Le coût de la vie en Égypte pour les expatriés

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Egypte séduit de plus en plus d’expatriés : climat agréable, patrimoine exceptionnel, mer Rouge à portée de main… et surtout un coût de la vie parmi les plus bas au monde. Pour quelqu’un qui arrive du Royaume‑Uni, des États‑Unis ou d’Europe de l’Ouest, les prix paraissent souvent irréels. Mais derrière l’étiquette “bon marché”, il existe de fortes disparités selon les villes, les quartiers, le style de vie et la monnaie dans laquelle vous êtes payé.

Bon à savoir :

Cet article détaille, à partir de données récentes, les principaux postes de dépenses pour les expatriés en Égypte : logement, nourriture, transport, santé, éducation, visas et salaires. Il propose un focus spécifique sur Le Caire, où réside la majorité de la communauté étrangère.

Vue d’ensemble : un pays très bon marché… si vous gagnez en devise forte

Pour situer l’ordre de grandeur, plusieurs comparaisons internationales montrent à quel point l’Egypte est peu chère pour un expatrié payé en euros, dollars ou livres sterling. Le coût de la vie y est inférieur d’environ 86,3 % à celui du Royaume‑Uni et de 65 % à celui des États‑Unis. Certains classements la placent tout simplement comme le pays le moins coûteux de la planète, avec un indice de coût de la vie autour de 21 (moyenne mondiale bien plus élevée).

1700

Pour une famille de quatre personnes, les dépenses mensuelles moyennes, logement inclus, peuvent atteindre 1 700 dollars.

Le cœur de la clé, c’est l’écart entre revenus locaux et salaires d’expatriés. Le PIB par habitant se situe autour de 3 900 dollars annuels, et l’Egyptien moyen touche un salaire net d’environ 7 000 EGP par mois, soit à peine plus d’une centaine de dollars au taux de change récent. L’expatrié typique, lui, gagne en moyenne 371 dollars (9 200 EGP) par mois, avec un haut de fourchette proche de 1 660 dollars (41 100 EGP).

Attention :

Pour un télétravailleur payé en devise étrangère forte, l’Égypte offre un coût de la vie avantageux. En revanche, pour un salarié local payé en livres égyptiennes (EGP), le pouvoir d’achat est sévèrement érodé par l’inflation élevée, les dévaluations successives de la monnaie et la hausse des coûts du logement, rendant les fins de mois difficiles.

Logement : un poste de dépense clé, très variable selon la ville et le quartier

Les loyers constituent la plus grosse ligne de budget pour la plupart des expatriés. L’Egypte reste très abordable comparée à l’Occident, mais Le Caire, mégapole de 20 millions d’habitants classée “Beta+” par le réseau GaWC, concentre les prix les plus élevés du pays.

Comprendre le marché locatif cairote

Le marché locatif du Caire est dual : d’un côté des baux anciens (“old rent”) extrêmement bon marché, en voie de disparition sous l’effet de réformes, et de l’autre des loyers de marché qui servent de référence pour les nouveaux arrivants. Ce sont évidemment ces derniers qui concernent les expatriés.

Les données récentes montrent des hausses continues. Entre début 2025 et début 2026, les loyers “de marché” ont encore progressé de 10 à 15 %, surtout dans les quartiers haut de gamme comme Zamalek ou Sheikh Zayed. Sur cinq ans, on parle de 30 à 60 % d’augmentation, avec des bonds beaucoup plus violents dans les immeubles qui sortent des anciens régimes encadrés (certains loyers ont été multipliés par 10 à 20 après l’abrogation progressive de la loi sur l’ancien loyer).

Astuce :

Pour la période à venir, les projections indiquent une augmentation annuelle des prix de 8 à 12 %. L’Égypte demeure donc une destination abordable pour les nouveaux arrivants rémunérés en devise forte, mais un effet de rattrapage des prix est clairement engagé dans les quartiers les plus recherchés.

