S’installer à Porto Rico attire de plus en plus de télétravailleurs, retraités et entrepreneurs en quête de soleil… et d’avantages fiscaux. Mais derrière les slogans sur le “paradis caribéen à prix réduit”, la réalité budgétaire est plus nuancée. Oui, la vie coûte en moyenne moins cher qu’aux États‑Unis continentaux, mais certains postes explosent, à commencer par l’électricité, le logement dans les quartiers prisés et les écoles privées.
En regroupant les données les plus récentes disponibles, on peut dresser un tableau assez précis du coût de la vie à Porto Rico pour un expatrié, que ce soit à San Juan ou dans des villes plus petites comme Ponce, Arecibo ou Mayagüez.
Panorama général : moins cher que les États‑Unis, mais pas pour tout le monde
Dans l’ensemble, vivre à Porto Rico revient en moyenne moins cher que sur le continent. En tenant compte du loyer, le coût de la vie aux États‑Unis est environ 28 à 34 % plus élevé qu’à Porto Rico. Sans le loyer, l’écart se réduit : la vie hors logement coûte 8 à 12 % plus cher sur le continent.
Pour un expatrié, les ordres de grandeur suivants ressortent du croisement des sources :
| Profil | Budget mensuel estimé (USD) | Inclut le loyer ? | Remarques |
|---|---|---|---|
| Célibataire (Porto Rico, global) | ≥ 2 000 | Oui | Minimum pour “faire le tour” des dépenses de base |
| Célibataire à San Juan | 2 000 – 2 800 | Oui | Selon quartier et mode de vie |
| Famille de 4 personnes (Porto Rico) | ≈ 4 000 | Oui | Estimation basse, hors style de vie “haut de gamme” |
| Famille de 4 à San Juan | 4 500 – 5 500 | Oui | Niveau de confort “classe moyenne supérieure” expat |
On trouve aussi des estimations plus détaillées : certains calculs placent les dépenses totales d’un célibataire à San Juan autour de 2 004 $ par mois (dont 845 $ hors loyer), et celles d’une famille de quatre à 4 225 $ (2 543 $ hors loyer). D’autres approches, plus généreuses sur les postes discrétionnaires, montent jusqu’à 3 060 $ pour une personne seule et 5 402 $ pour une famille.
Le salaire médian annuel des Porto-Ricains, nettement inférieur à celui des expatriés.
Logement : principal avantage… et principal piège
Le logement est l’un des principaux atouts de Porto Rico comparé aux grandes métropoles américaines. Les loyers y sont en moyenne 50 à 55 % plus bas que sur le continent, et certains indicateurs parlent même de 104 à 109 % de différence à la hausse pour les loyers américains.
Niveaux de loyer à l’échelle de Porto Rico
Pour se faire une idée, voici ce que montrent les données moyennes pour l’île :
| Type de logement | Emplacement | Fourchette typique de loyer mensuel |
|---|---|---|
| Studio | Zones moins demandées | 600 – 1 000 $ |
| 1 chambre | Zones urbaines “standard” | 750 – 1 050 $ |
| 2 chambres | Zones urbaines “standard” | 950 – 1 450 $ |
| 3 chambres | Ville moyenne (ex. hors centre) | 1 000 – 2 000 $ |
À l’échelle de tout Porto Rico, certains agrégateurs donnent un loyer moyen autour de 2 250 – 2 350 $ tous types confondus, reflétant surtout les marchés tendus (San Juan, Dorado, propriétés de luxe…).
San Juan : capitale chère, mais encore loin de New York ou Miami
San Juan concentre l’essentiel de l’activité économique et touristique, et logiquement la pression immobilière. On y trouve de tout, du studio simple à l’appartement avec vue mer à plusieurs dizaines de milliers de dollars par mois.
Quelques repères pour la location longue durée :
| Type de bien (San Juan) | Niveau de demande | Fourchette typique (USD/mois) |
|---|---|---|
| Studio | Forte demande | 1 700 – 2 500 $ |
| Studio | Demande modérée | 1 000 – 1 500 $ |
| Studio | Demande faible | 600 – 1 000 $ |
| 1 chambre | Forte demande | 2 000 – 3 000 $ |
| 1 chambre | Demande modérée | 1 200 – 1 800 $ |
| 1 chambre | Demande faible | 800 – 1 200 $ |
| 3 chambres | Forte demande | 3 500 – 6 000 $ |
| 3 chambres | Demande modérée | 2 500 – 4 000 $ |
| 3 chambres | Demande faible | 1 500 – 2 500 $ |
Dans les quartiers chers (Condado, Isla Verde, Viejo San Juan, Ocean Park, Dorado), un appartement meublé de 85 m² tourne facilement autour de 2 300 à 2 600 $ par mois. Dans des zones dites “normales” (Bayamón, Carolina, Río Piedras, Caguas, Ponce, Mayagüez), un 85 m² se loue plutôt entre 1 100 et 1 300 $.
