Coin de Caraïbes à taille humaine, Aruba concentre sur moins de 70 miles carrés tout ce qui fait rêver les voyageurs : plages de carte postale, désert de cactus battu par les alizés, falaises battues par la houle, grottes couvertes de peintures indiennes, épaves mythiques et villages colorés. Surnommée “One Happy Island”, l’île néerlandaise vit largement du tourisme, mais parvient encore à surprendre ceux qui prennent le temps de sortir des hôtels de Palm Beach et Eagle Beach.
L’île d’Aruba offre une grande variété de paysages accessibles en peu de temps : des lagons turquoise peu profonds, des dunes blanches quasi lunaires, des criques volcaniques isolées et des centres-villes aux façades coloniales pastel. Il est recommandé d’explorer la côte ouest paisible, la côte est sauvage et le cœur désertique du parc national.
Arikok National Park, le visage sauvage d’Aruba
Difficile de parler des incontournables d’Aruba sans commencer par Arikok National Park. Ce vaste territoire protégé, installé sur la partie orientale de l’île, occupe près de 20 % de la surface d’Aruba, soit environ 34 km². C’est ici que l’on comprend pourquoi on décrit souvent Aruba comme une île désertique : cactus géants, buissons épineux, sol rocailleux sculpté par le vent et vagues fracassantes sur les falaises calcaires.
Le parc, officiellement protégé depuis 2000, est l’endroit où se croisent nature, histoire et culture. On y trouve des collines volcaniques, des grottes couvertes de dessins amérindiens, des ruines de mines d’or, mais aussi des plages secrètes où les tortues viennent pondre.
Un parc structuré, mais encore très brut
Arikok se visite en voiture, à pied, à cheval ou en VTT, mais pas n’importe comment. Les routes principales sont rares et une grande partie des pistes intérieures reste non asphaltée, rocheuse et parfois chaotique. Un 4×4 est fortement recommandé pour s’y aventurer, surtout vers la côte nord-est. Les allers-retours en quad ou buggy (ATV/UTV) sont désormais interdits à l’intérieur du parc pour protéger les sols et la faune.
Deux entrées principales structurent la visite : San Fuego, avec un centre des visiteurs moderne en bois et verre climatisé, café et plans détaillés ; et Vader Piet, un accès plus discret à l’extrémité est. L’entrée est payante et finance la conservation, l’entretien et les programmes éducatifs. Comptez un droit d’accès individuel, contrôlé via un bracelet. Le parc ouvre généralement de 8 h à 16 h, ce qui impose de planifier ses randonnées assez tôt pour éviter la grosse chaleur et ne pas rester coincé à la nuit tombée.
Les rangers assurent la présence sur le terrain, informent les visiteurs et proposent des randonnées guidées, parfois gratuites si elles sont réservées en amont, ou payantes pour des groupes privés. La vitesse est limitée à 20 km/h sur les routes internes, un détail à ne pas prendre à la légère compte tenu des chèvres, ânes et lézards qui traversent à leur guise.
Conchi, la Natural Pool : bijou caché de la côte nord-est
Symbole du parc et véritable attraction star, la Natural Pool – aussi appelée Conchi ou Cura di Tortuga – est un bassin d’eau de mer naturellement protégé par un rempart de laves volcaniques noires. Au milieu d’un littoral escarpé où les vagues du large se fracassent violemment, cette cuvette rocheuse forme un havre relativement calme pour se baigner et faire du snorkeling.
Le charme unique du lieu provient du contraste entre le désert brûlant, l’océan agité et le bassin clair et calme. Ce bassin permet la baignade et l’observation de poissons multicolores à marée calme, mais peut être fermé pour sécurité lorsque la hulle est forte et que les vagues franchissent la barrière rocheuse.
Accéder à Conchi fait partie de l’expérience. Les voitures classiques sont exclues : soit on vient en 4×4 accompagné d’un guide expérimenté, soit on opte pour la randonnée ou la balade à cheval. Depuis le Visitor Center, un sentier d’environ 7 à 8 km aller-retour serpente dans les collines et la rocaille. Une autre option consiste à partir de Daimari Beach, un itinéraire plus court mais mal balisé qui longe une succession de criques sauvages et de dunes.
