Gestion financière à l’international : comment organiser ses services bancaires pour expatriés au Sénégal

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Sénégal, y travailler ou y investir implique tôt ou tard de se frotter à une réalité très concrète : comment gérer son argent efficacement entre plusieurs pays, plusieurs devises et plusieurs systèmes bancaires. Dans un pays où la monnaie est le franc CFA, où le cash reste roi mais où le mobile money explose, la question de la gestion financière à l’international devient centrale pour les expatriés comme pour les membres de la diaspora qui rentrent au pays ou y investissent.

Bon à savoir :

Cet article détaille les aspects essentiels de la banque pour les expatriés, incluant les règles de change, les types de comptes à ouvrir, les méthodes de transfert d’argent, la fiscalité applicable et les outils numériques pour gérer ses finances entre le Sénégal et l’étranger, dans un contexte de digitalisation rapide du secteur.

Comprendre le paysage financier sénégalais

Arriver au Sénégal sans comprendre l’environnement monétaire et bancaire, c’est prendre le risque de payer trop cher pour chaque retrait, chaque virement, voire de se retrouver bloqué pour des opérations simples. La première étape consiste donc à situer le pays dans son cadre régional et monétaire.

Astuce :

Le Sénégal, membre de l’UEMOA, utilise le franc CFA d’Afrique de l’Ouest (XOF). Cette monnaie est partagée avec sept autres pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Togo). Elle est arrimée à l’euro à un taux fixe, avec une convertibilité garantie par le Trésor français. Cela offre une stabilité monétaire exceptionnelle dans la région et une visibilité financière avantageuse pour les personnes percevant leurs revenus en euros.

Le système bancaire est supervisé par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et par une Commission bancaire supranationale. Cette architecture régionale a des effets très concrets pour un expatrié : les règles prudentielles (capital, liquidité, gouvernance) sont harmonisées, les mouvements de capitaux à l’intérieur de l’Union sont relativement fluides, et la conversion du franc CFA pour les opérations commerciales se fait librement dans le système bancaire.

Bon à savoir :

Malgré une économie encore très orientée vers le cash, surtout en dehors de Dakar, les paiements électroniques par carte sont acceptés dans les grands hôtels, grandes surfaces et restaurants haut de gamme. Le mobile money (Orange Money, Wave, Wari, Free Money) connaît une croissance rapide et constitue une solution majeure d’inclusion financière pour les populations non bancarisées.

Pour un expatrié, cela signifie qu’il faut composer simultanément avec trois univers : la banque classique, le mobile money et une économie encore très liquide. C’est cette combinaison qui conditionne une bonne stratégie de gestion financière à l’international.

Ouvrir un compte bancaire au Sénégal quand on est expatrié

Avoir un compte local n’est pas une obligation, mais c’est souvent la clé d’une vie pratique fluide, surtout si l’on reste plus de quelques mois, que l’on perçoit un salaire sur place ou que l’on investit (logement, business, immobilier). Les banques sont des entités privées, chacune avec ses conditions, ses frais et ses services. Mais la procédure d’ouverture pour un étranger reste en général accessible.

Attention :

Les documents nécessaires varient selon le type de compte. Pour un compte courant de base (compte facile), il faut généralement des photos d’identité, une copie légalisée du passeport et un justificatif de résidence. Pour un compte courant ou d’épargne classique, les trois derniers bulletins de salaire sont souvent exigés en plus. Les comptes professionnels ou de société sont soumis à des exigences spécifiques différentes.

Le choix de la banque ne se limite pas à la grille tarifaire. La localisation des agences par rapport au domicile ou au lieu de travail compte énormément, tout comme la densité du réseau de distributeurs automatiques. Certaines banques n’autorisent en effet les retraits que sur leurs propres DAB, ce qui peut devenir un casse-tête au quotidien. L’accès à la banque en ligne ou mobile, la possibilité de réaliser des virements internationaux simplement et la qualité du service client, y compris en cas de litige, sont d’autres critères déterminants.

