La sécurité en Tunisie : mode d’emploi pour une expatriation sereine

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en Tunisie attire de plus en plus d’expatriés, de retraités et de nomades digitaux. Coût de la vie modéré, climat ensoleillé, proximité avec l’Europe, accueil chaleureux… Sur le papier, le pays a beaucoup d’arguments. Mais derrière l’image de cartes postales, une question revient systématiquement : est‑ce vraiment sûr d’y vivre au quotidien, seul, en couple ou en famille ?

Bon à savoir :

La Tunisie est globalement plus sûre que de nombreuses destinations régionales et certaines grandes villes européennes concernant la petite délinquance. Cependant, le pays reste exposé à une menace terroriste réelle, sa situation politique peut être agitée, et plusieurs risques spécifiques (escroqueries, harcèlement, circulation routière, régions frontalières) nécessitent une vigilance accrue de la part des voyageurs.

Cet article propose un tour d’horizon complet de la sécurité en Tunisie pour préparer une expatriation sereine : comprendre les risques, choisir son lieu de vie, éviter les arnaques, circuler sans stress, respecter les lois locales et savoir quoi faire en cas de pépin. L’objectif n’est ni de noircir le tableau, ni de le rendre plus rose qu’il ne l’est, mais de donner des repères concrets, basés sur les données disponibles et les pratiques d’expatriés déjà sur place.

Sommaire de l'article masquer

Un pays globalement accueillant, mais aux risques bien réels

La Tunisie est souvent décrite comme un pays « plutôt sûr » et accueillant pour les visiteurs. Le taux de criminalité est relativement bas par rapport à d’autres destinations d’Afrique du Nord et même à certains pays d’Europe du Sud. Les crimes violents impliquant des armes à feu restent rares, et de nombreux voyageurs ou expatriés racontent avoir circulé plusieurs semaines avec un sentiment de sécurité correct.

Attention :

Malgré l’absence de risques généralisés, les étrangers peuvent être ciblés par de la petite délinquance, des vols opportunistes, du harcèlement et des escroqueries. La menace terroriste demeure, et le contexte socio-politique peut entraîner des manifestations ou tensions ponctuelles.

Pour se faire une idée d’ensemble, quelques indicateurs chiffrés aident à replacer la Tunisie dans le paysage international.

Où se situe la Tunisie sur le plan sécurité ?

Plusieurs indices donnent un aperçu de la situation :

IndicateurValeur / RangCommentaire
Indice de criminalité (Statista, 2023)44,6 / 100Niveau intermédiaire, loin des pays les plus criminogènes
Classement Global Terrorism IndexRang 36Légèrement plus exposée que certains pays européens, moins que les États‑Unis
Appréciation globale par certains sites nomades« Pretty safe » avec astérisqueSécurité globalement correcte, mais réserves sur certains aspects (femmes, familles, LGBTQ+)
Human Freedom Index5,97Libertés intermédiaires, meilleure situation que dans plusieurs pays de la région

Ces données confirment une réalité à double face : pour un expatrié informé, la Tunisie peut offrir un environnement de vie agréable et relativement sûr, à condition de connaître les limites, d’éviter certaines zones et de respecter le cadre légal et culturel.

Criminalité quotidienne : comprendre les risques réels

Pour un expatrié, la principale menace n’est pas l’agression armée mais la délinquance opportuniste. Dans les grandes villes et zones touristiques, les étrangers un peu distraits représentent des cibles idéales pour les voleurs et escrocs.

Petits vols, agressions et harcèlement

Les infractions les plus courantes touchant les étrangers sont non violentes : pickpockets, vol de sac à l’arraché, téléphone subtilisé, effractions dans des véhicules. Les quartiers les plus fréquentés, les transports en commun bondés, les plages et les médinas (centres historiques) concentrent une bonne partie de ces faits.

Plusieurs points ressortent des rapports et témoignages :

Astuce :

La petite délinquance est principalement opportuniste : elle cible des objets laissés sans surveillance comme un sac ouvert, un téléphone sur une table de café ou un sac à portée de main dans une foule. Les voleurs opèrent souvent en groupe et utilisent des techniques de diversion (bousculade, dispute simulée, sollicitation) pendant qu’un complice agit. Soyez particulièrement vigilant face aux jeunes en scooter qui ciblent les expatriés pour leur arracher sacs ou téléphones, de jour comme de nuit. Les cambriolages et vols de véhicules sont également présents, surtout dans les quartiers aisés ou peu surveillés.