Au bout du chemin, un escalier de près de 90 marches taillées dans le rocher dévale vers la piscine naturelle. Sur place, aucune infrastructure lourde : pas de sanitaires, parfois un vendeur ambulant de boissons, et un ranger quand les conditions l’exigent. Les rochers, mouillés et couverts d’algues, sont extrêmement glissants. Des chaussures d’eau solides sont presque indispensables, autant pour l’accès que pour le snorkeling ou les sauts depuis les rochers de 5 à 15 pieds de haut.
À prévoir pour une visite de Conchi
| Élément | Recommandation |
|---|---|
| Accès | Randonnée, cheval ou 4×4 (via tour organisé de préférence) |
| Difficulté | Moyenne à soutenue (chaleur, absence d’ombre, terrain rocailleux) |
| Durée totale | 3 à 4 heures (trajet + baignade) |
| Équipement utile | Chaussures de marche + chaussures d’eau, snorkel, chapeau |
| Sécurité | Vérifier vents et houle, suivre les consignes des rangers |
Grottes et peintures indiennes : Fontein, Quadirikiri, Huliba
Arikok abrite plusieurs grottes calcaires spectaculaires, formées par l’érosion des anciens récifs coralliens. Certaines servent de refuges aux chauves-souris, d’autres dévoilent des ouvertures naturelles qui laissent filtrer des rayons de lumière presque théâtraux.
Fontein Cave, la plus emblématique sur le plan culturel, renferme sur ses parois des pictogrammes rouge brun attribués aux Indiens Caquetío, un peuple arawak qui occupait l’île avant l’arrivée des Européens. Des graffitis du XIXᵉ siècle, laissés par des colons, cohabitent avec ces traces plus anciennes. Stalactites, stalagmites, odeur métallique et ombres des chauves-souris complètent l’ambiance.
Quadirikiri (ou Guadirikiri) se distingue par deux vastes salles éclairées par des trous dans le plafond : au bon moment de la journée, les faisceaux de lumière découpaient littéralement l’air chargé de poussière. Des milliers de chauves-souris y vivent, et une légende locale prétend que capter la lumière dans les deux ouvertures ferait exaucer un vœu.
Huliba, surnommée le Tunnel of Love pour son entrée en forme de cœur, est une cavité d’environ 90 mètres nécessitant une lampe torche et un bon sens de l’orientation. Ces grottes ne sont pas uniquement des sites touristiques : elles jouent un rôle écologique crucial en abritant des chauves-souris, des pollinisateurs essentiels sur cette île aride. Il est donc impératif de respecter strictement les règles du parc : maintenir le silence, éviter les flashs photographiques et ne pas toucher les animaux.
Plages sauvages du parc : Dos Playa, Boca Prins et consorts
Rien à voir avec les eaux calmes d’Eagle Beach. Sur la façade orientale d’Aruba, les “bocas” – ces anses où la mer s’engouffre – affichent un tout autre visage. Dos Playa, par exemple, est une double crique de sable doré, encaissée entre des falaises. Le décor est magnifique, mais la baignade déconseillée : les vagues y sont puissantes et les courants traîtres. Les bodyboarders aguerris y trouvent leur compte, tandis que les tortues marines y viennent parfois pondre (tortues luth et vertes).
Plus au nord, Boca Prins offre une succession de dunes et de falaises de calcaire où la houle se fracasse dans un grondement continu. Ici, un café installé en hauteur permet de contempler le spectacle sans risquer le moindre rouleau : la baignade est interdite tant les conditions sont dangereuses.
D’autres criques comme Boca Keto ou Moro se découvrent à pied, au fil de sentiers qui suivent d’anciens lits de rivières asséchées. L’isolement est quasi garanti, et il n’est pas rare de ne croiser que quelques chèvres ou un âne en liberté.
Collines, mines d’or et maisons traditionnelles
À l’intérieur du parc, les reliefs dominent le paysage. Sero Arikok, qui a donné son nom au parc, culmine à 185 mètres, avec à son sommet un balisage aérien pour le trafic. Un sentier relie cette butte à la Natural Pool. Sero Jamanota, à 188 mètres, constitue le point le plus élevé de toute l’île et offre un panorama impressionnant sur Aruba.
