Tchèque : méthodes concrètes et ressources clés pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en République Tchèque sans parler tchèque, c’est possible. Mais rester, travailler, faire sa vie et vraiment s’intégrer sans la langue devient vite un frein. Le tchèque est réputé difficile, classé par le Foreign Service Institute parmi les langues les plus ardues pour les anglophones, avec environ 1 100 heures d’étude nécessaires pour atteindre une bonne maîtrise. Pourtant, des milliers d’expatriés y arrivent chaque année, souvent en partant de zéro.

Bon à savoir :

Pour les expatriés en République Tchèque, l’apprentissage de la langue est crucial pour des raisons légales et d’intégration. Ce guide aborde son importance, les obligations, le choix des méthodes (écoles, applications, cours en ligne), les ressources adaptées à chaque niveau et la création d’un plan d’étude réaliste au quotidien.

Pourquoi le tchèque est incontournable pour un expatrié en République Tchèque

Apprendre le tchèque n’est pas seulement une question de politesse. Dans le contexte local, c’est un outil juridique, social et professionnel.

Attention :

Pour les non‑citoyens de l’UE demandant la résidence permanente après 5 ans de séjour, un certificat de tchèque de niveau A2 (CECR) est requis par la loi depuis le 1er septembre 2021. Cette obligation, prévue par l’Acte sur le séjour des étrangers et le Règlement gouvernemental n° 31/2016 Sb., atteste de la capacité à gérer les situations de la vie courante sans interprète.

La motivation officielle est claire : favoriser l’autonomie et l’intégration des étrangers, leur permettre de comprendre leurs droits et obligations, et réduire la dépendance aux traducteurs. Le message implicite est tout aussi clair : si vous comptez rester, vous devrez parler tchèque au moins à un niveau fonctionnel.

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Seulement 7 % des Tchèques se sentent à l’aise en anglais à un niveau avancé.

Enfin, l’intégration sociale. De nombreuses études et témoignages le confirment : la barrière linguistique reste un obstacle majeur à l’intégration, aux relations de voisinage, à l’accès au marché du travail et même à la santé mentale. Beaucoup d’étrangers décrivent cette sensation d’être condamnés au rôle d’observateur, cantonnés à un marché « pour touristes » ou à une bulle anglophone autour de quelques cafés, bars et espaces de coworking. Le jour où ils commencent à comprendre et à répondre en tchèque, cette bulle se fissure : la ville, le pays et les gens s’ouvrent autrement.

Comprendre les défis spécifiques de la langue tchèque

Avant de choisir vos méthodes, il est utile de comprendre ce qui rend le tchèque si exigeant. Cela évite de culpabiliser et permet de structurer l’apprentissage.

Sur le plan grammatical, le tchèque repose sur sept cas grammaticaux, qui modifient les noms, adjectifs, pronoms et numéraux selon leur fonction dans la phrase. Chaque nom peut avoir jusqu’à quatorze formes (singulier et pluriel, déclinés dans les sept cas). Le système repose sur trois genres (masculin, féminin, neutre), le masculin étant lui‑même scindé entre animé et inanimé. Pour un francophone, ce découpage n’a rien d’intuitif.

Astuce :

En tchèque, les verbes sont organisés selon leur aspect : perfectif (action achevée) et imperfectif (action en cours ou répétée). Cette distinction est fondamentale et ne correspond pas simplement à un temps verbal. Le changement d’aspect s’effectue souvent par l’ajout de préfixes (u‑, o‑, z‑, na‑, do‑, etc.), mais il n’existe pas de règle simple ; il faut mémoriser les paires de verbes individuellement. Par ailleurs, le tchèque n’utilise que trois temps principaux (présent, passé, futur), ne possède pas d’articles définis ou indéfinis, et emploie beaucoup moins les pronoms personnels que le français ou l’anglais.

Côté prononciation, la langue est phonétique mais truffée de sons inconnus de la plupart des étrangers. La lettre « ř » est emblématique : un roulé fricatif unique au tchèque, difficile à reproduire au début. Les mots regorgent de groupes consonantiques serrés, parfois presque sans voyelles : čtvrtek (jeudi), zmrzlina (glace), vlk (loup) ou le fameux virelangue strč prst skrz krk. Le stress tombe presque toujours sur la première syllabe, ce qui bouscule les habitudes de nombreux apprenants.