Pour un petit logement type 45 m², on relève en moyenne : le taux de consommation d’énergie, le coût des charges mensuelles, et la durée d’occupation par les locataires.
– Quartiers chers (Viejo San Juan, Miramar, Dorado) : autour de 1 700 $.
– Quartiers “standard” (Ponce, Caguas, Mayagüez) : autour de 830 $.
Le loyer moyen d’un T3 en centre-ville à Porto Rico, contre près de 2900 $ aux États-Unis.
Exemples hors San Juan
Hors capitale, les loyers baissent nettement, surtout dans des villes moyennes ou des zones rurales :
– À Arecibo, un appartement de 3 chambres en centre‑ville peut se louer autour de 1 500 $, et environ 675 $ en périphérie.
– À Dorado, en revanche, certaines maisons individuelles se louent entre 2 100 $ et 30 000 $ par mois, reflet d’un marché de luxe très particulier.
– À Guaynabo, le loyer médian des appartements tourne autour de 2 100 $, avec un délai moyen d’environ 74 jours sur le marché.
– À Humacao, la médiane des loyers de maisons est d’environ 2 800 $, pour un délai moyen de 94 jours avant location.
Marché de l’achat et impact sur les expats
Pour ceux qui envisagent d’acheter, les écarts sont tout aussi marqués. Sur l’ensemble de Porto Rico, on trouve un prix moyen autour de 200 000 $ pour une maison “standard”, mais ce chiffre masque de grosses disparités : certaines zones montent au‑delà du million, d’autres offrent des “fixer‑uppers” à moins de 100 000 $.
À San Juan :
– Le prix médian de vente est proche de 947 000 $,
– Le prix médian au pied carré avoisine 523 $,
– Les biens restent en médiane 71 jours sur le marché,
– Le ratio prix de vente / prix affiché est d’environ 94 %.
Le prix médian de l’immobilier dans certains secteurs de San Juan atteint 1,3 million de dollars.
Pour un expatrié avec un budget confortable et une perspective long terme, la combinaison de prix d’achat plus doux qu’aux États‑Unis et de rendements locatifs élevés (8,36 % en moyenne à San Juan, et 9 à 10 % dans des quartiers comme Río Piedras) peut être intéressante, d’autant que la loi Act 60 offre des incitations fiscales pour certains investisseurs.
Court terme, Airbnb et pression sur les loyers
Depuis 2014, le nombre de locations de courte durée (type Airbnb) est passé d’environ 1 000 à plus de 25 000 unités en 2024. Les études montrent qu’une hausse de 10 % des locations touristiques fait grimper le loyer médian de près de 7 %. Pour les expats, cela se traduit par :
– une forte concurrence sur les quartiers touristiques,
– des loyers beaucoup plus élevés à San Juan, Condado, Viejo San Juan, Dorado ou Rincón,
– mais aussi par une offre abondante de meublés bien entretenus, souvent à louer en coliving (1 450 à 2 600 $ par mois à San Juan pour une chambre dans un logement partagé).
À noter également, l’écart entre loyers de marché et “Fair Market Rent” (FMR) officiel défini par le HUD : officiellement, un T1 devrait être autour de 478 $ par mois en 2025, alors que le marché dépasse fréquemment 1 500 à 2 000 $ dans les zones demandées. Cette différence illustre à quel point le marché s’est tendu.
Charges et électricité : le talon d’Achille budgétaire
Si le logement reste relativement abordable, les charges, et surtout l’électricité, viennent plomber le budget. L’île dépend fortement des énergies fossiles importées, et le réseau électrique est fragile, avec des coupures fréquentes.