Le harcèlement et les agressions à caractère sexuel sont un autre sujet de préoccupation. Ils sont signalés de façon croissante, y compris dans les communautés expatriées, en particulier durant l’été. Pour les femmes seules, la vigilance est surtout de mise la nuit, dans les transports bondés, et dans certains quartiers populaires ou zones de loisirs.

Un certain nombre de plateformes spécialisées pour nomades ou expats indiquent d’ailleurs que le pays n’est « pas sûr pour les femmes » et peu « family‑friendly », ce qui reflète moins un danger omniprésent qu’un environnement où les femmes peuvent subir davantage de commentaires, d’insistance ou d’incompréhensions culturelles.

Profils et lieux plus exposés

Plusieurs facteurs augmentent la probabilité de devenir une cible :

Ne pas parler arabe ni français et paraître perdu.

Porter des vêtements très occidentalisés et voyants dans des quartiers populaires.

– Afficher des objets de valeur (montre de luxe, smartphone dernier cri, bijoux).

– Se déplacer seul de nuit dans des zones peu fréquentées.

Exemple :

À Tunis, des quartiers comme Ettadhamen ou Douar Hicher sont réputés plus criminogènes. À l’échelle nationale, les vols à la tire augmentent en haute saison touristique dans des stations balnéaires telles que Hammamet, Sousse ou Djerba.

À Tunis, la zone de West Le Kram est explicitement mentionnée dans des rapports pour des problèmes de vols, tout comme certaines zones autour des plages et marchés très fréquentés.

Conseils concrets pour limiter la casse

Il ne s’agit pas de vivre dans la paranoïa, mais quelques habitudes simples réduisent significativement le risque :

Garder passeport, argent et documents importants dans un lieu sécurisé (coffre de l’hôtel, appartement verrouillé), ne porter sur soi que le nécessaire.

Utiliser un sac croisé porté devant soi dans les marchés ou transports, et le garder fermé.

– Éviter de manipuler son téléphone en marchant au bord de chaussées très fréquentées par des scooters.

– Préférer les rues animées et bien éclairées, surtout le soir.

– En cas d’agression avec arme, ne pas résister : remettre immédiatement ses effets personnels pour désamorcer la situation.

Voyager en groupe, particulièrement dans les zones reculées ou la nuit, permet aussi de limiter les mauvaises rencontres.

Terrorisme et instabilité : un risque à prendre au sérieux

C’est sans doute l’élément le plus sensible quand on parle de sécurité en Tunisie. Les autorités tunisiennes maintiennent un état d’urgence depuis 2015, après une série d’attentats meurtriers (musée du Bardo à Tunis, plage de Sousse). Depuis, les forces de sécurité ont renforcé leur dispositif et démantèlent régulièrement des cellules, mais la menace n’a pas disparu.

Nature de la menace

Les attaques récentes montrent une évolution des modes opératoires :

Attaques menées avec des armes blanches, armes à feu ou véhicules.

Cibles fréquemment policières, militaires ou bâtiments officiels.

– Possibilité d’attaques contre des foules, des lieux religieux, des évènements festifs, des sites touristiques ou des lieux de culte minoritaires (synagogues notamment).

– Groupes djihadistes affiliés à al-Qaïda au Maghreb islamique ou à l’« État islamique » toujours présents dans des zones montagneuses et frontalières, même si leurs capacités sont jugées diminuées.

Attention :

Les États étrangers considèrent Tunis comme une zone à menace terroriste élevée pour leurs intérêts officiels. Les conseils aux voyageurs recommandent une vigilance accrue dans l’ensemble du pays et déconseillent parfois formellement certains secteurs.

Zones à éviter impérativement

Les régions proches des frontières libyenne et algérienne cumulent risques sécuritaires (terrorisme, contrebande, criminalité). De nombreux pays déconseillent d’y voyager, notamment :

– La bande frontalière avec la Libye (20 à 30 km à l’intérieur des terres).

– Une partie de la frontière algérienne (en dehors de quelques villes touristiques spécifiques).

– Des zones montagneuses utilisées comme sanctuaires par des groupes armés : Jebel Chaambi, monts Salloum, Sammamma, Mghila ou Orbata, notamment dans les gouvernorats de Kasserine et Gafsa.

– Le désert au sud de Remada, classé zone militaire et accessible uniquement sous autorisation.

Bon à savoir :

Pour un séjour en sécurité, il est impératif d’éviter les zones formellement déconseillées par les avis officiels, de ne pas s’aventurer seul dans le désert ou les régions montagneuses isolées, et de recourir exclusivement à des agences agréées pour tout voyage dans le Sahara. La Garde nationale recommande également aux voyageurs de se déclarer auprès d’un tour-opérateur reconnu avant toute excursion dans le désert.