Arikok, c’est aussi une plongée dans l’histoire minière. Au XIXᵉ siècle, Aruba a connu une ruée vers l’or, dont subsistent des ruines de mines et de fours de fusion, comme celles de Miralamar, noyées dans la végétation sèche. On tombe également sur un moulin à vent solitaire ou une petite maison abandonnée en quittant le parc, rappelant la vie rurale d’autrefois.
Une réplique de maison traditionnelle, reconstruite après un ouragan, illustre les méthodes de construction historiques adaptées à l’environnement aride. Sa structure utilise du bois de cactus, et ses murs sont faits d’un mélange de boue, sable, argile et eau salée appelé « Torto ». L’extérieur est complété par des clôtures végétales de cactus plantés serrés, les « trankeras », démontrant un mode de vie résilient face à la sécheresse.
Une biodiversité adaptée à la sécheresse
Malgré le climat aride, Arikok regorge de vie. Les cactus y jouent un rôle central : certains, comme le “Turk’s cap” (bushi), portent des baies roses comestibles ; d’autres, comme les figuiers de Barbarie, nourrissent une foule d’oiseaux. Certaines plantes urticantes, telle la bringamosa, provoquent des irritations comparables à celles du sumac vénéneux, qu’une autre plante locale, la seida, permet d’apaiser.
Les aloès, anciens piliers de l’économie insulaire, parsèment encore les versants. Le Wayaka, un arbre à croissance lente, ancre profondément ses racines pour puiser la moindre goutte d’eau souterraine.
Côté faune, le parc abrite plusieurs espèces endémiques et menacées : le serpent à sonnette d’Aruba (cascabel), rarissime ; le lézard whiptail très coloré (kododo) ; et surtout le shoco, petite chouette qui vit dans des terriers et a été choisi comme oiseau national. Les grottes vibrent du battement d’ailes des chauves-souris, essentielles à la pollinisation des cactus, tandis que les sentiers sont régulièrement coupés par des iguanes, des chèvres et des ânes en liberté.
Randonner dans le mondi
Plusieurs sentiers balisés, repérables grâce à des poteaux cerclés de couleurs (vert, bleu, rouge), permettent d’explorer ce “mondi”, le terme local pour désigner la brousse aride. Le Cunucu Arikok Trail, boucle facile d’environ 3 km au départ du Visitor Center, traverse d’anciens terrains agricoles. Le Miralamar Trail, plus exigeant, emmène vers des ruines de mines d’or sur 7 km environ. Le Jamanota Hilltop Trail vise, lui, le sommet de Sero Jamanota, avec un effort soutenu récompensé par une vue à 360 degrés. D’autres itinéraires relient collines et plages, comme la longue boucle de près de 14 km entre Jamanota, Fontein Cave et Dos Playa.
Le climat dictant la règle du jeu, la saison sèche (de la mi‑décembre à septembre) est la plus propice aux randonnées, même si la chaleur impose casquette, crème solaire, au moins 2 à 3 litres d’eau par personne, chaussures fermées et une trousse de premiers secours. Il n’existe pas de bus public pour rejoindre le parc, ce qui renforce l’intérêt de louer un véhicule adapté ou de réserver un tour avec un opérateur installé sur l’île.
Plages emblématiques : du lagon familial aux anses secrètes
Si le parc national donne à voir le versant rugueux d’Aruba, la majorité des visiteurs tombe d’abord sous le charme de ses plages de la côte ouest et sud : sable blanc corallien, eau turquoise, vagues souvent dociles et couchers de soleil flamboyants. Toutes les plages sont publiques, même celles bordées par des hôtels.
Palm Beach : le cœur animé de la zone hôtelière
Sur la façade occidentale, Palm Beach concentre l’essentiel de la vie touristique. Cette bande de sable d’environ 3 km borde la “High Rise Area”, où se succèdent grands hôtels internationaux, restaurants, bars de plage et centres commerciaux. Sur la promenade pavée plantée de palmiers, on trouve tout ce qui peut occuper un vacancier : de la petite baraque à smoothies à la boîte de nuit, en passant par les casinos et les beach clubs.
Les eaux y sont calmes, idéales pour la baignade et le farniente, même si le fond peut donner une impression légèrement “molle” par endroits et que les algues y sont fréquentes. C’est aussi l’un des principaux points de départ pour les excursions en bateau : catamarans de snorkeling vers l’épave de l’Antilla, croisières au coucher du soleil, sorties en jet-ski, banane tractée ou flyboard se réservent en quelques pas.
