Le Sénégal occupe une position géographique unique sur le continent africain. À la fois porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest sur l’Atlantique, interface entre Sahara et Golfe de Guinée, carrefour de routes commerciales et couloir migratoire pour les oiseaux, le pays concentre sur un territoire relativement modeste une diversité de climats, de paysages, de sols et d’écosystèmes assez exceptionnelle. Comprendre la géographie du pays au Sénégal, c’est aussi comprendre une partie des enjeux du Sahel : la pression démographique, la désertification, la fragilité des littoraux et les défis de l’agriculture pluviale face au changement climatique.
Un pays à l’extrême ouest de l’Afrique
Officiellement appelée République du Sénégal, la nation s’inscrit à l’extrême ouest de l’Afrique de l’Ouest, autour de 14° de latitude nord et 14° de longitude ouest. Ce n’est pas seulement le pays le plus occidental de l’Afrique continentale : la pointe des Almadies, sur la presqu’île du Cap-Vert où se trouve Dakar, constitue aussi le point le plus occidental de tout l’Ancien Monde (Afro-Eurasie).
C’est la longueur en kilomètres de la façade maritime du Sénégal sur l’océan Atlantique.
La situation est encore plus singulière du fait de l’enclavement presque complet de la Gambie : une étroite bande de territoire qui remonte l’estuaire puis la vallée du fleuve Gambie sur plus de 300 km à l’intérieur du pays, isolant de facto la région méridionale de Casamance du reste du territoire national.
Le tableau suivant synthétise quelques ordres de grandeur territoriaux et frontaliers.
| Indicateur | Valeur approximative |
|---|---|
| Superficie totale | 196 000 – 197 000 km² |
| Terres émergées | ~192 000 km² |
| Eaux intérieures | ~4 180 – 4 190 km² |
| Longueur des frontières terrestres | 2 640 km |
| Longueur du littoral | 531 km |
| Frontière avec la Mauritanie | 813 km |
| Frontière avec le Mali | 419 km |
| Frontière avec la Guinée | 330–338 km |
| Frontière avec la Guinée-Bissau | 338 km |
| Frontière avec la Gambie | 740 km |
À l’échelle mondiale, le pays se situe dans le milieu de classement en termes de superficie, comparable à environ quatre cinquièmes du Royaume-Uni ou une fois et demie la Grèce.
Relief : de vastes plaines, quelques collines et des déserts de sable
Vue d’avion, la géographie du pays au Sénégal révèle un relief d’une grande douceur. La quasi-totalité du territoire repose dans un vaste bassin sédimentaire, le bassin sénégalo-mauritanien, avec des altitudes souvent inférieures à 200 mètres. Cette configuration explique la domination de plaines sablonneuses légèrement ondulées, caractéristiques du Sahel occidental.
Le relief du Sénégal présente deux zones notables. À l’ouest, sur la presqu’île du Cap-Vert, se trouvent les Mamelles, deux collines volcaniques d’environ 105 mètres qui surplombent Dakar et l’océan. À l’extrême sud-est, près de la frontière avec la Guinée, le terrain s’élève pour former la crête de Baunez. Ce point, situé près de Népen Diakha, est le sommet le plus haut du pays avec une altitude d’environ 648 mètres, en bordure du massif du Fouta-Djalon.
À l’opposé, le point le plus bas est bien sûr le niveau de la mer le long de la côte atlantique. Entre ces extrêmes, le relief se décline en plaines sableuses, plateaux faiblement incisés, vallées de grands fleuves et quelques formations désertiques comme le Ferlo au centre et le petit désert de Lompoul au nord, composé de dunes orangées à proximité de Saint-Louis.
