Poursuivre des études supérieures à l’étranger au Sénégal : guide complet pour se lancer

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Sénégal pour faire des études supérieures, ce n’est pas seulement changer de campus : c’est entrer dans un des systèmes universitaires les plus structurés d’Afrique francophone, au cœur d’un pays réputé pour sa stabilité politique, sa vie culturelle foisonnante et son sens légendaire de l’hospitalité, la Teranga. Mais derrière l’image de carte postale, il y a des réalités très concrètes : coûts, démarches de visa, langue, débouchés, qualité des formations, logement, santé… Ce guide rassemble, en français clair, l’essentiel de ce qu’il faut savoir avant de choisir d’étudier au Sénégal.

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Un pays d’accueil universitaire en pleine mutation

Le Sénégal, sur la côte ouest-africaine, est souvent présenté comme une « porte d’entrée » sur l’Afrique. Sa capitale, Dakar, est à la fois centre politique, économique et académique : plusieurs universités publiques et privées y sont concentrées, ainsi que des instituts de recherche qui attirent chaque année des étudiants venus du reste de l’Afrique et d’ailleurs.

Bon à savoir :

Le Sénégal dispose d’un système d’enseignement supérieur bien structuré, encadré par la loi et supervisé par le Ministère de l’Enseignement supérieur (MESRI). Depuis 2011, l’adoption du système LMD (Licence-Master-Doctorat) aligne les diplômes sur les standards francophones, assurant leur reconnaissance internationale. L’assurance qualité et l’accréditation des programmes sont gérées par l’autorité nationale ANAQ-SUP.

Le pays compte une quarantaine d’universités selon les sources (42 dans certains recensements, 28 répondant aux critères de classement uniRank), dont une majorité d’établissements privés. Dakar concentre la grande partie de l’offre, mais des pôles se sont développés à Saint‑Louis, Thiès, Ziguinchor ou Bambey pour déconcentrer les effectifs.

Un environnement francophone, mais multilingue

La langue officielle est le français, qui domine l’administration et l’université. Pour un étudiant étranger, la maîtrise du français est donc indispensable : la quasi‑totalité des cours de Licence et de Master est dispensée en français. Certaines formations de troisième cycle ou des programmes en ligne peuvent proposer de l’anglais, mais cela reste l’exception.

Astuce :

Au‑delà du français, le Sénégal est un pays multilingue où le wolof, largement parlé dans les villes, sert de langue de communication informelle, aux côtés du pulaar, du sérère et d’autres langues nationales. Apprendre quelques bases de wolof facilite l’intégration sociale et témoigne de respect envers la culture locale.

Le paysage universitaire : publics, privés, spécialisation

Le Sénégal combine de grandes universités publiques historiques et une galaxie d’écoles et d’instituts privés très tournés vers les métiers.

Les piliers publics : UCAD, Gaston Berger et les universités régionales

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) reste l’institution phare. Fondée dans les années 1950, elle est classée première du pays dans plusieurs classements internationaux (par exemple #1 au Sénégal, #55 en Afrique et autour de la 2100ᵉ place mondiale selon certains indices). Elle regroupe de nombreuses facultés : sciences naturelles, médecine, droit, sciences humaines, économie, ingénierie, etc., et bénéficie de liens anciens avec des universités européennes et nord‑américaines.

Bon à savoir :

Pour désengorger Dakar, un réseau d’universités publiques a été créé dans plusieurs villes : Gaston Berger à Saint‑Louis, Alioune Diop à Bambey, Assane Seck à Ziguinchor, l’Université de Thiès et l’Université du Sine‑Saloum El Hadji Ibrahima Niasse. Elles proposent des formations variées en sciences, lettres, droit, agriculture, santé et ingénierie.

