Les soins de santé pour les expatriés en Tunisie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

S’installer en tant qu’expatrié en Tunisie, que ce soit pour quelques années ou pour le long terme, pose très vite une question centrale : comment se faire soigner, à quel coût, et avec quelles garanties de qualité et de remboursement ? Derrière l’image de destination de vacances et de pays de tourisme médical à bas prix, le système de santé tunisien est à la fois l’un des plus développés d’Afrique et un paysage complexe où l’expatrié doit apprendre à naviguer.

Bon à savoir :

Le système de santé tunisien comprend un secteur public et un secteur privé. La couverture locale est assurée par la CNAM, mais les expatriés peuvent aussi souscrire à des assurances internationales. Il est important de connaître les coûts réels, l’accès aux hôpitaux et cliniques, les procédures d’urgence, les recommandations de vaccination et l’offre en santé mentale. Le pays se distingue par un tourisme médical développé et une télémédecine en croissance.

Un système de santé avancé, mais très contrasté

Le système de santé tunisien est souvent présenté comme l’un des plus avancés du continent africain, avec une qualité des soins dans les grandes villes comparable à celle de nombreux pays européens. Dans le même temps, il souffre de forts écarts entre régions, et d’un fossé marqué entre secteur public et secteur privé.

500000

En 2019, environ 500 000 patients étrangers ont été hospitalisés en Tunisie, attirés par des prix 50 à 70 % plus bas qu’en Europe.

Pour les expatriés, cette double réalité est essentielle à comprendre : d’un côté, des cliniques privées modernes, bien équipées, tournées vers une clientèle internationale ; de l’autre, un secteur public sous-financé, souvent surchargé, mais incontournable pour les résidents et au cœur du système de sécurité sociale tunisien.

Infrastructures et organisation : où se faire soigner ?

La Tunisie dispose d’un maillage dense de structures de santé, même si la qualité varie selon les niveaux et les régions. Plus de 2 000 centres de soins de base et une centaine d’hôpitaux publics structurent le territoire, auxquels s’ajoutent plus de 100 cliniques privées.

Un système à trois niveaux

Le secteur public est organisé en trois échelons :

des centres de santé de base et petits hôpitaux locaux, assurant les soins primaires ;

– des hôpitaux régionaux, qui prennent en charge les cas plus complexes au niveau des gouvernorats ;

– des hôpitaux universitaires et centres spécialisés, souvent situés dans les grandes villes (Tunis, Sousse, Sfax, Monastir, Kairouan…).

Exemple :

Les grandes villes côtières tunisiennes concentrent l’offre de santé de haut niveau. Tunis et Sfax disposent des hôpitaux publics les mieux équipés. Les grands centres universitaires se trouvent à Sousse (Farhat-Hached), Monastir (Sahloul) et Sfax (Habib-Bourguiba). À Tunis, des établissements historiques comme Charles-Nicolle, Aziza Othmana et la Rabta jouent un rôle de référence nationale, tandis que l’hôpital militaire principal d’instruction de Tunis propose également des soins de pointe aux civils.

Pour les expatriés installés dans la capitale et sa région (La Marsa, Carthage, Berges du Lac), l’accès aux structures spécialisées est donc relativement aisé, avec un choix entre grands hôpitaux publics et nombreuses cliniques privées.

Une montée en puissance du secteur privé

Le secteur privé est devenu un pilier majeur de l’économie tunisienne. En vingt ans, le nombre de lits en cliniques privées a été multiplié par trois et près de 70 % des équipements médicaux modernes du pays appartiennent désormais au privé. Ces établissements, surtout situés à Tunis, Sousse, Monastir, Sfax ou Hammamet, se positionnent clairement sur une offre “aux standards internationaux”, à destination des classes moyennes locales, des patients étrangers et des expatriés.

