Investir dans l’immobilier en Suède quand on est expatrié

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Investir en Suède intrigue de plus en plus d’expatriés : marché réputé stable, cadre juridique clair, qualité de vie élevée… et pourtant, le système suédois a ses codes, parfois à l’opposé de ce que l’on connaît en France, au Canada ou ailleurs. Entre différence fondamentale entre bostadsrätt et pleine propriété, contrôle des loyers, fiscalité particulière et accès au crédit plus exigeant pour les non‑résidents, un investissement réussi repose avant tout sur une bonne compréhension du terrain de jeu.

Bon à savoir :

Cet article fournit un guide complet et actualisé sur le marché suédois, destiné aux expatriés souhaitant acheter un bien pour y habiter, pour constituer un patrimoine ou pour le mettre en location.

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Comprendre le marché immobilier en Suède

Le marché immobilier suédois est souvent cité en exemple pour sa transparence et sa régulation. Les données sont publiques, l’environnement macroéconomique est solide et l’État affiche une note de crédit AAA avec perspective stable, selon S&P. Avec un PIB d’environ 600 milliards de dollars US et une population de 10,5 millions d’habitants, dont 88 % en zone urbaine, la demande de logements est structurellement forte dans les grandes villes.

2.86

Progression de l’indice national des prix des logements en Suède sur un an au premier trimestre 2025.

Le mouvement est néanmoins très contrasté selon les régions. Stockholm a corrigé plus fortement et reste en léger recul annuel sur certains segments, alors que des régions comme le nord du pays enregistrent des hausses à deux chiffres. La hausse globale reste contenue (2 à 5 % attendus pour 2025), loin des flambées spéculatives observées dans d’autres capitales européennes. Le risque de bulle à Stockholm est d’ailleurs actuellement jugé « faible » par l’indice UBS Global Real Estate Bubble Index.

Pour un expatrié, cela signifie un contexte de marché qui sort d’une correction, avec des points d’entrée plus intéressants qu’au pic de 2021, mais sans logique de braderie.

Un cadre très ouvert pour les acheteurs étrangers

L’un des atouts majeurs de la Suède pour un investisseur étranger est la clarté et l’ouverture de son cadre juridique. Il n’y a pas de restrictions de nationalité : un non‑résident, même hors UE, peut acheter un appartement, une maison ou un terrain au même titre qu’un Suédois. Aucune autorisation spéciale, quota, surtaxe ou « taxe étranger » n’est prévue pour l’immobilier résidentiel classique.

Attention :

Les étrangers bénéficient des mêmes droits de propriété et protections légales que les résidents. Cependant, l’achat d’un bien n’offre aucun avantage en matière d’immigration : il ne confère ni droit de séjour, ni accès accéléré à la citoyenneté. Les démarches d’immigration (emploi, étude, regroupement familial) sont régies par des règles totalement indépendantes de la détention d’un bien immobilier.

L’achat peut d’ailleurs être géré à distance, via une procuration, avec signature électronique ou en présence d’un représentant. La seule nuance concerne certains biens agricoles ou forestiers dans des zones spécifiques : ils peuvent nécessiter un permis d’acquisition, mais cette exigence vaut autant pour les Suédois que pour les étrangers.

Pour l’enregistrement foncier, l’autorité de référence est Lantmäteriet, qui tient un cadastre exhaustif et garanti par l’État, ce qui rend l’assurance‑titre quasi inutile. L’acquéreur doit déposer sa demande de titre (lagfart) dans les trois mois suivant l’achat pour être pleinement reconnu comme propriétaire.

Les grandes villes et régions à la loupe

Les dynamiques et les prix varient beaucoup d’un endroit à l’autre. Pour un expatrié investisseur, le choix de la ville est déterminant, que ce soit pour habiter, louer long terme ou viser le court séjour.

Aperçu comparatif des grandes villes

Le tableau ci‑dessous synthétise les niveaux de prix moyens et les rendements bruts annuels constatés dans les principales villes suédoises (données converties en euros lorsqu’indiqué dans les sources).

