S’installer à Aruba : comprendre toutes les démarches administratives

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Vivre à Aruba ne se résume pas à un coup de cœur pour ses plages et son climat sec et ensoleillé. Pour transformer un séjour de vacances en véritable projet de vie, il faut naviguer dans un ensemble de règles précises : visas, permis de séjour, permis de travail, enregistrement au registre de population, assurance santé, importation de biens, obligations fiscales. Le cadre est strict, mais lisible, à condition de bien connaître les interlocuteurs et les étapes.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet en français pour les salariés, retraités, investisseurs, travailleurs à distance et conjoints de résidents souhaitant s’installer durablement à Aruba.

Qui gère l’immigration et les démarches à Aruba ?

Avant toute chose, il faut identifier les autorités qui auront un rôle dans votre parcours administratif. Aruba est un pays autonome au sein du Royaume des Pays-Bas, mais n’appartient ni à l’Union européenne ni à l’espace Schengen. Son système est donc spécifique, même s’il s’inspire du droit néerlandais.

Le pivot du dispositif, c’est le DIMAS (Departamento di Integracion, Maneho y Admision di Stranhero), la Direction de l’intégration, de la politique et de l’admission des étrangers. C’est elle qui traite la plupart des demandes de permis de séjour et de travail.

Le DIMAS est installé à Oranjestad, à Paardenbaaistraat 11, joignable au +297 522 1500. Une partie des dossiers peut être envoyée par email ou fax, mais dans la pratique, les démarches passent souvent par un sponsor local (employeur, conjoint, etc.) qui dépose la demande.

Astuce :

L’Instituto Alarma y Seguridad Aruba (IASA), situé au Vondellaan 25 à Oranjestad (tél. +297 523-7402), est l’organisme à contacter pour les demandes de prolongation de séjour touristique et pour effectuer les déclarations de garantie.

Enfin, pour tout ce qui concerne l’entrée sur le territoire (règles de visa, questions pratiques), l’Aruba Tourism Authority répond par email à l’adresse support@aruba.com, tandis que les demandes de visa sont traitées par les ambassades et consulats du Royaume des Pays-Bas à l’étranger.

Il faut garder en tête un point fondamental : même muni d’un visa et de tous les papiers en règle, l’admission finale est décidée par l’agent d’immigration au point d’entrée. En cas de documents incomplets, de doute sur les moyens de subsistance ou si la personne figure sur une liste noire, l’entrée peut être refusée.

Entrer à Aruba : tourisme, court séjour et carte ED

Pour la majorité des futurs résidents, le premier contact avec l’administration se fait… à l’aéroport. Aruba distingue clairement les séjours touristiques de court terme des séjours de résidence. Tant que l’on reste dans les plafonds de durée, on est considéré comme touriste, même si l’on vient en repérage pour s’installer.

À l’arrivée, plusieurs conditions s’appliquent à tous :

– passeport valide pour toute la durée du séjour ;

carte d’embarquement–débarquement (ED) en ligne dûment remplie ;

– billet de retour ou de continuation de voyage ;

– preuve de possibilité de retour dans un pays où l’on est autorisé à entrer (visa, permis de résidence, etc.) ;

– si demandé, preuves d’hébergement (réservation d’hôtel, location, acte de propriété, yacht de plaisance d’au moins 14 mètres amarré à Aruba) ;

– si demandé, preuve de moyens financiers ou déclaration de garantie par un résident légal.

Depuis 2024, la plateforme en ligne ED (https://edcardaruba.aw/) a été modernisée. Tous les voyageurs, y compris les enfants en bas âge, doivent remplir ce formulaire dans les 7 jours précédant le départ. La plateforme attribue un « qualifier », qui permet d’embarquer pour Aruba, sans pour autant garantir l’admission une fois sur place.

Attention :

Le formulaire ED permet de prélever une contribution de durabilité de 20 dollars pour les arrivées aériennes. Bien que des services privés payants puissent aider à son remplissage, le formulaire est conçu pour être rempli facilement de manière autonome.

Le tableau ci-dessous résume les documents d’entrée standard pour un touriste.