Les grandes unités de relief peuvent se résumer ainsi :
| Région/Unité de relief | Caractéristiques principales |
|---|---|
| Bassin sénégalo-mauritanien | Grande dépression sédimentaire, altitudes basses et relief doux |
| Presqu’île du Cap-Vert | Petits plateaux volcaniques, falaises côtières, collines |
| Sud-Est (Baunez, Bassari, Kédougou) | Franges de massifs anciens liés au Fouta-Djalon, vallées encaissées, chutes de Dindefelo |
| Ferlo (centre) | Plateau semi-désertique, sableux, faiblement peuplé |
| Lompoul (nord-ouest) | Petit désert de dunes proche de la côte |
Cette topographie globalement plate favorise l’extension des cultures et des parcours pastoraux, mais rend aussi le territoire très sensible aux phénomènes d’érosion éolienne et hydrique, à la salinisation dans les zones basses, et aux inondations dans les vallées fluviales et les zones côtières.
Littoral, fleuves et lacs : un réseau hydrologique structurant
Même si le pays est associé dans les esprits à l’image du Sahel sec, l’eau structure en profondeur la géographie du pays au Sénégal. Deux fleuves, en particulier, organisent de vastes régions : le Sénégal au nord et le Gambie au centre, tandis que la Casamance et le système Sine-Saloum façonnent le sud et le centre-ouest.
Le fleuve Sénégal prend sa source au Mali à la confluence du Bafing et du Bakoyé, venus de Guinée. Il reçoit ensuite les affluents de la Falémé, du Karakoro et du Gorgol, formant une partie de la frontière nord du pays avant de se jeter dans l’océan Atlantique près de Saint-Louis. Sa longueur est estimée entre 1 000 et 1 800 km, et son bassin versant (270 000 à 450 000 km²) est partagé entre la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal.
Sur sa partie aval, le fleuve se divise en deux bras formant l’île à Morfil. Il est relié au lac de Guiers par le Ferlo, et débouche dans un estuaire séparé de l’océan par un long cordon sableux, la Langue de Barbarie. C’est dans ce secteur qu’a été percée, au début des années 2000, une brèche artificielle dans le cordon pour limiter les risques d’inondation, brèche qui s’est largement élargie sous l’action des courants et de la houle.
Plus au sud, le fleuve Gambie traverse le pays d’est en ouest, formant l’État de Gambie. Le fleuve Casamance sillonne une région de plaines et de forêts, avec un large estuaire à Ziguinchor. Au centre-ouest, le Sine et le Saloum forment un delta complexe de bolongs, d’îles et de mangroves, classé parc national et Réserve de biosphère.
Les principales unités hydrologiques incluent aussi plusieurs lacs et zones humides remarquables. Le lac de Guiers, au nord, constitue un réservoir crucial pour l’alimentation en eau potable d’une partie du pays, notamment de Dakar. À proximité de la capitale, le lac Retba – plus connu sous le nom de lac Rose – présente des eaux naturellement rosées par la présence d’une algue halophile, Dunaliella salina. Cet écosystème lacustre, séparé de l’océan par un cordon dunaire, illustre le lien étroit entre eaux continentales, dunes littorales et exploitation humaine (production de sel, tourisme, etc.).
Sur le plan quantitatif, les ressources en eau renouvelables sont estimées à près de 38,8 km³. Mais cette abondance relative cache de fortes disparités saisonnières et régionales, avec une extrême dépendance aux pluies de mousson et une vulnérabilité accrue en cas de déficit pluviométrique.
Un pays tropical, sahelien et côtier : comprendre les climats
La géographie du pays au Sénégal se lit aussi à travers ses ciels et ses saisons. Le climat est globalement tropical, mais fortement marqué par la transition sahélienne. Deux grandes saisons structurent l’année : une longue saison sèche, dominée par les alizés continentaux et le vent d’harmattan chargé de poussières, et une saison des pluies – l’hivernage – liée à la remontée de la mousson et de la zone de convergence intertropicale (ZCIT).
C’est le total annuel des précipitations, en millimètres, dans le nord du Sénégal, où la saison des pluies ne dure que quelques semaines.
À l’extrême sud, en Casamance, l’hivernage commence plus tôt, parfois dès la fin mai, et se prolonge jusqu’à la fin octobre. Les cumuls pluviométriques dépassent couramment 1 400–1 600 mm par an, avec des épisodes de pluies plus durables. Dans certaines zones proches de la frontière guinéenne, on peut atteindre localement 1 800 mm annuels.