Ville / RégionPrix moyen appartement (€/m²)Variation annuelle des prixRendement locatif brut moyenFourchette de rendements*
Stockholm≈ 9 744–1,7 %4,23 %2,7 % – 5,73 %
Gothenburg (Göteborg)≈ 5 446+3,2 %4,96 %4,61 % – 7,11 %
Malmö≈ 2 500+4,1 %6,02 %4,23 % – 6,77 %
Uppsala≈ 6 200+5,8 %7,04 %5,59 % – 8,31 %
Upper Norrland1 500 – 3 000+12,6 %≈ 8,5 %
Småland≈ 2 200+6,4 %≈ 6,8 %
Nord centre (Norrland central)≈ 2 800+8,5 %≈ 7,2 %

Rendements bruts, avant charges et fiscalité.

On voit immédiatement que Stockholm, la capitale, affiche des prix très élevés au mètre carré et des rendements modérés, typiques des métropoles « prime ». À l’inverse, des villes universitaires comme Uppsala ou des régions émergentes du nord combinent prix plus accessibles et rendements locatifs nettement supérieurs.

Stockholm : centre financier, prix élevés et pénurie locative

Stockholm est le hub financier et technologique du pays et attire la plus grande communauté d’expatriés. Les quartiers centraux comme Östermalm, Vasastan, Södermalm ou Kungsholmen se négocient à des niveaux élevés, parfois 90 000 à 110 000 SEK/m² dans les zones les plus recherchées (soit environ 7 900 à 11 500 €/m²). Le prix moyen tourne autour de 9 744 €/m² pour les appartements, tandis que les maisons se vendent fréquemment entre 6,8 et 7 millions de SEK.

Astuce :

La ville de Stockholm présente un marché locatif à deux vitesses. D’un côté, une demande locative très forte, mais de l’autre, un système de loyers régulés et des files d’attente pour les baux de premier rang (hyresrätt) pouvant dépasser 10 à 20 ans. Pour un investisseur privé, cela se traduit par un marché actif de sous-locations et de locations meublées. Les rendements bruts y sont en moyenne de 4,2 %, avec une fourchette allant de 2,7 % à 5,7 % selon l’emplacement et le type de bien. La sécurité de la demande est donc élevée, mais la rentabilité pure reste modérée.

Gothenburg : seconde ville, hub industriel et portuaire

Gothenburg (Göteborg) est le principal pôle industriel (automobile, logistique, transport maritime) et la deuxième ville du pays. Les prix restent nettement inférieurs à Stockholm, autour de 5 446 €/m² en moyenne pour les appartements. Les maisons tournent autour de 5,1 millions de SEK.

Bon à savoir :

La ville présente des rendements locatifs bruts moyens d’environ 4,96 %, avec des opportunités dépassant 7 % sur certains segments. La demande locative est soutenue par les emplois industriels, les universités et une qualité de vie prisée des familles. Pour un expatrié, Gothenburg offre un bon compromis entre dynamisme économique et des prix immobiliers moins tendus que Stockholm.

Malmö : porte vers le Danemark et revenus locatifs attractifs

Malmö, reliée à Copenhague par le pont de l’Öresund, bénéficie d’une position stratégique pour les travailleurs transfrontaliers et les profils internationaux. Les prix sont souvent deux à trois fois inférieurs à ceux de Stockholm, autour de 2 500 €/m² pour un appartement, tandis que les maisons s’échangent entre 3,7 et 4 millions de SEK.

Les rendements bruts moyens atteignent environ 6 %, avec des fourchettes de 4,2 à 6,8 % selon les quartiers. Le district de Västra Hamnen, en bord de mer, concentre des programmes récents et durables, où les rendements observés vont d’environ 4,4 à 7,3 %. Pour un investisseur orienté « cash‑flow » avec un budget limité, Malmö est une cible logique.

Uppsala et Lund : villes universitaires, rendements élevés

Les villes universitaires offrent une combinaison rarement trouvée ailleurs : une demande locative structurellement forte (étudiants, chercheurs, jeunes actifs), des prix encore raisonnables et des rendements élevés.