Exemple :

Le lexique tchèque présente des différences notables avec le français. Par exemple, *aktuální* signifie « actuel » (en cours), *chef* veut dire « patron » et non « cuisinier », et *vzrušený* (« excité ») a une connotation principalement sexuelle. Les mois (*leden*, *únor*, *březen*…) ne suivent pas la nomenclature latine. De plus, de nombreux verbes de mouvement varient selon le mode de déplacement : *jít* (aller à pied), *jet* (aller en véhicule), *přinést* (apporter à pied), *přivézt* (apporter en voiture).

S’ajoute une particularité sociolinguistique : à côté du tchèque standard enseigné dans les manuels, une variété informelle, l’obecná čeština (« tchèque commun »), est massivement utilisée, surtout en Bohême. Elle modifie certains sons, raccourcit des formes, change parfois les terminaisons. Quand vous avez enfin retenu dobrý den, vous entendez partout dobrej den. Le décalage peut déstabiliser, mais c’est aussi un signe que vous commencez à percevoir la langue telle qu’elle est vraiment parlée.

Le cadre légal : l’examen de tchèque pour la résidence permanente

Pour les expatriés qui projettent de rester en République Tchèque à long terme, l’examen de langue n’est pas un détail administratif. C’est un passage obligé.

L’examen requis pour la demande de résidence permanente se situe au niveau A2 du Cadre européen : être capable de gérer les échanges de base pour la vie quotidienne. L’épreuve dure 90 minutes et se déroule en deux parties. La première combine lecture (40 minutes), compréhension orale (40 minutes) et expression écrite (25 minutes). Chaque section est notée sur 25 points, et il faut atteindre au moins 12 points (soit 60 %) dans chacune pour pouvoir accéder à la seconde partie, orale, d’environ 15 minutes.

L’oral du DCL Français Langue Étrangère

Informations essentielles sur le déroulement, les règles et les possibilités de repassage de l’épreuve orale.

Nature des épreuves

Typiquement, décrire une situation à partir d’une photo ou converser sur des thèmes simples (logement, travail, famille, achats, santé…).

Dispositif et règles

L’ensemble du dispositif est anonymisé pour limiter la triche. Téléphones et dictionnaires sont strictement interdits.

En cas d’échec

Il est possible de repasser l’examen jusqu’à trois fois en un an.

Sur le plan pratique, l’épreuve est payante, autour de 2 500 à 3 200 CZK selon les sources. Pendant un temps, le ministère de l’Intérieur distribuait des bons pour financer la première tentative, mais ce système a pris fin en 2023 pour les nouvelles demandes. Les certificats sont délivrés par des écoles spécifiquement habilitées par le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, répertoriées dans un décret national. L’un des acteurs centraux est l’Institut d’études linguistiques et préparatoires de l’Université Charles (ÚJOP), seule institution disposant d’une certification ALTE pour des examens de tchèque internationalement reconnus.

Attention :

Plusieurs catégories sont exemptées : les moins de 15 ans, les plus de 60/63 ans, les personnes dont un handicap limite la communication, celles ayant suivi au moins un an de scolarité en tchèque dans les 20 dernières années, les titulaires de diplômes tchèques ou ayant déjà réussi l’examen, ainsi que les citoyens de l’UE et leurs familles.

Les autorités recommandent au moins 50 heures de cours pour se préparer. Un portail officiel, « Čeština pro cizince », rassemble des ressources, et un modèle d’examen interactif pour les années 2025/2026 est déjà disponible en ligne. Des supports de préparation sont accessibles sur le site zkouskaA2.cz, accompagnés d’un guide et d’une brochure gratuits. Plusieurs centres d’intégration des étrangers et des ONG proposent aussi des cours spécifiquement orientés vers cet objectif.

Choisir son cadre d’apprentissage : écoles, universités, centres d’intégration

Une fois ces enjeux posés, se pose une question très concrète : où apprendre ? L’offre est large, du cours gratuit en centre d’intégration aux programmes intensifs universitaires.

