S’installer à Aruba, ce n’est pas seulement changer d’horizon, c’est aussi changer de table. Sur One Happy Island, la cuisine est au cœur de la vie quotidienne, des fêtes de quartier aux grands festivals. Pour un expatrié, comprendre ce qui se passe dans l’assiette est l’un des moyens les plus rapides d’entrer dans la culture locale, de pratiquer un peu de Papiamento et de tisser des liens au‑delà de la plage et du bureau.
Ce guide vous aide à adopter les habitudes locales en détaillant les repas typiques, les plats à connaître, les lieux pour manger (marchés, supermarchés), les cours de cuisine, les food tours, les fermes locales et les codes de politesse. L’objectif est de vous donner des repères pour vivre et manger comme un habitant, au-delà des simples recommandations touristiques.
Comprendre l’ADN culinaire d’Aruba
La cuisine arubaine est un véritable puzzle de saveurs. Amerindiens, Espagnols, Hollandais, Africains, Sud-Américains, Caribéens, puis immigrants asiatiques, indiens, indonésiens et chinois ont tous laissé leur empreinte dans les marmites de l’île. On estime que plus de 90 nationalités cohabitent aujourd’hui sur ce petit territoire, et cette diversité se retrouve dans les menus.
Dans le Papiamento d’Aruba, un plat réussi est qualifié de *dushi*, signifiant ‘sucré’ au sens large, agréable et délicieux. Cette cuisine, préparée avec fierté et souvent partagée en famille ou entre amis, est une fusion historique d’influences multiples : néerlandaises, espagnoles, portugaises, africaines, sud-américaines (épices), indonésiennes (comme le satay ou le nasi goreng) et vénézuéliennes (comme l’arepa ou le pan di ham de Noël).
Malgré cette diversité, on retrouve quelques constantes. Le maïs, décliné en funchi ou pan bati, structure une grande partie de l’alimentation traditionnelle. Le poisson, abondant autour de l’île, arrive frais des filets des pêcheurs – wahoo, red snapper (piska cora), mahi-mahi, mérou, conque (karkó), crevettes, langouste. Les piments Madame Jeanette donnent du caractère aux sauces, tandis que le fromage néerlandais, surtout le Gouda et l’Edam, s’est infiltré au point de devenir la base du plat emblématique, le keshi yena.
Les codes de table : manger comme un local
Pour vous intégrer, il est utile de connaître quelques règles implicites qui régissent les repas à Aruba. La formule magique pour commencer, c’est Bon bini (“bienvenue”) quand vous arrivez, et Bon provecho ! pour souhaiter un bon appétit.
Au restaurant, le pourboire est d’usage. Si un service n’est pas déjà ajouté à la note, laisser 10 à 15 % est courant ; 15 à 20 % pour un service particulièrement attentionné. Quand un pourcentage est déjà inclu, on peut arrondir mais ce n’est plus obligatoire.
La tenue attendue est smart casual : propre, décontractée, mais on laisse le bikini et le maillot pour la plage, pas pour la salle. Les démonstrations d’affection trop appuyées sont plutôt mal vues à table.
Pour demander l’addition, dire ‘Check, please’ est compris, mais l’expression locale ‘Por fabor, e cuenta’ (en basque) est appréciée. Le service peut être plus lent qu’en Europe, suivant un rythme détendu appelé ‘island time’, nécessitant de la patience. Lors des repas, il est conseillé de garder la conversation légère et d’éviter les sujets politiques ou religieux, même dans cette région majoritairement catholique.
Le rythme des repas au quotidien
Le découpage de la journée ressemble davantage à celui de nombreux pays d’Amérique latine qu’à celui de l’Europe du Nord.
Le matin, le petit-déjeuner est simple : café ou thé, pain, parfois un œuf. Beaucoup d’actifs, surtout en route pour le travail, s’arrêtent aux snack trucks pour acheter un sandwich, une arepa, une empanada ou un pastechi, ce fameux chausson frit qui tient de la street food et du snack de bureau.
Le repas principal se prend traditionnellement à midi ou en début d’après-midi. C’est souvent une assiette copieuse de viande, de poulet ou de poisson, servie avec du funchi ou du riz, des légumes mijotés, parfois de la banane plantain frite ou bouillie, et une galette de pan bati.