6200

Prix moyen au mètre carré des appartements à Uppsala, ville universitaire suédoise, avec un rendement locatif brut dépassant souvent 7%.

Pour un expatrié prêt à vivre ou investir en dehors des trois grandes métropoles, ces villes peuvent offrir un meilleur couple rendement/risque que les capitales régionales classiques.

Régions émergentes du nord et centre du pays

Les régions d’Upper Norrland et du centre‑nord de la Suède connaissent une montée en puissance portée par les projets miniers, les énergies vertes et le télétravail. Les prix oscillent entre 1 500 et 3 000 €/m² dans le nord, avec des progressions annuelles pouvant dépasser 12 %. Les rendements locatifs bruts tournent autour de 8,5 % pour certains projets, ce qui est rare dans un pays développé à forte stabilité macroéconomique.

Ces zones ne conviennent toutefois pas à tous les profils : climat plus rude, villes plus petites, liquidité de revente potentiellement moindre qu’à Stockholm ou Malmö. Mais pour un investisseur très orienté rendement et capable d’accepter une moindre centralité, ce sont des pistes sérieuses.

Types de propriété : freehold, coopérative et location

La Suède se distingue surtout par la place centrale de la copropriété de type coopératif, la bostadsrätt, qui déroute nombre d’expatriés. Comprendre ces statuts est crucial pour éviter des erreurs coûteuses.

Pleine propriété (äganderätt)

Le régime äganderätt correspond à la pleine propriété : vous êtes propriétaire du terrain et du bâti. C’est le cas classique pour les maisons individuelles (villor) et certaines maisons de ville (radhus). Vous décidez librement de vos travaux (dans les limites du plan local d’urbanisme), de la mise en location, etc.

Ce type de bien est soumis : les règles de la propriété immobilière.

– à la taxe de mutation (1,5 % pour un particulier) à l’achat,

– à la taxe foncière annuelle (0,75 % de la valeur fiscale, plafonnée autour de 10 000 SEK par an),

– et, en cas de financement, au droit de mutation sur les hypothèques (2 % du montant hypothéqué).

Bon à savoir :

Pour un investisseur, l’avantage principal est la maîtrise totale du bien. Les inconvénients majeurs sont le coût d’entrée souvent plus élevé en zone urbaine et la prise en charge intégrale des frais d’entretien.

Coopérative (bostadsrätt)

La bostadsrätt est au cœur du parc d’appartements suédois. Sur le plan juridique, vous n’achetez pas les murs, mais une part dans une association de copropriétaires qui vous donne le droit d’occuper un logement numéroté. L’association reste propriétaire de l’immeuble et contracte, le cas échéant, des emprunts collectifs.

Chaque copropriétaire paie : la quote-part des charges communes.

– un prix d’acquisition pour sa quote‑part,

– puis une redevance mensuelle (avgift) à l’association, qui peut aller grosso modo de 3 000 à 8 000 SEK par mois, et parfois plus dans les immeubles très endettés.

L’association peut :

refuser un acquéreur jugé non solvable,

encadrer ou interdire la location de courte durée,

limiter la sous‑location (nécessite souvent une autorisation, parfois limitée à 6–12 mois),

imposer certaines règles (animaux, travaux, usage des parties communes).

Attention :

Pour un expatrié investisseur, ce modèle facilite l’accès aux centres-villes mais exige une analyse rigoureuse de la santé financière de l’association (niveau d’endettement, échéancier de travaux, évolution des charges). Une hausse soudaine du remboursement collectif peut entraîner une envolée de l’*avgift* et réduire fortement la rentabilité locative.

Location réglementée (hyresrätt)

Le hyresrätt n’est pas une forme de propriété, mais un régime de location très protégé pour le locataire. Ces logements sont attribués via des files d’attente officielles, gérées localement, avec des délais pouvant dépasser dix ans dans les grandes villes. Les loyers y sont strictement encadrés et négociés collectivement entre associations de locataires et de bailleurs.

