Conseils pour gérer le mal du pays en Tunisie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Quitter son pays, ses habitudes et ses repères laisse rarement indemne. Que l’on soit étudiant étranger installé à Tunis, professionnel venu travailler à Sfax ou Tunisien de retour après des années en Europe, le mal du pays peut s’inviter, parfois discrètement, parfois avec la force d’une vague. Loin d’être un signe de faiblesse, il s’agit d’une réaction presque universelle à la perte de ce qui nous est familier.

Bon à savoir :

La Tunisie est un pays à la fois d’accueil et de départ. Elle reçoit des migrants et réfugiés, principalement d’Afrique subsaharienne, de Libye et du Moyen-Orient, tout en ayant une importante diaspora vivant entre plusieurs pays. Comprendre comment se construit et se recompose le sentiment de ‘chez soi’ dans ce contexte permet de mieux apprivoiser le mal du pays.

Comprendre ce qu’est vraiment le mal du pays

Les chercheurs décrivent le mal du pays comme une forme de détresse liée à l’éloignement de son environnement habituel. Il mêle tristesse, nostalgie, anxiété, impression d’être déraciné, et peut aller jusqu’à ressembler à un petit deuil. Certains parlent même de « deuil culturel » ou de « deuil de la familiarité » pour désigner cette douleur à avoir perdu ses repères, ses routines, ses sons, ses odeurs, ses visages.

Exemple :

Les études psychologiques distinguent deux volets principaux dans le mal du pays. Le premier est la détresse de séparation, qui correspond au manque éprouvé envers la famille, les amis, le quartier ou la maison laissés derrière soi. Le second regroupe les difficultés d’ajustement à la nouvelle vie, comme l’apprentissage de nouvelles règles sociales, d’une langue différente, de démarches administratives inconnues ou de codes implicites. Ces deux dimensions – le manque du « là-bas » et la difficulté à habiter « ici » – se combinent souvent dans le sentiment communément appelé « mal du pays ».

Les symptômes observés sont très variés. Sur le plan émotionnel, on retrouve la tristesse, l’irritabilité, l’anxiété, une sensation de solitude malgré la foule, des larmes qui montent sans raison évidente. Beaucoup décrivent des pensées qui tournent en boucle autour de la maison, du pays, des proches, avec une idéalisation de ce qui a été laissé derrière soi. Physiquement, le corps parle aussi : troubles du sommeil, fatigue, maux de tête ou de ventre, perte ou prise de poids, baisse d’énergie. Et dans les comportements, cela peut se traduire par un repli sur soi, une difficulté à se concentrer au travail ou aux études, un désintérêt pour tout ce qui concerne le pays d’accueil.

60

Pourcentage d’étudiants de première année à l’étranger qui déclarent ressentir le mal du pays.

Pourquoi le mal du pays peut être particulièrement fort en Tunisie

La Tunisie occupe une position singulière dans les dynamiques migratoires régionales. Pour beaucoup de migrants subsahariens ou réfugiés venus de pays en guerre, elle n’était pas forcément la destination prévue, mais un point de chute ou un pays de transit devenu, parfois, une installation durable faute de mieux. Pour d’autres, notamment des étudiants africains ou des professionnels d’ONG, la Tunisie est un choix d’études ou de carrière. Dans tous les cas, l’écart entre les attentes et la réalité joue un rôle clé dans l’intensité du mal du pays.

Plus de la moitié d’entre eux estime que leurs attentes de départ n’ont pas été remplies. Beaucoup espéraient trouver ici un pays de passage rapide vers l’Europe, ou un environnement plus stable, et se retrouvent confrontés à des obstacles administratifs, à la précarité ou à des formes de discrimination. À cette déception s’ajoutent les traumatismes antérieurs pour ceux qui ont fui la guerre, les violences ou la pauvreté. Les psychologues parlent de « sacs de pierres » émotionnels que l’on transporte avec soi et que le mal du pays vient alourdir.