Le soir, le dîner est en général plus léger : sandwich, reste du repas du midi, soupe ou salade, accompagné d’un thé ou d’un café. Pour un expatrié, ce rythme implique de s’habituer à déjeuner “lourd” – et à ne pas s’étonner si, le soir, nombre de restaurants locaux affichent des portions plus modestes que ce que vous connaissez ailleurs.
Les plats incontournables à connaître (et à prononcer)
Pour vous repérer dans une carte ou au marché, quelques noms reviennent sans cesse. Les comprendre vous aidera à commander avec confiance et à discuter avec les Arubains de leurs recettes familiales.
Les grands classiques de la table arubaine
Le keshi yena est souvent présenté comme le plat national. Historiquement, il naît de la débrouille d’esclaves qui récupéraient les croûtes et restes de fromages hollandais. Aujourd’hui, c’est une coque de Gouda ou d’Edam, ou un grand “dôme” de fromage, farci d’un mélange généreux de poulet ou de bœuf effiloché, d’oignons, de poivrons, de céleri, d’olives, de câpres, de raisins secs, parfois de noix de cajou, le tout relevé aux épices. Le tout cuit au four jusqu’à ce que le fromage fonde et enveloppe la farce.
Autre pilier : le stoba, un ragoût longuement mijoté. On trouve du carni di baca stoba (bœuf), de la galiña stoba (poulet), du cabrito stoba (chèvre, souvent un peu plus sucré), mais aussi des variantes au poisson ou à la conque. Les recettes filent de génération en génération, avec des mélanges d’épices propres à chaque famille.
Chausson frit en forme de demi-lune, le pastechi est le snack-roi consommé à toute heure. Il se décline en de nombreuses garnitures (fromage, viande, poulet, poisson, légumes) et représente pour les expatriés la manière la plus rapide de goûter à la cuisine locale au quotidien.
Pain, maïs et accompagnements
Beaucoup de repas sont structurés autour du maïs. Le funchi est une préparation de semoule de maïs, proche de la polenta. Il peut être servi crémeux, en accompagnement d’un ragoût, ou refroidi puis coupé et frit sous forme de “frites de funchi”.
Le pan bati (“pain battu”) est une sorte de crêpe épaisse à base de farine de maïs et de blé. Parfois légèrement sucré, il remplace le pain occidental. On le sert avec les soupes, les stoba, ou tout simplement avec du beurre et de la confiture au petit-déjeuner.
Les johnny cakes complètent le tableau : petits pains frits gonflés, qu’on ouvre volontiers pour les garnir de fromage, de poisson salé, de jambon ou de poulet.
Soupes, ragoûts et cuisine de terroir
Les soupes et ragoûts occupent une place centrale, notamment dans la cuisine de campagne (cunucu).
La cuisine arubaine propose plusieurs soupes traditionnelles et nourrissantes. La *sopi di mondongo* est une soupe de tripes à base d’estomac et de pattes de bœuf ou de chèvre, agrémentée de légumes, patate douce, courge et banane plantain. La *sopi di bonchi cora* combine des haricots rouges et de la queue de porc. Enfin, la *sopi yambo* est une soupe épaisse aux gombos (okra), pouvant inclure viandes salées, queue de cochon, poisson, fromage, crevettes ou conque. Cette dernière, d’origine amérindienne et africaine, conserve un caractère rustique.
Les jours de fraîcheur relative (tout est relatif sous ce climat), on retrouve aussi la soupe de pois cassés néerlandaise (erwtensoep), très dense, à base de pois, de jambon fumé ou d’échine, d’oignons, d’ail et de céleri.
En accompagnement, l’arroz moro (riz aux haricots rouges, parfois appelé “rice ’n’ peas”) rappelle les racines espagnoles et caribéennes de l’île.
Poisson, fruits de mer et grillades
Pour un expat amateur de poisson, vivre à Aruba est un privilège. Autour de l’île, la pêche fournit wahoo, red snapper, mahi-mahi, mérou (mero), barracuda, thon, kingfish, crevettes, langoustes, conques, parfois requin pour le délicat keri keri (chair de requin effilochée mijotée avec céleri, piments, oignons).