Factures typiques
Les données convergent sur les ordres de grandeur suivants :
| Type de foyer | Surface approximative | Facture mensuelle moyenne électricité + eau + déchets (hors internet) |
|---|---|---|
| Célibataire | Studio / 1 ch (~45 m²) | 160 – 310 $ |
| Couple / petit foyer | 1–2 ch (~85 m²) | 200 – 300 $ |
| Famille | 3 ch et plus | 250 – 400 $ |
À San Juan, une facture d’énergie moyenne autour de 379 $ est citée par certaines sources. D’autres évaluations donnent pour une personne seule un total de 202 $ de charges et pour une famille environ 308 $, hors internet.
Les tarifs résidentiels d’électricité se situent entre 0,28 $ et 0,30 $ par kWh, soit nettement plus que la moyenne américaine (souvent autour de 0,17 $). Dans les faits, un ménage type paie couramment entre 175 $ et 225 $ par mois, voire davantage en usage intensif de climatisation.
Internet et téléphonie
Sur ce poste, Porto Rico se rapproche des standards américains :
À Porto Rico, les prix des forfas de communication varient selon la technologie et le débit. Pour l’internet fixe, une connexion fibre (comme Optico Fiber, AeroNet, Claro ou Liberty) démarre autour de 49,99 $ par mois pour un débit d’au moins 100 Mb/s. Un abonnement internet illimité de 50 Mb/s à San Juan coûte généralement entre 50 et 70 $. Côté mobile, un forfait avec appels illimités et un accès 4G/5G généreux se situe le plus souvent entre 50 et 80 $ par mois.
Un réseau instable à anticiper
L’autre coût, moins visible, est celui de la résilience. Les coupures de courant sont fréquentes, parfois massives (fin 2024, l’île a frôlé un blackout quasi total). Beaucoup d’expatriés finissent par investir dans des batteries, petits générateurs ou du solaire domestique. Les équipements de secours ont un prix initial élevé, mais peuvent amortir des factures d’électricité à moyen terme, surtout pour ceux qui télétravaillent.
Alimentation : entre importations chères et produits locaux abordables
Paradoxalement, les comparaisons entre Porto Rico et États‑Unis donnent des signaux contradictoires. Sur le papier, le panier moyen de courses serait 10 à 17 % moins cher qu’aux États‑Unis. Dans la réalité quotidienne, beaucoup de résidents constatent plutôt des prix plus hauts, surtout pour les produits importés, qui représentent environ 85 % de l’offre.
Un bon repère pour un expatrié est de regarder le budget mensuel type :
| Profil | Budget mensuel alimentaire (courses uniquement) |
|---|---|
| Célibataire | 210 – 315 $ (certains parlent plutôt de 250 – 400 $) |
| Famille de 4 | 620 – 835 $ (voire 800 – 1 200 $ selon habitudes) |
À cela s’ajoute la restauration extérieure, qui peut facilement représenter 200 à 450 $ par mois pour une personne qui sort régulièrement.
Prix de quelques produits courants
Les fourchettes ci‑dessous donnent une idée des prix en supermarché dans la zone de San Juan :
| Produit | Prix typique |
|---|---|
| Pain blanc (500 g) | ~2,70 – 2,90 $ |
| Riz (1 kg) | ~2,40 – 2,80 $ |
| Lait (1 L) | ~1,90 – 2,80 $ |
| Œufs (12) | ~4,30 – 7 $ |
| Poulet (1 kg de blanc) | ~8,50 – 8,80 $ |
| Bœuf (1 kg, type rumsteck) | ~10 – 11 $ |
| Pommes (1 kg) | ~4 – 5,60 $ |
| Bananes (1 kg) | ~2,40 $ (ou env. 0,50 $ / lb) |
| Tomates (1 kg) | ~4,50 – 5 $ |
| Eau en bouteille (1,5 L) | ~1,80 $ |
| Bière locale (0,5 L, supermarché) | ~3 $ |
| Bouteille de vin milieu de gamme | 15 – 23 $ |
On remarque que certains produits frais locaux (bananes, plantains, ananas) restent très bon marché : la banane peut descendre à 0,50 $ la livre, la banane plantain à 0,30–0,50 $ pièce, et un ananas autour de 2–3 $.
Taux d’inflation alimentaire annuel aux États-Unis, entraînant une hausse progressive du budget courses.
Sortir au restaurant : bon rapport qualité/prix pour un expatrié
Côté restauration, Porto Rico reste globalement moins cher que les États‑Unis, d’environ 25 à 33 % selon les comparaisons. Pour un expatrié, manger dehors régulièrement est donc envisageable sans faire exploser le budget, surtout si l’on alterne restaurants et street‑food.
