L’Ouzbékistan attire de plus en plus de professionnels, d’entrepreneurs et de nomades digitaux en quête d’un coût de la vie réduit, d’opportunités économiques et d’un changement radical de décor. Ancienne république soviétique au cœur de l’Asie centrale, le pays combine héritage de la Route de la Soie, réformes économiques ambitieuses et mode de vie encore très traditionnel. S’y installer demande cependant de bien comprendre le cadre légal, les réalités du quotidien, le marché de l’emploi, le système de santé et les usages locaux.
Ce guide couvre les étapes essentielles pour un projet d’expatriation, incluant l’obtention du visa, le choix de la ville et du logement, ainsi que les démarches pour la création d’entreprise.
Comprendre le pays dans lequel vous arrivez
Avant de réserver un billet pour Tachkent, il est utile de situer précisément l’Ouzbékistan. Officiellement République d’Ouzbékistan, le pays est enclavé en Asie centrale, bordé par le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Turkménistan. Sa superficie avoisine 447 400 km², principalement constitués de déserts, de dunes et de vallées fluviales, avec quelques reliefs montagneux.
La population dépasse 36 millions d’habitants, majoritairement ouzbèks, avec de fortes minorités russes, tadjikes, kazakhes, karakalpakes ou tatares. L’islam est la religion dominante, mais l’État est officiellement laïc et garantit la liberté de culte, ce qui n’empêche pas un encadrement strict des activités religieuses (en particulier tout ce qui ressemble à du prosélytisme).
Le pays est une république présidentielle unitaire à la tradition autoritaire. La presse est contrôlée, les manifestations encadrées et la critique du pouvoir est mal vue. Pour un expatrié, il est crucial de respecter strictement le cadre légal, notamment sur les questions religieuses, politiques et de liberté d’expression, ce qui importe plus qu’une insécurité quotidienne.
Sur le plan linguistique, la langue officielle est l’ouzbek, langue turcique proche du turc, aujourd’hui écrite en alphabet latin. Le russe reste très utilisé dans la vie quotidienne et les affaires, et le tadjik est fréquent dans certaines régions. L’anglais progresse dans le tourisme et le business mais reste limité en dehors des grandes villes.
Le pays fonctionne principalement en espèces, avec pour monnaie le som ouzbek (UZS). Les cartes bancaires sont de plus en plus acceptées à Tachkent, mais beaucoup moins dès que l’on s’éloigne des centres urbains.
Pourquoi l’Ouzbékistan attire de plus en plus d’expatriés
Plusieurs facteurs expliquent l’attrait croissant de l’Ouzbékistan pour les étrangers.
D’abord, le coût de la vie y est particulièrement bas, même à Tachkent, tout en offrant une qualité de vie convenable pour qui dispose de revenus étrangers ou d’un bon salaire local. De plus, la politique de réformes économiques et d’ouverture menée ces dernières années a entraîné une nette progression des investissements étrangers, de la croissance et des opportunités dans des secteurs comme l’énergie, l’agriculture, le tourisme ou l’IT.
L’année à partir de laquelle une plateforme numérique permettra de créer une entreprise en quinze minutes en Arabie Saoudite.
Enfin, l’Ouzbékistan reste l’un des pays les plus stables et les plus sûrs de la région selon plusieurs indicateurs internationaux de paix et de sécurité. Le crime de rue existe (pickpockets, vols à l’arraché) mais les agressions graves contre des étrangers sont rares. Les principales contraintes concernent davantage la bureaucratie, les règles de séjour et certains aspects de la vie quotidienne (santé, transports, Internet) que la sécurité pure.
Vivre à Tachkent ou en région : choisir sa ville
Pour un premier départ, la plupart des étrangers choisissent Tachkent, la capitale. Cette métropole de près de 3 millions d’habitants est moderne, relativement propre, dotée d’un métro, de centres commerciaux, de cafés branchés, d’un aéroport international et de la quasi-totalité des écoles internationales et des cliniques privées sérieuses.
