S’installer à Aruba, c’est choisir le soleil quasi permanent, l’eau turquoise et un rythme de vie « poco poco » qui séduit de plus en plus de familles, de retraités et de nomades digitaux. Mais derrière les cartes postales, une question revient toujours avant de faire ses cartons : le quotidien y est‑il réellement sûr, pour soi et pour sa famille ?
Aruba est réputée comme l’une des îles les plus sûres des Caraïbes. Les gouvernements occidentaux recommandent d’y appliquer des précautions normales. Pour une expatriation réussie, il est essentiel de bien comprendre les risques réels, le fonctionnement des services publics, les règles locales et les comportements à adopter.
Ce guide propose un panorama complet de la sécurité à Aruba, vu à travers les yeux d’un futur résident : criminalité, santé, catastrophes naturelles, transports, cybersécurité, démarches administratives… L’objectif est simple : vous permettre de vous installer en toute connaissance de cause, en réduisant au maximum les mauvaises surprises.
Un environnement globalement sûr, mais pas exempt de risques
Aruba est largement considérée comme l’une des îles les plus sûres de la région caraïbe. Les chiffres de criminalité restent bas, la police est visible et les touristes comme les résidents déclarent souvent se sentir plus en sécurité sur place que dans leur pays d’origine. Les données de plateformes comme Numbeo situent le niveau de criminalité à un indice modéré (crime index autour de 30,8) et le sentiment de sécurité près de 70 sur 100, ce qui est élevé pour une destination touristique.
La réalité reste cependant nuancée. Des vols à la tire, quelques cambriolages et des faits divers existent, comme partout. Pour un expatrié, la vraie question n’est donc pas « l’île est‑elle sûre ? », mais plutôt : « quels sont les risques concrets et comment les gérer au quotidien ? ».
Ce que disent les chiffres sur la criminalité
Les statistiques disponibles montrent une situation plutôt rassurante, surtout au regard de la fréquentation touristique et de la population locale :
| Indicateur (données récentes) | Valeur approximative |
|---|---|
| Population résidente | ~110 000 habitants |
| Visiteurs annuels | ~1,5 million |
| Taux d’agressions / vols à main armée | ~7,2 / 100 000 hab. |
| Homicides recensés sur une année | ~18 cas |
| Taux d’homicides | ~16 / 100 000 hab. |
La plupart des crimes graves se produisent en dehors des zones touristiques et impliquent souvent des personnes qui se connaissent. Les violences visant directement des touristes ou des résidents étrangers demeurent rares. Les infractions qui concernent le plus les nouveaux arrivants sont de l’ordre de la petite délinquance :
Des vols opportunistes (objets laissés sans surveillance sur la plage, dans les voitures ou les halls d’hôtel), des pickpockets dans les zones très fréquentées (centre d’Oranjestad, bus, grands événements) et quelques cambriolages de logements (lorsque portes et fenêtres ne sont pas bien sécurisées) peuvent survenir. Il est conseillé de rester vigilant et de sécuriser vos affaires.
Chaque année, environ 5 000 faits de vol de véhicule (ou tentative) et de vol à l’étalage sont signalés. Cela peut sembler élevé, mais rapporté à la population + au flux touristique, ces chiffres restent relativement bas.
On observe par ailleurs des pics saisonniers. Pendant le Carnaval, de janvier à mars, les foules et l’alcool favorisent les vols à la tire et les bagarres ponctuelles. Il est donc recommandé d’être particulièrement attentif à ses effets personnels et à l’alcool pendant cette période.
Zones, quartiers et choix de lieu de vie
Pour un expatrié, choisir son quartier est aussi une décision de sécurité. L’île est divisée en huit districts, mais quelques zones concentrent l’essentiel de l’offre résidentielle et des services.
Découvrez les quartiers généralement considérés comme les plus sûrs et les plus pratiques pour s’installer dans la ville.
