Créer son entreprise à l’étranger quand on est expatrié : le guide complet pour se lancer au Sénégal

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Sénégal avec un projet entrepreneurial, c’est à la fois profiter d’un pays politiquement stable, d’un marché en pleine croissance et d’une culture très favorable à l’initiative individuelle. Mais pour un expatrié, la marche entre l’idée et la création effective peut sembler haute : quelle forme juridique choisir, comment obtenir ses papiers, où s’implanter, comment trouver des financements, quelles sont les vraies opportunités sectorielles et les pièges à éviter ?

Bon à savoir :

Ce guide traduit en termes concrets les informations juridiques, économiques et de terrain pour transformer un projet entrepreneurial en une structure conforme à la réglementation locale et adaptée au marché sénégalais.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre l’environnement économique et entrepreneurial au Sénégal

Avant de se lancer, il faut saisir dans quel type d’économie on met les pieds. Le Sénégal est aujourd’hui considéré comme l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest. La croissance du PIB a tourné autour de 6 % par an avant la crise, et le pays bénéficie désormais d’une nouvelle impulsion grâce à l’exploitation des champs pétroliers et gaziers offshore, qui tirent la croissance au-delà de 10 % selon certaines projections.

Cette trajectoire s’inscrit dans une stratégie publique assumée : le Plan Sénégal Émergent (PSE). Ce programme vise à faire du pays un marché émergent à horizon 2035, avec un fort rôle donné au secteur privé, aux investissements étrangers et aux secteurs porteurs comme l’agriculture, l’énergie, les industries de transformation, la logistique ou le numérique.

Attention :

Depuis son indépendance en 1960, le pays n’a connu ni coup d’État militaire ni guerre civile. Ses institutions sont considérées comme solides, bien que qualifiées de ‘régime hybride’. Cette stabilité est un atout clé pour les entrepreneurs étrangers, car elle sécurise les investissements à long terme et rassure les partenaires financiers.

Autre élément structurant : la démographie. Environ 60 % de la population a moins de 25 ans, avec entre 200 000 et 300 000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Le revers de la médaille, c’est un chômage massif des jeunes diplômés comme des non qualifiés, une majorité de travailleurs dans l’informel et des tensions sur l’emploi salarié. Mais pour un créateur d’entreprise, cela signifie aussi un vaste réservoir de talents potentiels et une population très ouverte à l’entrepreneuriat.

Un pays d’entrepreneurs… souvent informels

Les statistiques sur l’intention entrepreneuriale sont frappantes : plus des deux tiers de la population envisagent sérieusement de créer un business, et une proportion similaire considère l’entrepreneuriat comme une vraie carrière possible. Le “refus de l’échec” est relativement faible, ce qui encourage la prise d’initiative.

90

Plus de 90 % des entreprises opèrent dans le secteur informel au Sénégal.

Le tableau ci-dessous résume quelques traits structurants du marché du travail et de l’entrepreneuriat local.

IndicateurDonnée approximative
Part de la population < 25 ans~60 %
Part des entreprises informelles> 90 % (jusqu’à 97 % selon sources)
Taux de chômage officiel~7 % (mais données régionales jusqu’à 20 %)
Part de la population souhaitant entreprendre≈ 66–69 %
Startups dirigées par des femmes2 à 3 sur 100 dans certains écosystèmes

Cette réalité implique pour un expatrié de bien anticiper la construction d’une structure formelle, la gestion RH et la montée en compétences de ses équipes.

Pourquoi le Sénégal attire les entrepreneurs expatriés

Le pays se positionne de plus en plus comme un hub régional pour la logistique, les services, l’industrie et les nouvelles technologies. Dakar concentre près de 80 % de l’activité économique, 90 % de la base industrielle et 22 % de la population. Le port de Dakar est un nœud majeur pour les pays enclavés de la sous-région et la nouvelle ville de Diamniadio, développée à une quarantaine de kilomètres de la capitale, accueille administrations, entreprises et zones industrielles modernes.

Atouts macroéconomiques et géostratégiques

Plusieurs éléments jouent en faveur d’un entrepreneur étranger :

Avantages pour les investisseurs au Sénégal

Le Sénégal offre un cadre économique et juridique attractif, structuré autour de plusieurs piliers majeurs pour sécuriser et favoriser les investissements.