Éléments exigés à l’entrée comme touristeDétail
PasseportValide pour toute la durée du séjour
VisaSi requis selon la nationalité (exemptions nombreuses)
Carte ED en ligneObligatoire pour tous, à remplir dans les 7 jours avant le voyage
Billet retour ou de continuationVol, croisière ou autre moyen confirmé
Preuve de retour dans un pays autoriséVisa, permis de résidence, etc. le cas échéant
HébergementRéservation ou preuve de propriété à Aruba, à présenter si demandé
Moyens financiers / garantieJustificatifs ou déclaration de garantie d’un résident, si demandé
VaccinationsCertificat fièvre jaune pour voyageurs en provenance de zones à risque

Durée de séjour en tant que touriste

En pratique, la plupart des visiteurs arrivent comme touristes. Le cadre est le suivant :

– la durée standard accordée à l’arrivée est de 30 jours ;

– elle peut être prolongée, sur demande, jusqu’à un maximum de 180 jours par année civile, toutes entrées confondues.

Les règles se déclinent ensuite selon la nationalité :

citoyens américains : peuvent rester jusqu’à 90 jours sans devoir présenter une demande de prolongation formelle pour cette période ;

citoyens néerlandais (Pays-Bas ou anciennes Antilles néerlandaises) : peuvent séjourner jusqu’à 180 jours sans visa ;

ressortissants de pays avec accord de suppression de visa avec le Royaume des Pays-Bas : peuvent rester 90 jours sans visa dans le cadre touristique.

Les séjours longs (plus de 180 jours par an) basculent automatiquement dans le champ des permis de séjour, quelle que soit la nationalité. Au-delà de ce seuil, on ne parle plus de tourisme mais de résidence.

Règles de visa et exemptions

Le système de visa d’Aruba est aligné sur celui du Royaume des Pays-Bas pour les Caraïbes, avec de nombreuses exemptions.

Nul visa n’est requis notamment pour :

– les ressortissants des États-Unis, du Canada, de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de l’Irlande ;

– les détenteurs d’un permis de résidence valide (temporaire ou permanent) dans une autre partie du Royaume (Pays-Bas européens, Curaçao, etc.), ou encore aux États-Unis, au Canada, dans l’espace Schengen, au Royaume-Uni ou en Irlande ;

– les titulaires de visas multi-entrées valides pour l’espace Schengen, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni ou l’Irlande, issus de certaines nationalités spécifiques (par exemple Bolivie, Chine, Inde, Jamaïque, Pérou, Cuba, République dominicaine, Haïti) ;

– les enfants de moins de 12 ans voyageant avec un parent ou tuteur ;

– les passagers de croisière débarquant pour moins de 24 heures ;

– les membres d’équipage de navires ou d’aéronefs commerciaux pour des escales courtes (jusqu’à 48 heures).

Pour les nationalités soumises à visa, la règle clé est la suivante : la demande doit être déposée avant le voyage, en personne, auprès d’une ambassade ou d’un consulat du Royaume des Pays-Bas. Dans certains pays, des agences de voyages agréées peuvent déposer les dossiers pour leurs clients.

Attention :

La possession d’un visa ne garantit pas l’entrée sur le territoire. Un agent de contrôle aux frontières peut refuser l’accès si les autres conditions, comme la justification d’un hébergement, de moyens financiers suffisants ou l’absence de problème de santé, ne sont pas remplies.

Santé, vaccins et exigences médicales

Sur le plan sanitaire, Aruba impose quelques obligations ciblées.

Les voyageurs en provenance de pays d’Amérique centrale, Amérique latine ou Afrique considérés à risque de fièvre jaune doivent présenter un Certificat international de vaccination ou de prophylaxie (ICVP) attestant d’une vaccination contre la fièvre jaune. Sans ce document, l’embarquement ou l’entrée peut être refusé.

Pour les demandes de résidence permanente, les exigences médicales sont plus poussées : il faut fournir une déclaration médicale récente (moins de 30 jours avant le voyage) attestant l’absence de maladie contagieuse ou de trouble mental. Une vaccination contre la variole (smallpox) est mentionnée dans certains textes pour les démarches de longue durée.

Au quotidien, Aruba dispose d’un système de santé relativement avancé pour la région, avec un hôpital général (Dr. Horacio Oduber Hospital) et plusieurs centres médicaux. L’assurance santé locale publique, l’AZV, est obligatoire pour les personnes qui vivent et travaillent sur l’île. Elle est financée par des cotisations partagées entre employeurs et salariés.