Les loyers au Caire : fourchettes réalistes

Sur le segment expatrié, les chiffres suivants donnent une bonne base de travail, en prenant comme référence un taux d’environ 1 USD pour 50 EGP fin 2025.

Type de logementLoyer moyen mensuel au CaireFourchette réaliste
Studio32 000 EGP (~640 USD)20 000 – 45 000 EGP
1 chambre35 000 EGP (~700 USD)22 000 – 55 000 EGP
2 chambres45 000 EGP (~900 USD)30 000 – 80 000 EGP
3 chambres55 000 EGP et plusjusqu’à +90 000 EGP

Le prix au mètre carré loué oscille en général entre 350 et 900 EGP par mois, avec un cœur de marché autour de 500–650 EGP/m² dans les bons quartiers.

Les appartements meublés, très recherchés par les expatriés, se paient nettement plus cher : +20 à 30 % de prime, soit souvent 5 000 à 15 000 EGP supplémentaires par mois par rapport à un logement nu, en fonction du niveau d’équipement.

Quartiers et loyers : où vivent les expatriés au Caire ?

Tous les expatriés ne vivent pas dans les mêmes quartiers, mais quelques zones concentrent clairement la demande étrangère, avec des loyers en conséquence.

Quartier / ville nouvelleProfil du secteurExemple de loyers (approx.)
ZamalekÎle centrale chic, ambassades, cafés, très prisée par les expatriés2 ch : 55 000–70 000 EGP ; 1 ch : 18 000–25 000 EGP
Garden CityTrès central, bâtiments historiques, ambiance diplomatiqueNiveaux similaires à Zamalek
Maadi (Degla, Sarayat)Quartier vert, communautaire, familles expatriées1 ch : 12 000–16 000 EGP ; 3 ch : 25 000–35 000 EGP (et bien plus dans certaines résidences)
New Cairo / Fifth SettlementCompounds modernes, écoles internationales, centres commerciaux1 ch : 10 000–15 000 EGP ; 3 ch : 22 000–30 000 EGP ; 2 ch dans un compound haut de gamme type Katameya Heights : 50 000–80 000 EGP
HeliopolisRésidentiel ancien, proche aéroport1 ch : 9 000–12 000 EGP ; 3 ch : 18 000–25 000 EGP
Nasr CityPlus abordable, dense, étudiants et classes moyennes1 ch : 6 000–8 000 EGP ; grands appartements : ~15 000–18 000 EGP
Sheikh Zayed, 6 OctobreVilles nouvelles à l’ouest, compounds famille, loyers en forte hausseFourchettes proches de New Cairo, avec pics dans les résidences de standing

On voit que pour un expatrié gagné en dollars/euros, il est possible de louer un 2 ou 3 pièces correct entre 10 000 et 20 000 EGP par mois dans un quartier “vivable”, donc souvent pour moins de 400 dollars. En revanche, si l’on vise les compounds ultra sécurisés, avec piscine, club house, écoles internationales et services à domicile, la facture grimpe vite à 50 000 EGP et plus.

Autres villes : logements moins chers qu’au Caire

Sortir de la capitale permet de réduire nettement le budget logement. À Alexandrie, deuxième ville du pays, les loyers sont en moyenne 20 à 30 % inférieurs pour des biens similaires. Sur la mer Rouge, dans des villes comme Hurghada ou Sharm El Sheikh, les locations “standard” sont souvent encore plus abordables hors haute saison touristique.

Ville / régionStudio1 chambre2 chambres
Alexandrie12 000 – 30 000 EGP18 000 – 40 000 EGP20 000 – 55 000 EGP (prime : +55 000 EGP)
Hurghada / Sharm El Sheikh8 000 – 20 000 EGP~9 500 – 15 800 EGP (300–500 USD)14 000 – 40 000 EGP

Pour des expatriés disposés à s’éloigner des mégalopoles et à vivre près de la mer, ces villes peuvent offrir un excellent rapport qualité‑prix, particulièrement pour les nomades digitaux ou les retraités.