Le tableau ci‑dessous donne un aperçu de quelques établissements classés et de leur position relative en Afrique et dans le monde :

Université (publiques et assimilées)Rang au SénégalRang en AfriqueRang mondial (ordre de grandeur)
Université Cheikh Anta Diop de Dakar155~2100
Université Gaston Berger de Saint‑Louis2169~4800
Université Alioune Diop de Bambey3386~10 000
École Inter‑États des Sciences et Médecine Vétérinaires4490~12 800
Université de Thiès6735~16 600
Université du Sine‑Saloum El Hadji Ibrahima Niasse9915~18 900
École Polytechnique de Thiès10976~19 500

Pour l’étudiant étranger, ces établissements publics offrent l’avantage de frais fortement subventionnés et de diplômes bien reconnus. En contrepartie, les effectifs sont importants, les infrastructures parfois saturées, et les cursus pas toujours parfaitement alignés avec les besoins du marché du travail.

L’essor des universités privées et des écoles spécialisées

Face à la massification des effectifs et aux attentes du marché, les écoles privées se sont multipliées. Elles représentent environ 70 % des institutions recensées par uniRank et se positionnent souvent sur des créneaux professionnalisants : management, finance, télécommunications, informatique, ingénierie ou nouveaux métiers du numérique.

Parmi les noms souvent cités :

écoles de management comme l’African Center for Higher Studies in Management (CESAG), l’ISM ou IAM à Dakar ;

écoles d’ingénierie et de télécoms telles que l’ESMT, l’ESP, la Multinational Higher School of Telecommunications, l’École Polytechnique de Thiès ou des instituts privés spécialisés dans le génie civil, l’électricité, les BTP ;

– établissements à forte coloration numérique comme le Dakar Institute of Technology (DIT), qui propose Licence Big Data, Master en Intelligence artificielle (avec six spécialisations – reconnaissance d’images, IoT, traitement automatique du langage, marketing & vente, finance, santé), formations intensives en data science ou certificats Python et Fullstack en ligne.

Ces institutions affichent des droits de scolarité plus élevés, mais misent sur des promotions plus petites, des interventions de professionnels, des stages encadrés et un lien plus direct avec les entreprises.

Frais de scolarité : public vs privé, locaux vs internationaux

La question du coût est centrale pour préparer un projet d’études au Sénégal. Globalement, les études y sont beaucoup plus abordables que dans la plupart des pays occidentaux, mais les écarts sont nets entre public et privé, et entre étudiants nationaux/UEMOA et étudiants hors zone.

Droits dans les universités publiques

Pour les Sénégalais et les étudiants de l’UEMOA, les frais se limitent surtout aux droits d’inscription, largement subventionnés par l’État :

Niveau d’études (public, Sénégal & UEMOA)Montant annuel indicatif
Licence 1 à 3Jusqu’à 25 000 FCFA
MasterEnviron 50 000 FCFA
DoctoratEnviron 75 000 FCFA

Pour les étudiants internationaux hors UEMOA, les montants restent raisonnables à l’échelle internationale mais sont nettement plus élevés :

Niveau d’études (public, hors UEMOA)Frais annuels (environ)
Licence 1200 000 FCFA
Licence 2250 000 FCFA
Licence 3300 000 FCFA
Master500 000 FCFA
Doctorat1 000 000 FCFA

Ces montants ne couvrent pas la vie quotidienne (logement, transport, nourriture, etc.), qui doit être budgétée séparément.

Coûts dans le privé : fourchettes et différences de filières

Dans le privé, les droits de scolarité annuels s’étendent globalement de 300 000 à 2 000 000 FCFA, avec de fortes variations selon la notoriété de l’école et la spécialité visée.

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C’est l’année de Licence pour laquelle les ordres de grandeur sont donnés.

Type d’école privée (exemples)Fourchette annuelle 1ʳᵉ année Licence
Informatique / ingénierie (SAID, ESP, ESMT, ESTM…)700 000 à 1 200 000 FCFA
Management, finance, gestion de projet (CESAG, ISM, IAM…)1 230 000 à 1 800 000 FCFA

Des bourses partielles permettent parfois de réduire brutalement la facture. Certains étudiants parviennent, grâce aux aides, à intégrer un établissement privé pour environ 250 000 FCFA par an.

