Comment obtenir un financement immobilier en Uruguay

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’Uruguay attire de plus en plus d’investisseurs étrangers avec un cocktail rare en Amérique latine : stabilité politique, sécurité, transparence et marché immobilier en croissance. Le pays offre les mêmes droits de propriété aux étrangers qu’aux citoyens, sans restriction de type de bien ni de localisation, et sans contrôle des changes. Mais dès qu’il s’agit de trouver un financement immobilier, surtout en tant que non-résident, le décor change nettement.

Bon à savoir :

Obtenir un prêt bancaire pour acheter un bien en Uruguay (appartement à Montevideo, maison à Punta del Este) est possible mais complexe. Le système bancaire est prudent, exige une documentation lourde et des conditions plus strictes pour les non-résidents. Des alternatives existent, comme le financement direct par le vendeur ou l’utilisation d’un crédit obtenu dans votre pays d’origine.

Cet article propose un tour complet et concret de la question : comment, en pratique, obtenir un financement immobilier en Uruguay quand on n’est pas uruguayen ? Qui prête, à quelles conditions, pour quels types de biens, avec quels coûts et quels risques ? Et comment structurer son projet pour maximiser ses chances d’obtenir un financement viable et sécurisé.

Comprendre le contexte du marché immobilier uruguayen

Avant de parler crédit, il faut comprendre l’environnement dans lequel vous investissez. L’Uruguay est aujourd’hui considéré comme l’un des marchés immobiliers les plus stables de la région. La valeur totale du marché immobilier est projetée autour de 247,50 milliards de dollars US et pourrait monter à près de 295,30 milliards dans les prochaines années, portée par un secteur résidentiel estimé à environ 175,50 milliards.

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L’Uruguay se classe 16e sur 180 pays pour la perception de la corruption, avec un score de 73, ce qui en fait le pays le plus transparent d’Amérique latine.

Sur le plan fiscal, l’Uruguay applique une logique de territorialité : en règle générale, seuls les revenus de source uruguayenne sont imposés, ce qui est un atout pour les investisseurs internationaux. Les transactions immobilières se font très souvent en dollars US, ce qui limite l’exposition au peso, même si le taux de change reste un paramètre à suivre.

Où et à combien : quelques repères de prix et de rendement

Les opportunités se concentrent dans plusieurs pôles : Montevideo et ses quartiers recherchés (Pocitos, Carrasco, Punta Carretas), Punta del Este et ses environs (La Barra, José Ignacio, Punta Ballena), mais aussi Colonia del Sacramento, Maldonado ou La Paloma. L’offre est variée : appartements urbains, maisons individuelles, copropriétés en front de mer, terrains, estancias rurales, vignobles et locaux commerciaux.

Exemple :

Voici quelques ordres de grandeur de prix observés sur le marché :

LocalisationType de bienPrix indicatif (USD)
Montevideo (quartiers centraux)Petit appartementÀ partir d’environ 100 000
Montevideo (zones plus modestes)Maison très simpleÀ partir d’environ 8 000
Pocitos (Montevideo)AppartementEnviron 147 000
Punta del EsteAppartement 2 chambresEnviron 208 000
Punta del EsteMaison individuelleEnviron 220 000
« Bon » appartement (marché urbain)Standard récent110 000 à 120 000

En termes de rentabilité, les rendements locatifs bruts tournent généralement entre 3,1 % et 5,8 %, et plutôt entre 4 % et 6 % dans les grandes zones urbaines. Les appartements destinés à la location de courte durée dans les stations balnéaires peuvent monter plus haut, surtout en haute saison. De nombreuses sources évoquent une hausse annuelle des prix de l’ordre de 10 % à 15 % et, pour les biens neufs ou rénovés, des retours potentiels de 7 % à 30 % par an si le projet est bien structuré.

