S’installer au Sénégal pour y travailler, entreprendre ou piloter un projet international, c’est entrer dans un écosystème professionnel dynamique, mais profondément relationnel. Dans ce pays connu comme la “Terre de la Teranga” – la terre de l’hospitalité – le réseau n’est pas un simple bonus de carrière, c’est l’infrastructure invisible qui conditionne l’accès à l’information, aux opportunités et… à la confiance.
Pour développer efficacement son réseau professionnel au Sénégal, il est essentiel de comprendre et d’intégrer trois piliers : la primauté de la relation humaine, le respect des codes culturels locaux, et l’utilisation stratégique des structures organisées comme les chambres de commerce, les associations et les plateformes digitales. La combinaison de ces éléments permet une intégration rapide et une transformation de statut, de nouvel arrivant à partenaire de confiance.
Comprendre le terrain de jeu : langues, codes et hiérarchies
Arriver au Sénégal sans prendre au sérieux la dimension linguistique et culturelle, c’est se condamner à rester dans un entre-soi d’expatriés. Or, pour développer un vrai réseau professionnel local, il faut pouvoir entrer dans les conversations – au sens propre comme au figuré.
Le pays a un visage officiellement francophone, mais un quotidien largement wolophone. Le français reste la langue des administrations, des contrats, des médias écrits, des présentations officielles, des comptes rendus. En réunion, les présentations se font en général en français, surtout dans les entreprises structurées, les ONG, les institutions, les grands groupes. Mais les échanges informels avant et après, les apartés, les blagues, se déroulent très souvent en wolof ou en “Dakar Wolof”, ce mélange fluide de wolof, de français, d’arabe et parfois d’anglais.
Pour un expatrié au Sénégal, la maîtrise du français professionnel est essentielle pour évoluer dans les milieux d’affaires et institutionnels. Parallèlement, l’utilisation de quelques expressions en wolof, comme un sincère « Nanga def ? » (Comment vas-tu ?) ou « Jërëjëf » (Merci), constitue un puissant accélérateur de proximité. Ces mots simples permettent de briser la glace, de faire sourire un interlocuteur et de signaler un effort d’intégration en dehors de sa bulle culturelle d’origine.
Le paysage linguistique se structure d’ailleurs de manière assez précise.
| Langues principales au Sénégal | Statut / Usage dominant |
|---|---|
| Français | Langue officielle, affaires, éducation, médias |
| Wolof | Langue véhiculaire nationale, vie quotidienne |
| Pulaar, Serer, Jola, Mandinka, Soninke | Grandes langues nationales régionales |
| Anglais, arabe, espagnol, allemand, portugais | Langues étrangères enseignées |
Pour réseauter efficacement, il faut aussi intégrer une dimension hiérarchique très marquée. La société et les organisations sont globalement plus verticales que dans de nombreux pays occidentaux. Les décisions se prennent souvent “en haut”, et la déférence envers les aînés, les dirigeants, les notables est déterminante. Savoir à qui parler, dans quel ordre, et comment les saluer n’est pas une forme de politesse secondaire : c’est du capital social.
La Teranga comme clé d’entrée professionnelle
La fameuse “Teranga” n’est pas qu’un slogan touristique, c’est un véritable mode d’organisation sociale. Dans la vie professionnelle aussi, l’hospitalité se traduit par une grande ouverture aux rencontres, à condition de respecter les codes. Un inconnu qui prend le temps de saluer longuement, de demander des nouvelles de la famille, de garder un ton calme et posé, sera souvent reçu avec bienveillance.
Dans cette culture, l’harmonie prime, ce qui rend contre-productifs les affrontements frontaux, les critiques publiques, les courriels agressifs ou un ton sec en réunion. Le style de communication est généralement indirect, utilisant fréquemment des proverbes, des images et des sous-entendus pour aborder des sujets délicats. Un silence en réunion, une réponse tardive ou une phrase très vague peuvent souvent signifier un refus poli. Pour un expatrié, apprendre à « lire entre les lignes » est un apprentissage aussi stratégique qu’un cours de droit des affaires.
Maîtriser les fondamentaux de l’étiquette business pour mieux réseauter
Avant même de penser “carte de visite” ou “événement sectoriel”, il est essentiel d’intégrer quelques règles qui conditionnent la qualité des liens que vous pourrez nouer. Au Sénégal, la forme compte presque autant que le fond.