Monnaie stable

Utilisation du franc CFA (XOF), arrimé à l’euro avec la garantie du Trésor français, limitant ainsi les risques de change pour les investisseurs.

Intégration régionale

Appartenance à l’UEMOA et à la CEDEAO, offrant un accès facilité à un marché de plus de 100 millions de consommateurs dans l’espace UEMOA.

Cadre juridique protecteur

Membre de l’OHADA, de l’ICSID, signataire de la Convention de New York sur l’arbitrage et doté d’une trentaine de traités bilatéraux de protection des investissements.

Zones économiques spéciales

Des zones comme Diamniadio ou Sandiara offrent des avantages fiscaux et douaniers significatifs pour les entreprises qui s’y implantent.

Les opportunités liées aux grands projets (ports de Bargny et Ndayane, exploitation gazière GTA, champ pétrolier de Sangomar, projets solaires et éoliens, ville nouvelle de Diamniadio) ouvrent des niches pour les services B2B, la sous-traitance, la logistique, le BTP, l’ingénierie, la maintenance ou encore les services spécialisés à forte valeur ajoutée.

Une culture favorable aux affaires mais une pratique très relationnelle

Si le pays est “business friendly” sur le papier, le terrain fonctionne beaucoup à la relation personnelle. La notion de Teranga (hospitalité) irrigue aussi les affaires : avant même de parler chiffres ou contrat, il faut prendre le temps de se connaître, de boire un thé, de raconter un peu son parcours, de s’intéresser à la famille de son interlocuteur. Un expatrié qui arrive avec une approche trop directe ou pressée risque de braquer ses partenaires potentiels.

Astuce :

Les décisions sont généralement prises de manière hiérarchique après une longue consultation interne. La communication est souvent indirecte : un ‘oui’ peut signifier ‘peut-être’ ou ‘je ne veux pas te contrarier’. Il est crucial de savoir interpréter les silences, les formulations vagues ou les expressions non verbales, particulièrement lors de négociations commerciales ou de discussions de partenariat.

Choisir la bonne forme juridique pour son entreprise

L’un des grands avantages du Sénégal, pour un étranger, est la clarté du cadre juridique grâce au droit OHADA, qui harmonise les règles dans 17 pays africains. Cela dit, il faut tout de même choisir une structure adaptée à son projet, à son niveau de risque et à ses besoins de financement.

Panorama des principales formes juridiques

Les formes les plus courantes pour un entrepreneur expatrié sont les suivantes :

Forme juridiqueCapital minimum (indicatif)Nombre d’associés minimumResponsabilitéPoints clés pour expatriés
Entreprise individuelleAucun1Illimitée sur patrimoine persoSimple mais risquée, peu adaptée à un étranger qui investit sérieusement
SARL (Société à Responsabilité Limitée)En pratique ≈ 100 000 XOF1Limitée aux apportsForme la plus souple pour PME, services, commerce
SA (Société Anonyme)10 000 000 XOF1Limitée aux apportsAdaptée aux gros projets, JV, secteurs régulés
SAS (Société par Actions Simplifiée)Pas de minimum légal1Limitée aux apportsTrès flexible, idéale pour startups et investisseurs variés
Succursale de société étrangèreAucunEngagée par la maison mèrePrésence commerciale rapide, mais moins d’autonomie locale
GIE (Groupement d’Intérêt Économique)Aucun2Conjointe entre membresOutil de mutualisation, non destiné au grand public

En pratique, la plupart des créateurs étrangers optent soit pour une SARL (équivalent de la LLC), soit pour une SAS, notamment dans le numérique, les services et les startups. La SA s’impose plutôt pour des projets lourds (industrie, énergie, banque, assurance) ou lorsqu’on envisage une ouverture du capital à grande échelle.

SARL, SA ou SAS : comment trancher ?

Pour aider à choisir, il est utile de croiser quelques critères : taille du projet, type d’activité, besoin en capitaux, gouvernance souhaitée.