En République Tchèque, la plupart des grandes universités proposent des cours de tchèque pour étrangers. L’ÚJOP de l’Université Charles enseigne cette langue depuis plus de 60 ans et gère des programmes semestriels ou annuels (5 ou 10 mois) très intensifs, jusqu’à 20 unités de 45 minutes par semaine, du lundi au vendredi, souvent de 9 h à 13 h 25. Les tarifs se situent autour de 56 500 CZK pour un semestre et 108 000 CZK pour deux semestres. À la clé : un certificat de niveau CECR et, pour certains parcours, une préparation aux études supérieures en tchèque.

Bon à savoir :

Plusieurs universités tchèques (Masaryk à Brno, Palacký à Olomouc, Université de Bohême du Sud à České Budějovice, Université de Bohême de l’Ouest, Université d’Ostrava, etc.) proposent des cours sous différents formats, parfois en soirée. Il est important de noter que les études en tchèque dans les universités publiques sont légalement gratuites, quelle que soit la nationalité de l’étudiant, à condition que le programme soit entièrement dispensé en tchèque. Pour un expatrié prêt à investir dans un apprentissage intensif de la langue, cela peut représenter une opportunité d’obtenir un diplôme local.

À côté de ces institutions, des écoles de langues privées se sont spécialisées dans le tchèque pour étrangers. Czech Courses, Spěváček ou PELICAN, entre autres, proposent un éventail assez complet : cours intensifs de 2 à 8 semaines, cours du soir, formats en week‑end, cours individuels ou en petits groupes (souvent 7 à 8 personnes maximum). Chez Czech Courses, par exemple, les intensifs commencent à environ 110 CZK par leçon de 45 minutes, avec souvent des avantages comme un livre de cours offert pour une inscription longue, ou du café gratuit dans des salles de classe modernes. PELICAN, basé à Brno, propose des cours annuels autour de 55 000 CZK, des demi‑années à 27 500 CZK, ainsi que de petits groupes à des prix plus contenus.

Bon à savoir :

Un réseau d’environ 18 centres, financé par le ministère de l’Intérieur et l’UE, propose des formations en tchèque souvent gratuites ou à prix réduit, spécialement pour les nouveaux arrivants. Ces cours, bien que parfois moins intensifs que dans le privé, s’adressent à un public varié et sont complétés par un soutien social (conseils juridiques, aide administrative, interprétariat).

À Prague, l’Integration Centre Prague (ICP) coordonne une grande partie de ces activités et organise la fameuse « Adaptation‑intégration course », une séance obligatoire de quatre heures pour certains ressortissants de pays tiers ayant obtenu un permis long séjour après 2021. Cette formation, facturée 1 500 CZK, fournit un panorama de la législation sur le séjour, de l’accès au logement, à la santé, à l’emploi ou à l’éducation, et est interprétée dans plusieurs langues (anglais, russe, ukrainien, vietnamien, arabe, espagnol, etc.).

Comparer les grands types de formations

Pour mieux situer les options, il est utile de regarder côte à côte le type de public, l’intensité et le coût approximatif (les valeurs ci‑dessous sont des ordres de grandeur tirés des données disponibles).

Type de formationPublic cibleIntensité typiqueDurée couranteFourchette de coût indicatif
Programmes universitaires (ÚJOP, etc.)Étudiants, candidats à la fac, long terme20 unités / sem. (voire plus)5 à 10 mois~56 500 à 108 000 CZK l’année
Écoles privées (Czech Courses, Spěváček…)Expats actifs, rythme adaptableDe 2×/sem. à intensifs quotidiens2 semaines à 1 an~110 CZK/45 min à ~55 000 CZK/an
Centres d’intégration / ONGNouveaux arrivants, publics précairesFaible à modérée (souvent soirées)Modules de quelques moisSouvent gratuit ou symbolique
Cours individuels (écoles ou profs privés)Besoin spécifique, horaires compliquésÀ la carteFlexible~600–900 CZK / 60–90 min (ou 20–40 $)

Pour un expatrié salarié avec horaires classiques, un compromis fréquent consiste à combiner un cours du soir (dans une école ou un centre d’intégration) avec du travail personnel et, éventuellement, des sessions en ligne avec un tuteur natif.