En tant que propriétaire privé, vous intervenez surtout sur le marché de la location dite de « seconde main » (sous‑location, location meublée, location d’un bien en bostadsrätt ou äganderätt). Cette réalité modifie fortement la stratégie d’investissement.

Processus d’achat : comment se déroule une transaction

Le déroulement d’un achat en Suède peut surprendre : enchères ouvertes, promesse de vente très engageante, inspection à l’initiative de l’acheteur… Pour un expatrié, bien caler les étapes et les délais évite les mauvaises surprises.

En pratique, le schéma type ressemble à ceci :

Exemple :

L’achat d’un bien immobilier en Suède suit un processus spécifique. Il débute par la recherche sur des portails (Hemnet, Booli) et des visites en portes ouvertes. L’enchère (budgivning) se fait ensuite par SMS ou plateforme, avec des offres visibles de tous. L’offre acceptée n’est pas juridiquement contraignante. L’engagement réel intervient avec la signature du contrat (köpeavtal), déclenchant un dépôt de ~10% et des pénalités de rétractation (5-10% du prix). L’acheteur doit ensuite réaliser une inspection technique, car le principe est ‘buyer beware’. Suivent les démarches bancaires (prêt, hypothèque) et, pour un appartement en bostadsrätt, l’approbation par le conseil de la coopérative. La transaction s’achève par le paiement du solde, la signature du transfert de propriété et l’enregistrement du titre au Lantmäteriet.

La durée totale entre l’acceptation de l’offre et la remise des clés varie généralement entre 4 et 8 semaines, mais peut monter à trois mois si l’obtention de crédit est complexe, ce qui est souvent le cas pour un expatrié.

Coûts d’acquisition et de détention : ce qu’il faut vraiment budgéter

Au‑delà du prix affiché, l’achat et la détention d’un bien en Suède entraînent un ensemble de frais assez prévisibles, mais qu’il faut intégrer dès le départ pour juger de la rentabilité réelle.

Principaux coûts à l’achat

Pour un particulier qui achète un logement en pleine propriété, le schéma typique est le suivant :

Poste de coûtMontant / Taux indicatifSupporté par
Taxe de mutation (freehold)1,5 % du prix (4,25 % pour une société)Acheteur
Enregistrement du titre (lagfart)825 SEKAcheteur
Droit sur hypothèque (pantbrev)2 % du montant nouvellement hypothéqué + 375 SEK par inscriptionAcheteur
Commission d’agent immobilier1,5 % à 3 % du prix (parfois 3–5 %), souvent payée par le vendeurVendeur
Honoraires d’avocat / conseilSouvent 10 000 à 40 000 SEK, ou 1–1,5 % pour les dossiers complexesAcheteur
Inspection technique5 000 à 10 000 SEK (maison)Acheteur
Frais de traduction / notaire éventuelsVariable, souvent 2 000 à 5 000 SEKAcheteur

Pour un appartement en bostadsrätt, la taxe de mutation (1,5 %) ne s’applique pas sur le bien lui‑même, mais certaines coopératives facturent des frais de transfert (700 à 2 500 SEK). Au total, les coûts de transaction côté acheteur se situent généralement entre 2 % et 5 % du prix de vente, hors apport initial.

Fiscalité annuelle sur le bien

La fiscalité immobilière suédoise a la réputation d’être simple et prévisible. Elle repose sur une valeur fiscale (taxeringsvärde) fixée par l’administration tous les trois ans, en général autour de 75 % de la valeur de marché estimée. Sur cette base, s’applique un prélèvement national standardisé, soumis à un plafond.

En pratique :

– La charge municipale sur les maisons occupées par leur propriétaire est de 0,75 % de la valeur fiscale, plafonnée à un peu plus de 10 000 SEK par bien et par an (environ 900 €), quel que soit le prix réel.

– Pour les appartements en bostadsrätt, le taux applicable au bâtiment est de 0,3 %, plafonné par appartement à un peu plus de 1 700 SEK. Cette charge est payée par l’association et répercutée dans l’avgift.