Les préparations typiques oscillent entre grillades simples, fritures sans panure inutile, et sauces créoles à base de tomates, oignons, poivrons et ail. Le pisca hasa creole – poisson frit nappé de cette sauce – est un grand classique.
En snack, on croise aussi des balchi di pisca, boulettes de poisson et de pomme de terre frites, très appréciées à l’apéritif.
Douceurs et desserts de fête
Côté sucré, l’influence néerlandaise se mêle aux traditions caribéennes. Les crêpes hollandaise (pannenkoeken) et leurs petites cousines poffertjes se dégustent aussi bien en version salée (fromage, lard, thon) que sucrée (pommes, bananes, ananas, sirop).
Deux gâteaux de fête traditionnels sont le bolo di cashupete et le bolo preto, ce dernier pouvant être préparé plusieurs mois à l’avance.
Plus légères, les cocada – petites bouchées de noix de coco râpée et sucre – se vendent dans les marchés, souvent à San Nicolas. Le quesillo (type de flan au caramel) et le pudin di coco (pouding à la noix de coco) concluent des repas familiaux. Enfin, la cool island soup, une soupe froide de fruits (ananas, papaye, cantaloup, abricot) acidulée au citron vert, illustre la manière dont le climat façonne l’assiette.
Les périodes de Noël apportent leur lot de spécialités : ayacas (pâte de maïs garnie de viande mijotée, olives, raisins, fruits secs, enveloppée dans une feuille de bananier puis bouillie), pan di ham (pain roulé farci de jambon, raisins et olives), dindes farcies, jambons laqués, le tout accompagné de ponche crema (version locale du lait de poule) ou de chuculati pinda (chocolat chaud au beurre de cacahuète).
Où manger local : des comedor aux food trucks
En vivant à Aruba, vous verrez vite que la meilleure cuisine ne se trouve pas uniquement dans les hôtels. Les comedor – petits restaurants de quartier – les stands de rue et les food trucks composent une bonne partie du paysage culinaire.
Restaurants emblématiques à explorer
Plusieurs adresses permettent de découvrir des recettes familiales dans un cadre typiques. The Old Cunucu House Restaurant, installé dans une maison traditionnelle de plus de 150 ans à Palm Beach, sert des spécialités comme keshi yena, stoba, funchi, pan bati dans un décor de campagne arubaine, avec musique live en soirée.
Toujours dans l’esprit “maison”, Taste My Aruba à Oranjestad mise sur les recettes familiales cuisinées par la cheffe-propriétaire dans un bâtiment ancien, avec cuisine ouverte. Sa sœur adresse, Amante Tapas, décline des tapas internationales et des cocktails dans une ambiance conviviale, tout en gardant une touche locale.
À Aruba, plusieurs établissements sont réputés pour leurs fruits de mer frais. *Driftwood* à Oranjestad sert les prises du jour d’un pêcheur local directement en cuisine. *Marina Pirata*, situé dans les mangroves de Savaneta, est apprécié depuis plus de 40 ans pour ses plats de poisson et crevettes et ses couchers de soleil. *Zeerovers*, également à Savaneta, offre une expérience rustique et authentique où l’on commande au poids le poisson ou les crevettes du jour pour une dégustation frite sur le quai.
À San Nicolas, O’Niel Caribbean Kitchen met en avant les plats caribéens traditionnels, tandis que le mythique Charlie’s Bar mélange bar décoré de souvenirs, cuisine locale et recettes maison comme la “Honeymoon Sauce”. Ces adresses, loin des plages de Palm Beach, sont idéales pour sortir de la bulle touristique.
Manger les pieds dans le sable
Aruba cultive un art du dîner sur la plage. Passions on the Beach installe ses tables sur le sable d’Eagle Beach, face au coucher de soleil, avec une carte qui mêle fruits de mer, viandes et options végétariennes. À Oranjestad, Elements Restaurant – réservé aux adultes – propose un brunch du dimanche et un déjeuner arubain/caribéen en semaine, toujours en bord de mer.
