Sable blanc, wifi rapide, fiscalité compétitive et droit des affaires inspiré du modèle britannique : derrière la carte postale, à la Barbade se cache une vraie plateforme d’affaires pour expatriés. Pour un entrepreneur qui envisage de s’installer, monter sa structure et éventuellement y résider, l’île offre un cocktail rare de sécurité juridique, stabilité politique, régime fiscal attractif et dispositifs d’accueil des talents internationaux.
Ce guide synthétise les informations essentielles pour un porteur de projet étranger souhaitant créer et développer une entreprise à la Barbade. Il couvre trois dimensions clés : le cadre de vie et de résidence, l’environnement juridique et fiscal des affaires, ainsi que l’écosystème entrepreneurial local (banques, soutien public et réseaux privés).
Pourquoi la Barbade attire les entrepreneurs expatriés
Pour un créateur d’entreprise, le choix d’un pays d’implantation ne repose pas seulement sur l’impôt sur les sociétés. À la Barbade, plusieurs facteurs structurants jouent en faveur des expatriés.
L’île est une république parlementaire stable, inspirée du common law britannique, avec un Parlement actif et des institutions bien établies. Le chef de l’État est Dame Sandra Mason, et le gouvernement dirigé par Mia Mottley est décrit comme nettement pro‑business, notamment sur les sujets d’investissement étranger, d’énergie renouvelable et de services internationaux.
Le PIB par habitant de la Barbade, l’un des plus élevés des Caraïbes, s’élève à environ 21 000 dollars US.
Pour un entrepreneur expatrié, cela se traduit par un climat d’affaires relativement prévisible, une monnaie (le dollar barbadien – BBD) stable, un système bancaire encadré par une banque centrale crédible, et un droit du travail structuré. Le tout dans un environnement anglophone, avec un taux d’alphabétisation proche de 100 % et une main‑d’œuvre réputée qualifiée, notamment grâce à l’université des West Indies (campus de Cave Hill) qui forme des profils en sciences, ingénierie, finance ou médecine.
Vivre, travailler et résider à la Barbade en tant qu’expatrié entrepreneur
Avant même de déposer des statuts, un expatrié doit clarifier sous quel statut migratoire il compte vivre et éventuellement travailler sur place. La Barbade a beaucoup développé ces dernières années des programmes dédiés aux investisseurs, dirigeants et télétravailleurs étrangers.
Le Welcome Stamp : base arrière pour digital nomads et dirigeants à distance
Le « 12‑Month Barbados Welcome Stamp » est un visa de travail à distance créé en 2020 pour capter la vague du remote. Il permet de vivre et télétravailler depuis l’île pendant 12 mois, avec possibilité de reconduction. Les demandes se font entièrement en ligne, avec un délai d’instruction moyen d’environ 7 jours ouvrables et, en pratique, un taux d’approbation d’environ 59 % (plus de 3 000 demandes approuvées sur plus de 5 000).
Ce dispositif vise les professionnels dont l’activité reste basée hors de la Barbade : salariés en télétravail, freelances, dirigeants de sociétés étrangères. Condition clé : ne pas être employé par une entité immatriculée localement et tirer un revenu annuel d’au moins 50 000 dollars US à l’international. Un justificatif d’assurance santé couvrant toute la durée du séjour est également requis.
Le Welcome Stamp de la Barbade permet à un entrepreneur de piloter à distance sa société existante, de tester le marché local et de rencontrer des interlocuteurs clés (avocats, banquiers, agences publiques) sans créer de résidence fiscale barbadienne. Les revenus générés à l’étranger ne sont pas imposés localement, ce qui permet de conserver la fiscalité du pays d’origine. Ce visa constitue ainsi une phase de test idéale avant un engagement plus profond sur l’île.
Les frais restent raisonnables à l’échelle d’un chef d’entreprise : 2 000 dollars US pour une demande individuelle, 3 000 dollars US pour une demande familiale, payables seulement après approbation. Ce visa n’autorise pas à travailler pour des clients barbadien·ne·s, mais permet largement de structurer un projet d’investissement et de création d’entreprise.