Les repères de prix sont assez stables :
Guide des prix moyens pour un repas à Montréal, pour vous aider à planifier votre budget quotidien.
Autour de 8$ pour un café et une viennoiserie dans un café.
Déjeuner ou dîner : entre 11$ et 16$ par personne dans un petit établissement typique.
Un repas rapide et savoureux coûte entre 8$ et 15$.
Comptez 20$ à 45$ par personne, soit 60$ à 80$ pour deux.
Une expérience culinaire raffinée, souvent à partir de 50$ par personne.
Quelques exemples de tarifs comparatifs :
| Type de repas/boisson | Porto Rico | États‑Unis continentaux (moyenne) |
|---|---|---|
| Plat dans un restaurant bon marché | ~15 $ | ~20 $ |
| Menu McDonald’s / fast‑food équivalent | ~9–11 $ | ~11–12 $ |
| Bière pression locale (pinte) | ~2,5 – 3,5 $ | ~6 $ |
| Cappuccino | ~3,2 – 5,3 $ | ~5,2 $ |
Un expatrié amateur de restaurants pourra raisonnablement prévoir 200 à 350 $ par mois pour des sorties “modérées” (quelques repas par semaine), davantage s’il multiplie les brunchs à Condado ou Ocean Park.
Transport : indispensable voiture pour sortir de San Juan
Le chapitre transport est sans doute celui où la différence entre un mode de vie urbain “à l’américaine” et un mode de vie d’expatrié frugal est la plus nette.
Transports publics
Le réseau reste limité, même si San Juan dispose d’un métro (Tren Urbano) et de bus AMA.
– Ticket de bus ou de Tren Urbano : 0,75 à 1,50 $ le trajet,
– Abonnement mensuel (San Juan) : 40 à 48,50 $,
– Réseau essentiellement concentré sur l’aire métro (San Juan, Guaynabo, Bayamón, Carolina, etc.).
Pour un expatrié vivant et travaillant dans les zones bien desservies (Condado, Santurce, Hato Rey, Viejo San Juan), un budget mensuel de transport public inférieur à 50$ peut suffire. En revanche, en dehors de ce périmètre, la voiture devient presque indispensable.
Voiture, essence et taxis
L’essence oscille autour de 3,50 à 3,80 $ le gallon (environ 0,85 à 1 $ le litre), plutôt dans la moyenne nationale américaine. En revanche, les autres coûts liés à l’auto s’additionnent :
– Location courte durée : 25 à 35 $ par jour (et parfois jusqu’à 50–100 $ en haute saison ou pour des modèles spécifiques),
– Assurance au tiers obligatoire : autour de 100 $ par an,
– Assurance “tous risques” : 500 à 1 500 $ par an,
– Entretien et réparations, souvent plus fréquents en raison de routes abîmées.
Les taxis appliquent des tarifs similaires à ceux en vigueur dans les grandes villes des États-Unis. Il est donc conseillé de prévoir un budget de transport équivalent.
– Prise en charge : 2 à 3 $,
– Prix au kilomètre : 1,75 à 2 $/km,
– Une course de 8 km à San Juan peut coûter autour de 40 $ (selon trafic, attente, pourboire).
Uber est présent dans la capitale et quelques grandes villes, avec des tarifs souvent 20 à 40 % plus bas que le taxi classique, mais rare en dehors des zones urbaines.
Pour un expatrié qui possède une voiture et se déplace souvent, un budget mensuel réaliste comprendra :
– 300 à 500 $ de paiement ou entretien du véhicule,
– 200 à 300 $ d’essence et d’assurance,
soit facilement 500 à 800 $ par mois, là où l’usage intensif des transports publics se limiterait à quelques dizaines de dollars.
Santé : moins cher qu’aux États‑Unis, mais inégal
Sur le papier, les coûts de santé à Porto Rico sont 30 à 50 % inférieurs à ceux du continent. Les consultations chez un médecin généraliste ou un spécialiste sont effectivement nettement moins chères, tout comme les soins dentaires. En revanche, l’accès et la qualité varient beaucoup selon les zones, et il existe une vraie pénurie de médecins, en particulier de spécialistes.
