Trouver un logement au Sénégal : mode d’emploi, conseils et pièges à éviter

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer au Sénégal, que ce soit pour quelques mois ou pour plusieurs années, commence presque toujours par la même question très concrète : comment trouver un logement correct, au bon prix, dans un quartier qui correspond à son mode de vie, sans se faire arnaquer ni exploser son budget ?

Bon à savoir :

Le marché, notamment à Dakar, est dynamique mais complexe. Les loyers peuvent être élevés comparés aux salaires moyens, avec des écarts de prix importants entre quartiers. Il faut anticiper des charges surprises fréquentes et se familiariser avec une législation locale assez spécifique.

En s’appuyant sur des données chiffrées récentes, des éléments de droit et des retours de terrain, cet article propose un guide pratique très concret pour comprendre le marché, choisir son quartier, calculer un budget réaliste, sécuriser sa recherche, lire un bail et éviter les arnaques les plus fréquentes.

Sommaire de l'article masquer

Comprendre le marché locatif au Sénégal

Le décor général compte autant que les annonces immobilières. Le Sénégal connaît une urbanisation rapide : plus de la moitié de la population vit déjà en ville et Dakar concentre à elle seule plus de 4 millions d’habitants dans son agglomération pour une surface minuscule à l’échelle du pays. Cette pression démographique se traduit directement sur les loyers.

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Hausse cumulée des prix de l’immobilier à Dakar sur une période de cinq ans.

L’écart entre coût de la vie et revenus est frappant. Le salaire net moyen à Dakar tourne autour de 226 000 CFA par mois, alors que le coût de la vie avec loyer pour une personne seule dépasse largement 1 000 dollars mensuels. Autrement dit, beaucoup de ménages doivent soit partager un logement, soit s’éloigner du centre, soit accepter un effort financier très important pour se loger.

Des loyers très segmentés

Le marché est clairement segmenté entre zones très haut de gamme (Almadies, Ngor, Point E, certains secteurs du Plateau ou de Fann), quartiers de standing intermédiaire (Mermoz-Sacré-Cœur, Sacré-Cœur, Mamelles, Yoff, une partie d’Ouakam, VDN), et banlieues ou zones populaires beaucoup plus abordables (Keur Massar, Pikine, Guédiawaye, Grand Yoff, Parcelles Assainies, certains secteurs de la Médina).

Astuce :

Les rendements immobiliers varient fortement selon les quartiers. Les secteurs littoraux premium offrent des revenus locatifs potentiellement élevés, mais sont soumis à des vacances locatives plus marquées et à une pression sur les loyers. À l’inverse, les quartiers plus modestes présentent une occupation plus stable et des vacances réduites, bien que les loyers y soient généralement plus bas.

L’ADN des principaux quartiers : où chercher son logement ?

Choisir son quartier à Dakar, c’est arbitrer entre budget, temps de transport, niveau de confort, ambiance et sécurité perçue. Quelques repères concrets aident à se positionner.

Plateau : le centre historique et administratif

Plateau, c’est le “centre-ville” classique : ministères, banques, sièges d’entreprises, musées, cafés, boîtes de nuit, marchés (Sandaga), bâtiments coloniaux. L’offre est essentiellement composée d’appartements, très prisés des jeunes actifs qui travaillent à proximité.

Quartier vivant, bien desservi, mais cher, bruyant et souvent saturé par les embouteillages. Les prix d’achat y flirtent avec 1,5 à 2 millions CFA le m², et les loyers suivent. Pour un deux-pièces, les données de marché situent le loyer médian autour de 1 200 000 CFA, un trois-pièces montant à 1 450 000 CFA, et les grands appartements (4 chambres et plus) à plus de 2,4 millions CFA.

Almadies, Ngor, Point E : le triangle très haut de gamme

Almadies est souvent cité comme le quartier le plus cher de Dakar : villas modernes, restaurants internationaux, bars, boîtes, résidences d’ambassadeurs et d’ONG, écoles privées, plage. On y trouve beaucoup de villas avec piscine, des appartements récents, souvent sécurisés 24h/24.

Attention :

Dans le secteur de Ngor, les villas en bord de mer peuvent atteindre des loyers mensuels supérieurs à 5 millions de CFA. Cette tendance est tirée par la forte présence d’expatriés et de cadres internationaux dans la zone.