Applis, plateformes et auto‑apprentissage : tirer parti du numérique

Les outils numériques transforment l’apprentissage du tchèque, en particulier pour les adultes très occupés. Mais encore faut‑il savoir à quoi sert chaque outil et comment les combiner.

Parmi les applications généralistes, Duolingo reste le point d’entrée le plus répandu, avec un cours de tchèque gamifié, idéal pour débuter le vocabulaire et quelques structures de base. Son format très court convient bien aux moments interstitiels de la journée, mais la profondeur grammaticale et la préparation à la conversation restent limitées.

D’autres applis complètent ce socle. Pimsleur mise presque exclusivement sur l’audio et la répétition guidée pour installer des phrases utiles à l’oral. Mondly propose des leçons interactives avec réalité augmentée et chatbot, tandis que Busuu ajoute une dimension sociale avec des corrections par d’autres apprenants. Mango Languages, Ling App ou uTalk fournissent des bibliothèques de phrases et de dialogues type.

Bon à savoir :

Pour mémoriser le vocabulaire, deux approches principales existent. Des applications comme Memrise, Anki et Memoword utilisent la répétition espacée, qui consiste à réviser les mots juste avant de les oublier. D’autres, comme Clozemaster ou LingQ, privilégient l’acquisition en contexte à travers des phrases ou des textes authentiques. Les flashcards numériques sont particulièrement recommandées pour apprendre les formes déclinées et les verbes de mouvement.

Les plateformes de cours structurés comme CzechClass101 combinent podcasts audio, vidéos avec sous‑titres, fiches de vocabulaire et exercices. CzechClass101 recense plus de 600 leçons audio/vidéo, accessibles via l’appli Innovative Language 101 (Android, iOS, Kindle), avec possibilité de synchroniser sa progression dans le cloud. Un compte « à vie » gratuit donne un accès partiel, les abonnements payants, à partir de quelques dollars par mois, débloquent le reste.

Pour la grammaire, Czechtime.cz et de nombreux manuels (comme *Czech: An Essential Grammar* publié chez Routledge) offrent des explications systématiques. Des sites comme Mluvte česky proposent des tableaux de déclinaisons et des exercices en ligne gratuits. L’outil « Internet Language Reference Book » permet de rechercher les déclinaisons d’un mot donné, quand on ne sait plus si l’accusatif pluriel de *žena* prend un *‑y* ou un *‑u*.

Ressources pour la grammaire tchèque

Pour la pratique orale avec des natifs, des places de marché comme italki, Preply, Verbling ou des applis d’échange (Tandem, HelloTalk) permettent de trouver des tuteurs ou des partenaires d’échange. Les tarifs varient largement : sur italki ou Preply, on trouve des profs de tchèque entre 5 et 30 dollars de l’heure, beaucoup se situant dans la tranche 15–20 dollars. Preply met en avant des données internes affirmant que ses apprenants progressent trois fois plus vite que la moyenne du secteur, 94 % d’entre eux déclarant une meilleure fluidité à l’oral.

Panorama de quelques outils numériques utiles pour le tchèque

Outil / plateformeType d’usage principalAtout pour l’expatrié en République Tchèque
DuolingoVocabulaire de base, phrases simplesIdéal pour débuter et créer l’habitude quotidienne
CzechClass101Audio/vidéo structurés, podcastsApproche progressive, pratique orale et écoute
Memrise / Anki / MemowordVocabulaire avec répétition espacéeMémoriser déclinaisons, verbes irréguliers, phrases utiles
Mondly, Busuu, MangoCours complets multi‑compétencesS’intégrer dans une « routine » de cours structurés
LingQ, ClozemasterLecture / vocabulaire en contextePasser progressivement à des textes et phrases authentiques
italki, Preply, VerblingCours individuels avec profs natifsTravailler la prononciation, la conversation, préparer l’examen A2
Tandem, HelloTalkÉchange linguistique communautaireRencontrer des Tchèques, pratiquer gratuitement
Czechtime.cz, Mluvte českyGrammaire et exercices en ligneRevoir un point précis après une erreur ou une confusion

L’important n’est pas de tout utiliser, mais de choisir un petit nombre d’outils complémentaires. Par exemple, un combo assez efficace pour un débutant pourrait être : Duolingo pour le réflexe quotidien, Memrise pour le vocabulaire, CzechClass101 pour l’écoute, et un tuteur sur italki 1 fois par semaine.