Ce potentiel n’efface pas une réalité clé : la majorité des acheteurs étrangers paient comptant, précisément parce que l’accès au crédit local est délicat. C’est cette difficulté qu’il faut appréhender pour bâtir une stratégie de financement cohérente.

Pourquoi le financement immobilier est plus compliqué pour les étrangers

Techniquement, rien n’interdit à un non-résident de contracter un crédit immobilier en Uruguay. Des banques comme Banco República (BROU), Banco Santander Uruguay, Banco Itaú, BBVA Uruguay, Scotiabank Uruguay ou encore Banco Hipotecario del Uruguay ont des produits hypothécaires. Mais dans la pratique, un étranger sans résidence ni historique bancaire local aura souvent beaucoup de mal à décrocher un prêt classique.

Les banques rencontrent plusieurs obstacles : vérifier des revenus perçus à l’étranger, interpréter un dossier de crédit étranger, faire valoir une garantie en cas de défaut en dehors du territoire, tout cela représente un risque supplémentaire. Résultat : les conditions sont plus strictes, les pourcentages de financement plus faibles et les délais d’étude plus longs.

Astuce :

Pour obtenir un crédit en Uruguay en tant que non-résident, il est fréquemment exigé d’avoir préalablement obtenu la résidence uruguayenne et de payer ses impôts sur place. Certaines banques imposent également que le revenu principal provienne d’Uruguay depuis au moins deux ans. L’ouverture d’un compte bancaire local est obligatoire, avec parfois une condition d’ancienneté de plusieurs mois sur ce compte.

Des apports plus élevés et des conditions moins favorables

Les banques locales peuvent financer jusqu’à 80 % de la valeur d’un bien pour un résident bien profilé, mais pour un étranger, le ratio de financement se réduit nettement. Les chiffres couramment cités vont de 50 % à 60 % du prix pour les non-résidents, avec des apports exigés de 30 % à 50 %, parfois davantage.

Attention :

Pour un bien résidentiel, le financement pour un étranger est généralement limité à 50% de la valeur. Pour un bien commercial, certains établissements peuvent accorder jusqu’à 75%, sous conditions : une structure d’investissement solide, des revenus déclarés en Uruguay et une relation bancaire préalable.

Les durées de remboursement des crédits hypothécaires s’étalent généralement sur 15 à 20 ans, avec la possibilité d’aller jusqu’à 25 ans dans certains programmes résidentiels soutenus par la loi 18.795, qui vise à favoriser l’accession à la propriété des classes moyennes et modestes, à un taux proche de 6 %. Pour un investisseur étranger, il faut s’attendre à des taux plus élevés, souvent compris entre 6 % et 10 %, fixés ou variables selon les cas.

La conséquence de ce contexte est claire : pour un acheteur étranger, le crédit bancaire local n’est pas la norme mais plutôt une option parmi d’autres, souvent en plan B. D’où l’importance de regarder les autres voies de financement.

Les principales options de financement immobilier en Uruguay

Les étrangers disposent en réalité de plusieurs leviers pour financer leur achat. Chacun a ses avantages, ses contraintes et ses profils d’usage.

Les crédits hypothécaires des banques locales

Cette voie reste intéressante pour ceux qui ont déjà un pied en Uruguay : expatriés installés sur place, entrepreneurs qui y perçoivent des revenus, résidents fiscaux ayant un historique de compte.

Les banques comme Banco República, Santander, Itaú, BBVA ou Scotiabank proposent des crédits hypothécaires classiques :

ParamètreCaractéristiques typiques pour un étranger éligible
Type de bienRésidentiel (jusqu’à 50 % du prix) ; commercial (jusqu’à 75 %)
Durée15 à 20 ans, jusqu’à 25 ans sur certains programmes
Taux indicatifsEnviron 6 % sur certains prêts résidentiels subventionnés, sinon 6–10 %
Apport30 % à 50 % (jusqu’à 50 % de financement pour un non-résident)
Documents requisPasseport, justificatifs de revenus, historique de crédit, évaluation du bien, preuve de provenance des fonds
Compte localSouvent obligatoire, parfois avec dépôt initial conséquent

Un point central : les lois anti-blanchiment (AML) sont très strictes. La banque exigera une traçabilité complète des fonds utilisés pour l’apport, les frais et les mensualités. Contrats de travail, déclarations fiscales, relevés bancaires, documents de prêt du pays d’origine devront être fournis, souvent apostillés et traduits.