Plusieurs cliniques sont régulièrement citées comme références :

Ville / RégionÉtablissements privés notablesSpécialités mises en avant
TunisClinique Taoufik, Clinique Hannibal, Polyclinique Les Jasmins, Clinique Pasteur, Clinique El Manar, Clinique El Amen, Clinique Internationale Hannibal, Clinique La RoseChirurgie, cardiologie, oncologie, neurochirurgie, chirurgie esthétique, PMA, IVF, orthopédie
La Marsa / Nord TunisLa Marsa Private Clinic, Chirurgie Pro, Mongi Slim (public)Gynéco-obstétrique, pédiatrie, chirurgie plastique, urgences
Sousse / MonastirClinique Les Oliviers (Sousse), Carthage International Medical Centre (Monastir), Polyclinique Internationale Ibn SinaUrgences, chirurgie, cardiologie, orthopédie, chirurgie bariatrique
SfaxHabib-Bourguiba (public), Polyclinique Les Oliviers, Clinique Sfax El HabibChirurgie, cardiologie, dialyse, oncologie
Hammamet / NabeulPolyclinique Hammamet, cliniques dentaires spécialiséesMédecine générale, chirurgie, esthétique, dentaire

Ces cliniques proposent souvent :

Services et équipements hospitaliers

Découvrez les installations modernes et les services personnalisés conçus pour optimiser votre expérience de soins et votre confort pendant votre séjour.

Plateaux techniques de pointe

Bénéficiez d’équipements médicaux modernes incluant IRM, scanners, blocs opératoires récents, ainsi que des services de réanimation, soins intensifs, radiothérapie, dialyse et fertilité.

Confort et hébergement

Profitez de chambres individuelles équipées de TV et WiFi, d’une restauration personnalisée et, pour certains séjours, d’options de suites au standard hôtelier.

Accueil des patients internationaux

Service dédié incluant interprétariat (français, anglais, allemand, italien), prise en charge depuis l’aéroport et coordination avec les assurances santé internationales.

Pour un expatrié, l’expérience de soins dans ces établissements est souvent proche de ce qu’il connaît en Europe ou au Moyen-Orient, à condition d’accepter des frais parfois élevés sans assurance adaptée.

Disparités régionales marquées

Si la côte nord et centrale est très bien dotée, le centre-ouest et le sud du pays disposent de moins d’établissements de haut niveau. Les grandes villes intérieures (Kairouan, Gafsa, Gabès, Kasserine) ont leurs hôpitaux régionaux et parfois universitaires (Ibn El Jazzar à Kairouan, Hédi Chaker à Sfax pour le sud), mais l’offre privée y est plus limitée, et certains traitements très spécialisés (neurochirurgie complexe, certaines chirurgies cardiaques ou oncologiques) nécessitent un transfert vers Tunis, Sousse ou Sfax.

Pour les expatriés basés dans ces zones, cela signifie souvent : un besoin accru d’adaptation à de nouvelles cultures et environnements, des défis liés à l’éloignement, et la nécessité de maintenir des liens avec leur pays d’origine.

se faire suivre pour les soins courants localement (médecin généraliste, urgences simples, examens standards) ;

anticiper les déplacements vers une grande ville pour les bilans complexes, diagnostics fins ou interventions programmées.

Public ou privé : quel choix pour un expatrié ?

La question du choix entre hôpital public et clinique privée se pose rapidement pour tout expatrié.

Le secteur public : accessible, mais contraignant

Le système public est financé par l’État et la sécurité sociale. Pour les citoyens tunisiens couverts par la CNAM, il offre des soins quasi gratuits, en particulier dans les centres et hôpitaux publics. Les expatriés résidents qui travaillent légalement en Tunisie peuvent eux aussi être intégrés au régime tunisien.

En pratique, le secteur public se caractérise par :

Attention :

Le système hospitalier public bénéficie de médecins bien formés, mais il est confronté à des défis majeurs : des infrastructures parfois vétustes, une pénurie d’équipements modernes dans certaines régions, et des hôpitaux surchargés avec de longues files d’attente, particulièrement dans les grandes villes. Cette situation est aggravée par un manque de personnel, entraînant des délais d’attente importants pour les consultations spécialisées et certains examens.

Pour des actes courants (consultation généraliste, suivi de grossesse simple, petits gestes techniques), le public reste une solution économique. Mais pour un expatrié habitué à un certain confort, à des délais courts et à des standards d’hôtellerie hospitalière élevés, le recours au privé devient vite la norme, surtout pour la chirurgie, l’obstétrique ou l’oncologie.

