S’installer en Suède, c’est souvent l’assurance d’une excellente qualité de vie, d’un équilibre travail‑vie privée envié et d’un État‑providence performant. Mais pour un expatrié, une question revient très vite : comment se faire soigner, combien ça coûte, et faut‑il une assurance privée en plus du système public ?
Cet article propose un tour d’horizon détaillé des soins de santé pour les expatriés en Suède, en s’appuyant sur les données les plus récentes sur le système suédois et sur les meilleures pratiques internationales pour les étrangers installés à l’étranger.
Un système de santé universel… mais pas totalement gratuit
La Suède dispose d’un système de santé universel, financé en grande partie par l’impôt et considéré comme l’un des plus performants au monde. L’Organisation mondiale de la santé l’a classé 23ᵉ sur 191 pays pour son efficacité, et certains classements récents le placent en tête des systèmes publics les plus développés.
L’État consacre plus de 10 % de son PIB à la santé, un niveau élevé même à l’échelle européenne. En pratique, environ 97 % des coûts sont couverts par les impôts et les contributions publiques, et à peine 3 % par les patients via des tickets modérateurs. L’objectif affiché est clair : offrir un accès équitable à tous les résidents légaux.
Le système de santé suédois est décentralisé. Le gouvernement définit les grandes orientations et les normes, mais la gestion et le financement concrets (hôpitaux, centres de santé, maisons de retraite, etc.) sont assurés par 21 régions (comtés) et environ 290 municipalités. Ces régions sont dirigées par des élus tous les quatre ans, ce qui entraîne des variations dans les tarifs et l’organisation d’une région à l’autre.
Pour un expatrié, cela signifie deux choses très concrètes :
– l’offre et les frais peuvent légèrement varier selon l’endroit où l’on vit ;
– mais les grands principes restent les mêmes partout : couverture universelle des résidents, plafonnement des dépenses, et priorité aux soins essentiels.
Accès au système public : le rôle central du personnummer
Pour profiter pleinement du système public, un expatrié doit devenir, juridiquement, « résident » en Suède. La clé de voûte de cette intégration, c’est le fameux numéro d’identité personnelle, le personnummer.
Qu’est-ce que le personnummer ?
Le personnummer est un identifiant unique, construit sur la date de naissance suivie de quatre chiffres, qui suit la personne toute sa vie. Il est attribué par l’Agence suédoise des impôts (Skatteverket) lorsqu’on est inscrit au registre de la population.
Il est indispensable pour :
Pour accéder au système de santé en Suède, il est essentiel de s’inscrire dans un centre de santé (vårdcentral). Cette inscription vous permet de bénéficier des tarifs subventionnés, avec des tickets modérateurs plafonnés. Elle facilite également l’utilisation des pharmacies (apotek), des services en ligne de santé et du système d’e-prescription. Enfin, une carte d’identité suédoise est généralement requise comme pièce d’identité dans les cliniques et les pharmacies.
Sans personnummer, on reste traité comme un visiteur : on peut recevoir des soins, en particulier en urgence, mais on paie des tarifs « visiteurs » souvent très élevés.
Qui peut obtenir un personnummer ?
Pour un expatrié, l’accès dépend de la durée et du type de séjour.
En résumé :
| Profil d’expatrié | Condition principale | Droit au personnummer | Accès aux soins publics subventionnés |
|---|---|---|---|
| Travailleur non UE/EEE | Permis de séjour ≥ 12 mois et installation prévue ≥ 1 an | Oui | Oui, après enregistrement |
| Étudiant non UE/EEE, programme ≥ 13 mois et permis ≥ 12 mois | Oui | Oui | Oui, après enregistrement |
| Étudiant séjour ≤ 1 an | Non | Non | Non, sauf urgences (tarifs visiteurs) |
| Citoyen UE/EEE s’installant ≥ 1 an | Droit de séjour + enregistrement | Oui | Oui |
| Séjour court (touriste, business trip) | Séjour < 1 an | Non | Non, sauf urgences |
Les expatriés travaillant au moins un an en Suède, ainsi que les étudiants en programme long, peuvent donc être intégrés au système public au même titre que les Suédois. Ils devront déclarer leur arrivée à Skatteverket, présenter passeport, permis de séjour, lettre de travail ou d’admission universitaire, prouver qu’ils comptent vivre en Suède au moins un an, et attendre que leur dossier soit traité. Le délai est souvent de quelques semaines, mais peut être plus long dans certains cas.
