S’installer à Aruba, que ce soit pour un contrat d’expatriation, une retraite au soleil ou un projet d’investissement immobilier, implique très vite une question concrète : comment gérer son argent au quotidien sur l’île sans se ruiner en frais et en complications administratives ? Entre la monnaie locale, les banques arubéennes, les néobanques internationales et les règles fiscales, la marge d’erreur est réelle… mais elle peut être largement évitée avec une bonne préparation.
Cet article fournit un guide opérationnel sur le système bancaire local, l’ouverture de compte, les offres des principales banques, l’usage des comptes multi-devises, les transferts internationaux, la fiscalité de base et le financement immobilier à Aruba. Il vise à aider les expatriés à prendre des décisions éclairées, sans constituer un conseil personnalisé.
Comprendre le cadre financier et bancaire à Aruba
Avant de choisir une banque ou un type de compte, il est essentiel de comprendre l’environnement dans lequel fonctionne le système financier arubéen.
Aruba est un pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas. Son économie est très orientée vers le tourisme, avec une stabilité politique élevée et un système juridique fondé sur le droit civil néerlandais. Le secteur financier est relativement petit à l’échelle caribéenne, mais il est considéré comme sérieux et bien encadré.
L’autorité de supervision est la Centrale Bank van Aruba (CBA). Elle régule les banques, les transferts d’argent, les assurances et certains services fiduciaires. La CBA impose des normes strictes de lutte contre le blanchiment (AML) et de connaissance du client (KYC) dans un cadre transparent, positionnant Aruba comme une place financière internationale respectable et non comme un paradis fiscal.
La monnaie officielle est le florin arubéen (AWG). Le taux de change est en pratique quasi fixe par rapport au dollar américain, autour de 1,77 AWG pour 1 USD, même si les commerces appliquent parfois des taux légèrement différents (1,75 à 1,80 AWG pour 1 USD). Le dollar reste largement accepté dans l’économie réelle : hôtels, restaurants, boutiques, mais aussi dans les opérations bancaires.
Pour un expatrié à Aruba, il est avantageux d’utiliser à la fois le florin arubais (AWG) et le dollar américain (USD) au quotidien. Cette pratique permet de vivre sans difficulté en jonglant entre les deux devises. De plus, disposer de comptes bancaires en florins et en dollars (que ce soient des comptes locaux ou multi-devises) réduit considérablement les frais de conversion et offre un meilleur contrôle sur son budget.
Enfin, Aruba participe aux principaux dispositifs internationaux de transparence fiscale (CRS, FATCA) et a conclu environ 60 accords de non‑double imposition ou de coopération en matière fiscale. En pratique, les informations sur certains comptes bancaires peuvent être transmises aux administrations fiscales étrangères, ce qui impose de bien intégrer cette dimension dans sa planification personnelle, surtout pour les citoyens de pays très exigeants comme les États‑Unis.
Pourquoi un expatrié a intérêt à ouvrir un compte local à Aruba
Beaucoup d’expatriés arrivent avec l’idée de « tout payer avec la carte du pays d’origine ». Techniquement, c’est possible : les cartes Visa et Mastercard étrangères sont bien acceptées et les distributeurs locaux fonctionnent avec les réseaux internationaux. Mais sur la durée, ce choix est rarement optimal.
L’utilisation intensive d’une carte bancaire étrangère à l’étranger peut entraîner des frais de conversion de devises, des commissions sur les paiements et des plafonds de retrait. De plus, elle peut déclencher des blocages de sécurité pour « activité inhabituelle ». Ces coûts, supportables sur un court séjour, deviennent significatifs sur une expatriation de plusieurs mois ou années.
Ouvrir un compte dans une banque locale présente plusieurs avantages très concrets. D’abord, cela simplifie la vie quotidienne : paiement du loyer, des factures d’électricité ou d’internet, des assurances, des frais scolaires ; tout cela se gère facilement en florins ou en dollars locaux, via virements domestiques, débit automatique (direct debit) ou paiement par carte. Ensuite, un compte local est souvent exigé pour certaines démarches de migration ou d’installation (dépôt pour un bail, preuve de moyens financiers, etc.). Enfin, pour un contrat de travail à Aruba, l’employeur demandera presque toujours de verser le salaire sur un compte arubéen.