À Point E, l’ambiance est plus résidentielle, verdoyante, calme, mais les prix restent élevés : les appartements modernes se louent facilement entre 1,1 et 1,8 million CFA par mois, avec en moyenne 1,35 million pour un T2 et environ 1,3 million pour un T3.

Mermoz–Sacré-Cœur, Mamelles, Yoff : intermédiaire confortable

Mermoz-Sacré-Cœur, Mamelles ou Yoff offrent un bon compromis pour beaucoup de familles et de cadres : quartiers calmes, relativement sécurisés, bonne présence d’écoles, cliniques, commerces, restaurants de quartier. L’ambiance est moins “bling-bling” que sur la Corniche ou aux Almadies, mais le rapport qualité-prix est souvent meilleur.

350000

Le loyer moyen d’un T2 à Sacré-Cœur est d’environ 350 000 CFA, illustrant le niveau intermédiaire du marché.

Ouakam, Liberté 6, Ouest Foire, Keur Massar : les bons plans plus abordables

Ouakam est un quartier en mutation, encore marqué par son village Lebou mais en pleine urbanisation : loyer plus doux que dans les quartiers premium, atmosphère locale, commerces de proximité, accès rapide à la Corniche. Certains secteurs restent toutefois peu aménagés (rues sablonneuses, réseaux en développement).

Liberté 6, Ouest Foire ou encore Keur Massar, plus en périphérie, sont recherchés pour leurs loyers nettement plus bas, même si le temps de trajet vers le Plateau ou Almadies peut devenir un vrai sujet selon les heures.

Comparatif de loyers par quartier

Les données de marché donnent une idée concrète des écarts entre quartiers. Le tableau ci-dessous synthétise quelques loyers moyens par type de logement.

QuartierT2 (2 chambres)T3 (3 chambres)4+ chambres (maison/appart)
Almadies~1 031 818 CFA~1 334 618 CFA~1 612 500 CFA
Ngor~550 000 CFA~755 000 CFA~1 716 667 CFA
Mermoz~650 000 CFA~1 165 000 CFA~2 140 000 CFA
Fann~2 000 000 CFA~2 560 000 CFA~2 870 000 CFA
Yoff~225 000 CFA~600 000 CFA~1 000 000 CFA
Mamelles~461 667 CFA~777 533 CFA~1 758 333 CFA
Sacré-Cœur~348 750 CFA~758 000 CFA~1 150 000 CFA
Gueule Tapée~525 000 CFA~1 037 500 CFA~1 683 333 CFA
Point E~1 350 000 CFA~1 291 667 CFA~1 600 000 CFA
Ouakam~1 375 000 CFA~816 667 CFA~1 087 500 CFA
Liberté 6~390 000 CFA~462 500 CFA~725 000 CFA
Ouest Foire~265 000 CFA~350 000 CFA
Keur Massar~140 000 CFA~165 000 CFA
Plateau~1 200 000 CFA~1 450 000 CFA~2 425 000 CFA

Ces montants restent des moyennes : selon l’état réel du bien, sa situation précise dans le quartier, l’étage, la vue, la présence d’un ascenseur ou d’un groupe électrogène, l’écart peut être significatif.

Combien coûte réellement un logement : loyer, charges et frais cachés

Comparer les loyers bruts ne suffit pas. Au Sénégal, et particulièrement à Dakar, les charges mensuelles et frais initiaux pèsent lourd dans le budget global. Il est essentiel de les intégrer dès le départ pour éviter les mauvaises surprises.

Niveaux de loyers par type de bien

Dans la capitale, on retrouve des fourchettes assez nettes par catégorie de logement.

Type de bienFourchette de loyer mensuel (Dakar)
Studio452 789 – 777 376 CFA
1 chambre (T1/T2)521 667 – 700 000 CFA (zones chères)
2 chambres900 000 – 1 600 000 CFA (Mermoz, Fann…)
3 chambres1 500 000 – 2 000 000 CFA (Almadies…)
Maison “classique”1 200 000 – 2 500 000 CFA
Villa de luxe2 000 000 – 5 000 000+ CFA
Local commercial (m²)1 500 – 3 000 CFA

En parallèle, les données plus globales distinguent nettement centre-ville et périphérie. Un appartement d’une chambre au centre se loue en moyenne autour de 526 000 CFA, tandis que le même type de bien en dehors du centre tourne autour de 204 000 CFA. Pour un trois-pièces, la moyenne est proche de 980 000 CFA au centre contre environ 492 000 CFA en périphérie.

