Le marché des propriétés de luxe en Turquie : entre opportunité et montée en gamme

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché des propriétés de luxe en Turquie, et plus particulièrement à Istanbul, Bodrum et Antalya, est en train de se structurer comme l’un des segments les plus dynamiques de l’immobilier haut de gamme en Europe et au Moyen-Orient. Porté par des prix toujours compétitifs en devises fortes, un afflux de touristes et d’Ultra High Net Worth Individuals (UHNWI), des programmes de citoyenneté par investissement et de grands projets urbains, ce marché attire à la fois les acheteurs de résidence secondaire, les investisseurs en location saisonnière et les candidats à la citoyenneté.

Bon à savoir :

Le marché turc des propriétés de luxe bénéficie de moteurs puissants, mais il est confronté à des défis structurels : une inflation élevée, la volatilité de la livre turque, des taux d’intérêt domestiques très hauts et un durcissement réglementaire (notamment sur les locations de courte durée). Cette combinaison en fait un terrain de jeu sophistiqué, nécessitant une approche d’investissement à long terme et très sélective.

Un marché du luxe déjà massif et encore en croissance

Le segment résidentiel de luxe en Turquie a atteint un volume estimé à 61,19 milliards de dollars américains en 2024. Les projections l’annoncent autour de 87 milliards de dollars à l’horizon 2030, soit un taux de croissance annuel moyen d’environ 6,11 % entre 2025 et 2030. Autrement dit, il ne s’agit plus d’un “créneau” émergent, mais d’un marché déjà installé, appelé à se densifier plutôt qu’à naître.

En parallèle, l’ensemble du marché résidentiel turc se situe dans une autre dimension encore, avec une valeur annuelle d’environ 150 milliards de dollars et entre 1,2 et 1,6 million de transactions par an. Les projections tablent sur un passage d’environ 110 milliards à près de 187 milliards de dollars à l’horizon 2030, soit une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 11 %.

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Le marché de masse immobilier est dominé à plus de 98 % par la demande domestique.

Pour donner un ordre de grandeur, les spécialistes s’attendent à ce que les ventes totales dépassent 1,5 million de biens par an en 2025, avec une possible poussée à 1,6 million. Les étrangers, qui ne représentaient plus que 1,6 % des transactions en 2024 après un pic à 4,5 % en 2022, devraient se redresser progressivement pour atteindre 5 à 6 % des ventes en 2026. C’est cette clientèle internationale, numériquement réduite mais financièrement très significative, qui anime une grande partie du marché des propriétés de luxe.

Des prix encore très compétitifs en devises fortes

L’un des atouts majeurs du marché turc, et plus encore du segment haut de gamme, reste la compétitivité des prix lorsqu’on les regarde en dollars ou en euros. La forte dépréciation de la livre turque ces dernières années a mécaniquement créé une sorte de “décote” pour les investisseurs qui achètent en devise forte, estimée entre 15 et 20 % par rapport à quelques années auparavant.

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Le prix moyen du résidentiel en Turquie atteignait environ 39 697 TRY par mètre carré au deuxième trimestre 2025.

Prix moyens au m² : Turquie vs Europe (résidentiel)

Ville / RégionPrix moyen estimé (USD/m²) Q2 2025Commentaire
Turquie (moyenne)≈ 1 025Logements nationaux
Istanbul (moyenne)≈ 1 630Métropole économique
Antalya≈ 1 198Ville balnéaire et touristique
Muğla (incl. Bodrum)≈ 2 042Régions côtières premium
Ankara≈ 920Capitale politique
Izmir≈ 1 135Grande ville côtière
Bodrum (luxury)≈ 2 825Spot très haut de gamme
Capitale premium UE (Paris, Londres, Munich)> 10 000Marchés ultra-prime
Capitale Europe de l’Est (Sofia, Belgrade)1 500 – 3 000Marchés émergents voisins

Dans Istanbul intra-muros, les écarts sont encore plus marqués entre quartiers émergents et adresses icônes. Dans les zones centrales “standard”, on se situe souvent entre 1 300 et 1 800 dollars le mètre carré. Sur les secteurs ultra-prime, notamment en bord de Bosphore, les prix de transaction pour des biens de standing dépassent allègrement 4 000 dollars/m², et grimpent beaucoup plus haut dès qu’il s’agit de Yalı historiques ou de résidences exceptionnelles.