L’inconvénient majeur, outre la lourdeur du dossier, est le temps : pour un étranger, le processus de validation d’un crédit peut rallonger la transaction de 2 à 3 mois par rapport à un achat au comptant. Or, le standard de marché pour finaliser une transaction est plutôt de 30 à 60 jours.

Le financement par le vendeur ou le promoteur (vente à crédit)

C’est la grande spécificité du marché uruguayen : le financement privé par le vendeur ou le développeur est une pratique répandue, bien encadrée juridiquement, et souvent plus accessible aux étrangers que le crédit bancaire.

Crédit Vendeur

Dans ce schéma de financement, le vendeur ou le promoteur immobilier agit comme l’établissement prêteur.

Apport Initial

L’acheteur verse un apport important au moment de l’acquisition.

Remboursement du Solde

L’acheteur rembourse le solde du prix sur une période convenue avec le vendeur.

Intérêts

Le remboursement du solde s’effectue avec le paiement d’intérêts, selon les termes du contrat.

ÉlémentConditions fréquentes de financement vendeur/promoteur
Apport initial30 % à 50 % du prix du bien
Durée avec vendeur1 à 2 ans (financement court terme)
Durée avec promoteur5 à 10 ans (surtout pour le neuf « en pozo »)
Taux d’intérêtEn général entre 5 % et 8 %
GarantieHypothèque (hipoteca) inscrite sur le bien par un notaire public
FlexibilitéConditions librement négociées entre les parties

Pour les projets neufs achetés « en pozo » (sur plan), les promoteurs structurent souvent un calendrier de paiements échelonné sur la durée du chantier. Une partie est payée à la réservation, une autre au fur et à mesure de l’avancement, le solde à la livraison ou avec un plan de financement complémentaire.

L’avantage pour l’étranger est double : pas besoin d’historique de crédit local ni de résidence, et une documentation financière en général moins intrusives que pour un prêt bancaire classique. En contrepartie, la durée est plus courte, ce qui implique des mensualités plus élevées, et les taux se situent souvent au-dessus des meilleurs taux bancaires.

Ce financement est très répandu pour les appartements urbains et les biens résidentiels. En revanche, il est nettement moins courant pour les grandes propriétés rurales, les fermes ou les terrains non bâtis, où les transactions sont majoritairement conclues au comptant.

Le financement dans le pays d’origine : arriver comme « acheteur cash »

De nombreux investisseurs choisissent de financer leur achat uruguayen en sollicitant un prêt dans leur pays de résidence : crédit hypothécaire sur une résidence principale, refinancement, crédit avec retrait de valeur (cash out refinance) ou ligne de crédit sur la valeur nette (HELOC).

Bon à savoir :

La méthode consiste à contracter un emprunt dans un pays où vous avez un historique de crédit solide et une relation bancaire établie, puis à transférer les fonds en Uruguay pour effectuer un achat au comptant. Ce pays ne pratique pas le contrôle des changes, ce qui permet des virements internationaux pour la totalité du prix et des frais sans restriction.

Cette approche présente plusieurs atouts. D’abord, un acheteur au comptant est beaucoup plus attractif pour un vendeur : il supprime l’incertitude liée à l’obtention d’un crédit local et accourt la durée de closing. Ensuite, les taux d’intérêt dans le pays d’origine peuvent être plus avantageux ou mieux maîtrisés. Enfin, la négociation du prix est souvent plus simple lorsqu’on peut garantir un paiement rapide.

