Les quartiers les plus prisés par les expatriés au Sénégal

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Sénégal séduit de plus en plus de professionnels, de familles et de retraités venus d’Europe, d’Amérique du Nord mais aussi d’autres pays africains. Au cœur de cette dynamique, Dakar concentre l’essentiel de la communauté internationale, avec quelques bastions très prisés le long du littoral et dans certains quartiers résidentiels centraux. Comprendre où vivent les expatriés, pourquoi ces zones sont recherchées et à quels prix, est devenu indispensable pour préparer un projet d’installation réaliste.

Bon à savoir :

L’article analyse les quartiers les plus prisés des étrangers, principalement à Dakar, ainsi que certaines villes côtières populaires auprès des retraités. Il détaille leurs avantages, inconvénients, niveaux de loyers et le style de vie quotidien qu’ils offrent, en se basant sur des données concernant le marché immobilier, le coût de la vie et les infrastructures disponibles.

Dakar, cœur battant de la vie expatriée

Dakar concentre l’immense majorité des quelque 200 000 étrangers installés au Sénégal. Capitale politique, économique et culturelle, posée à l’extrême ouest du continent sur la presqu’île du Cap-Vert, la ville dépasse le million d’habitants intra-muros et frôle les 4 millions dans son aire métropolitaine. Elle est décrite à la fois comme cosmopolite, animée, relativement sûre à l’échelle régionale, mais aussi chère et congestionnée.

Attention :

Le choix de quartier pour les expatriés est un compromis entre la recherche de sécurité, d’infrastructures modernes, d’écoles internationales et d’accès à la mer, et la nécessité d’accepter des loyers élevés, une circulation saturée et des coupures de services occasionnelles, même dans les secteurs haut de gamme.

Les zones les plus demandées se concentrent autour de la façade atlantique nord (Almadies, Ngor, Mamelles, Virage, Yoff) et dans les quartiers résidentiels centraux et centre-ouest (Fann, Point E, Mermoz-Sacré-Cœur, Plateau). À l’est, des secteurs comme Liberté 6 ou Ouakam représentent des compromis intéressants entre budget, accessibilité et authenticité locale.

Les pôles littoraux haut de gamme

Le littoral nord de Dakar est le symbole de la vie “expat” au sens classique du terme : villas avec vue mer, restaurants internationaux, bars à cocktails, clubs de surf et proximité avec les ambassades et les grandes ONG. Trois noms reviennent systématiquement : Almadies, Ngor et Virage, auxquels on peut associer Mamelles et, dans une moindre mesure, Yoff.

Almadies, le quartier vitrine des expatriés

Almadies est souvent la première réponse lorsqu’on demande “où vivent les étrangers à Dakar”. Ce quartier en bord d’océan est devenu l’épicentre de la vie diplomatique et d’affaires : on y trouve de nombreuses ambassades, des sièges d’ONG internationales, des bureaux de multinationales, des restaurants haut de gamme et des villas de standing.

L’ambiance y est résolument internationale. Le mélange de diplomates, de cadres d’organisations de développement, de dirigeants de sociétés et d’expatriés aisés crée un environnement très “global”, parfois au détriment du sentiment d’immersion culturelle. L’architecture reflète ce positionnement : villas contemporaines, immeubles récents, résidences sécurisées et rares maisons plus anciennes rénovées.

Les plages d’Almadies constituent un autre atout majeur. Bars de plage, restaurants de fruits de mer et spots de surf ponctuent le littoral. Les soirées “full moon” et les fêtes sur le sable alimentent sa réputation de quartier festif. Pour beaucoup de nouveaux arrivants, cette bande côtière est le symbole de la douceur de vivre qu’ils associent au Sénégal.

700000

Le loyer mensuel minimum pour une villa ou un appartement de trois chambres dans les quartiers les plus prisés de Dakar.

Le marché de la vente reflète ce positionnement haut de gamme, avec des prix au mètre carré parmi les plus élevés de Dakar et une valorisation portée par la forte demande locative internationale. Les rendements annoncés dans ces zones premium peuvent atteindre 6 à 10 % dans les meilleurs cas, ce qui attire aussi les investisseurs étrangers.

La contrepartie de ce confort est multiple : coût de la vie élevé, circulation dense à certaines heures, peu de “vie de quartier” traditionnelle et dépendance à la voiture pour la plupart des déplacements quotidiens hors du littoral immédiat.