Gammes de prix à Istanbul (résidentiel et luxe)

Segment / QuartierFourchette indicative (USD/m²)Niveau de marché
Istanbul moyenne≈ 1 600Tout segment confondu
Centres “classiques” (Kağıthane, Güneşli)1 300 – 1 800Classe moyenne/moyenne+
Quartiers huppés (Levent, Şişli)3 000 – 5 000Haut de gamme urbain
Nişantaşı (Şişli)5 000 – 7 000Luxe fashion & art
Beşiktaş – Bebek (Bosphore)6 000 – 7 000+Ultra-prime côtier
Projets mixtes type Skyland4 500 – 6 500Tour de standing, services complets

Par contraste, certaines zones en développement restent très accessibles. Des quartiers comme Esenyurt ou Beylikdüzü, tout en offrant une part croissante de projets neufs, présentent encore des prix compris entre 800 et 1 200 dollars/m². L’entrée de gamme pour un investissement à Istanbul peut ainsi se situer autour de 150 000 dollars, quand un appartement de deux chambres dans les secteurs “cœur de ville” se négocie plutôt entre 200 000 et 400 000 dollars.

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Le prix au mètre carré dépasse 2 800 dollars pour les biens haut de gamme à Bodrum, sur la côte turque.

Istanbul : un laboratoire du luxe entre histoire et projets mixtes

Istanbul est le moteur incontesté du marché des propriétés de luxe en Turquie. Ville-monde à cheval sur l’Europe et l’Asie, carrefour culturel et économique, elle concentre à la fois les projets les plus ambitieux, les quartiers historiques mythiques et les nouveaux pôles d’affaires.

La capitale économique se distingue par une dualité très marquée entre sa rive européenne, dynamique, historique, chère, et sa rive asiatique, plus familiale, plus verte et encore relativement abordable pour des surfaces plus généreuses.

Un marché tiré par la localisation… et de plus en plus par le lifestyle

Traditionnellement, la valeur de l’immobilier de luxe à Istanbul reposait presque exclusivement sur la localisation, notamment la proximité du Bosphore et des centres d’affaires. Les quartiers comme Beşiktaş, Sarıyer, Şişli ou Kadıköy illustraient parfaitement cette logique.

Attention :

Les acheteurs privilégient désormais des critères de style de vie (services intégrés, bien-être, espaces verts, technologies smart home, sécurité, commodités sur place) au moins autant que le simple prestige de l’adresse, favorisant le succès des grands complexes mixtes.

Résidences de standing

Bureaux et espaces de coworking

Centres commerciaux et galeries de luxe

Hôtels 5 étoiles et spa

Services de conciergerie, sécurité 24/7, parkings souterrains, équipements sportifs complets

Des projets comme Zorlu Center, Skyland Istanbul ou Vadi Istanbul incarnent cette évolution. Ils attirent une nouvelle génération de clients internationaux – cadres expatriés, entrepreneurs du numérique, familles fortunées – qui veulent vivre, travailler, consommer et se divertir dans un même environnement maîtrisé.

Quartiers phares côté européen

Sur la rive européenne, plusieurs pôles se détachent nettement pour le marché du luxe.

Exemple :

Le quartier de Bebek à Beşiktaş illustre le concept de ‘prestige côtière’ avec ses yalı historiques sur le Bosphore, ses immeubles de luxe, ses commerces et restaurants haut de gamme, et la présence de résidents influents issus des mondes politique, économique et artistique. La rareté du foncier et une demande soutenue y maintiennent des prix immobiliers parmi les plus élevés de Turquie, démontrant une forte résilience même en période de crise économique.