Eagle Beach : la plage de carte postale plusieurs fois primée
Juste au sud, Eagle Beach joue dans un autre registre : plus large, plus aérée, moins urbanisée. Elle fait partie de la “low-rise area”, des hôtels de faible hauteur qui laissent davantage l’horizon dégagé. Le sable y est extraordinairement fin et clair, l’eau limpide, sans algues, et les emblématiques arbres fofoti – torturés par le vent permanent – offrent un décor que l’on retrouve sur quantité de photos de mariage.
Eagle Beach est régulièrement classée parmi les meilleures plages du monde, notamment par les Travelers’ Choice de TripAdvisor. Elle est équipée de palapas publics gratuits, accessibles selon le principe du premier arrivé, premier servi, et bénéficie d’un réseau wifi gratuit, ce qui est rare pour une plage caribéenne.
Face à la plage, plusieurs hôtels de charme comme l’Amsterdam Manor Beach Resort affichent une architecture néerlandaise revisitée en mode tropical. Le soir venu, certains restaurants comme Passions on the Beach dressent leurs tables directement dans le sable pour dîner au rythme du soleil couchant.
Comparatif rapide de quelques plages phares
| Plage | Atout principal | Ambiance | Baignade |
|---|---|---|---|
| Palm Beach | Animations, bars, sports nautiques | Très animée | Eau calme, fréquentée |
| Eagle Beach | Sable et paysage emblématiques | Détendue | Eau calme, peu d’algues |
| Baby Beach | Lagon peu profond, familial | Familiale, locale | Eau très calme, peu profonde |
| Arashi Beach | Snorkeling, coucher de soleil | Calme, conviviale | Eau claire, idéale pour nager |
| Mangel Halto | Snorkeling avancé, mangroves | Plutôt tranquille | Courants parfois forts |
Baby Beach : un immense “pataugeoire” naturel au sud
Tout au sud de l’île, près de San Nicolas, Baby Beach forme un lagon en demi-lune protégé du large par une digue artificielle. L’eau y dépasse rarement 1,5 m de profondeur, reste chaude, limpide et presque plate, ce qui en fait un spot rêvé pour les familles avec de jeunes enfants et les débutants en snorkeling.
Deux restaurants-bars et des food trucks occasionnels proposent de la restauration. Des chaises longues et des abris sont en location, mais les cabanes fixes sont chères. L’ombre naturelle étant limitée, il est conseillé d’apporter un parasol, des vêtements anti-UV et de bien s’hydrater.
Pour le snorkeling, il faut s’aventurer près de la barrière rocheuse, plutôt sur la gauche en sortant de la plage : on y croise poissons tropicaux dans une eau toujours très claire. En revanche, du fait de son orientation au sud-est, Baby Beach n’est pas idéale pour admirer le coucher de soleil, mieux visible sur la côte ouest.
Arashi, Tres Trapi, Boca Catalina : le trio snorkel au nord-ouest
Non loin du California Lighthouse, Arashi Beach séduit ceux qui veulent une ambiance plus locale et décontractée. Grande étendue de sable blanc, eau calme et transparente, quelques palapas, un snack-bar : le tableau est simple mais efficace. C’est l’un des meilleurs points de départ pour faire du snorkeling accessible, avec une zone débutant sur la gauche, peu profonde, et une zone plus technique sur la droite avec davantage de courant.
Tres Trapi, signifiant ‘trois marches’, est une petite anse rocheuse accessible par un escalier de pierre. Ce site est réputé pour être l’un des plus fiables pour observer des tortues marines tôt le matin. On peut aussi y voir parfois des raies et des barracudas. L’eau y est claire, mais il y a peu de sable. Il est recommandé de porter des chaussures d’eau en raison des rochers coupants.
Entre les deux, Boca Catalina offre une crique sableuse très calme, prisée des familles locales, avec une mise à l’eau facile. Un balisage flottant délimite la zone de baignade, idéale pour un snorkeling en douceur. Les tortues viennent régulièrement y brouter les herbiers, cohabitant avec une belle variété de poissons tropicaux.