Un quartier sûr avec tous les commerces et services essentiels à proximité, idéal pour une installation facile.
Réputé pour son calme et sa sécurité, ce quartier est parfait pour les familles et les personnes recherchant la sérénité.
Pratique pour les professionnels, ce secteur offre une excellente accessibilité et une vie nocturne animée en toute sécurité.
Allie sécurité, espaces verts et commodités. Un cadre agréable et fonctionnel pour bien débuter.
| Zone / Quartier | Profil général et sécurité |
|---|---|
| Palm Beach | Bord de mer, nombreux hôtels, bars, restaurants, forte présence policière |
| Eagle Beach | Grande plage, ambiance un peu plus calme que Palm Beach, sécurisée |
| Noord (district) | Zone la plus prisée des expatriés, proche plages, commerces, écoles |
| Oranjestad (centre) | Capitale, animée, sécurité renforcée dans les zones touristiques |
| San Nicolas (zone hôtels) | Côté sud, plage Baby Beach, partie touristique plus surveillée |
Noord est souvent cité comme le meilleur compromis pour s’installer : proximité des belles plages, large choix de logements (appartements, maisons, gated communities comme Tierra del Sol ou Gold Coast Residences), vie sociale dynamique et environnement perçu comme très sûr. En contrepartie, les loyers sont parmi les plus élevés de l’île.
Les secteurs à aborder avec plus de prudence ne sont pas pour autant des « no go zones », mais ils méritent une vigilance accrue, surtout la nuit :
– certaines rues de San Nicolas, en particulier autour de la zone de prostitution encadrée
– les zones industrielles (San Nicolas, Savaneta)
– des villages de l’intérieur comme Santa Cruz ou Paradera, peu touristiques et plus isolés
– les plages reculées de la côte nord (Boca Keto, Dos Playa, Andicuri, Boca Grandi), pour des raisons de sécurité en mer autant que de sécurité personnelle
Pour un expatrié nouvellement arrivé à Aruba, il est conseillé de privilégier un logement dans des zones connues pour leurs infrastructures et leur vie de quartier, comme Noord, Eagle Beach, Palm Beach ou Oranjestad. Il est également recommandé d’éviter les rues mal éclairées, les plages désertes et les ruelles de San Nicolas tard le soir.
Comment réduire encore davantage le risque au quotidien
La petite délinquance qui existe est essentiellement opportuniste. Quelques habitudes suffisent à réduire fortement la probabilité d’en être victime :
– utiliser systématiquement le coffre‑fort de l’hébergement pour les passeports, grosses sommes d’argent, bijoux et documents importants
– porter seulement la somme de cash et les cartes nécessaires lorsque l’on sort
– ne jamais laisser de sac, appareil photo, téléphone ou portefeuille sans surveillance sur la plage, au bar de la piscine ou dans le hall d’un hôtel
– éviter de laisser quoi que ce soit de visible dans une voiture, surtout dans les 4×4 ou véhicules ouverts
– se déplacer plutôt en duo ou en groupe la nuit, sur des trajets connus et éclairés
– garder un œil sur ses affaires dans les lieux bondés (Carnaval, rues commerçantes, sorties de navires de croisière)
Les statistiques locales montrent que l’inquiétude des habitants concernant les agressions, les vols ou les carjackings reste faible. L’idée n’est pas de vivre dans la méfiance, mais d’appliquer le bon sens qu’on oublie souvent en vacances… alors qu’en expatriation, le réflexe doit redevenir automatique.
Un appareil de sécurité solide et accessible
Autre élément rassurant pour un futur résident : la présence d’un appareil policier structuré et visible. La police locale, le Korps Politie Aruba (KPA), compte plus de 600 agents, avec des patrouilles régulières dans les zones à forte fréquentation touristique, sur les plages, dans les centres commerciaux et autour des hôtels.