Pendant l’attente de l’obtention du personnummer, souscrire une assurance privée est fortement recommandé. Sans ce numéro, le coût des soins médicaux est très élevé, un simple rendez-vous en clinique pouvant atteindre plusieurs milliers de couronnes suédoises.
Coordination number et T‑number : attention aux faux amis
Pour les séjours plus courts, l’Agence des impôts peut attribuer un numéro de coordination (samordningsnummer), utilisé surtout à des fins fiscales ou pour l’emploi. Ce numéro ne donne pas accès de plein droit aux mêmes prestations qu’un personnummer.
Les universités, elles, attribuent parfois un T‑number interne pour gérer les dossiers des étudiants étrangers avant qu’ils aient un personnummer. Ce numéro ne vaut que dans le système universitaire et n’ouvre pas l’accès à la santé publique.
Public, privé, international : qui a droit à quoi ?
L’accès au système public pour les étrangers dépend du statut juridique, de la nationalité et de la durée du séjour. Les règles peuvent sembler complexes, mais quelques grands cas se dégagent.
Citoyens UE/EEE, Suisses et Nordiques
Les ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse bénéficient du cadre européen de santé. Pour les séjours temporaires, la Carte européenne d’assurance maladie (CEAM, ou EHIC en anglais) permet d’être soigné en Suède dans le système public aux mêmes conditions tarifaires que les résidents suédois pour les soins médicalement nécessaires.
Pour ces ressortissants :
La Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) ou la carte britannique GHIC donne accès aux soins médicalement nécessaires lors d’un séjour temporaire en Suède. Les détenteurs paient les mêmes tickets modérateurs (patientavgifter) que les résidents suédois. Il est important de noter que cette carte ne couvre pas les soins dans des établissements privés, les frais de rapatriement vers le pays d’origine, ni les traitements programmés spécifiquement à l’avance (comme une chirurgie élective).
Les citoyens des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège) ont un régime encore plus souple : une pièce d’identité nationale et une preuve d’adresse dans le pays nordique d’origine suffisent souvent pour accéder aux soins publics.
Les travailleurs détachés, frontaliers, pensionnés ou fonctionnaires européens peuvent, dans certains cas, utiliser un formulaire S1 délivré par leur pays d’origine pour s’enregistrer dans le système suédois.
Expatriés non européens : résidents et visiteurs
Pour les ressortissants hors UE/EEE, la distinction est plus tranchée :
Les résidents titulaires d’un permis d’au moins un an et d’un personnummer bénéficient, une fois enregistrés, du même accès au système public de santé que les citoyens suédois. Cela inclut le même panier de soins, les mêmes plafonds de dépenses annuelles (högkostnadsskydd) et les mêmes tickets modérateurs.
– Non-résidents, touristes, séjours courts (moins d’un an) Ils n’ont pas droit aux tarifs subventionnés. Ils doivent soit :
– payer le plein tarif à chaque consultation, soit
– s’appuyer sur une assurance privée (voyage ou internationale) remboursant les soins.
La Suède a par ailleurs conclu des accords de réciprocité avec quelques pays hors UE, comme l’Australie, Israël, la province de Québec, ou encore certains pays méditerranéens. Les ressortissants de ces États peuvent, pour les soins nécessaires, bénéficier de conditions proches de celles des Suédois en présentant passeport et justificatifs.
Assez de théorie, concrètement : qui paie quoi ?
Le tableau suivant résume la situation des grands profils d’expatriés face aux soins publics suédois.
| Catégorie | Droits principaux | Besoin d’assurance privée ? |
|---|---|---|
| Résident (toutes nationalités) avec personnummer | Accès complet au système public, tarifs subventionnés, plafonds annuels | Recommandée comme complément (attentes, soins non couverts, soins hors de Suède) |
| Citoyen UE/EEE/UK en séjour temporaire avec CEAM/GHIC | Soins nécessaires au tarif résident pendant le séjour | Oui, pour rapatriement, privé, pays tiers |
| Touriste hors UE/EEE sans accord de réciprocité | Paie le coût réel, parfois très élevé | Fortement recommandée, souvent exigée pour le visa |
| Étudiant non UE/EEE programme < 1 an | Pas de personnummer, pas de tarifs résidents | Obligatoire (via université ou privé) |
| Asile, statut irrégulier | Droit aux soins urgents et non reportables, enfants pris en charge comme les résidents | Une assurance privée est rarement possible, mais la loi garantit un minimum de soins |
Comment fonctionne la prise en charge publique pour un expatrié résident ?
Une fois muni de son personnummer, l’expatrié entre de plein droit dans le système suédois. Ce système est très structuré, avec une médecine de premier recours forte et un accès régulé aux spécialistes.
La porte d’entrée : le vårdcentral
Pour tout problème non urgent, le premier interlocuteur est le centre de santé local, ou vårdcentral. C’est là que l’on est suivi par un médecin généraliste. On peut en principe choisir son vårdcentral, et même son médecin, à condition qu’ils exercent dans le cadre du système public ou sous contrat avec la région.
Les rendez-vous se prennent :
– par téléphone ;
– parfois en ligne, via les portails régionaux ou le site national 1177.se ;
– ou, de plus en plus, via des plateformes numériques de télémédecine.
La loi suédoise prévoit un « garant de soins » (vårdgaranti) : objectif de contact avec les soins primaires le jour même, évaluation médicale sous trois jours, rendez-vous avec un généraliste sous sept jours. En pratique, ces délais peuvent varier, mais ils servent de référence.
Délai d’attente maximal en jours pour consulter un spécialiste avant qu’une alternative ne soit proposée.
Tarifs, tickets modérateurs et plafonds annuels
La santé n’est pas totalement gratuite en Suède, mais les frais pour les résidents sont encadrés et plafonnés. Les tarifs exacts varient d’une région à l’autre, mais on retrouve les mêmes ordres de grandeur.
Pour un adulte résident (généralement à partir de 20 ans) :
– consultation en vårdcentral : environ 100 à 350 SEK selon la région ;
– consultation spécialiste : autour de 200 à 400 SEK ;
– hospitalisation : environ 100 à 120 SEK par jour.
Ces montants s’additionnent jusqu’à atteindre un plafond annuel, le högkostnadsskydd (protection contre les coûts élevés). Ce plafond tourne autour de 1 000 à 1 200 SEK pour les consultations et hospitalisations. Une fois ce seuil atteint, les consultations couvertes deviennent gratuites pour le reste de la période de 12 mois glissants.
En Suède, les médicaments prescrits bénéficient d’un plafond annuel distinct, généralement situé entre 2 200 et 2 800 SEK. Avant d’atteindre ce plafond, le patient paie une partie dégressive du coût. Une fois le plafond dépassé, les médicaments couverts par le régime sont fournis gratuitement jusqu’à la fin de la période de 12 mois.
Les enfants et adolescents bénéficient d’une prise en charge encore plus généreuse : les soins médicaux et, souvent, les prescriptions sont gratuits jusqu’à 18, 20 voire 23 ans, selon les régions et les dates de réforme.
Un résumé simplifié des coûts pour un résident :
| Type de prestation | Fourchette de tarif indicatif pour un résident adulte | Plafond annuel |
|---|---|---|
| Consultation généraliste (vårdcentral) | 100–350 SEK | Inclus dans un plafond global ≈ 1 000–1 200 SEK/an |
| Consultation spécialiste | 200–400 SEK | Inclus dans le même plafond |
| Hospitalisation (par jour) | 100–120 SEK | Inclus dans le même plafond |
| Médicaments prescrits | Franchise progressive jusqu’à ≈ 2 200–2 800 SEK/an | Au‑delà, gratuité des médicaments inclus |
À noter : certains services, comme les dépistages de cancers ou le suivi de grossesse, sont entièrement gratuits dès le départ.
Couverture : de la maternité à la santé mentale
Une fois résident, l’expatrié a accès à un large éventail de services :
– consultations de médecine générale et spécialisée ;
– hospitalisation et chirurgie ;
– soins de maternité, suivi prénatal et accouchement ;
– santé mentale (consultations psychiatriques ou psychologiques dans le cadre public) ;
– rééducation, kinésithérapie, ergothérapie dans certaines limites ;
– soins de longue durée et aides pour handicap et dépendance (souvent gérés par les municipalités) ;
– prévention, vaccinations, programmes de dépistage, etc.
La Suède enregistre moins de 4 décès maternels pour 100 000 naissances, l’un des taux les plus bas au monde.
Pour un expatrié, la différence clé est financière : sans personnummer ni droit aux tarifs résidents, un accouchement peut coûter entre 65 000 et 100 000 SEK, ce qui justifie clairement la souscription d’une assurance privée lorsqu’on n’est pas intégré au régime public.
Pharmacies et prescriptions
Les pharmacies (apotek) sont signalées par un logo vert et sont très encadrées. La plupart des médicaments un tant soit peu puissants nécessitent une prescription électronique, envoyée directement par le médecin dans un système centralisé. Le patient présente son personnummer et sa carte d’identité pour récupérer son traitement.
Les prix des médicaments ne sont pas libres : ils sont définis en lien avec l’Agence suédoise des produits médicaux. Le patient paie une part, c’est cette part qui est plafonnée par le högkostnadsskydd spécifique aux médicaments.
Les limites du système public pour les expatriés
Pour les résidents, le système suédois offre une sécurité remarquable. Mais, comme dans la plupart des pays à couverture universelle, il a ses zones d’ombre, particulièrement sensibles pour les expatriés.
Délais d’attente et accès aux spécialistes
Les systèmes publics ont souvent des files d’attente pour les soins non urgents : consultations de spécialiste, chirurgie programmée, certains examens lourds. La Suède ne fait pas exception. Malgré les objectifs de délais (7 jours pour un généraliste, 90 jours pour un spécialiste), ces cibles ne sont pas toujours atteintes, surtout dans certaines régions ou spécialités.
Environ 10 à 13 % de la population suédoise a souscrit une assurance santé privée, un chiffre en hausse continue.
Choix du prestataire et services non couverts
Le système public offre moins de liberté de choix que les réseaux privés internationaux :
– le choix du médecin est possible, mais limité à ceux travaillant dans le cadre du système public ou sous contrat régional ;
– certaines prestations sont peu ou pas couvertes : soins dentaires pour les adultes, optique, une partie de la santé mentale, médecines complémentaires, etc.
Les services dentaires sont particulières : la dentisterie publique (Folktandvården) est gratuite pour les jeunes jusqu’à un certain âge (19, 20, 22 ou 23 ans selon les réformes). Ensuite, les adultes paient de leur poche avec un système de subventions et de co‑paiements par tranches, ce qui peut représenter des sommes importantes en cas de soins lourds (implants, prothèses, orthodontie).
Barrière de la langue et démarches administratives
La plupart des professionnels de santé en Suède parlent anglais, et la qualité de communication est généralement bonne avec un public international. En cas de difficulté, les patients ont droit à un interprète gratuit, à condition de le demander lors de la prise de rendez‑vous.
Cependant, la barrière linguistique peut se faire sentir dans :
– les documents administratifs (formulaires, systèmes en ligne) peu ou pas traduits ;
– certaines structures rurales ou spécialisées dont le personnel est moins habitué aux expatriés.
L’accès à la santé publique implique aussi une part de bureaucratie : enregistrement au Skatteverket, choix d’un vårdcentral, demande de cartes, navigation sur 1177.se, etc. Pour un nouvel arrivant, ces démarches peuvent être intimidantes, surtout combinées avec la recherche de logement, l’école des enfants ou l’ouverture d’un compte bancaire.
Le rôle des cliniques privées et des assurances internationales
Face à ces limites, de plus en plus de Suédois et d’expatriés se tournent vers les assurances privées et les cliniques indépendantes.
Pourquoi une assurance santé privée en Suède ?
Contrairement à certains pays, il n’est pas obligatoire d’avoir une assurance santé en Suède. Mais ne pas en avoir peut s’avérer coûteux, voire risqué, pour :
– les non‑résidents ;
– les nouveaux arrivants en attente de personnummer ;
– les expatriés effectuant de nombreux déplacements internationaux ;
– ceux qui souhaitent accès rapide et plus de choix pour les spécialistes.
Les principaux bénéfices d’une assurance privée ou internationale (International Private Medical Insurance, IPMI) sont :
Une complémentaire santé offre plusieurs bénéfices : des délais d’attente réduits pour les spécialistes, examens et chirurgies ; un libre choix élargi du médecin, de la clinique ou de l’hôpital, y compris dans des réseaux internationaux ; l’accès à des services complémentaires comme la chiropractie ou certaines psychothérapies ; la couverture des co-paiements publics et de prestations peu remboursées (dentaire, optique) ; ainsi que la prise en charge des soins à l’étranger, des évacuations d’urgence et du rapatriement.
Le coût moyen d’une assurance privée locale pour un résident suédois tourne autour de 4 000 SEK par an, mais les offres internationales complètes sont souvent plus chères, plusieurs milliers de dollars par an selon l’âge, l’historique médical, la zone de couverture (avec ou sans États‑Unis), et le niveau de garanties (de base à premium).
Assurances internationales : quelles caractéristiques clés ?
Les contrats IPMI conçus pour les expatriés offrent typiquement :
Cette offre inclut la portabilité mondiale (couverture valable à l’étranger), l’absence d’obligation de résidence locale (idéale pour les nomades ou séjours courts), l’accès à de vastes réseaux hospitaliers internationaux, des hotlines multilingues 24h/24 et 7j/7, des services digitaux (téléconsultations, dossiers électroniques, seconde opinion, applications de gestion) ainsi que la prise en charge des évacuations et rapatriements sanitaires.
Plusieurs grands assureurs présents sur le marché suédois ou international sont souvent cités : Cigna Global, Allianz Care, AXA Global Healthcare, Bupa Global, Foyer Global Health, mais aussi des assureurs locaux comme Skandia, Trygg‑Hansa, IF ou Länsförsäkringar qui proposent des complémentaires.
Quand une assurance privée est-elle particulièrement utile en Suède ?
Pour un expatrié, les situations suivantes justifient fortement de regarder du côté de l’assurance privée :
– Phase d’installation, en attente de personnummer : quelques semaines à quelques mois pendant lesquels on paie le plein tarif.
– Séjour de moins d’un an : pas de personnummer, donc pas de tarifs résidents.
– Familles avec enfants : pour réduire les risques financiers en cas d’accident, de maladie grave ou de soins dentaires coûteux.
– Professionnels très mobiles : besoin de couverture en dehors de la Suède, là où le système suédois ne suit pas.
– Personnes avec besoins spécifiques : traitements qui ne sont pas bien couverts par le public (dentaire complexe, optique haut de gamme, psy en secteur privé, médecines complémentaires).
Coûts réels pour les non‑résidents : l’addition peut grimper vite
Même si la santé suédoise est subventionnée pour les résidents, les tarifs facturés aux touristes et visiteurs hors cadre public sont tout autres.
Quelques exemples relevés dans la région de Stockholm pour des personnes sans droit aux tarifs résidents :
Le coût maximum d’un passage aux urgences hospitalières (akutmottagning) en Suède pour un visiteur hors UE/EEE.
Pour un jeune en bonne santé, ces montants peuvent paraître supportables. Mais qu’il s’agisse d’une fracture, d’une crise d’appendicite ou d’un accouchement non couvert, la facture se compte facilement en dizaines de milliers de couronnes.
Dans ce contexte, l’assurance voyage pour les séjours courts et l’assurance santé internationale pour les expatriations prolongées ne sont pas un luxe, mais un outil de gestion de risque.
Urgences, numéro 1177 et services digitaux
La Suède a mis en place un système très structuré pour orienter les patients selon la gravité de leur situation.
Contacts essentiels pour obtenir une aide urgente ou des conseils de santé en Suède. Ces services sont accessibles à tous.
Numéro d’urgence unique et gratuit dans toute l’UE pour contacter les ambulances, la police ou les pompiers.