Ouvrir un compte bancaire à Aruba est une première étape stratégique. Il donne accès à d’autres services financiers sur l’île, comme le crédit à la consommation, le financement automobile ou un prêt hypothécaire. Bien que les banques soient prudentes avec les non-résidents, détenir un historique bancaire local et des revenus visibles sur un compte arubéen facilite considérablement les démarches et les négociations.
En résumé, à partir du moment où le séjour dépasse quelques semaines, gérer ses finances en AWG et/ou en USD via une banque locale devient un élément central d’une installation réussie.
Panorama des banques et institutions financières accessibles aux expatriés
Le paysage bancaire à Aruba est plus divers qu’il n’y paraît au premier abord. On y trouve à la fois des banques locales bien implantées, des filiales de grands groupes internationaux, des acteurs offshore, et, en complément, tout un écosystème de néobanques et de fintechs non domiciliées sur l’île mais très utiles pour les expatriés.
Banques locales : au cœur du quotidien
Trois établissements dominent la scène locale côté particuliers.
Aruba Bank N.V. est la plus grande banque de l’île. Elle dispose de succursales à Oranjestad, San Nicolas, Camacuri et Hato, et d’un réseau d’ATM important. Ses offres couvrent l’essentiel des besoins des résidents et expatriés : comptes courants, comptes d’épargne, cartes de débit et de crédit, crédits à la consommation, produits en devises, etc. Pour un expatrié, plusieurs produits sont particulièrement pertinents, comme l’Easy Access Account (compte d’épargne de base avec carte), l’All‑Inclusive Package (courant + épargne + crédit) ou le compte en USD. Les frais mensuels démarrent aux alentours de 5 AWG, avec l’ouverture de compte souvent gratuite. La banque propose une plate-forme de banque en ligne et une application mobile assez abouties (Aruba Bank Online, Aruba Bank App), avec consultation des soldes, transferts, alertes, et même des fonctions de pré‑notification de voyage et de blocage de carte.
Caribbean Mercantile Bank (CMB) est une banque recommandée pour les expatriés en raison de sa flexibilité envers les non-résidents. Elle dispose d’agences à Oranjestad, Hato, Palm Beach et San Nicolas. Ses services incluent des comptes courants personnels, des comptes en devises (USD, EUR), des comptes d’épargne en AWG ou USD, et des cartes de débit « Bankomatiko+ ». Les frais de tenue de compte débutent à environ 4,50 AWG par mois, avec des transferts locaux gratuits entre comptes CMB et des retraits sans frais dans son réseau de distributeurs. C’est une option privilégiée pour les expatriés salariés ou en mission temporaire.
Banco di Caribe complète ce trio local avec une présence plus concentrée (branche principale à Oranjestad, ATM à Paradera), mais une offre large : comptes personnels de base, comptes multi-devises AWG/USD, comptes professionnels, crédits, cartes. Les frais mensuels sont, là encore, autour de 5 AWG pour un compte standard, avec des tarifs réduits pour les étudiants. Sa présence digitale est un peu moins poussée que celle d’Aruba Bank ou de CMB, mais suffisante pour un usage courant.
Ces trois banques ont en commun un service client multilingue (anglais, espagnol, néerlandais, papiamento), un cadre réglementaire aligné sur les standards internationaux, et une bonne intégration dans la vie économique locale.
Banques internationales : utile pour les flux transfrontaliers
Pour les expatriés issus d’Amérique du Nord ou habitués à des groupes internationaux, plusieurs acteurs mondiaux sont présents à Aruba.
RBC Royal Bank à Aruba dispose d’un réseau d’environ 20 distributeurs automatiques, principalement situés à Oranjestad et dans les zones touristiques.
CIBC FirstCaribbean International Bank et Scotiabank complètent ce paysage international, même si leur présence opérationnelle à Aruba est plus limitée. Elles sont toutefois pertinentes pour certains investisseurs ou clients déjà liés à ces groupes ailleurs dans la Caraïbe.