Une unité spécifique, la « Tourism Police », est chargée des secteurs comme Oranjestad et les zones hôtelières de Palm Beach et Eagle Beach. De nombreux agents parlent anglais, ce qui facilite les échanges pour les expatriés.
Il existe deux numéros d’urgence essentiels à connaître par cœur en cas de problème.
| Service | Numéro d’urgence |
|---|---|
| Police | 100 |
| Ambulance / Pompiers | 911 |
| Garde‑côtes | 913 |
L’île dispose de postes de police dans les principaux districts (Oranjestad, Noord, San Nicolas, Santa Cruz), et les expatriés peuvent se rendre directement dans un commissariat pour déposer plainte ou demander de l’aide. En cas de crime, il est impératif de signaler l’incident à la police arubaise, puis à son consulat ou ambassade de rattachement (par exemple, le consulat américain à Curaçao).
La loi impose par ailleurs de porter une pièce d’identité en permanence. Dans les faits, beaucoup de résidents circulent avec une photocopie de leur passeport, l’original étant conservé en lieu sûr.
Drogues, lois locales et réalité du trafic
Aruba est malheureusement un point de passage sur certaines routes de trafic de drogue reliant l’Amérique du Sud à l’Europe ou à l’Amérique du Nord. Cette réalité se traduit par la présence de réseaux, mais aussi par une réponse judiciaire particulièrement ferme.
Les lois en matière de stupéfiants sont strictes :
Toute possession, consommation ou trafic de stupéfiants est passible de lourdes amendes et de peines de prison. Les forces de l’ordre organisent des surveillances, y compris sous couverture. Les autorités britanniques et américaines, entre autres, rappellent dans leurs conseils officiels de ne jamais transporter de colis pour un tiers ni laisser ses bagages sans surveillance.
Pour un expatrié, la ligne rouge est claire : se tenir à distance de toute proposition douteuse, refuser de transporter des paquets, même pour une connaissance vaguement croisée sur l’île, et garder à l’esprit que les lois locales s’appliquent sans indulgence, y compris aux étrangers.
Santé, hôpitaux et assurance : un pilier de la sécurité au quotidien
La sécurité ne se limite pas à la police et à la criminalité. Pour un résident, avoir accès rapidement à des soins de qualité, dans une langue comprise, avec des coûts maîtrisés, est tout aussi crucial.
Un système de santé de bon niveau pour la région
Aruba dispose d’un système de santé parmi les plus réputés des Caraïbes. Le gouvernement finance un régime d’assurance maladie universelle, l’AZV (Algemene Ziektekosten Verzekering), obligatoire pour toute personne vivant et travaillant sur l’île, expatriés compris. Cette assurance publique, financée par les cotisations des employeurs, des employés et une contribution de l’État (prime à 11,5 % du revenu annuel), couvre un large éventail de soins curatifs et préventifs, physiques comme psychiques.
Dans la pratique, le médecin généraliste (family doctor) est l’entrée du système. Il oriente si besoin vers des spécialistes ou vers l’hôpital. Plusieurs départements de santé publique complètent ce dispositif : maladies infectieuses, santé des jeunes, dentaire scolaire, service psychiatrique social, laboratoire de santé publique modernisé et intégré à des programmes de contrôle qualité internationaux (CDC, College of American Pathologists).
Hôpitaux et structures médicales
Le principal établissement est le Dr. Horacio Oduber Hospital à Oranjestad, hôpital général de 280 lits environ, ouvert 24h/24 pour les urgences, avec un médecin présent en permanence et des spécialistes d’astreinte. L’hôpital est accessible aux fauteuils roulants et entretient des partenariats pour les cas complexes avec des centres aux États‑Unis, en Colombie, au Venezuela, à Porto Rico et aux Pays‑Bas.
D’autres centres complètent l’offre, illustrant la diversité et la complémentarité des structures disponibles. Par exemple, aux côtés des établissements principaux, des centres spécialisés, des organismes communautaires ou des plateformes en ligne viennent élargir le choix des formations, permettant de couvrir des besoins spécifiques ou des formats d’apprentissage alternatifs.
