Investir dans l’immobilier à la Barbade : le guide complet pour expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer sous les tropiques tout en sécurisant une partie de son patrimoine, c’est exactement ce que permet un investissement immobilier à la Barbade. L’île coche beaucoup de cases qui comptent pour un expatrié : stabilité politique, cadre juridique clair d’inspiration britannique, fiscalité douce, monnaie arrimée au dollar américain, infrastructures solides et marché locatif porté par un tourisme haut de gamme.

Bon à savoir :

Au-delà des paysages idylliques, l’achat d’un bien à l’étranger, notamment pour un expatrié, nécessite une préparation rigoureuse. Il faut anticiper les coûts cachés, comprendre les règles bancaires et la fiscalité (locale et internationale), choisir judicieusement la localisation, structurer le financement et prévoir la gestion à distance du bien.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le contexte économique et fiscal à la Barbade

Avant de parler prix au mètre carré ou rendement locatif, il est utile de regarder le contexte macroéconomique et la fiscalité, car ce sont ces éléments qui conditionnent la stabilité de votre investissement.

L’économie barbadienne repose largement sur le tourisme, les services financiers et, dans une moindre mesure, l’agriculture (notamment la canne à sucre). Le pays figure parmi les plus riches des Caraïbes, avec un PIB par habitant relativement élevé et une pression fiscale globale autour d’un tiers du PIB. La dette publique est importante mais sous contrôle, dans le cadre d’un plan de redressement suivi avec le FMI, et la banque centrale maintient sa politique monétaire avec un taux directeur modéré.

2

Le dollar barbadien est arrimé au dollar américain à un taux fixe de 2 BBD pour 1 USD.

Sur le plan fiscal, la Barbade se distingue par l’absence de plusieurs impôts redoutés des investisseurs :

Impôt ou taxeSituation à la BarbadeCommentaire pour un investisseur
Impôt sur les plus-values immobilièresInexistantAucune taxation locale de la plus-value à la revente
Impôt sur les successionsInexistantTransmission facilitée, mais vérifier la fiscalité du pays de résidence
Impôt sur la fortuneInexistantPas de taxation du patrimoine immobilier détenu localement
TVA sur ventes résidentiellesNon applicableLes ventes de logements ne supportent pas de TVA

En revanche, il existe une fiscalité courante à bien intégrer :

Attention :

Les propriétaires non-résidents sont soumis à un impôt sur le revenu progressif sur les loyers perçus. Ils doivent également acquitter un impôt foncier annuel (land tax) de 0,1 % à 0,75 % sur la valeur du bien, sans bénéficier de l’exonération sur la première tranche réservée aux résidences occupées par leur propriétaire. La vente d’un logement n’est pas soumise à la TVA (17,5 %).

Autre atout pour les expatriés : la Barbade n’est pas considérée comme paradis fiscal « non coopératif » et a signé de nombreuses conventions de non-double imposition, notamment avec le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni ou la Chine. Cela permet, dans bien des cas, d’éviter une double imposition intégrale sur les revenus tirés de votre bien barbadien, à condition de bien déclarer ces flux dans votre pays de résidence.

Un marché immobilier stable, transparent et très orienté expatriés

La Barbade est souvent décrite comme l’un des marchés les plus stables et lisibles des Caraïbes. Le cadre juridique est inspiré du droit anglais, avec une loi spécifique sur les transactions immobilières (Conveyancing and Law of Property Act, Cap. 236) et un système d’enregistrement type Torrens, où le registre foncier sécurise le titre de propriété.

Pour un expat, cela signifie : s’adapter à une nouvelle culture, trouver un logement, naviguer dans les différences linguistiques, gérer la distance avec la famille et les amis, et découvrir un mode de vie complètement différent.

des droits de propriété forts, y compris pour les étrangers ;

une documentation juridique standardisée ;

des risques de contestation de titre relativement faibles dès lors que le travail de l’avocat est correctement fait.

Astuce :

Il n’existe pas de restriction à la pleine propriété pour les non-Barbadiens. Vous pouvez acheter un bien en toute propriété sans limitation liée à votre nationalité.