Exemple :

Pour un projet de taille modeste ou moyenne (consulting, agence digitale, petite unité de transformation, commerce spécialisé), la SARL est souvent la solution la plus rationnelle. Elle ne nécessite qu’un capital limité, la gestion est encadrée mais pas trop lourde, et l’image est parfaitement acceptée par les clients institutionnels. Pour une startup avec plusieurs investisseurs, un actionnariat évolutif, et des clauses spécifiques (vesting, BSA, etc.), la SAS offre une souplesse statutaire appréciable pour ajuster les pouvoirs du président, les droits de vote, et les modalités d’entrée et de sortie des actionnaires. Pour un grand projet industriel, une société à fort besoin de financement externe ou une activité soumise à régulation stricte (banque, assurance, certains projets d’infrastructures), la SA s’impose, notamment parce qu’elle peut faire appel public à l’épargne au sein de l’UEMOA à partir d’un capital de 10 millions XOF et qu’elle doit se doter d’un commissaire aux comptes.

Dans tous les cas, l’accompagnement par un notaire et un avocat spécialisé en droit des affaires OHADA est indispensable. Au Sénégal, le notaire joue un rôle proche de celui d’un avocat d’affaires dans les pays de common law : il rédige et authentifie les statuts, sécurise les opérations de capital et veille à la conformité des actes.

Les démarches de création d’entreprise : du nom commercial au NINEA

Le pays a fait de gros efforts pour simplifier et centraliser les formalités. L’APIX, l’agence de promotion de l’investissement, gère un guichet unique (Bureau d’Appui à la Création d’Entreprise – BCE) qui regroupe en un même point l’essentiel des démarches nécessaires.

Étapes clés d’immatriculation

Concrètement, pour un expatrié, le parcours ressemble à ceci :

Attention :

Le processus comprend le choix de la forme juridique, la vérification gratuite du nom, le dépôt du capital, la rédaction et l’authentification des statuts par un notaire, l’immatriculation au RCCM pour obtenir le numéro de registre de commerce et le NINEA, les enregistrements sociaux et fiscaux, l’ouverture d’un compte bancaire professionnel, et l’obtention des agréments sectoriels si nécessaire.

En théorie, la partie “immatriculation” peut se faire en quelques jours. Certains textes évoquent un délai moyen de 2 à 6 jours via le guichet APIX, d’autres parlent de 10 jours pour l’ensemble des formalités. Dans la pratique, si l’on ajoute les traductions, la collecte des pièces depuis l’étranger et les allers-retours avec le notaire, il est prudent de prévoir plusieurs semaines, surtout si l’on gère à distance.

Coûts indicatifs des formalités

Les frais de constitution varient selon la forme, le niveau de capital et les honoraires pratiqués par les professionnels. On peut toutefois donner quelques ordres de grandeur.

Élément de coûtMontant indicatif (en XOF)
Recherche et réservation de nomGratuit (recherche), parfois frais minimes
Droits d’enregistrement statuts (< 10 M XOF)≈ 25 000 XOF + 2 000 XOF de déclaration souscription
Droits greffe pour RC (capital ~1 M XOF)30 000 XOF + 90 XOF par tranche de 1 M additionnel
Taxe d’immatriculation EI sans nom commercial10 000 XOF
EI avec nom commercial20 000 XOF
Frais de notaire SARL (capital modeste)130 000 XOF à ~400 000 XOF selon capital
Frais de notaire SA (capital 10 M XOF)≈ 700 000 XOF
Timbres fiscaux2 000 XOF l’unité (plusieurs nécessaires)

Même si ces montants restent modestes par rapport à beaucoup de pays occidentaux, il faut les intégrer, ainsi que les honoraires d’avocat, traducteur assermenté, expert-comptable. L’investissement réel de démarrage est donc sensiblement supérieur au simple capital social.

Régime fiscal : ce qu’un expatrié entrepreneur doit vraiment intégrer

Le cadre fiscal sénégalais est dense, mais relativement lisible si l’on s’en tient à l’essentiel.

Impôt sur les sociétés, TVA et autres contributions

La base du système :

30

Taux normal de l’impôt sur les sociétés, correspondant à 30 % du bénéfice imposable.

En plus de ces impôts, il existe une série de retenues à la source sur les dividendes, intérêts, redevances, et un impôt sur le revenu des personnes physiques progressif (0 à 43 %), prélevé sur les salaires.