Les anciens bâtiments soviétiques côtoient des mosquées colorées, des immeubles de verre, des parcs et des quartiers plus résidentiels. Applications de VTC, livraison de repas, coworking, bars, restaurants internationaux… c’est ici que l’on trouve le plus de services adaptés à un mode de vie « globalisé ».
D’autres villes peuvent cependant intéresser les expatriés :
Samarcande attire par son cadre patrimonial et touristique, avec une vie calme. Boukhara séduit par son riche passé religieux et son atmosphère traditionnelle et introspective. Khiva, avec sa vieille ville fortifiée parfaitement préservée, est davantage un lieu de séjour touristique ou de projet hôtelier. La vallée de Ferghana (Ferghana, Andijan, Marguilan) offre un environnement rural, artisanal et naturel, propice à une immersion profonde loin des grandes capitales.
Le choix dépendra de votre projet : carrière dans une entreprise, télétravail international, création d’activité, retraite, vie de famille avec enfants scolarisés, etc. La réalité, toutefois, est claire : pour l’accès aux écoles internationales, aux cliniques privées, aux réseaux d’expatriés et aux services en anglais, Tachkent reste de loin le point de chute le plus pratique.
Coût de la vie : combien prévoir pour vivre à Tachkent
Les données disponibles pour Tachkent montrent un coût de la vie nettement inférieur aux grandes villes européennes ou nord‑américaines. Les chiffres varient selon le style de vie, mais donnent des ordres de grandeur utiles pour établir un budget.
Un aperçu des budgets mensuels
Pour un célibataire, l’ensemble des dépenses mensuelles à Tachkent (logement compris) peut osciller entre un mode « serré » et un confort nettement supérieur.
| Profil | Budget mensuel estimé (USD) | Commentaire |
|---|---|---|
| Local | 54 | Niveau de dépenses moyen d’un habitant, très en dessous des standards occidentaux |
| Expatrié (estimation basse) | 404 | Mode de vie simple, logement modeste |
| Digital nomad | 939 | Logement correct, loisirs, sorties |
| Célibataire – budget serré | ≈ 590 | Comprend le loyer en périphérie et dépenses contrôlées |
| Célibataire – confortable | ≈ 2 310 | Appartement bien situé, loisirs fréquents |
| Famille de 4 – « normal » | 2 106 | Incluant le loyer |
| Famille de 4 – hors loyer | 1 303 | Nourriture, transport, loisirs, etc. |
En som ouzbek, il est indiqué qu’un célibataire a besoin d’environ 6,5 millions UZS par mois pour vivre confortablement, tandis qu’une famille de quatre personnes doit prévoir autour de 23 millions UZS.
Comment se répartissent les dépenses
Les dépenses mensuelles se ventilent approximativement comme suit pour un habitant de Tachkent :
| Poste de dépense | Part du budget mensuel |
|---|---|
| Loyer | 29,9 % |
| Courses alimentaires | 27,9 % |
| Restaurants / cafés | 14,6 % |
| Transports | 9,8 % |
| Sport & loisirs | 7,8 % |
| Autres (santé, vêtements, services…) | Solde |
Même en choisissant un appartement moderne dans un quartier central, la facture reste modérée au regard des standards européens. La contrepartie est un niveau de salaire local moyen plutôt bas, autour de 450 à 545 USD par mois selon les sources, avec une médiane après impôt estimée à 280 USD à Tachkent. Pour un expatrié venu avec un revenu étranger ou un poste d’encadrement, le pouvoir d’achat est donc largement supérieur à celui des habitants.