Coûts médicaux courants
Les chiffres moyens pour les services privés sont les suivants :
| Service | Prix typique |
|---|---|
| Consultation généraliste | 50 – 100 $ |
| Spécialiste | 75 – 150 $ |
| Consultation dentaire de routine | 75 – 150 $ |
| Consultation d’optométrie | ~120 $ |
| Journée d’hospitalisation | À partir de 1 000 $ |
| Petite chirurgie | À partir de 5 000 $ |
Les médicaments courants restent globalement dans les standards américains : un flacon de sirop pour la toux tourne autour de 10 $, une boîte de paracétamol autour de 5 $, des antibiotiques (12 doses) environ 8 $.
Pour un expatrié, il est fortement recommandé de souscrire une assurance santé privée. Cette démarche permet de garantir une couverture médicale adaptée et complète à l’étranger, offrant ainsi une protection optimale face aux dépenses de santé et aux spécificités du système local.
– Contrats locaux (Triple‑S, MCS, Humana, etc.) : 150 à 400 $ par mois selon l’âge et la couverture,
– Contrats internationaux pour non‑citoyens américains : primes très variables, avec une moyenne mondiale autour de 5 000 $ par an.
À noter une subtilité importante : beaucoup de contrats locaux ne couvrent que les soins “d’urgence” hors de Porto Rico et peuvent exclure les soins de routine sur le continent. Les Américains qui visent un statut de résident fiscal sous Act 60 combinent souvent une couverture locale avec des solutions plus larges (plans internationaux, HealthShare ou assurances U.S. maintenues).
Éducation et garde d’enfants : poste critique pour les familles expats
Pour les familles expatriées avec de jeunes enfants, l’éducation et la garde représentent l’un des postes de dépenses les plus sensibles.
Garde d’enfants
À San Juan, le tarif horaire moyen d’une garde d’enfant (nounou, babysitter) tourne autour de 17 à 18 $ de l’heure. Sur cette base, on tombe rapidement sur des montants conséquents :
– 40 heures de garde par semaine : environ 700 à 720 $,
– Environ 130 heures par mois : plus de 2 200 $.
Les crèches et jardins d’enfants privés en journée complète coûtent 365 à 500 $ par mois, ce qui est nettement moins cher qu’aux États-Unis (souvent plus de 1 300 $). Cependant, rapportés aux revenus locaux, ces frais représentent une part massive du budget des familles.
Écoles privées et internationales
L’enseignement public est gratuit, mais sa qualité varie beaucoup. La plupart des familles expatriées privilégiant une éducation bilingue et des standards proches de ceux des écoles américaines se tournent vers le privé.
Les fourchettes observées :
| Niveau / type d’école | Coût |
|---|---|
| Maternelle / primaire privée (standard) | 5 000 – 6 500 $/an (pour certains établissements) |
| Écoles privées / internationales recherchées | 10 000 – 20 000 $/an par enfant |
| École primaire internationale (moyenne) | ~7 600 – 10 400 $/an |
Comparé aux États‑Unis, Porto Rico reste environ 60 % moins cher pour les frais de maternelle privée et bien moins cher pour les écoles internationales (où le continent peut monter à plus de 23 000 $ par an). Mais pour un couple expatrié avec deux enfants dans une école internationale, l’addition globale (frais de scolarité + activités + garderie éventuelle) atteindra vite 20 000 à 30 000 $ par an.
Loisirs, vêtements, petites dépenses : confort à coût modéré
Les dépenses de “qualité de vie” (sorties, sport, cinéma, vêtements) sont généralement légèrement inférieures à celles du continent, sans être massivement bon marché.
Loisirs et sport
Quelques repères pour la zone de San Juan :
| Activité | Prix typique |
|---|---|
| Cinéma (1 billet) | 9 – 11 $ |
| Abonnement mensuel salle de sport | 35 – 80 $ (certains clubs low‑cost à partir de 20 $) |
| Location de court de tennis (1h) | 20 – 35 $ (5 – 15 $ sur courts publics) |
| Yoga (cours à l’unité) | ~10 $ |
| Excursion kayak / mangroves | ~45 $ |
| Leçon de surf (2h) | ~60 $ |
Les plages, la randonnée, les parcs naturels et les promenades coûtent en revanche très peu : les plages sont gratuites, l’entrée dans El Yunque est quasi gratuite hors centre de visiteurs (8 $).
Vêtements et soins personnels
Les prix en habillement sont assez proches des États‑Unis, avec parfois un léger avantage :
Les prix des vêtements et chaussures de marque courante aux États-Unis varient de 48 à 220 dollars, selon le type d’article.