Mangel Halto : le royaume du snorkeling parmi les mangroves
Sur la côte sud-est, du côté de Pos Chiquito et Savaneta, Mangel Halto change de décor. Ici, le rivage est en partie occupé par des mangroves qui plongent leurs racines dans l’eau turquoise. Une petite plage de sable, un ponton en bois, quelques plateformes dominent un lagon dont la palette de bleus impressionne.
Sous l’eau, c’est pourtant que Mangel Halto donne sa pleine mesure. Les récifs coralliens, encore relativement préservés, accueillent des poissons-perroquets, des poissons trompettes, des angelfish, mais aussi des murènes ou même une épave de remorqueur (Kappel Wreck). La zone est divisée en niveaux de difficulté implicites : proche du rivage pour les débutants, puis de plus en plus au large pour les nageurs confirmés. Les courants peuvent être puissants lorsqu’il y a du vent, et la prudence s’impose. Un gilet de flottabilité ou une bouée de sécurité ne sont pas de trop pour les moins à l’aise.
Sites naturels emblématiques hors du parc : falaises, dunes et rochers
En dehors d’Arikok, l’île recèle d’autres curiosités naturelles accessibles en voiture standard ou via des excursions.
California Lighthouse et dunes de Hudishibana
À l’extrême nord-ouest, le California Lighthouse se dresse sur le plateau de Hudishibana, dominant plages et dunes. Cette grande tour de pierre claire, haute d’une trentaine de mètres, a été construite au début du XXᵉ siècle pour sécuriser la navigation après le naufrage du vapeur S.S. California au large des côtes. Classée monument national, restaurée puis ouverte au public, elle permet aujourd’hui de monter jusqu’à une plateforme d’observation offrant une vue circulaire à 360°.
On y embrasse à la fois les plages d’Arashi et de Malmok, la bande des hôtels de Palm Beach, les dunes blanches voisines, les récifs du nord et, par temps très dégagé, la côte vénézuélienne. Le site est gratuit en accès extérieur, mais l’ascension de l’escalier intérieur est payante. Le secteur étant très venté, mieux vaut prévoir des vêtements adaptés et des chaussures fermées pour marcher entre rochers et sable.
Le nom Hudishibana viendrait d’un mot arawak signifiant “là où souffle le vent”. Les dunes de Sasarawichi, parfois appelées California Dunes, y composent un paysage presque lunaire, protégé pour sa fragilité. Des pistes permettent de randonner dans ce désert de sable, tandis que quelques troupeaux de chèvres sauvages animent parfois l’horizon.
Hudishibana (origine arawak)
Arches de pierre et plages sauvages de la côte nord
La côte nord d’Aruba est aussi célèbre pour ses arches de roche que pour leurs effondrements spectaculaires. La grande Natural Bridge, longtemps star des brochures touristiques, s’est écroulée en 2005, mais ses ruines demeurent visitées, tout comme la “Baby Bridge” voisine, toujours intacte. Le littoral entre Bushiribana et Andicuri abrite plusieurs autres ponts naturels de plus petite taille, formés par l’érosion de la houle et du vent dans le calcaire.
Andicuri Beach, encaissée entre des falaises, offre un décor dramatique avec ses vagues puissantes, apprécié des surfeurs expérimentés. Blackstone Beach, non loin, dévoile quant à elle une grève de pierres sombres issues d’anciens flux de lave ainsi que de charmantes petites arches. Ces sites, bien que visuellement très séduisants, exigent une grande prudence : on ne s’y baigne pas à la légère.
Ayo et Casibari : des collines de rochers et des dessins précolombiens
Plus à l’intérieur des terres, Ayo Rock Formations et Casibari Rock Formations constituent deux ensembles de blocs de diorite vieux d’environ 90 millions d’années, qui semblent surgis de nulle part au-dessus de la plaine. À Ayo, des passerelles et escaliers permettent de se faufiler entre ces masses rocheuses, dont certaines silhouettes évoquent un gorille, un serpent ou un lapin. Sur certaines parois, des pétroglyphes réalisés par les Indiens arawaks rappellent l’ancienneté de l’occupation humaine.
Deux sites de rochers monolithiques à visiter à Aruba, Casibari et Ayo, avec des conditions d’accès différentes.