Vivre avec la menace au quotidien

À Tunis, Sousse, Sfax ou Djerba, la menace terroriste se traduit surtout par :

Une présence visible des forces de sécurité (checkpoints, patrouilles).

Des contrôles aléatoires de papiers d’identité.

Un filtrage renforcé autour des ambassades, centres culturels étrangers, sites sensibles et grands évènements.

Pour un expatrié, cela implique : s’adapter à une nouvelle culture, naviguer dans des systèmes administratifs différents, gérer la langue locale, et créer un réseau social dans un environnement parfois étranger. Ces défis peuvent affecter tant la vie personnelle que professionnelle.

Avoir systématiquement sur soi une pièce d’identité (passeport ou carte de séjour).

– Éviter de se trouver à proximité de manifestations, rassemblements politiques ou lieux très symboliques lors de périodes de tension régionale (par exemple après des événements au Moyen‑Orient).

– Suivre les consignes de son ambassade (inscription au registre des Français de l’étranger, au STEP pour les Américains, etc.) et les mises à jour de sécurité.

Vie politique, manifestations et climat social

La Tunisie a connu une révolution en 2011 et une décennie de transition politique mouvementée. Si le pays reste plus ouvert que de nombreux voisins sur le plan des libertés publiques, la situation sociale est marquée par un chômage élevé (plus de 15 % en 2023), une inflation importante (près de 9,3 % en 2023) et un mécontentement régulier vis‑à‑vis des autorités.

Manifestations et risques pour les expatriés

Les manifestations ne sont pas rares, surtout :

7

Octobre 2023 est un pic de tension internationale ayant généré de nombreux rassemblements à Tunis.

Même lorsqu’elles commencent pacifiquement, ces mobilisations peuvent dégénérer et devenir violentes, avec usage possible de gaz lacrymogènes ou autres moyens de dispersion par la police, surtout si les rassemblements ne sont pas autorisés.

Pour un expatrié, se tenir à l’écart de ces mouvements est une règle de base : éviter les lieux annoncés de rassemblement, ne pas filmer les forces de l’ordre, ne pas se mêler aux débats politiques locaux, et rentrer chez soi si l’on voit se former un attroupement inhabituel.

Tensions sociales et sentiment d’insécurité

Les difficultés économiques renforcent parfois le sentiment d’insécurité, même si les statistiques officielles de criminalité restent difficiles à obtenir et peu fiables. Certains indicateurs sur des sites de nomades ou d’expats pointent :

Une dégradation de la qualité de certains services publics (écoles, hôpitaux, transports).

Une augmentation de la petite délinquance liée au contexte économique.

– Des tensions raciales ponctuelles, par exemple envers des migrants d’Afrique subsaharienne dans certaines villes côtières comme Sfax.

Là encore, cela ne signifie pas que l’expatrié est directement visé, mais il doit être conscient de ce climat et éviter les zones où des tensions ont été signalées.

Arnaques et fraudes : le vrai sport national dans les zones touristiques

Quasiment tous les rapports sur la Tunisie insistent sur ce point : les escroqueries visant les touristes et les étrangers sont courantes dans les zones touristiques et les grandes villes. Elles touchent autant les vacanciers de passage que les expatriés fraîchement arrivés qui n’ont pas encore leurs réflexes. Les escroqueries

Les pièges les plus fréquents

On retrouve un bestiaire très classique des arnaques de pays touristiques, avec quelques particularités locales. Sans faire de listes à rallonge, plusieurs schémas reviennent régulièrement.

Les vols à la tire et vols de sacs restent les plus simples : marchés, métros, bus, plages bondées. Les voleurs profitent de la foule, d’un sac mal fermé, d’un moment de distraction. Parfois, un complice provoque un contact (bousculade, dispute) pendant qu’un autre subtilise vos effets.

Attention :

À Tunis, Sousse ou Hammamet, certains chauffeurs de taxis jaunes contournent le compteur pour négocier des tarifs abusifs, inventent des frais bagages, font des détours ou arrondissent la monnaie. Ces risques sont accrus lorsque le taxi est hélé dans la rue plutôt que pris à une station officielle ou via une application VTC (inDrive, Yassir, Bolt, Heetch).