Les coupes de cheveux simples en salon “standard” coûtent autour de 22 à 30 $, des tarifs comparables à ceux de nombreuses villes nord‑américaines.
Pour l’hygiène courante : laver les mains régulièrement, se brosser les dents deux fois par jour, prendre une douche quotidienne et porter des vêtements propres.
– Déodorant : ~5 $,
– Shampooing ~6 $,
– Rouleaux de papier toilette (x4) : ~3,5 – 4,2 $,
– Dentifrice : ~3 – 4 $.
Ces produits pèsent peu dans le budget global, mais il faut intégrer la TVA locale de 11,5 % (IVU) sur la plupart des biens et services, l’une des plus élevées des États‑Unis.
Revenus, pouvoir d’achat et fiscalité : pourquoi les expats s’en sortent mieux
La grande clé de lecture du coût de la vie à Porto Rico est l’écart de revenus et de fiscalité.
Revenus et pouvoir d’achat
En moyenne, un Porto‑Ricain gagne environ 2 430–2 560 $ nets par mois, quand un salarié moyen américain touche autour de 4 537 $. Le pouvoir d’achat local est donc environ 30 à 40 % plus faible que sur le continent.
Pour un expatrié typique, que les études situent autour de 73 000 $ annuels, le coût de la vie sur l’île apparaît nettement plus confortable. Un salaire net mensuel de 5 000–6 000 $ permet de couvrir sans difficulté un loyer de 1 500–2 500 $, de supporter des factures d’électricité élevées et de financer écoles privées, loisirs et voyages.
Au salaire médian à San Juan, le revenu ne couvre que 1,6 semaine de dépenses mensuelles types.
Incitations fiscales (Act 60) : un aimant pour hauts revenus
Porto Rico a mis en place un arsenal d’incitations fiscales destiné à attirer entrepreneurs et investisseurs, désormais regroupées sous la loi Act 60 (ex‑Acts 20 et 22). Pour un expatrié américain qui devient résident “bona fide” de Porto Rico (présence physique d’au moins 183 jours par an, centre d’intérêts sur l’île, etc.), les bénéfices potentiels sont majeurs :
En devenant résident, vous pouvez bénéficier de 0% d’impôt portoricain sur certains dividendes, intérêts et plus-values générés après l’installation. Les gains en capital sur des titres achetés après l’installation sont également largement exonérés localement. Pour les entreprises exportatrices de services (consulting, marketing, IT, etc.), un taux d’imposition sur le revenu de 4% s’applique.
Les résidents remplissant ces conditions sont en outre exonérés de l’impôt fédéral américain sur les revenus de source porto‑ricaine. En pratique, un entrepreneur ou investisseur avec des revenus principalement financiers ou issus de services exportés peut drastiquement réduire sa facture fiscale globale en déménageant à Porto Rico, tout en profitant d’un coût de logement et de restaurations plus bas qu’à Miami ou New York.
C’est ce cocktail – fiscalité attrayante + loyer moins cher + climat tropical – qui fait dire à certains que Porto Rico offre un “lifestyle caraïbe pour moins d’un tiers du prix d’Hawaï ou de Miami” pour les très aisés.
Budgets types d’expatriés : de la vie “frugale” à la vie “dorado”
En croisant les différentes données, on peut esquisser plusieurs profils budgétaires réalistes pour un expatrié.
Célibataire télétravailleur à San Juan, mode de vie confortable
Hypothèse : T1 en quartier “middle range” (Santurce ou Miramar hors front de mer).
– Loyer : 1 200 $
– Électricité + eau + internet : 250 $
– Courses : 300 $
– Restaurants / cafés : 250 $
– Transport (sans voiture, Uber + transport public) : 150 $
– Assurance santé privée : 250 $
– Téléphone mobile : 60 $
– Loisirs, vêtements, extra : 300 $
Budget total mensuel : environ 2 760 $
Avec un salaire net de 4 000 $ par mois, cette personne vit très à l’aise, peut épargner et voyager régulièrement.
Famille de 4 avec enfants en école internationale, maison en banlieue
Hypothèse : maison 3 chambres en zone résidentielle près de San Juan, deux enfants en école privée internationale.
Répartition des principales dépenses pour une famille expatriée avec deux enfants, incluant logement, transport, éducation et vie courante.
Loyer d’une maison 3 chambres : 2 500 $. Charges (électricité, eau, internet) : 350 $.