Hooiberg : sommet emblématique au cœur de l’île
Au centre de l’île, le Hooiberg (“meule de foin”) domine le paysage de ses 165 mètres. Ce cône volcanique parfaitement identifiable, recouvert de buissons et herbes rases, est devenu un rite de passage pour les Arubains comme pour les visiteurs : un escalier de plus de 550 marches mène à son sommet, où une plateforme offre une vue panoramique époustouflante.
Par temps clair, on peut apercevoir une grande partie des côtes, les quartiers d’Oranjestad, les hôtels de Palm Beach, et même la silhouette lointaine de la côte sud‑américaine. Chevreaux et perruches colorées peuplent ses pentes, ajoutant une note de vie à ce relief austère. Monter tôt le matin ou en fin d’après‑midi permet d’éviter la fournaise de midi.
Histoire et culture : Oranjestad, San Nicolas et les vestiges du passé
Au‑delà de ses paysages, Aruba se découvre aussi à travers ses villes et ses sites historiques. Là encore, les distances restent modestes, et il est facile de combiner en quelques jours plages, patrimoine et art de rue.
Oranjestad : façades coloniales, musées et tramway gratuit
Capitale de l’île, Oranjestad concentre à la fois l’arrivée des croisières, les boutiques de luxe, les centres commerciaux et plusieurs bâtiments historiques. Les maisons aux pignons néerlandais repeints en jaune, bleu ou rose, contrastent avec les tours des banques et du Parlement. La ville, dont le nom rend hommage à la maison d’Orange, s’appelait autrefois “Playa Caballos” – la baie des chevaux – en référence au commerce équin qui alimentait autrefois l’économie locale.
Options de transport et points d’intérêt le long du front de mer et de la rue principale.
Circule depuis le terminal de croisière jusqu’au centre-ville, longeant la Main Street (Caya G.F. Betico Croes).
Rue bordée de boutiques, régulièrement traversée par les wagons colorés à deux étages du tramway.
Le tramway s’arrête près des monuments, des centres commerciaux (Royal Plaza, Renaissance Mall) et des marchés artisanaux.
Fort Zoutman, construit à la fin du XVIIIᵉ siècle pour protéger la rade contre pirates et ennemis, reste l’édifice le plus ancien de l’île. Son enceinte trapue et sa tour Willem III, ajoutée au XIXᵉ siècle, abritent aujourd’hui le musée historique. Là, une exposition permanente retrace l’évolution d’Aruba, de la préhistoire géologique au développement touristique, en passant par l’ère de l’aloès et celle du pétrole. Chaque mardi soir, la cour intérieure se transforme en scène pour le Bon Bini Festival, où danses folkloriques, musique en papiamento et stands culinaires célèbrent la culture locale.
Un peu plus loin, le Musée archéologique, installé dans d’anciennes maisons cunucu restaurées, expose des objets des Indiens Caquetío : poteries, bijoux en coquillage, crânes vieux de plusieurs millénaires. L’entrée y est gratuite, faisant de ce musée une étape idéale pour comprendre les racines amérindiennes de l’île.
Dans les rues d’Aruba, des statues comme celle de Betico Croes, héros de l’autonomie de l’île, et les chevaux bleus du projet Paardenbaai, illustrent la mémoire politique et sociale. Ces derniers rappellent l’importance historique de l’exportation de chevaux vers l’Europe.
San Nicolas : “sunrise city” et galerie à ciel ouvert
À l’autre bout de l’île, San Nicolas incarne un tout autre visage d’Aruba. Ancienne ville industrielle développée autour d’une raffinerie de pétrole (fermée depuis), elle s’est réinventée en capitale de l’art urbain. Les façades d’immeubles, des plus modestes aux plus imposantes, sont recouvertes de fresques réalisées par des artistes locaux et internationaux, notamment depuis la création de l’Aruba Art Fair et du Mural Festival.
On s’y promène aujourd’hui comme dans une exposition à ciel ouvert, à quelques minutes en voiture de Baby Beach et de Rodger’s Beach. L’ambiance y est plus locale, moins lissée que dans les zones hôtelières de Palm Beach, avec de petits restaurants fréquentés par les Arubains et une vie de quartier encore bien vivante.