Les charges mensuelles : un poste clé à ne pas négliger

Les charges dites “locatives” peuvent représenter 20 % à 30 % du loyer à Dakar, voire davantage dans les résidences de standing avec groupe électrogène, ascenseur, gardiennage renforcé, piscine ou jardin.

Postes principaux de charges

Les principaux services et équipements collectifs qui constituent les charges courantes d’une copropriété.

Services essentiels

Gestion des fluides et des déchets : eau, électricité, collecte des ordures.

Sécurité et accueil

Services pour la sûreté et l’accueil des résidents : gardiennage et conciergerie.

Maintenance des parties communes

Nettoyage et entretien régulier des espaces partagés de l’immeuble.

Confort et réseaux

Équipements et services liés au confort et à la connectivité : climatisation centralisée et connexion internet.

Maintenance technique

Maintenance spécifique et entretien des installations techniques de la copropriété.

Poste de dépenseFourchette mensuelle typique (Dakar)
Eau5 000 – 20 000 CFA
Électricité10 000 – 50 000 CFA (bien plus avec clim)
Gardien / sécurité5 000 – 20 000 CFA
Internet10 000 – 50 000 CFA
Facture de base (85–90m²)42 500 – 150 000 CFA (eau+élec+ordures)

Un exemple concret aide à visualiser. Pour un T3 à Mermoz loué 400 000 CFA, on peut tout à fait se retrouver avec :

Eau : 15 000 CFA

Électricité : 35 000 CFA (usage modéré de la climatisation)

Sécurité : 20 000 CFA

Entretien parties communes : 10 000 CFA

Soit 80 000 CFA de charges mensuelles, environ 20 % du loyer. Si on ajoute internet et un usage plus intensif de la climatisation, le budget peut très vite grimper.

Dépôt de garantie, commissions et formalités

En pratique, la plupart des propriétaires demandent un dépôt de garantie équivalent à un à deux mois de loyer, plus le premier mois payable avant l’entrée dans les lieux.

Exemple :

Un décret de 2023 réglemente les pratiques locatives : pour les loyers mensuels jusqu’à 500 000 CFA, le dépôt de garantie total ne peut excéder deux mois de loyer, avec seulement un mois exigible à l’entrée. Le solde peut être étalé sur douze mois. De plus, les commissions d’agence sont plafonnées à un demi-mois de loyer pour cette même catégorie de biens.

Le contrat de bail doit ensuite être enregistré aux impôts, moyennant des droits de timbre (2 000 CFA par page) et une taxe proportionnelle (2 % de loyer annuel pour un bail à durée déterminée, 10 % pour un bail à durée indéterminée). Dans les faits, ces frais sont souvent mis à la charge du locataire : mieux vaut les intégrer dans le budget d’installation.

Bien lire le marché avant de se lancer

Chercher un logement au Sénégal ne se résume pas à scroller des annonces. Il est utile de poser quelques jalons avant même les visites.

Clarifier son profil et ses priorités

Le marché ne répond pas aux mêmes attentes selon que l’on est étudiant, jeune actif, famille, expatrié en mission courte, digital nomad ou retraité venu s’installer sur la Petite-Côte.

Les données de terrain montrent trois grands profils de locataires :

Bon à savoir :

Les locataires se divisent en trois profils principaux : les locaux (jeunes actifs, familles, étudiants) qui cherchent un loyer abordable et un bon accès aux transports ; les expatriés et cadres internationaux, pour qui la sécurité, le confort moderne, la fiabilité des services et la proximité des écoles ou bureaux sont essentiels ; et les visiteurs de courte durée (touristes, professionnels, nomades digitaux), plus attentifs à l’ameublement, à la flexibilité du bail et à une localisation touristique.

Définir clairement son budget maximal (loyer + charges), son temps de trajet acceptable, le niveau de confort minimal et le type de bail souhaité permet de cibler rapidement certaines zones et d’en exclure d’autres.

Utiliser plusieurs canaux de recherche

Le bouche-à-oreille reste un canal puissant au Sénégal. Mais se limiter aux connaissances est risqué dans un marché si segmenté. Une stratégie plus robuste combine :

Méthodes de recherche de logement

Plusieurs canaux efficaces pour trouver un appartement ou une maison, adaptés à différents besoins et situations.