Les salutations, d’abord, sont un passage obligé. On ne “file pas droit au sujet” en arrivant dans un bureau. On serre la main (souvent longuement), on demande comment va la personne, sa famille, parfois son village d’origine, avant d’aborder le travail. Rusher cette phase donne l’image d’une personne pressée, froide, voire impolie. Or un bon réseau commence par laisser aux autres le temps d’exister.
Soutenir trop intensément le regard d’un aîné ou d’un supérieur peut être perçu comme de l’arrogance. Adopter une attitude respectueuse, légèrement en retrait et sans interruption renforce au contraire la crédibilité.
Les cartes de visite restent un outil incontournable et répondent à un cérémonial précis.
| Bonnes pratiques avec les cartes de visite | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Avoir une face en français | Facilite la lecture et montre un effort d’adaptation |
| Présenter et recevoir avec la main droite ou les deux mains | Marque de respect |
| Prendre quelques secondes pour lire la carte reçue | Signale que vous prenez au sérieux votre interlocuteur |
| Ne pas écrire sur la carte devant la personne | Considéré comme irrespectueux |
Les interactions sociales hors bureau – déjeuners, dîners, invitations à domicile – jouent un rôle central pour approfondir les relations. Même si le cadeau n’est pas un rituel business systématique, apporter des pâtisseries, des fruits bien présentés ou des chocolats quand on est invité chez quelqu’un est très apprécié. C’est aussi dans ces moments moins formels que se partagent les contacts, les mises en relation, les “il faut que je te présente X, il travaille dans ton secteur”.
Entrer dans les bons cercles : chambres de commerce et organisations clés
Le Sénégal a ceci de particulier qu’il concentre à Dakar une densité impressionnante d’organisations patronales, de chambres de commerce nationales et internationales, et d’associations sectorielles. Pour un expatrié, ces structures sont des autoroutes vers un réseau crédible, plutôt que de multiplier des rencontres au hasard.
Plusieurs chambres de commerce internationales sont particulièrement structurantes.
| Organisation | Cible / Spécificité principale |
|---|---|
| American Chamber of Commerce in Senegal (AmCham Sénégal) | Entreprises U.S. et sénégalaises tournées vers les États-Unis |
| Eurocham Senegal | Entreprises européennes implantées localement |
| Senegal Chamber of Commerce in the Americas | Passerelle entre Sénégal, diaspora et Amériques (notamment État de Géorgie) |
| Senegal UK Chamber of Commerce | Accélération des échanges Sénégal–Royaume-Uni |
AmCham Sénégal illustre bien le rôle de “plateforme de rencontres organisée”. Composée de grands groupes américains et d’entreprises sénégalaises en affaires avec les États-Unis, la chambre organise des événements exclusifs pour ses 125 membres : petits déjeuners thématiques, assemblées générales, visites de sites stratégiques comme le Parc des Technologies Numériques, rencontres avec des institutions (Cospetrogaz, administration, etc.). Pour un expatrié dans l’énergie, la finance, l’ICT ou l’éducation, c’est un point de passage quasi obligé.
Eurocham Sénégal compte plus de 100 entreprises membres issues de secteurs variés comme l’agriculture, l’énergie, la construction ou la finance.
Pour les entreprises ou cadres tournés vers l’Amérique du Nord ou l’Amérique latine, la Senegal Chamber of Commerce in the Americas offre un angle complémentaire : elle cible explicitement les PME, exploite des dispositifs comme l’AGOA, développe des bases de données d’opportunités et milite pour un programme structuré d’échanges entre PME sénégalaises et américaines. Là encore, un expatrié peut y trouver non seulement des partenaires, mais aussi des relais pour mieux comprendre les attentes du marché local vis-à-vis d’investisseurs étrangers.
Les chambres de commerce, comme la CCIAD à Dakar ou les chambres régionales (ex. Kaolack), sont des acteurs clés pour rencontrer des entrepreneurs locaux. S’y inscrire et participer à leurs événements démontre une volonté de collaborer avec le Sénégal, et pas seulement d’y travailler, ce qui est un atout majeur pour un expatrié.
Un piège fréquent pour les expatriés est de s’enfermer dans une bulle composée presque exclusivement de collègues étrangers et de compatriotes. À Dakar, cette bulle peut être très confortable : quartiers résidentiels comme Almadies ou Ngor, écoles internationales, restaurants et clubs fréquentés par les expats, groupes WhatsApp entre “gens du même pays”. Mais ce confort a un coût : il limite votre exposition aux réseaux réellement stratégiques dans la durée.