La carte climatique du pays se décline en trois grands types dans la classification de Köppen-Geiger. Au nord, les régions de Louga, Matam et Saint-Louis relèvent d’un climat désertique chaud (BWh). Au centre, une large bande incluant Dakar, Thiès, Kaolack, Diourbel, Fatick et Kaffrine connaît un climat semi-aride chaud (BSh). Au sud, les régions de Ziguinchor, Kolda, Sédhiou, Tambacounda et Kédougou présentent un climat de savane tropicale à saisons bien marquées (Aw).
Aperçu des principales responsabilités et activités au sein de l’équipe
Conception, codage et maintenance des fonctionnalités principales du produit.
Création des interfaces et optimisation du parcours utilisateur pour une navigation intuitive.
Planification, suivi des délais et coordination des ressources pour assurer la livraison.
Vérification du bon fonctionnement et détection des anomalies avant déploiement.
Assistance aux utilisateurs et création de documentation pour faciliter l’adoption.
Étude des données et des tendances du marché pour orienter les décisions futures.
| Zone climatique principale | Régions concernées (exemples) | Type Köppen | Pluviométrie annuelle indicative |
|---|---|---|---|
| Climat désertique chaud (nord) | Saint-Louis, Matam, Louga | BWh | 240–350 mm |
| Climat semi-aride chaud (centre) | Dakar, Thiès, Kaolack, Fatick, Diourbel, Kaffrine | BSh | 400–700 mm |
| Climat de savane tropicale (sud) | Ziguinchor, Kolda, Sédhiou, Tambacounda, Kédougou | Aw | 1 400–1 800 mm |
Les températures, elles, restent élevées toute l’année, avec une relative fraîcheur de décembre à avril, surtout sur la côte où un courant marin frais limite les extrêmes. Dakar bénéficie ainsi d’un climat nettement plus tempéré que l’intérieur : les maximales moyennes tournent autour de 26 °C en plein « hiver », tandis que les nuits descendent parfois vers 18 °C. À l’opposé, l’intérieur continental peut être écrasé de chaleur avant les pluies : dans des villes comme Tambacounda, des pointes de 50 °C, voire plus de 54 °C près de la frontière malienne, ont été relevées.
Cette mosaïque climatique est également structurée par des zones agro-écologiques plus fines, distinguant par exemple un Sahel aride, une savane soudanienne semi-aride, des savanes guinéennes plus humides au sud, ou encore une étroite bande côtière plus fraîche et plus humide à proximité du littoral atlantique.
Des sols contrastés et un territoire massivement agricole
La structure des sols reflète à la fois le contexte sédimentaire et l’histoire climatique du pays. Dans les vallées moyennes du Sénégal et du Saloum, on trouve des alluvions limono-sableux ou argileux qui, lorsqu’ils ne sont pas salinisés, se prêtent bien à l’irrigation et à la riziculture. À proximité des embouchures, les sols deviennent salés sous l’influence des marées, formant des tannes où seules certaines herbacées halophiles et des pâturages extensifs sont possibles.
Au nord-ouest, privilégiez la culture de l’arachide sur les sols dior (dunes de sables ocre riches en oxydes de fer). Dans les cuvettes plus fines entre ces dunes, cultivez plutôt le sorgho ou le mil. Au centre et au sud, où une croûte de latérite affleure sous une mince couche sableuse, et en Casamance, où dominent des sols argileux lessivés, rouges ou brunâtres et riches en oxydes de fer, optez pour des systèmes agroforestiers plus intensifs.
Environ la moitié du territoire national est considérée comme terres agricoles au sens large. Les estimations récentes évoquent environ 49 % de la superficie en terres agricoles, dont près de 19–20 % en terres arables destinées aux cultures annuelles et moins de 1 % en cultures permanentes. Les surfaces irriguées restent modestes à l’échelle du pays, autour de 1 200 km², principalement concentrées le long du fleuve Sénégal, du fleuve Gambie et dans certains bas-fonds de Casamance ou du delta du Sine-Saloum.