– en freehold (pleine propriété sans limite de durée) ;

– ou en leasehold (bail de longue durée, souvent jusqu’à 99 ans ou plus) selon les biens.

La seule contrainte spécifique aux non-résidents concerne l’enregistrement du flux financier : toute acquisition par un étranger doit être enregistrée auprès de la Banque centrale de la Barbade. Cette étape est cruciale car elle conditionne votre droit, le jour où vous revendrez, à rapatrier en devises étrangères votre capital et vos gains. Sans ce « tampon » de la Banque centrale, vous pouvez vous retrouver bloqué dans le système de change local.

Où investir à la Barbade ? Anatomie des meilleures zones

L’île est divisée en 11 paroisses, dont la plupart sont côtières. Pour un expatrié investisseur, l’enjeu est de trouver l’équilibre entre budget, rendement locatif, style de vie et potentiel de plus-value.

La côte ouest (St. James, St. Peter) : la « Platinum Coast »

La façade ouest, surnommée « Platinum Coast », regroupe les paroisses de St. James et St. Peter. C’est la vitrine ultra-luxe de l’île, avec des villas de bord de mer, des résidences sécurisées, des resorts de golf comme Sandy Lane, Royal Westmoreland ou Apes Hill, et des adresses emblématiques autour de Holetown ou Speightstown.

Les données de marché montrent des niveaux de prix élevés, en cohérence avec ce positionnement :

LocalisationType de bienPrix médian (BBD/m²)Tendance récente
Saint JamesAppartement13 126-3 %
Saint JamesMaison11 356-1 %
Saint PeterAppartement13 098
Saint PeterMaison7 250-6 %
SpeightstownAppartement14 252+1 %

Dans cette zone, des villa-front de mer ou des propriétés de golf de prestige se négocient souvent entre 2 et 15 millions de dollars américains, parfois davantage pour des biens iconiques. Les investisseurs y visent principalement :

Avantages de l’investissement

Découvrez les principaux bénéfices de l’acquisition d’une résidence de prestige à la montagne.

Usage plaisir

Profitez d’une résidence secondaire haut de gamme pour vos séjours personnels en montagne.

Rendement locatif

Générez des revenus via la location saisonnière haut de gamme, avec des taux de remplissage élevés en haute saison (novembre-avril).

La côte sud (Christ Church) : ambiance animée et budgets plus accessibles

La côte sud, centrée sur la paroisse de Christ Church (Hastings, Rockley, Worthing, St. Lawrence Gap, Dover, Maxwell, Oistins), propose un mix intéressant :

plages et lagons plus animés que sur la côte ouest ;

forte vie nocturne et nombreux restaurants ;

large stock de condominiums et appartements de vacances.

Les chiffres confirment un positionnement plus abordable que la côte ouest, tout en restant élevé pour les standards régionaux :

LocalisationType de bienPrix médian (BBD/m²)Tendance récente
Christ ChurchAppartement11 234+3 %
Christ ChurchMaison6 003-1 %
BridgetownAppartement12 285+19 %
BridgetownMaison6 972

Pour un expatrié, Christ Church a plusieurs atouts :

ticket d’entrée plus bas (un condo 1 chambre peut démarrer vers 200 000 USD) ;

potentiel locatif solide en courte durée (tourisme) comme en moyenne durée (télétravailleurs, « Welcome Stamp », expats) ;

proximité de l’aéroport et des services urbains.

L’intérieur (St. George, St. Thomas, St. Michael…) : valeur au mètre carré

Les paroisses intérieures comme St. George et St. Thomas, ou encore certaines zones de St. Michael (agglomération de Bridgetown), offrent des prix au mètre carré plus bas, idéal pour qui cherche à optimiser la surface et la tranquillité plutôt que la vue sur mer.

LocalisationType de bienPrix médian (BBD/m²)Tendance récente
Saint ThomasMaison4 909-3 %
Saint MichaelMaison4 548-3 %
Saint PhilipMaison10 059-1 %
Saint AndrewMaison14 977+5 %

Dans ces zones, on trouve :

Options Immobilières

Découvrez une sélection de propriétés adaptées à la classe moyenne locale et aux expatriés, offrant discrétion et espace dans des quartiers résidentiels calmes.