Ligne téléphonique tenue par des infirmier(e)s, disponible 24h/24 en plusieurs langues. Depuis l’étranger : +46 771 1177 00.
Site central pour l’information médicale, la prise de rendez-vous, l’accès à ses dossiers et le renouvellement d’ordonnances.
Selon la situation, plusieurs portes d’entrée existent :
– vårdcentral : pour les problèmes non urgents pendant les heures de bureau ;
– jourcentral ou närakut : pour les soins urgents, le soir ou le week‑end ;
– akutmottagning (urgences hospitalières) ou barnakut (urgences pédiatriques) : pour les cas graves ou potentiellement vitaux.
La Suède mise beaucoup sur la e‑santé, avec une « Vision e‑Health 2025 » ambitieuse. Des plateformes comme Kry proposent des consultations vidéo avec des médecins, souvent anglophones, très pratiques pour les expatriés.
Santé mentale, vie d’expatrié et soins à l’étranger
Vivre à l’étranger, même dans un pays réputé très sûr et bien organisé, n’est jamais neutre psychologiquement. Culture du consensus, hiver long et sombre, réseau social à reconstruire, langue difficile : la Suède peut être éprouvante, notamment au début.
Au niveau mondial, les études montrent que les expatriés sont plus exposés à l’anxiété, à la dépression et à des troubles liés au stress (choc culturel, isolement, sentiment de déracinement). L’accès aux soins psy dans le cadre public peut impliquer :
– des listes d’attente ;
– une couverture partielle seulement pour la psychothérapie de longue durée ;
– des professionnels ne parlant pas toujours la langue maternelle du patient.
Les assurances privées internationales offrent souvent une couverture précieuse pour la santé mentale, incluant des séances de thérapie (en présentiel ou en ligne), des consultations psychiatriques, et parfois des services dédiés aux familles expatriées et aux enfants de troisième culture.
Des plateformes spécialisées pour expatriés (non spécifiques à la Suède, mais accessibles depuis la Suède via téléconsultation) utilisent des thérapeutes anglophones ou francophones formés à accompagner ces profils. En choisissant une assurance, il est important de vérifier :
– si la santé mentale est couverte ou exclue ;
– le nombre de séances remboursées par an ;
– les éventuelles limitations sur le type de thérapie ou le profil du professionnel.
Bien choisir son assurance en tant qu’expatrié en Suède
Devant la diversité des offres, quelques critères clés aident à faire un choix éclairé.
1. Besoins personnels et familiaux
Il s’agit de se poser des questions concrètes :
– combien de temps compte‑t‑on rester en Suède ?
– voyage‑t‑on beaucoup en dehors de Suède, notamment hors UE ?
– a‑t‑on des maladies chroniques, un projet de grossesse, des besoins spécifiques en dentaire ou optique ?
– est‑on prêt à accepter certains délais dans le public, ou souhaite‑t‑on un accès rapide systématique ?
Un célibataire jeune, déjà en bonne santé, peut se contenter d’un plan de base couvrant les accidents majeurs et les hospitalisations, là où une famille avec enfants préférera un contrat plus large incluant suivi pédiatrique, dentaire et couverture internationale généreuse.
2. Portée géographique
Les polices IPMI couvrent souvent un ensemble de zones : Europe seulement, monde entier hors États‑Unis, ou monde entier avec États‑Unis. Cette dernière option est nettement plus chère.
Pour un expatrié en Suède voyageant fréquemment en Asie ou en Afrique, il est pertinent de vérifier que ces régions sont incluses dans la couverture. De même, pour une personne prévoyant des retours réguliers dans son pays d’origine, il est essentiel de confirmer que ce pays est couvert et d’en connaître les limites spécifiques.
3. Prise en charge des conditions préexistantes
Les conditions médicales existantes avant la souscription sont, dans de nombreux contrats, soit :
– exclues ;
– c couvertes avec surcharge ;
– ou prises en charge après une certaine période d’attente.
Il est crucial de lire ces clauses en détail et de répondre honnêtement aux questionnaires médicaux. En cas de fausse déclaration, l’assureur peut refuser de rembourser ou résilier le contrat.
