Les différences culturelles à connaître avant de s’expatrier en Suède

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La décision de s’installer en Suède ne se résume pas à trouver un travail et un logement. Pour beaucoup de nouveaux arrivants, le vrai choc se joue ailleurs : dans les codes sociaux discrets, la manière de travailler, la relation au temps, à l’État, au climat et même au silence. Comprendre ces différences culturelles en amont évite bien des malentendus et permet d’aborder l’expatriation avec des attentes réalistes.

Bon à savoir :

Malgré une réputation de haute qualité de vie et d’égalité, l’intégration pour un étranger peut être lente. Le marché du logement est tendu, l’administration très structurée, et les pratiques professionnelles diffèrent notablement de celles d’Europe du Sud ou d’Amérique latine. Le climat, tant physique que social, est parfois perçu comme froid.

Un pays égalitaire… mais réservé

La société suédoise se définit volontiers comme égalitaire. Dans la rue comme au travail, tout le monde tutoie, les titres sont rarement utilisés, les hiérarchies sont peu visibles. Pourtant, de nombreux expatriés décrivent une impression de distance au début.

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Plus de 60 % des expatriés en Suède disent avoir du mal à se faire des amis, contre une moyenne mondiale de 37 %.

Ce paradoxe – une société globalement sûre, propre, bien organisée, mais où l’on peut se sentir seul – est central pour comprendre le pays. Le respect de la vie privée est une valeur cardinale. La politesse consiste souvent à “ne pas déranger” : éviter de parler trop fort, ne pas poser de questions trop intrusives, ne pas imposer sa présence.

Le poids du “lagom” : la culture du juste milieu

Impossible de parler de différences culturelles sans évoquer “lagom”, concept difficile à traduire, qui signifie quelque chose comme “juste ce qu’il faut, ni trop ni trop peu”. Cette idée irrigue la manière de consommer, de travailler, de se comporter en société.

Un proverbe résume bien cet état d’esprit : “Lagom är bäst”, que l’on pourrait traduire par “La juste mesure, c’est ce qu’il y a de mieux”. Contrairement à une simple “moyenne” au rabais, lagom est valorisé positivement : faire les choses à la bonne échelle, sans excès, sans ostentation.

Dans la décoration intérieure, on privilégie des lignes simples, des couleurs sobres, des objets utiles plutôt que l’accumulation. Dans la consommation, l’accent est mis sur la durabilité, le local, la qualité plutôt que sur le volume ou l’ostentation. Dans la vie quotidienne, il est mal vu de “se la raconter” : parler trop de son salaire, de ses succès, de sa réussite sociale heurterait cette culture de la modestie, souvent associée à la fameuse “loi de Jante” qui, en résumé, répète : “Ne crois pas que tu vaux mieux que les autres”.

Principe de la culture scandinave

Pour un expatrié venant de cultures plus démonstratives, ce cadre peut paraître brider la spontanéité. Mais il a aussi des effets très concrets : peu de cris dans l’espace public, une relative discrétion des signes extérieurs de richesse, et une préférence pour des relations équilibrées où personne ne monopolise la parole ou ne se met trop en avant.

Lagom au travail et dans la vie sociale

Dans le monde professionnel, lagom se traduit par une forte valorisation de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. La norme tourne autour de 40 heures hebdomadaires, et rester tard tous les soirs n’est pas un signe de dévouement, mais plutôt d’une mauvaise gestion de sa charge de travail. Les e‑mails envoyés le soir ou le week-end sont mal perçus. Les vacances d’été s’étalent souvent sur trois ou quatre semaines consécutives, et il est attendu que chacun prenne effectivement ses congés.

Astuce :

Socialement, le concept de ‘lagom’ encourage à ne pas exiger des autres qu’ils soient toujours disponibles ou partants pour toute activité. Il est valorisé d’avoir un cercle d’amis restreint, de se réserver du temps pour soi et de choisir ses engagements sans chercher à tout faire, tout le temps. Cette approche privilégie la qualité des relations et le bien-être personnel plutôt que la quantité d’interactions sociales.