Enquête auprès de migrants et réfugiés à Tunis et Sidi Bou Saïd

La Tunisie reste pourtant culturellement proche de nombreux pays d’origine par certains aspects (religion, certaines pratiques sociales, importance de la famille) et très différente par d’autres (langue, codes, rapport à la couleur de peau, statut des étrangers). Ce mélange de familiarité et de décalage rend l’expérience complexe : on peut se sentir « presque chez soi » sur certains points et profondément étranger sur d’autres. Les recherches sur les réfugiés montrent que cette impression de perte de maison – au sens large, pas seulement physique – est l’un des aspects les plus douloureux.

Pour les Tunisiens de la diaspora qui reviennent après des années passées en France, en Allemagne ou au Canada, le paradoxe est inverse. Ils reviennent « chez eux », mais se découvrent parfois décalés dans le pays qu’ils ont quitté. Leurs habitudes, leurs références, leurs rythmes se sont façonnés ailleurs. Beaucoup témoignent d’un sentiment de flottement entre deux mondes : trop « étrangers » ici, trop « tunisiens » là‑bas. Ce va‑et‑vient nourrit un mal du pays plus subtil, qui ne se limite pas à une géographie précise, mais à la difficulté de se sentir totalement à sa place quelque part.

Ce que disent les études sur le rôle de la famille et du réseau

Dans les trajectoires de mobilité, le rôle du lien familial revient constamment comme un pivot majeur. Une étude quantitative conduite auprès d’étudiants « en exil » intérieur (loin de leur ville d’origine) a montré qu’un soutien familial fort – émotionnel, matériel, informatif – réduit nettement la sévérité du mal du pays. Plus les étudiants se sentent soutenus par leur famille, moins ils se disent homesick. Ce résultat rejoint ce qu’observent les associations travaillant avec les migrants en Tunisie : la qualité du réseau de soutien – famille, amis, communauté, associations – fait la différence entre un mal du pays qui reste un passage et un mal du pays qui dégénère en dépression.

Astuce :

Les familles tunisiennes avec un membre à l’étranger utilisent massivement des outils comme Skype pour créer un « espace familial virtuel ». Des recherches qualitatives montrent que ces applications de vidéo-appel permettent de participer à des rituels importants, comme la préparation du repas de rupture du jeûne pendant le Ramadan ou la célébration d’un mariage, préservant ainsi un sentiment de foyer malgré la distance.

Pour ceux qui arrivent en Tunisie depuis l’étranger, ce même type de technologie joue un rôle ambivalent. Les études montrent que garder le contact avec le pays d’origine via les réseaux sociaux, les appels et les messages apporte un vrai soutien émotionnel, mais peut aussi intensifier la nostalgie lorsque l’on s’y réfugie trop. Des chercheurs qui ont suivi des étudiants internationaux constatent que plus les échanges sont fréquents et centrés sur ce que l’on rate « là‑bas », plus le sentiment de manque s’ancre. À l’inverse, utiliser les réseaux pour tisser des liens avec des personnes présentes dans le pays d’accueil contribue à un meilleur ajustement.

Attention :

En Tunisie, où la famille est centrale, les migrants issus de familles très soudées peuvent être tiraillés entre le besoin d’un contact fréquent pour se rassurer et recevoir du soutien, et la difficulté à s’installer dans leur nouveau pays. L’objectif n’est pas de rompre ce lien, mais de le réarticuler pour permettre une intégration sans coupure.

Créer une maison en Tunisie : apprivoiser l’espace et le temps

Les géographes et les sociologues insistent sur un point : la maison n’est pas qu’un lieu physique, c’est un ensemble d’émotions, de routines, d’objets, d’odeurs, de règles implicites. Pour un migrant à Sfax comme pour un étudiant à Sousse, se sentir chez soi suppose de peupler progressivement l’espace de signes familiers.

Exemple :

Une psychothérapeute accompagnant des expatriés recommande de commencer par s’approprier un petit espace personnel. Cela peut être, pour un étudiant à El Manar, quelques photos au mur, une couverture choisie ou un coin dédié au thé. Pour une famille à La Marsa, cela peut se traduire par une petite bibliothèque mêlant livres en arabe, en français, des romans du pays d’origine et une relique de la maison familiale. L’important est que cet espace, même modeste ou temporaire, soit ressenti comme le sien.