SERP et « Golden Visa » : la porte d’entrée long terme pour investisseurs et propriétaires
Pour un expatrié qui veut installer durablement son activité et sa famille, la Barbade propose un dispositif de résidence à long terme, le Special Entry and Reside Permit (SERP), parfois présenté comme un « Golden Visa » local. Ce permis s’adresse à plusieurs profils : investisseurs fortunés, propriétaires étrangers d’un bien immobilier sur l’île, professionnels très qualifiés, parents ou grands‑parents de citoyens barbadien·ne·s.
Le SERP se décline en plusieurs catégories, avec des seuils financiers et des droits différents.
| Catégorie SERP | Public visé | Seuil / condition principale | Durée typique | Droit au permis de travail |
|---|---|---|---|---|
| Catégorie 1 | Investisseur à patrimoine élevé | Investissement externe d’au moins 2 000 000 USD et patrimoine net supérieur à 5 000 000 USD | Indéterminée au‑delà de 60 ans ; renouvelable jusqu’à 60 ans | Oui, droit automatique de demander un permis de travail |
| Catégorie 2 | Propriétaire immobilier | Propriété à la Barbade d’une valeur ≥ 300 000 USD + preuve d’autosuffisance financière | Permis de 5 ans renouvelable jusqu’à 60 ans, puis potentiellement indéfini | Non, pas de permis de travail attaché |
| Catégorie 3 | Professionnels qualifiés | Compétences jugées critiques pour le développement du pays | Durée variable selon profil | Au cas par cas, via permis de travail |
| Catégorie 4 | Parents/grands‑parents de citoyens barbadien·ne·s de plus de 60 ans | Lien familial et condition d’âge | Variable | Limité / non automatique |
Pour un entrepreneur, la catégorie 1 est la plus stratégique : en échange d’un investissement externe d’au moins 2 millions de dollars US, la résidence permanente est octroyée sans condition de durée, et un permis de travail peut être demandé de plein droit. Les investissements éligibles couvrent un spectre large : immobilier locatif, développement de projets touristiques ou manufacturiers, dépôts bancaires, obligations, fonds, etc., dès lors que les fonds proviennent de l’étranger, sont libres de charges et investis à la Barbade.
La catégorie 2 du permis de séjour s’adresse aux investisseurs souhaitant acquérir une résidence secondaire ou un bien locatif à Mayotte pour y séjourner de manière stable à long terme. Elle ne permet cependant pas d’y exercer une activité salariée.
Les frais administratifs liés au SERP varient selon l’âge et la catégorie. À titre d’illustration, pour un investisseur catégorie 1 :
| Profil investisseur Cat. 1 | Frais de permis SERP* |
|---|---|
| Plus de 60 ans | 5 000 USD (paiement unique) |
| 50‑60 ans | 3 500 USD avant 60 ans, ou 5 000 USD en cas de renouvellement après 60 ans |
| Moins de 50 ans | 5 000 USD par période de 5 ans, puis 5 000 USD pour la bascule en permis indéfini après 60 ans |
– En plus des 150 USD de frais de dossier par personne, et des frais pour conjoint et dépendants.
Ce permis est géré par le département de l’immigration, via le formulaire B et des justificatifs classiques (passeport, état civil, casier judiciaire pour chaque pays de résidence significative, preuves de ressources, couverture santé annuelle d’au moins 500 000 USD, etc.). Les délais de traitement annoncés tournent autour d’un mois pour le SERP, et de 3 à 6 mois pour un parcours complet de type « Golden Visa ».
Les titulaires d’un SERP doivent se déclarer auprès de la Barbados Revenue Authority et clarifier leur statut de résidence fiscale. Cette démarche peut permettre de bénéficier de crédits d’impôt sur les revenus étrangers rapatriés via le système bancaire barbadien.