Coût de la vie : logement, nourriture, transport, santé

Le Sénégal est souvent perçu comme une destination plus abordable que l’Europe ou l’Amérique du Nord. Mais à l’échelle africaine, Dakar figure parmi les villes les plus chères, en particulier pour le logement. Les estimations globales parlent d’un budget mensuel étudiant compris entre 700 et 1 000 euros, tout compris.

Se loger : Dakar vs villes secondaires

La dépense la plus lourde est le logement, surtout dans la capitale. Voici quelques repères de prix :

Type de logement / LocalisationFourchette de loyer mensuel (approx.)
Chambre en périphérie de Dakar~30 000 FCFA
Chambre en colocation à Dakar (quartiers intermédiaires)100 000 à 250 000 FCFA
Studio centre‑ville de DakarJusqu’à 200 000 FCFA
1 chambre quartiers prisés (Almadies, Ngor, Plateau)300 000 à 700 000 FCFA
3 chambres / villa quartiers recherchés à Dakar>700 000 à 1 500 000 FCFA
Chambre à Saint‑Louis ou Ziguinchor~15 000 FCFA
1 chambre dans petites villes (Saint‑Louis, Mbour, Saly…)70 000 à 150 000 FCFA
3 chambres dans petites villes150 000 à 400 000 FCFA

Les résidences universitaires publiques, quand on y a accès, restent de loin la solution la moins chère, mais l’offre est très insuffisante par rapport à la demande. UCAD, par exemple, dispose d’un complexe d’une vingtaine de bâtiments pour un peu plus de 10 000 étudiants, alors que les effectifs dépassent largement ce chiffre. Les étudiants internationaux peuvent parfois être prioritaires, mais il ne faut pas compter uniquement sur cette option.

Bon à savoir :

Les résidences privées, la colocation étudiante et les chambres chez l’habitant sont des options de logement. Les quartiers prisés (Almadies, Ngor, Point E, Mermoz) ont des prix élevés, tandis que les zones populaires (Grand Yoff, Parcelles Assainies, Pikine, Guédiawaye) sont plus abordables, mais impliquent des trajets plus longs et des services (eau, électricité) parfois moins fiables.

Se nourrir : entre gargote, resto universitaire et cuisine maison

La nourriture est l’autre ligne importante du budget, mais elle peut rester très maîtrisée en adoptant les habitudes locales. Quelques prix indicatifs :

Poste de dépense alimentairePrix moyen (FCFA)
Repas en resto universitaire subventionné< 300 FCFA
Repas street‑food (thieboudienne, plats locaux)1 000 à 2 500 FCFA
Sandwich (thon/poulet)300 à 700 FCFA
Repas dans une petite gargote2 000 à 5 000 FCFA
Repas dans un resto moyen de type international à Dakar8 000 à 15 000 FCFA
Gastronomie / fine dining20 000 à 40 000 FCFA et plus

Au marché, les produits locaux (mangues, légumes, poisson, riz) sont nettement plus abordables que les produits importés en grande surface (fromages européens, céréales de marque, vins…). Un étudiant qui cuisine chez lui en privilégiant le marché peut réduire sensiblement ses dépenses.

Transport : très bon marché, mais parfois éprouvant

Les transports urbains au Sénégal sont globalement peu coûteux, mais la circulation, surtout à Dakar, peut être pénible aux heures de pointe.

Mode de transportCoût typique
Bus, car rapide, Ndiaga Ndiaye (trajet urbain)100 à 500 FCFA
Bus modernes urbainsRarement plus de 400 FCFA
Taxi collectif « clando »200 à 1 000 FCFA
Taxi individuel (courste distance)1 000 à 2 000 FCFA
Taxi individuel (traversée de Dakar)3 000 à 7 000 FCFA
Bus ou taxi « 7 places » Dakar–Saint‑Louis3 000 à 6 000 FCFA
Carburant800 à 900 FCFA / litre

Les applications de VTC (comme Yango) se développent à Dakar et offrent une alternative plus prévisible aux taxis classiques, souvent basés sur la négociation.

Santé et assurance : un point à ne pas négliger

Le système de santé sénégalais est plus développé que dans certains pays voisins, mais il reste marqué par de fortes inégalités. Dakar concentre la plupart des spécialistes et des équipements ; dans les régions, l’accès est plus limité, et l’on passe souvent d’abord par un infirmier avant de voir un médecin.

Attention :

En pratique, un étudiant étranger ne peut pas compter sur une couverture publique complète au Sénégal. La Couverture Maladie Universelle (CMU) cible principalement les citoyens sénégalais à faibles revenus, et son accès pour les étrangers est restreint et conditionné à une certaine ancienneté de résidence. Il est donc essentiel de souscrire à une bonne assurance santé internationale.

Quelques coûts indicatifs :

Acte de santé / assuranceFourchette de coût
Consultation généraliste privée10 000 à 25 000 FCFA
Consultation spécialiste (dentiste, ophtalmo…)20 000 à 40 000 FCFA
Journée d’hospitalisation (public, base)~28 000 FCFA
Assurance internationale santé (mensuel)~100 à 500 USD
Assurance étudiante internationale (forfaits)~27 à 45 euros / mois selon options

Pour un visa d’études de plus de trois mois, une attestation d’assurance santé internationale couvrant au moins les soins hospitaliers, la médecine courante, la responsabilité civile et la rapatriation est généralement exigée. Sans assurance, un rapatriement sanitaire peut coûter de 10 000 à plus de 40 000 euros.

Budget global estimatif

En agrégeant les postes, plusieurs sources estiment qu’un étudiant étranger peut s’en tirer avec un coût total annuel d’environ 2 000 à 4 000 euros, en fonction du type d’institution et du style de vie, pour un coût de vie mensuel compris entre environ 700 et 1 000 euros.

Admissions : conditions académiques et langue

Les conditions d’accès varient selon les universités, mais la logique générale est similaire.

Niveau d’études et équivalences

L’accès à l’enseignement supérieur requiert le baccalauréat ou un diplôme jugé équivalent. Le système LMD fonctionne sur la base de crédits : 180 crédits pour la Licence (3 ans), 120 pour le Master (2 ans) et au moins 180 pour le Doctorat (3 ans). Les évaluations se font en général sur 20, avec une moyenne de 10/20 comme seuil de validation, des possibilités de compensation entre unités d’enseignement et, souvent, une session de rattrapage.

Exemple :

Pour l’accès à certaines filières comme la Médecine, des critères stricts s’appliquent. Les candidats ne doivent généralement pas dépasser un certain âge, souvent fixé autour de 22 ans. De plus, un excellent niveau académique est requis, notamment dans les matières scientifiques telles que les mathématiques, les sciences naturelles et la physique.

Les étudiants africains hors Sénégal sont parfois accompagnés par leur gouvernement qui sponsorise et transmet les dossiers. Les étudiants non africains sont traités au cas par cas.

Dossier type pour une admission

Le dossier de candidature comprend généralement :

Astuce :

Pour constituer un dossier de candidature complet, il est généralement nécessaire de fournir : un formulaire de candidature dûment complété ; une copie certifiée conforme du baccalauréat et des relevés de notes ; des copies des diplômes antérieurs (notamment pour une admission en Master ou Doctorat) ; un passeport ou une pièce d’identité en cours de validité ; des lettres de recommandation ; une lettre de motivation ou un Statement of Purpose ; un certificat médical. Pour les programmes enseignés en français, une preuve de maîtrise de la langue (comme le DELF ou le TCF) est exigée si le candidat ne vient pas d’un pays francophone. Enfin, certains programmes spécifiques peuvent requérir des tests d’aptitude généraux tels que le SAT, le GRE ou le GMAT.