Le tableau suivant résume les exigences de santé selon le type de séjour.

Type de séjourExigences sanitaires principales
Tourisme court termeVaccin fièvre jaune si provenance d’une zone à risque
Séjour prolongé touristeAssurance voyage médicale et responsabilité civile pour toute la durée prolongée
Résidence temporaireAssurance santé complète ; certificat médical parfois exigé
Résidence permanenteCertificat médical (moins de 30 jours) + vaccination smallpox mentionnée dans la réglementation
Travail salariéAssurance santé (AZV) via employeur et examens médicaux possibles selon le poste

Prolonger un séjour touristique : conditions et limites

Beaucoup de projets d’installation commencent par des séjours « test » prolongés. Aruba prévoit un mécanisme de prolongation du séjour touristique, géré par l’IASA.

La logique générale est simple : le séjour total, prolongations incluses, ne doit pas dépasser 180 jours sur une année civile. Une première prolongation permet d’atteindre 90 jours, puis, sous conditions plus strictes, on peut viser un total de 180 jours.

Pour demander une extension, il faut :

Exemple :

Pour prolonger son séjour touristique à Aruba, il faut déposer une demande écrite (formulaire officiel) auprès de l’IASA à Oranjestad. Le dossier doit inclure : une copie du passeport valide au moins 3 mois, une copie de la carte ED, du visa d’entrée (le cas échéant) et du billet retour. Il est également requis de présenter une assurance voyage couvrant les soins médicaux et la responsabilité civile pour toute la période prolongée, de justifier de moyens financiers suffisants et, si l’on n’est pas propriétaire ni logé à l’hôtel, de joindre une déclaration de garantie d’un résident arubanais.

Pour certains profils, la loi permet d’aller jusqu’aux 180 jours consécutifs en tant que visiteur, à condition de :

– posséder un bien immobilier sur l’île (maison, appartement, timeshare, yacht de plaisance de 14 mètres ou plus amarré à Aruba) ;

– ou bénéficier d’une déclaration de garantie d’un résident local, qui s’engage à couvrir tous les frais potentiels.

Le non-respect de la durée autorisée (dépassement sans prolongation) est vivement déconseillé : un historique de dépassement peut peser négativement sur toute future demande d’admission ou de permis de séjour.

Du touriste au résident : quand un permis de séjour devient obligatoire

La bascule formelle entre tourisme et résidence se produit à partir du moment où l’on souhaite rester plus de 180 jours par an ou s’installer pour vivre et/ou travailler durablement.

Tous les étrangers qui ne bénéficient pas d’un droit d’admission automatique (cas particulier de certains citoyens du Royaume) ont alors besoin d’un permis de séjour délivré par le DIMAS. Ce permis peut être temporaire (le plus fréquent au départ) ou permanent (après plusieurs années).

Point crucial : on n’est pas censé se trouver à Aruba pendant l’instruction de la demande, sauf si l’on est encore dans un statut touristique. Les autorités peuvent rejeter une demande déposée alors que l’intéressé se trouve déjà sur l’île sans le bon statut.

Permis de séjour temporaire : principe et fonctionnement

Le permis de séjour temporaire est généralement accordé pour un an, renouvelable. Il ne donne pas automatiquement droit au travail : c’est un permis d’admission sur le territoire, pas une autorisation professionnelle.

La durée exacte est liée au motif du séjour :

regroupement familial ;

contrat de travail (lié à un permis de travail) ;

retraite ou « rentier » ;

investissement ;

autres catégories spécifiques.

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Le renouvellement du DIMAS doit être demandé au plus tard trois mois avant l’expiration du titre.

Les éléments attendus dans un dossier de permis temporaire sont relativement constants :

– passeport valable pour Aruba et pour plusieurs mois au-delà de la demande ;

– formulaire de demande du DIMAS dûment complété ;

– photos d’identité récentes ;

– preuves de moyens de subsistance suffisants (contrat de travail, revenus, épargne) ;

attestation de bonne conduite (extrait de casier judiciaire), datant de moins de deux mois ;

– certificats médicaux et de vaccination le cas échéant ;

– preuve d’hébergement sur l’île (bail, acte de propriété, hébergement chez un proche avec preuve).

250

Frais applicables pour la plupart des demandes de long séjour et de résidence permanente, exprimés en dollars US.