Ce travail passe aussi par les sens. Dans un témoignage, une femme se souvenait que la maison de sa grand‑mère sentait la cannelle. En arrivant dans un nouveau pays, elle a choisi de faire infuser de la cannelle dans de l’eau chaude pour retrouver cette odeur apaisante, puis d’acheter des bougies parfumées au même arôme. En Tunisie, les épices sont partout : on peut donc facilement recréer des senteurs de la maison d’origine (cumin, cardamome, gingembre, etc.), ou au contraire adopter des odeurs locales (harissa, fleur d’oranger, encens) pour ancrer de nouveaux souvenirs.

Tableau : exemples d’éléments qui aident à recréer un « chez soi » en Tunisie

DimensionExemples liés au pays d’origineExemples à ancrer en Tunisie
OdeursÉpices, parfum familial, encens particulierJasmin, fleur d’oranger, café turc, pain chaud
ObjetsPhotos, tapis, vaisselle, foulard, livrePot en terre de Nabeul, tableau de Sidi Bou Saïd
SonsMusique du pays, radio locale en ligneMusique tunisienne, appel à la prière, marchés
RoutinesThé du soir, appel quotidien à la familleMarche au marché, café au même endroit chaque semaine

Le temps, lui aussi, participe à la construction du sentiment de maison. Les recherches sur les diasporas montrent que les migrants s’appuient beaucoup sur des rituels hebdomadaires ou saisonniers pour lier leur passé, leur présent et leur avenir. À Londres, par exemple, les Tunisiens ont transformé certains marchés en lieux quasi sacrés du samedi, rappelant les souks de leurs villes d’origine. En Tunisie, les nouveaux arrivants peuvent s’approprier le vendredi, les marchés du week‑end, les promenades au bord de mer, les rendez‑vous de café, comme autant de repères stables.

Bon à savoir :

Pour s’adapter à la vie à Tunis, il est conseillé de créer des routines fixes : un jour dédié au marché, une sortie hebdomadaire dans un café habituel, un appel vidéo régulier avec la famille et un cours de sport à horaire constant. Ces habitudes aident à structurer le temps et à réduire le sentiment de désorientation.

S’ancrer socialement : trouver sa place entre communautés

La dimension sociale est un autre pilier fondamental. Toutes les études convergent : plus le réseau de soutien local est riche, plus le mal du pays a des chances de s’apaiser. Cela ne veut pas dire multiplier les contacts superficiels, mais établir au moins quelques relations dans lesquelles on se sent vu et entendu.

Réseaux de soutien pour nouveaux arrivants en Tunisie

Principales organisations offrant un accompagnement aux étudiants, migrants et réfugiés pour faciliter leur intégration et leur quotidien.

Association des Étudiants et Stagiaires Africains en Tunisie

Point d’appui précieux pour les étudiants africains : organisation d’activités, moments de rencontre et aide pour les démarches administratives ou les difficultés quotidiennes.

Terre d’Asile Tunisie

ONG offrant un soutien aux migrants et réfugiés dans leurs démarches et proposant des espaces de parole.

Médecins du Monde

Organisation apportant un soutien, notamment médical et social, aux migrants et réfugiés dans leurs démarches.

Caritas

ONG qui soutient les migrants et réfugiés dans leurs démarches et propose parfois des espaces de parole.

Organisation Internationale pour les Migrations (OIM)

Organisation offrant un soutien aux migrants et réfugiés dans leurs démarches en Tunisie.

Pour les expatriés professionnels, certaines entreprises ou institutions internationales mettent en place des programmes d’accueil, des parrainages internes, ou des moments de socialisation. Quand ce n’est pas le cas, il reste possible de se tourner vers des réseaux informels : groupes de langue, associations culturelles, lieux de culte, activités sportives, espaces de coworking où se croisent Tunisiens et étrangers.

Bon à savoir :

Les études montrent que se cantonner à un cercle exclusif de compatriotes ou d’étrangers, bien que rassurant, peut freiner l’intégration et accentuer le sentiment d’étrangeté. La clé d’une expatriation réussie réside dans l’équilibre : maintenir des liens avec sa communauté d’origine tout en s’ouvrant aux populations locales et aux autres expatriés de diverses nationalités présents sur place.