D’autres tables jouent cette carte “toes in the sand” : Flying Fishbone avec certaines tables installées directement dans l’eau, ou Barefoot et Pelican Nest Seafood Grill pour manger poissons et fruits de mer au son des vagues.
Street food, snack trucks et marchés
Pour un expatrié, la street food est un excellent terrain de jeu pour apprivoiser les saveurs locales sans exploser son budget. Les truk di pan (food trucks) et snack trucks s’installent en bord de route, notamment à Tanki Leendert, Tanki Flip, Palm Beach, Oranjestad, Eagle Beach voire San Nicolas. Certains, comme Mama’s Food Truck près d’Eagle Beach, sont connus pour des spécialités maison comme la “My Way Sauce” au citron et au beurre.
Les food trucks proposent une variété de spécialités locales et internationales à petits prix, comme les hot-dogs arubains, les burgers colombiens, les patacones ou les plats de stoba. Beaucoup d’entre eux restent ouverts très tard, parfois jusqu’à 4 heures du matin.
Les marchés, eux, permettent de goûter à d’autres encas. À Oranjestad, les stands de la zone du port, les marchés de type Local Market ou le linéaire de West Deck servent petites assiettes à partager. À San Nicolas, les marchés de rue offrent cocada, fruits frais, snacks et boissons.
Aperçu de quelques spécialités et prix en street food
| Spécialité | Lieu typique de vente | Prix moyen (USD) |
|---|---|---|
| Pastechi | Boulangeries, snacks, marché | ≈ 2 |
| Hot-dog “arubain” | Stand The Hut, food trucks | ≈ 6 (avec boisson) |
| Assiette de stoba | Petit restaurant local | ≈ 15 |
| Milkshake / jus fruits | Marché fruits & légumes | ≈ 5 |
| Cocada | Marché de San Nicolas | ≈ 4 (petit sachet) |
| Cocktail Aruba Ariba | Bar-restaurant type Ginger | ≈ 10 |
Ces montants restent indicatifs, mais donnent une idée de ce qu’un déjeuner ou dîner sur le pouce peut coûter à long terme quand on vit sur place.
Supermarchés, produits locaux et vie pratique
S’installer à Aruba signifie aussi gérer son frigo. Presque toute la nourriture de l’île est importée (près de 99 % en 2014), ce qui rend les supermarchés essentiels. Mais leur offre permet aujourd’hui d’alterner produits internationaux et ingrédients typiquement arubains.
Les grandes enseignes à connaître
Trois grands supermarchés dominent le paysage : Super Food Plaza, Ling & Sons IGA et PriceSmart, auxquels s’ajoutent CMART et une constellation de mini-marchés.
Super Food Plaza, à Bubali/Eagle Beach, est probablement le plus fréquenté par les expatriés. Propriété d’un groupe néerlandais, il combine un vaste choix de produits hollandais (fromages, stroopwafels, confiseries) et internationaux, un rayon boucherie-poissonnerie fourni, un comptoir traiteur chaud et froid, une boulangerie, un magasin d’alcool attenant (Cheers Wines & Liquors) et, à l’étage, des articles de maison, de plage, de snorkeling. Une carte Bonus gratuite donne accès aux promotions, et l’enseigne livre gratuitement sur presque toute l’île via son appli.
Un supermarché à l’ambiance américaine, situé près des zones hôtelières de Druif et Eagle Beach à Aruba.
Tonalité très américaine avec beaucoup de marques américaines. Comprend un grand bar à salades, des plats préparés, une vaste sélection de vins et spiritueux, ainsi que des produits bio et sans gluten.
Adhésion au programme FunMiles, idéal pour accumuler des avantages, particulièrement intéressant pour les résidents au long cours.
Bénéficiez de réductions spécifiques : réduction senior le mercredi et promotions sur les fruits et les viandes certains jours de la semaine.
PriceSmart fonctionne sur le modèle entrepôt type Costco : adhésion annuelle, vente en gros, idéal pour grandes familles, colocations d’expats ou si vous recevez souvent. CMART, plus récent et souvent moins bondé, propose une belle offre de produits frais, un étage avec café et articles de maison.