Pour les francophones africains, la progression régionale est fréquente : par exemple, un étudiant peut faire une Licence professionnelle dans son pays d’origine, venir au Sénégal pour un Master 1, puis poursuivre en Master 2 en France. Le Sénégal joue alors un rôle de tremplin.

Visa étudiant : procédures et documents

La politique de visa du Sénégal varie selon la nationalité et la durée du séjour. Pour une courte durée (moins de trois mois), certains ressortissants sont exemptés. En revanche, pour un séjour long d’études (un semestre, une année ou plus), un visa étudiant de long séjour est la norme.

Étapes principales

La démarche commence généralement auprès de l’ambassade ou du consulat du Sénégal le plus proche. Le délai de traitement tourne autour de 2 à 4 semaines, et il est recommandé de s’y prendre au moins 60 jours avant le début officiel du programme.

Les documents typiquement demandés :

Attention :

Pour obtenir un visa étudiant pour le Sénégal, il est impératif de préparer un dossier complet comprenant : un passeport valide au moins 6 mois après le retour, le formulaire de demande, des photos, la lettre d’acceptation de l’établissement sénégalais, une preuve de moyens financiers, un certificat de langue française si nécessaire, un certificat médical avec vaccination contre la fièvre jaune, une preuve de logement, une assurance santé internationale et une lettre d’intention détaillant le projet d’études.

Les frais de visa sont souvent présentés comme « abordables », avec des montants de l’ordre de quelques dizaines d’euros, mais ils varient selon la nationalité.

Il faut ajouter à cela les contraintes sanitaires : la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour l’entrée au Sénégal, et des recommandations fortes existent pour l’hépatite A, le tétanos, la poliomyélite, la méningite ou encore les prophylaxies antipaludiques, le pays étant à risque pour le paludisme et d’autres maladies vectorielles (dengue, zika).

La vie étudiante : culture, quotidien, adaptation

Au‑delà des considérations administratives et financières, étudier au Sénégal, c’est s’immerger dans un environnement social et culturel très différent pour nombre d’étudiants internationaux, y compris africains.

Campuses dynamiques et forte mixité

Les campus sénégalais sont décrits comme animés, avec une cohabitation relativement harmonieuse entre étudiants d’origines variées. La plupart des établissements sont mixtes ; garçons et filles étudient ensemble, même si les représentations de genre restent marquées dans la société (taux d’alphabétisation adulte plus faible chez les femmes, rôles encore souvent traditionnels dans les familles).

Les activités extra‑universitaires sont nombreuses : clubs sportifs, associations culturelles, sorties en groupe (théâtre, cinéma, excursions, camping, soirées…). Les clubs jouent un rôle clé pour se faire des amis et faciliter l’intégration.

Vie quotidienne dans les familles et en colocation

Pour ceux qui choisissent une famille d’accueil, la vie s’organise souvent autour d’un foyer élargi : parents, grands‑parents, oncles, tantes, cousins et parfois employés de maison vivent ensemble. Les repas sont fréquemment pris en commun, autour d’un grand plat posé au sol, chacun mangeant avec la main droite ou une cuillère. Les étudiants étrangers sont généralement très bien accueillis, dans un esprit de Teranga, mais doivent respecter certaines règles de pudeur et de hiérarchie.

Bon à savoir :

En colocation étudiante, il est crucial d’établir clairement les règles de vie commune (bruit, visites, hygiène, partage des charges) dès le début. Pour trouver un logement ou des colocataires, les réseaux sociaux et plateformes dédiées (comme les groupes Facebook locaux) sont des outils très utilisés pour mettre en relation étudiants et propriétaires.