Courses alimentaires : 900 $. Restaurants et sorties : 500 $.
Coût pour deux voitures (crédits, essence, assurances) : 900 $ par mois.
Assurance santé famille : 600 $. Frais scolaires internationaux (2 enfants) : ≈1 670 $/mois.
Garde périscolaire et activités : 300 $. Dépenses diverses (vêtements, loisirs, imprévus) : 500 $.
Budget total mensuel : environ 8 220 $
Revenu annuel net permettant un style de vie confortable, équivalent à celui d’une famille américaine aisée.
Retraité dans une ville moyenne, mode de vie modeste
Hypothèse : couple retraité dans une petite ville comme Mayagüez ou Ponce, sans enfants à charge, sans voiture neuve.
– Loyer T2 en ville moyenne : 900 $
– Charges (électricité, eau, internet) : 250 $
– Courses : 600 $
– Restaurants occasionnels : 200 $
– Transport (voiture d’occasion, peu de kilomètres) : 300 $
– Assurance santé complémentaire + médicaments : 400 $
– Loisir, petits voyages, imprévus : 300 $
Budget total mensuel : environ 2 950 $
Certains témoignages indiquent qu’un couple peut vivre “modestement mais correctement” avec 2 000–2 500 $ par mois dans des villes hors San Juan, mais cela suppose un logement bon marché, très peu de restaurant, pas d’école privée et une voiture déjà payée.
En résumé : qui gagne et qui perd avec le coût de la vie à Porto Rico ?
Pour un expatrié venu avec un salaire ou des revenus alignés sur les standards américains ou européens, Porto Rico offre :
– des loyers nettement plus bas que dans les grandes métropoles des États‑Unis,
– des restaurants et loisirs relativement abordables,
– une fiscalité potentiellement très avantageuse (Act 60, absence d’impôt fédéral sur les revenus locaux),
– un coût de la santé privé inférieur de 30 à 50 % au continent.
En contrepartie, il faudra composer avec : les défis et les contraintes.
La vie sur place peut présenter plusieurs difficultés majeures : le coût et la fiabilité de l’électricité, le prix élevé des produits importés, un système de santé public saturé, des dépenses importantes pour l’éducation privée et la garde d’enfants, ainsi qu’une forte nécessité d’utiliser la voiture en dehors des villes.
Pour les habitants locaux, la photographie est beaucoup moins rose : un revenu médian limité, des loyers tirés vers le haut par le tourisme et les locations de courte durée, une électricité qui absorbe une part disproportionnée du salaire et des services de base (crèches, écoles privées, garde) souvent hors de portée.
Pour établir un budget réaliste à San Juan, il faut considérer sa situation personnelle : revenus, nombre d’enfants, quartier, et dépendance à la climatisation ou à une voiture. Une personne seule a besoin d’un minimum de 2 000 à 2 500 $ par mois pour vivre confortablement. Une famille avec enfants scolarisés dans une école internationale devra prévoir plus de 5 000 $, et entre 7 000 et 8 000 $ pour un standing élevé.
Le paradis caribéen existe, mais il a un prix ; pour les expatriés bien préparés et correctement rémunérés, il reste pourtant, chiffres à l’appui, plus accessible que nombre de grandes villes américaines comparables.
Un retraité de 62 ans, avec un patrimoine financier supérieur à un million d’euros bien structuré en Europe, souhaitait changer de résidence fiscale vers Porto Rico pour optimiser sa charge imposable et diversifier ses investissements, tout en gardant un lien avec la France. Budget alloué : 10 000 euros pour l’accompagnement complet (conseil fiscal, formalités administratives, délocalisation et structuration patrimoniale), sans vente forcée d’actifs.
Après analyse de plusieurs destinations attractives (Porto Rico, Grèce, Chypre, Maurice), la stratégie retenue a consisté à cibler Porto Rico pour ses régimes fiscaux préférentiels (Act 60) permettant une forte réduction d’impôt sur certains revenus de placements et d’activités, tout en offrant un cadre dollar US et un coût de vie inférieur à de nombreuses grandes villes françaises. La mission a inclus : audit fiscal pré‑expatriation (exit tax ou non, report d’imposition), obtention de la résidence fiscale portoricaine, gestion de la couverture santé, transfert de résidence bancaire et plan de rupture des liens fiscaux français, ainsi que mise en relation avec un réseau local bilingue et intégration patrimoniale (analyse et restructuration si nécessaire).
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