Acheter un bien : pour investisseurs et expatriés long terme

L’Egypte attire aussi des investisseurs immobiliers, avec des rendements locatifs annoncés entre 7 et 10 % par an au niveau national, supérieurs aux 4–7 % courants dans d’autres pays de la région MENA. Dans la région du Caire, le prix moyen tourne autour de 1 029 dollars par mètre carré, soit environ 25 000 EGP/m² au moment de la collecte des données. Un appartement de trois chambres standard se chiffre alors autour de 200 000 dollars.

3

Pourcentage de la valeur d’un bien immobilier représenté par les honoraires juridiques lors d’un achat en Égypte.

Pour un expatrié qui souhaite acheter, il faut également tenir compte des restrictions : impossibilité d’acheter des terrains agricoles ou des biens purement commerciaux sans passer par une société locale, et nécessité absolue d’être accompagné d’un avocat indépendant pour sécuriser les titres de propriété.

Charges courantes : électricité, internet, entretien

Si le loyer pèse lourd, les charges mensuelles restent modestes par rapport aux standards occidentaux. Pour un appartement d’environ 80–90 m², la facture mensuelle combinant électricité, eau et collecte des déchets oscille en général entre 500 et 1 900 EGP, soit une vingtaine à quelques dizaines de dollars.

La consommation grimpe évidemment en été, lorsque la climatisation tourne à plein régime. Pour un ménage moyen, les témoignages évoquent fréquemment des factures électriques situées entre 600 et 800 EGP durant les mois les plus chauds, et plutôt 100–300 EGP en hiver. Le gaz, pour la cuisson et parfois le chauffe‑eau, reste très peu coûteux.

Bon à savoir :

L’internet fixe (environ 60 Mbps) coûte entre 300 et 1 000 EGP par mois selon l’opérateur et la ville. Les forfaits mobiles avec données (10 Go et plus) varient entre 200 et 600 EGP. Bien que ces tarifs ne soient pas dissuasifs pour le télétravail, les débits réels peuvent être inférieurs aux standards européens, avec une moyenne d’environ 4 Mbps au Caire, indiquant une qualité de service variable.

Dans les immeubles, le fameux bowwab (concierge / gardien) est souvent l’homme-orchestre qui gère les factures, l’entretien courant, la coordination des réparations et parfois même la collecte des poubelles. Une petite gratification mensuelle ou régulière pour ce service est courante et reste modérée dans le budget global.

Nourriture : très abordable, sauf si vous vivez “à l’occidentale”

La nourriture est l’un des grands atouts budgétaires de l’Egypte. Celui qui cuisine à la maison, achète ses fruits et légumes au marché et évite les produits purement importés peut maintenir son coût alimentaire à des niveaux extrêmement bas.

Une estimation du “panier alimentaire minimum” tourne autour de 200 EGP par jour et par personne, soit à peine plus de 6 000 EGP par mois si l’on mange local et maison. Pour un expatrié célibataire raisonnable, un budget de 3 000 à 5 000 EGP mensuels de courses suffit largement pour se nourrir correctement.

Quelques prix à l’échelle nationale donnent une idée :

Produit (marché / supermarché)Prix typique
Lait (1 litre)~45 EGP
Pain blanc (un pain)~27 EGP
Riz (1 kg)~16 EGP
Œufs (12)~70–80 EGP
Poulet (filets, 1 kg)~100–120 EGP (peut monter jusqu’à 250 EGP selon période et lieu)
Fromage local (1 kg)~80–100 EGP
Eau minérale (1,5 L)~10 EGP
Bière locale (bouteille 0,5L)~60–75 EGP
Bouteille de vin moyen de gamme300–450 EGP

En revanche, dès qu’on se tourne massivement vers les marques importées (céréales, snacks, fromage européen, alcool de marque, produits bio étrangers), l’addition augmente vite. La forte dévaluation de la livre, conjuguée à l’inflation sur les produits importés, rend ce type de consommation beaucoup plus coûteux en EGP.