Manuels, séries de livres et ressources papier : structurer sa progression

Même à l’ère des applis, les bons manuels restent difficiles à remplacer. Le tchèque, avec ses déclinaisons et ses aspects verbaux, gagne à être appris avec une progression pensée sur le long terme.

L’une des références les plus répandues est la série Česky krok za krokem (1 et 2) de Lída Holá, publiée chez Akropolis. Le premier volume couvre les niveaux A1–A2 en 24 leçons et coûte autour de 649 CZK ; le second mène jusqu’à B1, pour environ 849 CZK. Chaque tome est accompagné de fichiers audio (CD ou MP3) et de cahiers d’exercices vendus séparément (environ 297 CZK chaque). Réputé exigeant mais clair, ce cours est largement utilisé dans les écoles de langues à Prague et ailleurs.

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Prix en couronnes tchèques de chaque livre de la série Čeština expres conçue pour un apprentissage rapide.

D’autres ouvrages s’adressent plutôt à l’auto‑apprentissage ou à des publics très spécifiques. Basic Czech I, II, III (Karolinum) est pensé pour les anglophones et couvre du niveau débutant à B2. Czech in Three Months ou Czech in 55 Easy Dialogues visent eux aussi l’auto‑apprentissage, avec des dialogues gradués. Czech: An Essential Grammar détaille point par point les aspects les plus complexes (cas, genre, verbes perfectifs/imperfectifs…) et sert de référence de chevet à de nombreux apprenants avancés.

Bon à savoir :

Pour préparer les examens officiels de niveaux A2 à B2, le manuel ‘Připravujeme se k certifikované zkoušce z češtiny’ propose des sujets types, des corrigés et des conseils méthodologiques. Pour des révisions grammaticales, des ouvrages comme ‘Čeština extra’ (niveaux A1–A2) ou ‘Česká gramatika v kostce’ offrent des synthèses à multiples entrées.

La lecture graduée joue enfin un rôle clé pour franchir le cap intermédiaire. Des collections comme Česká čítanka ou 333 x česky réunissent des textes et histoires simplifiés, avec vocabulaire adapté. D’autres ouvrages reprennent des classiques adaptés, de O pejskovi a kočičce à des romans modernes abrégés.

Exemples de séries de manuels utiles

Série / ouvrageNiveau viséPublic principalAtout spécifique
Česky krok za krokem 1 & 2A1–B1Expats motivés, écoles de languesProgression solide, très complet, audio inclus
Čeština expres (1,2,3…)A1–B1Débutants pressésRythme rapide, situations pratiques
Basic Czech I–IIIA1–B2AnglophonesExplications en anglais, adapté à l’auto‑étude
Připravujeme se k… zkoušceA2–B2Candidats à l’examen officielEntraînements ciblés sur les épreuves
Čeština extra / Česká gramatikaA1–A2 / multi‑niveauxRévision grammaticaleSynthèses et exercices courts
Česká čítanka, 333 x českyA2–B1Lecteurs débutants‑intermédiairesTextes adaptés, histoires courtes

Pour un expatrié visant le niveau A2 en deux ans, une trajectoire réaliste pourrait consister à suivre un cours basé sur Česky krok za krokem 1, tout en lisant progressivement des textes simplifiés et des magazines pour apprenants comme Časopis AHOJ (payant, mais structuré en trois niveaux de difficulté).

Pratiquer avec les Tchèques : échanges linguistiques, meetups et vie quotidienne

L’un des reproches fréquents des apprenants est le réflexe de certains Tchèques de passer immédiatement à l’anglais dès qu’ils entendent un accent. C’est une réalité, notamment à Prague et dans les milieux très internationalisés. Mais elle ne doit pas devenir une excuse pour renoncer à pratiquer.