Un point souvent mal compris : avoir un permis de séjour temporaire sans droit au travail signifie qu’il est interdit non seulement de travailler, mais aussi de chercher un emploi ou de faire du commerce, sauf mention contraire sur le permis.

Permis de travail : condition indispensable pour tout emploi local

Quiconque souhaite exercer une activité rémunérée pour un employeur arubanais doit, en plus du permis de séjour, disposer d’un permis de travail. La philosophie est clairement protectionniste : l’emploi de travailleurs étrangers n’est possible qu’en l’absence de candidats locaux suffisamment qualifiés.

La démarche repose presque entièrement sur l’employeur local, qui doit :

– être une entreprise légalement enregistrée à Aruba ;

– lancer un test du marché du travail (offres d’emploi locales, etc.) pour démontrer l’absence de candidat adéquat ;

– déposer une demande de permis de travail auprès du Department of Labor (DPL) pour obtenir un avis favorable ;

– transmettre ensuite un dossier complet au DIMAS pour la partie « admission au séjour ».

Les documents requis incluent généralement :

Documents requis pour une demande de permis de travail

Liste des pièces justificatives essentielles à fournir pour constituer un dossier complet de demande d’autorisation de travail.

Documents de l’entreprise

Statuts et extrait d’immatriculation à la Chambre de Commerce, ainsi que les justificatifs de santé financière de l’entreprise.

Preuves de recrutement

Attestations et preuves démontrant les efforts de recrutement local préalables.

Contrat de travail

Contrat de travail détaillé et conforme à la réglementation en vigueur.

Documents personnels du candidat

Pièces d’identité, CV, copies des diplômes et références professionnelles.

Documents administratifs complémentaires

Extrait de casier judiciaire, certificat médical, photos d’identité et copie du passeport en cours de validité.

Le permis de travail est en principe liée à un employeur et à un poste précis, pour une durée qui n’excède généralement pas un an au départ. Toute modification majeure (changement d’employeur ou de fonction) impose une nouvelle procédure.

Il est interdit de commencer le travail avant la délivrance formelle du permis. Travailler sans autorisation expose l’employeur et l’employé à des sanctions, amendes, voire expulsions et interdictions de retour.

Combiner permis de séjour et permis de travail

Dans les faits, un travailleur étranger embauché à Aruba a besoin :

– d’un permis de travail, demandé par l’employeur auprès du DPL et du DIMAS ;

– d’un permis de séjour temporaire lié à ce motif professionnel.

Sans sponsor local, il est quasi impossible d’obtenir un statut de résident autorisé à travailler. La seule exception concerne le travail à distance pour une entreprise étrangère (voir plus loin), qui n’est pas considéré comme un emploi local.

Vivre à Aruba sans travailler : retraités, rentiers et investisseurs

Aruba mise aussi sur une clientèle de résidents à hauts revenus ou retraités, capables de vivre sur leurs ressources sans occuper d’emploi local. Pour eux, un cadre spécifique existe via des permis de séjour orientés vers la retraite ou les revenus de patrimoine.

Statut de retraité avec revenus garantis

Un premier schéma, souvent présenté comme « pensionné avec revenus garantis », cible les personnes d’au moins 55 ans disposant d’un revenu annuel stable. Les chiffres évoqués tournent autour de 28 000 dollars US par an pour être considéré comme retraité avec revenus garantis.

À ce niveau de ressources, l’idée est de démontrer que l’on peut subvenir à ses besoins sans solliciter les services sociaux d’Aruba. La résidence est permanente dans l’esprit, mais le permis doit être renouvelé chaque année.

Statut de retraité ou rentier sans revenus garantis

Un second schéma, plus exigeant, vise les personnes à partir de 21 ans ou 18 ans selon les textes, disposant de revenus de capital ou d’intérêts. Ici, les montants de revenus évoqués sont plus élevés, autour de 56 000 dollars US par an ou environ 100 000 florins arubais de revenus annuels issus d’actifs (intérêts, rentes, etc.).

Bon à savoir :

Ce permis de séjour annuel, souvent appelé « retiree or interest-rate earner », interdit l’exercice d’un emploi salarié local.

Outre les preuves de revenus, ces catégories requièrent en général :

– une assurance maladie complète ;

– un logement adapté (propriété ou bail à long terme à Aruba) ;

– un dépôt financier préalable, dont le montant varie selon le pays d’origine.