Plateformes en ligne spécialisées

Sites d’annonces, portails immobiliers et plateformes comme Flatio pour les logements meublés à durée flexible.

Agences immobilières

Recourir à des agences dûment enregistrées pour un accompagnement professionnel.

Réseaux sociaux et forums

Groupes Facebook ou forums d’expatriés pour obtenir des retours d’expérience sur les quartiers et les loyers réels.

Repérage et contact local

Repérage sur place et discussions avec les commerçants, gardiens ou voisins, particulièrement utile dans les quartiers populaires.

L’essentiel est de recouper les informations : si un loyer paraît très en dessous du marché d’un quartier donné, cela peut être une opportunité… ou le début d’une arnaque.

Visiter à plusieurs moments de la journée

Un quartier peut paraître calme le matin et invivable le soir. Pour Dakar, il est particulièrement utile de revenir aux heures de pointe, de tester le trajet vers son lieu de travail, et de vérifier le niveau de bruit (bars, mosquées très proches, musique nocturne, trafic).

Parler avec les voisins ou le gardien donne aussi une idée de la sécurité ressentie, de la stabilité de l’approvisionnement en eau et électricité, et du comportement du propriétaire (réparations, retards, litiges).

Le bail au Sénégal : ce que la loi prévoit et ce que cela change pour vous

Le Sénégal dispose d’un cadre légal précis pour les baux d’habitation, principalement via le Code des Obligations Civiles et Commerciales et la loi de 1988 sur les baux d’habitation, récemment complétés par un décret de 2023 qui vise à encadrer les loyers et certains frais.

Durée du bail et renouvellement

Le texte impose en principe que les baux d’habitation soient conclus pour trois ans ou plus. Un contrat signé pour moins de trois ans est automatiquement requalifié en bail à durée indéterminée.

Dans la pratique, beaucoup de propriétaires rédigent néanmoins des baux d’un an, type “12 mois renouvelables”. Juridiquement, cette durée courte n’empêche pas le locataire de bénéficier des protections prévues pour les baux d’habitation: si le bail se poursuit au-delà du terme, il est traité comme un contrat reconduit.

À l’issue de chaque période de trois ans, le bail est réputé renouvelé pour trois ans supplémentaires, sauf si l’une des parties notifie son intention d’y mettre fin dans les conditions prévues par la loi.

Résiliation et préavis

Pour un bail d’habitation à durée indéterminée, la loi prévoit :

un préavis de deux mois donné par le locataire (en principe via huissier) ;

un préavis de six mois pour le propriétaire, réservé à des motifs précis : reprise pour habiter (lui-même, son conjoint, un ascendant ou un descendant), ou démolition / reconstruction.

En cas de manquement grave (loyers impayés, dégradations majeures…), le propriétaire peut demander la résiliation judiciaire, mais il doit respecter une procédure : mise en demeure, délai (souvent 30 jours), saisine du juge des référés, jugement, éventuelle exécution forcée. Les chiffres disponibles montrent qu’une procédure complète d’expulsion pour impayés peut facilement durer cinq à six mois, voire davantage.

Pour le locataire, l’intérêt d’un cadre écrit clair est évident : il bénéficie de délais, peut contester un congé mal motivé, et ne peut pas légalement être mis à la porte du jour au lendemain sans décision de justice.

Contenu obligatoire d’un bail

Un contrat de location sérieux au Sénégal doit comporter au minimum :

Bon à savoir :

Un bail écrit doit impérativement contenir : l’identité complète des parties, une description détaillée du logement, le montant et les modalités de paiement du loyer, la durée et les conditions de renouvellement, le dépôt de garantie et ses conditions de restitution, la liste et le calcul des charges, une clause d’usage exclusivement résidentiel, les obligations réciproques du bailleur et du locataire, ainsi qu’une clause résolutoire définissant les manquements et la procédure en cas de défaut.

À ce contrat s’ajoutent deux documents essentiels : l’état des lieux d’entrée, réalisé idéalement de manière contradictoire (bailleur et locataire présents) avec photos, et l’état des lieux de sortie. Ce sont eux qui servent de base pour juger de l’usure normale ou des dégradations imputables au locataire au moment de la restitution du dépôt.