L’arachide occupe environ 40 % des terres cultivées au Sénégal, soit près de deux millions d’hectares.
Le paradoxe est que, malgré cette forte vocation agricole – avec 46 % du territoire concernés et jusqu’à 70–80 % de la population rurale engagée dans ce secteur – le pays reste largement importateur de denrées alimentaires. On estime qu’environ 70 % des besoins alimentaires, dont le riz, le blé, le maïs, l’huile de palme, le sucre ou encore la pomme de terre, sont couverts par des importations, ce qui augmente la vulnérabilité alimentaire.
Végétation, écosystèmes et faune : du Sahel aux mangroves
La géographie du pays au Sénégal se lit aussi dans le dégradé de végétation du nord vers le sud. Au nord, la zone sahélienne se présente comme une steppe arbustive et arborée, où baobabs, acacias et arbustes épineux ponctuent un tapis herbacé saisonnier. Ces steppes couvrent environ un tiers de la partie septentrionale du territoire. Lors de l’hivernage, une herbe abondante pousse, offrant de vastes pâturages ; mais en saison sèche, le couvert herbacé disparaît en grande partie, laissant le sol à nu et exposé à l’érosion.
Plus au sud, la savane devient plus dense dans la zone soudanienne, avec des savanes arbustives ou arborées, des bosquets et des forêts claires. Cette zone présente une grande diversité d’espèces ligneuses (plus de 80 dans certaines zones), incluant divers acacias, des baobabs, ainsi que des arbres de grande taille comme le caïlcédrat, le teck ou le fromager. Les régions les plus méridionales, comme la Casamance et certaines vallées, abritent des forêts denses sèches et des mosaïques forêt-savane caractéristiques de l’écorégion guinéenne.
Les littoraux, notamment dans le delta du Sine-Saloum et en Casamance, accueillent d’importantes mangroves. Ces écosystèmes de palétuviers colonisent les estuaires, bolongs et fonds de baies, jouant un rôle majeur dans la protection contre l’érosion côtière, la filtration des eaux, la production halieutique et la séquestration de carbone. Les Guinean mangroves constituent même l’une des quatre grandes écorégions terrestres identifiées sur le territoire national, aux côtés de la savane soudanienne de l’Ouest, de la savane à acacia du Sahel et de la mosaïque forêt-savane guinéenne.
La faune reflète cette diversité d’habitats. Dans l’est, le parc national du Niokolo-Koba – classé patrimoine mondial de l’UNESCO et réserve de biosphère – protège encore des populations de grands mammifères africains : éléphants, buffles, hippopotames, diverses antilopes, lions, léopards, guépards, phacochères ou encore singes. Dans le sud-ouest, le parc national de Basse-Casamance abrite buffles de forêt, colobes bai, cercopithèques, galagos et une riche avifaune forestière.
Les zones humides septentrionales, quant à elles, sont un paradis pour les oiseaux d’eau migrateurs. Le parc national des oiseaux du Djoudj, dans le delta du fleuve Sénégal, accueille chaque année plus d’un million d’oiseaux, dont des spatules d’Afrique, des pélicans blancs, des cormorans, des hérons pourprés, des oies de Gambie ou encore de vastes colonies de tissembraux. Le parc de la Langue de Barbarie et la réserve de Guembeul, plus au sud, complètent ce chapelet d’aires protégées littorales où s’observent flamants, sternes, tortues marines et gazelles menacées.
Les milieux aquatiques – fleuves, lacs, bolongs et eaux marines – produisent une biodiversité halieutique considérable. Ils abritent poissons (comme le capitaine, ou perche du Nil, dans le bas Sénégal), crustacés, lamantins, tortues et dauphins. Mais la surpêche et la dégradation des habitats (mangroves coupées, estuaires pollués, barrages modifiant les régimes de crues) comptent parmi les menaces majeures.
Aires protégées : un quart du territoire sous statut de conservation
Face à cette richesse écologique, les autorités ont progressivement mis en place un réseau d’aires protégées couvrant une part importante du territoire. Les chiffres varient selon les définitions, mais les données récentes indiquent qu’environ 26 % des terres émergées entrent dans une catégorie de protection (parcs, réserves, etc.), tandis qu’environ 8 % du territoire est explicitement classé en aires protégées strictes.