Dans les médinas et près des sites touristiques, les faux guides abondent. Ils se présentent volontiers comme « étudiant en langues », « ami du patron de votre hôtel » ou « guide officiel », mais ne disposent d’aucune licence et vous conduisent chez des commerçants qui leur reversent une commission, avec des prix largement supérieurs au marché. Les fausses offices de tourisme existent aussi dans certains lieux très fréquentés.

Les faux policiers ou agents municipaux constituent une arnaque plus insidieuse. En civil, ils montrent un badge douteux, réclament vos papiers et profitent de l’occasion pour extorquer de l’argent sous couvert de prétendues infractions ou taxes. En cas de doute, demander calmement à se rendre au poste de police le plus proche suffit souvent à faire fuir les imposteurs.

À cela s’ajoutent quantité de petites escroqueries de rue : « cadeaux » qui deviennent payants (tatouages au henné, photos avec animaux, portraits improvisés), services non sollicités (porter vos bagages, vous guider dans la médina) qui se transforment en demandes de pourboires agressives, fausses collectes caritatives, ou encore ventes de souvenirs contrefaits à prix d’or.

Rapport sur les arnaques touristiques

Les services de location (jet‑ski, quad, voitures) sont un terrain fertile pour les surcoûts cachés : dégâts prétendument découverts au retour, temps de location raccourci sans ajustement de prix, frais annexes non mentionnés au départ.

Enfin, les escroqueries financières et amoureuses en ligne constituent un phénomène majeur, bien que déconnecté de la vie quotidienne des expatriés sur place. Des Tunisiens, notamment des hommes, ciblent par exemple des femmes étrangères plus âgées sur internet, avec un discours romantique visant à obtenir des transferts d’argent ou un mariage pour visa.

Comment réduire fortement le risque d’arnaque

La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces situations peuvent être évitées avec quelques réflexes :

Astuce :

Pour prévenir les mauvaises surprises lors de vos déplacements : convenez toujours du principe du compteur ou d’un prix approximatif avant de monter dans un taxi, et refusez poliment si le chauffeur ne veut pas l’utiliser. Privilégiez les applications de VTC plutôt que les taxis pris au hasard dans la rue. Évitez les pseudo-guides non licenciés qui vous abordent spontanément ; préférez un guide recommandé par votre hôtel ou une agence. Avant de prendre un véhicule de location, vérifiez son état (photos, vidéos) et faites noter tout défaut visible sur le contrat. Méfiez-vous de tout ce qui est présenté comme « gratuit » sur la plage ou dans la rue, car rien ne l’est réellement. Utilisez les distributeurs situés à l’intérieur des banques ou centres commerciaux, vérifiez l’absence d’éléments suspects sur le lecteur de carte, cachez votre code PIN et surveillez vos relevés bancaires. Enfin, ne transférez jamais d’argent à une personne rencontrée uniquement en ligne, quelle que soit l’histoire racontée (maladie, urgence familiale, frais de visa).

Le réflexe le plus sain reste sans doute celui‑ci : tout ce qui semble trop beau pour être vrai, qu’il s’agisse d’un investissement miraculeux, d’une histoire d’amour fulgurante ou d’une affaire immobilière bradée, ne l’est probablement pas.

Transports et routes : un vrai enjeu de sécurité

Les organismes internationaux soulignent régulièrement la dangerosité du trafic routier en Tunisie. Excès de vitesse, dépassements hasardeux, piétons partout, deux‑roues sans éclairage… Le risque d’accident est significativement plus élevé que dans la plupart des pays européens.

Conduire en Tunisie : prudence absolue

Les routes principales et autoroutes entre grandes villes sont globalement en bon état, mais dès que l’on s’éloigne des axes, la chaussée peut se dégrader (nids‑de‑poule, absence de marquage, éclairage déficient). Dans le sud et certaines zones rurales, des tronçons non asphaltés, des animaux sur la route et une signalisation limitée compliquent encore la donne.

Certains comportements sont fréquents :

Attention :

La conduite est rendue dangereuse par le non-respect des limitations de vitesse et des distances de sécurité, les changements de voie brutaux sans clignotant, et la présence de piétons traversant de manière imprévisible, y compris sur les voies rapides. S’ajoutent à cela les scooters et motos qui zigzaguent entre les files, souvent sans équipement de sécurité adéquat, et la circulation de véhicules mal entretenus, présentant parfois des défaillances critiques comme des freins ou des pneus défectueux.

Pour un expatrié, quelques principes sont essentiels :

Éviter de conduire de nuit, surtout hors agglomération.

– Garder une vitesse modérée, anticiper largement les réactions des autres usagers.