Ruines d’or et chapelle isolée : Bushiribana, Balashi et Alto Vista
Le XIXᵉ siècle a laissé sur l’île des traces de la fièvre de l’or. Sur la côte nord, les Bushiribana Gold Mill Ruins dominent la mer : ces murs massifs en pierre, qui formaient autrefois un complexe de traitement du minerai, témoignent de la courte mais intense période d’exploitation aurifère débutée en 1824. Des sentiers faciles y conduisent depuis la route côtière, et beaucoup de circuits en 4×4 y font halte.
Près du Spanish Lagoon, les ruines de la fonderie de Balashi illustrent un second chapitre de l’histoire minière de l’île, marqué par l’utilisation de nouvelles techniques à la fin du XIXᵉ siècle pour exploiter de nouveaux gisements d’or.
Sur une colline un peu à l’écart, la petite chapelle d’Alto Vista, peinte en jaune vif, marque l’emplacement de la première église catholique d’Aruba, érigée en 1750 par des missionnaires espagnols. L’édifice actuel date des années 1950, mais reste un lieu de pèlerinage, accessible par une route ponctuée de stations du chemin de croix. Entourée de cactus, la chapelle offre un cadre propice au recueillement et un point de vue paisible sur la côte nord.
Quelques repères historiques et culturels majeurs
| Site | Période clé | Intérêt principal |
|---|---|---|
| Fort Zoutman | 1796–1798 | Plus vieux bâtiment, musée historique |
| Bushiribana | XIXᵉ siècle (or) | Ruines de fonderie de la ruée vers l’or |
| Alto Vista Chapel | 1750 (site d’origine) | Spiritualité, panorama, histoire religieuse |
| San Nicolas | XXᵉ siècle (raffinerie) | Street art, mémoire industrielle |
| Musée archéologique | Préhistoire–époque coloniale | Histoire des Caquetío et des colons |
Monde sous-marin : épaves, récifs et piscines naturelles
Aruba n’est pas seulement un paradis de sable et de roche. Sous la surface, l’île propose aussi de très beaux spots de snorkeling et de plongée, accessibles à tous les niveaux.
Antilla : le “ghost ship” devenu récif
Au large de la côte nord-ouest gît l’un des plus grands navires échoués des Caraïbes : l’Antilla, cargo allemand de plus de 120 mètres, sabordé en 1940 pour ne pas tomber entre les mains ennemies. Couchée sur le flanc à une soixantaine de pieds de profondeur, l’épave est suffisamment proche de la surface pour que la partie avant soit atteignable en snorkeling. Ses mâts remontent d’ailleurs à quelques mètres sous la surface.
En plus de son histoire, l’Antilla attire pour la vie marine qu’elle abrite : poissons tropicaux innombrables, éponges, coraux durs et mous. De nombreux catamarans partent de Palm Beach pour des sorties combinant l’Antilla et d’autres sites comme Boca Catalina ou Malmok Reef. C’est une excursion très prisée, souvent assortie de bar ouvert et de petit buffet à bord.
Requins… de pacotille et tortues bien réelles
Contrairement à d’autres destinations caribéennes, Aruba ne mise pas sur les rencontres avec de grands prédateurs, mais plutôt sur une faune colorée sûre pour les baigneurs : chirurgiens bleus, poissons-perroquets, poissons anges, demoiselles, murènes tapi dans les anfractuosités, raies ou petites langoustes. Les tortues marines, en particulier, restent l’un des graals des snorkeleurs. On les aperçoit notamment à Tres Trapi et Boca Catalina, où elles viennent brouter les herbiers peu profonds.
Pour explorer les sites de snorkeling et de plongée, plusieurs types d’excursions sont proposés : catamarans, petites embarcations, sorties en seabob ou en kayak transparent. Les départs s’effectuent principalement depuis Palm Beach et Eagle Beach. Certains circuits combinent la découverte marine avec des arrêts sur des plages isolées.
Faune, fermes et sanctuaires : un Aruba animalier
En marge des grands sites naturels et historiques, Aruba offre aussi une série de visites centrées sur les animaux, particulièrement appréciées des familles.
Papillons, autruches et animaux recueillis
Près de Palm Beach, la Butterfly Farm abrite dans un jardin luxuriant des centaines de papillons de toutes tailles, originaires du monde entier. On y découvre le cycle de vie des lépidoptères et l’on peut parfois tenir des chrysalides ou observer des naissances dans de petites serres annexes. Le billet d’entrée donne accès à des retours illimités sur une période d’un mois, pratique pour profiter de la lumière du matin ou du soir sans repayer.