Droits et devoirs de chacun

La loi sénégalaise reconnaît au locataire le droit à un logement décent, salubre, en bon état d’usage, ainsi qu’au respect de sa vie privée. Le propriétaire doit remettre le bien en bon état, effectuer les grosses réparations, assurer la sécurité minimale (portes qui ferment, électricité non dangereuse, absence d’infiltrations graves).

Attention :

Le locataire doit payer son loyer à la date convenue, entretenir le logement (petites réparations, nettoyage) et ne pas modifier les lieux sans accord écrit. Il doit respecter la destination d’habitation : toute activité commerciale ou location saisonnière (ex: Airbnb) non autorisée constitue une violation du bail.

Le propriétaire n’a pas le droit de couper l’eau ou l’électricité pour faire pression en cas de retard de paiement, ni d’entrer dans le logement sans prévenir sauf urgence manifeste. Il est tenu de remettre des quittances de loyer sur demande, et de restituer le dépôt de garantie dans un délai raisonnable après le départ, en justifiant toute retenue (factures de réparation, relevés de charges…).

Éviter les arnaques : signaux d’alerte et réflexes à adopter

Le boom immobilier s’accompagne inévitablement de comportements douteux. Intermédiaires autoproclamés, annonces fantômes, demandes de frais de visite, photos volées : les pièges sont nombreux, surtout pour les étudiants, les nouveaux arrivants ou les expatriés pressés.

Les signes qui doivent immédiatement vous faire douter

Plusieurs pratiques reviennent régulièrement dans les témoignages et les alertes d’associations de consommateurs :

Attention :

Méfiez-vous des annonces suspectes : demande de frais avant visite, prix anormalement bas, refus de visite physique, photos génériques, impossibilité d’obtenir des documents officiels, sentiment d’urgence, gestion exclusivement par messagerie, ou contrat flou ou déséquilibré.

Les vérifications à faire systématiquement

Quelques gestes simples réduisent considérablement le risque de tomber dans un piège :

Astuce :

Pour éviter les arnaques à la location, il est crucial de : toujours visiter le logement personnellement ou par une personne de confiance avant tout paiement ; demander au propriétaire une pièce d’identité et un document prouvant ses droits (titre foncier, extrait de registre, ancien bail, quittance d’impôt) ; vérifier, si possible, auprès des services du cadastre que la personne est bien propriétaire ; discuter avec le gardien, les voisins ou le syndic pour confirmer la réalité de la location et la réputation du bailleur ; exiger un bail écrit, clair et signé avant tout paiement intégral ; privilégier les moyens de paiement traçables (virement, mobile money identifié) et demander un reçu ; se méfier des annonces sur des profils de réseaux sociaux récents et des bailleurs refusant de se présenter en personne.

Pour les expatriés qui réservent à distance, une solution consiste à passer par une agence sérieuse ou par des plateformes qui sécurisent les paiements et vérifient les logements, quitte à payer un peu plus cher les premiers mois.

Construire un budget réaliste : exemples de scénarios

Entre les loyers affichés, les charges, les dépôts et les frais annexes, il n’est pas toujours simple d’anticiper ce que représentera réellement un logement au Sénégal dans un budget mensuel. Quelques scénarios chiffrés permettent d’y voir plus clair.

Scénario 1 : jeune actif à Dakar, logement modeste hors centre

Supposons un salarié ou freelance prêt à habiter en dehors des quartiers les plus chers mais qui souhaite rester dans la zone urbaine de Dakar. Il trouve un T2 à Yoff (hors front de mer) pour 250 000 CFA.

Une estimation de budget mensuel peut ressembler à ceci :

PosteMontant estimé (CFA)
Loyer T2 Yoff250 000
Eau10 000
Électricité (peu de clim)25 000
Internet20 000
Gardiennage / entretien10 000
Total logement315 000

À comparer au salaire moyen net autour de 226 000 CFA : on voit bien que ce type de logement reste difficilement accessible sans revenus supérieurs à la moyenne, colocation ou aide familiale.

Scénario 2 : famille avec enfants à Mermoz-Sacré-Cœur

Cette famille recherche un T3 confortable proche des écoles et des services, et trouve un appartement à 750 000 CFA.

PosteMontant estimé (CFA)
Loyer T3 Mermoz750 000
Eau15 000
Électricité (clim utilisée)50 000
Internet haut débit30 000
Gardien / sécurité20 000
Entretien immeuble15 000
Total logement880 000

En ajoutant la scolarité, la nourriture, les transports, le budget mensuel global peut rapidement dépasser 2 millions de CFA pour un niveau de vie confortable.