– Les logements neufs bénéficient d’une exonération totale de cette taxe pendant les 15 premières années suivant l’achèvement.

L’existence de ce plafond rend le système fiscal relativement favorables aux biens de forte valeur. Au‑delà d’un certain niveau, l’imposition effective devient proportionnellement plus faible.

Fiscalité en cas de vente et de location

Lors de la revente d’un bien résidentiel, le gain net (prix de vente – prix d’achat – frais et travaux éligibles) est imposé à un taux effectif de 22 %. Dans certains cas, il est possible de différer une partie de l’imposition si le produit de la vente est réinvesti dans une nouvelle résidence principale en Suède ou dans l’EEE, sous conditions.

Bon à savoir :

Pour les revenus locatifs, la règle générale est que les loyers perçus sont imposables et doivent être déclarés aux autorités fiscales.

Les non‑résidents sont imposés à 30 % sur le revenu net (après déduction des charges liées au bien, des intérêts d’emprunt et d’un abattement forfaitaire standard d’environ 40 000 SEK + 20 % des loyers pour une maison privée).

Les résidents déclarent ces revenus dans la catégorie « revenus du capital » au taux de 30 % également, sauf cas où l’activité est considérée comme commerciale (multiples biens, structure sociétale, etc.).

Il n’existe ni impôt sur la fortune, ni droits de succession ou de donation, ce qui simplifie la transmission patrimoniale.

Accès au crédit : quelles conditions pour un expatrié

Sur le papier, les banques suédoises prêtent volontiers pour l’achat de logements, avec des taux d’intérêt plutôt compétitifs. En pratique, pour un expatrié, l’accès au crédit est plus sélectif que pour un résident.

Taux, LTV et amortissement

Les principaux éléments à retenir :

85

Le ratio prêt-valeur maximal autorisé pour les résidents en Suède, imposant un apport minimum de 15 %.

Pour un expatrié qui a un projet locatif, ces exigences réduisent l’effet de levier mais sécurisent également le système, limitant les situations de surendettement. À noter, l’endettement des ménages suédois reste élevé (environ 151 % de leur revenu brut), ce qui explique la prudence du régulateur.

Obtenir un crédit quand on est étranger

Les grandes banques – Swedbank, Handelsbanken via Stadshypotek, Nordea, SEB ou encore Swedbank Hypotek – acceptent de financer des non‑résidents, mais en pratique elles privilégient :

Exemple :

Pour obtenir un prêt immobilier en Suède, les établissements bancaires exigent généralement que l’emprunteur soit titulaire d’un *personnummer* (numéro d’identité suédois), qu’il dispose d’un contrat de travail stable dans le pays, que ses revenus soient déclarés localement, et qu’il justifie d’une certaine ancienneté de résidence et de déclarations fiscales en Suède.

Sans ces éléments, il est possible d’obtenir un prêt, mais avec davantage d’apport, parfois des taux un peu plus élevés et un processus d’analyse plus lent. Un expatrié fraîchement installé devra s’attendre à fournir :

justificatifs d’identité et de domicile,

relevés bancaires et attestations de revenus de son pays d’origine,

traductions certifiées le cas échéant,

preuves d’épargne suffisante pour couvrir l’apport et les frais.

Enfin, la banque réalise sa propre évaluation du bien. Il n’est pas rare que la valeur retenue soit inférieure au prix négocié aux enchères, surtout dans les marchés tendus, ce qui oblige l’acheteur à augmenter son apport.

Marché locatif, encadrement des loyers et rendements

Pour un expatrié qui investit pour louer, la Suède combine un très fort besoin en logements, notamment dans les grands centres urbains et les villes universitaires, avec un cadre très protecteur pour les locataires.

Un contrôle national des loyers

Le système suédois repose sur une négociation collective des loyers entre associations de propriétaires et de locataires. Les loyers des contrats de premier rang (hyresrätt) sont strictement encadrés, ce qui freine mécaniquement leur hausse, même en zone de très forte tension. Les augmentations annuelles sont négociées et ne peuvent pas être imposées unilatéralement.