Loyer, charges et prix du quotidien
Pour prendre des repères concrets, voici quelques ordres de grandeur relevés à Tachkent.
| Poste | Prix moyen (UZS) | Remarques |
|---|---|---|
| Loyer 1 chambre centre-ville | ≈ 7 957 000 / mois | Appartement moderne ou rénové |
| Loyer 1 chambre hors centre | ≈ 5 084 000 / mois | Quartiers plus périphériques |
| Loyer 3 chambres centre | ≈ 14 838 000 / mois | Pour famille d’expats |
| Charges de base (915 ft²) | ≈ 666 000 / mois | Électricité, chauffage, eau, déchets |
| Internet fixe (60 Mbps+) | ≈ 138 600 / mois | Qualité variable, débit encore limité |
| Abonnement mobile (10 Go+) | ≈ 45 600 / mois | Prépayé courant |
Dans les restaurants, un repas simple dans un établissement bon marché tourne autour de 60 000 UZS, quand un dîner pour deux dans un restaurant de gamme moyenne s’élève à environ 420 000 UZS. Les cafés coûtent souvent moins qu’en Europe : un cappuccino se situe aux alentours de 25 000 UZS.
Les transports en commun sont très abordables : un ticket de bus ou de métro coûte environ 2 000 UZS, et un abonnement mensuel s’élève à 120 000 UZS. Les taxis, notamment via des applications comme Yandex, restent accessibles, avec une prise en charge à partir de 10 000 UZS et un tarif au kilomètre d’environ 5 800 UZS.
Visa, entrée sur le territoire et enregistrement
L’Ouzbékistan a considérablement assoupli sa politique de visas pour soutenir le tourisme et l’investissement. Selon votre nationalité, vous pouvez entrer sans visa pour une période limitée ou devoir faire une demande de visa électronique ou classique.
De nombreux citoyens européens, ainsi que ceux du Royaume-Uni, du Canada, de plusieurs pays asiatiques et du Golfe, bénéficient d’une exemption de visa pour des séjours courts (généralement jusqu’à 30 jours). Pour les autres nationalités, un e‑visa touristique de 30 jours est disponible en ligne via le portail officiel, moyennant paiement par carte Visa et un délai de traitement d’environ trois jours ouvrables. L’autorisation, reçue par e‑mail en PDF, doit être imprimée, les versions numériques sur téléphone n’étant pas toujours acceptées à la frontière.
Pour les séjours de long terme ou les projets d’expatriation (travail, investissement, études, regroupement familial), il faut se tourner vers des visas spécifiques : travail, étudiant, investissement, ou encore regroupement familial. Le processus est plus lourd, passe généralement par une invitation officielle ou un sponsor local (employeur, organisme de formation, partenaire d’affaires) et peut exiger un soutien appelé « visa support » obtenu auprès du ministère des Affaires étrangères via une agence agréée.
Tout étranger arrivant en Ouzbékistan doit être enregistré auprès des autorités dans les trois jours suivant son arrivée, week-end compris. Les hôtels s’en chargent pour leurs clients, mais pour un hébergement privé (chez un particulier, Airbnb), l’hôte doit effectuer cet enregistrement via la plateforme emehmon.uz ou auprès des services compétents. Chaque changement de ville pour un séjour de plus de trois jours nécessite un nouvel enregistrement. À la sortie du territoire, les autorités peuvent vérifier l’intégralité du séjour ; un défaut d’enregistrement peut entraîner des amendes ou, dans les cas graves, une expulsion.
Travailler en Ouzbékistan : marché de l’emploi et permis
L’économie ouzbèke est en pleine mutation, portée par des réformes visant à libéraliser les marchés, attirer les investissements et moderniser l’appareil productif. Les secteurs qui recrutent le plus d’étrangers sont l’enseignement (particulièrement l’anglais), le tourisme, l’agriculture à haute valeur ajoutée, l’IT et, dans une moindre mesure, le pétrole, le gaz et les mines.
Les salaires restent toutefois inférieurs aux standards occidentaux. L’Ouzbékistan est plus adapté aux télétravailleurs rémunérés à l’international, aux retraités disposant d’une pension étrangère ou aux cadres détachés par des entreprises internationales qu’à ceux qui comptent vivre uniquement sur un revenu local de niveau moyen.
Pour être employé légalement, une entreprise ouzbèke doit obtenir d’abord une licence lui permettant d’embaucher des étrangers, puis demander un permis de travail pour chaque employé étranger. La procédure standard, gérée par notre agence, demande environ une quinzaine de jours ouvrables et comprend l’accréditation de l’employeur, l’obtention d’un visa de travail et l’enregistrement de l’employé.
Agence d’État pour la migration extérieure de main-d’œuvre
Certaines catégories y échappent partiellement : les résidents du parc IT (IT Park) et les directeurs de bureaux de représentation de sociétés étrangères sont dispensés des permis classiques, via des dispositifs spécifiques (IT Visa, IT Card, etc.).
Sur le plan pratique, il est prudent de ne jamais travailler « au noir ». Outre le risque de sanctions pour vous et l’employeur, cela complique la vie quotidienne : absence de résidence officielle de long terme, impossibilité d’ouvrir certains comptes bancaires, difficulté à louer un logement ou à inscrire des enfants à l’école.
Créer son activité ou investir en Ouzbékistan
Pour les expatriés entrepreneurs, l’Ouzbékistan est l’un des marchés les plus dynamiques d’Asie centrale. Le pays compte plus de 155 000 entités juridiques enregistrées et se positionne comme un hub régional grâce à ses 37,5 millions d’habitants et un accès à un marché de plus de 70 millions de consommateurs en Asie centrale.
La forme juridique la plus répandue et la plus adaptée aux étrangers est la société à responsabilité limitée (LLC, ou MChJ). Elle peut être détenue à 100 % par des étrangers dans la plupart des secteurs, sans obligation de partenaire local, ne nécessite pas de capital social minimum légal et peut compter jusqu’à 50 associés. La seule vraie contrainte formelle est de disposer d’une adresse de bureau en Ouzbékistan et d’une signature électronique (Electronic Digital Signature) pour réaliser les démarches en ligne.
Une LLC peut être immatriculée en deux jours ouvrables dans les cas simples en Ouzbékistan.
À partir de 2026, une plateforme unifiée « Start a Business in 15 Minutes » doit permettre d’accélérer encore ce processus, en centralisant en ligne l’obtention de la signature électronique, l’ouverture de compte bancaire, les licences éventuelles, l’inscription à la TVA, la signature de contrats de location numérique ou encore l’enregistrement du directeur dans le système national du travail.
Panorama des principaux taux d’imposition applicables, offrant un environnement favorable aux entreprises et aux particuliers.
Taux fixé à 15 %.
Taux fixé à 12 %.
Taux fixé à 12 %.
Taux fixé à 12 % (hors organisations budgétaires).
Taux fixé à 4 % pour certaines petites structures.
L’Ouzbékistan multiplie par ailleurs les incitations : statuts préférentiels pour les entreprises à participation étrangère (exonérations d’impôt sur les bénéfices et de taxe foncière pendant 3 à 7 ans selon le montant de l’investissement), 28 zones économiques spéciales avec franchise de droits de douane et d’impôts fonciers et sur les bénéfices, ou encore abondantes mesures pour les sociétés de technologies de l’information installées dans l’IT Park, qui peuvent bénéficier d’exonérations massives d’impôts jusqu’en 2040.
Pour un expatrié qui ne souhaite pas créer une entité locale, une alternative consiste à utiliser un service d’Employer of Record (EOR) pour embaucher des salariés locaux sans avoir de société sur place.
Se loger : marché locatif, quartiers et bonnes pratiques
Le marché du logement ouzbek est très hétérogène : vieux immeubles soviétiques, petits pavillons, immeubles récents de standing dans des complexes sécurisés, résidences de luxe comme « Tashkent City ». Les expatriés privilégient en général les appartements meublés dans les quartiers bien desservis de Tachkent, près des ambassades, des écoles internationales et des grands axes.
En pratique, vous trouverez :
Différentes solutions pour se loger, de l’arrivée à l’installation à long terme, avec des prix attractifs.
Idéales à l’arrivée, disponibles via des plateformes comme Airbnb.
Baux de plusieurs mois ou années via des annonces locales, agences, ou sites comme uybor.uz et Golden Pages.
Avec services (gardiennage, parking, salle de sport, piscine) à des loyers bien inférieurs aux capitales européennes.
La plupart des propriétaires exigent un dépôt de garantie équivalant à un à deux mois de loyer. Les charges (gaz, électricité, eau, Internet) sont généralement à la charge du locataire. Le paiement du loyer peut se faire en som ou en dollars, selon l’accord, mais les contrats devraient toujours être formalisés par écrit, avec les responsabilités de chacun (réparations, entretien, mobilier) bien précisées.
Les étrangers ne peuvent en principe pas acheter de terrain et n’accèdent à la propriété qu’à des conditions très encadrées. Une résolution récente ouvre des possibilités d’achat à certains profils étrangers, mais cela implique de recourir à un avocat local pour sécuriser la transaction.
S’intégrer dans la société ouzbèke : codes culturels et vie quotidienne
L’un des atouts de l’Ouzbékistan aux yeux de nombreux expatriés est la chaleur de l’accueil. L’hospitalité, la générosité, le respect des aînés et le sens de la famille sont des valeurs fortes. Les invitations à prendre le thé ou à partager un plov sont fréquentes, en particulier dans les quartiers plus traditionnels.
Cette convivialité s’accompagne de codes qu’il vaut mieux connaître :
Avant d’entrer dans une maison, il est d’usage d’enlever ses chaussures. Pour saluer, offrir ou recevoir, utilisez uniquement la main droite, la gauche étant considérée comme impure. Une tenue modeste est attendue, surtout en zone rurale ou sur les sites religieux : couvrez épaules et jambes, évitez les vêtements trop moulants. Les démonstrations d’affection en public sont à proscrire. Évitez de montrer la plante de vos pieds, de pointer du doigt, ou de poser votre main sur la tête de quelqu’un (surtout un enfant). Enfin, le pain (« non ») est sacré : ne le jetez pas ; s’il tombe, ramassez-le, embrassez-le et portez-le à votre front.
La communication est souvent indirecte. Les critiques frontales sont mal perçues, les sujets de conversation sensibles comme la politique, la religion ou le jugement du gouvernement sont à manier avec prudence, voire à éviter dans les discussions avec des personnes peu connues.
Le rapport au temps est plus flexible que dans beaucoup de pays occidentaux : un rendez-vous social qui commence en retard ne choque personne, même si la ponctualité est davantage respectée dans les milieux d’affaires.
Le thé, servi en petite quantité mais en continu, rythme la journée. Les repas sont généralement partagés autour de grands plats communs ; il est d’usage de laisser un peu de nourriture dans son assiette pour signifier que l’on est rassasié.
Langue : faut-il apprendre l’ouzbek ou le russe ?
Pour la vie quotidienne, connaître quelques phrases en ouzbek ou en russe facilite beaucoup les choses. L’anglais est encore peu pratiqué hors des milieux touristiques, des grandes entreprises internationales et d’une partie de la jeunesse urbaine.
L’ouzbek, langue turcique à structure agglutinante, sans genre grammatical et à ordre des mots Sujet‑Objet‑Verbe, est plus accessible qu’il n’y paraît. Depuis les années 1990, l’écriture officielle est un alphabet latin phonétique qui correspond globalement à la prononciation, même si l’ancienne écriture cyrillique reste omniprésente sur les enseignes, dans certains documents et dans l’édition plus ancienne.
Nombre de minutes de pratique quotidienne recommandées pour atteindre un niveau de survie en arabe en quelques mois.
Le russe reste cependant, pour l’instant, la langue la plus utile dans le monde du travail, l’administration et les échanges avec des personnes plus âgées ou issues des minorités non ouzbèkes. Beaucoup d’expatriés choisissent donc d’apprendre en priorité le russe, tout en mémorisant quelques expressions de politesse en ouzbek, ce qui est très apprécié.
Santé : système médical, risques et assurance
La santé est l’un des points faibles de l’Ouzbékistan pour les étrangers. Le système public, géré par le ministère de la Santé, est structuré en trois niveaux — national, régional, local — mais souffre de graves carences : pénurie de médecins, manque de lits, d’équipements, de médicaments et de vaccins, hygiène douteuse dans de nombreux établissements, absence de garantie sur la stérilisation des instruments, surtout en zones rurales.
Les hôpitaux publics sont gratuits pour les citoyens, mais les étrangers doivent généralement payer, parfois plus cher que les locaux. Il arrive que certains médicaments essentiels soient introuvables ou disponibles uniquement dans des versions de qualité douteuse, y compris des contrefaçons ou des lots périmés.
Les expatriés privilégient largement les cliniques privées, principalement à Tachkent, où certains établissements sont relativement bien équipés et disposent de personnel anglophone. La Tashkent International Medical Clinic est considérée comme l’une des meilleures options du pays. En dehors de la capitale, l’offre privée est très limitée, conduisant de nombreux étrangers à se rendre dans des pays voisins ou plus lointains (comme l’Europe ou l’Inde) pour des interventions chirurgicales lourdes.
Pour toutes ces raisons, une assurance santé internationale robuste est indispensable. Elle doit couvrir les soins dans les cliniques privées locales, mais aussi l’évacuation médicale vers un autre pays en cas de besoin. De grands assureurs internationaux proposent des contrats spécifiques aux expatriés, avec prise en charge des soins hospitaliers et ambulatoires, options dentaire et optique, et garantie d’évacuation.
En cas d’urgence, composez le 103 ou le 112, un numéro d’appel centralisé. Les étrangers ont le même droit aux premiers secours d’urgence que les résidents locaux, mais la qualité des soins prodigués sera celle du système de santé local.
Il est également recommandé d’être à jour de ses vaccinations avant le départ (tétanos, diphtérie, hépatite A et B, typhoïde, rougeole, etc.), car l’offre vaccinale locale est limitée et la couverture reste insuffisante, notamment chez les enfants.
L’eau du robinet n’est pas potable. Il faut boire de l’eau filtrée ou en bouteille, et se montrer prudent avec les aliments crus, en particulier dans les stands de rue peu contrôlés. Les troubles digestifs, l’hépatite, la typhoïde et d’autres infections hydriques sont fréquents.
Enfin, les étés très chauds (couramment au‑delà de 40 °C) exposent à la déshydratation et aux coups de chaleur, surtout pour les nouveaux arrivants. Les hivers peuvent être rigoureux, avec des épisodes de froid intense aggravés par des coupures d’électricité qui affectent le chauffage et l’approvisionnement en eau.
Sécurité, lois locales et sujets sensibles
Les statistiques et retours d’expérience convergent : l’Ouzbékistan est l’un des pays les plus sûrs de la région pour les étrangers. Les agressions violentes sont rares, les habitants sont souvent très protecteurs envers les visiteurs, et un corps de « police touristique » a été créé dans les grandes villes pour veiller à la sécurité des voyageurs.
Malgré un cadre général sûr, il faut rester vigilant face aux pickpockets, vols à l’arraché et cambriolages dans les marchés et transports bondés, notamment à Tachkent. Méfiez-vous également des faux policiers, des arnaques à l’argent « trouvé » et des tentatives de corruption ou de demande de bakchichs lors de contrôles routiers ou dans les administrations.
Le cadre légal mérite une attention particulière :
Il est obligatoire de porter ses papiers d’identité en permanence sous peine d’amende. La détention de stupéfiants, même en petite quantité, est sévèrement punie par la loi. Sont également strictement prohibés : la pornographie, les contenus incitant à la haine ou appelant au renversement de l’État, ainsi que toute publication sur les réseaux sociaux jugée irrespectueuse envers les symboles nationaux ou les traditions. Le prosélytisme religieux, l’enseignement religieux non autorisé et l’importation de littérature religieuse sans autorisation sont réprimés. Les relations homosexuelles sont illégales et passibles de prison, et les critiques ouvertes envers le gouvernement ou le système politique sont risquées. Une grande prudence et retenue sont donc essentielles.
Pour la photographie, les restrictions se sont assouplies, mais il reste déconseillé de prendre des clichés de bâtiments officiels sensibles (casernes, certains bâtiments gouvernementaux, postes-frontières, installations militaires) sans autorisation. Demander toujours la permission avant de photographier des personnes, surtout dans les marchés, les zones rurales et les sites religieux.
Transports, déplacements et conduite
Tachkent dispose de l’un des deux métros d’Asie centrale, pratique, bon marché et décoré de stations d’inspiration soviétique. Un réseau de bus, de trolleybus et de taxis complète l’offre. Pour les taxis, l’usage d’applications comme Yandex est vivement conseillé : tarifs transparents, véhicules géolocalisés, moindre risque d’arnaque. Les taxis informels restent nombreux, mais les véhicules ne sont pas toujours en bon état, ni équipés de ceintures à l’arrière.
Les trains constituent un moyen efficace de relier les principales villes d’Ouzbékistan. Le train à grande vitesse Afrosiyob offre un excellent confort pour les trajets Tachkent–Samarcande et Tachkent–Boukhara. Il est conseillé de réserver ses billets plusieurs jours à l’avance, particulièrement en haute saison, et d’opter pour les classes supérieures pour bénéficier d’un meilleur confort et d’une sécurité accrue.
La route reste le point noir : conduite agressive, dépassements dangereux, respect relatif des feux et des limitations, état variable du revêtement, éclairage nocturne insuffisant, animaux sur la chaussée… Conduire soi‑même demande une vigilance extrême, en particulier de nuit ou hors des grands axes. Pour les longs trajets, il est souvent judicieux d’engager un chauffeur.
L’utilisation d’une voiture personnelle est possible, mais suppose de respecter les règles locales (assurance, déclaration à l’entrée s’il s’agit d’un véhicule étranger, permis — souvent complété d’un permis international). Les contrôles routiers sont fréquents.
Banque, argent et gestion financière
L’Ouzbékistan est encore très largement une économie de cash. Le som ouzbek n’est pas disponible à l’étranger ; il faut donc arriver avec des devises à changer dans les bureaux de change officiels, en priorité des dollars américains récents et en bon état, les billets anciens ou abîmés étant parfois refusés.
Les cartes bancaires internationales sont acceptées dans les grands hôtels, restaurants et magasins de Tachkent, mais leur usage reste limité en province. Les distributeurs automatiques sont présents dans les grandes villes mais rares ailleurs. Il est donc indispensable de prévoir suffisamment d’argent liquide pour les déplacements hors des centres urbains.
Les transferts internationaux peuvent s’effectuer via des banques locales ou des services spécialisés. Des solutions comme Wise sont mentionnées pour faciliter les transferts de fonds, conserver plusieurs devises et disposer d’une carte de paiement utilisable dans plusieurs pays. Il est par ailleurs utile de vérifier si votre pays d’origine a signé une convention de non‑double imposition avec l’Ouzbékistan, ce qui est le cas de plus de 50 États, afin d’optimiser votre situation fiscale.
L’ouverture d’un compte bancaire local pour un expatrié est possible, mais elle est soumise à des procédures de « connaissance client » rigoureuses. Les non-résidents sont considérés comme des profils à risque élevé par les banques, ce qui entraîne des contrôles supplémentaires. Il est nécessaire de présenter de nombreux documents, tels qu’un passeport, une preuve de résidence et un numéro d’identification personnel.
Pour les entreprises, les règles sont plus strictes : un investisseur ne peut généralement ouvrir de compte qu’après avoir immatriculé une entité locale, sauf à entrer dans des catégories spécifiques (représentations diplomatiques, organisations internationales, investisseurs sur les marchés financiers, etc.).
Éducation et scolarisation des enfants
Pour les familles expatriées, la scolarisation est une question centrale. Le système public ouzbek, gratuit, enseigne principalement en ouzbek et en russe, avec des programmes nationaux. Il convient peu aux enfants qui ne maîtrisent pas ces langues.
Les écoles internationales sont concentrées à Tachkent et restent peu nombreuses au regard des métropoles plus établies. On y trouve notamment :
Présentation des principaux établissements scolaires internationaux proposant des programmes anglophones et internationaux dans la capitale ouzbèke.
École privée à but non lucratif, accréditée IB (Programme primaire, collège et diplôme). Enseignement en anglais de la maternelle à la terminale.
Membre d’un grand réseau international. Offre le programme britannique, l’IGCSE et l’A-Level avec un corps enseignant majoritairement étranger.
Plusieurs écoles (Westminster, Oxbridge, Cambridge, Invento…) proposant des programmes britanniques, canadiens, internationaux ou IB. Taille des classes, frais et langues d’enseignement (anglais, français, russe, turc) variés.
Les frais de scolarité sont généralement élevés pour le niveau de vie local, souvent entre 6 000 et plus de 20 000 USD par an selon l’établissement et le niveau, auxquels s’ajoutent des droits d’inscription, les repas et parfois divers services annexes. Des réductions pour fratries existent, et certains lycées offrent des bourses pour des élèves locaux méritants.
Pour les familles installées sur le long terme, inscrire les enfants à des cours de russe est fortement conseillé, afin de leur ouvrir l’accès à davantage de ressources éducatives et de faciliter leur intégration.
La communauté expatriée en Ouzbékistan est encore réduite mais en croissance, principalement à Tachkent. On y retrouve des enseignants, des collaborateurs d’ONG, des cadres expatriés dans l’énergie ou les mines, des entrepreneurs, et un nombre croissant de nomades digitaux profitant du faible coût de la vie.
Des groupes sur les réseaux sociaux (Facebook, Telegram, etc.) permettent aux étrangers d’échanger des conseils, de chercher un logement, une école ou un médecin, d’organiser des événements et de socialiser. Des réseaux plus formels comme InterNations ou des clubs d’expatriés locaux organisent également des rencontres régulières.
Beaucoup d’étrangers rapportent une intégration facilitée par la cordialité des Ouzbeks, même si la barrière de la langue et les différences culturelles peuvent être sources de malentendus au début. Certains témoignages évoquent une expérience très positive, avec un sentiment de sécurité élevé, des habitants prêts à aider, voire à offrir un transport ou un repas sans rien attendre en retour.
Bien préparer son installation : quelques recommandations finales
S’installer en Ouzbékistan est une aventure enrichissante, mais qui ne s’improvise pas. Un projet d’expatriation réussi repose sur quelques précautions essentielles :
Avant votre départ, vérifiez précisément les conditions de visa selon votre projet et nationalité. Souscrivez une assurance santé internationale incluant l’évacuation médicale. Établissez un budget réaliste, notamment pour la scolarisation des enfants. Anticipez les démarches administratives et conservez toutes les preuves de séjour. Apprenez les bases du russe ou de l’ouzbek pour la communication quotidienne et les urgences. Respectez scrupuleusement les lois locales sur la religion, les drogues, l’orientation sexuelle et la résidence. Pour les questions complexes (entreprise, fiscalité, immobilier, santé), consultez systématiquement des sources locales fiables (expats, avocats, professionnels).
Entre une capitale en mutation rapide, des villes historiques fascinantes, un peuple largement accueillant et une économie en plein mouvement, l’Ouzbékistan offre un terrain d’expatriation à la fois exigeant et excitant. Bien préparé, un séjour de quelques années — ou plus — peut y devenir une expérience de vie et de carrière particulièrement riche.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Ouzbékistan, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler l’Ouzbékistan pour sa fiscalité modérée sur les revenus, l’absence d’impôt sur la fortune, un coût de vie très inférieur à la France (Tachkent largement moins chère que Paris) et son positionnement entre Europe et Asie. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention du titre de séjour, détachement CNAS/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, interlocuteurs francophones/russophones) et intégration patrimoniale. Ce type d’accompagnement permet plus de 50 % d’économies fiscales potentielles tout en maîtrisant les risques (contrôles fiscaux, double imposition, adaptation culturelle).
Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.
Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.
Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.