Banques et plateformes digitales : le complément multi-devises
Les expatriés ont rarement une seule vie financière « locale » : ils restent souvent rattachés fiscalement à un autre pays, continuent de percevoir des revenus à l’étranger, ou investissent dans plusieurs zones géographiques. C’est là que les néobanques et comptes multi-devises deviennent des alliés précieux.
Wise (ex-TransferWise) n’est pas une banque arubéenne, mais une plateforme internationale offrant un compte multi-devises (plus de 50 devises). Elle fournit des coordonnées bancaires locales (États-Unis, zone euro, Royaume-Uni…) pour recevoir des revenus. Les frais de conversion (0,4 % à 1 %) sont très compétitifs. L’ouverture est gratuite, sans frais de tenue de compte, et une carte Mastercard internationale est disponible. Bien que ne permettant pas tous les prélèvements automatiques locaux, elle est idéale pour convertir des devises vers un compte arubéen au meilleur taux.
Revolut offre un modèle voisin, avec une app centrée sur les paiements internationaux, une carte, la possibilité de conserver et d’échanger une vingtaine de devises, et différentes formules d’abonnement. Il faut toutefois bien vérifier les plafonds de change gratuits, les marges sur le taux de change (qui augmentent le week‑end), et l’absence de véritable infrastructure locale à Aruba.
D’autres néobanques européennes comme N26 peuvent également s’intégrer dans la stratégie d’un expatrié, à condition que son pays de résidence fiscale et son statut migratoire correspondent aux critères d’éligibilité de la banque.
Offshore et banques à distance : un outil de diversification
Aruba est aussi une plateforme de services offshore, même si celle‑ci se veut conforme aux standards internationaux. Des acteurs comme Jetonbank sont spécifiquement cités comme offrant des comptes offshore ouverts à distance, en 1 à 2 jours ouvrés, avec une simple procédure en ligne et vérification vidéo. Les offres vont du compte d’épargne (dépôt minimum autour de 1 000 USD) au compte courant (5 000 USD), aux comptes à préavis, dépôts à terme, comptes « Platinum » (50 000 USD de solde minimal) ou comptes professionnels. L’intérêt de ces solutions tient à la multi‑détention de devises, à la confidentialité offerte par les lois arubéennes encadrant le secret bancaire et à la possibilité de structurer un patrimoine international (sous réserve, bien sûr, du respect de la législation fiscale du pays d’origine de l’expatrié).
Ouvrir un compte en tant qu’expatrié : conditions, documents, délais
Contrairement à certains mythes, il est tout à fait possible pour un non‑résident d’ouvrir un compte à Aruba. Mais ce n’est ni instantané ni systématiquement facile : les banques sont soumises à des obligations strictes en matière de KYC/AML, et chaque dossier fait l’objet d’une analyse de risque.
Les grandes étapes de la démarche
Dans la pratique, le parcours d’ouverture de compte suit généralement une séquence assez standard. L’expatrié commence par choisir un établissement adapté à son profil (salarié en mission, digital nomad, retraité, investisseur immobilier…). Il constitue ensuite un dossier de pièces justificatives, prenant rendez‑vous avec une agence locale ou initie le processus en ligne. Sur place, il remplit un formulaire d’ouverture, répond à différentes questions sur sa situation et l’usage prévu du compte (volume de mouvements, pays d’origine des fonds, fréquence des transferts internationaux, etc.). La banque traite ensuite le dossier, ce qui peut prendre de quelques jours à deux semaines, parfois davantage si des compléments sont demandés. Une fois l’ouverture validée, le compte est activé, les accès à la banque en ligne sont remis, et la carte de débit est soit délivrée en agence, soit envoyée par courrier.
Pour les solutions entièrement digitales, comme les offres offshore ou multi-devises, la procédure d’ouverture est similaire mais intégralement dématérialisée. Elle comprend généralement une vérification d’identité par visioconférence et exige souvent un dépôt initial. Par exemple, la banque Jetonbank requiert un dépôt de 2 000 USD pour l’ouverture d’un compte individuel.
Les documents habituellement exigés
Les exigences exactes varient d’une banque à l’autre, mais l’ossature reste très similaire d’un établissement à un autre.