Travailleurs, dirigeants et cadres étrangers : permis de travail et contraintes
Pour exercer une activité salariée ou diriger opérationnellement une entreprise locale, un expatrié doit en principe détenir un permis de travail, sauf cas particuliers (par exemple certains ressortissants de la CARICOM ayant un statut de professionnel qualifié).
Les permis de travail standards sont portés par l’employeur, qui doit démontrer qu’aucun candidat barbadien qualifié n’est disponible, ce qui implique une démarche administrative assez encadrée. La procédure s’étale généralement sur 6 à 8 semaines. Des permis de courte durée (jusqu’à 11 mois) et de plus longue durée (jusqu’à 3 ans) existent.
Pour les titulaires de SERP de catégorie 1, l’accès au permis de travail est facilité. La réglementation prévoit aussi des combinaisons « permis d’entrée spécial + permis de travail indéfini ou annuel » avec des grilles tarifaires spécifiques pour les personnes employées (directeurs exécutifs, administrateurs non exécutifs, etc.).
Un dirigeant expatrié devra donc, dès la conception de son projet, articuler trois pièces du puzzle : la structure de l’entreprise, le statut de résidence (Welcome Stamp ou SERP) et le type de permis de travail, afin d’éviter de se retrouver en situation irrégulière au regard du droit de l’immigration.
Les grandes formes d’entreprises accessibles aux expatriés
Le droit des sociétés barbadien repose sur le Companies Act, inspiré des standards anglo‑saxons. Il offre une certaine souplesse de structuration, en autorisant notamment la détention étrangère à 100 % et l’absence d’exigence de capital minimum pour la plupart des formes.
L’entité de base pour un entrepreneur étranger est la société à responsabilité limitée par actions (company limited by shares), comparable à une SARL ou SA selon sa taille.
Créer une société ne nécessite qu’un actionnaire et un administrateur, de n’importe quelle nationalité. Les actions peuvent être au nominal ou sans valeur nominale, dans n’importe quelle devise, et il n’est pas imposé de libération immédiate du capital. Les actions au porteur sont en revanche interdites.
Pour créer et gérer une société à la Barbade, il est obligatoire d’avoir un siège social local et de recourir aux services d’un secrétaire de société, généralement fournis par un cabinet juridique ou fiduciaire. De plus, l’entreprise doit organiser des assemblées générales : la première doit se tenir dans les 18 mois suivant l’immatriculation, puis au moins tous les 15 mois. Un avantage notable est que ces réunions peuvent se tenir n’importe où, y compris en dehors de l’île, ce qui facilite considérablement la gestion à distance de l’entité.
Au‑delà de la société classique, le droit barbadien propose d’autres options :
Maurice propose un éventail de véhicules juridiques adaptés à différents besoins d’investissement et de gestion d’entreprise, combinant flexibilité et sécurité.
Structure hybride entre société et partenariat, offrant une responsabilité limitée et une grande flexibilité contractuelle. Idéale pour les co-entreprises ou les structures de services souples.
Permet à une société étrangère d’opérer localement tout en conservant la personnalité juridique de sa maison-mère.
Trusts et fondations, encadrés par une législation spécialisée, pour la gestion de fortune et l’assurance captive.
Le choix de la forme dépendra du projet : activité opérationnelle B2B ou B2C, holding de participations, structure de consulting international, société de services IT, projet industriel ou agro‑industriel, etc. Dans tous les cas, la Barbade exige désormais que les structures à vocation internationale respectent des critères de « substance économique » : les fonctions clés, la direction effective et une partie des moyens (personnel, locaux, dépenses) doivent réellement se situer sur l’île pour bénéficier des régimes fiscaux prévus.
Fiscalité des entreprises : un cadre compétitif mais normalisé OCDE
Pendant longtemps, la Barbade a été perçue comme une juridiction de faible imposition, notamment via le régime des International Business Companies (IBC) et des sociétés d’assurance exemptées. Sous la pression des standards internationaux (OCDE, UE, Forum sur les pratiques fiscales dommageables), le pays a progressivement harmonisé ses taux et renforcé la transparence, tout en restant attractif pour les investisseurs.