Plusieurs communautés structurées permettent de faire le pont entre monde expatrié et monde local.
Découvrez comment intégrer un réseau mondial d’expatriés et de professionnels à travers des événements et groupes thématiques.
Communauté intégrée dans un réseau présent dans plus de 420 villes à travers le monde.
Participez à des événements réguliers et des groupes thématiques (musique live, sorties, culture, etc.) pour des échanges variés.
Échangez avec des professionnels d’horizons divers et des Sénégalais ayant une expérience internationale.
Une ressource particulièrement utile pour les nouveaux arrivants à Dakar.
Expat.com, de son côté, centralise des milliers de profils d’expatriés et de résidents étrangers au Sénégal, avec un noyau très fort à Dakar. Les forums de discussion, les petites annonces et la possibilité de contacter directement des membres installés dans des villes comme Mbour, Thiès ou Ngaparou aident à élargir le réseau géographiquement et sectoriellement.
Des initiatives plus ciblées existent aussi, comme le Dakar Women’s Group pour les femmes anglophones, ou encore Expat Dakar, un site créé par des expatriés pour les expatriés, qui sert autant à trouver un logement qu’à repérer des opportunités ou des événements.
Plusieurs associations comme Français du Monde – ADFE, l’UFE, l’Association d’Entraide des Français du Sénégal, Trait d’Union et des associations de retraités complètent le dispositif d’accompagnement. Elles assurent un rôle d’information et de solidarité, et facilitent les contacts professionnels via leurs rencontres régulières, leurs permanences à l’Institut français et leurs événements thématiques.
S’ouvrir aux réseaux professionnels locaux, y compris féminins
Au-delà des réseaux d’expatriés, le Sénégal compte de nombreuses associations et syndicats professionnels tenue ou co-animés par des femmes entrepreneures et dirigeantes. Des organisations comme le Réseau Africain de Soutien à l’Entrepreneuriat Féminin (RASEF), Solidarité des Femmes Leaders (SOFEL), l’Association des Femmes d’Affaires et Femmes Commerçantes (AFAC) sont très actives.
Pour une expatriée souhaitant développer un réseau dans le commerce, les services, l’artisanat ou les industries créatives, ces réseaux sont des relais précieux : on y trouve des dirigeantes ancrées dans le terrain, capables d’ouvrir des portes dans des marchés qui échappent souvent aux structures plus “institutionnelles”.
Miser sur les grands événements et salons pour mailler son réseau à grande échelle
Dakar s’impose progressivement comme un hub d’événements économiques et professionnels en Afrique de l’Ouest. Chaque année, la ville accueille une série impressionnante de salons sectoriels, de forums d’affaires, de conférences internationales. Pour un expatrié, ces rendez-vous sont des accélérateurs de networking, à condition de les aborder avec méthode plutôt que comme de simples “visites de salon”.
Parmi les événements phares, certains reviennent chaque année ou tous les deux ans et structurent des filières entières.
| Événement / Salon | Secteur / Intérêt principal |
|---|---|
| FIDAK – Foire Internationale de Dakar | Commerce général, multisectoriel, forte participation régionale |
| FIARA / SIARA | Agriculture, élevage, ressources animales |
| SIAGRO | Industries et techniques agroalimentaires |
| SIM SENEGAL | Mines et industries extractives |
| MSGBC Oil, Gas & Power | Pétrole, gaz, énergie dans le bassin MSGBC |
| SENCON, SENEGAL HVAC R EXPO, salons du BTP | Construction, équipements, génie climatique |
| SENEFOOD, SENEPACK, BCH West Africa | Agroalimentaire, emballage, cosmétique |
| Africa Sourcing & Fashion Week (ASFW Dakar) | Textile, cuir, mode |
| DAK’ART – Biennale d’art contemporain | Art, industries culturelles, mécénat, économie créative |
Ces événements concentrent en quelques jours ce qu’il faudrait parfois des mois à rencontrer “un par un” : distributeurs, fournisseurs, acheteurs, représentants de l’administration, bailleurs de fonds, ONG, consultants, entrepreneurs de toutes tailles. Dans un pays où le contact direct demeure la base de la confiance, pouvoir se présenter physiquement, échanger des cartes, raconter son projet, offre un levier que ne peuvent pas reproduire les e-mails ou les visios.