La pièce maîtresse est le passeport, non endommagé et encore valable au moins deux mois après la date de demande. Nombre de banques exigent une seconde pièce d’identité avec photo et signature (permis de conduire, carte nationale d’identité).
Une preuve d’adresse est systématiquement réclamée : facture récente d’eau, d’électricité ou d’internet, relevé bancaire, contrat de location, certificat de résidence délivré par les autorités, voire enregistrement au recensement local. Ces documents doivent en général dater de moins de trois mois.
Pour justifier de l’origine licite des fonds, différents documents sont requis selon votre situation professionnelle : bulletins de salaire, contrat de travail ou lettre de l’employeur pour un salarié ; déclarations fiscales, états financiers ou attestation comptable pour un indépendant ; relevé de pension ou d’épargne retraite pour un retraité.
Beaucoup de banques demandent également une lettre de référence bancaire émanant d’un établissement où le client a déjà un compte, mentionnant l’ancienneté de la relation, la bonne tenue du compte et un ordre de grandeur des soldes moyens. Il n’est pas rare qu’on en réclame deux, de deux institutions différentes.
La déclaration de l’origine du patrimoine et des fonds déposés est obligatoire, notamment pour les dépôts initiaux supérieurs à certains seuils (par exemple 10 000 USD). Pour certains profils, des justificatifs de liens locaux peuvent également être demandés, tels qu’un contrat de travail, un titre de propriété ou un bail de longue durée, afin de confirmer la crédibilité du projet d’installation.
Délais et éventuelles difficultés
Dans des cas simples – expatrié avec contrat de travail local, logement identifié, références bancaires claires – l’ouverture prend souvent entre 1 et 5 jours ouvrés après le dépôt du dossier complet. Pour des profils plus complexes (non‑résident sans attaches locales, entrepreneurs, multi‑nationaux), le processus peut se prolonger sur deux semaines ou plus, car les équipes de conformité de la banque examinent avec soin les éléments fournis.
Un point important : si la plupart des banques permettent de commencer à distance (envoi de formulaires et de scans de pièces), la grande majorité exige encore une présence physique en agence pour finaliser l’ouverture. Les comptes purement digitaux ou offshore constituent l’exception, pas la norme.
Enfin, les non‑résidents sans lien formel avec Aruba (emploi, propriété, projet migratoire concret) peuvent se heurter à un refus ou à des demandes de dépôts minimums élevés, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers de dollars dans certains cas. D’où l’importance d’arriver préparé et de choisir un établissement réputé pour sa flexibilité envers les expatriés, comme Caribbean Mercantile Bank pour les comptes de particuliers.
Choisir le bon type de compte : courant, épargne, multi‑devises, offshore
Une fois la banque choisie, encore faut‑il sélectionner les bons produits. À Aruba, l’offre est assez standard mais recouvre plusieurs types de besoins.
Le compte courant (personal current account, checking account) est l’outil de base pour toutes les opérations du quotidien : salaire, virements, prélèvements, paiements par carte. Il donne généralement droit à une carte de débit utilisable dans les commerces et distributeurs de l’île, et souvent à un accès à la banque en ligne. Des packs « tout‑en‑un » combinent ce compte courant avec un compte d’épargne et parfois une carte de crédit, comme l’All‑Inclusive Package d’Aruba Bank. Les frais mensuels restent modérés (entre 4,50 AWG et 10 AWG pour la plupart des formules personnelles).
Taux d’intérêt annuel proposé par un compte d’épargne internet pour non-résidents jusqu’à un certain plafond.
Les comptes en devises étrangères (USD, EUR) sont offerts par plusieurs banques locales, soit sous forme de comptes courants, soit de supports d’épargne. Ils sont précieux pour un expatrié rémunéré en dollars ou en euros, ou pour gérer des flux avec l’Europe ou l’Amérique du Nord sans conversion systématique en florins.
Pour gérer plus d’une dizaine de devises sur une seule interface, des acteurs comme Wise, Revolut ou certaines banques offshore (ex: Jetonbank) sont plus adaptés que les banques de détail arubéennes. Ces comptes offrent une flexibilité internationale complémentaire à l’offre locale.