En République Tchèque, la pratique informelle peut passer par des événements dédiés aux échanges linguistiques. À Prague, par exemple, des rencontres comme « BlaBla Language Exchange », « Coffee and Conversation » ou des soirées organisées par « Community English » rassemblent régulièrement des dizaines de personnes. Des plateformes comme Meetup ou des groupes Facebook listent également des rendez‑vous de conversation en tchèque, anglais, allemand, etc.

2500

Plus de 2 500 membres sont inscrits sur l’application Tandem en République Tchèque, principalement pour pratiquer des langues comme le français ou l’anglais.

Les formats d’échange vont du café hebdomadaire aux appels vidéo, en passant par le chat sur WhatsApp, Telegram, Skype ou Messenger. De nombreux apprenants privilégient la conversation en face à face, d’autres préfèrent une alternance : une demi‑heure en tchèque, une demi‑heure dans l’autre langue. L’essentiel est d’être explicite sur ses attentes (corrections, rythme, sujets) et de rester régulier.

Exemple :

Certains expatriés testent la langue dans des commerces de quartier peu anglophones, comme au supermarché ou chez le boulanger. Ils commencent par des phrases simples (commander, demander un prix), puis commentent la météo et osent progressivement des questions ouvertes, créant ainsi des micro-rituels d’apprentissage rassurants.

Les centres d’intégration et ONG jouent aussi un rôle de passerelle. Des organisations comme InBáze, SIMI, Slovo 21 ou le Centre d’intégration des étrangers organisent des activités culturelles, des clubs, des ateliers artistiques où Tchèques et étrangers se rencontrent. Pour beaucoup, la langue y est moins formelle et plus naturelle que dans une salle de classe.

Intégrer le tchèque dans sa vie : méthodes concrètes pour adultes occupés

L’un des plus gros défis pour l’expatrié moderne n’est pas tant la complexité du tchèque que le manque de temps et d’énergie. Après une journée de travail, difficile de se motiver pour des tableaux de déclinaisons. C’est là qu’entrent en jeu des méthodes centrées sur la routine et l’« input compréhensible ».

Les travaux de chercheurs comme Stephen Krashen ou des études plus récentes sur la « comprehensible input » montrent que l’exposition régulière à une langue légèrement au‑dessus de son niveau (donc compréhensible mais stimulante) peut produire des progrès durables, parfois plus efficacement que des sessions intensives sur la seule grammaire. Concrètement, cela signifie intégrer tous les jours un peu de tchèque dans vos loisirs : séries, chansons, podcasts, articles courts.

Ressources en ligne pour apprendre le tchèque

Découvrez des plateformes et chaînes spécialisées qui utilisent des podcasts, vidéos et contenus adaptés pour faciliter l’apprentissage de la langue tchèque.

Slowczech

Plateforme fondée par une enseignante, proposant des podcasts et vidéos à débit ralenti, du vocabulaire expliqué et des textes de niveau A2–B1 centrés sur la vie réelle.

Because Czech is cool!

Chaîne YouTube avec des capsules sur la grammaire, le lexique ou la culture, souvent sous-titrées.

Czech with Iva

Chaîne YouTube offrant des leçons et explications sur la langue tchèque.

Fun with Czech

Chaîne YouTube présentant des contenus éducatifs et culturels sur le tchèque de manière ludique.

Tady Gavin

Chaîne YouTube avec des capsules pédagogiques sur divers aspects de la langue tchèque.

Une stratégie pragmatique pour un salarié pourrait ressembler à ceci :

– le matin, pendant le trajet, écouter un podcast Slowczech ou CzechClass101 de 10 minutes, sans se soucier de tout comprendre ;

– à la pause déjeuner, faire une courte session Anki ou Memrise (5–10 minutes) pour revoir le vocabulaire ;

– le soir, regarder un épisode d’une série ou un extrait d’émission tchèque (par exemple une séquence de Show Jana Krause ou un court dessin animé comme Krteček), d’abord sans sous‑titres, puis avec sous‑titres tchèques pour vérifier.

Le week‑end, consacrer 30 à 60 minutes à l’écriture d’un petit journal en tchèque, à la correction de ces textes avec un tuteur ou un outil d’IA, et, si possible, à une séance de conversation (cours en ligne ou échange avec un natif).