Autour de ces “géants”, de nombreux supermarchés plus modestes – souvent tenus par des familles d’origine chinoise ou latino-américaine – parsèment les quartiers résidentiels. Cheng’s Market à Bubali, par exemple, est réputé pour ses prix sur les produits de base, la découpe de viande, l’alcool, les fruits frais déjà coupés.
Astuces de courses pour expatriés
Le flux des cargos influence beaucoup le quotidien : les navires arrivent en général le mardi, ce qui rend le jeudi particulièrement intéressant pour faire vos achats quand les rayons sont bien remplis. Le mardi, au contraire, est souvent le jour où le choix est le plus réduit – même si certaines enseignes offrent des rabais pour attirer les clients.
La plupart des magasins ouvrent tôt (vers 7h30-8h) et ferment entre 20h et 21h. Les horaires sont réduits le dimanche (fermeture entre 13h et 18h). Aucun magasin n’est ouvert 24h/24 et beaucoup ferment les jours fériés. Une organisation est nécessaire pour les nouveaux arrivants.
Depuis 2017, les sacs plastique à usage unique sont interdits. Il faut donc prévoir des sacs réutilisables – vendus entre 1 et 4 USD, souvent décorés du logo Aruba, parfaits aussi comme souvenirs. Aux caisses de Super Food, le système de chariots fonctionne avec un dépôt (pièce de 25 cents US ou jeton dédié).
Autre particularité : les jeunes qui emballent vos courses et les portent jusqu’à votre voiture ne sont généralement pas salariés. Ils vivent de pourboires, généralement entre 1 et 3 USD selon le volume de vos achats. Beaucoup financent ainsi leurs études.
Côté monnaie, l’Aruban Florin (AWG) reste la devise officielle, avec un taux d’environ 1,75 florin pour 1 dollar US. Mais le dollar américain est accepté partout, les prix étant fréquemment affichés dans les deux devises. Avoir un peu de cash reste pratique pour les petits marchés, les food trucks ou les pourboires, même si les cartes bancaires sont largement acceptées.
Produits typiques à mettre dans votre panier
Les supermarchés nationaux et certains marchés spécialisés vous donnent accès à un pan entier de la gastronomie locale que vous ne trouverez pas forcément au restaurant.
On y trouve :
– des fromages néerlandais, dont les grosses meules de Gouda et d’Edam nécessaires pour préparer un keshi yena maison ;
– des mélanges d’épices locales (souvent étiquetés “Aruban Seasoning” ou sazón), des sauces piquantes à base de papaye ou de piments Madame Jeanette (pica di papaya) ;
– du funchi en mélange prêt à cuire, du maïs blanc ou jaune pour faire votre propre pan bati ;
– une belle offre de poissons et fruits de mer, parfois déjà marinés pour le barbecue (brochettes de bœuf ou poulet à l’ail ou aux épices) ;
– des plats préparés locaux comme le chicken stoba au comptoir traiteur.
Des boutiques comme Aruba Aloe Factory & Museum proposent également de l’aloe pour la cuisine ou les boissons, tandis que les étalages d’alcool affichent les bières locales Balashi et Balashi Chill, le rhum Palmera et la liqueur Coecoei, élaborée à partir de sève d’agave, de rhum et de sucre de canne, introuvable en dehors de l’île.
Pour un expatrié qui souhaite recréer des plats appris chez des amis ou en cours de cuisine, tout le nécessaire est finalement accessible à quelques kilomètres de chez soi.
Du champ à l’assiette : la montée du local et du durable
Aruba doit composer avec un climat aride et une dépendance historique aux importations alimentaires. Pourtant, un réseau croissant de petites fermes, de projets hydroponiques et d’initiatives bio est en train de changer la donne.
Fermes et produits locaux
Divers producteurs se sont spécialisés dans des segments précis :
Découvrez la diversité de l’agriculture arubaine à travers ses fermes innovantes et leurs productions spécifiques.
Local Pride Farms et Cunucu Fresh cultivent laitues, roquette, kale et micro-pousses. Happyponics et 297 Farm se spécialisent dans les salades hydroponiques.
Goshen produit concombres locaux, haricots longs, pastèque, menthe et moringa. Cocolishi Greens fournit poivrons, laitues, papayes, bananes, radis et tomates.