Scénario 3 : digital nomad ou expatrié en mission courte à Almadies

Certains optent pour un appartement meublé à Almadies pour quelques mois, avec services inclus (internet, ménage, sécurité). Un T2 meublé peut facilement atteindre 1,5 million de CFA, mais avec très peu de frais d’installation.

4800

Le coût de vie mensuel estimé pour un nomade digital à Dakar, incluant le logement.

Trouver le bon compromis : stratégies concrètes

Face à ces niveaux de prix, la question devient : comment optimiser ? Quelques pistes ressortent des données et des pratiques locales.

D’abord, commencer sa recherche tôt, surtout à Dakar où les biens bien situés et au bon prix partent vite. Cela laisse le temps de visiter plusieurs options, de comparer les quartiers, de négocier.

Bon à savoir :

Élargir sa zone de recherche immobilière à des quartiers voisins ou périphériques permet souvent de diviser son loyer par deux ou trois pour une qualité équivalente. Par exemple, envisager Mamelles ou Yoff au lieu d’Almadies, Liberté 6 ou Ouest Foire au lieu du Plateau, ou Diamniadio si l’on travaille dans la nouvelle ville ou près de l’aéroport.

La colocation est aussi une réponse fréquente, en particulier chez les étudiants, jeunes actifs et nomades digitaux. Louer un grand T3 ou T4 à plusieurs permet de viser des quartiers plus agréables en mutualisant loyer et charges.

Enfin, bien négocier le bail est crucial : durée, modalités de révision du loyer (plafond annuel de 2 à 5 %), répartition exacte des charges, calendrier de paiement du dépôt, prise en charge des grosses réparations. Un bail bien ficelé protège autant le locataire que le propriétaire et limite les conflits.

Et ailleurs au Sénégal : au-delà de Dakar

Si Dakar concentre l’essentiel de la tension locative, le reste du pays offre des options très différentes. Dans des villes comme Thiès ou Saint-Louis, un appartement d’une chambre peut se louer entre 70 000 et 250 000 CFA, bien en deçà des niveaux dakarois.

Bon à savoir :

Sur la Petite-Côte (Saly, Mbour, Somone, Ngaparou), de nombreuses maisons et villas sont disponibles à la location, saisonnière ou annuelle. Les loyers pour une maison de trois chambres varient généralement entre 150 000 et 400 000 CFA. Ces zones sont particulièrement prisées des retraités, télétravailleurs ou familles qui n’ont pas besoin de résider à Dakar au quotidien.

Le revers de la médaille : un accès parfois plus limité à certaines infrastructures (santé spécialisée, grandes écoles, administrations centrales) et des déplacements plus longs vers la capitale.

En résumé : méthodologie pour bien se loger au Sénégal

Réussir sa recherche de logement au Sénégal, et à Dakar en particulier, repose moins sur un “bon plan” miraculeux que sur une bonne préparation et une série de réflexes :

Bon à savoir :

Pour louer sereinement, estimez votre budget en incluant toutes les charges et comparez les loyers par quartier. Choisissez un quartier adapté à votre quotidien et multipliez les sources d’information (visites, agences, témoignages). Exigez toujours un bail écrit et enregistré, ainsi qu’un état des lieux détaillé. Ne payez rien avant la visite et méfiez-vous des signaux d’alerte comme un prix anormalement bas, un sentiment d’urgence ou l’impossibilité de rencontrer le propriétaire.

En appliquant ces quelques règles et en s’appuyant sur un minimum de connaissances juridiques et économiques, il devient beaucoup plus simple de naviguer dans un marché certes cher et inégalitaire, mais riche en opportunités pour qui sait où chercher et comment se protéger. Trouver un logement au Sénégal reste un défi, mais un défi largement surmontable avec une bonne information et un peu de méthode.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Sénégal pour chercher du rendement locatif et une exposition au franc CFA arrimé à l’euro. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Dakar, Saly, Diamniadio), la stratégie retenue a consisté à cibler une villa ou un petit immeuble résidentiel dans une zone en forte croissance comme Dakar-Almadies ou la nouvelle ville de Diamniadio, combinant un rendement locatif brut cible proche de 8–10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + aménagements) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification progressive.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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