Ngor, le village de pêcheurs devenu repère d’expats

Quelques minutes plus loin, Ngor offre une ambiance différente, même si l’on reste dans une zone recherchée par les expatriés. À l’origine village de pêcheurs lebou, le quartier a gardé une atmosphère plus détendue et un peu moins policée qu’Almadies, avec un mélange de maisons traditionnelles, d’immeubles récents et de petites résidences.

Exemple :

Le village de Ngor, près de Dakar, est principalement réputé pour sa plage et son île, qui sont des spots emblématiques pour le surf et la baignade. Ce cadre attire particulièrement une communauté étrangère en quête d’un style de vie bohème, d’un contact direct avec l’océan et d’une atmosphère détendue, loin des formalités. Son quotidien est rythmé par des cafés en bord de plage, des gargottes servant du poisson frais et de petites guesthouses familiales.

Financièrement, Ngor reste cher à l’échelle de Dakar, mais généralement un cran en dessous d’Almadies. On y trouve des appartements de trois chambres autour de 400 000 FCFA par mois dans des immeubles moins récents, tandis que les biens neufs, bien équipés et bien situés se rapprochent des prix d’Almadies. Les locations saisonnières ont également pris beaucoup d’ampleur, avec des tarifs à la nuitée pouvant monter entre 15 000 et 30 000 FCFA pour les biens plébiscités par les voyageurs.

Le quartier est aussi prisé des familles étrangères intéressées par une vie de bord de mer, mais prêtes à accepter une infrastructure légèrement moins “lisse” qu’à Almadies, en échange d’un peu plus d’authenticité et de convivialité.

Virage, Mamelles et Yoff : nuances sur la même côte

Entre Almadies et Yoff, la bande côtière est ponctuée de secteurs qui attirent également leur lot d’expatriés.

Astuce :

Le quartier de Virage est une alternative légèrement moins chère que le cœur d’Almadies. Il offre un accès direct à l’océan, de nombreux restaurants et bars, et une atmosphère internationale. Cependant, sa proximité immédiate avec la mer entraîne un inconvénient pratique majeur : une corrosion accélérée des équipements, comme les climatisations et le mobilier métallique, un détail souvent sous-estimé par les nouveaux résidents.

Juste à côté, Mamelles est décrit comme un quartier très recherché par les jeunes expatriés, souvent célibataires ou sans enfants. La présence du Monument de la Renaissance africaine, la vue sur l’océan et l’arrivée de nombreux immeubles récents ont transformé la zone en un “village urbain” animé, à mi-chemin entre la vie de plage et le quartier résidentiel. On y trouve aussi un campus de Dakar Academy et le West African College of the Atlantic, ce qui attire certaines familles internationales.

Plus au nord, Yoff prolonge la plage sur une large bande de sable appréciée des kite-surfeurs et des joggeurs. L’endroit reste fortement marqué par la tradition lebou et une pratique religieuse très visible. L’immobilier y est plus abordable que dans les pôles expats historiques, avec certains des loyers littoraux les plus bas de Dakar, mais cela s’accompagne d’infrastructures plus fragiles : coupures d’eau et d’électricité plus fréquentes, moins de commerces internationaux et une certaine distance par rapport aux principaux pôles d’emploi.

Ces quartiers littoraux partagent un avantage précieux pour les étrangers : la mer comme “terrain de jeu” quotidien et un climat tempéré par les alizés. Mais ils imposent aussi une forte dépendance à la voiture, des loyers au-dessus de la moyenne nationale, et une cohabitation parfois complexe entre tourisme, vie locale et densité immobilière croissante.

Les quartiers résidentiels centraux prisés des familles

Tous les expatriés ne rêvent pas d’une villa les pieds dans le sable. Pour de nombreuses familles, diplomates, hauts fonctionnaires et cadres, les quartiers résidentiels centraux – plus verts, plus calmes et proches des écoles – représentent un compromis idéal entre confort, accessibilité et qualité de vie. Fann, Point E, Mermoz-Sacré-Cœur et certaines zones du Plateau appartiennent à cette catégorie.

Fann, l’adresse historique des élites

Fann est souvent cité comme l’un des quartiers les plus agréables à vivre pour un public international. Situé au centre-ouest de la presqu’île, ce secteur résidentiel se distingue par ses larges avenues bordées d’arbres, ses jardins, ses villas cossues et son ambiance relativement paisible malgré sa proximité avec le cœur de ville.