Le tableau ci-dessous synthétise les principaux critères financiers pour une résidence de type retraite/rentier.

Type de résidence non salariéeÂge minimumRevenu annuel exigé (ordre de grandeur)
Retraité avec revenus garantis55 ans≈ 28 000 USD
Retraité / rentier sans revenus garantis21 ans (ou 18)≈ 56 000 USD / AWG 100 000

Résidence par investissement : immobilier et entreprise

Aruba ne propose pas de « passeport économique » au sens strict, mais un statut de résidence lié à l’investissement, parfois présenté comme une forme de « golden visa ».

Deux voies principales sont mentionnées :

investissement immobilier : achat d’un bien d’au moins 200 000 dollars US ;

investissement dans une entreprise locale : participation significative (en pratique, plusieurs dizaines de milliers de florins d’apport en capital, avec un seuil souvent évoqué autour de 50 000 florins pour une participation de 40 % dans une société, et des montants plus élevés pour une licence de direction, entre 125 000 et 150 000 florins).

Ces dispositifs sont assortis de formalités notariales, de taxes de transfert (environ 6 %), d’un impôt foncier annuel (0,4 % de la valeur) et de frais juridiques. L’investissement doit être maintenu pendant toute la durée de la résidence.

L’investissement, à lui seul, ne crée pas automatiquement un droit de séjour, mais il « crédibilise » un dossier auprès du DIMAS, surtout quand il s’accompagne de preuves d’autonomie financière.

De résident temporaire à résident permanent, puis à la citoyenneté

La résidence permanente n’est pas accordée d’emblée. Elle se mérite après plusieurs années de séjour légal et intégré.

En règle générale, il faut :

cinq années consécutives de séjour légal avec un permis de séjour valide, sans absences supérieures à six mois consécutifs, ni plus de huit mois cumulés hors du territoire ;

– un revenu stable, suffisant et durable ;

– un logement approprié (propriété ou location long terme) ;

– un examen d’intégration civique en néerlandais, au niveau A2 pour la langue, associé à des connaissances sur la société.

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Durée de séjour régulier requise pour accéder à un permis à durée indéterminée pour certains types de résidence de longue durée.

L’accès à la citoyenneté du Royaume des Pays-Bas via Aruba suit les mêmes principes que pour les Pays-Bas européens :

– au moins cinq ans de résidence légale ininterrompue dans le Royaume (la période arubaise compte) ;

– absence de condamnations pénales graves ;

– intégration linguistique et civique validée ;

– et, point sensible, renonciation à la nationalité d’origine, sauf dérogation très spécifique.

Cette dernière exigence rend la naturalisation complexe pour de nombreux expatriés qui préfèrent conserver leur passeport d’origine.

Travailler à distance, programmes spéciaux et limites

La généralisation du télétravail a amené Aruba à mettre en avant des programmes ciblant les travailleurs à distance, surtout nord-américains.

Deux mécanismes sont souvent cités :

5000

Revenu mensuel minimum requis pour obtenir le visa digital nomad d’Aruba, valable trois mois.

Dans ces cadres, il est primordial de comprendre la frontière juridique : travailler à distance pour son entreprise ou ses clients étrangers reste toléré tant que l’on ne rend aucun service à une entité ou un particulier arubanais et que l’on ne perçoit pas de revenus locaux.

Dès que l’on commence à servir des clients installés à Aruba ou à percevoir un salaire d’un employeur arubanais, il faut entrer dans le schéma séjours + permis de travail.

S’enregistrer comme résident : le rôle du Censo

Au-delà des permis d’immigration, toute installation durable impose une formalité locale : l’inscription au registre de population, appelé Censo ou Bureau Burgerlige Stand en Bevolkingsregister (DBSB).

Le Censo se trouve à Oranjestad (Schoolstraat 2, téléphone +297 522-3676, email info@censo.aw). L’enregistrement est obligatoire pour les nouveaux résidents et conditionne bon nombre de démarches :

Démarches administratives essentielles

Un guide des procédures administratives courantes pour les nouveaux arrivants et résidents.

Inscription scolaire

Procédure pour inscrire vos enfants à l’école dans le système éducatif local.