– Avoir tous ses papiers sur soi (permis, carte grise, assurance) car les contrôles sont fréquents.

– En cas d’accident grave, savoir qu’il est possible d’être placé en détention « préventive » le temps de l’enquête, parfois plusieurs mois : c’est une réalité juridique à intégrer.

Pour les locations de voiture, il est crucial de lire attentivement le contrat, d’inspecter le véhicule et de souscrire une assurance solide, même si elle semble plus chère.

Transports en commun et taxis

Les bus, métros de surface, trains et louages (minibus collectifs) forment la colonne vertébrale des déplacements, mais avec des standards de sécurité et de confort inférieurs à ceux de l’Europe : surcharges, entretien limité, conduite parfois brutale.

Bon à savoir :

Dans les transports en commun, le principal risque pour un expatrié est le vol à la tire. Les heures de pointe dans le métro sont particulièrement propices aux vols de téléphones. Pour les trajets réguliers, il est recommandé de privilégier les taxis officiels ou les services de VTC pour plus de sécurité.

Les louages restent une solution économique pour les trajets interurbains, avec tarifs fixes payés au guichet de la station. Les destinations sont indiquées en arabe sur le pare‑brise, ce qui suppose un minimum de repères linguistiques ou l’aide d’un local.

Se déplacer à pied

Dans les centres urbains, marcher est agréable mais suppose une grande attention. Les passages piétons ne sont pas toujours respectés, et il est courant de voir des personnes traverser au milieu des voies. Mieux vaut privilégier les larges artères et trottoirs, éviter les petites rues désertes la nuit et garder un œil sur son sac.

Où vivre en sécurité : bien choisir son quartier et sa ville

Le choix du lieu d’installation a un impact énorme sur le ressenti de sécurité. L’aire urbaine de Tunis concentre une grande partie des expatriés, avec plusieurs quartiers prisés.

Les quartiers « expat‑friendly » du Grand Tunis

Plusieurs zones se détachent pour leur combinaison de sécurité, commodités et accessibilité :

Quartier / ZoneProfil et ambianceAtouts sécurité / confort
La MarsaBord de mer, ambiance village chic, francophone, très populaire chez les expatsSentiment de sécurité élevé, cafés et restaurants nombreux, vie de quartier
Sidi Bou SaïdVillage blanc et bleu surplombant la mer, très touristiqueEnvironnement agréable, mais foule et vendeurs insistants en haute saison
CarthageQuartier résidentiel avec villas, ruines antiques, ambassadesCalme, espaces verts, forte présence d’expatriés et personnels diplomatiques
Les Berges du LacQuartier moderne, bureaux, restaurants, commerces (Lac 1 et 2)Urbanisme récent, rues larges, forte présence d’entreprises internationales
El Menzah / MutuellevilleSecteurs résidentiels avec écoles internationales, commercesAppréciés des familles, bonne accessibilité, profil socio‑économique moyen‑haut
Ariana, La Soukra, L’Aouina, El GhazalaBanlieues résidentielles plus abordables, nombreuses constructions neuvesCoût plus bas, accès correct aux transports, sentiment de sécurité généralement bon

Dans ces quartiers, les problèmes de sécurité restent principalement de l’ordre du vol opportuniste. Les prix de l’immobilier y sont logiquement plus élevés que dans le reste du pays. Plus de 80 % des Tunisiens sont propriétaires de leur logement, ce qui se reflète aussi dans ces zones où l’achat est très répandu.

Autres villes prisées et zones à risques

En dehors de Tunis, des villes comme Sousse, Hammamet, Monastir ou Djerba attirent beaucoup de retraités et de nomades digitaux, en quête d’un rythme plus tranquille en bord de mer. Ce sont aussi des pôles touristiques majeurs, donc plus exposés aux arnaques et à la petite délinquance saisonnière, notamment sur les plages, aux abords des hôtels et dans les centres-villes en été.

Attention :

Certains quartiers populaires très denses des grandes villes cumulent des indicateurs défavorables (pauvreté, chômage, criminalité). Pour un expatrié, il est prudent de ne pas y louer un logement sans une connaissance fine du terrain et sans disposer de relais locaux de confiance.

Cadre légal, normes culturelles et sujets sensibles

Pour vivre sereinement, il ne suffit pas de se protéger des voleurs : il faut aussi éviter de se mettre soi‑même en danger en ignorant le droit local ou les tabous sociaux. Certaines pratiques considérées comme banales en Europe peuvent avoir des conséquences sérieuses en Tunisie.