Côté restaurants, les écarts sont spectaculaires par rapport à l’Europe :

– Un repas simple dans un petit restaurant local se facture souvent entre 120 et 400 EGP.

– Un fast‑food international type McDonald’s tourne autour de 180–250 EGP le menu.

– Un dîner complet pour deux dans un restaurant “milieu de gamme” coûte en général 500 à 2 000 EGP selon le standing.

Pour un expatrié payé en devise forte, dîner dehors à 2 ou 3 pour l’équivalent de 20 à 40 dollars reste extrêmement attractif. Mais pour un salarié local payé 7 000 EGP par mois, un simple dîner “à l’occidentale” dans une chaîne internationale représente déjà un luxe.

Transports : ultra bon marché en commun, abordable en VTC

Dans le poste “transport”, l’Egypte reste imbattable si l’on accepte d’utiliser les bus ou le métro. Le Caire dispose d’un réseau de métro étendu (environ 74 stations), complété par des bus publics, des minibus privés et des bus climatisés de l’autorité de transport. Le ticket de métro se situe entre 8 et 20 EGP selon la distance ; les bus classiques coûtent à peine plus cher.

250-1000

C’est le budget mensuel en livres égyptiennes (EGP) suffisant pour les déplacements en transports en commun, les abonnements se situant dans la fourchette basse.

Les taxis et VTC restent eux aussi très abordables :

Prise en charge taxi : 10 à 25 EGP, puis environ 13 à 32 EGP par kilomètre.

– Un trajet Uber ou Careem court en ville coûte souvent 40 à 70 EGP.

– Un plein d’essence reste modéré en valeur absolue, même si les tarifs grimpent : un litre d’essence est autour de 11,5 à 14 EGP.

2000

Dépenses mensuelles en EGP pour un expatrié utilisant Uber deux fois par jour pour ses trajets domicile-travail.

Pour ceux qui envisagent d’importer leur voiture, la facture est tout autre. Les droits de douane variables selon la cylindrée (30 à 100 %), la TVA à 14 %, diverses taxes additionnelles et les frais de transport font d’une telle opération un investissement lourd. Les expatriés égyptiens bénéficient bien d’un dispositif spécifique permettant d’éviter les droits en contrepartie d’un dépôt en devise étrangère bloqué cinq ans, mais pour le non‑Egyptien moyen, l’achat d’un véhicule sur place est souvent plus simple que l’importation, malgré des prix élevés sur les modèles neufs.

Santé : public gratuit mais limité, privé abordable mais à assurer

Pour les soins de santé, l’Egypte présente un système dual. Le secteur public, piloté par le ministère de la Santé, offre des services très bon marché, voire gratuits pour les citoyens, mais la qualité reste inégale, surtout en dehors des grandes villes. Manque de personnel, équipements obsolètes, hygiène discutable, temps d’attente longs : autant de raisons qui poussent les expatriés (et une bonne partie des classes moyennes locales) vers les cliniques et hôpitaux privés.

60

Plus de 60 % des hôpitaux en Égypte appartiennent au secteur privé.

Les coûts restent, pour un étranger payé en devise forte, très raisonnables :

Type de soin privéFourchette de coût typique
Consultation généraliste15–40 USD
Consultation spécialiste30–80 USD
Détartrage dentaire25–50 USD
IRM ou scanner150–400 USD
Nuit d’hospitalisation simple100–300 USD
Urgences sans chirurgie lourde50–200 USD

Ces tarifs, pondérés par le niveau des salaires locaux, restent toutefois prohibitifs pour beaucoup d’Egyptiens. On estime qu’environ 75 % des actes médicaux sont payés de la poche du patient dans le pays, d’où l’importance pour les expatriés de disposer d’une assurance santé internationale ou privée. De nombreuses compagnies (AXA, Cigna, Bupa, Allianz, William Russell, entre autres) proposent des plans spécifiques pour l’Egypte, avec des niveaux de couverture allant de quelques centaines à plus de 1 000 dollars par an selon l’étendue des garanties (hospitalisation, soins courants, maternité, dentaire, évacuation médicale, etc.).