Contrats d’utilités

Mise en place des contrats de fourniture d’eau et d’électricité pour votre logement.

Renouvellement de permis

Démarches pour le renouvellement de votre permis de séjour ou de travail.

Certificat de bonne conduite

Obtention d’un certificat de bonne conduite (casier judiciaire) pour diverses formalités.

Dédouanement de biens

Procédure pour le dédouanement de vos biens ménagers importés.

Après l’enregistrement, on peut demander un extrait de registre attestant de la résidence, document qui sera régulièrement demandé par d’autres administrations.

Importer ses biens et véhicules : cadre douanier

Emménager à Aruba implique souvent d’acheminer des meubles, véhicules et effets personnels. Pour bénéficier d’une franchise de droits de douane sur les biens ménagers, plusieurs conditions sont à respecter :

– avoir résidé à l’étranger au moins 12 mois consécutifs avant le déménagement ;

– prouver que le lieu de résidence principal était à l’étranger (au moins 185 jours par an) ;

– démontrer que les biens importés ont été détenus et utilisés au moins six mois avant le déménagement ;

– pour un véhicule, fournir preuves de propriété, immatriculation, paiement de taxes et assurance depuis au moins six mois.

Attention :

La franchise doit être sollicitée dans les 12 mois suivant le transfert de résidence, en une ou plusieurs expéditions. La demande nécessite un formulaire de requête en néerlandais à remplir et à accompagner des documents requis.

– copie du passeport ;

déclaration de résidence émise par le Censo (avec mention de la ville et du pays précédents) ;

– manifeste de transport (bill of lading ou air waybill) ;

inventaire détaillé et valorisé ;

– facture pour les biens neufs ou le véhicule ;

– numéro d’identification fiscale (voir plus bas).

Les douanes se réservent le droit d’inspecter les envois jusqu’à un mois après leur arrivée. Si la demande de franchise est rejetée, il est possible de faire appel auprès du Commissaire des douanes, puis devant une instance de recours en matière fiscale.

Les biens exonérés de droits ne peuvent pas être vendus ou cédés sans l’accord préalable du Commissaire des douanes.

Numéro fiscal (TIN) et obligations fiscales de base

S’installer à Aruba signifie entrer dans le système fiscal local. Le pays applique un impôt sur le revenu mondial pour les résidents, avec des taux progressifs pouvant monter à près de 59 % pour les tranches les plus élevées. Les non-résidents sont imposés sur leurs revenus de source arubaise.

L’identifiant fiscal est le persoonsnummer, un numéro à huit chiffres attribué par le Departamento di Impuesto (DIMP), le département des impôts, situé à Camacuri 2, Oranjestad (+297 5227423).

Bon à savoir :

Un seul numéro fiscal, délivré sur demande après enregistrement, est utilisé pour tous les types d’impôts, y compris la TVA. Il n’existe pas de numéro de TVA distinct. Ce numéro figure sur les documents officiels.

déclarations et avis d’imposition ;

décisions du fisc ;

notifications et actes de saisie.

Astuce :

Pour les particuliers, l’obtention du persoonsnummer nécessite de fournir des informations d’état civil (nom, prénom, situation matrimoniale), un document d’identité, une adresse de correspondance, ainsi que des coordonnées bancaires et de contact. Pour les sociétés, il faut notamment indiquer la dénomination légale et commerciale, le code d’activité, la forme juridique et les données bancaires.

Le tableau suivant résume la fonction de ce numéro.

Élément fiscalDétail
Nom officiel du numéroPersoonsnummer
Nombre de chiffres8
Autorité émettriceDepartamento di Impuesto (DIMP)
UsageIdentifiant unique pour tous les impôts, y compris TVA
AttributionsSur demande, après enregistrement du contribuable
Vérification publiquePas d’outil public en ligne, contacter directement le DIMP

Pour un résident, toutes les formes de revenus sont prises en compte : salaires, revenus de travail indépendant, bénéfices d’entreprise, loyers, dividendes, intérêts (à quelques exceptions près), redevances. Certaines sources bénéficient d’exemptions (par exemple intérêts sur comptes d’épargne auprès de banques reconnues).

Par ailleurs, Aruba prélève des contributions de sécurité sociale (pension vieillesse, assurance maladie générale, invalidité, etc.) partagées entre employeurs et employés, avec des plafonds de salaire assujetti.