Les locations meublées ou de courte durée peuvent facturer une « prime de mobilier », mais celle‑ci est généralement limitée à 15 % au‑dessus du loyer de référence. Les dépôts de garantie sont plafonnés à trois mois de loyer.

Bon à savoir :

Les procédures d’expulsion sont longues et strictement contrôlées par les tribunaux. Tout conflit, même mineur, doit être résolu devant le tribunal des loyers (Hyresnämnden). Cette réglementation incite fortement les bailleurs à sélectionner soigneusement leurs locataires et à respecter scrupuleusement les règles en vigueur.

Rendements bruts et nets : que peut espérer un investisseur

Les études récentes indiquent que les rendements locatifs bruts moyens tournent autour de 5,5 % à l’échelle nationale (2e trimestre 2025). Après prise en compte des charges de copropriété, de l’entretien, des assurances, de la taxe foncière, des éventuels frais de gestion et de la fiscalité, les rendements nets se situent généralement 1,5 à 2 points en dessous.

En pratique, le rendement net d’un appartement bien situé oscille donc fréquemment entre 3 % et 4 %, parfois davantage dans les villes étudiantes ou certaines régions du nord.

Les données par ville présentées plus haut montrent :

Stockholm : rendements bruts de 2,7 à 5,7 %, avec une moyenne autour de 4,2 %,

Gothenburg : moyenne voisine de 5 %, avec des quartiers allant au‑delà de 7 %,

Malmö : environ 6 % en moyenne, avec 4,2–6,8 % selon les segments,

Uppsala : plus de 7 % en moyenne, jusqu’à 8,3 % sur certains biens.

Pour un investisseur orienté rendement, les petites surfaces (studios, T1) et les logements étudiants dans des villes comme Uppsala, Lund ou certaines villes régionales sont souvent les plus performants. Dans ces segments, les rendements bruts peuvent grimper entre 6 % et 8,5 %.

Location courte durée et gestion pour expatriés

La location de courte durée (type Airbnb) s’est fortement développée à Stockholm, Malmö et d’autres grandes villes, avec des taux d’occupation supérieurs à 60 % sur l’année en moyenne pour les biens bien gérés. Des sociétés spécialisées, comme Scandinavian Hospitality, Beautiful Apartments ou des acteurs de gestion de meublés saisonniers, proposent des solutions « clé en main » incluant :

marketing, photos, annonces multi‑plateformes,

tarification dynamique,

accueil voyageurs,

ménage, maintenance,

reporting et gestion financière.

11000 à 15000

Les revenus hebdomadaires sur un appartement bien placé à Stockholm peuvent dépasser 11 000 à 15 000 SEK, soit parfois le double d’un bail classique.

Pour un expatrié qui vit à l’étranger, passer par une société de gestion spécialisée permet d’externaliser la relation locataire, le suivi des réparations et la conformité réglementaire. Les frais de gestion se situent souvent entre 8 et 12 % des loyers encaissés pour une gestion long terme, davantage pour la courte durée.

Stratégies d’investissement selon son profil d’expatrié

La diversité des marchés locaux et des rendements possibles permet de construire plusieurs types de stratégies, à adapter à sa situation professionnelle, fiscale et familiale.

Expatrié qui s’installe pour travailler en Suède

Pour l’expatrié qui prévoit de rester plusieurs années, l’objectif principal est souvent un logement de qualité dans une grande ville, avec une perspective de valorisation à long terme plus qu’un rendement locatif immédiat.

Dans ce cas :

– un achat en bostadsrätt à Stockholm, Gothenburg ou Malmö, dans un quartier bien desservi, permet de réduire son exposition au marché locatif saturé ;

– à horizon 5–10 ans, la valorisation potentielle, combinée à une taxe foncière plafonnée et à l’absence de droits de succession, peut faire de ce bien un pilier patrimonial ;

– une stratégie fréquente consiste à acheter un bien un peu plus grand que nécessaire, pour pouvoir à terme le conserver en location long terme lorsque l’on change de ville ou de pays.