Un climat extrême qui façonne les comportements

La Suède s’étend de 55 à 69 degrés de latitude nord, avec un territoire de plus de 400 000 km². Grâce au Gulf Stream et aux vents d’ouest, le pays est plus doux que ce que sa position géographique laisserait penser, mais le climat reste exigeant.

Les saisons sont très marquées : en janvier, les maximales diurnes tournent entre –9 °C dans le nord et 3 °C dans le sud. En juillet, elles oscillent plutôt entre 19 et 24 °C, avec des températures étonnamment homogènes du sud au nord lorsqu’il s’agit de l’été. Dans la capitale, la lumière du jour dépasse 18 heures au solstice d’été, mais chute à environ 6 heures autour de la fin décembre.

Attention :

L’alternance rapide lumière/obscurité, avec des nuits précoces en hiver, des températures basses et un ciel souvent couvert, nécessite une période d’adaptation et peut provoquer une déprime liée au manque de soleil, particulièrement pour les personnes originaires de pays plus ensoleillés.

La culture suédoise a intégré ces contraintes depuis longtemps. On allume des bougies, on mise sur le “mys” – l’art du cocooning, notamment le vendredi soir (“fredagsmys”) – pour compenser l’austérité extérieure. De nombreux expatriés constatent que les Suédois deviennent nettement plus expansifs, enclins à sortir et à socialiser pendant les mois lumineux, alors que l’hiver incite davantage au repli chez soi.

Pour relativiser ce climat parfois rude, il faut aussi rappeler que la sécurité extérieure reste élevée, que les villes sont propres et bien entretenues, et que la nature est facilement accessible, ce qui encourage une vie active même par temps froid.

Tableau : quelques repères climatiques utiles

IndicateurSud / Centre (ex. Stockholm)Nord du pays
Température moyenne en janvier (max)~0 à 3 °Cjusqu’à –9 °C
Température moyenne en juillet (max)20–24 °C19–22 °C
Durée du jour fin juin (Stockholm)> 18 heuresSoleil de minuit au nord du cercle polaire
Durée du jour fin décembre (Stockholm)~6 heuresNuit quasi totale au nord
Précipitations annuelles500–800 mm (général), + au sud-ouestJusqu’à ~2 000 mm en montagne

Comment se lier d’amitié dans une société de cercles fermés

L’un des constats récurrents des études comme des témoignages d’expatriés est la difficulté à entrer dans les cercles sociaux suédois. Beaucoup de Suédois gardent des amis issus de l’école, de la famille ou d’un sport pratiqué depuis l’enfance, et mélangent peu les groupes : collègues d’un côté, amis de longue date de l’autre, parents d’élèves ailleurs, etc.

La statistique est parlante : plus de la moitié des 16–24 ans disent ne pas socialiser avec des proches parents dans la vie quotidienne, et une proportion non négligeable de jeunes comme de personnes âgées déclare s’être sentie seule au cours des deux dernières semaines dans certaines enquêtes. Le sentiment de solitude n’est donc pas seulement un problème d’expatriés, mais un trait sociétal.

Exemple :

Pour un nouvel arrivant en France, l’approche directe et spontanée, comme entamer une conversation avec un inconnu dans un lieu public et prévoir un nouveau rendez-vous rapidement, fonctionne rarement. La création de liens sociaux passe principalement par des ‘communautés-cadres’ : des activités régulières et structurées telles que le sport, les associations, les clubs, les groupes de parents d’élèves ou la vie étudiante. L’amitié émerge ainsi progressivement, née du partage répété d’une activité commune, plutôt que d’une première interaction isolée.

Tableau : perception des relations sociales en Suède

Indicateur (expats / études)Résultat approximatif
Expats trouvant difficile de se faire des amis~63 %
Expats insatisfaits de leur vie sociale~38 %
Jeunes (16–24 ans) ne socialisant pas avec des proches parents> 55 %

Stratégies qui fonctionnent vraiment

Pour contourner cette barrière initiale, plusieurs pistes reviennent très souvent dans les retours d’expérience :

Investir les structures étudiantes : en logement en couloir (cuisine partagée à 10–12), les “Nations” universitaires qui organisent soirées, brunchs, cafés de langue, sports et bénévolat. Pour un étudiant étranger, ces lieux sont des incubateurs de relations.