Bon à savoir :

Les grands employeurs incluent souvent une assurance privée dans les packages d’expatriation. Pour les indépendants, nomades digitaux ou retraités, il est fortement recommandé de souscrire une assurance santé internationale avant le départ, car les coûts liés à un problème de santé majeur (cancer, chirurgie lourde, rapatriement) peuvent largement dépasser un budget standard.

Éducation : l’école internationale, le vrai “gros billet” pour les familles

Si vous déménagez en Egypte avec des enfants, le poste éducation peut vite devenir votre principale dépense mensuelle, devant le logement. L’enseignement public, théoriquement gratuit, se fait en arabe et souffre de problèmes de qualité. La plupart des expatriés se tournent donc vers les écoles privées et internationales, très nombreuses au Caire et dans les grandes villes.

Exemple :

À Paris, les frais de scolarité dans les écoles internationales varient considérablement. Cette variation dépend de plusieurs facteurs clés : la réputation de l’établissement, le type de programme proposé (comme les programmes américain, britannique, IB, français, allemand ou canadien), la qualité des infrastructures et le niveau de classe de l’élève. Cette diversité se reflète dans l’offre de la capitale, qui compte plus de 80 écoles internationales de profils différents.

En pratique, les fourchettes suivantes sont courantes :

Type d’établissementNiveaux de frais typiques
École internationale milieu de gamme50 000 – 150 000 EGP par an
École internationale “haut de gamme”150 000 – 300 000+ EGP par an
Écoles très prestigieuses (BISC, Modern English School Cairo, grandes écoles américaines…)300 000 – 550 000 EGP par an, parfois davantage

Certaines écoles américaines ou britanniques de référence affichent par exemple des frais supérieurs à 500 000 EGP par an pour le lycée, auxquels s’ajoutent frais d’inscription uniques, frais de transport scolaire, uniformes, livres, activités, examens internationaux, etc. Il n’est pas rare qu’une famille avec deux enfants en école internationale de premier plan dépasse le million de livres de budget annuel uniquement pour l’éducation.

Bon à savoir :

Des structures plus modestes proposent des programmes internationaux (IGCSE, American Diploma, IB, etc.) avec des frais plus contenus, pouvant avoisiner 100 000 EGP par an. Certaines écoles francophones ou germanophones, subventionnées ou liées à des réseaux internationaux, offrent également un bon rapport qualité-prix, bien que les places y soient limitées.

Pour les enfants en bas âge, les jardins d’enfants privés coûtent en général entre 2 000 et 7 000 EGP par mois. Là encore, de gros écarts existent selon le standing et la localisation (un jardin d’enfants international à New Cairo n’aura rien à voir avec une structure de quartier à Alexandrie ou à Assiout).

Visas et résidence : un coût à intégrer pour les séjours long terme

Le poste “immigration” est souvent oublié dans les budgets prévisionnels, mais en Egypte, les frais de visas et de titres de séjour ont fortement augmenté ces dernières années, en particulier pour les résidents de longue durée.

Les visas touristiques restent bon marché : un visa simple entrée coûte 25 dollars (éventuellement obtenu à l’arrivée dans les grands aéroports), et un visa multi‑entrées 60–62 dollars environ. Pour certains séjours balnéaires courts dans le Sinaï (Sharm El Sheikh, Dahab…) une “Sinai Stamp” gratuite autorise 15 jours sans visa payant.