Bon à savoir :

Il faut toutefois intégrer le fait que la propriété ne simplifie pas les démarches d’immigration : permis de travail, résidence, fiscalité sur les revenus mondiaux restent soumis au statut administratif, pas au statut de propriétaire.

Expatrié investisseur à distance (non résident)

Pour celui qui vit principalement en dehors de Suède et cherche un investissement locatif, la priorité est la robustesse du flux de loyers et la simplicité de gestion.

Les combinaisons qui ressortent le plus des données :

petites surfaces à Uppsala, Lund, ou dans d’autres villes universitaires, ciblant les étudiants internationaux, avec des rendements bruts supérieurs à 6–7 % ;

appartements à Malmö, éventuellement dans des quartiers en développement comme Västra Hamnen, où les prix restent accessibles et les rendements frôlent ou dépassent 6 % ;

– biens en régions émergentes (Upper Norrland, centre‑nord) pour des rendements encore plus élevés, au prix d’une liquidité moindre et d’un environnement plus spécialisé (mines, énergies vertes).

Astuce :

Le recours à une agence de gestion ou à une société spécialisée est presque incontournable dans cette configuration, afin d’assurer la sélection des locataires, la conformité légale et la gestion quotidienne.

Achat d’une résidence secondaire / maison de vacances

La Suède attire aussi comme destination de villégiature : lacs, forêts, archipels… Les maisons de vacances (fritidshus) en zones rurales se négocient souvent entre 500 000 et 2 millions de SEK, avec des rendements locatifs potentiels de 5 à 7 % si l’on accepte de louer une partie de l’année.

Particularité à comprendre : le principe d’allemansrätten (« droit de tout un chacun ») autorise l’accès responsable de la population à la nature, y compris sur certaines terres privées hors proximité immédiate de l’habitation. Cela signifie que posséder des hectares de forêt ne donne pas un droit absolu d’exclure quiconque de passage.

Pour un expatrié qui cherche un compromis entre usage personnel et location saisonnière, il convient de vérifier :

les règles locales d’urbanisme (certaines maisons de vacances ne peuvent pas être occupées à l’année),

les réglementations de location courte durée de la commune,

les accès (routes, transports, services).

Risques et pièges à éviter pour un investisseur étranger

Malgré sa transparence, le marché suédois n’est pas exempt de pièges, en particulier pour un nouvel arrivant.

Parmi les principaux points de vigilance :

[TIP title= »Pièges à éviter pour investir en Suède » description= »Différence freehold / bostadsrätt : confondre les deux peut coûter cher. Acheter une bostadsrätt dans une association très endettée, avec une avgift déjà élevée, peut plomber la rentabilité future lorsque les taux remontent ou que des travaux sont votés. Enchères et surenchère : dans les marchés tendus, il est courant de payer 10 à 20 % au‑dessus du prix de départ. Si l’évaluation de la banque ne suit pas, l’acheteur doit combler l’écart en cash. Inspection technique : ne pas faire inspecter une maison expose à des « vices cachés » coûteux (humidité, isolation, électricité, fondations). Le vendeur n’est responsable que dans des cas limités ; la charge de la preuve est lourde pour l’acheteur. Encadrement des loyers : baser son business plan sur des hausses de loyers rapides est illusoire dans le cadre suédois. Les rendements attractifs viennent davantage du bon achat initial, de la maîtrise des charges et d’un positionnement judicieux (surface, localisation). Fiscalité transfrontalière : pour un expatrié fiscalement résident en Suède, les gains sur l’immobilier étranger doivent aussi être déclarés, avec des risques de double imposition à gérer via les conventions. L’inverse est vrai si l’on réside à l’étranger et que l’on perçoit des loyers de Suède. Sous‑location en bostadsrätt : louer sans l’autorisation de l’association expose à une résiliation de droit d’usage. Les conditions de sous‑location doivent être vérifiées en amont. »]

Un accompagnement par un avocat local, un fiscaliste connaissant les conventions de double imposition, et un agent immobilier rompu aux transactions avec des étrangers est un investissement judicieux.