– Centro Medico Rudy Engelbrecht à San Nicolas, pour les consultations et urgences 24h/24
– Urgent Care Aruba (UCA) et MedCare Clinic à Noord, pour les urgences non vitales, avec laboratoires sur place
– Aeson Health, qui propose des consultations en clinique, en hôtel ou en téléconsultation
– un centre médical à l’aéroport, pratique pour les urgences en transit
En cas de besoin spécifique (dialyse en vacances, soins post‑opératoires, matériel médical), des entreprises locales comme Labco Medical, Essential Health Supplies, LiteLife Medicab (transport médical), Adapted Happy Wheels (fauteuils roulants de plage) ou Trinity (soins à domicile, convalescence) facilitent le quotidien des résidents, y compris à mobilité réduite.
Coûts, assurance et évacuations médicales
Pour un expatrié, le vrai enjeu n’est pas tant la disponibilité des soins que leur financement. Certains points doivent être anticipés :
Toutes les assurances étrangères ne sont pas acceptées et un paiement immédiat (espèces ou carte) est souvent requis. Les assurances publiques américaines (Medicare/Medicaid) ne couvrent pas les soins à l’étranger. La gamme de médicaments disponibles est plus restreinte qu’aux États-Unis, pouvant nécessiter un équivalent local ou une nouvelle ordonnance.
Les évacuations médicales (vers Curaçao, la Colombie ou les États‑Unis) sont possibles, notamment via des services comme Pro‑Air Ambulance, dont les appareils sont équipés comme des unités de soins intensifs. Mais le coût est significatif : généralement entre 15 000 et 25 000 dollars pour une évacuation vers les États‑Unis. C’est l’une des raisons pour lesquelles les autorités comme les assureurs recommandent vivement aux expatriés et nomades digitaux une couverture internationale comprenant :
– la prise en charge en clinique privée
– l’évacuation médicale d’urgence
– le rapatriement, y compris en cas de décès
Certaines compagnies comme Cigna Global ou Allianz International sont fréquemment citées comme reconnues sur place. Avant de s’installer, il est essentiel de vérifier les exclusions, les plafonds et la prise en charge des évacuations.
Eau potable, hygiène et maladies tropicales
Autre volet de la sécurité sanitaire : la qualité de l’environnement. Sur ce point, Aruba marque des points importants.
L’eau du robinet, produite par désalinisation, est potable et répond aux normes de l’OMS, souvent considérée comme l’une des meilleures au monde. Les normes d’hygiène dans les établissements sont strictes, similaires ou supérieures à celles d’Amérique du Nord, avec des inspections régulières. Les stands de street food les plus populaires sont généralement sûrs.
La vigilance se porte plutôt sur les maladies vectorielles :
– dengue, chikungunya et Zika circulent dans la région
– le Zika, en particulier, pose un risque pour les femmes enceintes ou en projet de grossesse
Des mesures simples réduisent ce risque :
– utiliser un répulsif anti‑moustiques efficace, surtout au lever et au coucher du soleil
– dormir sous moustiquaire si nécessaire
– éviter l’eau stagnante autour de la maison
Il reste aussi recommandé de vérifier ses vaccinations (hépatite A, B, typhoïde, rougeole) et, si l’on vient d’une zone d’endémie amarile, de pouvoir présenter un certificat de vaccination contre la fièvre jaune.
Climat, ouragans, séismes : la réalité des risques naturels
Sur le papier, des Caraïbes et des ouragans vont souvent ensemble. Aruba fait figure d’exception : située au sud de la mer des Caraïbes, à environ 12° de latitude nord et légèrement au large du Venezuela, l’île se trouve en dehors de la trajectoire habituelle des cyclones majeurs. Aucun ouragan direct n’y a causé de dégâts significatifs depuis des dizaines d’années ; la dernière tempête notable, Felix en 2007, est passée au nord de l’île.