Historiquement prisé par les intellectuels, les diplomates et les hauts fonctionnaires sénégalais, Fann attire aujourd’hui aussi des expatriés en recherche de discrétion et de confort. La présence de l’Université Cheikh Anta Diop renforce son image de quartier “intellectuel”, tandis que l’École Franco-Sénégalaise de Fann constitue un atout majeur pour les familles francophones.

Le Quartier de Fann à Dakar

Aperçu des caractéristiques immobilières et de la vie quotidienne dans ce secteur résidentiel.

Marché locatif

Les loyers sont très supérieurs à la moyenne nationale, mais peuvent être légèrement inférieurs à ceux des Almadies pour des maisons avec jardin ou de grands appartements.

Environnement commercial

Le quartier souffre d’un tissu commercial moins dense, avec moins de petits commerces de proximité et de lieux de sortie, nécessitant souvent des déplacements pour les loisirs.

Point E, entre vie de quartier chic et essor des bureaux

Point E illustre bien l’évolution de Dakar : longtemps perçu comme un quartier résidentiel cossu, il se transforme progressivement en pôle tertiaire où s’installent entreprises, écoles de commerce et institutions de formation comme l’Institut Supérieur de Management (ISM) et l’Institut Africain de Management (IAM).

Pour les expatriés, Point E offre un équilibre attractif. Le quartier est connu pour sa sécurité, ses nombreux magasins d’alimentation, ses cafés et restaurants. La plage est accessible à pied en une vingtaine de minutes, et les taxis y circulent en continu. Le fait que l’ancien président y possède une résidence illustre son statut de secteur “in” pour les élites.

La montée en puissance du tissu économique local a cependant un effet direct sur le marché locatif : la pression de la demande provoque une hausse constante des loyers, et une partie du parc résidentiel se convertit progressivement en bureaux ou en locations de courte durée. Pour un expatrié, s’installer à Point E signifie s’assurer d’un environnement dynamique, très central, tout en acceptant une urbanisation intense et des prix élevés.

Mermoz-Sacré-Cœur, la valeur sûre des familles expatriées

Pour de nombreuses familles étrangères, Mermoz-Sacré-Cœur fait figure de “bon compromis” à long terme. Ce vaste ensemble résidentiel se distingue par ses rues relativement calmes, ses espaces verts, la présence de cliniques, d’écoles et de commerces variés. On y trouve des villas avec jardin, des appartements de standing et des résidences modernes très sécurisées, notamment dans le complexe de Cité Keur Gorgui, devenu un symbole de la nouvelle classe moyenne supérieure dakaroise.

L’accès rapide à la Corniche, la proximité de plusieurs établissements scolaires internationaux ou bilingues (tels que l’International School of Dakar non loin, ou d’autres écoles privées bien réputées), et la disponibilité de services du quotidien en font un secteur prisé des couples avec enfants. Les loyers ont fortement augmenté ces dernières années, à mesure que de nouvelles constructions sortaient de terre, mais restent légèrement inférieurs aux sommets atteints à Almadies.

Bon à savoir :

Ce quartier est privilégié par les expatriés pour son mode de vie structuré et familial, facilitant le quotidien (école, activités, rendez-vous). Il offre moins d’animation nocturne, ce qui peut ne pas convenir aux jeunes arrivants.

Plateau, le centre névralgique des actifs internationaux

Le Plateau est le cœur historique et administratif de Dakar : siège du gouvernement, palais présidentiel, banques, grandes entreprises, ministères, mais aussi hôtels, restaurants, musées, galeries d’art et quelques rares immeubles résidentiels haut de gamme.

Pour les expatriés célibataires ou les couples sans enfants travaillant au centre-ville, vivre au Plateau peut paraître logique. Les appartements modernes, de type loft ou penthouse, y sont très recherchés par une clientèle internationale prête à payer cher pour réduire les temps de trajet domicile-travail. Les loyers d’un deux pièces peuvent facilement dépasser le million de FCFA mensuels.

Mais la densité de la circulation, le bruit, la difficulté de stationnement et la quasi-absence de jardins ou de maisons avec extérieur limitent l’attrait du Plateau pour les familles. En journée, l’activité est intense, entre bureaux, commerces et administrations ; la soirée redescend parfois très vite, sauf dans certains secteurs animés par les restaurants et les clubs.

Pour un expatrié, le Plateau représente donc le choix d’une vie citadine assumée, au prix d’un environnement plus minéral et d’un budget logement particulièrement conséquent.