Avantages fiscaux et régimes préférentiels

Le pays mise sur les incitations pour attirer les investisseurs dans certains secteurs ou zones :

Bon à savoir :

Plusieurs dispositifs fiscaux avantageux existent : un taux d’impôt sur les sociétés réduit à 15% pour les entreprises en ZES ou Free Export Company (sous condition d’exporter au moins 80% hors UEMOA), des déductions accélérées de 30 à 40% pour les investissements >100 millions XOF, et des régimes spécifiques avec réductions d’impôt pour les secteurs de l’agriculture, du tourisme (notamment en Casamance), des énergies renouvelables et de certains projets immobiliers agréés.

Une implantation dans une zone comme la Dakar Integrated Special Economic Zone (DISEZ) à Diamniadio, quand elle est pertinente pour l’activité, peut offrir un cocktail très attractif : exonérations douanières sur les équipements et intrants, IS à 15 %, facilités administratives et possibilité d’employer indifféremment des Sénégalais et des étrangers.

Travailler légalement comme expatrié : visas, permis de travail et résidence

Créer une société ne suffit pas : l’expatrié qui y travaille doit être en règle au regard du droit du travail et de la police des étrangers.

La différence clé : visa, permis de travail, carte de séjour

Dans le système sénégalais, trois éléments coexistent :

Le visa d’entrée (court ou long séjour) délivré par l’ambassade/consulat ou à l’arrivée pour certaines nationalités.

Le permis de travail, délivré par le ministère du Travail, qui autorise l’exercice d’une activité salariée ou indépendante.

– La carte d’identité d’étranger / carte de séjour, délivrée par la police des étrangers, obligatoire dès qu’on dépasse environ 90 jours de présence.

Le permis de travail est généralement valable un à deux ans, renouvelable, et il est lié à un employeur (votre propre société, si vous en êtes salarié) ou à une activité de travailleur indépendant. La carte de séjour doit être renouvelée régulièrement, souvent tous les ans, même si certains régimes de long séjour peuvent aller jusqu’à cinq ans.

Le processus reste en grande partie papier, avec plusieurs copies de chaque document, des traductions en français, et des délais qui oscillent entre quelques semaines et plusieurs mois selon la complexité du dossier et la charge de travail des services.

Processus type pour un entrepreneur étranger

Un scénario classique pour un créateur d’entreprise :

Exemple :

L’embauche d’un dirigeant expatrié au Sénégal suit une procédure administrative précise. Elle commence par la création de la société et l’obtention de son Registre de Commerce (RC) et de son numéro d’identification fiscale (NINEA). Ensuite, un contrat de travail est signé avec le dirigeant. Une demande de permis de travail est déposée au ministère du Travail, accompagnée de documents comme le passeport, le CV, les diplômes, un extrait de casier judiciaire, un certificat médical et les justificatifs de la société. Après l’obtention du permis, une demande de visa long séjour peut être nécessaire. Puis, une demande de carte d’étranger est faite auprès de la police, avec délivrance d’un récépissé provisoire. Enfin, l’employé est enregistré auprès de la sécurité sociale (CSS) et de la caisse de retraite (IPRES) pour une mise en conformité totale.

À noter que les ressortissants des pays de la CEDEAO bénéficient d’un régime plus souple en matière d’entrée et de travail, mais doivent malgré tout respecter certaines formalités de séjour.

Les secteurs porteurs : où un expatrié a vraiment une carte à jouer

La liste des idées de business théoriquement possibles est infinie. Mais l’important est de coller aux besoins réels du marché, aux tendances lourdes et aux avantages comparatifs du pays.

Énergie, pétrole et gaz : sous-traitance et services spécialisés

Avec les grands projets gaziers (Grand Tortue Ahmeyim) et pétroliers (Sangomar), l’écosystème des services à l’industrie extractive explose : ingénierie, formation, maintenance, sécurité, logistique offshore, catering, services médicaux spécialisés, solutions numériques pour la gestion d’actifs, etc.

Les lois de contenu local favorisent les entreprises sénégalaises, mais la réalité du marché ouvre la porte à des joint-ventures et à des partenariats où la compétence technique étrangère se combine à un ancrage local fort. Pour un expatrié, la clé est donc plus de s’adosser à un partenaire sénégalais solide que de tenter une aventure en solo dans ces secteurs régulés.

Agriculture et agroalimentaire : de la terre au produit fini

Le Sénégal est un géant de l’arachide, un gros producteur de mangues et cultive riz, coton, mil, maïs. Pourtant, la chaîne de valeur est encore peu industrialisée : pertes post-récolte, manque d’unités de transformation, faible diffusion des technologies d’irrigation ou de mécanisation.