Sarıyer illustre un autre visage du luxe : un mélange de tours modernes, de villas dans des quartiers comme Zekeriyaköy, et de grandes zones naturelles proches de la forêt de Belgrade. On y trouve des projets comme Maslak, devenu l’un des principaux hubs business de Turquie, mêlant gratte-ciel de bureaux, résidences haut de gamme et centres commerciaux.

Şişli, avec Nişantaşı en cœur de district, joue la carte du luxe urbain et culturel. Nişantaşı est fréquemment comparé à des artères comme les Champs-Élysées ou Knightsbridge : boutiques Gucci, Chanel, Louis Vuitton, Prada, galeries d’art, cafés tendance. Le parc immobilier y est constitué surtout d’appartements de ville au design contemporain, avec une offre limitée qui tend à valoriser chaque mètre carré disponible. Les loyers y sont en rapport avec ce positionnement : les rendements locatifs bruts se situent autour de 5 à 6 %, pour des prix au mètre carré de 5 000 à 7 000 dollars.

L’essor discret mais puissant de la rive asiatique

Face à cette rive européenne très dense et onéreuse, la partie asiatique d’Istanbul s’impose de plus en plus comme une alternative haut de gamme, en particulier pour les familles et les acheteurs à la recherche de surfaces plus grandes, de verdure et d’un environnement plus calme.

Astuce :

Le district de Kadıköy, avec sa célèbre avenue Bağdat Caddesi longue de 14 km, aligne boutiques de luxe, restaurants et cafés de standing. Les quartiers résidentiels adjacents comme Caddebostan ou Suadiye proposent des appartements modernes avec vue sur la mer de Marmara et les îles des Princes, dans un cadre jugé plus « vivable » au quotidien pour de nombreux résidents fortunés.

Plus au nord, Beykoz et des ensembles fermés comme Acarkent offrent un luxe différent : villas spacieuses entourées de forêts, grands jardins privés, vues dégagées, haut niveau de sécurité et services de quartier (écoles, clubs, centres de sport). Ce type de produit, à mi-chemin entre la résidence secondaire et le “suburb” très huppé, attire autant les familles turques aisées que certains étrangers en quête de discrétion et de confort.

Bodrum : laboratoire du très haut de gamme côtier

Si Istanbul domine en volume, Bodrum s’impose comme le symbole de la montée en gamme balnéaire turque. Sur la côte Égéenne, cette péninsule a progressivement basculé d’une offre plutôt abordable à un marché résolument orienté vers le luxe, notamment dans des quartiers comme Yalikavak, Türkbükü, Gölköy ou Gümüşlük.

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Le prix moyen du mètre carré à Bodrum dans le segment haut de gamme est d’environ 2 825 dollars en 2025.

Bodrum : quelques repères chiffrés

IndicateurValeur indicative (TRY / USD)
Prix moyen villas Bodrum (mai 2024, TRY/m²)≈ 166 667 TRY/m²
Fourchette pour une villa 100 m²≈ 11,7 à 24 millions TRY
Prix moyen m² Bodrum (2023, TUIK)≈ 75 706 TRY/m²
Prix moyen m² Bodrum (2025, USD)≈ 2 825 USD/m²
Durée moyenne de retour sur investissement locatif≈ 13,9 ans

Les villas de luxe y débutent autour de 5,2 millions de TRY et montent dans des sphères beaucoup plus élevées pour l’ultra-luxe. Dans des quartiers comme Yalikavak ou Türkbükü, les prix au mètre carré peuvent s’envoler. On parle par exemple d’environ 268 750 TRY/m² à Türkbükü pour certaines villas, tandis que des résidences liées à des marques hôtelières internationales (Mandarin Oriental, Kempinski, Four Seasons) atteignent plusieurs millions d’euros l’unité.

Bon à savoir :

Plusieurs éléments expliquent l’essor haut de gamme de Bodrum : l’ouverture de marinas internationales comme Yalikavak Marina, l’arrivée de chaînes hôtelières ultra-luxueuses, une meilleure accessibilité aérienne, le développement d’une clientèle locale fortunée et l’afflux d’investisseurs étrangers attirés par les villas avec piscine privée, vue mer et services hôteliers.