Intégration sociale en Suède

Les associations, appelées ‘föreningar’, sont essentielles pour rencontrer des gens et s’intégrer dans la vie sociale suédoise. Voici quelques pistes pour participer à la vie associative.

Activités artistiques et culturelles

Rejoignez une chorale, un atelier de poterie ou un club de lecture pour partager vos passions dans un cadre convivial.

Danse et mouvement

Participez à des cours ou clubs de danse, une excellente manière de se rencontrer et de rester actif.

Sports d’équipe et nature

Engagez-vous dans un sport collectif ou un club de randonnée pour allier activité physique et lien social.

Participer à la vie locale via des événements comme Midsommar ou Lucia, des festivals (cinéma, musique), des fêtes de quartier.

– Utiliser les cafés de langue (“language cafés”) et les cours de “Svenska för invandrare” (SFI), qui combinent apprentissage linguistique et rencontres avec d’autres nouveaux arrivants.

S’appuyer sur des communautés d’origine (associations culturelles, groupes Facebook d’expats) comme base de sécurité… tout en veillant à ne pas rester uniquement entre compatriotes.

Il est souvent utile de dire très clairement aux gens rencontrés que vous cherchez à vous faire des amis. La franchise, si elle reste sobre et non insistante, est appréciée. Inviter quelqu’un à prendre un “fika” – la fameuse pause café-pâtisserie – est une façon classique et peu engageante de tester le terrain.

La barrière de la langue : moins haute qu’on ne le croit, mais réelle

La plupart des Suédois parlent un anglais excellent, surtout dans les grandes villes et parmi les jeunes. Certains secteurs, notamment dans la tech ou les multinationales, fonctionnent largement en anglais au quotidien. Pour un expatrié, il est donc possible de trouver un emploi où le suédois n’est pas indispensable dans un premier temps.

Mais la langue reste un marqueur fort dans l’intégration. Beaucoup de conversations informelles, lors des pauses café par exemple, se déroulent spontanément en suédois. Les collègues peuvent faire l’effort de passer à l’anglais pour vous inclure, mais cela crée une dynamique artificielle et ne dure pas toujours. Sans suédois, on reste souvent en marge de la “vraie” conversation, celle où se partagent les blagues, les sous-entendus, les signaux faibles.

L’État propose des cours gratuits de “Svenska för invandrare” (SFI). Des institutions comme Folkuniversitetet ou les universités organisent aussi des cours de différents niveaux, parfois payants. Des cafés de langue, des tandems linguistiques et un riche écosystème de podcasts, séries et livres en “lättsvenska” (suédois facile) complètent l’offre.

Quelques codes de base utiles

Au-delà de la grammaire, il est précieux de connaître certaines formules de politesse. Le “hej” informel sert dans la plupart des contextes. Le “tack” (merci) revient partout, de la caisse du supermarché au mail professionnel, et le “ursäkta mig” ou “förlåt” permettent d’attirer l’attention ou de s’excuser. Comprendre l’usage courant du vouvoiement (rare) et la tendance à utiliser le prénom dès le début aide aussi à mieux décrypter les interactions.

Une culture du travail très horizontale

Pour beaucoup d’expatriés, le monde professionnel est l’endroit où la différence culturelle se fait le plus sentir. La structure organisationnelle typique en Suède est extrêmement plate comparée à d’autres pays. Les managers sont rarement isolés dans des bureaux privés : ils partagent des open spaces, mangent à la même table au déjeuner, transportent eux-mêmes leur boîte-repas. Demander à un subordonné d’aller chercher son café serait considéré comme déplacé.

Bon à savoir :

Dans cet environnement, le respect se démontre par la préparation, la fiabilité et la qualité du travail, plutôt que par des formules cérémonieuses. La hiérarchie formelle est très atténuée, ce qui permet, par exemple, d’envoyer un e-mail directement à un responsable de haut niveau si le sujet relève de son domaine.