Impôt sur les sociétés et résidence fiscale
Depuis le 1er janvier 2024, le taux de base de l’impôt sur les sociétés est fixé à 9 % pour la plupart des entreprises, avec des régimes spécifiques pour certains secteurs (assurance, propriété intellectuelle, petites entreprises). Une société est considérée résidente fiscale lorsque sa direction et son contrôle central sont exercés à la Barbade. Une entité immatriculée sur place est de surcroît réputée « domiciliée » sur le plan fiscal.
Le principe est simple :
– sociétés résidentes et domiciliées : imposition sur le revenu mondial ;
– sociétés résidentes mais non domiciliées : imposition sur les revenus de source barbadienne et sur les revenus étrangers rapatriés ;
– sociétés non résidentes : imposition uniquement sur les revenus de source barbadienne.
La Barbade a adopté le dispositif BEPS 2.0 et applique, depuis 2024, un impôt minimum domestique complémentaire de 15 % pour les groupes multinationaux dont le chiffre d’affaires consolidé dépasse 750 millions d’euros. Cet impôt vise à respecter le taux minimum global de l’OCDE. Des clauses de minimis et des aménagements transitoires sont prévus pour les groupes en phase de démarrage international.
Pour certaines activités privilégiées, des taux plus bas subsistent :
| Régime / activité | Taux effectif indicatif |
|---|---|
| Régime IP (« patent box ») pour revenus de propriété intellectuelle qualifiée | 4,5 % |
| Petites entreprises agréées (Small Business Development Act) | 5,5 % |
| Assurance classe 1 (certaines captives) | 0 % |
| Assurance classe 2 et 3 | Environ 2 % |
| Certaines activités IT agréées | 2,5 % |
Il n’existe pas d’impôt sur les plus‑values, ni de taxe sur la fortune, ni de droits de succession. Pour les entreprises internationales, cela rend la Barbade particulièrement intéressante pour des holdings d’investissement, la gestion d’intangibles ou des structures d’assurance captives.
TVA, retenues à la source et autres prélèvements
L’île applique une TVA standard de 17,5 %, avec un taux spécifique de 10 % pour l’hébergement hôtelier et certains services touristiques, ainsi qu’un taux de 22 % sur la téléphonie mobile. Les services numériques fournis par des acteurs étrangers à des consommateurs barbadien·ne·s sont également soumis à la TVA, les plateformes devant s’enregistrer et reverser la taxe.
Les flux sortants supportent des retenues à la source, sauf exonération ou réduction prévue par les conventions de non‑double imposition (plus de 40 accords signés, dont avec le Canada, la Chine, le Royaume‑Uni, les États‑Unis, plusieurs pays d’Europe et de la CARICOM). À titre indicatif, les taux locaux de base sont :
| Type de paiement à un non‑résident | Taux de retenue de base |
|---|---|
| Intérêts, redevances, dividendes de bénéfices imposés | 15 % |
| Bénéfices de succursale | 10 % |
| Services de management / techniques | 15 % |
| Autres services | 25 % |
| Dividendes issus de profits non imposés localement | 40 % |
Il n’existe en revanche pas de retenue sur certains flux pour les banques internationales, et le régime de Foreign Currency Permit (FCP) prévoit d’autres exemptions (voir plus bas).
Le taux de cotisation au système de sécurité sociale est d’environ 10% pour les entreprises et les salariés.
Incitations sectorielles : un arsenal pensé pour les investisseurs
L’un des atouts majeurs de la Barbade est la densité de son système d’incitations ciblées, qui permet à un projet bien structuré de réduire significativement sa charge fiscale et ses coûts initiaux.
Les principaux dispositifs concernent :
Panorama des principaux dispositifs fiscaux et avantages proposés pour stimuler l’investissement dans des secteurs clés de l’économie.