Rendre l’étude « vivable » : micro‑habitudes et immersion à domicile

Pour que le tchèque ne reste pas enfermé dans un cahier, plusieurs astuces ont fait leurs preuves chez les expatriés :

Astuce :

Pour pratiquer le tchèque quotidiennement, collez des étiquettes en tchèque sur les objets de la maison (frigo, porte, fenêtre, table) et ajoutez-y les verbes et adjectifs associés. Changez la langue de votre téléphone ou de certaines applications en tchèque, au moins une à deux semaines par mois. Tenez un « mot du jour » sur un calendrier, avec l’obligation de l’utiliser au moins une fois dans la journée. Cuisinez avec des recettes en tchèque, ce qui vous expose naturellement à l’impératif, aux quantités au génitif et aux mesures. Enfin, utilisez systématiquement le tchèque pour vos listes de courses et pour vos notes rapides.

L’essentiel n’est pas l’intensité, mais la régularité. Cinq minutes quotidiennes valent mieux qu’une séance de deux heures tous les quinze jours. De nombreux apprenants rapportent qu’après un an à raison d’un ou deux nouveaux mots par jour, ils se retrouvent avec plus de 700 entrées actives – de quoi tenir une conversation simple.

Préparer stratégiquement l’examen A2 de résidence permanente

Revenons au passage obligé que constitue l’examen de niveau A2. Pour un expatrié installé depuis quelques années, souvent déjà en emploi, la préparation ne doit ni se limiter aux annales ni se contenter d’un vague bain linguistique.

Les autorités recommandent un minimum de 50 heures de cours, mais tout dépend de votre niveau de départ. Une approche raisonnable consiste à combiner :

un cours ciblé sur le format de l’examen, idéalement dans une école ou un centre habitué à ce type de préparation (par exemple certains cours de Spěváček ou de l’ÚJOP) ;

– un travail autonome à partir des ressources officielles : modèle d’examen interactif, e‑matériaux de préparation sur zkouskaA2.cz, brochures téléchargeables, etc. ;

– des sessions individuelles avec un tuteur pour l’oral, la description d’images, la gestion du stress.

Bon à savoir :

L’examen évalue la compréhension de petites annonces, de dialogues téléphoniques simples et de formulaires administratifs élémentaires. Il teste également la capacité à rédiger un message court ou une lettre informelle (pour une demande de rendez-vous, des excuses, une présentation). À l’oral, le candidat doit pouvoir se présenter et parler de son logement, son travail, sa famille, ses habitudes et ses projets proches.

Le plus grand piège pour beaucoup d’expatriés est de se concentrer trop tard sur cet objectif, après plusieurs années de vie dans une bulle anglophone. Les témoignages recueillis montrent qu’une stratégie gagnante consiste à viser A2 de manière progressive, en construisant d’abord un vocabulaire solide sur les domaines cibles (logement, santé, emploi, administration, transports), puis en s’habituant à la forme exacte de l’épreuve au moins six mois avant la date choisie.

Intégration, culture et santé mentale : la langue comme levier

Au‑delà des considérations pragmatiques, apprendre le tchèque en République Tchèque a des implications très concrètes sur le bien‑être. Des études menées auprès de résidents étrangers indiquent des taux élevés de frustration, de tristesse et parfois de dépression, fortement corrélés au sentiment d’isolement et à l’incapacité de se faire comprendre dans la langue locale.

Bon à savoir :

Une large majorité de Tchèques (environ 70 %) considère que les étrangers doivent s’adapter aux coutumes locales. La maîtrise du tchèque, même approximative, est perçue comme un signe positif d’intégration. À l’inverse, rester dans un entre-soi linguistique peut créer des malentendus et renforcer les clichés.

La République Tchèque dispose pourtant d’un écosystème associatif riche autour de l’intégration, où la langue n’est qu’un élément parmi d’autres. Des ONG comme Youth Included, Slovo 21 ou InBáze utilisent le théâtre, la danse, la musique, la peinture ou l’écriture comme outils de rencontre entre Tchèques et étrangers. Des groupes comme T‑Art (théâtre russophone), Dzerelo (troupe ukrainienne) ou Ziriab (musique arabe) montrent que la culture sert de pont, même quand le tchèque de chacun est encore balbutiant.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, combiner l’apprentissage de la langue avec des activités culturelles (émissions, séries, fêtes) accélère le sentiment d’appartenance. Cela permet d’apprendre du vocabulaire en contexte, de créer des liens sociaux et de comprendre les références culturelles locales, ce qui constitue un objectif motivant et accessible.