Quartiers “ponts” entre monde local et vie expat

À côté de ces bastions traditionnels de la communauté internationale, plusieurs quartiers jouent un rôle de “pont” entre univers expatrié et quotidien sénégalais. Ils offrent des loyers plus accessibles que les secteurs ultra-premium, une ambiance de quartier plus marquée, tout en restant proches des infrastructures et des lieux de travail. Ouakam, Liberté 6, certaines zones de Grand Dakar ou des Parcelles Assainies entrent dans cette catégorie.

Ouakam, entre tradition lebou et modernité

Ouakam est souvent cité comme un bon compromis pour qui cherche une expérience plus authentique sans renoncer à une localisation stratégique. Ancien village lebou, aujourd’hui absorbé par l’urbanisation, le quartier se déploie autour de marchés, petites boutiques, mosquées et maisons modestes, mais voit aussi surgir de nombreux immeubles modernes.

Bon à savoir :

Le quartier, proche du Monument de la Renaissance, de la Corniche et de l’océan, attire touristes, expatriés et classes moyennes dakaroises. Les loyers y sont généralement plus bas qu’aux Almadies ou à Fann, surtout en s’éloignant de la Corniche. Il offre aux expatriés, notamment jeunes ou avec un budget limité, la possibilité de trouver des appartements corrects à quelques minutes en taxi des principaux pôles d’emplois et d’écoles.

En contrepartie, le tissu urbain y est plus dense, la circulation aléatoire, et la cohabitation avec un voisinage très majoritairement local suppose une capacité d’adaptation culturelle et linguistique plus forte (la pratique du wolof y est un atout réel).

Liberté 6 et les quartiers planifiés de l’est de Dakar

Liberté 6, conçu dans les années 1970 comme un quartier planifié, se distingue par une trame urbaine relativement ordonnée, un fort sentiment de communauté et des services de proximité nombreux : marchés, commerces, banques, pharmacies. Cette structure attire une fraction croissante d’expatriés, notamment ceux qui travaillent dans l’est de la ville ou qui privilégient un environnement plus “sénégalais” et moins touristique.

Le quartier est considéré comme plutôt sûr, notamment grâce à une surveillance communautaire active et à la présence visible des forces de l’ordre. Les options de logement sont variées, des petits appartements aux maisons plus grandes, avec des loyers significativement plus abordables que dans les bastions littoraux expats.

Des écoles internationales ou bilingues s’y implantent également, comme l’International Bilingual School (IBS), ce qui renforce son attractivité pour quelques familles étrangères. Néanmoins, l’éloignement relatif des plages et de certains lieux de sortie, combiné aux embouteillages récurrents, peut être un frein pour ceux qui rêvent d’un quotidien tourné vers l’océan.

International Bilingual School (IBS)

Quartiers populaires plus abordables : pour qui, pour quoi ?

Des zones comme Grand-Yoff, Parcelles Assainies, HLM, Pikine ou Guédiawaye sont avant tout habitées par des Dakarois, avec une densité élevée, une ambiance très animée et des loyers bien plus bas. Dans ces quartiers, un appartement d’une chambre peut coûter environ 150 000 à 300 000 FCFA par mois, et un trois pièces entre 300 000 et 600 000 FCFA, ce qui les rend attractifs pour certains expatriés à budget modeste, volontaires pour une immersion profonde dans la vie locale.

Cependant, ces secteurs souffrent plus fréquemment de coupures d’eau ou d’électricité, de rues non asphaltées, d’embouteillages marqués et de niveaux de criminalité perçus comme plus élevés. Pour cette raison, ils ne font pas partie des “quartiers expats” au sens classique, même si des étrangers y vivent ponctuellement, notamment des volontaires, des étudiants ou des profils très engagés dans la vie associative.

Les villes côtières prisées des retraités étrangers

Si Dakar domine la vie des expatriés actifs, certains étrangers – en particulier des retraités européens ou africains – choisissent de s’installer dans des stations balnéaires plus calmes, comme Saly ou Cap Skirring, parfois La Somone ou la Petite Côte en général.

Ces villes n’ont pas la densité de services ni les opportunités professionnelles de la capitale, mais offrent un rythme de vie paisible, des plages réputées et un coût de la vie plus doux.