4. Niveau de franchise et co‑paiements
Plus la franchise annuelle et les co‑paiements sont élevés, plus la prime mensuelle diminue, mais plus les dépenses à chaque événement de santé augmentent. Tout est question d’équilibre entre :
– capacité à absorber un choc financier ponctuel (hospitalisation, opération) ;
– souhait d’avoir des frais réguliers réduits lors des consultations courantes.
5. Simplicité des remboursements et services numériques
Pour un expatrié, la facilité de gestion du contrat compte presque autant que le niveau de couverture :
Découvrez les fonctionnalités clés de notre offre pour une gestion simplifiée et un accès facilité à vos soins de santé.
Envoyez vos factures, suivez vos remboursements et consultez vos garanties en toute simplicité, directement depuis votre smartphone.
Bénéficiez de délais de remboursement courts et d’une totale transparence sur le traitement de vos demandes.
Profitez de la facturation directe (tiers‑payant) avec notre réseau de cliniques partenaires, notamment en Suède.
Accédez à des téléconsultations 24h/24 et 7j/7, demandez un second avis médical et gérez vos dossiers médicaux en ligne en toute sécurité.
6. Exclusions fréquentes
Beaucoup de polices excluent ou limitent :
– la maternité (sauf après un délai de carence) ;
– certaines pathologies chroniques ;
– la santé mentale prolongée ;
– les soins dentaires complexes et l’orthodontie ;
– les actes esthétiques ou considérés comme non nécessaires ;
– les sports à haut risque.
Lire attentivement les conditions générales, y compris les plafonds par acte et par année, reste la meilleure protection contre les mauvaises surprises.
Expat en Suède : comment bâtir sa stratégie santé ?
Plus qu’une simple question de coûts, l’accès à la santé fait partie de la planification globale de l’expatriation : sécuriser sa famille, respecter la loi, éviter les mauvaises surprises.
On peut résumer une stratégie type ainsi :
1. Avant le départ Vérifier les exigences de visa (attestation d’assurance parfois obligatoire), les accords de réciprocité, les garanties de l’assurance locale du pays d’origine, et estimer ses besoins (maladies chroniques, grossesse, voyages fréquents).
Dès votre arrivée en Suède, inscrivez-vous au Skatteverket (l’administration fiscale) le plus tôt possible pour obtenir votre personnummer (numéro d’identification personnel), si vous y êtes éligible. En parallèle, assurez-vous de disposer d’une couverture santé privée (assurance voyage ou IPMI – International Private Medical Insurance) active pour couvrir la période de transition avant d’être pris en charge par le système suédois.
3. Une fois résident S’inscrire dans un vårdcentral, apprendre à utiliser 1177 et les services en ligne, comprendre les plafonds annuels. Évaluer l’intérêt de garder une assurance privée complémentaire (surtout si l’employeur la finance).
4. À moyen et long terme Réévaluer sa couverture en cas de changement majeur de situation : nouvel emploi, départ d’un membre de la famille, grossesse, changement de pays. Penser à la santé mentale et dentaire, souvent négligées dans les plans de base.
L’expérience démontre que la combinaison du socle public suédois, généreux et sécurisant, avec une assurance privée bien choisie, offre la solution idéale. Elle procure à la fois la sécurité de l’État-providence et la souplesse d’un accès rapide, multilingue et international aux soins de santé.
En Suède, la santé pour les expatriés n’est donc pas un saut dans l’inconnu, mais plutôt un puzzle à assembler intelligemment : comprendre le personnummer, exploiter à fond la couverture publique dès qu’on y a droit, et compléter là où le système montre ses limites. Avec ces clés en main, s’installer et vivre en Suède devient beaucoup plus serein, pour soi comme pour sa famille.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Suède, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Suède pour sa stabilité fiscale, l’absence d’impôt sur la fortune, sa protection sociale de haut niveau et son environnement économique très développé, tout en restant dans l’UE/EEE. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence en Suède avec location ou achat d’un logement, coordination avec CPAM et système suédois, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre d’intérêts économiques…), mise en relation avec un réseau local (avocat, immigration, francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire), afin de sécuriser la convention fiscale FR‑SE et limiter les risques de double imposition.
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