Le parc national du Niokolo-Koba est le plus vaste du Sénégal, couvrant une superficie de plus de 9 000 km².
La Basse-Casamance, avec ses 5 000 hectares, complète ce réseau méridional, alors que le Djoudj, au nord, s’impose comme un sanctuaire ornithologique de rang mondial. À côté de ces parcs nationaux, de nombreuses réserves de faune, forêts classées, réserves de biosphère et zones Ramsar maillent le territoire, du lac de Guiers aux forêts littorales comme Mbao et Sébikotane.
Une population concentrée sur la côte et dans le bassin arachidier
Sur le plan humain, la géographie du pays au Sénégal est marquée par de fortes disparités de densité. La population – autour de 18 millions d’habitants selon des estimations récentes – se concentre très largement dans la moitié ouest du pays, en particulier le long du littoral atlantique. On estime qu’environ 70 % des habitants vivent dans la zone côtière, un chiffre qui grimpe à plus de 80 % si l’on ne considère que la moitié occidentale du territoire.
La région de Dakar concentre environ un tiers de la population sénégalaise sur seulement 0,3 % de la surface nationale.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu contrasté de quelques régions.
| Région | Caractéristiques géographiques | Densité approximative |
|---|---|---|
| Dakar | Littoral urbain, presqu’île du Cap-Vert | > 1 000 hab./km² (zone urbaine) |
| Thiès, Mbour, Rufisque | Littoral, bassin arachidier, Niayes | 100–300 hab./km² |
| Kaolack, Diourbel | Centre-ouest, bassin arachidier | 50–150 hab./km² |
| Saint-Louis (intérieur), Louga | Sahel nord, Ferlo, désertique par endroits | 10–30 hab./km² |
| Tambacounda, Kédougou | Est, savanes, relief plus marqué | ~10–15 hab./km² |
Cette distribution tient à plusieurs facteurs. Le littoral offre des atouts économiques (ports, pêche, tourisme, services, industries), climatiques (températures plus modérées, humidité relative) et historiques (implantation coloniale, infrastructures). Le centre-ouest, souvent appelé « bassin arachidier », a bénéficié d’une mise en valeur agricole ancienne et d’infrastructures routières et ferroviaires reliant l’intérieur au port de Dakar.
Le sud (Casamance) est riche en terres agricoles, en eau et en forêts, mais son isolement relatif (séparé par la Gambie), l’histoire d’un conflit interne et une moindre densité d’infrastructures ont limité une urbanisation spectaculaire comparable à celle de la côte nord.
Désertification, dégradation des terres et « muraille verte »
Situé au cœur de la bande sahélienne, le pays subit de plein fouet le processus de désertification. Dans cette zone de transition entre le Sahara hyperaride et les savanes soudaniennes plus humides, les sols sont naturellement fragiles, pauvres en phosphore et en azote, et facilement érodables. Les épisodes de sécheresse prolongée – comme ceux qui ont marqué la région de la fin des années 1960 au milieu des années 1980, puis au début des années 2010 – ont accéléré le déclin de la productivité biologique.
Cette dynamique est alimentée à la fois par des facteurs climatiques (irrégularité des pluies, hausse des températures, augmentation de l’aridité) et par des pratiques humaines : surpâturage, défrichage incontrôlé, exploitation forestière pour le bois de feu ou le charbon, extension de cultures pluviales vers des terres marginales, labours profonds inadaptés et gestion foncière parfois défaillante.
Pourcentage des terres arables déjà touchées par la dégradation, principalement due à l’érosion et à la salinisation.
Au niveau du Sahel dans son ensemble, plus de 80 % des terres seraient dégradées et la progression du Sahara vers le sud se chiffrerait, selon certaines études, à plusieurs dizaines de kilomètres par an, même si ces chiffres doivent être pris avec prudence. Quoi qu’il en soit, l’effet sur la sécurité alimentaire, les moyens d’existence ruraux et les dynamiques migratoires est considérable.