Farmacure Fungi et Deli Caribbean / Daily Growing proposent des champignons gourmets et médicinaux.
Cunucu Jaburibari récolte cacahuètes, courges et haricots. Cunucu di Jimmy est réputé pour ses 45 variétés de pitayas (fruits du dragon), ananas, gombo et concombres.
Family Farm Aruba élève des tilapias en aquaponie. Cunucu Aruba Dushi Tera et Primo Farms produisent des œufs frais.
Côté produits transformés, des apiculteurs comme Lui Bee Farm ou Cunucu Mondi Fierno, mais aussi Eco Living Aruba ou le projet Altovista Winery enrichissent la palette locale avec miels, hydromels, vins, rhums, sirops de gingembre (Aruba Ginger), pâtes artisanales (Italia Aruba), cafés torréfiés sur place (Island Grind, Kompananzi) et bières (Balashi).
Marchés fermiers et “fruitarias”
Ces producteurs se retrouvent régulièrement dans des marchés fermiers récurrents : marché du samedi à Savaneta chez 297 Farms, marché d’Alto Vista chez STR Agriculture, marchés mensuels à Santa Rosa, événements ponctuels dans le parc national Arikok ou à la ferme aux autruches.
Plusieurs épiceries de fruits et légumes, comme Virgilio, Frutería Paradera, Fruteria La Estacion ou Fruteria La Economica, sont disséminées dans l’île. Elles permettent d’acheter des produits frais à des prix souvent compétitifs, en complément des autres marchés.
Pour un expatrié, fréquenter ces marchés et fruitarias n’est pas seulement un geste “écolo”. C’est aussi l’occasion de pratiquer son Papiamento, de comprendre la saisonnalité tropicale (les longues listes de fruits disponibles selon les mois – mangues, caramboles, sapotilles, litchis, jacquiers, plusieurs variétés d’avocats et de fruits du dragon), et de tisser un lien direct avec ceux qui travaillent la terre dans un environnement difficile.
Un tableau pour comparer quelques grandes sources d’alimentation
| Source | Atout principal | Pour qui ? |
|---|---|---|
| Super Food / Ling & Sons | Large choix, import + produits locaux | Expat débutant, familles |
| PriceSmart | Achat en gros, prix de volume | Colocs, longues missions, grands ménages |
| Mini-marchés de quartier | Proximité, horaires étendus | Sans voiture, courses d’appoint |
| Fermes locales / marchés | Produits ultra-frais, soutien local | Amateurs de cuisine, écolo convaincus |
| Fruitarias | Bons prix sur les fruits & légumes | Budget serré, gros consommateurs de frais |
Cours de cuisine et food tours : apprendre au lieu de seulement consommer
Pour dépasser le stade du client de restaurant et devenir vraiment acteur de votre intégration culinaire, rien ne vaut un cours de cuisine ou une visite guidée axée sur la gastronomie.
Cuisiner dans une maison cunucu avec une cheffe caribéenne
Un exemple marquant est la “Caribbean Cooking Class in Aruba” animée par la cheffe Kari Heron dans sa maison traditionnelle de Noord. L’expérience, organisée en petits groupes (10 personnes maximum), dure environ deux heures et demie. Les participants préparent ensemble un menu complet, de l’entrée au plat principal, avec des recettes inspirées des Caraïbes – poulet jerk, poulet façon caribéenne, riz à la noix de coco, plantains frits, pois chiches au curry, chips de plantain et salsa, accompagnés de mocktails colorés.
Tous les équipements et ingrédients sont fournis. Les régimes spécifiques (végétarien, végane, allergies) sont acceptés sur demande préalable. La classe se termine par un dîner convivial et se déroule en anglais. Le prix est d’environ 150–165 USD par personne, avec une politique d’annulation flexible. Cette expérience très bien notée est idéale pour rencontrer d’autres participants et s’immerger dans une culture culinaire.
Découvrir la cuisine locale avec un guide
Les food tours constituent une autre porte d’entrée. L’entreprise Aruba Eats, par exemple, organise des circuits “Sip & Savor Aruba” à l’heure du déjeuner et “Noche de Sabores” le soir. Chaque tour dure entre 2 h 30 et 3 heures, comprend cinq à six arrêts dans des établissements locaux, et propose des accords avec des cocktails à base de rhum et vodka arubains, des bières Balashi, des jus maison.