Les opportunités se situent autant dans l’amont (équipements agricoles, solutions d’irrigation, services de conseil, fintech agricoles) que dans l’aval : unités de transformation (purées de fruits, produits baby-food à l’image de la success story “Le Lionceau”), stockage et silos, logistique frigorifique, circuits de distribution de produits sains ou biologiques pour une classe moyenne urbaine croissante.

Analyse des opportunités économiques dans le secteur agroalimentaire

Numérique, fintech et services en ligne

Avec plus de 110 % de pénétration mobile et une adoption massive des services de mobile money (Orange Money, Wave), le pays est un terrain de jeu idéal pour les solutions numériques, en particulier dans la finance, la éducation, la santé, le commerce.

Les hubs comme CTIC Dakar, Orange Digital Center ou Dakar Design Hub ont déjà généré des centaines d’emplois. De nombreuses startups locales innovent déjà, mais il reste des segments peu couverts : outils B2B pour PME, solutions SaaS adaptées au droit OHADA, plateformes de mise en relation spécialisées, produits fintech ciblant les TPE et l’informel, etc.

Pour un expatrié issu du monde du logiciel ou du marketing digital, le Sénégal peut servir de base régionale, avec la possibilité de vendre dans toute l’Afrique de l’Ouest francophone depuis Dakar.

Tourisme, hôtellerie et loisirs

Le pays reçoit plus de 700 000 touristes par an, dispose d’une capacité hôtelière d’environ 20 000 lits et d’une variété de destinations (Dakar, Saly, Casamance, Saint-Louis, zones balnéaires et parcs naturels). Le gouvernement investit dans les infrastructures touristiques et la politique de visas est relativement libérale.

Les marges de manœuvre existent :

Hébergements de niche (eco-lodges, maisons d’hôtes très qualitatives, offres surf/yoga/kitesurf, tourisme d’affaires).

Agences réceptives spécialisées (tourisme culturel, circuits nature, tourisme solidaire).

Services annexes : restauration thématique, activités nautiques, centres de bien-être.

Là encore, la réussite passe par une parfaite compréhension des codes culturels locaux et du maillage de partenaires (guides, transporteurs, artisans, agriculteurs…).

Industrie légère, textile, cosmétique et biens de consommation

Le pays conserve un tissu textile important, et la demande mondiale pour les tissus tissés main, l’artisanat et les cosmétiques naturels explose. Des marques comme SARAYAA (mode) ou Lyvv Cosmetics (cosmétiques naturels) montrent qu’il est possible de bâtir des entreprises à forte identité africaine, tournées vers un marché global.

Pour un expatrié, les pistes peuvent aller de la petite unité de fabrication (cosmétiques, produits alimentaires différenciés, accessoires de mode) à des projets plus ambitieux d’assemblage ou de transformation sous régime d’exportation, notamment en ZES, avec des avantages fiscaux significatifs.

Dakar, centre névralgique… et ville chère : intégrer le coût de la vie dans son modèle

Beaucoup d’expatriés sous-estiment le coût de la vie à Dakar. La capitale est l’une des villes les plus chères d’Afrique de l’Ouest, surtout si l’on recherche un confort de vie “à l’européenne” ou “à l’américaine”.

Bon à savoir :

Pour un entrepreneur, le coût de la vie local influence directement le niveau de salaire à proposer pour attirer les talents qualifiés, ainsi que le montant des loyers de bureaux et les autres charges fixes de l’entreprise.

Aperçu des principaux postes de dépense à Dakar

Les données ci-dessous sont des ordres de grandeur mensuels, en XOF, utiles pour bâtir un budget.

Poste de dépenseFourchette indicative pour expatrié solo
Loyer appart. 1 ch. centre (Almadies, Plateau…)300 000 – 1 000 000 XOF
Loyer 1 ch. hors hypercentre (Yoff, Parcelles…)150 000 – 350 000 XOF
Colocation / chambre100 000 – 250 000 XOF
Factures électricité + eau (appart. moyen)40 000 – 120 000 XOF
Internet fixe19 500 – 39 000 XOF
Nourriture (courses + quelques restos)150 000 – 250 000 XOF
Transport (taxis, bus)40 000 – 90 000 XOF
École internationale (par enfant, par an)2 à 12,7 millions XOF, voire plus

Un entrepreneur qui installe à la fois sa famille et sa société à Dakar doit donc calibrer son capital de départ pour couvrir au moins 12 à 18 mois de charges personnelles et professionnelles, le temps que l’activité atteigne un seuil de rentabilité.