Construire un plan réaliste selon son profil d’expatrié

Au final, il n’existe pas de « méthode miracle » valable pour tous. Mais, à partir des données disponibles et des retours d’expérience, quelques scénarios types se dessinent.

Un jeune professionnel installé à Prague, travaillant en anglais dans une entreprise internationale, pourrait viser un parcours en trois étapes :

Exemple :

Un exemple de progression structurée pour atteindre le niveau A2 en tchèque : la première année, combiner un cours du soir (2 × 90 minutes par semaine) dans une école ou un centre d’intégration avec l’usage quotidien d’une application (Duolingo, Memrise) et l’écoute hebdomadaire de podcasts. La deuxième année, renforcer l’oral avec des séances régulières sur italki ou Preply, participer à au moins un échange linguistique par semaine, et commencer à regarder des émissions tchèques avec sous-titres. À partir de la troisième année, orienter l’apprentissage vers la préparation à l’examen A2 du permis de résidence permanente, avec un cours ciblé et des simulations d’épreuves.

Un parent d’enfants scolarisés dans une école tchèque pourrait, lui, profiter des devoirs de ses enfants pour revoir la grammaire, utiliser les supports scolaires adaptés, et participer aux activités de l’école (réunions, fêtes) comme terrain de pratique. Certaines écoles de langues et universités proposent aussi des cours d’été intensifs pour enfants, ce qui permet d’embarquer toute la famille dans l’aventure linguistique.

Un étudiant venu suivre un programme universitaire complet en tchèque bénéficiera souvent des cours de langue intégrés à son cursus. L’enjeu sera plutôt de sortir du cercle des étudiants étrangers et de tester son tchèque dans des jobs étudiants, associations, activités culturelles, voire dans les résidences étudiantes où les échanges informels en tchèque sont nombreux.

Conclusion : viser l’utile, accepter l’imperfection, profiter du chemin

Apprendre le tchèque en République Tchèque est un chantier exigeant, mais loin d’être insurmontable. Les données disponibles confirment la difficulté objective de la langue – cas multiples, consonnes en série, sons exotiques, rareté des mots transparents –, mais elles montrent aussi un environnement très riche en ressources : universités spécialisées, écoles de langues, centres d’intégration, applis dédiées, plateformes de podcasts, manuels bien structurés, communauté d’échange active.

Pour l’expatrié, la clé n’est pas de viser une perfection académique, mais une compétence fonctionnelle solide, alignée sur ses projets : obtenir la résidence permanente, être autonome dans les démarches de santé et d’administration, travailler en tchèque si nécessaire, comprendre ce qui se dit autour de lui dans la rue ou au travail. Le niveau A2 requis par la loi n’est pas un plafond, mais un point de passage.

Conseil pour un expatrié

En s’appuyant sur une combinaison lucide de cours formels, d’outils numériques, de pratiques informelles et de participation à la vie culturelle, il devient possible de transformer une langue réputée intimidante en alliée quotidienne. Et de passer, peu à peu, du statut d’« étranger de passage » à celui de voisin, collègue ou ami qui, même avec un accent, fait partie du paysage linguistique de la République Tchèque.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine financier bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour réduire sa pression fiscale et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Grèce, Chypre, Maurice, etc.), la stratégie retenue consiste à cibler la République Tchèque, bénéficiant d’un régime d’imposition attractif sur les revenus, d’une absence d’impôt sur la fortune, d’une stabilité économique et d’un coût de vie sensiblement inférieur à Paris (Prague ~30–35 % moins cher) tout en restant au cœur de l’UE. La mission comprend : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, reports d’imposition), obtention de la résidence et achat d’un bien principal, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, immigration, accompagnement bilingue) et restructuration patrimoniale transfrontalière pour sécuriser les revenus, préparer la transmission et limiter les risques de double imposition via la convention FR–CZ.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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