Les guides parlent anglais, espagnol, néerlandais et Papiamento, ce qui en fait une excellente première immersion linguistique. Les prix oscillent autour de 85–96 USD pour les adultes (moins pour les enfants), avec possibilité de pick-up à la demande. Les arrêts mélangent restaurants, snacks, bars, stands de rue, et les “moments photo” sont prévus.
Pour une célébration ou une occasion spéciale, il est possible d’engager un chef privé à Aruba pour un repas à domicile. Des services comme Chefs Aruba proposent des menus en plusieurs services incluant des plats tels que ceviche, tataki de thon, coquilles Saint-Jacques ou surf & turf. Bien que le coût soit élevé (certains forfaits dépassent 1 400 USD), cette expérience garantit un souvenir unique.
Comment choisir et rentabiliser ces expériences
Pour trouver un cours ou une visite, les plateformes comme Viator, TripAdvisor, les recommandations des concierges d’hôtel ou l’office de tourisme (Aruba Tourism Authority) sont de bons points de départ. Certains conseils sont valables pour presque toutes les activités :
– réserver à l’avance, surtout en haute saison ou pendant le Carnaval ;
– venir avec des vêtements et chaussures confortables, et surtout l’estomac vide ;
– poser des questions, prendre des notes, photographier les étapes si vous comptez reproduire les recettes chez vous ;
– préciser à l’avance vos restrictions alimentaires.
Le coût d’un cours de 3 à 4 heures se situe souvent entre 100 et 150 USD par personne. Rapporter dans ses bagages mentaux deux ou trois recettes et une meilleure compréhension des épices locales est un investissement très rentable pour un expatrié qui cuisinera ensuite régulièrement chez lui.
Boire local : bières, cocktails et boissons de fête
Aucun guide culinaire ne serait complet sans évoquer ce qui accompagne les repas. Aruba dispose de plusieurs boissons emblématiques.
La bière nationale, Balashi, est un lager léger et rafraîchissant, parfait pour le climat. Sa petite sœur, Balashi Chill, se boit souvent avec un quartier de citron vert. Dans les bars et restaurants, ces bières sont omniprésentes, aux côtés d’autres marques internationales.
Le rhum local Palmera est à la base de nombreux cocktails, dont le fameux Aruba Ariba. Ce mélange sucré et puissant contient de la vodka, du rhum, de la liqueur Coecoei, de la crème de banane, du jus de fruits, de la grenadine et du Grand Marnier. Servi dans un grand verre glacé, il est considéré comme un rite de passage pour les visiteurs, à consommer avec modération.
La Coecoei, liqueur à base de sève d’agave, de rhum et de sucre de canne, a la particularité de ne pas être exportée. Si vous tombez amoureux de son goût, il faudra en profiter pendant votre séjour ou en emporter dans vos bagages dans les limites autorisées.
En période de fêtes de fin d’année, le ponche crema – cousin caribéen du lait de poule – fait son apparition, tout comme le chuculati pinda (chocolat chaud enrichi de beurre de cacahuète), particulièrement apprécié à Noël. Et pour les jours plus ordinaires, les jus frais, shakes de fruits tropicaux et awa di lamunchi (limonade maison) permettent d’explorer les saveurs du verger local sans alcool.
Festivals, événements et culture de la rue
Vivre à Aruba signifie aussi se caler sur un calendrier généreux en événements où la nourriture tient toujours un rôle, même si ce n’est pas l’affiche principale.
L’Autentico Aruba Culinary Festival, sur plusieurs jours, met en lumière la créativité de la scène gastronomique locale, en réunissant chefs arubains et invités internationaux autour de menus spéciaux, d’expériences immersives et de démonstrations. Pour un expatrié, c’est un concentré d’idées de restaurants à essayer.