Maisons Individuelles

Des maisons individuelles à partir de 300 000 USD.

Terrains en Lotissement

Des terrains en lotissements résidentiels entre 90 000 et 200 000 USD environ.

Quartiers Résidentiels

Des quartiers résidentiels calmes, prisés pour la discrétion et l’espace qu’ils offrent.

Le rendement locatif en longue durée (4 à 6 % brut par an) peut y être intéressant pour des familles expatriées ou des travailleurs installés à l’année.

Est et nord de l’île : paysages sauvages et éco-tourisme

L’est (notamment St. Joseph, autour de Bathsheba) et le nord (St. Lucy) sont moins densément construits, plus exposés à l’Atlantique, avec des paysages spectaculaires et une ambiance plus nature. On y voit se développer :

des projets d’éco-villas et de retraites bien-être ;

des hébergements de surf et de tourisme alternatif.

Les données de prix sont moins abondantes, mais ces zones offrent souvent : les meilleures opportunités d’investissement.

des terrains avec vue mer à des prix encore raisonnables ;

une clientèle de niche, moins sensible à la saisonnalité, mais plus volatile.

Prix, loyers et rendements : ce que disent les chiffres

Pour un expatrié investisseur, la question centrale reste : combien ça coûte et quel rendement espérer ?

Les portails immobiliers et plateformes de données donnent une première grille de lecture.

Niveaux de prix et coût du logement

À l’échelle de l’île, les chiffres suivants ressortent :

IndicateurValeur indicative
Prix médian appartements (vente)12 250 BBD/m²
Prix médian maisons (vente)9 678 BBD/m²
Studio (médian)12 755 BBD/m²
2 pièces (médian)9 809 BBD/m²
3 pièces (médian)14 631 BBD/m²
4 chambres (maison)11 063 BBD/m²
5 chambres (maison)10 753 BBD/m²
6 chambres (maison)12 150 BBD/m²

Converti en euros, le coût moyen au mètre carré en zone urbaine tourne autour de 3 000 €/m², soit environ 48 % de plus que le niveau moyen constaté en France. Autrement dit, la Barbade se situe clairement dans le haut du panier caribéen, surtout sur les zones littorales premium.

Marché locatif : niveaux de loyers et rendements bruts

Les données sur les loyers mensuels permettent de calculer des rendements bruts indicatifs :

Type de locationZoneFourchette de loyer mensuel (BBD)Loyer moyen indicatif (BBD)
T1 (1 chambre)Centre-ville1 000 – 2 200~1 474
T1Périphérie800 – 2 000~1 175
T3 (3 chambres)Centre-ville2 200 – 7 000~3 799
T3Périphérie1 500 – 5 000~2 713

Sur cette base, et en croisant avec les prix de vente (7 000 BBD/m²) pour un appartement en ville, on obtient des rendements bruts moyens autour de :

5,5 % pour des appartements en centre-ville ;

– un peu plus de 4 % en périphérie.

Exemple :

Les chiffres présentés dans l’article, comme un rendement brut de 3% à 5% pour un appartement en centre-ville, rejoignent les estimations généralement évoquées sur le marché. Ces fourchettes servent de référence initiale aux investisseurs avant de calculer le rendement net, qui déduit les charges, les taxes et les frais de gestion.

5–8 % par an pour des villas ou condos loués en courte durée sur la côte ouest et la côte sud ;

4–6 % pour des locations longue durée dans les quartiers résidentiels ou ruraux.

Dans les produits très touristiques (condos type « hôtel » avec gestion intégrée), certains promoteurs affichent des rendements garantis de 4 à 6 % pendant les premières années, en échange d’un bail commercial ou d’un pool locatif.

Coûts cachés et frais à anticiper : ne pas s’arrêter au prix affiché

Comme dans toute acquisition à l’étranger, le prix de vente n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les frais de transaction, les impôts, le financement, mais aussi la gestion courante et les travaux peuvent représenter 10 à 15 % de plus que ce que vous imaginiez au départ.