Enfin, les comptes professionnels (business/corporate accounts) existent bel et bien à Aruba, mais la plupart des analyses soulignent qu’ils ne sont pas idéals pour des entreprises ayant des besoins complexes ou des volumes de transactions internationaux élevés. Les frais y sont importants, les services parfois limités, si bien que beaucoup de sociétés basées à Aruba choisissent de tenir leurs comptes principaux dans des juridictions voisines ou aux États‑Unis.
Frais bancaires, virements internationaux et limites réglementaires
Presque toutes les frustrations des expatriés avec leur banque tiennent à un point : les frais. Aruba ne fait pas exception, surtout pour les opérations internationales.
Les commissions de tenue de compte sur les offres de base restent raisonnables, mais certains produits premium ou pour non‑résidents peuvent grimper à plusieurs dizaines de florins par mois. À cela s’ajoutent les frais de guichet, les retraits dans des ATM extérieurs au réseau de sa banque, les frais de remplacement de carte, les pénalités de découvert non autorisé, etc.
Les virements SWIFT sortants cumulent souvent une commission proportionnelle (avec minimum et plafond), un forfait fixe et les frais d’une banque intermédiaire étrangère. Une surtaxe peut s’appliquer pour les instructions urgentes ou les ordres hors ligne. Au total, les frais à l’arrivée peuvent facilement représenter 40 à 80 USD, voire plus pour des montants importants.
Les transferts entrants ne sont pas gratuits non plus : la banque arubéenne facture d’abord sa propre commission (forfait ou pourcentage), à laquelle s’ajoutent les éventuels frais retenus par les banques correspondantes.
À cela se superpose la fiscalité locale sur les devises : Aruba applique un impôt de 1,3 % sur l’achat de devises étrangères et sur certaines sorties de fonds des résidents vers des non‑résidents, ainsi qu’une commission de marge de change sur les opérations effectuées par les banques. Pour un expatrié qui multiplie les conversions et les transferts entre un compte local et des comptes étrangers, cette taxe peut représenter un surcoût non négligeable.
Dans le contexte arubéen, l’utilisation de services comme Wise pour convertir et transférer des fonds à moindre coût est très pertinente. Pour en tirer pleinement parti, il est crucial d’articuler efficacement cette solution avec vos comptes bancaires locaux. Bien que les transferts internes sur la plateforme Wise soient peu coûteux, il reste nécessaire, à un moment donné, de relier ces flux à un compte bancaire « réel » sur l’île afin de régler des dépenses courantes comme le loyer ou la facture d’électricité.
Par ailleurs, le contrôle des mouvements de capitaux passe aussi par des seuils déclaratifs. Tout paiement entre un résident et un non‑résident, ou vice versa, doit en principe être reporté aux autorités via les banques pour la balance des paiements. Des plafonds annuels s’appliquent sur les montants qu’un résident peut envoyer ou recevoir sans permis spécifique (par exemple environ 300 000 AWG pour une personne physique).
Enfin, Aruba a interdit les « shell banks » (banques sans présence physique réelle dans leur juridiction d’agrément) et exige des conditions de solvabilité et de supervision stricte pour les branches de banques étrangères. Ces exigences renforcent la solidité du système, mais impliquent aussi des processus d’ouverture de compte plus formels et documentés que dans certains autres pays de la région.
Utiliser les tableaux pour comparer et décider
Étant donné la complexité des frais et des offres, il peut être utile de résumer quelques ordres de grandeur pour un expatrié.