Le Bon Bini Festival est un événement hebdomadaire organisé chaque mardi dans le Fort Zoutman à Oranjestad. Il sert de parfaite introduction à la culture arubaine, proposant des spectacles de musique et de danses traditionnelles, des démonstrations culinaires et des stands de plats typiques. Ce festival est souvent considéré comme un résumé hebdomadaire de l’île, où l’expression d’accueil ‘Bon bini !’ est fréquemment entendue.
Les grandes fêtes comme le Carnaval ou la National Anthem and Flag Day multiplient aussi les stands de street food, où l’on sert saco (mélange de frites, plantains, poulet, ribs et johnny cake dans un sac en papier), brochettes, pastechi, bières et cocktails. Ce sont des moments privilégiés pour tester les adresses éphémères que les locaux se recommandent entre eux.
Étiquette, langue et petits gestes qui comptent
Au-delà des recettes, quelques réflexes vous aideront à vous sentir vite à l’aise dans la scène culinaire locale.
Commencer ses échanges par un Bon dia (bonjour le matin), Bon tardi (l’après-midi), Bon nochi (le soir) change immédiatement le ton, que ce soit avec une caissière de supermarché, un vendeur de fruits au bord de la route ou un serveur. Conclure par Masha danki (merci beaucoup) est tout aussi apprécié.
À Aruba, pays au caractère conservateur malgré sa diversité, il est recommandé de modérer son ton, d’éviter de poser les coudes en permanence sur la table et d’écarter les débats trop polarisants lors des repas.
Enfin, gardez à l’esprit les règles environnementales : il est illégal de ramasser sable et coquillages sur les plages, de toucher les coraux, ou de jeter des déchets dans la nature (les amendes peuvent être salées). La cuisine locale étant largement tournée vers la mer, protéger ces écosystèmes revient aussi à protéger les ressources alimentaires de l’île. Utiliser une crème solaire “reef-safe”, soutenir les restaurants et excursions qui mettent en avant des pratiques durables, participer à des initiatives de “voluntourism” sont autant de façons d’aligner votre assiette avec vos valeurs.
De touriste à voisin : faire de la cuisine un vecteur d’intégration
Au fil des semaines, vous verrez que la gastronomie locale peut devenir votre meilleur allié pour bâtir une vie à Aruba qui ne ressemble pas à des vacances prolongées, mais à une vraie installation.
Pour s’intégrer localement, privilégiez les petits restaurants de quartier (comedor) aux buffets d’hôtel, achetez le poisson directement aux pêcheurs, fréquentez le marché fermier et prenez un café dans les snacks locaux où les habitudes sont partagées. Ces gestes vous feront passer du statut de touriste à celui d’habitant.
La cuisine arubaine, avec son mélange d’influences néerlandaises, africaines, sud-américaines, caribéennes et asiatiques, est le reflet de ce que signifie vivre sur l’île : composer avec des identités multiples, créer quelque chose de nouveau à partir d’héritages divers, et considérer que la table est un lieu où tout le monde a sa place. Pour un expatrié, apprendre à dire E ta dushi (“C’est délicieux”) au bon moment peut ouvrir plus de portes qu’un long discours.
En fin de compte, découvrir la gastronomie locale à Aruba, ce n’est pas seulement accumuler des adresses de restaurants. C’est apprendre à faire ses courses comme un Arubain, connaître les plats de fête aussi bien que les snacks de coin de rue, comprendre ce que signifie un dîner dans une maison cunucu, reconnaître un bon stoba ou un pastechi réussi, se souvenir que derrière chaque assiette se cache l’histoire d’une petite île qui a appris à cuisiner avec le monde entier.
Et c’est, surtout, accepter cette invitation que l’on vous adressera souvent en Papiamento : Bon bini na mesa – bienvenue à table.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Aruba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Aruba pour son régime fiscal favorable aux non-résidents, l’absence d’impôt sur la fortune, une fiscalité attractive sur les revenus de capitaux étrangers et un cadre de vie premium (coût de la vie inférieur aux grandes capitales européennes, environnement sécurisé et climat stable). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du permis de résidence via investissement immobilier, couverture santé privée adaptée, ouverture et transfert de comptes bancaires internationaux, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocats, immigration, gestionnaires de patrimoine) et intégration patrimoniale globale (analyse, restructuration et préparation de la transmission).
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