Lois à bien connaître

Plusieurs points de droit sont particulièrement importants pour les expatriés :

Attention :

Plusieurs comportements courants ailleurs sont sévèrement réprimés en Tunisie. Les relations homosexuelles, l’affichage public d’affection, la possession de pornographie ou de drogues (même en petite quantité) sont illégales et passibles de prison. Insulter un policier, photographier certains bâtiments officiels sans autorisation, ou exporter des dinars tunisiens sont également interdits. Il est crucial de respecter ces lois et coutumes locales.

Dans le domaine du travail et du séjour, la réglementation est stricte. Toute activité professionnelle nécessite un permis de travail obtenu par l’employeur auprès des autorités. La carte de séjour (résidence) est indispensable au‑delà de trois ou quatre mois de présence, selon le statut. Dépasser la durée autorisée expose à des amendes et à un possible blocage à la frontière au moment de quitter le pays.

Codes culturels et vie quotidienne

La Tunisie est un pays majoritairement musulman, globalement plus libéral que certains voisins, mais où des normes assez conservatrices continuent de structurer la vie sociale, surtout en dehors des grandes villes côtières.

Quelques repères utiles :

Bon à savoir :

Pour un séjour respectueux, adoptez une tenue modeste hors des zones balnéaires (épaules, décolleté et genoux couverts pour les femmes). Le topless est très mal perçu sur les plages publiques. Demandez toujours la permission avant de photographier une personne. Pendant le Ramadan, évitez de manger, boire ou fumer ostensiblement dans la rue en journée. Enfin, aborder avec prudence les sujets sensibles comme la politique israélo-palestinienne ou la politique intérieure.

Les expatriés qui prennent le temps d’apprendre quelques mots d’arabe tunisien ou d’améliorer leur français trouvent généralement qu’ils sont mieux intégrés, mieux respectés, et moins pris pour des « proies faciles » du point de vue des escrocs.

Argent, logement et coût de la sécurité

La sécurité passe aussi par la manière de gérer son argent et de choisir son logement. La Tunisie combine un coût de la vie faible avec une flambée récente de certains postes, notamment l’immobilier.

Gérer son argent sans se mettre en danger

Le pays reste largement dominé par les paiements en espèces, même si les cartes bancaires sont de plus en plus acceptées dans les grandes surfaces, hôtels et restaurants « internationaux ». Pour limiter les risques financiers et de fraude :

Astuce :

Pour protéger vos finances lors de vos voyages, suivez ces conseils : retirez de l’argent dans les distributeurs situés à l’intérieur des banques ou des centres commerciaux plutôt que dans la rue. Avant toute utilisation, vérifiez systématiquement l’intégrité du distributeur, notamment le clavier et la fente pour la carte, afin de détecter d’éventuels dispositifs de skimming. Privilégiez l’utilisation d’une carte de crédit, qui offre une meilleure protection en cas de fraude, plutôt qu’une carte de débit. Si vous craignez les vols de données à distance, utilisez un portefeuille ou un porte-carte anti-RFID. Enfin, conservez précieusement tous vos reçus de change et de transactions ; ils pourront être utiles en cas de contrôle ou de contestation.

L’ouverture d’un compte bancaire tunisien est souvent nécessaire pour louer un appartement au long cours, payer un abonnement internet fixe ou déclarer certains revenus. Seuls 37 % des adultes tunisiens disposaient d’un compte bancaire en 2021, ce qui explique la prépondérance du cash.

Logement : sécurité, prix et documents

Les loyers ont fortement augmenté ces dernières années, avec une hausse de près de 19 % entre fin 2022 et fin 2023. À Tunis, les loyers moyens pour un expatrié se situent aux alentours suivants :

Type de logement (Tunis)Loyer mensuel moyen (approx.)
1 chambre centre‑ville~ 836 TND
1 chambre hors centre~ 523 TND
3 chambres centre‑ville~ 1 427 TND
3 chambres hors centre~ 888 TND

Dans les quartiers très prisés (La Marsa, Sidi Bou Saïd, Gammarth, Berges du Lac), les prix peuvent être nettement plus élevés. Sidi Bou Saïd et La Marsa sont régulièrement décrits comme « chers » pour le locatif comme pour l’achat.

Attention :

Un bail écrit est indispensable pour la sécurité juridique (état des lieux, dépôt de garantie, durée) et les démarches administratives (carte de séjour, compte bancaire). Il est déconseillé de payer plusieurs mois à l’avance sans contrat clair, ou de louer un logement uniquement sur la base d’une annonce en ligne sans visite ni vérification des titres de propriété.