Tableau : quelques traits typiques de la culture professionnelle suédoise

DimensionFonctionnement en Suède
HiérarchieTrès plate, faible distance hiérarchique
Titre / formalismePrénoms, peu de titres honorifiques
DécisionRecherche de consensus, décision lente mais ensuite solide
PunctualitéEssentielle, arriver en retard est très mal vu
Temps de travail40 h env., peu d’heures supplémentaires, droit à la déconnexion
Dress codeInformel (jeans, chemise), sobriété, peu de tenues ostentatoires
CommunicationDirecte, calme, factuelle, peu d’emphase, silences acceptés
Vie privée / travailSéparées, collègues et amis rarement mélangés

La quête de consensus

La prise de décision repose beaucoup sur le consensus. Le manager agit souvent comme un facilitateur, donnant la parole à chacun, cherchant les points d’accord. Cela peut donner le sentiment d’un processus interminable pour un étranger habitué à des décisions rapides prises “d’en haut”. Il n’est pas rare que des projets structurants prennent plusieurs années à aboutir, le temps que tout le monde se sente embarqué dans la même direction.

Bon à savoir :

Une fois prise, la décision est rarement remise en question, grâce à un fort engagement collectif et une compréhension partagée des orientations. Pour s’intégrer, il est important de savoir que proposer son avis n’est pas perçu comme une remise en cause de l’autorité, mais comme une contribution attendue.

La ponctualité, une règle d’or

Le respect du temps de l’autre est pris très au sérieux. Arriver cinq minutes en avance à une réunion est un bon réflexe ; arriver cinq minutes en retard sans prévenir laisse une mauvaise impression. De la même manière, ne pas tenir un délai annoncé est vu comme un manquement à la parole donnée. En cas de problème, il vaut mieux prévenir tôt et expliquer, plutôt que se taire et livrer en retard.

Fika, pauses et sociabilité à petite dose

La “fika” est sans doute l’un des rituels les plus commentés par les étrangers. Il s’agit d’une pause café, souvent accompagnée d’une pâtisserie (kanelbulle, par exemple), qui a lieu une à deux fois par jour dans beaucoup de bureaux. C’est un moment informel, où l’on parle de sujets légers : météo, loisirs, films, enfants, projets de vacances.

Attention :

Pour un expatrié, participer aux pauses est crucial pour créer du lien, comprendre les dynamiques internes et exister au-delà de son simple poste. Un refus systématique ou une absence peut être perçu comme un manque d’intérêt pour l’équipe, même si cela n’est pas exprimé directement.

On retrouve la même logique pour les “after work” (AW) – ces apéritifs ou sorties organisés après le travail. La participation n’est jamais officiellement obligatoire, mais y aller de temps en temps aide beaucoup à s’intégrer, à condition de garder à l’esprit que les codes de sobriété et de retenue restent très présents, même si l’alcool a pour effet de rendre certains Suédois nettement plus bavards.

L’État-providence, omniprésent en toile de fond

Une autre différence structurante concerne la place de l’État et la fiscalité. La Suède affiche parmi les taux d’imposition les plus élevés au monde. L’impôt sur le revenu comprend une taxe municipale d’environ 32 % en moyenne, à laquelle s’ajoute au-delà d’un certain seuil (autour de 600 000 SEK par an, selon les années) une taxe nationale de 20 %. Le taux marginal cumulé peut ainsi dépasser les 50 %.

Les employeurs versent par ailleurs plus de 30 % de charges sociales sur les salaires, et la TVA atteint 25 % pour la plupart des biens et services. Pour un nouvel arrivant, la feuille de paie peut donc être un choc.

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Nombre de jours de congé parental par enfant à partager entre les parents en Suède

Tableau : quelques repères sur le système social et fiscal

AspectDonnée indicative
Taux moyen d’impôt municipal~32 %
Taux d’impôt national20 % au-delà d’un seuil de revenu annuel
Charges sociales employeur~31,4 % du salaire brut
Jours de congés payés/anMinimum légal de 25 jours
Jours de congé parental480 jours par enfant à répartir entre les parents
Couverture des dépenses de santé~97 % financées par impôts, reste à charge plafonné

Pour profiter de ces dispositifs, l’élément clé est le “personnummer”, numéro d’identité personnel délivré par l’administration fiscale aux résidents prévus pour au moins un an. Sans ce numéro, l’accès au système de santé, aux banques, aux abonnements téléphoniques ou à l’inscription scolaire est beaucoup plus compliqué. C’est l’un des premiers objectifs administratifs à atteindre pour tout expatrié.