Le secteur privé : qualité, rapidité, mais attention au budget

Les cliniques privées tunisiens affichent une offre très large : chirurgie générale et spécialisée, cardiologie interventionnelle, orthopédie, cancérologie, PMA, médecine esthétique, chirurgie bariatrique, soins dentaires de pointe, ophtalmologie, etc. Beaucoup de médecins y ont été formés en France ou en Belgique, ce qui facilite le dialogue et rassure nombre d’expatriés francophones.

Astuce :

Les principaux avantages du privé pour un expatrié sont : une couverture santé souvent plus étendue et internationale, un accès facilité à un réseau de soins de qualité à l’étranger, une prise en charge rapide et personnalisée, et une assistance administrative dans la langue du pays d’accueil.

une prise de rendez-vous rapide, souvent directement avec le spécialiste ;

des délais d’examens très courts (IRM, scanner, analyses spécialisées) ;

– un environnement plus confortable, mieux équipé et moins surchargé ;

– une prise en charge habituée à travailler avec des assurances internationales.

En revanche, les coûts peuvent s’envoler rapidement, surtout en l’absence d’assurance solide. Les consultations et séjours en cliniques “haut de gamme” atteignent parfois des niveaux proches de certains pays européens, tout en restant généralement inférieurs.

Combien coûtent réellement les soins ?

Les chiffres globaux indiquent qu’en moyenne, les dépenses de santé par habitant en Tunisie sont de l’ordre de 664 € par an. Pour un expatrié, cependant, c’est l’addition finale en clinique privée qui compte, et elle peut être bien plus élevée.

Consultations et soins courants

Les tarifs “de base” sont relativement abordables. Les ordres professionnels fixent des fourchettes indicatives pour le secteur privé :

Type de consultationSecteur public (TND)Secteur privé standard (TND)Cliniques privées haut de gamme (approx.)
Médecin généraliste – cabinet~1830 – 35120 – 300
Médecin généraliste – visite à domicilen.d.50 – 60>100 (selon service privé)
Spécialiste (cardio, dermato, etc.)~3050 – 70 (jusqu’à 90)180 – 500 (selon établissement)
Gynécologue~30~50200 – 400
Psychiatre / neurologuen.d.50 – 75>200
Dentiste – consultation simplen.d.50 – 115150 – 300 (détartrage, soins esthétiques)

Les écarts sont particulièrement marqués entre le cabinet de quartier et la grande clinique privée de Tunis ou Sousse. Un généraliste en ville facture typiquement 30 à 40 TND, tandis que la même consultation dans une grande clinique privée tournée vers l’international peut s’afficher entre 120 et 250 TND.

Examens, hospitalisation et chirurgie

Les examens et séjours hospitaliers sont le poste le plus sensible pour les expatriés.

Type de prestationFourchette de prix privée (TND)Remarques
Nuit en chambre individuelle100 – 180Hors honoraires médicaux et actes
Bilan sanguin de base100 – 200En clinique privée de référence
IRM800 – 1 500Selon région et établissement
Accouchement voie basse – public500 – 700Sans complications
Césarienne – secteur privé “classique”1 000 – 2 000Tarifs CNAM partiellement applicables
Césarienne – grande clinique privée4 000 – 7 000Pack maternité “haut de gamme”
Prothèse de hanche (privé)15 000 – 25 000Soit ~4 500 – 7 500 €
Prothèse de genou12 000 – 18 000
Chirurgie bariatrique, esthétique, etc.50 à 70 % moins cher qu’en EuropeSelon l’intervention

Un séjour pour accouchement en clinique privée “médical-touristique” à Tunis peut facilement représenter plusieurs milliers d’euros, surtout en cas de césarienne ou de complications. D’où la nécessité, pour les expatriés, de croiser trois paramètres : recours éventuel au public pour les soins simples, utilisation du privé pour les actes sensibles, et couverture d’assurance adéquate.

Médicaments et pharmacies

Les pharmacies sont très nombreuses, souvent ouvertes tard, avec un système de pharmacies de garde en soirée et la nuit. Les médicaments sont en moyenne deux fois moins chers que leurs équivalents en France. Une ordonnance classique coûte entre 20 et 80 TND, et de nombreux génériques sont disponibles.