Saly et la Petite Côte : la retraite les pieds dans le sable

Située à une centaine de kilomètres au sud de Dakar, Saly s’est imposée comme station balnéaire majeure du pays. Longtemps pensée comme une destination de vacances, elle abrite désormais une communauté expatriée plus permanente, en particulier des retraités.

150000-400000

Le loyer mensuel d’une maison de trois chambres sur la Petite Côte s’échelonne entre 150 000 et 400 000 FCFA.

La contrepartie : un accès plus limité aux soins haut de gamme et aux écoles internationales (crucial si des petits-enfants sont scolarisés sur place), des déplacements plus longs vers la capitale en cas de besoin, et un tissu culturel et économique moins diversifié. Pour beaucoup, ces inconvénients sont largement compensés par la tranquillité, la convivialité locale et le cadre océanique.

Cap Skirring et la Casamance : le paradis, avec précautions

Cap Skirring, sur la côte de Casamance au sud, est régulièrement mentionné comme l’une des plus belles zones balnéaires du pays, avec ses longues plages et son atmosphère réputée très détendue. Là aussi, une communauté de retraités et de résidents étrangers s’est constituée, attirée par la nature, la pêche, la lenteur du temps qui passe et l’impression d’être loin de la frénésie dakaroise.

Attention :

La région de Casamance est marquée par un conflit séparatiste de faible intensité, avec présence de mines et risques de banditisme dans certains secteurs. Les autorités étrangères recommandent souvent la prudence, voire déconseillent certains déplacements par route. Un projet d’installation à Cap Skirring nécessite donc une compréhension fine de ce contexte, des contraintes logistiques et de la disponibilité des soins, très inférieure à celle de Dakar.

Combien coûte la vie dans les quartiers expats ?

Le choix d’un quartier ne repose pas uniquement sur l’ambiance. La question des coûts est centrale, tant les écarts sont importants entre un studio dans un quartier populaire et une villa vue mer à Almadies. Pour donner des ordres de grandeur, on peut résumer ainsi la situation du marché locatif.

Comparaison de loyers selon le type de quartier

Voici un aperçu simplifié des loyers mensuels pour des logements typiques, en se basant sur les fourchettes observées dans les quartiers mentionnés.

Type de quartier / zoneType de logementFourchette indicative de loyer mensuel (FCFA)Remarques principales
Quartiers premium de Dakar (Almadies, Ngor, Fann, Plateau, Point E, Mermoz)1 chambre moderne300 000 – 700 000Vue mer, immeubles récents, sécurité, proximité expats
Quartiers premium de Dakar3 chambres / villa700 000 – 1 500 000+Villas avec jardin, résidences sécurisées
Quartiers plus abordables de Dakar (Grand-Yoff, Parcelles, Yoff, Liberté 6, Ouakam)1 chambre150 000 – 300 000Ambiance locale, infrastructures plus variables
Quartiers plus abordables de Dakar3 chambres300 000 – 600 000Pour familles à budget modéré
Villes secondaires (Thiès)1 chambre100 000 – 250 000Coût de la vie plus bas qu’à Dakar
Villes côtières (Saly, Mbour, Toubab Dialaw, Saint-Louis)1 chambre70 000 – 150 000Cadre balnéaire, infrastructures plus limitées
Petite Côte (Saly, Mbour)Maison 3 chambres150 000 – 400 000Recherchée par les retraités étrangers

À ces montants, il faut ajouter un dépôt de garantie et souvent plusieurs mois de loyer d’avance, ainsi que la commission de l’agent immobilier – fréquemment équivalente à un mois de loyer. Les appartements meublés se louent sensiblement plus cher que les logements nus, en particulier dans les quartiers ciblant les séjours de courte durée.

42500-150000

Le coût mensuel des charges (électricité, eau, internet) pour un appartement standard à Dakar, pouvant fortement varier selon l’usage de la climatisation.

Budget mensuel d’un expatrié à Dakar

En combinant logement, alimentation, transports et quelques loisirs, les estimations de coût de vie pour un expatrié à Dakar varient largement selon le style de vie. Pour une personne seule, on évoque souvent une fourchette entre environ 1 150 et 2 600 dollars mensuels, incluant un logement confortable, une alimentation mixte marché/supermarché, quelques sorties et des déplacements fréquents en taxi ou VTC.

2350-5300

Pour une famille de quatre personnes à Dakar, le coût de la vie peut varier entre 2 350 et 5 300 dollars par mois.