Frais de transaction à la Barbade : qui paie quoi ?

À la Barbade, la répartition des coûts lors d’une transaction immobilière est assez spécifique : la plupart des taxes de transfert sont à la charge du vendeur, mais l’acheteur supporte ses propres frais juridiques et de financement.

Poste de coûtTaux / montantSupporté par
Taxe de transfert immobilière2,5 % sur la partie du prix > 150 000 BBDVendeur
Droit de timbre (stamp duty)1 % du prix de venteVendeur
Frais d’avocat (achat)1–2 % du prix + TVA 17,5 %Acheteur
Frais d’enregistrement foncier~0,5–1 % du prixAcheteur (via avocat)
Commission d’agence5–7 % du prixGénéralement le vendeur

Pour un expatrié acheteur, le gros poste à prévoir côté transaction est donc :

les honoraires de l’avocat (1,5–2 % en pratique, + TVA) ;

– les frais d’enregistrement et éventuellement du prêt.

Les coûts d’acquisition globaux (hors prix et éventuelle commission si achat de particulier à particulier) peuvent ainsi représenter 3 à 5 % du montant investi côté acheteur. En comparaison, dans beaucoup de pays européens, l’addition totale des « frais de notaire » peut atteindre 7 à 8 % sur l’ancien : la Barbade peut donc apparaître relativement compétitive, même si la commission de l’agent, supportée ici par le vendeur, pèse dans le coût global de l’opération.

Frais de financement, garantie et assurance

Les banques barbadiennes et certains établissements internationaux accordent des crédits hypothécaires aux non-résidents, avec des ratios de financement généralement plus prudents que pour les locaux. En pratique, il faut souvent prévoir :

5.75

Taux d’intérêt moyen pour un prêt immobilier à taux fixe sur 20 ans, avec une fourchette pouvant aller de 3% à 11% selon le profil de l’emprunteur et l’établissement bancaire.

À cela s’ajoutent :

les frais juridiques liés au prêt (environ 1 % du montant du crédit) ;

– le droit de timbre sur l’hypothèque (6 BBD pour 1 000 BBD de dette) ;

– une assurance emprunteur (décès-invalidité) dont le coût dépend de votre âge et de votre état de santé.

Ces frais ne sont généralement pas finançables par la banque : il faut donc prévoir la trésorerie nécessaire en plus de votre apport.

Coûts récurrents après l’acquisition

Une fois propriétaire, plusieurs postes viennent s’ajouter chaque année ou chaque mois :

Astuce :

L’acquisition d’un bien immobilier à la Barbade implique des coûts récurrents à anticiper : la land tax (impôt foncier), variant de 0,1 % à 0,75 % de la valeur du bien, avec une exonération sur les premiers 150 000 BBD pour une résidence principale ; les charges de copropriété, parfois élevées dans les complexes haut de gamme ; l’assurance habitation, souvent obligatoire ; l’entretien courant et les gros travaux ; les frais de gestion locative (généralement 10 à 20 % des loyers) si vous louez ; ainsi que les factures courantes (eau, électricité, internet).

Pour un bien ancien ou à rénover, les budgets de travaux peuvent rapidement monter. Sur la base de références européennes, il est prudent de considérer qu’une rénovation complète peut se situer entre 500 et 2 000 €/m² selon le niveau de finition et l’état initial. À la Barbade, les coûts de construction sont en outre impactés par les importations de matériaux et la main-d’œuvre qualifiée, ce qui peut tirer les budgets vers le haut dans les segments haut de gamme.

Le processus d’achat pas à pas pour un expatrié

Investir à la Barbade se fait dans un cadre juridique structuré, mais suppose de respecter quelques étapes clés.

1. Sélection du bien et offre d’achat

La recherche se fait souvent via :

des agences spécialisées dans le marché expatrié ;

des portails immobiliers internationaux ;

– ou des annonces de particuliers (FSBO) relayées dans la presse locale, sur des groupes Facebook ou via le bouche-à-oreille.

Une fois le bien ciblé, vous formulez une offre (letter of offer), généralement avec l’appui d’un agent. Si elle est acceptée, on passe à l’étape contractuelle.