Crédits d’impôt sur la masse salariale en cas d’augmentation simultanée des effectifs et des bénéfices. « Jobs credits » pouvant couvrir jusqu’à 100% de la dépense éligible (secteurs fintech, distribution, R&D), imputables sur quatre ans.
Crédit d’impôt de 50% des dépenses dans les domaines de la santé, des technologies et de la finance, à condition que les activités soient majoritairement conduites localement.
Objectif 100% d’énergie verte et neutralité carbone d’ici 2030. Déductions majorées (jusqu’à 150%) pour audits et travaux d’efficacité énergétique. Exonération d’impôt sur les bénéfices pendant 10 ans pour les développeurs.
Exonérations de droits de douane sur les équipements, allégements d’impôt et étalement des charges d’investissement sur jusqu’à 20 ans (Tourism Development Act).
Exemptions de taxes foncières, de droits de mutation et de retenues sur certains intérêts. Taux d’impôt sur les sociétés plafonné à 15% pour les projets approuvés.
Pour un entrepreneur étranger, ces régimes signifient qu’un projet stratégique — par exemple un centre de services IT tourné vers l’Amérique du Nord et l’Europe, une usine de niche exportatrice ou un parc solaire — peut bénéficier d’un taux effectif bien inférieur au taux standard, à condition de cocher les cases réglementaires et de documenter correctement ses dépenses.
Foreign Currency Permit : l’outil des entreprises tournées vers l’export
Les entreprises qui réalisent 100 % de leur chiffre d’affaires en devises étrangères peuvent demander un Foreign Currency Permit (FCP). Cette autorisation confère plusieurs avantages décisifs :
– exemption des contrôles de change sur leurs opérations, ce qui facilite la gestion multi‑devises ;
– réduction de certains droits de timbre ;
– exonération de taxes de transfert sur les cessions de titres, ce qui est précieux pour les structures d’investissement et les tours de table.
Le FCP doit être renouvelé chaque année, mais l’instruction est relativement rapide (trois à quatre semaines). L’obtention de ce statut est souvent décisive pour les sociétés de services internationaux, de consulting, de trading ou de gestion de patrimoine, qui facturent essentiellement à des clients non résidents et souhaitent circuler librement entre BBD, USD, EUR, CAD, etc.
Banques, conformité et substance : ce qu’un entrepreneur étranger doit anticiper
Le système bancaire barbadien est supervisé par la Banque centrale (Central Bank of Barbados) et reste très encadré, notamment en matière de lutte contre le blanchiment (FATF). Le pays a été inscrit en liste grise à un moment, ce qui a poussé à un renforcement des procédures de conformité et peut compliquer certains transferts internationaux.
Pour un non‑résident, l’ouverture d’un compte professionnel est possible, mais pas automatique. De nombreuses banques locales sont prudentes avec les sociétés purement offshore, sans activité sur place. Elles exigent en général :
Pour ouvrir un compte bancaire d’entreprise, il faut démontrer une « substance économique » réelle, comprenant une direction présente, au moins un administrateur résident, des bureaux (même en espace partagé) et parfois une équipe locale. Il est également nécessaire de fournir un dossier détaillé sur les activités, les sources de fonds, les bénéficiaires effectifs et les projections financières. Enfin, un dépôt initial significatif est requis, généralement compris entre 25 000 et 100 000 dollars, selon le type de compte et la banque.
Le paysage bancaire combine de grands groupes internationaux (notamment canadiens) et des institutions régionales. Il existe aussi une catégorie de banques à devises étrangères (Foreign Currency Earning Banks) autorisées à n’opérer que dans des monnaies autres que le BBD et à se concentrer sur les opérations internationales.