Cela ne signifie pas absence de risque, mais risque réduit et différent :
– la saison des ouragans (de juin à novembre) est surtout synonyme de probables tempêtes tropicales ou de fortes pluies plutôt que de vents dévastateurs
– Aruba se situe dans une zone sismique active, mais les séismes ressentis sont en général faibles
Les évaluations de risque estiment une perte annuelle moyenne liée aux ouragans à environ 4,8 millions de dollars (0,14 % du PIB), avec une perte maximale probable de l’ordre de 310 millions en cas d’événement extrême tous les 250 ans. Ces chiffres, pour un pays, restent modestes à l’échelle mondiale.
Préparation locale et culture du risque
L’un des grands atouts d’Aruba, au‑delà de sa position géographique, est l’organisation de sa gestion de crise. L’île dispose :
La gestion des risques à Saint-Martin repose sur plusieurs structures et mesures clés pour assurer la sécurité des populations et des biens.
Coordination via un Bureau de gestion des catastrophes et un Crisis Management Office pour organiser les interventions d’urgence.
Le Département de météorologie collabore avec le National Hurricane Center américain et les services de Curaçao pour une prévision précise.
Mise en place de plans d’évacuation et de centres d’hébergement pré‑définis pour accueillir les personnes affectées.
Application de codes exigeants : renforcement des structures, volets anti‑tempête, lignes électriques enterrées et systèmes de drainage adaptés.
Pour un expatrié, cela se traduit par une consigne simple : prendre la préparation au sérieux, même si une catastrophe majeure paraît improbable. Les autorités de santé (DVG Aruba) insistent sur l’importance de préparer son foyer longtemps avant un éventuel événement : fixer les toitures, élaguer les arbres proches de la maison, rassembler un kit d’urgence (eau, nourriture non périssable, médicaments, lampe, papiers importants protégés de l’eau) et prévoir un plan familial, y compris pour les animaux.
Cette rigueur vaut aussi pour les pluies diluviennes : même sans ouragan, un épisode de fortes précipitations peut provoquer des inondations éclair dans certains quartiers.
Sécurité en mer et sur les plages
Côté nature, le danger le plus tangible au quotidien pour un expatrié n’est ni l’ouragan ni le séisme, mais… la mer. Les plages de la côte ouest (Eagle Beach, Palm Beach) sont généralement calmes et aménagées, avec un balisage et parfois des maîtres‑nageurs. En revanche, la côte nord et certaines plages isolées cumulent plusieurs facteurs de risque :
– courants puissants et imprévisibles
– vagues plus fortes
– absence de surveillance et d’infrastructures
Les autorités déconseillent la baignade sur certaines plages en raison des dangers. Boca Keto, Dos Playa, Andicuri et Boca Grandi (Blackstone Beach) sont spectaculaires mais potentiellement dangereuses. Même la populaire Baby Beach peut avoir des courants forts à marée montante.
Les recommandations sont claires :
– ne nager que dans les zones autorisées, en respectant les drapeaux de baignade
– ne pas s’éloigner des bouées de délimitation
– éviter les baignades isolées, surtout de nuit
– vérifier l’état du matériel et des assurances avant de pratiquer sports nautiques, plongée ou scooter des mers
Un autre risque bien plus trivial, mais réel dans les tropiques : les chutes de noix de coco. Mieux vaut ne pas installer sa serviette directement sous les palmiers chargés.
Routier, transports, conduite : une sécurité plutôt bonne, avec quelques réflexes à adopter
La sécurité des déplacements fait partie intégrante de la qualité de vie. Les routes principales d’Aruba sont en bon état, correctement signalées, sans péages. La conduite se fait à droite, comme en Europe continentale ou en Amérique du Nord, et les panneaux sont en néerlandais et en anglais, avec une signalisation largement standardisée.
Règles de base et particularités locales
Quelques règles importantes lorsqu’on s’expatrie et que l’on compte conduire :
– conduite à droite, dépassement par la gauche
– priorité à droite aux intersections non signalées
– dans les ronds‑points (« rotonde »), priorité aux véhicules déjà engagés
– interdiction de tourner à droite au feu rouge
– port de la ceinture obligatoire pour tous les passagers, casque obligatoire pour les motards
– enfants de moins de 5 ans en siège auto, toujours à l’arrière
La vitesse est limitée à 30–40 km/h en ville, 60 km/h hors agglomération et jusqu’à 80 km/h sur les grands axes. Le non-respect des limitations existe, mais la conduite en état d’ivresse est sévèrement réprimée, avec un seuil légal d’alcoolémie plus bas que dans de nombreux pays européens.
La culture de conduite, décrite comme plutôt « relax » et conviviale, peut surprendre : il est courant qu’un automobiliste s’arrête pour laisser passer ou saluer, parfois sans clignotant. À l’inverse, les conducteurs de scooters ou de quads peuvent adopter des comportements imprévisibles. Il faut également rester vigilant aux animaux (chèvres, chiens, iguanes) qui traversent les routes, surtout vers l’intérieur de l’île ou dans l’Arikok National Park.
Location de voiture, taxis et bus : que privilégier en expatriation ?
Pour une installation longue, beaucoup de familles choisissent rapidement d’acheter ou de louer une voiture à l’année. Le réseau de bus (Arubus) est fiable mais limité essentiellement aux axes reliant les grandes villes, et s’arrête vers 21h–23h30 selon les lignes. Pour du télétravail ou un emploi fixe, un véhicule personnel reste plus confortable.
Les taxis sont sûrs et bien encadrés, mais ne sont pas équipés de compteurs. Les tarifs sont fixés par le gouvernement selon des zones géographiques, avec des majorations applicables le soir, le dimanche et les jours fériés. Pour éviter tout malentendu, annoncez votre destination au conducteur et convenez du prix en florins arubais avant le départ. Les taxis officiels sont reconnaissables à leur plaque d’immatriculation portant la mention « TX ».
Les règles essentielles si vous conduisez :
– utiliser une compagnie de location reconnue, demander clairement les conditions d’assurance (responsabilité civile, CDW, exclusions hors‑route)
– savoir qu’en cas d’accident, il ne faut pas déplacer le véhicule avant l’arrivée de la police (appel au 100), sous peine de complications avec l’assurance
– ne jamais emmener un véhicule de location sur des pistes non autorisées (certains secteurs d’Arikok ou de la côte nord), sous peine de ne pas être couvert en cas d’incident
Là encore, la sécurité sur la route relève surtout du bon sens : anticiper les comportements locaux, ne pas sous‑estimer la fatigue ou la déshydratation au volant et éviter l’alcool.
Vivre en sécurité, c’est aussi connaître le cadre juridique dans lequel on évolue. Aruba est un pays constitutif du Royaume des Pays‑Bas, doté de son propre système juridique fortement inspiré du droit néerlandais. Cela se vérifie autant dans les lois pénales que dans la protection des données et la lutte contre la cybercriminalité.
Lois courantes à ne pas ignorer
Plusieurs règles locales surprennent parfois les nouveaux arrivants :
À La Réunion, il est obligatoire de porter une pièce d’identité valide en permanence. Il est strictement interdit d’emporter du sable, des coquillages ou des coraux hors de l’île. Les infractions liées aux drogues, même en petite quantité pour usage personnel, sont sévèrement réprimées. La conduite en état d’ivresse est interdite et peut entraîner une peine de prison. Le port de la ceinture de sécurité et du casque (pour les motocyclistes) est obligatoire.
Les relations homosexuelles consenties entre adultes ne sont pas criminalisées, et l’île affiche une image globalement LGBTQ+ friendly, notamment dans certains bars et clubs d’Oranjestad.
Cybercriminalité et protection des données : un volet souvent oublié de la sécurité
Aruba a fait de la cybersécurité un axe important de sa politique de sécurité nationale. Le Veiligheidsdienst Aruba (VDA), service de sécurité du pays, coordonne la prévention et la réaction aux incidents, en lien avec les ministères, les opérateurs de télécommunication et des partenaires internationaux (NCSC néerlandais, Europol, INTERPOL, etc.).
Plusieurs lois encadrent l’espace numérique :
Le Code pénal d’Aruba (2012) réprime les cyberinfractions comme l’accès non autorisé aux données, la fraude informatique, la diffusion de logiciels malveillants et le cyberharcèlement. La loi locale sur la protection des données (APTA, 2014) impose le consentement, garantit les droits des personnes, exige des mesures de sécurité et la notification des violations, en s’alignant sur les standards internationaux. De plus, le traitement des données des citoyens de l’UE est soumis à l’application du RGPD.
Pour un expatrié, notamment s’il travaille à distance ou crée une entreprise sur place, il est essentiel :
– de sécuriser ses appareils (mises à jour automatiques, antivirus à jour, mots de passe robustes et uniques, double authentification)
– de se méfier des e‑mails douteux, des arnaques WhatsApp, des liens vers des sites non officiels
– de limiter les informations personnelles publiées sur les réseaux sociaux
– d’utiliser un VPN payant et approuvé lorsqu’on se connecte à des réseaux Wi‑Fi publics
Le VDA rappelle que la cybersécurité est une responsabilité partagée, et un dispositif de signalement (National Security Tip Line) existe pour les activités suspectes.
Procédures d’immigration, statut de résident et sécurité juridique
La sécurité d’un expatrié, c’est aussi la stabilité de son statut sur le territoire. À Aruba, l’immigration et le droit de séjour sont gérés par le DIMAS (Departamento di Integracion, Maneho y Admision di Stranhero). Les règles varient selon le pays d’origine, mais l’idée de base est que, au‑delà d’un certain temps sur l’île, on n’est plus « touriste ».
Les grandes lignes :
Le séjour touristique standard est de 30 jours, extensible jusqu’à 90 ou 180 jours selon la nationalité. Au-delà de 180 jours par an, un permis de résidence est obligatoire. Les permis de travail, demandés par l’employeur local, ne sont pas automatiques et priorisent la main-d’œuvre locale. Des statuts spécifiques existent pour les retraités avec revenu garanti ou les personnes à haut revenu (environ 100 000 florins arubais annuels).
Ne pas régulariser sa situation expose à des problèmes sérieux : refus de ré‑admission, amendes, voire détention administrative. Il est donc crucial, dès la préparation du départ, de :
– vérifier le type de permis qui correspond à son projet (emploi, retraite, nomadisme digital, regroupement familial)
– rassembler les documents exigés (casier judiciaire, attestations de revenus, assurance santé, certificat médical, etc.)
– anticiper les délais de traitement (souvent 2 à 3 mois pour les dossiers de résidence de long terme)
La stabilité de votre statut légal sur l’île est une composante centrale de votre sécurité globale : elle conditionne votre accès au système de santé public, votre droit au travail, votre capacité à louer un logement ou à signer un contrat de téléphone.
Vie quotidienne, intégration et sentiment de sécurité
Au‑delà des textes de loi et des statistiques, ce qui compte pour un futur expatrié, c’est la sensation de sécurité au jour le jour. Sur ce plan, Aruba offre plusieurs atouts.
La population est connue pour être accueillante, habituée à la diversité culturelle (plus de 90 nationalités, plus de 130 pays représentés). Papiamento et néerlandais sont les langues officielles, mais l’anglais et l’espagnol sont largement parlés, y compris dans les services publics et les structures de santé. Cet environnement multilingue réduit nettement le sentiment d’isolement souvent redouté par les expatriés.
L’île bénéficie d’une infrastructure moderne (routes, eau, électricité, télécommunications, hôpitaux). Son climat est sec et chaud, rafraîchi par les alizés, ce qui limite les maladies tropicales liées à l’humidité. De plus, elle est située en dehors de la ceinture principale des ouragans, évitant ainsi le stress annuel subi par d’autres territoires caribéens.
Bien sûr, tout n’est pas parfait : certains trottoirs ou bâtiments ne sont pas aux normes d’accessibilité pour les personnes handicapées, l’air peut être pollué par endroits, le coût de la vie est supérieur à la moyenne de la région, et l’on n’échappe pas totalement aux moustiques, aux courants marins, aux fêtards bruyants ou aux voleurs opportunistes.
Mais, en combinant :
– une criminalité violente faible et en baisse
– une police visible et accessible
– un système de santé solide et une eau potable de haute qualité
– un risque naturel structurellement plus faible que dans le reste des Caraïbes
– une infrastructure moderne et des procédures de gestion de crise rodées
Aruba se positionne comme un environnement généralement sûr, propice à une expatriation sereine.
En pratique : comment transformer ces atouts en vraie sérénité au quotidien
S’expatrier en sécurité à Aruba ne se résume pas à « faire confiance » à la réputation de l’île. Cela passe par une série de décisions concrètes qui, cumulées, rendent votre installation beaucoup plus fluide.
En amont du départ, il est utile de : préparer son itinéraire, vérifier ses documents de voyage, et prévoir son budget.
– clarifier votre projet de séjour (durée, travail sur place ou à distance, retraite, famille) pour choisir le bon statut légal
– souscrire une assurance santé internationale incluant l’évacuation et vérifier noir sur blanc les garanties
– rassembler les documents exigés par le DIMAS et, si besoin, consulter un avocat ou un conseiller spécialisé en immigration locale
Dans les premières semaines sur place, quelques priorités renforcent votre sécurité :
– choisir un logement dans un quartier bien desservi, connu des expatriés, avec une bonne réputation (Noord, Eagle Beach, Palm Beach, Oranjestad)
– sécuriser le logement (serrures solides, fenêtres fermées en votre absence, éventuellement alarme dans les villas isolées)
– mémoriser les numéros d’urgence (100, 911, 913) et localiser l’hôpital le plus proche de chez vous
– acheter un répulsif à moustiques, un écran solaire « reef‑safe » et une trousse de premiers secours
– apprendre les grandes règles de circulation locale avant de louer ou acheter un véhicule
À plus long terme, renforcez votre sécurité en développant votre réseau local (voisins, collègues, commerçants, autres expatriés). Il est également précieux d’informer une personne de confiance de vos habitudes, de vos voyages ou de vos activités extérieures, ce qui peut s’avérer crucial en cas d’imprévu.
Enfin, rester informé des consignes officielles (météo, prévention santé, cybersécurité) via les pages des autorités arubaises et de votre consulat permet de garder une longueur d’avance sur les risques émergents, qu’ils soient climatiques, sanitaires ou numériques.
Installée avec ces quelques garde‑fous, votre vie à Aruba a toutes les chances de ressembler à ce que promet le slogan de l’île : une existence ensoleillée, détendue, et, surtout, sécurisée.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’expatrier à Aruba, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités d’immigration, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Grèce, Chypre, Maurice, Caraïbes néerlandaises), la stratégie retenue a consisté à cibler Aruba pour sa fiscalité avantageuse pour les non-résidents, l’absence d’impôt sur la fortune, un régime favorable aux revenus de capitaux et un cadre de vie sécurisé, tout en restant dans le royaume des Pays-Bas. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax, risques de double résidence), obtention du permis de résidence via achat de résidence principale, affiliation au système de santé local, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local bilingue (avocat, immigration, notaire) et intégration patrimoniale globale.
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