Codes culturels à intégrer

Quelques repères culturels utiles :

Bon à savoir :

Les salutations sont essentielles et il est d’usage de prendre des nouvelles avant d’aborder le sujet principal. La société étant majoritairement musulmane, les tenues jugées provocantes, la consommation d’alcool en public et les démonstrations d’affection ostentatoires sont mal perçues en dehors des zones touristiques. Le respect des aînés est central : évitez le tutoiement et sachez qu’un contact visuel trop direct peut être considéré comme irrespectueux. La patience est une vertu cardinale, notamment pour les démarches administratives ou les transports, souvent plus lents. Enfin, les normes sociales concernant la mixité, les fréquentations amoureuses ou la vie nocturne sont généralement plus strictes qu’en Europe ou en Amérique du Nord.

La plupart des universités et programmes d’échange offrent d’ailleurs des séances d’orientation interculturelle, et certaines structures, comme le West African Research Center (WARC) ou le SIT Study Abroad, accompagnent les étudiants dans cette adaptation.

Marché du travail : atouts, risques et réalités d’insertion

Un des points sur lesquels il faut être lucide : le Sénégal, comme beaucoup de pays de la région, fait face à un chômage élevé, surtout parmi les jeunes diplômés. Les statistiques disponibles évoquent un taux global d’environ 15 %, mais les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur sont particulièrement touchés : le chômage de longue durée concernerait jusqu’à 74 % des diplômés universitaires dans certaines études.

Chaque année, environ 200 000 jeunes arrivent sur le marché du travail sénégalais, dans un contexte où la majorité finit dans l’informel. Ce décalage tient en grande partie au « mismatch » entre formations et besoins de l’économie : trop de profils généralistes, pas assez de compétences pratiques ou numériques.

Pour un étudiant étranger qui envisage de rester travailler au Sénégal après ses études, il est donc crucial de :

Astuce :

Pour maximiser vos chances d’insertion professionnelle, il est crucial de bien choisir sa filière en privilégiant les secteurs porteurs comme le numérique, les services financiers, les télécommunications, l’ingénierie, l’agriculture moderne, la santé ou les énergies renouvelables. Optez pour des programmes fortement professionnalisants, intégrant des stages, des projets en entreprise et des certifications techniques. En parallèle, développez des compétences transversales très recherchées, telles que les compétences numériques, la maîtrise des langues étrangères et les soft skills.

Secteurs porteurs et transformation numérique

L’économie sénégalaise repose sur trois grands piliers : services, industrie et agriculture.

– Les services représentent environ 60 % du PIB, avec des segments dynamiques : télécommunications, banques, finance, transport, tourisme.

– L’industrie pèse environ 20 % du PIB (agroalimentaire, textile, construction notamment).

– L’agriculture compte pour environ 15 % du PIB, mais emploie plus de la moitié de la population active, souvent sur des exploitations de subsistance.

Le pays se projette dans une stratégie de développement à long terme (« Vision 2050 ») qui mise sur un Sénégal prospère et numérisé. Au niveau continental, les projections parlent de 230 millions d’emplois numériques à créer en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Or, aujourd’hui, la proportion de la population disposant de compétences numériques de base reste faible.

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C’est le nombre d’établissements sénégalais aidés par des programmes comme Vitae ou D4TEP pour intégrer les compétences digitales et l’IA dans leurs formations.

Programmes professionnalisants : des exemples concrets

Plusieurs formations illustrent cette focalisation nouvelle sur l’employabilité :

– un Master professionnel en Réseaux informatiques et multimédia, orienté vers les technologies de l’information, ouvre sur des postes de consultant en stratégie SI, ingénieur d’étude, administrateur réseaux, responsable intranet ou encore chargé de conduite du changement technologique ;

– les cursus du Dakar Institute of Technology débouchent sur des métiers comme data scientist, data analyst, développeur spécialisé données, avec des formats intensifs (12 ou 24 semaines) adaptés à une insertion rapide sur le marché.