Le tableau ci‑dessous synthétise les principaux éléments à prévoir pour une ouverture de compte simple.

Élément à préparerDétail / exemples
Pièce d’identitéPasseport en cours de validité (copie légalisée)
PhotosEnviron 3 photos d’identité format passeport
RésidenceBail, certificat de résidence, facture à son nom
Revenus3 derniers bulletins de salaire (compte courant/épargne)
ContactAdresse locale, email, numéro de téléphone sénégalais

Un conseil pratique : avant de se présenter en agence, il est utile de consulter les sites web des banques pour identifier le type de compte le plus adapté (compte expatrié, pack international, compte salaire, etc.), puis confirmer par téléphone ou email la liste exacte des pièces à fournir. Cela évite des allers‑retours dans la chaleur de Dakar.

Choisir sa banque : acteurs clés et services utiles aux expatriés

Le Sénégal compte un peu plus d’une vingtaine de banques. On y retrouve des groupes français historiques, des banques panafricaines, des établissements publics spécialisés et des acteurs plus récents orientés vers le digital. Pour un expatrié, toutes n’ont pas le même intérêt. Certaines ont développé une offre tournée vers la diaspora ou les clients internationaux, d’autres restent très domestiques.

Panorama des grandes familles de banques

On distingue généralement trois grandes catégories : les banques à ancrage national, les banques panafricaines et les filiales de grands groupes internationaux. À cela s’ajoutent des néo‑banques et solutions 100 % numériques orientées entreprises ou crypto, comme OneSafe.

CatégorieExemples d’établissementsPoints forts pour expatriés
Banques nationalesLa Banque Agricole, Banque de l’Habitat du SénégalBonne connaissance du terrain, produits spécifiques (logement, agriculture)
Banques panafricainesEcobank, CBAO–Attijariwafa Bank, UBA, Bank of AfricaRéseau régional, services pour diaspora, digitalisation avancée
Grandes banques internationalesSociété Générale Sénégal, BICIS (ex-BNP), CitibankExpertise corporate, réseaux internationaux, produits sophistiqués
Néo‑banques / fintechOneSafe, Orange Bank Africa, NSIA Banque digitaleOuverture en ligne, interfaces mobiles, multi‑devises, crypto

Plusieurs établissements se distinguent par des services particulièrement utiles aux expatriés. CBAO–Attijariwafa Bank affiche l’ambition d’être la référence pour la diaspora sénégalaise, avec un large réseau d’agences et des offres dédiées. Bank of Africa propose l’ouverture de comptes à distance pour les Sénégalais de l’étranger et une filiale en France pour faciliter la relation bancaire. UBA, très présente sur le continent, mise sur la technologie avec, par exemple, la possibilité de lier sa carte à Apple Pay et un assistant virtuel (Leo) accessible via les réseaux sociaux.

Bon à savoir :

Société Générale Sénégal et SUNU Bank (ex-BICIS) sont bien implantées dans les grandes villes, offrant des services en ligne pour le suivi de comptes, les transferts internationaux et l’accompagnement des entreprises. Citibank opère principalement sur le segment corporate, ce qui peut intéresser les cadres expatriés de grands groupes.

Certaines institutions, comme la Banque de l’Habitat du Sénégal, sont incontournables si l’on envisage un investissement immobilier, notamment pour l’accès aux crédits logement. D’autres, telles que l’Islamic Bank of Senegal, sont utiles à ceux qui souhaitent des solutions conformes aux principes de la finance islamique, y compris pour les transferts internationaux.

Bon à savoir :

La Banque Postale du Sénégal propose des services financiers de base à faible coût, particulièrement adaptés et appréciés pour les petites opérations locales. En revanche, son offre est plus limitée pour les transactions ou besoins bancaires internationaux.

Mobile money, néo‑banques et digitalisation : les nouveaux réflexes

L’un des bouleversements majeurs du paysage financier sénégalais tient à la montée fulgurante des services financiers mobiles. Une part importante de la population n’ayant pas de compte bancaire formel, le téléphone est devenu un véritable portefeuille.