Exemples de frais mensuels et dépôts initiaux
| Banque / Produit | Type de compte | Dépôt initial indicatif | Frais mensuels approximatifs |
|---|---|---|---|
| Aruba Bank – compte de base | Compte courant / épargne | Faible / gratuit | Dès 5 AWG |
| CMB – Personal Current Account | Compte courant | Modéré | Dès 4,50 AWG |
| Banco di Caribe – Basic Personal Account | Compte courant | Modéré | Dès 5 AWG |
| RBC – Day to Day Banking (non‑résident) | Compte courant USD/AWG | 100 AWG ou 100 USD | Frais mensuels fixés |
| RBC – VIP Banking | Compte courant premium | 5 000 AWG ou 5 000 USD | Frais mensuels plus élevés |
| Aruba Bank – Non Resident Internet Savings | Épargne non‑résident | Variable | Frais inclus / faibles |
Ces chiffres varient dans le temps et d’une grille tarifaire à l’autre, mais donnent une idée du positionnement : les comptes de base restent abordables, tandis que les offres premium et pour non‑résidents peuvent être nettement plus onéreuses.
Méthodes de transfert et coûts indicatifs
| Service / canal | Type de transfert | Frais typiques (hors marge de change) |
|---|---|---|
| Virement SWIFT depuis une banque locale | Banque vers banque à l’étranger | Commission % + forfait (25–35 AWG) + frais correspondant |
| Wise | Compte multi‑devises vers compte local ou étranger | 0,4 % – 1 % du montant environ |
| Remitly | Transfert ciblé (remittances) | De 0 à 3,99 USD selon pays et mode |
| XE Money Transfer | Transferts importants | Frais souvent nuls, marge intégrée au taux |
| Carte bancaire étrangère à ATM d’Aruba Bank | Retrait en espèces | Frais fixes par retrait + marge de change |
Dans la pratique, un expatrié combine généralement un compte local (pour les besoins quotidiens) et un ou deux comptes multi-devises digitaux pour optimiser la conversion et le transfert de fonds entre Aruba et le reste du monde.
Fiscalité de base : ce que l’expatrié doit garder en tête
La gestion financière à l’international ne se limite pas aux frais bancaires. Les implications fiscales d’un changement de pays sont souvent plus lourdes de conséquences, notamment pour les hauts revenus ou les titulaires de patrimoines importants.
Aruba taxe les résidents sur leurs revenus mondiaux, selon un barème progressif dont les tranches supérieures peuvent dépasser 50 %. Les non‑résidents, eux, ne sont imposés que sur certains revenus de source arubéenne, comme les salaires locaux, certains revenus d’activité, ou éventuellement des revenus immobiliers. La situation exacte dépend du statut fiscal de la personne, de la durée et de la nature de son séjour, et d’autres éléments comme les liens familiaux ou économiques.
Les intérêts perçus sur des comptes de dépôt auprès de banques reconnues, locales ou étrangères, sont généralement exonérés d’impôt sur le revenu. En revanche, les dividendes distribués par des sociétés résidentes peuvent être soumis à une retenue à la source de 10 %, et certaines plus-values (comme la cession d’une participation substantielle) peuvent être traitées comme un revenu ordinaire.
Côté patrimoine, il n’existe ni impôt général sur la fortune, ni droits de succession au sens strict, même si certains transferts immobiliers par héritage déclenchent des droits d’enregistrement. Les acquisitions immobilières, elles, sont soumises à un droit de mutation progressif (3 % jusqu’à un certain seuil, puis 6 % au‑delà), ce qui impacte directement le coût total d’un investissement immobilier financé par un crédit local.
Les contributions sociales obligatoires (pensions, assurance maladie, invalidité) s’appliquent à la plupart des revenus d’emploi à Aruba, y compris pour les non-résidents. Un expatrié peut ainsi cotiser simultanément au système arubéen et à celui de son pays d’origine, ce qui soulève des questions de double contribution, de droits à pension et de recours aux conventions de sécurité sociale.
Dans ce contexte, de nombreux expatriés recourent à des conseillers en gestion de patrimoine ou des cabinets fiscaux spécialisés dans les situations transfrontalières pour arbitrer entre différents types de comptes (locaux, offshore, multi-devises), optimiser leur charge fiscale globale et s’assurer du respect des obligations déclaratives dans tous les pays concernés.
Financer un projet immobilier à Aruba : rôle des banques locales
Pour beaucoup d’expatriés, la question bancaire à Aruba se cristallise autour d’un projet : acheter un appartement ou une maison sur l’île, que ce soit pour y vivre, pour la location saisonnière ou comme investissement de diversification patrimoniale.