Attention :

Les frais pour les demandes et renouvellements de permis de résidence ont été fortement augmentés, passant d’environ 50-70 dollars à 150 dollars, et doivent être payés en devises étrangères via un transfert bancaire officiel. Seuls les réfugiés et demandeurs d’asile sont exemptés de cette hausse.

Pour les étrangers en situation irrégulière, un dispositif de régularisation a introduit une amende de 1 000 dollars pour la mise en conformité, puis des pénalités supplémentaires de 25 dollars tous les trois mois de dépassement, y compris pour les enfants.

250000

Montant minimum en dollars à investir ou à donner pour obtenir la citoyenneté égyptienne via un programme spécial.

Ces options ne concernent évidemment qu’une fraction très aisée des expatriés, mais elles montrent que la question du séjour en Egypte n’est pas neutre budgétairement dès qu’on sort du simple visa touriste.

Loisirs, habillement et vie quotidienne : bon marché, sauf pour les marques

En dehors des “gros postes” que sont logement, éducation et santé, la vie quotidienne reste très abordable.

Une séance de cinéma dans un grand multiplex coûte souvent 120 à 210 EGP. Un abonnement mensuel à une salle de sport se situe entre 400 et 2 000 EGP selon le quartier et le niveau d’équipement. Les loisirs de plage ou de plongée en mer Rouge sont bon marché par rapport aux standards européens : une sortie plongée en bateau peut revenir à 30 euros environ, tout inclus.

7000

Le prix maximum en livres égyptiennes pour des baskets Nike ou Adidas milieu de gamme, illustrant le coût élevé des vêtements de marque internationale.

Les produits d’hygiène et de ménage restent modérément chers en valeur absolue (shampooing autour de 100 EGP, lessive environ 200 EGP, etc.), de même qu’un service de ménage à l’heure (environ 190 EGP).

Salaires d’expatriés et pouvoir d’achat réel

Tout l’enjeu, pour un expatrié qui envisage de s’installer, est donc de mettre ces coûts en regard des revenus attendus.

Dans le contexte égyptien, les chiffres moyens pour les expatriés semblent faibles : un salaire de 9 200 EGP (environ 371 dollars) est cité comme “typique”, avec un plafond courant autour de 41 100 EGP (1 660 dollars). Ce sont souvent des rémunérations indexées sur le marché local (enseignants, cadres intermédiaires, techniciens), assorties parfois d’avantages en nature (logement de fonction, prise en charge scolaire, voiture, assurance santé).

Bon à savoir :

Pour un salarié payé localement, même expatrié, le budget peut être très tendu. Par exemple, la location d’un simple appartement d’une chambre dans un quartier prisé du Caire peut absorber la majeure partie d’un salaire moyen. Les familles avec enfants scolarisés dans le privé international dépendent donc généralement de packages d’expatriation complets (incluant logement et frais de scolarité) ou de revenus complémentaires en devise forte.

À l’inverse, un travailleur à distance payé au salaire minimum américain (7,25 USD/heure) se retrouve, à temps plein, avec plus de 1 000 dollars par mois, ce qui lui permet de vivre très confortablement dans la plupart des villes égyptiennes, surtout en dehors des quartiers les plus chers. On retrouve ici l’une des grandes tendances des dernières années : l’Egypte comme base low‑cost pour nomades digitaux, développeurs, créateurs de contenu et free‑lances internationaux.

Avantages et limites d’un pays “bon marché”

Vu de loin, l’Egypte coche beaucoup de cases pour un expatrié soucieux de son budget : coût de la vie extrêmement bas, logements abordables hors des enclaves de luxe, alimentation peu coûteuse, transports publics ridiculement bon marché, climat agréable et offre culturelle immense.

Mais il ne faut pas sous‑estimer certains écueils.