Les témoignages de Tunisiens à Londres montrent, à l’inverse, comment recréer des « fragments de Tunisie » dans une grande ville étrangère peut aider à supporter le manque. À Edgware Road ou Holloway Road, les cafés avec chicha, les marchés avec des produits du pays, les mosquées deviennent des lieux d’ancrage. À Tunis ou Sousse, les migrants peuvent faire un usage similaire de certains quartiers où leur communauté est déjà présente, tout en cherchant des espaces partagés avec les habitants locaux pour ne pas se marginaliser.

Tirer parti (sans se faire piéger) des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux et les applications de messagerie jouent un rôle majeur dans la vie des personnes en mobilité. Comme on l’a vu, ils entretiennent un lien vital avec la famille, les amis, le pays. Des études menées auprès d’étudiants internationaux en Europe et en Asie montrent cependant que l’usage que l’on fait de ces outils influence fortement le bien‑être.

Bon à savoir :

Lorsque les réseaux servent principalement à communiquer avec des personnes du pays d’accueil (camarades, collègues, associations locales), ils facilitent l’intégration, améliorent le bien‑être et réduisent l’isolement. À l’inverse, s’ils sont utilisés quasi exclusivement pour maintenir le lien avec le pays d’origine sans ancrage local, ils peuvent freiner l’adaptation et entretenir un sentiment de décalage permanent.

Une recherche menée auprès d’étudiants étrangers en Indonésie résume bien la situation en parlant des réseaux sociaux comme d’un « ami/ennemi ». D’un côté, WhatsApp, Facebook, Instagram offrent du réconfort, de l’information, la possibilité de participer virtuellement à des événements familiaux. De l’autre, ils rappellent constamment ce à quoi on n’a pas accès : repas de famille, fêtes, moments clés. Le risque est de se retrouver à scroller des heures, envahi par un sentiment d’exclusion.

Astuce :

Dans le contexte tunisien, où le coût de l’internet mobile et les coupures de connexion sont des contraintes courantes, il est utile d’adopter certaines stratégies pour ne pas dépendre exclusivement de ces outils. Il est recommandé de limiter le temps de consultation passive, de privilégier les échanges actifs comme les appels ou messages vocaux à des heures planifiées, et de s’abonner à des pages ou comptes locaux (événements culturels, associations, initiatives citoyennes tunisiennes) pour équilibrer son fil d’actualité et ne pas le tourner uniquement vers l’étranger.

Tableau : usages des réseaux sociaux et effets possibles

Usage principalEffets possibles sur le mal du pays
Contacter surtout la famille au paysRéconfort immédiat, mais nostalgie renforcée
Suivre surtout l’actualité du pays d’origineSentiment de distance, impression de « rater sa vie »
Rejoindre des groupes locaux en TunisieMeilleure intégration, découvertes, nouvelles amitiés
Scroll passif sans interactionComparaison, jalousie, baisse de moral

L’objectif n’est pas d’imposer une discipline rigide, mais de prendre conscience de l’effet des usages et de réajuster si nécessaire. Si l’on se surprend à refermer chaque session avec une boule au ventre, c’est sans doute le signe qu’un rééquilibrage s’impose.

S’appuyer sur les ressources existantes en Tunisie

La Tunisie n’est pas seulement un territoire d’accueil ponctuel ; elle s’est dotée, au fil du temps, de structures pensées pour maintenir les liens avec sa diaspora et accompagner, dans une certaine mesure, les mobilités. Même si ces dispositifs n’ont pas été conçus spécifiquement pour le mal du pays, ils peuvent venir le soulager indirectement.

Bon à savoir :

Depuis la fin des années 1980, l’Office des Tunisiens à l’Étranger (OTE) propose des programmes pour les Tunisiens expatriés et leurs familles. En été, des cours gratuits de dialecte tunisien sont organisés pour les enfants, ainsi que des voyages de découverte de la culture, de l’histoire et des paysages de la Tunisie. Ces initiatives visent à renforcer l’identité culturelle des jeunes de la diaspora.