Pourquoi la Suède reste attractive pour un expatrié investisseur

Malgré des rendements modérés dans les très grandes villes et des règles strictes côté locatif, plusieurs éléments structurants plaident pour l’immobilier en Suède dans une optique de long terme :

Les atouts de l’investissement immobilier en Suède

Un aperçu des principaux facteurs qui font de la Suède un marché immobilier stable et attractif pour les investisseurs.

Stabilité macroéconomique

Économie diversifiée, dette publique modérée (environ 33,5 % du PIB), prévisions de croissance positive et inflation maîtrisée.

Cadre juridique prévisible

Peu de volte-faces fiscales, système de taxe foncière plafonnée et standardisée, absence de droits de succession et d’impôt sur la fortune.

Transparence du marché

Données de prix publiques, cadastre fiable, agences encadrées et faible niveau de corruption.

Qualité des locataires

Hauts niveaux de revenus moyens, forte culture du paiement des loyers et système de protection sociale solide.

Potentiel de valorisation

Sur 20 ans, hausse nominale d’environ 260% (près de 180% en réel), avec des cycles de correction offrant des opportunités.

Transitions structurelles

Investissements massifs dans les énergies renouvelables, grands projets d’infrastructures (Hagastaden, nord industriel) et poussée du télétravail valorisant de nouveaux territoires.

Pour un expatrié, la véritable valeur ajoutée se trouve souvent dans la capacité à combiner plusieurs avantages : vivre dans un pays à haute qualité de vie, sécuriser une partie de son patrimoine dans une devise et un système juridique différents, et bénéficier de rendements raisonnables mais robustes plutôt que de paris spéculatifs.

En synthèse : comment aborder un projet immobilier en Suède en tant qu’expatrié

Investir en Suède n’a rien d’un casino : c’est un marché d’investisseur patient, qui récompense l’analyse et la prudence plus que la recherche de coups rapides. Pour un expatrié, une approche méthodique pourrait ressembler à ceci :

Astuce :

Pour un achat immobilier réussi en Suède, il est crucial de définir précisément son objectif (résidence principale, investissement locatif, résidence secondaire) et sa durée de détention prévue. Il faut ensuite choisir une zone géographique adaptée à ce projet, en étant ouvert à des villes autres que Stockholm pour optimiser la rentabilité. Une compréhension approfondie des deux principaux régimes de propriété, *äganderätt* (pleine propriété) et *bostadsrätt* (droit d’usage en copropriété), ainsi qu’un examen minutieux de la santé financière de l’association de copropriété concernée sont essentiels. Le budget doit intégrer tous les coûts : taxe de mutation (*stämpelskatt*), charges mensuelles (*avgift*), taxe foncière plafonnée (*fastighetsavgift*), et fiscalité applicable sur les revenus locatifs et les plus-values. L’accès au crédit doit être anticipé, notamment pour les acheteurs sans numéro personnel suédois (*personnummer*) ou historique bancaire local. Enfin, il est fortement recommandé de s’entourer de professionnels (banquier, avocat, agent immobilier, gestionnaire) habitués à accompagner une clientèle internationale.

Dans ce cadre, la Suède offre à l’expatrié un environnement rare : un marché relativement sûr, peu sujet aux excès spéculatifs, mais encore porteur de belles opportunités – à condition d’en accepter les règles du jeu et la culture, très marquée par la prudence, la transparence et la protection des occupants.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Suède pour rechercher du rendement locatif et une exposition à la couronne suédoise. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Stockholm, Göteborg, Malmö), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison de ville dans un quartier en croissance, combinant rendement locatif raisonnable (6–7% brut, en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 €.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste, administrateur de biens), prise en compte des spécificités réglementaires suédoises (copropriétés, droit de location), choix de la structure d’investissement (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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