Santé, infrastructures et perception de sécurité

La sécurité ne se résume pas à l’absence d’agressions : la capacité à être correctement pris en charge en cas de problème de santé est un autre pilier d’une expatriation sereine.

Un système de santé contrasté

La Tunisie affiche l’un des systèmes de santé les plus développés d’Afrique, avec un maillage important de centres de soins publics et une offre privée très dynamique, particulièrement dans les grandes villes. La vie moyenne tourne autour de 76,5 ans, un niveau proche de certains pays européens.

Mais les disparités sont fortes :

Bon à savoir :

Le système de santé tunisien présente des disparités importantes. Les hôpitaux publics, surtout hors de Tunis et Sfax, sont souvent sous-équipés, surchargés et mal entretenus. Les équipements modernes et les médecins les plus qualifiés se concentrent dans le secteur privé. L’émigration des professionnels de santé vers l’Europe affecte le renouvellement des équipes. Enfin, les zones rurales du centre et du sud du pays restent mal desservies pour les soins complexes.

Pour un expatrié, la recommandation est quasi unanime : souscrire une assurance santé internationale incluant la prise en charge en clinique privée et, idéalement, une option d’évacuation médicale vers un pays mieux équipé en cas de pathologie lourde.

Prévenir plutôt que guérir

La sécurité sanitaire passe aussi par quelques règles de base :

Bon à savoir :

Il est conseillé de privilégier l’eau en bouteille, l’eau du robinet n’étant pas toujours potable, et d’être vigilant avec les glaçons. En été, il faut se protéger de la chaleur (risques de déshydratation et de coup de chaleur au-delà de 40°C). Avant le départ, vérifiez votre calendrier vaccinal et envisagez des vaccins complémentaires (hépatites, typhoïde…), surtout pour un long séjour. Prévoyez une trousse à pharmacie de base et vérifiez la légalité de vos médicaments à l’étranger, certains traitements étant strictement réglementés.

Les téléconsultations médicales proposées par certaines assurances facilitent la gestion de petits problèmes de santé sans courir aux urgences à chaque fois.

Femmes, familles, LGBTQ+ : des réalités différentes

Les évaluations en ligne qui qualifient la Tunisie de « pas sûre pour les femmes », « hostile aux LGBTQ+ » et « peu adaptée aux familles » doivent être lues avec subtilité, mais elles reposent sur des éléments concrets.

Pour les femmes expatriées

Beaucoup de femmes, y compris voyageuses en solo, relatent des expériences globalement positives, tout en soulignant l’importance de quelques précautions :

Astuce :

Pour assurer sa sécurité lors d’un voyage, il est recommandé d’éviter de marcher seule la nuit dans les quartiers peu fréquentés. Privilégiez des transports de confiance comme les taxis de jour ou les VTC plutôt que des louages bondés en soirée. Dans les zones non touristiques, adoptez un code vestimentaire discret. Refusez poliment mais fermement les invitations insistantes ou les propositions de boissons et d’escapades de la part d’inconnus. Enfin, évitez de divulguer des informations personnelles, telles que votre adresse ou votre lieu de travail, à de simples connaissances.

Le harcèlement verbal existe, comme dans beaucoup de grandes villes méditerranéennes. Il ne débouche pas systématiquement sur des violences, mais peut rendre le quotidien pesant si l’on ne s’y prépare pas.

Pour les personnes LGBTQ+

Sur ce point, la réalité légale est nette : les relations homosexuelles sont criminalisées, et il n’existe aucun cadre juridique protégeant les personnes LGBTQ+ des discriminations. Certaines évaluations internationales parlent explicitement d’un environnement hostile.

Attention :

En Tunisie, bien qu’une vie discrète soit possible dans les cercles privés, toute expression publique d’une orientation LGBTQ+ (affection, militantisme, tenue codée) augmente significativement les risques d’arrestation, de chantage ou d’agression. Le pays n’est pas considéré comme sûr pour vivre ouvertement son orientation.

Pour les familles

Plusieurs plateformes pointent un manque de « family‑friendliness ». Cela recouvre plusieurs dimensions :

Infrastructures publiques (aires de jeux, espaces verts) parfois limitées ou mal entretenues.

– Écoles publiques moins attractives pour les standards occidentaux ; beaucoup de familles expatriées se tournent vers les écoles internationales, onéreuses.

– Circulation routière dangereuse pour les enfants à pied ou à vélo.

– Manque d’infrastructures adaptées aux personnes en situation de handicap.