Pour les migrants étrangers installés en Tunisie, les grandes associations – Terre d’Asile Tunisie, Médecins du Monde, Caritas, IOM – offrent non seulement une aide matérielle ou juridique, mais aussi des espaces d’écoute. Une étude qualitative menée auprès de migrants suivis par Terre d’Asile met en évidence que la possibilité de parler de leur parcours, de leurs peurs et de leurs espoirs, dans un cadre sécurisant, joue un rôle majeur dans le processus de guérison. Ce soutien ne fait pas disparaître le mal du pays, mais le rend moins écrasant.

Exemple :

L’association Tunisian American Young Professionals transforme la nostalgie et l’inquiétude pour la Tunisie en actions concrètes. Elle organise des missions commerciales, des programmes d’échange et soutient l’exportation de l’artisanat local. Pour ses membres, cette implication atténue la distance en créant un sentiment de participation à un projet collectif plus grand.

Plus récemment, des programmes comme Diasporactive, porté par l’incubateur 1KUB, proposent aux Tunisiens de l’étranger qui souhaitent revenir de le faire dans un cadre structuré. Plutôt que de « repartir de zéro », ces retours s’appuient sur des mentors, des réseaux, des structures d’accompagnement. Là encore, le mal du pays est moins quelque chose à subir que le point de départ d’un projet qui donne du sens à la double appartenance.

Choisir ses stratégies de coping : ce qui aide vraiment

Les études sur les expatriés et les étudiants internationaux décrivent plusieurs manières de faire face au mal du pays. Tout ne se vaut pas sur le long terme. On distingue en général les stratégies centrées sur le problème – qui visent à agir sur la situation – et celles centrées uniquement sur l’émotion – qui cherchent à apaiser temporairement le ressenti sans traiter le fond.

1

Un groupe d’expatriés privilégie des actions d’adaptation comme apprendre la langue locale, ce qui accélère leur ajustement et préserve leur santé mentale.

Dans le second groupe, on trouve par exemple le fait de se réfugier uniquement dans les souvenirs, de multiplier les appels à la famille sans investir la vie locale, ou de chercher à anesthésier ses émotions avec l’alcool, des médicaments ou d’autres substances. Ces stratégies peuvent procurer un soulagement sur le moment, mais elles laissent souvent la situation inchangée, voire aggravée.

Exemple :

Un tableau de synthèse, issu d’une étude spécifique, illustre les différentes options concernant les expatriés africains en Europe. Ce tableau présente une vue d’ensemble des données et tendances observées dans cette population.

Tableau : exemples de stratégies de coping observées et leurs effets

Type de stratégieExemples concretsEffets probables à moyen terme
Socialisation positiveRejoindre une association, fréquenter un café local, participer aux fêtesRéduction du sentiment d’isolement, nouveaux repères
ApprentissageCours de langue, formation interculturelle, échanges avec des TunisiensMeilleure compréhension du contexte, sentiment de contrôle
Effort personnelPlanifier des objectifs, explorer la ville, s’auto‑former sur la cultureSentiment d’efficacité, valorisation de soi
Médicalisation abusiveRecours systématique à des médicaments ou à l’alcoolSoulagement temporaire, risque de dépendance
Fuite professionnelleChanger constamment de travail, menacer de partir pour « punir » l’employeurInstabilité, sentiment de chaos, peu d’ancrage

En Tunisie, la tentation de se replier peut être renforcée par les difficultés matérielles : paperasse administrative, discriminations, chômage, logements précaires. C’est précisément dans ces contextes que de petits gestes concrets, même modestes, prennent tout leur sens : aller chaque jour au même kiosque pour acheter du pain, apprendre à dire quelques phrases en dialecte tunisien, participer à une activité dans une association de quartier, proposer de cuisiner un plat de son pays pour ses voisins.

Quand le mal du pays devient un signal d’alarme

Dans la plupart des cas, le mal du pays suit une courbe en U : intense au début, il diminue progressivement à mesure que l’on crée des liens et des habitudes. Pour certains, pourtant, il persiste ou s’aggrave, au point d’handicaper la vie quotidienne. Les recherches menées auprès de réfugiés montrent que, lorsqu’il se conjugue à des traumatismes antérieurs, il peut se transformer en véritable trouble anxieux ou dépressif.