Le rôle décisif des écoles et des services dans le choix du quartier

Pour une famille expatriée, la localisation de l’école est souvent le critère numéro un qui détermine le quartier. Dakar offre un éventail d’établissements internationaux et bilingues, concentrés pour la plupart dans les secteurs déjà populaires auprès des étrangers.

Carte scolaire informelle des quartiers expats

Plusieurs écoles internationales de référence se trouvent dans ou à proximité immédiate des quartiers les plus prisés :

Écoles internationales et bilingues à Dakar

Présentation des principaux établissements scolaires internationaux et bilingues de Dakar, avec leur localisation, pour aider les familles à s’orienter.

International School of Dakar (ISD)

Vaste campus proche de Mermoz et de la Corniche, très accessible depuis Almadies, Ngor, Mamelles ou Fann.

Dakar Academy

Deux implantations : Dakar Academy West à Mamelles et Dakar Academy Central à Hann Maristes, plus à l’est.

British International School of Dakar (BISD)

Située dans le quartier des Almadies.

Écoles bilingues des Almadies

Des établissements comme l’École Actuelle Bilingue (EAB) et d’autres écoles privées se trouvent dans ce secteur.

International Bilingual School (IBS)

Localisée à Liberté 6, près de la VDN, renforçant l’attractivité du quartier pour les familles.

École Franco-Sénégalaise de Fann

Installée à Fann, cœur historique du quartier expatrié francophone.

Cette géographie éducative explique pourquoi Almadies, Ngor, Mamelles, Fann, Mermoz-Sacré-Cœur, Point E et certaines zones de Liberté 6 concentrent une partie importante des familles étrangères. Vivre à proximité de l’école réduit des trajets déjà rendus pénibles par les bouchons récurrents, surtout aux heures de pointe et pendant la saison des pluies.

Santé, commerces et infrastructures

Les expatriés accordent également une importance considérable à la qualité des soins et à l’accès aux commerces modernes. Sur ce plan, Dakar dispose des meilleures infrastructures du pays, même si le système de santé public souffre de sous-équipement et de manque de personnel.

Bon à savoir :

Une grande partie des professionnels de santé (médecins, pharmaciens, dentistes) est concentrée dans la capitale. Les expatriés privilégient généralement les cliniques privées, mieux équipées que le secteur public, bien que plus onéreuses. Parmi les établissements recommandés et fréquemment utilisés par les ambassades figurent la Clinique du Cap et la Clinique Pasteur, situées dans et autour des quartiers recherchés de Dakar.

Les quartiers expats, notamment Almadies, Fann, Point E et Mermoz-Sacré-Cœur, se trouvent aussi à proximité de grandes surfaces comme Auchan, Casino ou Citydia, qui permettent de retrouver des produits importés. Les marchés traditionnels – Marché Kermel, Tilène, marchés locaux de quartier – complètent ces options par des fruits, légumes, poissons et épices à des prix plus accessibles.

En pratique, plus on s’éloigne de ces pôles, plus l’accès à des services très “internationaux” se réduit, ce qui n’est pas forcément un problème pour tous, mais reste un élément clé dans le choix de quartier pour une partie du public expatrié.

Sécurité, intégration et réalités du terrain

L’image de Dakar comme “ville relativement sûre” par rapport à d’autres capitales régionales ne signifie pas que l’on puisse ignorer les questions de sécurité, surtout dans les zones fréquentées par les étrangers.

Les quartiers prisés par les expatriés bénéficient en général d’une meilleure présence policière, d’une densité plus élevée de gardiens privés et de systèmes de sécurité sophistiqués dans les résidences de standing. Néanmoins, la petite délinquance (pickpockets, vols à l’arraché, escroqueries) reste présente, notamment dans les zones touristiques et très fréquentées comme la Corniche ou certains marchés.

Attention :

Certains tronçons, comme la Corniche entre l’International School of Dakar et le Club Olympique, sont déconseillés à la marche en soirée. Appliquez les conseils de base : éviter de se promener seul tard (surtout pour les femmes), ne pas exhiber objets de valeur, et rester vigilant dans les taxis et aux abords de l’aéroport.

Les quartiers plus populaires – Médina, Pikine, Guédiawaye – offrent une immersion culturelle intense, mais ne sont généralement pas considérés comme des “points de chute” prioritaires pour les expatriés, précisément à cause de ces enjeux de sécurité perçue, des infrastructures moins fiables et de l’exigence d’adaptation qu’ils impliquent.