Pour les projets ambitieux, l’obtention d’une licence bancaire internationale à la Barbade est soumise à des conditions strictes : un capital minimum de 500 000 USD (sans dépôts de tiers) ou de 2 millions USD (avec dépôts), la nomination d’au moins un administrateur résident barbadien, et la soumission de comptes audités à la banque centrale dans les quatre mois suivant la clôture de l’exercice annuel.
Dans tous les cas, l’accompagnement par un cabinet local expérimenté (avocats d’affaires, cabinets d’audit, spécialistes bancaires) est fortement conseillé pour structurer le dossier KYC/AML, calibrer la substance (locaux, employés, dirigeants) et choisir la banque la plus adaptée au profil de l’entreprise.
Processus concret pour créer son entreprise à la Barbade
Pour un expatrié, l’enchaînement des démarches se fait en grandes étapes, qui peuvent être gérées en partie à distance.
En pratique, la chronologie ressemble à ceci :
Le processus de création d’une société à la Barbade comprend plusieurs étapes obligatoires et facultatives. Il débute par la validation du projet et du statut migratoire (ex. : Welcome Stamp). Ensuite, il faut choisir la forme sociale et le siège avec une aide professionnelle, puis réserver le nom auprès du CAIPO. La rédaction et le dépôt des statuts (Articles of Incorporation) auprès du CAIPO suivent, avec des frais totaux souvent de quelques milliers de dollars US. Après l’obtention du certificat d’incorporation, l’entreprise doit s’enregistrer fiscalement (TIN, TVA) et s’affilier à la sécurité sociale (National Insurance Scheme). L’ouverture d’un compte bancaire est recommandée en parallèle. Enfin, selon le secteur, des licences spécifiques (tourisme, médical, etc.) ou des agréments d’incitation (Small Business Act) peuvent être nécessaires.
Les obligations annuelles comprennent le dépôt d’une liasse fiscale dans les délais (en général mi‑mars ou mi‑juin selon la date de clôture), le dépôt d’un rapport annuel au registre, et, au‑delà d’un certain seuil de chiffre d’affaires ou d’actifs (2 millions de BBD par exemple), l’audit des comptes par un membre de l’Ordre des experts‑comptables barbadiens.
Secteurs porteurs pour un entrepreneur expatrié
La Barbade ne se limite pas aux plages et resorts. La stratégie nationale cible une série de secteurs où les compétences internationales sont recherchées et des incitations fortes existent.
Parmi les plus attractifs :
La Barbade offre un environnement propice au développement de plusieurs secteurs d’activité stratégiques, soutenus par des cadres réglementaires adaptés, des avantages compétitifs et des accès privilégiés aux marchés.
Environnement réglementaire mature, nombreuses conventions de non-double imposition, cadre sophistiqué pour fonds et contrats d’assurance, et présence d’un réseau de cabinets d’audit et d’avocats internationaux (KPMG, Deloitte, PwC, EY, BDO, etc.).
Soutenu par un « regulatory sandbox » conjoint de la Banque centrale et de l’autorité des services financiers. A vu émerger des pionniers régionaux comme Bitt.com dans la blockchain.
Fuseau horaire aligné sur la côte Est nord-américaine, main-d’œuvre anglophone et des coûts compétitifs inférieurs à ceux du Canada ou des États-Unis. Secteurs : centres de contact, développement logiciel, traitement de données.
Au cœur de la feuille de route 2030 du pays, avec des incitations substantielles telles que des crédits et exonérations abondants pour soutenir les projets.
Agro-transformation, dispositifs médicaux, pharma légère. Accès facilité aux marchés CARICOM, nord-américains et européens via des accords commerciaux (CARIFORUM-UE, CaribCan, Caribbean Basin Initiative).
Écotourisme, tourisme médical, séjours de fertilité (avec centre accrédité JCI), séjours d’études et de recherche. Présence de plusieurs écoles de médecine étrangères et de l’institut de recherche Bellairs de l’Université McGill.
Pour chaque secteur, des lois spécifiques (Tourism Development Act, Medicinal Cannabis Industry Act, Fiscal Incentives Act, etc.) prévoient des exonérations de droits à l’importation, des vacances fiscales, des crédits d’impôt ou des taux réduits.