Financement : banques, microfinance, mobile money… et limites

L’accès au crédit est régulièrement cité comme l’un des principaux freins au développement des entreprises. Plus de la moitié des sociétés considèrent le financement comme leur problème numéro un, et une large majorité des PME ne parvient pas à obtenir de prêt bancaire classique.

Architecture du système financier

Le secteur bancaire sénégalais est supervisé par la BCEAO et la Commission Bancaire de l’UEMOA. On compte une vingtaine de banques, avec une forte présence d’établissements étrangers (français, marocains, nigérians, panafricains) et une poignée de banques plus orientées vers le marché local (Banque de l’Habitat du Sénégal, La Banque Agricole, etc.).

200

Plus de 200 institutions de microfinance distribuent des microcrédits en Afrique de l’Ouest.

Options de financement pour un entrepreneur expatrié

Apport en fonds propres depuis l’étranger, parfois complété par des prêts familiaux ou bancaires dans le pays d’origine.

Crédit bancaire local, généralement accordé sur la base de garanties solides (hypothèque, caution, nantissement de créances) et d’un historique d’activité de plusieurs années. Pour une nouvelle société, c’est rare, sauf en présence d’un grand groupe ou d’un sponsor solide.

– Microcrédits ou petits prêts professionnels via des institutions de microfinance : utiles pour des besoins de trésorerie ou des investissements modestes, mais souvent peu adaptés à des projets d’envergure.

Capital-risque, business angels, fonds d’investissement : encore peu nombreux, mais en croissance, notamment dans les secteurs du numérique, de la fintech, de l’agro et de l’énergie.

– Programmes publics ou parapublics de garantie et de financement (FONGIP, DER/FJ pour les jeunes, certains dispositifs sectoriels). Ceux-ci s’adressent principalement aux nationaux, mais peuvent soutenir des projets portés par des équipes mixtes sénégalo-étrangères.

Astuce :

Pour un expatrié, l’approche la plus réaliste pour lancer un projet consiste à le financer quasi intégralement avec des fonds propres. Le recours à la dette (banque, microfinance ou crédits fournisseurs) doit être envisagé de manière plus opportuniste, une fois qu’un certain historique d’activité et de fiabilité a été établi.

Culture d’affaires : ce qu’il faut absolument intégrer pour réussir

Au-delà des chiffres, c’est la dimension culturelle qui fait souvent la différence entre un projet qui décolle et une implantation qui tourne court.

Hiérarchie, “face” et communication indirecte

Les organisations sénégalaises restent marquées par une forte hiérarchie et un grand respect de l’autorité, de l’âge et du statut. Le manager est attendu sur un rôle à la fois décisionnaire et protecteur. Une critique trop directe, en particulier en public, peut être vécue comme une humiliation et briser la relation de confiance.

Astuce :

La communication privilégie l’harmonie : les conflits ouverts sont évités et un désaccord est rarement exprimé par un « non » direct. Il est plutôt communiqué par le recours aux métaphores, aux proverbes ou parfois aux silences. Pour un expatrié, il est essentiel d’apprendre à décoder ces signes implicites, en posant des questions ouvertes et en vérifiant les engagements avec tact, sans agressivité.

Temps, ponctualité et négociation

Les horaires sont plus flexibles qu’en Europe du Nord ou en Amérique du Nord. La ponctualité est appréciée mais pas toujours partagée, et les échéances annoncées reflètent parfois plus un souhait qu’une estimation réaliste. Les négociations peuvent s’étaler dans le temps, avec de nombreux allers-retours. Vouloir forcer la cadence conduit souvent à des promesses de façade, qui ne seront pas tenues.

La patience, la constance dans la relation et le respect des codes (salutations, attaya, prise de nouvelles de la famille) sont plus payants que la pression ou l’urgence affichée.

Risques, contraintes et angles morts à ne pas minimiser

Aucun pays n’est parfait, et le Sénégal ne fait pas exception. Un entrepreneur averti doit intégrer quelques réalités moins séduisantes :

Attention :

L’environnement des affaires au Sénégal présente plusieurs obstacles significatifs : une infrastructure insuffisante (routes, électricité, internet) générant des coûts logistiques élevés, une bureaucratie et une corruption persistantes, un décalage entre l’offre de formation et les besoins pratiques des entreprises en talents qualifiés, des risques sanitaires et environnementaux, et une forte dépendance aux importations exposant aux fluctuations des prix.

Avoir une vision réaliste de ces limites, et prévoir des plans B (groupes électrogènes ou onduleurs, redondance Internet, partenaires logistiques fiables, budget “temps” pour les procédures), fait partie intégrante du business plan.

Stratégie pour un expatrié : comment aborder ce marché de manière pragmatique

Plutôt que de penser directement “conquête régionale”, il est souvent plus sage de commencer par un segment bien ciblé, dans une zone géographique limitée (souvent Dakar) et avec un produit ou service extrêmement adapté à un besoin précis.

Plusieurs principes se dégagent :

Astuce :

Pour réussir son implantation entrepreneuriale au Sénégal en tant qu’expatrié, plusieurs actions sont déterminantes. Il est conseillé de cibler une niche où la concurrence locale est encore limitée mais où la demande est réelle, comme un service B2B spécialisé pour les PME, une offre bilingue français/anglais ou une solution technique pointue. Il faut capitaliser sur son avantage comparatif d’expatrié, tel que l’accès à des marchés étrangers, à des technologies ou à des réseaux spécifiques, tout en s’appuyant sur des partenaires locaux qui maîtrisent les codes sociaux et administratifs du pays. Un investissement précoce dans une équipe commerciale ou d’avant-vente qui parle parfaitement le langage des clients sénégalais est préférable au pilotage en solo depuis une bulle expatriée. Enfin, il est stratégique d’utiliser Dakar comme laboratoire pour tester et affiner son modèle, avant de le dupliquer dans d’autres villes sénégalaises comme Thiès, Saint-Louis ou Ziguinchor, ou dans d’autres pays de l’UEMOA.

Enfin, ne pas négliger l’écosystème d’accompagnement : incubateurs, hubs, programmes internationaux, chambres de commerce bilatérales, événements comme AFSIC, plateformes comme Invest in Africa, etc. Pour un expatrié, ces structures peuvent faire gagner des mois en mise en relation, compréhension réglementaire et adaptation culturelle.

En conclusion : un terrain exigeant mais offrant de vrais leviers pour un expatrié préparé

Créer son entreprise au Sénégal quand on est expatrié, ce n’est ni une aventure low-cost ni un eldorado sans risques. C’est un pari sérieux sur un pays stable, à la démographie jeune, à la culture entrepreneuriale forte, inséré dans un espace régional prometteur et soutenu par un cadre juridique relativement protecteur pour l’investissement.

Ce pari demande :

Bon à savoir :

Pour réussir son implantation au Sénégal, il est essentiel de maîtriser les bases du droit OHADA, de la fiscalité locale et du cadre de l’investissement. Les démarches administratives (séjour, travail) doivent être prises très au sérieux, sans recours à des arrangements informels. Le respect des codes relationnels, de la hiérarchie et de la communication indirecte est fondamental. Il faut également intégrer que le coût réel de la vie et des affaires à Dakar est bien supérieur à ce que le PIB par habitant pourrait laisser penser. Enfin, la réussite passe par la construction patiente d’alliances locales, la formation d’équipes mixtes et l’adaptation des modèles d’affaires au contexte sénégalais.

Pour l’expatrié qui accepte ce cadre, qui se forme, qui écoute et qui investit intelligemment, le Sénégal n’est pas seulement une destination exotique : c’est un véritable point d’ancrage pour une stratégie africaine de long terme.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour s’installer au Sénégal, optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Sénégal, Maroc, Portugal, Île Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Sénégal pour son régime d’imposition personnel compétitif, l’absence d’ISF, un coût de la vie nettement inférieur à la France (Dakar restant en dessous de Paris) et son appartenance à l’espace UEMOA / zone franc CFA facilitant les flux financiers. La mission a inclus : audit fiscal pré-expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du titre de séjour avec location ou achat de résidence principale, gestion de la protection sociale (CPAM, assurance privée internationale), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français, mise en relation avec un réseau local (avocat OHADA, immigration, experts bilingues) et intégration patrimoniale internationale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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