Orange Money, Wave, Wari ou Free Money permettent de déposer ou retirer du cash, de payer des factures, d’envoyer de l’argent à un proche ou de recharger son crédit téléphonique depuis une simple application. Ces services s’appuient sur un maillage dense de points de dépôt et de retrait, présents jusque dans des zones rurales où les banques ne sont pas implantées.

Exemple :

Pour un expatrié, des solutions comme Wave sont utiles pour régler des dépenses courantes (artisan, facture d’électricité) ou transférer rapidement de petits montants à un collaborateur ou à un membre de la famille, en dehors du système bancaire traditionnel. Wave propose notamment des dépôts et retraits gratuits, des paiements de factures gratuits, et facture environ 1 % pour l’envoi d’argent.

En parallèle, des acteurs comme Orange Bank Africa ou NSIA Banque Sénégal misent sur des offres très digitalisées, avec des comptes accessibles via smartphone, des cartes prépayées et des produits d’épargne ou de crédit quasi instantanés. OneSafe, néo‑banque tournée vers les entreprises globales et l’écosystème Web3, pousse plus loin l’intégration entre fiat et crypto, offrant des conversions instantanées et des comptes multi‑devises.

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Objectif d’inclusion financière pour les particuliers visé par la stratégie Sénégal Numérique 2025 à l’horizon 2026.

Indicateur de bancarisation / inclusionSituation récente approximative
Adultes disposant d’un compte formel (banque ou mobile)Environ 42 %
Adoption des comptes mobile money32 % à 45 % selon les sources
Objectif d’inclusion financière 202665 % des particuliers, 90 % des PME
Nombre de DAB pour 100 000 habitantsEnviron 6,5

Cette transformation n’est pas sans risques : niveau de littératie financière parfois faible, tentatives de fraude fréquentes, manque d’information sur les droits des consommateurs. Pour un expatrié, ces services restent néanmoins précieux, à condition de les utiliser en complément – et non en remplacement – d’une vraie relation bancaire, notamment pour tout ce qui touche aux flux internationaux, à l’épargne structurelle et aux investissements.

Gérer les devises et les paiements internationaux

Vivre entre plusieurs pays, c’est jongler avec plusieurs devises. Le franc CFA étant arrimé à l’euro, la paire EUR/XOF est assez lisible, mais dès qu’on ajoute le dollar, la livre ou d’autres monnaies, la donne se complique. Le taux de change du franc CFA dépend en réalité beaucoup du couple euro/dollar.

Depuis la levée des contrôles de change à la fin des années 1990, les paiements en devises se font directement via les banques commerciales. Les voyageurs peuvent échanger sans limite leurs devises contre du XOF dans les banques ou bureaux de change, alors que les résidents souhaitant voyager à l’étranger peuvent convertir jusqu’à un plafond (plusieurs millions de CFA) sur présentation d’un billet d’avion, sous forme de devises ou de chèques de voyage.

Astuce :

Lors d’un paiement ou d’un retrait à l’étranger, si le terminal ou le DAB propose une facturation en devise d’origine (conversion dynamique de devise), il est préférable de refuser et de choisir la monnaie locale (par exemple, le XOF). Votre banque appliquera généralement un taux de change plus avantageux que celui, souvent majoré, proposé par le commerçant ou l’opérateur local. Ce réflexe simple permet de réaliser des économies sur les opérations quotidiennes.

Autre recommandation : éviter de changer de l’argent dans les aéroports ou les hôtels, où les marges sur le taux sont généralement élevées. À Dakar, le quartier du Plateau concentre de nombreux bureaux de change en concurrence, ce qui tire les taux vers le bas. Mieux vaut aussi recourir à des établissements dûment enregistrés que de se laisser tenter par les cambistes « informels », les problèmes de faux billets et de sécurité n’étant pas rares.