Des services publics généreux, mais pas gratuits à l’usage

On imagine parfois que, dans un État-providence nordique, tout est gratuit. En réalité, le système repose plutôt sur une logique de petits tickets modérateurs avec plafonds. Une visite chez un généraliste coûte généralement l’équivalent de 10 à 30 euros, un passage chez un spécialiste un peu plus. Mais au-delà d’un certain montant cumulé annuel – autour de 1 100 à 1 400 SEK pour les consultations, et un autre plafond pour les médicaments – le reste de l’année est pris en charge à 100 %. Pour les enfants, beaucoup de soins sont totalement gratuits.

Bon à savoir :

Le coût des médicaments sur ordonnance est plafonné par palier et peut légèrement varier selon les régions, car les conseils régionaux financent et organisent les soins. Pour un expatrié habitué à un système privé, la combinaison d’un reste à charge symbolique et d’une infrastructure publique solide représente un changement notable.

Un système scolaire égalitaire et très structuré

L’école en Suède est obligatoire environ de 6 à 16 ans, avec une approche centrée sur l’égalité des chances. La loi sur l’éducation prévoit un accès identique à l’école, quel que soit le genre, le lieu de résidence ou le milieu social. Les taxes élevées permettent de financer des établissements généralement bien équipés, où les repas de midi et le matériel pédagogique de base sont inclus.

Bon à savoir :

Le système scolaire suédois débute par une préscolarisation (förskola) subventionnée dès 1 an, suivie d’une classe préparatoire obligatoire à 6 ans. L’enseignement obligatoire dure ensuite neuf ans. La grande majorité des élèves poursuit par un lycée (gymnasium) de trois ans, qu’il soit général ou professionnel.

Pour les familles expatriées, plusieurs particularités comptent :

Bon à savoir :

La scolarité publique est gratuite pour tous les enfants résidant légalement, y compris les étrangers. L’enseignement est en suédois, mais un soutien est prévu pour les non-francophones : cours de suédois comme seconde langue, cours de ‘langue maternelle’ pour maintenir la langue d’origine et classes préparatoires pour les nouveaux arrivants. Un système de ‘liberté de choix’ permet de demander une place dans différentes écoles publiques ou indépendantes subventionnées (friskolor) sans frais, bien que ce mécanisme soit plus utilisé par les familles les plus informées et aisées socialement.

Les écoles internationales existent surtout dans les grandes villes et s’adressent en priorité aux familles en séjour temporaire. Elles appliquent des programmes étrangers (britanniques, américains, IB, etc.) et pratiquent des frais d’inscription pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de couronnes par an. Pour un expatrié qui envisage de rester longtemps, intégrer ses enfants dans le système national peut favoriser leur intégration sociale, à condition d’accepter une phase de transition linguistique.

Le marché du logement : un choc pratique et culturel

Un autre domaine où les différences sont très marquées est le logement. La Suède connaît une pénurie aiguë dans les grandes villes, notamment à Stockholm, Göteborg, Malmö et Uppsala. Le système de location est fortement régulé, avec des loyers plafonnés dans le parc protégé et un “bostadskö” – file d’attente municipale – qui structure l’accès aux baux dits “de première main”.

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Les sous-locations en ‘seconde main’ à Stockholm peuvent coûter jusqu’à 60 % de plus que le loyer de base.

Ce système façonne lui aussi la culture : pour un Suédois, il est “normal” de changer plusieurs fois de logement avant de stabiliser sa situation, d’accumuler des années de queue dans plusieurs communes, d’accepter de vivre en périphérie plutôt qu’en centre‑ville. Pour un étranger, ces codes sont difficilement lisibles sans accompagnement. Ils renforcent également la tendance à planifier longtemps à l’avance, au lieu de tout organiser au dernier moment.