Mais cette solution ne dispense pas des exigences locales : les banques et les notaires uruguayens demanderont toujours la preuve de l’origine des fonds pour se conformer aux règles AML. Il faudra donc être en mesure de produire les contrats de prêt, les justificatifs bancaires et fiscaux relatifs à l’emprunt contracté à l’étranger.

Autres outils : fonds, fidéicomisos, financements de développement

Pour les investisseurs plus institutionnels ou les développeurs, le paysage financier uruguayen ne se limite pas aux hypothèques classiques. Les outils suivants jouent un rôle majeur :

Les prêts d’investissement pour promoteurs, destinés au financement de l’achat de terrain et du développement de projets résidentiels ou commerciaux. La durée est en général courte (jusqu’à 2 ans pour le financement de développement), et les taux peuvent aller de 4,5 % à plus de 16 % en fonction de la taille du projet, de l’expérience du promoteur et du risque perçu.

– Les fidéicomisos (trusts immobiliers), qui structurent de nombreux projets de construction ou de rénovation. Le fidéicomiso collecte les fonds des investisseurs, détient et gère les actifs, ce qui permet d’isoler le risque et de sécuriser les droits des souscripteurs.

– Les fonds communs de placement, qui peuvent inclure des actifs immobiliers dans un portefeuille diversifié, pour ceux qui préfèrent une exposition indirecte.

Ces outils relèvent davantage de la finance de projet que du financement de l’achat d’une résidence ou d’un petit investissement locatif, mais ils expliquent une partie de la vitalité du secteur.

Les conditions financières : apports, durées, taux, garanties

Pour un investisseur étranger, le nerf de la guerre reste le couple apport/taux. Les acteurs du marché uruguayen – banques, vendeurs, promoteurs – exigent tous un apport substantiel, souvent plus élevé que ce que l’on observe en Europe ou en Amérique du Nord.

Dans la majorité des cas, il faut tabler sur un apport personnel compris entre 30 % et 50 % du prix. Dans certaines opérations avec des banques locales et pour des profils jugés plus risqués, le financement peut être encore plus limité, ce qui implique un apport supérieur à 50 %.

Côté durée, la palette est large :

15 à 20 ans pour un prêt immobilier bancaire standard, jouant parfois les prolongations jusqu’à 25 ans pour certains produits résidentiels appuyés par des dispositifs publics.

5 à 15 ans pour des crédits commerciaux ou d’investissement, avec des conditions plus flexibles mais des taux généralement plus volatils.

1 à 2 ans pour la plupart des financements directs par le vendeur sur des biens existants, jusqu’à 5 ou 10 ans avec un promoteur sur un projet neuf.

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Taux d’intérêt hypothécaire de référence pour certains programmes résidentiels réglementés par la loi 18.795.

Dans tous les cas, la garantie principale est une hypothèque (hipoteca) enregistrée sur le bien. L’acte de prêt est rédigé et inscrite par un notaire (escribano), ce qui donne un poids juridique important au créancier en cas de défaut. C’est aussi ce formalisme qui sécurise l’acheteur : la procédure limite les risques d’abus et clarifie les obligations de chaque partie.

Les coûts cachés du financement : frais de transaction et fiscalité

Se focaliser uniquement sur le taux de crédit est une erreur fréquente. En Uruguay, les coûts annexes d’une transaction immobilière représentent un poste significatif, de l’ordre de 7 % à 10 % du prix d’achat, parfois davantage si l’on inclut certains frais liés au financement.

En moyenne, un acheteur doit prévoir les éléments suivants :

Poste de coûtOrdre de grandeur (sur prix d’achat)
Honoraires d’agence immobilièreEnviron 3 % + TVA (22 %)
Honoraires du notaire (escribano)Environ 3 % + TVA (22 %)
Taxe de transfert (ITP)2 % de la valeur cadastrale du bien
Frais d’enregistrement (Registre)Environ 0,5 % à 1 %
Certificats, enregistrements diversEnviron 1 500 à 2 000 USD
Dépôt de réservation (Boleto)En général 10 % du prix, imputé ensuite

Ces montants se cumulent au besoin d’apport initial pour le financement. Un investisseur qui négocie un prêt couvrant 50 % de la valeur du bien devra donc souvent mobiliser bien plus que 50 % de cash une fois tous les frais inclus.