Les autorités arubéennes accueillent favorable les investissements étrangers dans l’immobilier. Il n’y a pas de restriction particulière sur l’achat par des non‑résidents, que ce soit en pleine propriété ou via un bail emphytéotique sur des terrains appartenant à l’État (avec des baux renouvelables, généralement sur 60 ans). Des zones très recherchées comme Malmok, Arashi, Palm Beach ou certaines résidences en bord de mer sont largement ouvertes aux acheteurs étrangers.
Pourcentage maximum de financement hypothécaire souvent accordé aux non-résidents pour l’achat d’un bien à Aruba.
Les taux d’intérêt pour les emprunteurs non‑résidents gravitent autour de 4,5 % à 6 %, avec des durées de remboursement généralement limitées à 15 ans, et une obligation de solder le prêt à l’âge légal de départ à la retraite. Des formules à échéances constantes (amortissement + intérêts) sont la norme pour les acquisitions, tandis que des facilités à intérêts seuls peuvent exister en phase de construction ou de rénovation, dans des limites strictes.
Outre les pièces d’identité, de revenus et de domicile, la banque exige un rapport d’expertise du bien datant de moins de six mois, le projet notarié, le permis de construire si applicable, des références financières et parfois une attestation de bonne gestion de crédit depuis l’étranger. Une assurance vie et une assurance habitation sont quasi systématiquement requises en garantie.
Le processus complet, depuis la demande formelle jusqu’à la signature chez le notaire, peut s’étaler sur deux à trois mois, voire davantage en cas de dossier complexe ou de période chargée. Pendant ce temps, l’acheteur doit également prévoir les droits de mutation, les honoraires notariés, les frais de dossier bancaire, les éventuels frais d’agent immobilier, et les premiers travaux ou aménagements, ce qui requiert une planification financière minutieuse.
Stratégie globale de gestion financière à Aruba pour un expatrié
Au‑delà des détails techniques, l’enjeu est de concevoir un dispositif global cohérent, qui concilie simplicité au quotidien, maîtrise des coûts, conformité réglementaire et optimisation fiscale.
Pour un expatrié à Aruba, une architecture efficace comprend : un compte courant local en AWG (et parfois un second en USD) dans une banque arubéenne pour le salaire, le loyer et les dépenses courantes ; un compte multi-devises (Wise ou Revolut) pour recevoir d’autres revenus, convertir les devises à bon taux et alimenter le compte local à moindre coût ; et un dispositif d’épargne ou d’investissement diversifié dans le pays d’origine ou d’autres centres financiers, géré par un conseiller spécialisé en patrimoine transfrontalier.
Selon les projets, ce socle peut être complété par un financement immobilier local, un compte offshore destiné à certains objectifs de long terme, ou des assurances internationales (santé, prévoyance, retraite) adaptées au statut d’expatrié.
Le succès repose sur des choix techniques judicieux (banque, type de compte, plateforme) et une cohérence globale. Il est essentiel de tracer chaque flux, de respecter les obligations déclaratives dans tous les pays concernés et d’anticiper les coûts cachés (commissions de change, impôts de sortie, retenues à la source, taxes locales sur les devises).
Aruba offre, de ce point de vue, un environnement relativement stable, bien régulé et connecté aux standards internationaux, ce qui en fait une base intéressante pour structurer sa vie financière d’expatrié. À condition de ne pas se laisser surprendre par la complexité des règles et par la diversité des acteurs, et de considérer la gestion bancaire comme un volet à part entière de son projet de vie à l’étranger, au même titre que le logement, la santé ou la scolarité des enfants.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer à Aruba, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Aruba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Aruba pour sa fiscalité avantageuse des retraités internationaux, son absence d’impôt sur la fortune et son cadre juridique stable sous souveraineté néerlandaise, combinant coût de vie maîtrisé et accès facilité à l’Europe via les Pays-Bas. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de résidence de retraité avec achat ou location longue durée de résidence principale, organisation de la couverture santé internationale, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours/an à Aruba, centre d’intérêts économiques), coordination avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, immigration) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en sécurisant la convention fiscale France–Pays‑Bas pour limiter les risques de double imposition.
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