D’abord, la volatilité macro‑économique. Inflation élevée (le passage de 5,9 % à 18,7 % en moins d’un an en 2022 en est un exemple), dévaluations successives de la monnaie, hausse des taxes et réduction des subventions énergétiques rendent les prix très mouvants en livres égyptiennes. Pour un expatrié payé en devise locale, cette instabilité peut grignoter le pouvoir d’achat d’une année sur l’autre.

Bon à savoir :

Il existe deux réalités économiques distinctes. D’un côté, un marché ‘local’ avec ses propres prix. De l’autre, des secteurs comme l’immobilier haut de gamme, la santé privée, l’éducation internationale et certains services se sont ‘dollarisés’, ciblant une clientèle à haut pouvoir d’achat ou les touristes. Le coût d’une vie ‘à l’occidentale’ dans ces enclaves est donc nettement plus élevé et doit être distingué du coût de la vie courant.

Enfin, la prise en compte de la qualité de vie globale. Pollutions atmosphérique et sonore au Caire, trafic très dense, inégalités fortes, tensions économiques, contraintes administratives… autant de réalités qui ne se lisent pas dans un tableau de coûts, mais qui influent sur l’expérience quotidienne.

Comment bâtir un budget réaliste d’expatrié en Egypte ?

Pour un projet de vie en Egypte, un bon exercice consiste à simuler ses dépenses mensuelles selon son profil.

Coût de la vie au Caire

Exemples de budgets mensuels estimés pour différents profils de résidents au Caire, en livres égyptiennes (EGP).

Célibataire en télétravail

Budget estimé : 20 000–25 000 EGP par mois (logement inclus). Vit dans un appartement 1 chambre hors des quartiers les plus chers, mange souvent local et se déplace en métro et VTC occasionnels.

Couple sans enfant

Budget estimé : 30 000–45 000 EGP par mois. Vit dans un quartier prisé (Maadi, Heliopolis), sort régulièrement, effectue quelques voyages intérieurs et a une assurance santé privée.

Famille de quatre personnes

Budget estimé : plus de 100 000 EGP par mois. Vit dans un 3 ou 4 pièces dans un compound (New Cairo, Sheikh Zayed), avec deux enfants scolarisés dans une école internationale sérieuse.

La clé, au-delà des chiffres, est de définir le niveau de “localisation” de son mode de vie. Plus on adopte les habitudes de consommation locales (marchés, transport en commun, loisirs locaux, écoles égyptiennes ou internationales abordables, quartiers non premium), plus le coût de la vie chute. Plus on cherche à reproduire un niveau de confort occidental haut de gamme dans les enclaves expatriées, plus le budget se rapproche des grandes villes européennes… tout en restant, la plupart du temps, inférieur.

En résumé

Le coût de la vie en Egypte pour les expatriés est l’un des plus attractifs au monde, à condition de bien comprendre la structure des dépenses et les écarts de prix selon le style de vie. Pour un revenu en devise forte, l’Egypte permet un confort matériel difficilement accessible ailleurs pour un budget équivalent. Pour un salaire local, même d’expatrié, le pays offre toujours des prix bas sur la nourriture, les transports et une partie des loisirs, mais la pression sur le logement de qualité, l’école internationale et la santé privée reste réelle.

Astuce :

Avant de vous expatrier en Égypte, évaluez honnêtement vos revenus, vos attentes en matière de confort, ainsi que vos besoins éducatifs et médicaux. La clé est de construire un budget détaillé en livres égyptiennes (EGP) plutôt qu’en dollars ou en euros. Cette approche est indispensable pour transformer votre projet en une expérience durablement positive.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Égypte, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Égypte pour sa fiscalité globalement modérée sur les retraites étrangères, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très bas (Le Caire ~50 % moins cher que Paris) et une connectivité aérienne régulière avec l’Europe. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence de longue durée avec achat ou location de résidence principale, couverture santé locale + maintien d’une partie des droits en France, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, spécialiste immigration, interlocuteurs francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), tout en sécurisant la convention fiscale France–Égypte et les risques de double imposition.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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