Bon à savoir :

Une fois propriétaire, vous serez soumis à la contribution immobilière (Contribución Inmobiliaria), un impôt municipal basé sur la valeur cadastrale. Selon votre situation, la taxe d’éducation primaire (Impuesto de Enseñanza Primaria) peut s’appliquer, et un impôt sur le patrimoine concerne les fortunes les plus élevées. En cas de location, les revenus sont imposés : pour les non-résidents, un prélèvement typique de 12 % sur le revenu net locatif est appliqué.

Enfin, à la revente, le gain en capital est soumis en principe à un taux forfaitaire de 12 % sur la plus-value nette. L’investisseur doit donc intégrer la fiscalité dans son calcul de rentabilité globale, au même titre que le coût de la dette.

Les exigences documentaires et le rôle central du notaire

Qu’il s’agisse d’un crédit bancaire ou d’un financement vendeur, un acteur revient systématiquement : l’escribano. Ce notaire public, officier légal mandaté par l’État, est obligatoire pour toute transaction immobilière. Il a plusieurs missions clés : vérifier l’historique de propriété du bien (sur 30 ans en général), contrôler l’absence de dettes ou de charges, rédiger les contrats, préparer et enregistrer l’hypothèque, assurer la conformité aux lois fiscales et anti-blanchiment.

Du côté du financement, les banques et les autorités exigent un ensemble de documents importants, en particulier pour les étrangers :

Attention :

Pour obtenir un crédit immobilier, les établissements financiers exigent généralement un dossier complet comprenant : une pièce d’identité valide, des justificatifs de revenus stables, un historique de crédit, une preuve de résidence, une évaluation du bien par un expert et des documents prouvant l’origine légale des fonds.

La plupart des documents en provenance de l’étranger doivent être apostillés et traduits en espagnol. Cette dimension bureaucratique rebute de nombreux investisseurs, d’autant que les banques appliquent des procédures KYC, FATCA (pour les citoyens américains) et CRS (échange automatique d’informations) très strictes.

Par ailleurs, l’ouverture d’un compte bancaire local est presque toujours exigée pour un crédit. Or, pour un non-résident, ouvrir un compte peut déjà représenter un défi : certains établissements demandent un dépôt initial conséquent (on évoque parfois des seuils de 5 000 à 50 000 USD gelés plusieurs mois) et restent très prudents vis-à-vis des clients liés aux crypto-actifs.

Les erreurs fréquentes des étrangers et comment les éviter

Les témoignages convergent : une grande partie des investisseurs étrangers commettent des erreurs importantes en Uruguay, notamment faute d’avoir pris le temps de comprendre les règles locales. On estime qu’environ 90 % des acheteurs commettent au moins un faux pas significatif, et que les investisseurs qui ont perdu de l’argent avaient souvent consacré moins d’une heure à la recherche de marché.

Les pièges touchent autant l’aspect juridique que le financement :

Attention :

Les investisseurs doivent éviter plusieurs erreurs critiques : une mauvaise compréhension des conditions de financement (apport, statut de résidence), la négligence de la due diligence (fiche cadastrale, servitudes, règlement de copropriété), une gestion risquée des flux financiers (acompte hors compte séquestre, origine des fonds), la sous-estimation des coûts totaux (frais de transaction, taxes, fiscalité) et la mésestimation du risque de change lié à la fluctuation du peso uruguayen face au dollar.