Pour autant, la culture tunisienne est très axée sur la famille, et les enfants sont généralement bien accueillis dans les lieux publics. Là encore, beaucoup dépend du quartier, de l’école choisie et du niveau de ressources pour se tourner vers le privé (scolarité, santé, activités).

En cas de problème : qui appeler, où se tourner ?

Savoir qui contacter en cas d’urgence ou de difficulté fait partie intégrante d’une stratégie de sécurité.

Les principaux numéros d’urgence en Tunisie sont :

ServiceNuméro principal
Police (zones urbaines)197
Garde nationale (zones rurales)193
Urgences médicales / Ambulance190
Pompiers / accidents de la route198

Les expatriés ont aussi intérêt à enregistrer les coordonnées de leur ambassade ou consulat, qui peuvent intervenir en cas d’arrestation, d’agression, de perte de documents ou de souci médical grave. Les ambassades américaine, française, canadienne, indienne, portugaise, entre autres, disposent de services consulaires à Tunis.

Bon à savoir :

En cas d’arrestation en Tunisie, il est crucial de demander aux autorités de notifier immédiatement votre ambassade. Le droit international oblige la Tunisie à le faire pour les étrangers mononationaux. Pour les binationaux possédant la nationalité tunisienne, cette obligation est plus floue.

Alors, la Tunisie est‑elle une destination sûre pour s’expatrier ?

Le tableau qui se dessine est contrasté, mais pas alarmant pour autant :

Bon à savoir :

La petite criminalité est comparable aux grandes villes européennes, principalement des vols opportunistes. La menace terroriste existe mais est ciblée ; il faut éviter les zones frontalières. La circulation routière représente un risque majeur souvent sous-estimé. L’adaptation aux cadres juridiques et culturels, notamment sur les mœurs, est nécessaire. Pour la santé et l’éducation, privilégier le secteur privé et une assurance solide est conseillé.

Pour un expatrié ou un nomade numérique qui recherche un coût de la vie bas, un climat avantageux, une certaine liberté d’expression et une population globalement hospitalière, la Tunisie peut être une excellente base, à condition de :

Bon à savoir :

Pour un séjour réussi, il est crucial de bien choisir son quartier de résidence (comme La Marsa, Carthage, Berges du Lac ou El Menzah), de respecter scrupuleusement les tabous et le cadre légal local, et de prendre très au sérieux les risques routiers ainsi que les zones déconseillées. Il faut également se montrer prudent avec l’argent, les taxis et les « bons plans » trop généreux. Enfin, il est impératif de rester informé en continu via les canaux officiels.

La sécurité absolue n’existe nulle part. En Tunisie comme ailleurs, l’équation « sérénité = information + préparation + bon sens » reste la meilleure assurance pour profiter pleinement d’une expatriation réussie.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un futur retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaite changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien fort avec la France. Budget alloué : 10 000 € pour un accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tunisie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tunisie pour son régime avantageux des retraités étrangers (pension transférée en devise, forte réduction d’impôt sous conditions), son coût de vie nettement inférieur à celui de la France et sa proximité géographique et culturelle avec l’Europe francophone. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un permis de séjour avec location ou achat d’une résidence principale, organisation de la couverture santé (CFE, mutuelle locale), transfert de la résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors de France, centre des intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, notaire francophones) et intégration patrimoniale globale (analyse et restructuration si nécessaire), en tenant compte de la convention fiscale France–Tunisie.

Vous souhaitez vous expatrier à l'étranger : contactez-nous pour des offres sur mesure.

Décharge de responsabilité : Les informations fournies sur ce site web sont présentées à titre informatif uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils financiers, juridiques ou professionnels. Nous vous encourageons à consulter des experts qualifiés avant de prendre des décisions d'investissement, immobilières ou d'expatriation. Bien que nous nous efforcions de maintenir des informations à jour et précises, nous ne garantissons pas l'exhaustivité, l'exactitude ou l'actualité des contenus proposés. L'investissement et l'expatriation comportant des risques, nous déclinons toute responsabilité pour les pertes ou dommages éventuels découlant de l'utilisation de ce site. Votre utilisation de ce site confirme votre acceptation de ces conditions et votre compréhension des risques associés.

RETROUVEZ-MOI RÉGULIÈREMENT DANS LA PRESSE

Découvrez mes dernières interventions dans la presse écrite, où j'aborde divers sujets.

A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

Retrouvez-moi sur les réseaux sociaux :
  • LinkedIn
  • Twitter
  • YouTube
Nos guides :