2. Mandater un avocat local

À la Barbade, l’avocat joue un rôle central, là où d’autres pays confient ce rôle au notaire. Il est indispensable de désigner votre propre conseil, distinct de celui du vendeur, afin de :

vérifier la chaîne de propriété sur au moins 20 ans pour s’assurer d’un « bon titre » (good and marketable title) ;

identifier d’éventuelles charges : hypothèques, privilèges, taxes foncières impayées, servitudes, litiges en cours ;

– s’assurer du respect des règles d’urbanisme et de zonage ;

– préparer ou revoir l’Agreement for Sale (compromis de vente).

1.5–2

Les honoraires des agents immobiliers représentent généralement entre 1,5 % et 2 % du prix de vente d’un bien, hors TVA.

3. Signature de l’Agreement for Sale et versement du dépôt

L’Agreement for Sale précise :

le prix convenu ;

le montant et les modalités du dépôt (généralement 10 % du prix, placé sur le compte séquestre de l’avocat du vendeur) ;

– le calendrier de réalisation (souvent 3 à 4 mois entre compromis et signature finale) ;

– les conditions suspensives (obtenir un financement, vérifications urbanistiques, etc.) ;

– les pénalités en cas de défaut de l’une des parties.

À partir de la signature et du versement du dépôt, le risque sur le bien (incendie, dégâts naturels) est souvent considéré comme transféré à l’acheteur, d’où l’importance d’une couverture d’assurance dès ce stade (parfois en continuant temporairement la police du vendeur, avec une refacturation pro rata temporis).

4. Diligences, autorisations et enregistrement auprès de la Banque centrale

Entre compromis et acte définitif, votre avocat :

Bon à savoir :

L’acheteur doit compléter ses recherches de titre, vérifier les factures de taxe foncière et d’éventuelles charges de copropriété, s’assurer de l’origine étrangère des fonds et de leur possibilité d’enregistrement auprès de la Banque centrale, et préparer, si nécessaire, la documentation pour un financement bancaire local.

L’enregistrement du flux en devises auprès de la Banque centrale est crucial pour préserver votre capacité de rapatrier le produit de la revente dans une devise forte (USD, EUR, CAD…). Cette formalité est généralement routinière, mais demande de présenter des preuves d’origine des fonds conformes aux exigences de lutte contre le blanchiment.

5. Closing, transfert de titre et enregistrement

À la date convenue :

– l’avocat du vendeur prépare le deed of conveyance (acte de cession) ;

– vous versez le solde du prix, soit en cash, soit via les fonds débloqués par votre banque ;

– les documents sont signés, puis soumis au Land Registry pour enregistrement.

Les droits de timbre et taxes de transfert sont versés par le vendeur, alors que vous prenez en charge les frais juridiques et les coûts d’enregistrement. Le délai global entre acceptation de l’offre et finalisation tourne autour de 3 à 4 mois, parfois 6 à 12 semaines pour des dossiers simples, notamment lors d’une vente de particulier à particulier bien préparée.

Résidence, permis spéciaux et télétravail : articuler immobilier et projet de vie

Pour un expatrié, l’achat d’un bien à la Barbade s’inscrit souvent dans un projet plus large : vivre une partie de l’année sur place, s’y installer, télétravailler ou préparer sa retraite. L’île a mis en place plusieurs dispositifs qui interfèrent directement avec la stratégie immobilière.

Le Special Entry and Residency Permit (SERP)

Le SERP est une autorisation de séjour de long terme, pensée pour les personnes à hauts revenus, les retraités et certains profils qualifiés. Il existe plusieurs catégories, mais deux intéressent particulièrement les investisseurs immobiliers :

– la catégorie « High Net Worth Investor » (catégorie 1), pour les personnes disposant d’une fortune nette supérieure à 5 M USD et injectant au moins 2 M USD de fonds externes dans l’économie barbadienne (investissement immobilier, projets touristiques, industriels, financiers, etc.) ;

– la catégorie « Property Owner » (catégorie 2), pour les propriétaires d’un bien à la Barbade d’une valeur minimale de 300 000 USD, capables de démontrer leur autonomie financière.

Quelques caractéristiques clefs :

Catégorie SERPCondition principaleDurée du permisDroit au travail
Catégorie 1 (investisseur ≥ 2 M USD, patrimoine ≥ 5 M USD)Investissement substantiel et patrimoine net élevé5 à 10 ans renouvelables, puis illimité après 60 ansOui, via un permis de travail spécifique
Catégorie 2 (propriétaire ≥ 300 000 USD)Propriété immobilière et autonomie financière5 ans renouvelablesNon, séjour sans droit automatique au travail

Les frais administratifs sont significatifs (plusieurs milliers de dollars pour le permis principal, plus des frais pour le conjoint et les enfants), mais en contrepartie :

Avantages du statut de résident de long terme

Découvrez les principaux bénéfices liés à l’obtention du statut de résident de long terme pour vous et votre famille.

Statut de résident de long terme

Vous obtenez un statut de résident de long terme, vous offrant stabilité et droits étendus.

Statut pour votre conjoint

Votre conjoint est éligible au même statut, permettant une installation conjointe.

Visa pour vos enfants

Vos enfants mineurs bénéficient d’un visa étudiant, facilitant leur scolarisation.

Ce statut peut, à terme, ouvrir la voie à la résidence permanente, voire à la naturalisation, sous réserve d’une présence effective suffisante dans le pays.

Le visa de télétravail « Welcome Stamp »

Parallèlement, la Barbade a mis en place un visa spécifique pour les télétravailleurs et nomades digitaux : le « Welcome Stamp ». Il permet :

de vivre et travailler à distance depuis l’île pendant 12 mois (renouvelables par périodes annuelles) ;

sans être imposé localement sur les revenus de source étrangère, sous réserve que vous restiez fiscalement résident dans votre pays d’origine.

Les conditions principales :

justifier d’un revenu annuel d’au moins 50 000 USD ;

– payer des frais de dossier de 2 000 USD (individuel) ou 3 000 USD (famille) ;

– déposer une demande en ligne, instruite en général en une semaine.

Pour un expatrié qui souhaite tester un mode de vie à la Barbade tout en conservant son emploi à distance, ce visa s’articule bien avec un achat immobilier :

vous pouvez acquérir un condo et y vivre une partie de l’année ;

louer votre bien le reste du temps en saison touristique, via une agence.

Articulation avec la fiscalité internationale

Même si la Barbade ne taxe pas les plus-values immobilières ni les successions, cela ne veut pas dire que vous êtes exempt de toute fiscalité. Selon votre pays de résidence fiscale (France, Canada, Royaume-Uni, Suisse, Belgique, etc.), les loyers perçus et les plus-values réalisées devront être :

Bon à savoir :

Les revenus perçus à la Barbade doivent être déclarés localement pour l’impôt sur le revenu de source barbadienne. Ils doivent également être reportés dans votre déclaration de revenus dans votre pays de résidence. Une convention de non-double imposition peut s’appliquer pour éviter d’être imposé deux fois sur les mêmes revenus.

Pour un expatrié français, par exemple, la règle générale inspirée du modèle OCDE est que :

les revenus immobiliers sont imposables dans le pays où est situé l’immeuble ;

– mais ils doivent aussi être déclarés en France, avec un mécanisme d’élimination de la double imposition (crédit d’impôt, exemption avec progressivité, etc.) si une convention existe.

L’enjeu est donc de se faire accompagner par un fiscaliste ou un expert-comptable familier des montages transfrontaliers afin de :

choisir la bonne structure de détention (en direct ou via société) ;

éviter une double imposition économiquement pénalisante ;

optimiser la transmission.

Financer son investissement : banques locales, apport et réalités du crédit

Pour un expatrié, plusieurs options coexistent :

achat comptant avec des fonds externes (souvent la solution la plus simple) ;

recours à un crédit hypothécaire auprès d’une banque barbadienne ou d’une banque internationale ;

financement dans le pays de résidence (relais, hypothèque sur un bien local, etc.).

Les banques locales comme RBC, Scotiabank ou CIBC FirstCaribbean peuvent octroyer des prêts en dollars américains à des non-résidents, mais avec des exigences renforcées :

Bon à savoir :

Pour ce type de financement, un apport personnel conséquent est requis, souvent entre 30% et 40%, et pouvant être supérieur pour des montants dépassant 2,5 M USD. La durée d’amortissement se situe généralement entre 5 et 25 ans. Les taux d’intérêt sont indexés sur des références internationales comme le LIBOR ou ses équivalents, auxquels s’ajoute une marge qui varie selon votre profil et la qualité du dossier.

Les documents à fournir sont classiques mais doivent souvent être authentifiés ou traduits :

justificatifs d’identité et de résidence ;

relevés bancaires récents ;

preuves de revenus (contrats de travail, bilans d’entreprise, déclarations fiscales) ;

rapport d’évaluation du bien.

Le temps d’approbation peut facilement dépasser un mois, avec un délai global de closing de 2 à 3 mois si le financement est impliqué.

Pour réduire le risque de change et les coûts bancaires, certains investisseurs ont intérêt à :

utiliser des prestataires spécialisés en change international, plutôt que les grandes banques, pour transférer les fonds d’apport ;

négocier les frais de dossier et les conditions d’assurance emprunteur.

Stratégies locatives : saisonnier, longue durée ou hybride ?

L’un des grands attraits de la Barbade pour un expatrié investisseur tient au fait que la demande locative est structurellement forte, portée par :

un flux touristique important et plutôt haut de gamme ;

un public croissant de télétravailleurs et de résidents saisonniers longue durée ;

une communauté expatriée stable.

Plusieurs stratégies sont possibles.

Location saisonnière de vacances

Sur la côte ouest et la côte sud, les villas et condos à quelques minutes de la plage peuvent viser des rendements bruts de 5 à 8 % par an, à condition :

Bon à savoir :

Pour optimiser la location de votre bien, concentrez-vous sur trois aspects essentiels : obtenir un taux d’occupation élevé pendant la haute saison (de novembre à avril, avec un pic durant les fêtes de fin d’année), soigner le positionnement du bien (prix compétitif, prestations de qualité et photos attractives), et envisager un partenariat avec une agence locale ou un gestionnaire expérimenté avec cette clientèle.

Les plateformes comme Airbnb, Booking.com ou des portails spécialisés holiday rentals sont des canaux classiques. En pratique :

certains propriétaires réservent pour eux plusieurs semaines en haute saison ;

– le reste du temps, les loyers couvrent largement frais de vol, charges et land tax.

Il faut toutefois garder en tête : il est essentiel de considérer les différents aspects d’une situation avant de prendre une décision.

une saisonnalité marquée, avec des périodes de vacance locative possibles hors saison ;

– des frais de gestion et de ménage plus élevés qu’en location longue durée ;

– un risque accru d’usure du bien (turnover fréquent).

Location longue durée

Dans les zones plus résidentielles (St. Michael, St. George, St. Thomas notamment) ou dans certains quartiers bien desservis de Christ Church, la location longue durée vise :

les expatriés en mission ou en télétravail prolongé ;

la classe moyenne supérieure locale.

Les rendements bruts sont souvent légèrement inférieurs (4–6 %), mais :

la vacance locative est plus faible si le bien est bien positionné ;

– la gestion est plus simple et les coûts d’entretien moindres.

Dans un contexte de projet de vie, il est possible d’opter pour une stratégie hybride :

location saisonnière partielle lorsque vous n’êtes pas sur place ;

usage personnel plusieurs mois par an, par exemple sous un visa Welcome Stamp ou un statut de résident SERP.

Risques, climat et résilience : ce qu’un investisseur doit intégrer

La Barbade est généralement située en marge de la principale zone de cyclones atlantiques, mais l’île n’est pas totalement à l’abri des tempêtes tropicales, comme l’a rappelé un épisode marquant en 2021. De manière générale, investir dans une île caribéenne implique d’intégrer :

un risque météorologique (vents forts, pluies intenses, remontée d’ondes de tempête) ;

– des phénomènes plus lents comme l’érosion côtière ou l’augmentation du niveau de la mer à long terme.

L’expérience internationale montre que : les collaborations entre pays peuvent mener à des avancées significatives dans divers domaines, tels que la santé, la technologie et l’éducation.

Bon à savoir :

Dans certains marchés, la proximité immédiate de la mer est si valorisée que les acheteurs acceptent le risque, voire le paient par une prime de prix, malgré l’exposition. Cependant, la perception du risque par les acheteurs évolue souvent après un événement majeur (inondation, ouragan), avec une correction temporaire ou durable des prix dans les zones les plus touchées.

À la Barbade, le gouvernement investit dans l’adaptation (infrastructures d’eau, énergie plus résiliente, projets climatiques), et l’immobilier de standing intègre de plus en plus :

des normes de construction renforcées ;

des matériaux et toitures adaptés ;

– parfois des systèmes de production électrique partielle (solaire).

Pour un expatrié, il est prudent de :

vérifier, avec l’avocat et éventuellement un expert, la zone de risque spécifique du bien (altitude, proximité immédiate du rivage, historique d’événements) ;

– s’assurer de la couverture de l’assurance habitation pour les risques climatiques ;

– anticiper que certains coûts d’entretien ou de mise aux normes climatiques pourront augmenter dans les décennies à venir.

Quelques conseils pratiques pour expatriés avant de sauter le pas

Un investissement immobilier à la Barbade peut combiner :

diversification patrimoniale dans une juridiction stable ;

usage plaisir sous les tropiques ;

– et rendement locatif correct, surtout en zone touristique.

Pour maximiser les chances de réussite, plusieurs réflexes méritent d’être intégrés.

D’abord, prévoir un budget global réaliste : au-delà du prix de vente, intégrer 3 à 5 % pour les frais d’avocat et d’enregistrement, plus une enveloppe pour éventuels travaux, ameublement et mise en location (photos professionnelles, petit équipement, décoration).

Astuce :

Pour réussir votre investissement immobilier à la Barbade, il est crucial de bien choisir vos partenaires locaux. Entourez-vous d’un bon avocat spécialisé en droit immobilier barbadien, d’une agence ou d’un gestionnaire de biens (property manager) fiable si vous envisagez la location, et, le cas échéant, d’un conseiller fiscal pour optimiser cet investissement en fonction de votre situation dans votre pays de résidence.

Il est également conseillé de ne pas négliger le facteur change : l’immobilier est souvent indexé sur le dollar US, tandis que vos revenus ou votre épargne peuvent être en euros, francs suisses ou dollars canadiens. Utiliser un service de change spécialisé peut réduire les frais et sécuriser un taux au bon moment.

Sur le plan juridique, vérifier que le flux financier est correctement enregistré auprès de la Banque centrale dès l’achat, de manière à ne pas hypothéquer votre capacité à rapatrier, plus tard, la revente ou les loyers.

Exemple :

La Barbade se positionne comme un lieu de vie, de télétravail, de retraite active et de résidence secondaire haut de gamme, plutôt que comme un eldorado spéculatif à court terme. Les acheteurs qui réussissent le mieux sont ceux qui adoptent cette vision de long terme et combinent ces différentes dimensions.

un projet de vie clair (temps passé sur place, statut de résidence, scolarisation éventuelle des enfants) ;

un modèle économique cohérent (type de location, niveau de service, budget de gestion) ;

– et une lecture lucide des risques (climatiques, économiques, réglementaires) et des avantages (fiscalité, stabilité, style de vie).

C’est en articulant ces trois dimensions que l’investissement immobilier à la Barbade peut devenir l’un des piliers les plus agréables – et les plus solides – de votre stratégie patrimoniale d’expatrié.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier locatif à la Barbade pour rechercher du rendement saisonnier et une exposition en dollars américains. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs zones (côte ouest, côte sud, intérieur de l’île), la stratégie retenue a consisté à cibler une villa ou un appartement haut de gamme dans un secteur touristique en croissance comme Holetown ou Saint Lawrence Gap, combinant un rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement + rafraîchissement léger) d’environ 500 000 dollars.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste, gestionnaire de locations saisonnières), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification internationale dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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