Bon à savoir :

Pour les virements transfrontaliers, trois canaux principaux existent : les banques classiques (souvent chères avec des frais fixes et une marge sur le taux de change), les opérateurs spécialisés (Western Union, Ria, etc., offrant plus de flexibilité pour la réception) et les comptes multi-devises (Wise, Revolut). Il est crucial de comparer attentivement les frais et les taux de change proposés.

Les néo‑banques multi‑devises, enfin, permettent de conserver différents soldes (euros, dollars, livres, etc.) et de convertir au taux de marché avec une commission réduite. Elles sont particulièrement utiles pour les expatriés qui perçoivent un salaire dans une devise forte et dépensent en XOF, ou inversement. Attention toutefois : ces cartes ou comptes ne sont pas toujours disponibles pour des résidents au Sénégal, et leur usage repose souvent sur un statut de résident dans un pays émetteur (Europe, Amérique du Nord, Asie).

Organiser ses transferts vers et depuis le Sénégal

Les flux financiers vers le Sénégal sont massifs, portés notamment par une diaspora estimée à plus de 2,5 millions de personnes. Les transferts d’argent des émigrés représentent plus de 10 % du PIB, plaçant le pays au quatrième rang africain en volume de remises migratoires. Pour un expatrié, ces flux peuvent aller dans les deux sens : aide à la famille au pays, rapatriement d’épargne vers le pays d’origine, paiement d’un crédit immobilier, financement d’un projet professionnel.

Bon à savoir :

Pour des montants importants (immobilier, investissement), le virement bancaire classique est la solution la plus sécurisée. Cependant, il implique des délais de plusieurs jours, une documentation importante (justificatifs d’origine des fonds, contrat, facture) et des frais potentiellement élevés, surtout si des banques correspondantes interviennent.

Pour des montants plus modestes et des besoins récurrents, les plateformes de transfert d’argent sont souvent plus compétitives. Elles permettent en général de choisir entre un virement vers un compte local, une mise à disposition en espèces dans un vaste réseau de points de retrait, ou un crédit sur portefeuille mobile (Orange Money, Wave, etc.). Le temps de transfert varie de quelques minutes à quelques jours selon le mode de paiement et de réception.

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L’économie annoncée sur les transferts d’argent grâce à l’usage de la blockchain entre l’Europe et l’Afrique par rapport aux acteurs dominants.

Un point souvent négligé par les expatriés : la régulation. Les opérateurs de transfert sont strictement encadrés par la BCEAO et doivent appliquer des procédures de connaissance client (KYC) et de lutte contre le blanchiment d’argent. Au‑delà d’un certain seuil, les transactions doivent être déclarées aux autorités. Il est donc essentiel de toujours renseigner des informations exactes sur le bénéficiaire et l’objet de la transaction, et de conserver les justificatifs.

Cartes bancaires, retraits et paiements sur place

Une fois au Sénégal, la gestion des paiements du quotidien suppose une combinaison intelligente entre cash, cartes et mobile money. Se promener avec d’importantes sommes en liquide n’est pas recommandé, d’autant que les touristes peuvent être ciblés par des voleurs opportunistes. L’idéal consiste à multiplier les moyens de paiement : un peu de cash en XOF, une carte bancaire internationale, éventuellement un compte mobile money local.

Astuce :

Les distributeurs automatiques sont nombreux dans les grandes villes, les aéroports, les centres commerciaux et près des grands axes. Cependant, en dehors de Dakar et des principaux centres urbains, leur disponibilité devient plus aléatoire. Il est donc conseillé de retirer de l’argent à l’avance avant de se rendre dans une zone isolée, tout en évitant d’emporter des sommes trop importantes pour des raisons de sécurité.

Les cartes Visa et Mastercard sont largement acceptées dans les DAB, mais plusieurs couches de frais peuvent s’appliquer : commission fixe par retrait, pourcentage sur le montant, marge sur le taux de change, et parfois frais prélevés directement par l’exploitant du distributeur. Certaines banques en ligne ou cartes de voyage étrangères offrent des retraits gratuits ou très peu chers à l’étranger jusqu’à un certain plafond, ce qui en fait un bon complément à un compte local.