Il faut cependant garder à l’esprit que :

Bon à savoir :

Certains médicaments, comme des antibiotiques spécifiques, sont délivrés uniquement sur ordonnance. D’autres antibiotiques peuvent être vendus sans prescription, mais leur usage doit rester prudent. Par ailleurs, des tensions d’approvisionnement peuvent affecter certaines spécialités de marque, qui sont alors généralement remplacées par leurs équivalents génériques.

CNAM, CNSS, assurances : comment se couvrir en tant qu’expatrié ?

La Tunisie dispose d’un système de sécurité sociale structuré, piloté par deux organismes principaux :

– la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), responsable des retraites, prestations familiales, accidents du travail, etc. ;

– la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie), qui gère l’assurance maladie et maternité.

Qui est couvert par la CNAM ?

L’affiliation à la CNAM est obligatoire pour tous les résidents qui travaillent en Tunisie, y compris les étrangers employés par une entreprise tunisienne. Pour être éligible, il faut avoir travaillé au moins 50 jours sur les deux derniers trimestres civils ou 80 jours sur les quatre derniers trimestres.

Les ayants droit sont aussi couverts :

conjoint ;

enfants étudiants de moins de 25 ans ;

ascendants de plus de 60 ans à charge et sans autre couverture.

En pratique, un expatrié salarié d’une entreprise tunisienne sera enregistré par son employeur à la CNSS puis à la CNAM, et recevra une carte (bleue, jaune ou verte) selon l’option choisie.

Trois régimes CNAM, trois logiques

La CNAM repose sur trois “volets” ou modes de prise en charge, choisis pour une année entière :

Régime CNAMFonctionnement principalLimites pour un expatrié
Secteur public (carte bleue)Accès aux hôpitaux publics et polycliniques CNSS ; ticket modérateur limité à 1,5 fois le salaire annuelPeu de prise en charge du privé, délais d’attente, confort moindre
Secteur privé (carte jaune)Inscription auprès d’un médecin de famille en ville, orientation vers spécialistes privés conventionnés ; prise en charge directe dans les limites de tarifs de référenceDépassements d’honoraires fréquents, plafond annuel faible sur les soins ambulatoires
Système de remboursement (carte verte)Liberté de consulter public ou privé ; l’assuré paie et se fait rembourser dans la limite de 200 TND/an de consultations privéesCouverture limitée sur le privé ; nécessité d’avancer les frais

Les hospitalisations sont théoriquement couvertes de manière similaire dans les trois régimes, en particulier dans le réseau public et les cliniques conventionnées. Mais pour un expatrié qui souhaite recourir à une grande clinique privée de Tunis, la CNAM se révèle vite insuffisante : les plafonds et tarifs de référence sont bas, et les dépassements très élevés restent à charge.

Bilatérales et cas particuliers (Français, Européens)

La Tunisie a signé plusieurs conventions de sécurité sociale avec des pays européens (France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas notamment). Ces accords permettent, dans certains cas, à des travailleurs détachés ou des retraités de faire le lien entre leur régime d’origine et le système tunisien, voire de rester rattachés à leur régime d’origine pour une durée déterminée.

Attention :

La Caisse des Français de l’Étranger (CFE) rembourse les soins selon les barèmes français (ex: 65% pour la pharmacie, 50% pour les analyses de sang). En Tunisie, elle propose un dispositif spécifique via un partenaire local pour une prise en charge à 100% des hospitalisations.

repose sur un réseau d’établissements désignés au moment de l’hospitalisation, sans liste publique en amont ;

a été suspendu à plusieurs reprises ces dernières années, sans obligation légale de maintien.

Astuce :

Même avec la Couverture Française à l’Étranger (CFE), il est vivement recommandé de souscrire une complémentaire santé privée ou une assurance internationale. Cette précaution est nécessaire pour couvrir les éventuels dépassements d’honoraires importants pratiqués dans le secteur privé de la santé en Tunisie.

Pourquoi une assurance santé internationale est quasi indispensable

Pour un expatrié qui entend recourir régulièrement au secteur privé, voire se faire soigner à l’étranger (France, Europe, Moyen-Orient), l’assurance santé internationale devient pratiquement incontournable.