Plus à l’intérieur, une ferme d’autruches et d’émeus accueille les visiteurs dans des enclos poussiéreux. Des visites guidées fréquentes y expliquent la biologie de ces grands oiseaux et offrent parfois la possibilité de les nourrir. Sur place, un restaurant sert des plats originaux comme des omelettes d’œuf d’autruche ou d’émeu.
Le Philip’s Animal Garden héberge, lui, des animaux exotiques et domestiques recueillis ou confiés, plus d’une cinquantaine d’espèces, des perroquets aux reptiles. L’objectif affiché : offrir un refuge durable à ces pensionnaires, tout en sensibilisant le public à la protection de la faune.
Les ânes, témoins à longues oreilles de l’histoire d’Aruba
Pendant des siècles, l’âne a été la monture et le moteur de transport principal à Aruba. Avec la modernisation de l’île, beaucoup ont été abandonnés ou blessés. Le Donkey Sanctuary, actif depuis environ un quart de siècle, s’est donné pour mission de les recueillir et de les soigner. Installé du côté de Santa Cruz (Bringamosa), il héberge aujourd’hui plus d’une centaine d’animaux, qui viennent quémander caresses et morceaux de carotte à travers les clôtures.
L’entrée est gratuite. Il est possible de nourrir les ânes avec la nourriture fournie sur place ou en apportant la sienne en respectant les consignes. Un don est le bienvenu pour soutenir la structure. Cette expérience offre une immersion dans un Aruba rural et authentique, en contraste avec les plages de la côte ouest.
Conseils pratiques pour profiter des incontournables
La découverte de ces sites demande un minimum de préparation. Le climat, bien que rêvé pour les amateurs de soleil, impose de vraies précautions, surtout dès qu’on s’éloigne de la mer.
Aruba bénéficiant de températures élevées toute l’année – entre 28 et 37 °C en moyenne – et d’un ensoleillement intense, la protection solaire est non négociable. Casquette ou chapeau, lunettes, crème solaire idéalement “reef-safe” pour limiter l’impact sur les coraux, vêtements anti‑UV pour les enfants et les nageurs, tout cela devrait figurer en haut de la liste. L’eau du robinet étant potable, remplir régulièrement sa gourde reste facile.
Côté transport, l’absence d’Uber ou de VTC rend le taxi, le bus ou la location de voiture incontournables. Les bus publics desservent assez bien l’axe Oranjestad–Palm Beach–Eagle Beach–Hadicurari, et une ligne relie Oranjestad à San Nicolas en une trentaine de minutes. Pour le parc national et la côte nord, la location d’un véhicule, si possible 4×4, s’avère toutefois le plus pratique, à moins de s’inscrire à des excursions organisées, nombreuses et bien rodées.
Enfin, même si Aruba est considérée comme une destination sûre et accueillante, les conseils de base s’appliquent : surveiller ses affaires sur les plages et parkings, ne pas laisser d’objets visibles dans une voiture, suivre les recommandations des rangers et des guides, particulièrement en bord d’océan et dans les grottes.
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En quelques jours seulement, on peut passer d’un bain dans un lagon peu profond de Baby Beach à une randonnée dans les collines arides d’Arikok, d’une montée essoufflante sur les marches du Hooiberg à une exploration de l’épave de l’Antilla, d’un coucher de soleil à California Lighthouse à une soirée de danse traditionnelle dans la cour de Fort Zoutman. C’est précisément cette diversité, concentrée sur une île compacte et facile à parcourir, qui fait d’Aruba une destination où chaque jour peut ressembler à une nouvelle île. Pour peu que l’on prenne le temps de quitter le transat, ses sites touristiques incontournables deviennent alors bien plus que des “spots Instagram” : de véritables portes d’entrée sur l’âme de One Happy Island.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Aruba, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Aruba, territoire autonome du Royaume des Pays-Bas, pour son régime fiscal favorable aux revenus étrangers, absence d’impôt sur la fortune, environnement politique stable et coût de la vie plus modéré que certaines grandes capitales européennes. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du permis de résidence via l’achat d’une résidence principale, coordination couverture santé locale / CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, fiscaliste, immigration) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), afin de sécuriser des économies fiscales substantielles et une diversification internationale maîtrisée.
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