Attention :

Lors d’un paiement par carte dans un commerce, il est conseillé de toujours choisir de régler en monnaie locale (XOF), et non d’accepter la conversion dans la devise d’origine de la carte proposée par le terminal. Cette « conversion dynamique de devise » est généralement désavantageuse pour le client.

Côté cartes émises localement, la plupart des banques sénégalaises proposent désormais des cartes de débit ou de crédit connectées à des services de banque en ligne ou mobile. Ecobank, par exemple, déploie à la fois des cartes et un réseau de DAB, mais limite les retraits automatiques aux cartes qu’elle a elle‑même émises. UBA, de son côté, assure une compatibilité avec des solutions de paiement mobiles internationales (type Apple Pay), ce qui peut simplifier le quotidien des expatriés les plus technophiles.

Finances personnelles : se construire une stratégie à cheval sur plusieurs pays

Gérer son argent comme expatrié au Sénégal ne se résume pas à ouvrir un compte et à comparer les frais de retrait. Il s’agit aussi de bâtir une stratégie globale : budget, épargne, investissement, assurance, fiscalité, et articulation entre le pays d’origine et le pays d’accueil.

Un point de départ utile consiste à élaborer un budget détaillé, en intégrant les revenus perçus dans chaque pays, les dépenses locales (logement, scolarité, transport, santé, loisirs) et les charges restées au pays (crédit immobilier, aides familiales, impôts, etc.). Des méthodes simples, comme la règle 50/30/20 (50 % pour les dépenses nécessaires, 30 % pour le « confort », 20 % pour l’épargne et le remboursement de dettes), permettent de structurer l’arbitrage, quitte à ajuster les proportions selon sa situation.

Bon à savoir :

L’ouverture d’un compte bancaire local au Sénégal est utile pour régler les dépenses en XOF et peut réduire les frais de conversion. Cependant, il est recommandé de conserver également un compte dans son pays d’origine. Cela permet de maintenir une base financière en cas de retour, de préserver son historique bancaire et son score de crédit, et de préparer des projets futurs comme la retraite, l’immobilier ou les études des enfants.

La question de l’investissement doit se penser à la fois localement et globalement. Au Sénégal, des opportunités existent dans l’immobilier, les PME, certains secteurs en croissance (énergie, numérique, agro‑alimentaire, tourisme). Les banques locales proposent des produits d’épargne en monnaie locale, des comptes à terme, des obligations d’État de l’UEMOA, des OPCVM (fonds communs de placement) et, pour certains établissements, des accès à la Bourse régionale (BRVM). Pour les marchés internationaux (actions américaines, européennes, etc.), il est possible, depuis Dakar ou comme membre de la diaspora, d’ouvrir des comptes de courtage spécialisés en ligne, moyennant le respect des formalités de change et de fiscalité.

Bon à savoir :

Pour une gestion des risques complète, il est crucial de souscrire à plusieurs assurances : santé internationale ou locale, habitation, responsabilité civile et, selon la situation, vie. Au Sénégal, certaines banques proposent également des produits d’assurance en partenariat avec des assureurs, notamment pour couvrir les crédits (assurance emprunteur) ou les véhicules.

Enfin, la fiscalité ne peut être ignorée. Le Sénégal applique un impôt progressif sur le revenu, avec des taux marginal pouvant atteindre plus de 40 %. Les résidents fiscaux y sont imposés sur leur revenu mondial, alors que les non‑résidents ne sont taxés que sur leurs revenus de source sénégalaise. Les conventions fiscales signées avec plusieurs pays limitent le risque de double imposition, mais il n’existe pas d’accord avec tous les États (par exemple, les États‑Unis ne disposent pas de convention fiscale bilatérale avec le Sénégal). Les expatriés américains restent, par ailleurs, soumis aux obligations déclaratives de l’IRS, y compris pour leurs comptes bancaires à l’étranger.