Le pays a adopté un Plan d’action national de lutte contre la désertification, un cadre national pour les investissements dans la gestion durable des terres, et est devenu un pays pilote pour la Neutralité en matière de dégradation des terres dans le cadre de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification.
L’initiative la plus emblématique reste sans doute la Grande Muraille Verte. Lancée au niveau de l’Union africaine, elle vise à restaurer, d’ici 2030, une bande de terres dégradées de plusieurs milliers de kilomètres de long à travers tout le Sahel, de Dakar à Djibouti, en combinant reboisement, régénération naturelle assistée, techniques de conservation des eaux et des sols et systèmes agroforestiers. Le premier « arbre » symbolique de ce projet a d’ailleurs été planté sur sol sénégalais, et le pays revendique la plantation d’environ 12 millions d’arbres résistants à la sécheresse dans ce cadre. D’autres programmes, comme « Regreening Africa » soutenu par l’Union européenne ou l’initiative « Action contre la désertification » de la FAO, ont permis de restaurer plusieurs milliers d’hectares par la réhabilitation de jachères, de pâturages et de forêts.
Littoraux sous pression : Niayes, deltas et montée des eaux
Si le nord et le centre luttent contre la progression du désert, les côtes sont, elles, en première ligne face à l’érosion marine et à la montée du niveau de la mer. La façade atlantique du pays, rectiligne au nord de Dakar et plus découpée au sud, est formée en grande partie de plages sableuses et de cordons dunaires, façonnés par la houle et le courant des Canaries. Les estuaires et les deltas (Sénégal, Sine-Saloum, Casamance) se terminent en zones de mangroves, marécages, vasières et tannes.
La bande côtière sénégalaise concentre des villes majeures, des infrastructures stratégiques et des zones agricoles vitales comme la région des Niayes, un terroir maraîcher essentiel pour l’approvisionnement de Dakar. Cette zone subit toutefois une forte pression due à l’urbanisation rapide et à l’extension des carrières de sable, ce qui déstabilise les dunes et aggrave l’érosion éolienne ainsi que la salinisation des nappes phréatiques.
Le changement climatique ajoute une dimension inquiétante : les projections indiquent que le niveau de la mer au large de l’Afrique de l’Ouest pourrait s’élever plus vite que la moyenne mondiale. D’ici quelques décennies, une hausse de l’ordre de plusieurs dizaines de centimètres est envisagée, ce qui, combiné à des événements extrêmes (houles, tempêtes, surcotes), menace quartiers côtiers, zones industrielles, portuaires et touristiques, ainsi que les terres agricoles basses. À Saint-Louis, par exemple, des quartiers entiers construits sur la Langue de Barbarie ou dans des zones inondables sont déjà en situation de forte vulnérabilité.
Changement climatique : un multiplicateur de risques géographiques
Les modèles climatiques de dernière génération (CMIP6) convergent pour annoncer une hausse des températures moyennes en Afrique de l’Ouest de l’ordre de 1,5 à 4 °C d’ici le milieu ou la fin du siècle, par rapport aux niveaux de la fin du XXe siècle. Pour la géographie du pays au Sénégal, cela se traduit par une augmentation du nombre de jours de chaleur extrême (plus de 35 °C), surtout dans le nord-est et l’est, une intensification des vagues de chaleur, une évapotranspiration accrue et une diminution de l’humidité des sols.
Les projections climatiques indiquent une légère baisse des cumuls annuels de pluie, mais surtout une forte augmentation de la variabilité. Cela se traduira par l’alternance de sécheresses prolongées et d’épisodes pluvieux plus intenses, comme des ‘méga-averses’ provoquant des inondations. L’hivernage, plus court et irrégulier, impactera directement les cultures pluviales (mil, sorgho), dont les rendements devraient baisser significativement.
Les terres cultivées exposées à la sécheresse devraient augmenter, la dégradation des terres se poursuivre, tandis que les ressources en eau par habitant diminueront, sous l’effet combiné du climat et de la croissance démographique. Les modèles suggèrent aussi que les zones agro-écologiques pourraient se décaler vers le sud, entraînant un déplacement des frontières entre Sahel, savane soudanienne et forêts guinéennes, avec des impacts potentiels sur la biodiversité et les systèmes de production.