Attention :

Plusieurs signaux doivent alerter : un mal du pays persistant et intense après plusieurs semaines ou mois, accompagné d’une impossibilité à sortir, de pensées noires et d’une perte d’intérêt pour toute activité. La multiplication de symptômes physiques (douleurs, insomnies, crises de panique) peut indiquer une somatisation de la détresse. Il est alors important de ne pas rester seul.

Les études sur les réfugiés en Allemagne, par exemple, ont mis en évidence des niveaux très élevés de stress post‑traumatique et de dépression, étroitement corrélés à la sévérité du mal du pays. Une part non négligeable remplissait aussi les critères de deuil prolongé, lié à la perte de proches. Même si le contexte tunisien est différent, ces résultats rappellent que le mal du pays peut être la face visible d’une souffrance plus profonde.

Bon à savoir :

Faire appel à un psychologue, psychiatre ou travailleur social formé n’est pas un échec, mais une démarche sérieuse pour affronter ses difficultés. En Tunisie, certaines ONG proposent ce soutien, parfois avec des interprètes. Les étudiants et expatriés peuvent également se tourner vers les cellules d’écoute des universités, ambassades ou entreprises.

L’autre signal concerne le recours à des conduites à risque comme stratégie de survie émotionnelle : consommation excessive d’alcool, usage de médicaments détournés, comportements dangereux. La recherche sur les expatriés note que ces « solutions » procurent parfois un répit, mais au prix d’une aggravation de la vulnérabilité psychique et sociale. Là encore, demander de l’aide est une façon de reprendre la main.

Accepter une identité « entre les mondes »

Enfin, un dernier enjeu, plus subtil, traverse les témoignages de migrants, réfugiés, diasporas : celui de l’identité. Beaucoup disent se sentir en permanence « entre » plusieurs lieux, plusieurs langues, plusieurs appartenances. Des chercheurs parlent de « désir de maison » plutôt que de désir de retour, pour souligner qu’il ne s’agit pas toujours de revenir physiquement dans le pays d’origine, mais de retrouver un sentiment de cohérence interne.

Exemple :

Les études sur les Tunisiens de Londres illustrent comment la Tunisie et la Grande-Bretagne, au fil du temps, ne sont plus perçues comme deux points opposés sur une carte, mais deviennent deux pôles d’une même géographie mentale. L’identité se construit ici parce que l’on a vécu là-bas, et réciproquement. Ce va-et-vient constant forge des identités transnationales et complexes, qui échappent à toute tentative de catégorisation unique.

Pour les étrangers installés en Tunisie, comme pour les Tunisiens de retour après un long séjour à l’étranger, reconnaître cette complexité peut être libérateur. Plutôt que de chercher à recréer à l’identique « la maison » d’avant, il devient possible d’accepter que ce qui fait maison désormais se distribue entre plusieurs lieux, plusieurs cercles, plusieurs temporalités. Les objets, les rituels, les relations accumulés au fil du chemin deviennent les briques d’une maison intérieure qui voyage avec soi.

Bon à savoir :

En situation de mobilité, le mal du pays n’est pas qu’une douleur à combattre ; il signale ce qui compte profondément pour nous (liens, valeurs, paysages, rituels). En Tunisie, terre de passage et d’accueil, le défi est d’apprendre à écouter ce message sans s’y perdre. Pour transformer cette peine en ressource, il est conseillé de s’entourer, d’agir sur son environnement proche et d’oser demander de l’aide, afin de se construire progressivement un nouveau sentiment d’appartenance.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros, bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tunisie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tunisie pour son régime favorable aux retraités étrangers (exonération partielle d’impôt sur les pensions transférées, coût de vie en moyenne 40 à 50 % inférieur à celui de Paris selon les villes, climat et proximité géographique avec la France). La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence avec location ou achat de résidence principale, coordination CNAV/CPAM, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, accompagnement bilingue) et intégration patrimoniale globale.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :