Voyager en Suède sans voiture est non seulement possible, mais souvent la solution la plus simple, la plus économique et la plus écologique. Entre trains rapides, métros efficaces, réseaux de bus régionaux et ferries intégrés au système public, le pays a bâti l’un des réseaux de transport les plus fiables d’Europe. Ce guide pratique détaille le fonctionnement des transports en commun en Suède, avec un zoom approfondi sur le métro de Stockholm, unique réseau souterrain du pays.
Comprendre l’organisation des transports en Suède
En Suède, les transports publics sont gérés principalement au niveau régional. Chaque comté dispose de sa propre autorité de transport, qui coordonne bus, trains régionaux, parfois trams et ferries. Malgré cette organisation éclatée, le système fonctionne comme un puzzle bien huilé : chaque pièce régionale s’emboîte dans un réseau national de trains et de bus longue distance.
En Suède, les transports publics sont gérés par différents opérateurs selon les régions (ex: SL à Stockholm, Västtrafik à Göteborg). Un même billet, valable pour une zone définie, couvre généralement tous les modes de transport locaux (bus, tram, métro, trains de banlieue, parfois ferries).
Le résultat est un réseau dense, surtout dans le sud du pays, où trains et bus tissent un maillage serré entre villes et villages. Dans le nord, les grandes lignes ferroviaires restent présentes, mais des lignes secondaires ont été fermées et compensées par des bus interurbains, essentiels pour desservir les zones isolées et même transporter le courrier.
La ponctualité, la propreté et l’accessibilité sont au cœur du modèle suédois. La plupart des véhicules sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, avec rampes, places réservées, annonces visuelles et sonores. La législation anti-discrimination impose par ailleurs des aménagements raisonnables dans tout le secteur public, transports compris.
Les principaux acteurs régionaux
Même si un voyageur n’a pas besoin de mémoriser tous les noms, comprendre la logique régionale aide à s’y retrouver, notamment pour acheter le bon titre de transport ou télécharger l’application adaptée.
Aperçu des principales autorités régionales de transport en France et de leurs zones de desserte
Autorité organisatrice des transports en Île-de-France. Gère les réseaux de métro, RER, tramway et bus dans les huit départements de la région.
Autorité organisatrice des transports de la Métropole de Lyon. Opère le réseau TCL incluant métro, tramway, trolleybus et bus.
Organise les transports urbains sur son territoire, incluant le réseau RTM à Marseille (métro, tramway, bus) et les réseaux interurbains.
Autorité organisatrice des transports de l’agglomération nantaise. Gère le réseau TAN (tramway, busway, bus et navettes fluviales).
Gère les transports en commun de Toulouse Métropole, incluant le réseau de métro, tramway, téléphérique et bus.
Coordonne les projets de transport structurants du Grand Paris, notamment le Grand Paris Express (nouveaux métros automatiques).
| Région / Opérateur | Principales villes desservies | Modes principaux |
|---|---|---|
| SL (Stockholm) | Stockholm et comté de Stockholm | Métro, bus, tram, trains, ferries |
| Västtrafik | Göteborg, Borås, Skövde, Trollhättan, Uddevalla… | Bus, tram, trains, ferries |
| Skånetrafiken | Malmö, Lund, Helsingborg, Kristianstad, Ystad… | Bus, trains (jusqu’au Danemark) |
| UL (Uppsala) | Uppsala, Arlanda, Västerås, Gävle… | Bus, trains |
| Östgötatrafiken | Linköping, Norrköping, Motala… | Bus, trains, tram (Norrköping) |
| Länstrafiken Norrbotten | Kiruna, Luleå, Gällivare, Haparanda… | Bus |
| Länstrafiken Västerbotten | Umeå, Skellefteå, Lycksele… | Bus |
| Din Tur | Sundsvall, Härnösand, Örnsköldsvik… | Bus |
| Jönköpings Länstrafik | Jönköping, Nässjö, Värnamo… | Bus, trains |
| Hallandstrafiken | Halmstad, Varberg, Laholm… | Bus |
| Blekingetrafiken | Karlskrona, Ronneby, Karlshamn… | Bus |
Dans presque toutes ces régions, on retrouve les mêmes principes : billets multi-modaux, réductions pour jeunes, étudiants et seniors, cartes rechargeables et applications mobiles pour acheter et valider ses titres.
Le rôle central du train à l’échelle nationale
Pour les grandes distances, le train reste la colonne vertébrale du réseau suédois. La compagnie nationale SJ dessert les principaux axes (Stockholm–Göteborg, Stockholm–Malmö, Stockholm–Luleå/Kiruna, etc.) avec des trains rapides et intercity. D’autres opérateurs privés ou étrangers complètent l’offre (VR, Snälltåget, VY, Mälartåg, Öresundståg, Flixtrain).
La Suède dispose d’un réseau ferroviaire d’environ 15 000 km, dont plus de la moitié est électrifiée.
Pour l’usager, l’essentiel est ailleurs : les trains sont généralement rapides, confortables, et la réservation de siège est obligatoire sur la plupart des trains longue distance. Les billets SJ ne s’achètent plus à bord, mais via l’application, le site ou des revendeurs comme Pressbyrån ou 7-Eleven. Acheter en avance permet de bénéficier de tarifs « dernière minute » très bas, parfois autour de 95 SEK sur certains trajets, ou 195 SEK sur les trains les plus rapides.
Les bus longue distance : l’alternative économique
Sur de nombreuses liaisons interurbaines, surtout entre grandes villes, les bus assurés par des compagnies comme FlixBus, Svenska Buss, Ybuss ou VY Bus4You offrent une alternative souvent moins chère que le train. Ces autocars sont modernes, souvent équipés de Wi-Fi, de prises électriques et de toilettes.
Le marché des bus interurbains est totalement libéralisé depuis la fin des années 1990. Dans les zones moins desservies par le train, comme dans le nord du pays, ces lignes privées ou régionales constituent parfois le seul transport public disponible pour relier les petites villes. De nombreuses lignes sont spécifiquement coordonnées avec les horaires des trains : les bus régionaux « länstrafik » sont conçus comme des prolongements des lignes ferroviaires, garantissant ainsi une continuité de service de bout en bout du trajet.
Pour les voyageurs internationaux, ces bus constituent une porte d’entrée pratique vers la Suède ou vers les pays voisins (Norvège, Danemark, Allemagne, Pologne, voire plus au sud via des liaisons Eurolines ou FlixBus).
Focus sur Stockholm : un système intégré autour du Tunnelbana
Le cas de Stockholm est particulier : c’est la seule ville de Suède à disposer d’un métro. Ce réseau, appelé Tunnelbana ou Tunnelbanan, est exploité par SL (Storstockholms Lokaltrafik) et considéré comme l’ossature du système de transport de la capitale.
Autour de ce métro gravitent :
– près de 500 lignes de bus, dont une cinquantaine de lignes de nuit ;
– plusieurs lignes de tram (dont Tvärbanan, Lidingöbanan, Nockebybanan et Spårväg City) ;
– un réseau de trains de banlieue (Pendeltåg) reliant Stockholm à des villes comme Märsta, Södertälje, Uppsala ou Nynäshamn ;
– quelques ferries intégrés au réseau SL, notamment vers Djurgården et certains secteurs de l’archipel proche.
Tout cela fonctionne avec un système tarifaire unifié : un même billet permet de passer du métro au bus, puis au tram ou au train de banlieue, sans supplément de zone à l’intérieur du comté de Stockholm, et dans la limite du temps de validité.
Le métro de Stockholm : chiffres clés et structure du réseau
Mis en service en 1950, le Tunnelbana a été le premier métro des pays nordiques. Il reste l’unique réseau souterrain de Suède. Long d’un peu plus de 105 km, il comporte 100 stations, toutes situées dans la zone tarifaire A de SL. Environ la moitié des stations sont souterraines, l’autre moitié en surface ou en viaduc.
Le réseau est structuré en trois grandes lignes colorées – verte, rouge, bleue – elles-mêmes subdivisées en sept services numérotés. Toutes traversent le centre-ville, la structure est donc fortement radiale : il n’existe pas de ligne circulaire.
| Ligne (couleur) | Désignation officielle | Longueur (km) | Stations (total) | Dont souterraines | Principaux services (T) |
|---|---|---|---|---|---|
| Verte | Tunnelbana 1 | 41,256 | 49 | 12 | T17, T18, T19 |
| Rouge | Tunnelbana 2 | 41,238 | 36 | 20 | T13, T14 |
| Bleue | Tunnelbana 3 | 25,516 | 20 | 19 | T10, T11 |
Les trois lignes se croisent à T-Centralen, la grande station centrale souterraine située sous la gare principale Stockholm Central. C’est la station la plus fréquentée du réseau, avec environ 161 000 passagers par jour. D’autres nœuds importants de correspondance sont Fridhemsplan, Slussen et Gamla stan.
C’est le nombre estimé de millions de passagers transportés annuellement par le Tunnelbana.
Métro, art et culture : la « plus longue galerie du monde »
Au-delà des chiffres, le métro de Stockholm est célèbre pour ses stations décorées. Plus de 90 stations sur 100 comportent des œuvres d’art, fresques, sculptures, installations lumineuses ou graphiques, réalisées par plus de 150 artistes. Cette politique culturelle, formalisée dès la fin des années 1950 par le conseil municipal, est devenue l’une des signatures de la ville.
T-Centralen, par exemple, est connue pour ses voûtes peintes en bleu et blanc. Solna Centrum présente de longs tunnels rouges et verts illustrant des scènes de vie rurale et des messages environnementaux. Stadion est ornée d’un célèbre arc-en-ciel monumentale au-dessus des voies. SL organise d’ailleurs des visites guidées « art dans le métro », qui transforment un simple trajet en balade culturelle.
Horaires et fréquence : un métro presque 24h/24
Le fonctionnement du Tunnelbana est adapté à un usage intensif, avec des amplitudes horaires larges et une offre renforcée aux heures de pointe.
En semaine et le samedi, le service commence vers 5h et s’arrête vers 1h. Le dimanche, le démarrage est plus tardif, autour de 7h. Les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche, certains tronçons fonctionnent toute la nuit avec des fréquences réduites.
Les intervalles entre trains varient en fonction du moment de la journée :
| Période de la journée | Intervalle typique par branche | Intervalle dans le tronc central |
|---|---|---|
| Pointe matin/soir (env. 6h30–9h et 16h–18h30) | 4–6 minutes | 2,5–5 minutes |
| Milieu de journée | 5–6 minutes | — |
| Soir (jusqu’à ~21h) | 10 minutes | — |
| Nuit (après ~21h) | 15 minutes | — |
| Après minuit (hors nuits 24h) | ~30 minutes | — |
| Nuits vendredi/samedi toute la nuit | ~30 minutes | — |
Pour l’usager, cela se traduit, dans les tronçons centraux, par une impression de métro « à la demande », en particulier aux heures de travail où l’on attend rarement plus de quelques minutes.
Accessibilité et confort : un réseau pensé pour tous
Le Tunnelbana et le réseau SL dans son ensemble affichent des standards très élevés en matière d’accessibilité. Plusieurs éléments se combinent pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap :
– quais à hauteur des trains permettant un accès de plain-pied ou presque ;
– ascenseurs dans la quasi-totalité des stations, complétés par des escalators ;
– bandes podotactiles au sol et guidage tactile pour les personnes malvoyantes ;
– annonces sonores et visuelles systématiques ;
– affichages numériques en temps réel indiquant les départs ;
– assistance possible pour le déploiement de rampes, sur demande.
Un indicateur international publié en 2021 a classé Stockholm au niveau maximal (100) pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, en comparaison avec d’autres grandes métropoles mondiales. Les gares importantes disposent en outre de toilettes publiques et des systèmes de chauffage de quai en plein air pour éviter la neige et la glace en hiver.
Matériel roulant et technologie
Le métro de Stockholm utilise principalement deux familles de rames : les C20, plus anciennes mais encore dominantes, et les C30, plus récentes. Un train complet mesure environ 140 mètres et peut transporter près de 1 250 passagers. Les lignes verte et bleue reposent surtout sur le parc C20, la ligne rouge mélange C20 et C30.
Les trains circulent sur la voie de gauche, conformément au standard des chemins de fer suédois, et sont alimentés électriquement par un troisième rail. Les vitesses maximales sont atteignables dans ces conditions.
– 80 km/h sur les lignes rouge et bleue ;
– 70 km/h sur la ligne verte ;
– 50 km/h à l’approche des stations.
La ligne verte est équipée d’un système de conduite automatique (ATO), qui assiste la conduite et optimise les intervalles. Les lignes rouge et bleue fonctionnent avec un système de sécurité plus ancien, fourni par Union Switch & Signal.
Projets d’extension : la « Nya tunnelbanan »
Stockholm est en pleine expansion et le métro avec lui. Un grand programme baptisé « Nya tunnelbanan » prévoit plus de 30 km de nouveaux tunnels et de nombreuses stations supplémentaires d’ici les années 2030.
Parmi les principaux chantiers :
– prolongement de la ligne bleue vers le nord-ouest, d’Akalla à Barkarby, avec les nouvelles stations Barkarbystaden et Barkarby ;
– prolongement vers le sud-est depuis Kungsträdgården en direction de Nacka, avec des stations prévues à Sofia, Hammarbykanal, Sickla, Järla et Nacka Centrum ;
– reprise de la branche Hagsätra, aujourd’hui rattachée à la ligne verte, pour la connecter à la ligne bleue via Årstaberg ;
– création d’une branche de la ligne verte entre Odenplan et Arenastaden, via Hagastaden ;
– projet de nouvelle ligne jaune (T20/T21) entre Fridhemsplan et Älvsjö ;
– extension du dépôt de Högdalen pour accueillir les nouvelles rames.
À plus long terme, une extension vers la zone de l’aéroport de Bromma est étudiée, même si celui-ci doit fermer d’ici 2038. Pour l’usager, ces projets se traduiront par davantage de lignes directes, moins de correspondances et une desserte renforcée de nouveaux quartiers en développement.
Billets, tarifs et moyens de paiement : comment s’y retrouver
Le principe général en Suède est simple : chaque région a ses propres tarifs et titres, mais l’esprit est le même partout. Stockholm fournit un bon exemple de ce fonctionnement.
Le système tarifaire à Stockholm (SL)
SL a abandonné l’ancien découpage en plusieurs zones pour un système largement unifié. Un billet unique donne accès au réseau bus–métro–tram–trains de banlieue–certaines lignes de ferry pendant une durée déterminée, avec correspondances illimitées.
Pour 2025, les repères sont les suivants pour la zone centrale (A) :
| Type de titre (zone A, SL) | Durée de validité | Tarif standard adulte (approx.) | Tarif réduit (jeunes 7–19, étudiants, seniors 65+) |
|---|---|---|---|
| Billet simple | 75 minutes | 43 SEK | ~20–26 SEK |
| 24 heures | 24 h | 180 SEK | — (en pratique ~110–120 SEK selon grilles) |
| 72 heures | 72 h | 360 SEK | — |
| 7 jours | 7 jours | 470 SEK | — |
| 30 jours | 30 jours | 1 060 SEK | — |
| 90 jours | 90 jours | 3 070 SEK | — |
| 365 jours | 365 jours | 11 130 SEK | — |
Les enfants de moins de 7 ans voyagent gratuitement, et les 7–11 ans ne paient pas lorsqu’ils sont accompagnés d’un adulte muni d’un titre valable (dans certaines limites par adulte). Particularité locale : sur les bus urbains rouges de Stockholm, un parent avec une poussette ne paie pas son trajet, tandis que cette gratuité ne s’applique pas aux bus bleus articulés du centre.
Pour les trajets en Pendeltåg (trains de banlieue) vers l’aéroport d’Arlanda, un supplément spécifique s’ajoute au billet SL standard. Le train express Arlanda Express, quant à lui, utilise un système de billetterie totalement séparé, beaucoup plus cher mais offrant un trajet très rapide.
Moyens de paiement à Stockholm
SL met à disposition plusieurs canaux d’achat, ce qui est précieux dans un pays très largement sans espèces :
À Stockholm, plusieurs options existent pour acheter et valider ses titres de transport. La **Carte SL Access** est une carte à puce rechargeable (environ 20 couronnes) sur laquelle on charge des billets courts (75 min, 24/72h) ou des abonnements (7 à 365 jours). On la valide en la présentant sur les lecteurs. L’**Application SL « Journey planner and tickets »** permet de planifier un itinéraire, d’acheter et stocker des billets via une carte bancaire ou Swish, et fournit des infos trafic en temps réel. Le **paiement sans contact** (carte bancaire Visa/Mastercard/Amex ou Apple/Google Pay) sur un lecteur achète automatiquement un billet simple adulte de 75 minutes. L’achat par **SMS** (ex: envoyer « H ») reste possible avec un abonnement téléphonique suédois. Enfin, les **points de vente physiques** incluent les guichets SL Center, les kiosques Pressbyrån, les 7-Eleven et les distributeurs automatiques.
Les billets SL sont « activés » à l’achat : il n’est pas nécessaire de les composter séparément. Le contrôle se fait par des agents mobiles ou à l’entrée des stations, et voyager sans titre valable expose à une amende forfaitaire de 1 500 SEK.
Gothenburg, Malmö et les autres régions : esprit commun, détails différents
À Göteborg, l’autorité Västtrafik applique une logique similaire dans sa zone urbaine principale (Zone A) : un billet simple valable 90 minutes couvre bus, tram, trains de banlieue et ferries. On peut payer par carte sans contact directement à bord, via l’application « Västtrafik To Go » ou avec une carte Västtrafik rechargeable.
Le prix en SEK d’un pass de 3 jours permettant une liberté totale sur le réseau de transport.
À Malmö et dans tout le Skåne, Skånetrafiken gère un réseau intégré bus–trains qui s’étend jusqu’au Danemark et à d’autres comtés voisins. Là aussi, une application dédiée, des cartes rechargeables et le paiement sans contact simplifient la vie des voyageurs.
Réductions pour jeunes, étudiants et seniors
Une constante dans la quasi-totalité des régions : des réductions substantielles pour :
– les jeunes (souvent 7–19 ans) ;
– les étudiants inscrits à temps plein ou partiel selon des seuils définis (souvent 75 % d’un semestre) ;
– les seniors à partir de 65 ans.
Les étudiants utilisent en général des cartes numériques comme Mecenat, Studentkortet ou WeStudents, affichant un « symbole de voyage » spécifique validé par les autorités de transport (différent selon les régions). Sans ce symbole, la réduction étudiant peut être refusée lors d’un contrôle.
L’exemple de Stockholm est parlant : SL applique environ –33 % sur certains billets et abonnements étudiants, à condition d’être inscrit à au moins 75 % d’un temps plein et que la carte Mecenat affiche le logo SL.
Se déplacer la nuit : métros tardifs et bus de nuit
En semaine, le Tunnelbana ferme en général autour de 1 h du matin. Au-delà, le réseau ne s’endort pas pour autant. Dans la capitale, une cinquantaine de lignes de nuit prennent le relais, souvent numérotées dans les séries 90 ou avec la lettre N devant le numéro (N91, N92, N93, etc.). Ces bus partent surtout de T-Centralen et suivent les grands axes des lignes de métro et de trains de banlieue.
Les tarifs sont fixes, identiques de jour comme de nuit, garantissant une facturation sans surprise. La fréquence des passages varie selon les lignes : de 20 à 30 minutes sur les axes les plus fréquentés, jusqu’à une fois par heure dans certains secteurs.
Les vendredis et samedis, le métro fonctionne toute la nuit sur plusieurs branches, avec un intervalle d’environ 30 minutes entre les trains. Les trains de banlieue (Pendeltåg) prolongent aussi leur service. Dans les autres grandes villes, comme Göteborg ou Uppsala, des réseaux de bus de nuit existent également, avec une densité généralement plus élevée en fin de semaine.
Connexions avec les aéroports
Les principaux aéroports suédois sont bien reliés par les transports collectifs, mais chaque cas a ses spécificités.
Pour rejoindre Stockholm Arlanda (ARN), le train express Arlanda Express est le plus rapide (18-20 min) mais coûteux. Des alternatives plus économiques existent : le train de banlieue Pendeltåg (avec un billet SL/UL et un supplément), ou les bus Flygbussarna/FlixBus. Pour Bromma (BMA), utilisez un bus depuis la station de métro Brommaplan (ligne 152) ou un tram puis bus depuis Alvik, avec un billet SL zone A. Skavsta (NYO) est accessible par des bus longue distance (billets auprès d’opérateurs privés). Pour les aéroports régionaux, privilégiez les navettes Flygbussarna (billets moins chers en ligne) ou vérifiez les offres combinées des opérateurs locaux comme Västtrafik.
Ferries : des transports publics sur l’eau
Avec sa multitude d’îles et ses longues côtes, la Suède s’appuie sur les ferries comme un composant à part entière des transports publics. Dans plusieurs régions, les autorités de transport intègrent des lignes maritimes au même titre que les bus.
À Stockholm, le réseau de transports publics SL intègre certaines dessertes de proximité, dont des liaisons maritimes. Par exemple, la liaison Djurgårdsfärjan entre Slussen et Djurgården (avec un arrêt possible à Skeppsholmen) est accessible avec le même billet SL que pour le métro. De même, la ligne de ferry de banlieue numéro 83 relie le centre à Vaxholm à des tarifs très modiques comparés aux croisières touristiques classiques.
Au-delà de ces ferries intégrés, l’archipel de Stockholm est desservi par Waxholmsbolaget, compagnie publique dépendante du comté. Ses bateaux parcourent l’archipel du nord au sud toute l’année. En basse saison, un abonnement SL de période est parfois valable sur ces ferries, ce qui étend la portée des titres urbains jusque dans les îles.
Dans la région de Göteborg, Västtrafik opère également plusieurs lignes maritimes, notamment vers l’archipel sud, où certaines îles sont entièrement piétonnes. Là encore, un simple ticket Västtrafik permet d’embarquer sur les ferries, avec la possibilité d’emmener des vélos dans la limite des places disponibles.
Accessibilité nationale : un pays pensé pour tous les voyageurs
Au-delà des métros et trams, l’accessibilité est une priorité sur l’ensemble des transports en commun suédois. Les trains nationaux SJ prévoient des wagons avec emplacements pour fauteuil roulant, des plateformes élévatrices et des sièges réservés. Les bus modernes sont équipés de planchers bas et de rampes escamotables.
Nombre de lieux répertoriés dans la base de données d’accessibilité suédoise (Tillgänglighetsdatabasen).
Dans l’espace public, traversées piétonnes avec signaux sonores, trottoirs larges et bandes podotactiles complètent ce dispositif. Les parcs nationaux suédois eux-mêmes développent des sentiers et équipements adaptés.
Usages et codes sociaux dans les transports
Utiliser les transports en commun en Suède, c’est aussi adopter quelques codes implicites fortement ancrés dans la culture locale.
Le premier est le respect du calme. Parler fort au téléphone dans un wagon ou bavarder bruyamment est considéré comme impoli. Les Suédois évitent en général les conversations avec des inconnus dans les bus ou le métro : l’espace public reste un espace de retrait, pas de sociabilisation forcée.
Dans les transports en commun, il est important de gérer l’espace avec considération. S’il y a des sièges libres, évitez de vous asseoir directement à côté d’une personne. Déposer un sac sur un siège libre à côté de soi est considéré comme impoli, particulièrement lors des heures d’affluence. Cependant, si vous vous êtes assis à côté d’un voisin par manque de place, vous lever immédiatement lorsqu’un autre siège se libère peut être perçu comme un geste désobligeant envers cette personne.
À quai ou à l’arrêt, la règle est claire : laisser descendre avant de monter, ne pas obstruer les portes, se placer sur les côtés plutôt que devant. Sur les escaliers mécaniques, on se tient à droite et on laisse la gauche libre à ceux qui souhaitent monter à pied. Aux arrêts de bus, la file d’attente se forme spontanément, chacun conservant une distance de courtoisie.
Ces codes sociaux, combinés à un système de tickets dématérialisés et à une culture très respectueuse des horaires, contribuent à faire des transports suédois des espaces particulièrement ordonnés.
Sécurité, règles et environnement
Sur le plan réglementaire, tout un ensemble de règles vise à maintenir une atmosphère sûre et agréable : interdiction de fumer ou vapoter dans les véhicules et sur les quais, consommation d’alcool proscrite, musique forte et comportements perturbateurs bannis. Sur le Tunnelbana, les trottinettes électriques et autres engins à batteries sont désormais interdits pour des raisons de sécurité incendie.
Les vélos non pliants sont généralement interdits dans le métro et limités dans les trains, tandis que les vélos pliants peuvent être tolérés hors des heures de pointe. Par ailleurs, les opérateurs mènent une politique stricte contre les graffitis. Par exemple, la RATP a réduit de plus de moitié les dégradations entre 2018 et 2022, grâce à des moyens importants.
L’engagement environnemental se retrouve aussi dans les choix techniques : bus urbains roulant au biodiesel ou à d’autres carburants alternatifs, tramways électriques, projets de bus à batteries rechargeables en ligne (Gothenburg expérimente même la recharge sans fil à certains arrêts). Les ferries, surtout ceux des opérateurs publics, ont également commencé leur transition énergétique.
Applications et outils numériques indispensables
Dans un pays très numérisé, le smartphone devient rapidement le meilleur allié du voyageur.
Pour la planification et l’achat de billets, chaque région propose sa propre application :
– « SL – Journey planner and tickets » pour Stockholm ;
– « Västtrafik To Go » pour Göteborg et l’ouest ;
– l’app Skånetrafiken pour Malmö et le Skåne ;
– l’app SJ pour les trains longue distance.
Les applications de transport fournissent des horaires en temps réel, des alertes trafic, des itinéraires intermodaux (train, bus, métro) et permettent d’acheter et stocker ses billets. Des applications tierces, comme Omio, agrègent les offres de plusieurs opérateurs (trains, bus) pour faciliter la comparaison des prix.
Pour Stockholm, des applications indépendantes complètent l’offre, comme « SL Stockholm Commute » ou « Stockholm Public Transport », qui permettent de consulter plans et horaires hors ligne, ou de suivre sa carte SL Access, sans toutefois vendre de billets.
Intégrer le vélo et la marche à ses déplacements
Les villes suédoises misent fortement sur les modes actifs : marche et vélo. Dans Stockholm, Göteborg, Malmö ou Uppsala, les réseaux de pistes cyclables dépassent souvent plusieurs centaines de kilomètres, avec des priorités aux feux, des parkings vélo sécurisés près des gares et, parfois, la possibilité d’embarquer son vélo dans certains trains régionaux.
Pourcentage des habitants de Malmö se rendant au travail à vélo, une part bien plus élevée qu’à Stockholm.
Cette forte intégration se ressent sur le terrain : arrêts de bus conçus comme des hubs avec stationnement vélo, trottoirs larges séparés des pistes cyclables, feux tricolores spécifiques pour les cyclistes. Coupler un abonnement de transport et un vélo (propre ou partagé) est souvent la façon la plus efficace de se déplacer quotidiennement.
Conseils pratiques pour voyager en transports en commun en Suède
Pour conclure, quelques principes simples permettent de tirer le meilleur parti du réseau suédois :
Pour des déplacements efficaces et économiques en Suède, privilégiez une carte ou l’application locale pour les séjours de plusieurs jours dans une même région (ex: SL, Västtrafik). Anticipez les trajets vers les aéroports en comparant les options (train express, régional, bus). Profitez des réductions pour jeunes, étudiants et seniors (prévoyez un justificatif). Utilisez les applications officielles pour les infos trafic en temps réel. Adoptez les codes locaux (calme, priorité aux voyageurs qui descendent, escalators à droite) pour une expérience fluide. Enfin, pour les longues distances, le train, bien que parfois plus cher, offre souvent un meilleur rapport confort/rapidité avec des paysages magnifiques.
Les transports en commun en Suède ne sont pas qu’un moyen fonctionnel d’aller d’un point A à un point B ; ils reflètent une certaine idée de la ville durable, inclusive et culturelle. Entre art souterrain dans le Tunnelbana, ferries publics glissant entre les îles et trains filant à travers les forêts, se déplacer devient une part intégrante du voyage.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en maintenant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Suède, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Suède pour la stabilité juridique et économique, un système fiscal prévisible, l’absence d’impôt sur la fortune depuis 2007 et une forte sécurité sociale, tout en conservant l’accès UE/Schengen. Malgré un coût de vie élevé (Stockholm plus cher que Paris), l’environnement économique et la qualité de vie ont été jugés prioritaires. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence suédoise, coordination Försäkringskassan/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques…), intégration dans un réseau local (avocat, immigration, conseillers francophones) et optimisation patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), en s’appuyant sur la convention fiscale FR‑SE pour limiter la double imposition.
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