Les raisons sont multiples :

Attention :

Les étrangers résidant en Tunisie doivent anticiper des frais médicaux significatifs. Contrairement aux citoyens tunisiens, ils ne bénéficient pas de la gratuité dans le secteur public, sauf couverture par la CNAM. Les cliniques privées exigent souvent un paiement intégral d’avance. Les plafonds de remboursement de la CNAM (ex: 200 TND/an pour consultations) sont généralement insuffisants face aux coûts réels, notamment pour les interventions majeures (chirurgie, prothèses, oncologie, maternité haut de gamme).

Les grands assureurs internationaux (Cigna Global, Allianz, AXA, April, Geoblue, etc.) proposent des contrats “premier euro” ou “first dollar” spécifiquement pensés pour les expatriés, avec :

couverture à 100 % des hospitalisations en clinique privée ;

remboursement plus généreux des consultations et examens ;

– assistance rapatriement, évacuation médicale, deuxième avis médical ;

– accès à des plateformes de téléconsultation 24/7 ;

– possibilité de traitement en Tunisie, dans le pays d’origine ou dans un autre pays de référence.

Un indicateur concret : un contrat de base couvrant l’hospitalisation coûte souvent autour de 600 € par an pour un adulte de 30 ans, et un peu plus de 1 000 € pour un quinquagénaire, sans compter les options (dentaire, optique, maternité, etc.). C’est un budget, mais très inférieur au coût d’une seule intervention lourde non assurée.

Urgences, ambulances et évacuations

En cas d’urgence, la Tunisie dispose d’un service préhospitalier (SAMU) et d’un réseau d’ambulances publiques et privées, mais avec des limites importantes pour les expatriés.

Numéros utiles et réalité du terrain

Le numéro unique pour les urgences médicales est le 190, qui permet de joindre les services d’ambulance et le SAMU. La police répond au 197 et les pompiers au 198. En pratique, les services d’ambulance publics sont surtout concentrés dans les grandes agglomérations.

Bon à savoir :

À Tunis, le SAMU est accessible via plusieurs numéros directs. Pour les urgences toxicologiques, le CAMUR (Centre d’Assistance Médicale Urgente et de Réanimation) est l’organisme spécialisé. En complément, de nombreuses sociétés privées d’ambulance opèrent à Tunis, Sousse, Monastir et Hammamet. Ces services privés peuvent offrir une intervention plus rapide et une meilleure coordination, mais ils sont payants.

Pour un expatrié, il est utile de noter :

les numéros publics (190) ;

les coordonnées d’un ou deux prestataires privés d’ambulance dans sa région ;

les contacts d’un service d’assistance médicale lié à son assurance, capable d’organiser une évacuation ou un transfert vers un établissement de référence.

Dans les cas graves, les recommandations des chancelleries étrangères restent claires : l’évacuation aérienne vers un pays disposant d’infrastructures très spécialisées peut être la meilleure option, surtout depuis des zones intérieures ou en cas de pathologies lourdes.

Vaccinations, risques sanitaires et santé du quotidien

La Tunisie n’est pas considérée comme un pays à haut risque sanitaire, et aucune vaccination n’est formellement exigée à l’entrée pour les voyageurs. Pour autant, plusieurs vaccins sont fortement recommandés pour les expatriés, compte tenu de la durée de séjour et des habitudes alimentaires.

Vaccins recommandés pour un séjour prolongé

Les autorités et organismes de santé (OMS, CDC, recommandations locales) convergent sur un socle de vaccinations à jour :

Bon à savoir :

Le calendrier vaccinal de base (diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole, et éventuellement BCG) doit être vérifié. La vaccination contre l’hépatite A est fortement recommandée en raison du risque alimentaire cumulatif. Celle contre l’hépatite B est conseillée pour les séjours longs ou en cas de soins invasifs possibles. La typhoïde est importante, surtout pour les expatriés vivant dans des conditions d’hygiène précaires ou voyageant en zones rurales. Enfin, la vaccination contre la rage peut être envisagée pour les professions exposées aux animaux ou les jeunes enfants en contact fréquent avec des chiens errants.

Dans la pratique, certaines sources parlent de vaccins “obligatoires” pour l’hépatite A et la typhoïde pour les expatriés, mais il s’agit de recommandations fortes plutôt que d’une obligation légale formelle à l’entrée sur le territoire.