Écosystème entrepreneurial et réseaux : ne pas entreprendre seul
Un autre avantage de la Barbade pour un expatrié tient à la densité de son tissu d’organisations dédiées à l’entrepreneuriat, qui complètent les dispositifs publics d’Invest Barbados et du BIDC (Export Barbados).
La Barbados Entrepreneurship Foundation (BEF) s’est donnée comme mission de transformer l’île en hub entrepreneurial, en travaillant sur cinq leviers : financement, politique publique, éducation, mentorat et facilitation administrative. Elle a notamment contribué à la création de Trident Angels, premier réseau de business angels caribéen, destiné à combler le manque de capital amorçage local.
Le Small Business Association (SBA) regroupe de nombreuses petites entreprises et propose plaidoyer, formations, programmes d’accompagnement, un annuaire, des conférences et du réseautage. Pour un expatrié, y adhérer permet de décoder les pratiques locales, comprendre les contraintes réglementaires au quotidien et identifier des partenaires potentiels.
Build Your Business Together (BYBT), anciennement Barbados Youth Business Trust, accompagne depuis trois décennies les jeunes entrepreneurs, avec un package combinant micro‑financement, mentorat, conseils RH et comptables, ateliers pratiques. Ce type de structure peut aider un étranger à identifier de jeunes talents locaux, à monter des équipes mixtes et à s’ancrer dans l’écosystème.
Enfin, des réseaux internationaux comme BNI sont implantés, avec une logique de recommandation d’affaires (« Givers Gain ») qui semble fonctionner : des témoignages mentionnent des croissances à deux chiffres et des volumes d’affaires générés significatifs via ces cercles. Pour un créateur de structure de services B2B, c’est un canal de prospection à ne pas négliger.
Créer une entreprise à l’étranger suppose de comprendre le droit du travail local et le niveau des coûts salariaux et de la vie, aussi bien pour l’équipe que pour le dirigeant expatrié.
Le droit du travail barbadien, principalement via l’Employment Rights Act, offre une protection substantielle. Il impose un contrat écrit, une semaine standard de 40 heures avec majoration pour heures supplémentaires et jours fériés, un minimum de 3 semaines de congés payés (4 après 5 ans d’ancienneté), et une protection contre le licenciement abusif. Après deux ans de service, un salarié a droit à une indemnité de licenciement en cas de redondance. D’autres lois comme le Minimum Wage Act et le Holidays with Pay Act complètent ce cadre.
Le salaire minimum a été révisé et doit de nouveau augmenter à partir de 2025 pour avoisiner 10,50 BBD de l’heure pour les travailleurs généraux et plus pour les agents de sécurité. Pour autant, la main‑d’œuvre locale reste, en moyenne, moins coûteuse que dans la plupart des pays développés, tout en étant anglophone, formée et généralement fidèle.
Le budget mensuel estimé pour une famille de quatre personnes à la Barbade, en raison du coût de la vie élevé pour les produits importés et certains services privés.
Un business plan devra donc intégrer : les objectifs stratégiques, le marché cible, l’analyse de la concurrence, le plan marketing, la structure organisationnelle, le plan financier et les prévisions de croissance.
– des salaires compétitifs pour attirer et retenir les meilleurs profils locaux, en tenant compte des exigences de qualification ;
– des coûts de charges sociales non négligeables (plus de 10 % pour l’employeur) ;
– des coûts de vie du dirigeant expatrié, notamment s’il scolarise ses enfants dans le privé international ou utilise largement le système de santé privé.
Immobilier professionnel : se loger comme entreprise
Pour une implantation concrète, l’offre en bureaux, commerces et entrepôts est variée. De nombreux parcs industriels modernes, zones d’affaires comme Warrens ou Belleville, centres commerciaux récents (Lanterns Mall, Emperor’s Court, etc.) et immeubles de bureaux proches de Bridgetown ou de la côte sud proposent des surfaces allant de petits espaces de 250 à 700 pieds carrés pour des cabinets de conseil, agences ou petites start‑ups, jusqu’à des plateaux de 10 000 pieds carrés pour des sièges régionaux.
Les loyers, exprimés en BBD au pied carré, restent compétitifs pour un budget d’entreprise internationale. Un bureau de taille moyenne bien situé coûte quelques milliers de BBD par mois, incluant souvent parking, climatisation et espaces communs. Les zones côtières sud et ouest sont les plus demandées, mais des options intérieures moins chères, tout en restant bien desservies (proche de l’ABC Highway par exemple), sont également disponibles.
Des services spécialisés comme Office Hub ou un large éventail d’agences immobilières locales (NVEST Estates, Seaside Realty, etc.) facilitent la recherche, avec des filtres par prix, surface, type (bureau, retail, entrepôt) et localisation.
De la résidence permanente à la citoyenneté : penser long terme
Un entrepreneur qui réussit son implantation peut souhaiter aller au‑delà d’un simple droit de séjour ou d’un SERP. La Barbade permet de demander la résidence permanente après cinq années consécutives de présence légale, et la naturalisation après au moins cinq années de résidence physique au cours des sept dernières années, dont douze mois ininterrompus avant le dépôt de la demande. La maîtrise de l’anglais est exigée.
Le passeport barbadien permet un accès sans visa à plus de 160 pays dans le monde.
Pour un entrepreneur expatrié qui projette de s’installer sur 10 à 15 ans avec sa famille, de développer plusieurs activités (peut‑être dans les énergies renouvelables, le tourisme médical ou la fintech) et de structurer son patrimoine international via la Barbade, cette perspective de citoyenneté renforce l’intérêt d’une stratégie de long terme.
Conclusion : comment tirer parti de la Barbade comme base entrepreneuriale
Pour un expatrié qui veut entreprendre à l’étranger, la Barbade offre un positionnement singulier : elle n’est plus une juridiction d’optimisation fiscale extrême, mais reste très compétitive grâce à l’absence de taxes sur la fortune et les plus‑values, des taux d’impôt modérés, un dense réseau de conventions fiscales, et une architecture d’incitations sur mesure pour les secteurs qu’elle souhaite attirer.
La Barbade offre un environnement propice aux affaires grâce à sa sécurité élevée, ses infrastructures modernes (télécoms, ports, aéroports avec liaisons directes vers Londres, New York, Toronto, Francfort et Panama), une main-d’œuvre anglophone qualifiée et des programmes de résidence attractifs (Welcome Stamp, SERP). Elle constitue une plateforme idéale pour piloter des entreprises de services, d’industrie de niche ou d’investissement tournées vers les Amériques et l’Europe.
La contrepartie de cette attractivité est la nécessité de respecter des règles de substance, de conformité bancaire, de droit du travail et de standards internationaux (BEPS 2.0, FATF), qui exigent de la rigueur et un accompagnement sérieux. Mais pour l’entrepreneur qui prépare son projet, structure ses flux et s’insère dans l’écosystème local (Invest Barbados, SBA, BEF, réseaux professionnels), la Barbade peut devenir bien plus qu’une destination de vacances : un véritable hub stratégique pour créer, développer et transmettre son entreprise à l’international.
Un retraité de 62 ans, disposant d’un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après étude de plusieurs destinations (Portugal, Maurice, Grèce, Chypre), la stratégie retenue a consisté à cibler la Barbade, combinant fiscalité attractive pour les résidents non domiciliés (imposition limitée sur les revenus de source locale ou rapatriés), absence d’impôt sur la fortune, coût de vie maîtrisé par rapport aux standards caribéens et environnement anglophone stable. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence fiscale via visa de long séjour pour investisseurs / retraités, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, agents immobiliers) et intégration patrimoniale internationale (analyse et restructuration si nécessaire).
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