Système de santé et assurance : ce qu’un résident doit savoir

Aruba dispose d’un système de santé relativement performant pour la région. Le pilier central en est l’assurance maladie générale AZV (Algemene Ziektekosten Verzekering), obligatoire pour toute personne qui vit et travaille sur l’île.

Pour être affilié à l’AZV, il faut d’abord être enregistré au Censo. L’assurance couvre l’essentiel des soins de santé (médecin généraliste, spécialistes, hospitalisation, médicaments essentiels). Elle est financée par :

11,5

Le taux de cotisation total pour la retraite aux Pays-Bas, combinant la part employeur (8,9%) et la part salarié (2,6%), sur la tranche de revenu annuel jusqu’à 85 000 florins.

L’AZV ne couvre pas tout : elle exclut notamment les chambres privées, une partie des soins dentaires pour adultes, les lunettes et les soins reçus à l’étranger. Beaucoup de résidents complètent donc avec une assurance privée internationale, surtout pour couvrir une évacuation médicale vers Curaçao ou les États-Unis, dont le coût peut être très élevé.

Pour les personnes qui résident sans travailler (retraités, rentiers), la question de l’assurance santé est cruciale. Les autorités exigent que l’on ne devienne pas une charge pour le système, ce qui renvoie à des polices privées robustes.

Vie pratique : électricité, eau, télécoms, déchets

Une fois les permis et enregistrements obtenus, il reste à brancher la vie quotidienne. Trois opérateurs publics ou semi-publics dominent les services de base :

WEB Aruba N.V. : production et distribution de l’eau potable (issue du dessalement) et de l’électricité ;

NV ELMAR : réseau de distribution d’électricité ;

N.V. Setar : téléphonie fixe, mobile, télévision câblée et internet. Un second opérateur mobile, Digicel, est aussi présent.

Bon à savoir :

L’électricité est fournie en 110V – 60Hz, identique au standard américain. Pour le gaz, le fournisseur principal est Aruba Gas Supply Co. Ltd. (Arugas), qui fournit des bouteilles de 100 lbs pour un usage domestique. Devenir client nécessite un processus d’enregistrement et un dépôt de garantie pour les cylindres.

La collecte des ordures ménagères est assurée par l’organisme public Serlimar, au moins une fois par semaine. Les entreprises ou immeubles produisant plus de déchets recourent souvent à des services privés comme Ecotech. Beaucoup de maisons disposent de fosses septiques entretenues par des sociétés privées.

En résumé : une île accueillante, un cadre administratif exigeant

Aruba se distingue dans la Caraïbe par sa stabilité politique, son économie largement tournée vers le tourisme, un climat sec et ensoleillé toute l’année, et un système de santé solide pour la région. Mais derrière l’image de carte postale se cache un cadre administratif précis et volontiers strict.

Pour préparer un projet d’installation, il faut donc :

Attention :

Pour une installation réussie aux Pays-Bas, il est crucial de : bien distinguer un séjour touristique (max. 180 jours/an) d’une résidence ; définir son statut dès l’arrivée (salarié, retraité, rentier, investisseur ou télétravailleur) ; obtenir un sponsor local pour travailler ; préparer des dossiers administratifs complets avant le départ ; et anticiper les démarches d’enregistrement (Censo, persoonsnummer) ainsi que la souscription des contrats essentiels.

Une fois ces étapes franchies, vivre à Aruba offre un niveau de sécurité plutôt élevé pour la région, une bonne qualité de vie et un environnement multilingue (néerlandais, papiamento, anglais, espagnol) qui facilite l’intégration, à condition d’accepter la discipline administrative que l’île impose à tous les nouveaux arrivants.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour réduire sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Grèce, Maurice, Chypre), la stratégie retenue vise Aruba, territoire caribéen du Royaume des Pays-Bas, pour sa fiscalité attractive sur les revenus de source étrangère, l’absence d’impôt sur la fortune et un environnement dollar/eur-compatible, combinant coût de vie modéré et accès facilité vers l’Europe et l’Amérique. La mission inclut : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention du permis de résidence via achat de résidence principale, coordination avec CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français (durée de séjour, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, notaire bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et, si besoin, restructuration). Cet accompagnement permet de capter les économies fiscales tout en maîtrisant les risques de double imposition et de contrôles français.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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