Exemple d’une manifestation ciblée : l’USAWeek organisée par AmCham Sénégal. Cet événement concentre sur une semaine des rencontres entre entreprises américaines et agences publiques sénégalaises, des panels sectoriels (énergie, fintech, éducation, transport aérien) et des cocktails de networking. Il illustre comment ce type d’événement sert de catalyseur pour rassembler les acteurs économiques, à l’instar des missions d’affaires, forums de jeunesse ou salons spécialisés comme l’Odoo Business Show.
La clé, pour un expatrié, est de ne pas se contenter d’y assister passivement, mais de préparer en amont une vraie stratégie : identifier les exposants prioritaires, solliciter des rendez-vous, préparer un pitch clair en français, éventuellement faire traduire des supports, prévoir un suivi systématique des cartes collectées.
Tirer parti des réseaux numériques : LinkedIn, diaspora et plateformes spécialisées
En parallèle des interactions physiques, le réseau se construit aujourd’hui de manière tout aussi stratégique en ligne. Au Sénégal, LinkedIn a pris une ampleur considérable, mais reste encore sous-exploité selon de nombreux observateurs locaux. On recense plus d’1,4 million d’utilisateurs, avec une prédominance nette de la tranche 25–34 ans, ce qui en fait une base idéale pour toucher les jeunes cadres, les managers intermédiaires, les consultants, les entrepreneurs de la “nouvelle économie”.
Pour un expatrié, LinkedIn joue plusieurs rôles complémentaires : carte de visite professionnelle, outil de veille sur les projets et les acteurs clés, canal de mise en relation, et vitrine d’expertise. Mais pour qu’il devienne réellement un levier de networking, il doit être adapté au contexte sénégalais.
La première étape consiste à optimiser son profil en tenant compte de la double dimension locale et internationale. Afficher clairement sa localisation à Dakar ou dans une autre ville sénégalaise, préciser les langues parlées (notamment le français, et éventuellement le wolof), mettre en avant toute expérience sur des marchés africains, mais aussi sa compréhension des spécificités régionales, envoie un signal rassurant aux recruteurs et partenaires potentiels.
Le choix du titre professionnel et du résumé est crucial : au lieu d’un simple intitulé de poste, mieux vaut intégrer des mots-clés sectoriels (agroalimentaire, énergie renouvelable, fintech, logistique, etc.) et des références explicites au Sénégal ou à l’Afrique de l’Ouest. Les algorithmes de recherche, comme les recruteurs, s’y montrent sensibles.
Ensuite, la logique de réseau doit être construite avec finesse. Rejoindre des groupes LinkedIn centrés sur le Sénégal, l’Afrique de l’Ouest, ou sur des secteurs stratégiques (mines, oil & gas, numérique, éducation, développement) permet d’élargir rapidement son cercle. Interagir dans ces groupes – en commentant, partageant des articles, posant des questions – aide à se faire remarquer positivement.
Des événements comme le ‘Teranga LinkedIn Meetup’ ou ‘LinkedIn Connect Dakar’ sont organisés, formant une nouvelle génération de professionnels aux usages avancés de la plateforme. Pour un expatrié, y participer permet de rencontrer des utilisateurs expérimentés qui peuvent faciliter les connexions entre les mondes en ligne et hors ligne.
Au-delà de LinkedIn, d’autres plateformes structurent la diaspora et les échanges : DiasporaEngager vise à connecter la diaspora sénégalaise au pays, des sites comme Business Sénégal (Dobiza) recensent opportunités et événements, tandis que des portails comme All Conference Alert ou Conference Alerts référencent les conférences internationales organisées au Sénégal. Pour un profil orienté recherche, santé, ingénierie ou éducation, ces canaux offrent un calendrier de rencontres de très haut niveau.
Investir dans la formation interculturelle pour accélérer son intégration
Beaucoup d’échecs d’expatriation – et donc de réseaux avortés – ne viennent ni du niveau de compétence technique ni du manque d’opportunités, mais d’une inadéquation culturelle. Des études évoquent jusqu’à 40 % de missions internationales qui se terminent prématurément pour cause de difficultés d’adaptation. Le Sénégal ne fait pas exception : la capacité à comprendre les attentes implicites, à gérer des équipes dans un contexte hiérarchisé, à naviguer entre plusieurs langues, à composer avec des croyances spirituelles fortes peut faire la différence entre une intégration réussie et un isolement progressif.
Des cabinets spécialisés proposent des ateliers pour expatriés et cadres détachés au Sénégal. Ces formations abordent des aspects concrets de la culture d’entreprise locale : les codes de salutation, la manière de donner un feedback sans faire perdre la face, une gestion du temps plus flexible, la résolution non frontale des conflits et l’adaptation du style de leadership à des équipes qui peuvent nécessiter des consignes très explicites.
Derrière, on retrouve des cadres théoriques comme les dimensions culturelles de Hofstede, la distinction cultures à haut et bas contexte d’Edward T. Hall, ou les approches de l’intelligence culturelle (CQ). Mais l’essentiel pour l’expatrié, c’est l’application pratique : savoir par exemple qu’un “Inch’Allah” peut exprimer à la fois une réelle incertitude, une volonté de ne pas dire non frontalement, ou une simple formule de politesse, et qu’il faut croiser ce type de réponse avec d’autres signaux pour bien interpréter la situation.
Investir quelques jours dans une formation interculturelle, avant le départ et à l’arrivée, permet d’éviter des mois d’expérimentation hasardeuse. Cela pose également les bases d’un réseau plus solide, en réduisant les risques de malentendus et de frustrations.
S’adosser à des structures d’appui et des incubateurs
Pour les expatriés entrepreneurs ou porteurs de projets, le Sénégal offre un paysage d’incubateurs, de programmes d’accélération et de dispositifs de mentorat en plein essor. Si beaucoup visent d’abord les entrepreneurs sénégalais, ils sont aussi des terrains de rencontres privilégiés pour des expatriés souhaitant s’inscrire dans les écosystèmes locaux.
La société Ceemo illustre ce type d’accompagnement. Depuis ses bureaux au Sénégal et en Côte d’Ivoire, elle aide des entreprises étrangères à s’implanter en Afrique de l’Ouest. Son offre combine une expertise technique (prospection, représentation commerciale, études de marché) et un savoir-relationnel crucial : décryptage des règles formelles et informelles locales, accès aux bons interlocuteurs administratifs et recommandation de partenaires fiables.
D’autres programmes, comme ceux portés par Eurocham ou par des institutions internationales (ex : IDEA Program pour l’agribusiness en Casamance, incubateurs soutenus par l’ONU ou des agences européennes), agissent comme des carrefours permanents de rencontres entre entrepreneurs, mentors, experts, bailleurs. Même si vous n’êtes pas éligible en tant qu’expatrié pour être incubé, participer comme mentor, formateur, intervenant, ou simplement partenaire extérieur vous place au cœur d’un réseau de jeunes pousses et d’acteurs locaux.
Pour les professionnels de secteurs très spécifiques – santé, bioéthique, digital health, énergie, etc. – des programmes panafricains qui tiennent certaines phases au Sénégal (bootcamps, ateliers, rencontres régionales) peuvent aussi constituer des occasions d’ancrer un réseau à la croisée du local et du continental.
Adapter sa stratégie de réseau aux secteurs clés de l’économie sénégalaise
Le Sénégal se positionne comme un hub régional dans plusieurs secteurs structurants : agriculture et agroalimentaire, pêche, mines, pétrole et gaz, numérique (avec le Parc des Technologies Numériques de Diamniadio), services, construction, tourisme. Pour un expatrié, le réseautage doit être ajusté à ces réalités sectorielles : on ne bâtit pas un réseau de la même manière dans l’agro que dans la fintech.
Pour un expatrié travaillant sur les chaînes de valeur agricoles au Sénégal, il est plus stratégique de s’intégrer dans les réseaux spécifiques du secteur que dans les cercles d’affaires généraux. Les points de contact clés incluent les grands salons professionnels (comme la FIARA et le SIAGRO), les coopératives, les chambres d’agriculture, les ONG de développement rural, les incubateurs d’agripreneurs et les programmes internationaux tels qu’IDEA. Ces acteurs constituent des nœuds névralgiques pour comprendre le terrain, nouer des partenariats et développer des projets pertinents.
Dans le pétrole, le gaz et le mining, des plateformes comme SIM Senegal, MSGBC Oil, Gas & Power, ou encore les rencontres organisées par AmCham avec Cospetrogaz, rassemblent les décideurs publics, les majors internationales, les cabinets de conseil, les sociétés de services. C’est un univers où la dimension institutionnelle pèse lourd, et où s’appuyer sur les chambres de commerce et les associations professionnelles (syndicats d’industriels, groupements d’armateurs, etc.) permet d’éviter les mauvais interlocuteurs.
L’écosystème numérique au Sénégal s’organise autour d’acteurs structurants comme les grands opérateurs télécoms et les fintechs locales, ainsi que de pôles d’innovation tels que le Parc des Technologies Numériques, des incubateurs et des communautés tech. Des événements comme Dakar Tech Ataya, des meetups de développeurs et des masterclass pour tech leads et architectes logiciels constituent des points d’entrée informels mais efficaces pour rencontrer les acteurs clés qui façonnent cet écosystème.
Dans le tourisme, l’hôtellerie, la culture, des syndicats comme celui des professionnels du tourisme, des événements comme DAK’ART ou les grands rendez-vous sportifs (les Jeux Olympiques de la Jeunesse, par exemple), mobilisent des réseaux hybrides mêlant secteur privé, institutions culturelles, artistes, logisticiens, communicants. Un expatrié dans ces filières devra apprendre à fréquenter aussi bien les salons que les vernissages ou les concerts.
Construire un réseau durable : de la première carte de visite à la relation de confiance
Accumuler des contacts n’épuise pas le sujet du réseau. Au Sénégal, la durabilité des relations est un critère central : on devient “quelqu’un de fiable” parce qu’on est constant, présent, loyal, et que l’on tient parole dans le temps. Plusieurs leviers concrets permettent de transformer des rencontres ponctuelles en relations de confiance.
Pour entretenir une relation professionnelle, il est conseillé de remercier après une rencontre, de proposer un café, d’envoyer un article en lien avec une conversation ou d’inviter à un événement. Les outils comme WhatsApp ou LinkedIn facilitent ce suivi, à condition de respecter les horaires, la politesse et d’éviter le démarchage agressif.
Ensuite, la réciprocité : un réseau se nourrit de ce que vous apportez aux autres. Faire une introduction utile, partager une information, recommander le service d’un partenaire, accepter d’intervenir bénévolement dans une conférence ou une formation, sont des façons de “créditer” votre compte social. Dans une culture de la Teranga, celui qui donne, qui rend service, bénéficie à terme d’un capital de bonne volonté précieux.
Enfin, la patience : les décisions peuvent prendre du temps, surtout quand plusieurs niveaux hiérarchiques sont impliqués. Relancer sans agressivité, manifester sa disponibilité sans se montrer pressant, accepter que des non-dits masquent parfois un refus, font partie de l’art de rester dans le jeu sans s’épuiser.
En conclusion : penser réseau comme un projet à part entière
Développer son réseau professionnel au Sénégal en tant qu’expatrié revient, en réalité, à piloter un projet stratégique à trois dimensions.
La première est linguistique et culturelle : parler le langage (au propre comme au figuré) de vos interlocuteurs, intégrer la Teranga, la hiérarchie, la communication indirecte, respecter les rituels.
La deuxième est structurelle : s’inscrire dans les bons cercles – chambres de commerce, syndicats, associations, incubateurs, plateformes d’expatriés – en fonction de votre secteur, de votre profil et de vos objectifs.
Utilisez LinkedIn et les outils en ligne pour prolonger, amplifier et entretenir les relations établies sur le terrain. Votre profil doit servir de passerelle entre votre expérience internationale et le contexte sénégalais.
En combinant ces trois axes avec une attitude d’écoute, de respect et de curiosité, l’expatrié ne se contente plus “d’utiliser” le Sénégal comme destination de carrière. Il s’y insère, y contribue, et devient à son tour un nœud de réseau pour d’autres – locaux, membres de la diaspora, nouveaux arrivants. C’est souvent à ce moment-là que l’on commence réellement à mesurer la force, et la richesse, d’un réseau construit au Sénégal.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Sénégal, Portugal, Maroc, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Sénégal pour son régime d’imposition globalement modéré, son coût de vie inférieur à la France, son environnement francophone et sa proximité culturelle, ainsi que la présence d’une importante communauté d’expatriés français à Dakar. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, risque de double résidence), obtention du titre de séjour et domiciliation, couverture santé locale et coordination avec la CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone (avocats, fiscalistes, agences immobilières) et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration).
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