Il est raisonnable, avant le départ, de :

vérifier son carnet vaccinal avec un médecin de voyage ;

anticiper un schéma complet pour hépatite A et B, parfois en calendrier accéléré en cas de départ proche ;

mettre à jour les classiques (DTP, ROR, coqueluche, éventuellement grippe et COVID-19).

Eau, alimentation et maladies infectieuses

Dans les grandes villes, l’eau du robinet est théoriquement potable, mais l’usage courant – et conseillé aux expatriés – est de boire de l’eau en bouteille, en réservant l’eau du robinet à la cuisine et au brossage des dents. Les maladies comme le paludisme, la schistosomiase ou le choléra ne constituent plus des menaces majeures en Tunisie.

Les risques principaux restent donc :

les infections digestives liées à l’alimentation (tourista, gastro-entérites, hépatite A, typhoïde) ;

les infections respiratoires saisonnières (grippe, infections ORL) ;

les maladies chroniques déjà présentes (diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires) qui sont d’ailleurs les premières causes de mortalité dans la population tunisienne.

Pour un expatrié, adopter les classiques “règles de prudence” – eau embouteillée, attention aux crudités dans certains contextes, hygiène des mains – contribue fortement à limiter les ennuis digestifs à répétition.

Santé mentale : un angle souvent négligé

La question de la santé mentale est particulièrement sensible en Tunisie, où le système reste fragile. On recense moins de 3 psychiatres et un peu plus de 3 infirmiers en santé mentale pour 100 000 habitants, avec un seul grand hôpital psychiatrique public (Razi, près de Tunis) et quelques unités de psychiatrie dans une dizaine d’hôpitaux généraux.

Les études soulignent :

15

Délai moyen en mois entre le début des symptômes et la consultation spécialisée pour les troubles psychiques sévères comme la schizophrénie ou les troubles bipolaires.

Pour un expatrié en souffrance psychique, plusieurs options coexistent :

Accès aux soins psychologiques en Tunisie

Panorama des principales options disponibles pour consulter un professionnel de la santé mentale, des cabinets privés aux services d’urgence.

Consultations privées

Psychiatres et psychologues en cabinet privé dans les grandes villes. Honoraires généralement compris entre 50 et 200 TND par séance, variables selon l’expérience du praticien et la localisation.

Services hospitaliers spécialisés

Prise en charge des cas complexes dans des établissements publics de référence tels que les hôpitaux Razi, Monastir ou Monji Slim.

Téléconsultation internationale

Accès à des plateformes de psychothérapie en ligne, souvent intégrées dans les offres des assureurs santé internationaux.

Soutien associatif et lignes d’écoute

Services ponctuels d’écoute et de soutien proposés par des associations spécialisées ou des lignes téléphoniques dédiées (ex : lignes SOS).

Les chancelleries étrangères rappellent que les ambassades ne peuvent pas se substituer à un psychiatre, mais peuvent fournir des listes de praticiens et d’établissements, ou alerter les autorités locales en cas de risque vital.

Pour les expatriés déjà suivis dans leur pays d’origine, il est crucial de :

venir en Tunisie avec des prescriptions suffisantes et une lettre de leur psychiatre ;

vérifier à l’avance la disponibilité locale de leurs traitements ;

s’assurer que leur assurance couvre la psychiatrie et/ou la psychothérapie.

Télémédecine et e-santé : un potentiel en construction

La Tunisie a officiellement encadré la télémédecine par un décret présidentiel en 2022. Une étude récente montre toutefois que près de 60 % des médecins tunisiens ont encore une connaissance limitée des outils de télémédecine, même si près de la moitié en ont déjà fait usage (principalement via téléphone mobile ou réseaux sociaux), et plus de 88 % se disent prêts à intégrer ces pratiques dans leur futur exercice.

Les freins identifiés sont :

Bon à savoir :

La téléconsultation implique des considérations pratiques comme le choix des plateformes, la rémunération et la sécurité des données. Elle présente aussi des limites cliniques, car il est difficile d’examiner un patient à distance de manière exhaustive. Enfin, elle soulève des questions médico-légales importantes concernant la responsabilité du praticien.

Pour un expatrié, la télémédecine peut néanmoins jouer un double rôle :

consultations avec des médecins tunisiens (suivi simple, renouvellements d’ordonnance, résultats d’examens) ;

téléconsultations via son assureur international ou des plateformes étrangères pour un deuxième avis sur des cas complexes, ou pour la santé mentale.