Comment les expatriés trouvent-ils leur quartier et leur logement ?

La manière de chercher un logement au Sénégal influence beaucoup le type de biens auxquels on accède. Les nouveaux arrivants passent fréquemment par des agences immobilières, qui concentrent une grande partie des offres dans les quartiers expats et facturent une commission équivalente à un mois de loyer.

Les plateformes en ligne et les réseaux sociaux sont aussi devenus incontournables. Des sites spécialisés listent les annonces, mais ce sont souvent les groupes Facebook et WhatsApp d’expatriés – “Living in Dakar”, “Expatriates in Senegal”, “Senegal Expats & Locals”, ou encore le groupe très actif “Dakarium” et ses sous-groupes – qui permettent de repérer les bonnes affaires, de négocier directement avec les propriétaires et de recueillir des avis de résidents.

Astuce :

Une technique efficace pour trouver un logement à Dakar consiste à arpenter le quartier ciblé (comme les Almadies, Ngor, Fann, Mermoz, Point E, les Mamelles ou Ouakam), à repérer les panneaux « À louer » et à engager la discussion directement sur place. Cette méthode nécessite d’avoir une idée précise du secteur et de connaître les prix du marché local pour pouvoir comparer rapidement les loyers annoncés.

Dans tous les cas, il est vivement recommandé de visiter les logements à différents moments de la journée (et idéalement en saison des pluies) pour évaluer le bruit, la ventilation naturelle, l’état des parties communes et la réalité des coupures d’eau et d’électricité. Les quartiers les plus chers ne sont pas totalement à l’abri de ces désagréments, mais ils en souffrent en général beaucoup moins que les périphéries.

Choisir son quartier : une question de priorités

Au final, les quartiers les plus prisés par les expatriés au Sénégal, en particulier à Dakar, se classent en grandes catégories qui correspondent à des styles de vie distincts.

Choisir son quartier à Dakar

Guide des principaux types de quartiers pour s’installer à Dakar et au Sénégal, selon son profil et ses priorités.

Bastions littoraux haut de gamme

Almadies, Ngor, Virage, Mamelles, une partie de Yoff. Pour ceux qui recherchent la mer, les restaurants, une atmosphère internationale et les meilleurs standards de confort. Acceptation de loyers élevés et d’une expérience parfois déconnectée du quotidien sénégalais.

Quartiers résidentiels centraux

Fann, Point E, Mermoz-Sacré-Cœur, certains secteurs du Plateau. Attirent les familles et professionnels priorisant la proximité des écoles, cliniques, bureaux et services, dans un environnement perçu comme sûr et structuré.

Zones de transition

Comme Ouakam et Liberté 6. Permettent de réduire le budget logement tout en restant proches des pôles d’emploi et des infrastructures, avec une immersion culturelle plus marquée.

Stations balnéaires

Comme Saly ou Cap Skirring. S’adressent aux retraités ou indépendants pouvant vivre loin de la métropole. Privilégient la plage, la tranquillité et un coût de la vie moindre, malgré un accès plus limité aux soins et à certaines commodités.

Chaque quartier impose ses compromis, entre budget, temps de transport, sécurité perçue, densité d’expats et degré de proximité avec la culture locale. Dans un pays où l’hospitalité – la fameuse “Teranga” – est érigée en valeur cardinale, la manière de s’ancrer dans un quartier déterminera largement l’expérience de vie au Sénégal. Les informations sur les loyers, les écoles, la santé et les services donnent un cadre, mais le choix final repose toujours sur des priorités très personnelles : vue sur l’Atlantique ou jardin ombragé, école à cinq minutes ou marché traditionnel au coin de la rue, soirées sur la Corniche ou calme d’une maison de la Petite Côte.

Bon à savoir :

Pour les expatriés, une bonne connaissance des différents quartiers de Dakar (comme Almadies, Fann, Mermoz ou les villages côtiers) est essentielle pour trouver un équilibre durable entre qualité de vie, budget et intégration.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Sénégal, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler le Sénégal pour son cadre fiscal avantageux pour les retraités français (pensions publiques imposées seulement en France, conventions fiscales limitant la double imposition), son coût de vie nettement inférieur à celui de Paris (Dakar ~30 à 40% moins cher selon le niveau de vie) et un environnement francophone sécurisant. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec achat ou location longue durée d’une résidence principale, affiliation locale à la couverture santé privée, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local francophone (avocat, immigration, partenaires immobiliers) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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