Les infrastructures urbaines et côtières sont vulnérables aux effets du changement climatique. Les routes, fragilisées par les vagues de chaleur et les pluies intenses, nécessiteront des coûts d’entretien et de reconstruction plus élevés. Les ports et les quartiers littoraux devront faire face à la montée des eaux et à l’érosion. Parallèlement, la proportion de la population exposée aux canicules et la mortalité liée aux coups de chaleur, surtout en ville, augmenteront significativement.
Gouvernance des terres, agriculture et enjeux fonciers
La géographie du pays au Sénégal ne se réduit pas à ses reliefs, ses fleuves et ses climats : elle est aussi façonnée par des règles foncières et des dynamiques sociales. Depuis la loi sur le Domaine national, adoptée en 1964, le régime foncier repose sur un système hybride associant droit moderne et coutumes locales. Les terres sont en grande partie considérées comme appartenant à la nation, gérées par les collectivités territoriales, mais les droits d’usage et les règles traditionnelles continuent de jouer un rôle majeur dans l’accès à la terre et la gestion des ressources communes.
La pression démographique, le développement de l’agrobusiness et des industries extractives, ainsi que des réformes souvent inefficaces, ont exacerbé les conflits liés à l’accès à la terre. Ceci se traduit par des privatisations informelles, une réduction des terres pour les petits exploitants et des indemnisations jugées injustes pour les populations déplacées.
Ces enjeux sont particulièrement sensibles dans des zones où la terre est à la fois rare et convoitée : bande des Niayes, périphéries urbaines comme autour de Dakar ou Thiès, vallées irriguées du fleuve Sénégal, terroirs fertiles de Casamance. Ici, la géographie physique – sols profonds, accès à l’eau, proximité des villes – se combine à des enjeux de pouvoir et de gouvernance.
Le Plan Sénégal Émergent vise à moderniser le secteur foncier et à promouvoir une gestion durable des ressources. Cependant, concilier les investissements à grande échelle avec la sécurité alimentaire locale, les droits des communautés rurales et la protection des écosystèmes reste un exercice complexe.
Une géographie au cœur des trajectoires futures
Observer la géographie du pays au Sénégal, c’est donc lire un territoire à la fois cohérent et contrasté, tendu entre multiples gradients : nord sec contre sud humide, littoral densément peuplé contre intérieurs clairsemés, plaines sableuses vulnérables contre forêts relictuelles riches en biodiversité, deltas menacés par la salinisation contre plateaux gagnés par l’aridité.
La géographie du pays pose plusieurs défis majeurs : assurer la sécurité alimentaire avec une agriculture principalement pluviale et des terres dégradées, lutter contre la désertification dans les régions du centre et du nord, protéger les côtes et les villes de la montée des eaux et des tempêtes, et préserver des écosystèmes fragilisés par la surexploitation et l’urbanisation rapide.
Elle offre aussi des leviers. Les grands fleuves – Sénégal, Gambie, Casamance, Sine-Saloum – fournissent un potentiel hydro-agricole, halieutique et énergétique considérable, à condition de gérer avec finesse les barrages, l’irrigation et les écosystèmes associés. Les mangroves et les forêts, si elles sont restaurées et protégées, peuvent devenir des boucliers naturels contre l’érosion, des puits de carbone et des viviers de biodiversité. Les savanes, avec les bonnes pratiques agroforestières, peuvent concilier production, élevage et régénération des sols.
Le pays occupe une position stratégique régionale, à la jonction des espaces sahéliens, guinéens et atlantiques. Cette localisation a historiquement influencé les routes caravanières, la traite, la colonisation et les mouvements migratoires. Aujourd’hui, elle conditionne son avenir dans un Sahel en mutation, où la géographie constitue le cadre des équilibres entre climat, environnement, développement et société, faisant de cette région l’une des plus vulnérables au monde.
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