La très forte pénétration du mobile en Tunisie (environ 125 % de taux de pénétration) facilite ce développement.

Tourisme médical et expatriation : deux logiques qui se croisent

La Tunisie est l’une des destinations les plus prisées pour le tourisme médical dans la région euro-méditerranéenne, en particulier pour :

la chirurgie esthétique et reconstructrice ;

les soins dentaires (implants, prothèses, “Hollywood smile”) ;

la chirurgie bariatrique ;

– certaines interventions orthopédiques ou cardiovasculaires ;

la PMA / FIV ;

la thalassothérapie et la rééducation par l’eau de mer.

Les patients peuvent économiser 50 à 70 % par rapport aux tarifs pratiqués en Europe ou en Amérique du Nord, avec des forfaits incluant transport, hébergement hôtelier, transferts, traducteurs, suivi post-opératoire.

Pour les expatriés vivant sur place, ce contexte est ambivalent :

– il garantit une offre abondante de spécialistes et de cliniques très expérimentés dans certains domaines (dentaire, esthétique, bariatrique) ;

– mais peut aussi entraîner une tendance commerciale à surproposer certains actes, avec une pression marketing parfois agressive.

La prudence consiste à :

vérifier l’accréditation des établissements (JCI, ISO 9001, agrément du ministère de la Santé) ;

demander plusieurs avis en cas d’intervention lourde ;

s’appuyer sur l’avis de son assureur international, de son médecin de confiance ou de sa communauté expatriée.

Conseils pratiques pour bien se soigner en tant qu’expatrié

Au-delà des chiffres et des structures, l’expérience montre qu’un expatrié qui anticipe bien son installation médicale en Tunisie vit beaucoup plus sereinement les aléas de santé.

Quelques lignes directrices peuvent être dégagées :

Astuce :

Pour une expatriation sereine en Tunisie, une préparation médicale est essentielle. Avant le départ, renseignez-vous sur les cliniques et hôpitaux de votre future ville en identifiant 1 ou 2 établissements de référence pour les urgences et la chirurgie. Constituez un dossier médical personnel (antécédents, imageries, résultats récents, schémas de vaccination) en français ou en anglais. Souscrivez une assurance santé internationale couvrant l’hospitalisation en clinique privée tunisienne, l’évacuation médicale et les soins dans votre pays d’origine ou un autre pays de référence. Prévoyez un budget de trésorerie pour les petites dépenses non remboursées (consultations courantes, analyses, pharmacie). Pour les familles, identifiez un pédiatre et un gynécologue/obstétricien de confiance dès l’installation. Enfin, pour la santé mentale, anticipez un relais local ou à distance si un suivi est déjà en cours.

Enfin, il est important de rester réaliste : la Tunisie offre un excellent rapport qualité–prix pour de nombreux soins, mais n’est pas un système de santé “sans fissure”. Sous-investissement public (5 % du PIB seulement y est consacré), pénurie relative de médecins (environ trois fois moins de médecins par habitant que la France), tensions régionales et montée des maladies chroniques créent une pression forte sur les structures. Pour un expatrié averti, qui combine le meilleur du système local (proximité, coûts modérés) avec une bonne assurance internationale et une sélection rigoureuse des établissements, ces contraintes deviennent largement gérables.

Bon à savoir :

Pour une prise en charge médicale sûre et soutenable, il est crucial de comprendre le système de santé tunisien, de faire un choix éclairé entre les secteurs public et privé, et de souscrire une couverture d’assurance adaptée pour sécuriser financièrement son parcours de soins.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en conservant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.

Après analyse de plusieurs destinations attractives (Tunisie, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler la Tunisie pour son régime favorable aux retraités étrangers : exonération possible d’une large partie de la pension rapatriée en devises, fiscalité locale modérée, coût de vie bas (Tunis ~40 % moins cher que Paris) et proximité géographique et culturelle avec la France. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention d’un titre de séjour avec achat ou location de résidence principale, organisation de la couverture santé, transfert de résidence bancaire, plan de rupture des liens fiscaux français (183 jours/an hors France, centre d’intérêts économiques), mise en relation avec un réseau local (avocat, fiscaliste, intermédiaires francophones) et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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