Sécurité, criminalité et perception

La Suède est fréquemment décrite comme l’un des pays les plus sûrs du monde. Les rues sont propres, les agressions aléatoires rares, et l’on se déplace facilement à pied, à vélo ou en transports. Cette réalité cohabite toutefois avec des phénomènes de criminalité ciblée (fusillades liées à des gangs, par exemple) qui font l’objet d’une grande attention médiatique, en particulier dans certains quartiers de grandes villes.

Bon à savoir :

Pour un expatrié, il est essentiel de bien choisir son quartier et de se renseigner auprès des locaux ou d’autres étrangers déjà installés. Dans la vie de tous les jours, la culture de la confiance est très présente : de nombreux services fonctionnent sur la base de déclarations honnêtes, avec un usage massif des paiements électroniques et une grande transparence dans les relations économiques.

Cette confiance va de pair avec une exigence de loyauté et de fiabilité dans les engagements. Manquer à sa parole, que ce soit dans une relation de voisinage, une association ou un emploi, peut laisser une très mauvaise impression, difficile à corriger ensuite.

Identité, diversité et tensions autour de l’immigration

Les dernières décennies ont vu la Suède accueillir des vagues importantes de migrants, notamment originaires du Moyen‑Orient et d’Afrique. De nombreux témoignages signalent que des personnes d’origine arabe vivent depuis des décennies dans le pays sans problème majeur de sécurité et qu’elles contribuent à la diversité culturelle. Dans le même temps, certains expriment des inquiétudes sur des attitudes racistes ou des discriminations ponctuelles.

Bon à savoir :

Le débat public sur l’immigration peut être tendu. La société suédoise accepte que l’on conserve ses traditions, mais elle attend clairement le respect des lois, des normes d’égalité (en particulier de genre) et de la culture locale. Cela inclut, par exemple, de ne pas réprimander les enfants en public, d’accepter la place des femmes dans la vie professionnelle et politique, et d’adopter les codes de politesse suédois.

Adapter ses attentes avant de partir

Ce tour d’horizon montre à quel point la Suède combine des avantages considérables – sécurité, État‑providence robuste, équilibre vie pro/vie perso, infrastructures de qualité, environnement naturel exceptionnel – et des défis bien réels pour l’expatrié : solitude initiale, marché du logement complexe, nécessité d’obtenir rapidement un personnummer, hiérarchies invisibles mais très codifiées, climat parfois éprouvant.

Bon à savoir :

Pour réussir son expatriation, il faut à la fois s’adapter aux valeurs locales de prévisibilité, de modestie, de planification et de consensus, et adopter une attitude proactive en apprenant la langue, en participant à des activités sociales (comme le fika, les associations ou les clubs), en exprimant clairement son désir de rencontrer des gens et en demandant de l’aide pour comprendre les démarches administratives.

En comprenant que la réserve n’est pas du rejet, que le “lagom” n’est pas de la médiocrité mais une philosophie de l’équilibre, que la lenteur apparente cache souvent une grande solidité dans les engagements, il devient plus simple de transformer ce pays “calme et propre” en véritable chez‑soi. Et c’est précisément cette compréhension fine des différences culturelles qui fait souvent la frontière entre une expatriation subie et une nouvelle vie pleinement investie en Suède.

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Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier de plus d’un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite transférer sa résidence fiscale en Suède pour optimiser sa charge imposable, diversifier ses investissements et conserver un lien avec la France. Budget : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations (Portugal, Danemark, Pays-Bas, Suède), la stratégie retenue vise la Suède pour la stabilité fiscale et juridique, l’absence d’impôt sur la fortune, un système social performant et un environnement économique dynamique. La mission comprend : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax, report d’imposition), obtention de la résidence et choix de la commune d’installation, coordination CNAS/CPAM et caisse suédoise, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (séjour >183 jours en Suède, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local francophone/anglophone et intégration patrimoniale (analyse et éventuelle restructuration). Cet accompagnement permet de capter les opportunités (optimisation de la retraite, investissements nordiques, transmission) tout en maîtrisant les risques (contrôle fiscal, convention fiscale FR‑SE, choc culturel et linguistique).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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