Expatriés, diaspora et projets de long terme au Sénégal

Pour beaucoup de ressortissants sénégalais installés à l’étranger et pour des étrangers séduits par le dynamisme du pays, le Sénégal n’est pas seulement un lieu de travail temporaire : c’est un horizon d’investissement, qu’il s’agisse d’acheter un logement, de lancer un business ou de soutenir sa famille.

Bon à savoir :

Le secteur bancaire propose des offres spéciales pour la diaspora, incluant des agences virtuelles accessibles depuis l’étranger, des crédits immobiliers adaptés aux revenus en devises fortes, la domiciliation de salaire depuis l’étranger et l’ouverture de comptes à distance. Des partenariats entre fintech et banques locales facilitent également les démarches et les transferts depuis l’Europe.

Dans le même temps, l’État sénégalais essaie de structurer le marché immobilier et d’élargir l’accession au logement à travers des programmes spécifiques, des fonds de garantie et des refinancements régionaux. Même si certains dispositifs peinent encore à atteindre leur plein potentiel, ils structurent un environnement dans lequel banques, assureurs, promoteurs et bailleurs de fonds internationaux participent à l’édification d’un marché formel, mieux sécurisé juridiquement.

Bon à savoir :

Pour les expatriés non sénégalais, l’achat ou l’investissement immobilier nécessite de passer par une banque pour vérifier le titre foncier, financer l’achat et gérer les transferts d’argent. Les exigences (apport, stabilité des revenus, garanties) sont généralement plus strictes que pour les résidents, et les taux d’intérêt suivent le contexte monétaire régional. Une bonne préparation, incluant la documentation des revenus et l’accompagnement par des professionnels (notaires, avocats, fiscalistes), est essentielle pour réussir son projet.

Vers une gestion financière plus connectée et plus inclusive

Le cas du Sénégal illustre une mutation profonde : un système longtemps dominé par le cash et quelques grandes banques est en train de se transformer en un écosystème plus ouvert, où cohabitent institutions traditionnelles, mobile money, néo‑banques, fintechs et solutions basées sur la blockchain. Cette évolution est encouragée par des stratégies publiques ambitieuses en matière de digitalisation et d’inclusion, mais elle s’accompagne de nouveaux risques pour les consommateurs, en particulier les moins informés.

Astuce :

Pour les expatriés, la diversité des moyens de paiement au Sénégal peut être une force plutôt qu’une source de confusion, à condition de l’aborder avec méthode. Les clés d’une gestion efficace sont : avoir un compte local bien choisi, s’appuyer sur une ou deux cartes internationales à frais réduits, utiliser l’argent mobile pour les petits paiements du quotidien, recourir à des opérateurs spécialisés pour les transferts d’argent, et s’informer régulièrement sur les taux de change et les évolutions réglementaires.

Le pays, stable politiquement, en croissance et tourné vers l’innovation, attire investisseurs, travailleurs étrangers et membres de la diaspora désireux de revenir ou d’investir. Son système financier, encore perfectible, leur offre un éventail d’outils de plus en plus large pour faire circuler, protéger et valoriser leur argent entre plusieurs continents. Reste à chacun, expatrié ou entrepreneur, de s’en emparer avec lucidité, en combinant rigueur de gestion et compréhension fine d’un environnement à la fois africain, régional et résolument international.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Sénégal, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Sénégal pour sa fiscalité compétitive sur les pensions étrangères, son coût de vie nettement inférieur à celui de la France, la possibilité de structurer des investissements locaux (immobilier, tourisme, services) et son appartenance à l’espace francophone (langue, droit d’inspiration française, usage du franc CFA arrimé à l’euro). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, organisation de la protection sociale (couverture locale + éventuelle CFE), transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec réseau local (avocat, fiscaliste, notaire, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), en s’assurant du bon usage de la convention fiscale France–Sénégal.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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