Pour limiter ces risques, plusieurs bonnes pratiques s’imposent : travailler avec un agent immobilier qui représente exclusivement l’acheteur (et non les deux parties), s’entourer d’un notaire expérimenté en transactions internationales, consulter un conseiller fiscal local, et, surtout, consacrer un minimum de temps à comprendre le fonctionnement du marché.

Construire une stratégie de financement réaliste selon son profil

Au vu de ce paysage, obtenir un financement immobilier en Uruguay ne se résume pas à « trouver une banque qui prête ». Le point de départ doit être votre profil : résident ou non-résident, niveau d’apport, capacité d’endettement dans votre pays, horizon d’investissement, type de bien ciblé.

Pour un non-résident avec un bon accès au crédit dans son pays d’origine mais sans historique en Uruguay, la stratégie la plus fluide consiste souvent à :

Monter un financement (hypothèque, refinancement, HELOC) là où vous êtes déjà connu, à un taux compétitif ;

– Transférer les fonds en Uruguay avec un dossier AML bien préparé ;

– Acheter au comptant, ce qui simplifie et accélère toute la partie locale ;

– Éventuellement, négocier un complément de financement vendeur si vous souhaitez lisser l’effort de trésorerie.

Astuce :

Pour un expatrié installé en Uruguay, qu’il soit salarié ou entrepreneur avec un historique local, les offres de crédit des banques uruguayennes deviennent plus accessibles et crédibles. Il est alors pertinent d’envisager et d’étudier ces solutions de financement.

Construire une relation bancaire progressive (dépôts, compte courant, épargne) ;

Montrer des revenus stables déclarés localement ;

– Viser un ratio de financement raisonnable, sans espérer les 80 % réservés aux profils les plus solides ;

– Comparer activement les offres de plusieurs banques et les combiner éventuellement avec un apport financé à l’étranger.

Pour un investisseur-développeur, les options sont plus sophistiquées : montage via fidéicomiso, financement de développement à court terme, partenariats avec des institutions comme Banco Hipotecario del Uruguay ou Santander dans le cadre de programmes logés dans la loi 18.795, etc. Mais dans tous les cas, la clé reste la crédibilité du projet et la rigueur de la structure juridique et financière.

En conclusion : un financement possible, mais à construire sur mesure

L’Uruguay offre un cadre remarquable pour l’investissement immobilier : sécurité juridique, stabilité macroéconomique, marché en croissance, ouverture totale aux capitaux étrangers, absence de contrôle des changes et fiscalité de type territorial. Pourtant, pour un étranger, l’accès au crédit local reste un parcours sélectif, réservé à ceux qui ont déjà un ancrage dans le pays ou qui acceptent des conditions plus restrictives.

Bon à savoir :

Les acheteurs ont principalement recours à trois méthodes : le paiement comptant avec un financement dans leur pays d’origine, le financement proposé par le vendeur ou le promoteur, ou, plus rarement, un crédit auprès d’une banque uruguayenne. Le choix optimal dépend de votre situation financière, de votre tolérance au risque et de vos objectifs (résidence, investissement locatif, revente ou projet de développement).

Dans tous les cas, une constante demeure : le succès d’un projet immobilier en Uruguay tient moins à la promesse des rendements – souvent attractifs sur le papier – qu’à la qualité de la préparation. Compréhension des règles locales, sélection soigneuse des partenaires (notaire, agent, banquier, avocat), anticipation des coûts et des contraintes de financement : c’est sur ces fondations que se construit un investissement solide, capable de tirer parti des atouts réels du marché uruguayen sans tomber dans les pièges qui guettent les acheteurs mal informés.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Uruguay pour rechercher du rendement locatif et une exposition au peso uruguayen et au dollar. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Montevideo, Punta del Este, Colonia del Sacramento), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en développement de Montevideo ou à proximité de la côte, combinant un rendement locatif brut cible autour de 8–10 % « plus le rendement est grand, plus le risque est important » et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, notaire, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’acquisition la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps, en intégrant les spécificités juridiques et fiscales uruguayennes.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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