Ces exemples montrent que, pour tirer un réel bénéfice professionnel d’études au Sénégal, il faut arbitrer soigneusement entre prestige académique pur et pertinence métier.

Bourses et aides financières : quels leviers saisir ?

Financer un projet d’études à l’étranger reste un enjeu majeur, y compris au Sénégal où les coûts sont maîtrisés mais réels. Plusieurs types de bourses sont disponibles :

bourses publiques sénégalaises, principalement destinées aux nationaux, mais parfois ouvertes à des profils africains ;

bourses institutionnelles propres aux universités (notamment privées), souvent au mérite ou sur critères sociaux ;

bourses internationales (fondations, programmes bilatéraux, organisations).

Bon à savoir :

Plusieurs programmes internationaux et régionaux soutiennent les étudiants et chercheurs au Sénégal. Les initiatives larges comme celles de la WARA, les bourses Fulbright ou de la Fondation Mastercard sont courantes. D’autres programmes, plus ciblés, se concentrent sur l’entrepreneuriat (ex. : fonds agribusiness pour PME africaines) ou la recherche (bourses doctorales, programmes d’excellence régionaux).

Pour un candidat international, la stratégie classique consiste à :

cartographier les bourses possibles (pays d’origine, destination, discipline, niveau d’études) ;

vérifier soigneusement les critères d’éligibilité (résultats académiques, revenu familial, projet professionnel, engagement social, etc.) ;

– préparer un dossier solide (projet d’études clair, CV, recommandations) ;

– déposer les candidatures en avance, en multipliant les pistes.

Pourquoi choisir le Sénégal plutôt qu’une autre destination ?

Malgré le chômage élevé des jeunes, l’offre de formation parfois inégale et des infrastructures encore perfectibles, le Sénégal présente de réels atouts comme destination d’études :

Bon à savoir :

Le système universitaire sénégalais, structuré sur le modèle LMD et supervisé par une autorité nationale d’assurance qualité, offre des diplômes reconnus et une tradition académique solide, notamment dans les villes de Dakar et Saint-Louis. Les coûts de scolarité et de la vie y sont bien plus abordables qu’en Europe ou en Amérique du Nord, particulièrement dans le public. Le pays bénéficie d’un environnement culturel riche et d’une population accueillante, avec une bonne ouverture aux étudiants étrangers. Des réformes sont en cours pour mieux adapter les formations au marché du travail, notamment dans le numérique et les filières techniques. Sa position géographique stratégique en Afrique de l’Ouest est renforcée par un aéroport international bien connecté.

L’essentiel est de ne pas idéaliser : le Sénégal n’est pas un eldorado garanti pour l’emploi. Mais pour un étudiant qui :

a un bon niveau de français,

choisit soigneusement sa filière,

s’implique dans les stages, les projets et les réseaux professionnels,

se prépare correctement sur le plan administratif, sanitaire et financier,

poursuivre des études supérieures à l’étranger au Sénégal peut être un investissement à la fois réaliste et enrichissant, académiquement, humainement et, à terme, professionnellement.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale en Sénégal pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal international, formalités administratives, relocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Sénégal, Maroc, Portugal, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Sénégal pour sa fiscalité modérée sur les pensions étrangères via la convention fiscale FR‑SN, son coût de vie inférieur à la France (Dakar généralement 30 à 40 % moins chère que Paris selon le mode de vie) et son environnement francophone facilitant l’intégration. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, optimisation conventionnelle), obtention du titre de séjour avec location puis éventuel achat de résidence principale, organisation de la protection sociale (assurance santé internationale, coordination avec les caisses françaises), transfert de résidence bancaire et plan de rupture maîtrisée des liens fiscaux français, ainsi que la mise en relation avec un réseau local (avocat, conseil fiscal, agents immobiliers) pour structurer ses investissements et préparer la transmission.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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