La demande locative saisonnière soutient ces valorisations. Les villas haut de gamme peuvent générer des rendements bruts de l’ordre de 7 à 12 % pendant la haute saison, avec des loyers hebdomadaires à plusieurs milliers de livres sterling pour les plus belles propriétés. Cela contribue à stabiliser la conviction d’un retour sur investissement sur une durée d’une douzaine d’années, en ligne avec les chiffres de 13,9 ans avancés pour Bodrum.

Antalya, Izmir, Fethiye : la carte des rivieras turques

Au-delà de Bodrum, la Turquie compte plusieurs autres pôles côtiers très recherchés sur le segment premium.

Antalya, sur la Méditerranée, est à la fois une destination touristique de masse et un marché ciblé pour les biens de haut standing, notamment dans des secteurs comme Konyaaltı, Lara Beach ou Altıntaş. Les prix moyens autour de 1 200 dollars/m² offrent un rapport qualité/prix intéressant, avec des rendements locatifs bruts souvent compris entre 6 et plus de 8 %, voire jusqu’à 10 % sur les locations de vacances bien gérées.

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Le prix moyen au mètre carré à Izmir, légèrement supérieur à la moyenne nationale mais modéré comparé à d’autres destinations turques.

Fethiye, Alanya, Kaş, Kalkan ou encore Göcek complètent cette cartographie des “rivieras turques” : autant de micro-marchés où se développent des villas contemporaines, des complexes avec marina, des résidences gérées en apart-hotel, répondant aux attentes d’une clientèle internationale en quête de climat doux, de paysages spectaculaires et de rentabilité locative.

Rendements locatifs : une prime de rendement sur l’Europe de l’Ouest

Sur le plan des revenus locatifs, la Turquie offre des rendements bruts sensiblement plus élevés que la plupart des marchés d’Europe occidentale. Selon les données disponibles pour 2025, les rendements bruts résidentiels se situent en moyenne autour de 7,4 à 7,8 % au niveau national.

Dans les grandes villes et stations balnéaires, on observe les ordres de grandeur suivants :

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Le rendement locatif potentiel le plus élevé mentionné, atteint par les villas de vacances à Bodrum en haute saison avec une gestion professionnelle.

Ces rendements se comparent favorablement aux 3–5 % observés dans de nombreuses capitales d’Europe de l’Ouest, à l’image de Berlin ou Amsterdam. Toutefois, il faut les remettre en perspective : l’inflation reste élevée (plus de 30 % en 2025), la livre turque se déprécie régulièrement, et les charges (entretien, taxes, vacance locative, gestion) réduisent sensiblement le rendement net. À Istanbul, par exemple, des rendements bruts de 5 à 8 % peuvent se transformer, après impôts et coûts, en rendements nets de 4 à 6 %.

Exemple de rendements bruts par ville

Ville / RégionRendement brut moyen estiméObservations
Turquie (moyenne nationale)≈ 7,4 – 7,8 %Tous segments confondus
Istanbul4,5 – 6 % (jusqu’à ≈ 8 %)Variabilité très forte par quartier
Antalya6 – 8 % (locations vacances)Balnéaire, forte saisonnalité
Bodrum7 – 12 % (haute saison)Villas ultra-prime à gérer activement
Ankara≈ 8,7 %Marché intérieur stable
Adana≈ 8,9 %Rendements élevés mais marché moins liquide

Sur le segment des locations de courte durée type Airbnb, Istanbul affiche des taux d’occupation d’environ 55 %, avec un tarif journalier moyen autour de 55 dollars. À Antalya, l’occupation tourne plutôt autour de 47 %, mais avec un Daily Rate moyen plus élevé, proche de 86 dollars. Ces chiffres permettent à certains investisseurs de viser des rendements de 8 à 10 % dans les quartiers touristiques centraux, même si l’entrée en vigueur d’une loi spécifique sur les locations de moins de 100 jours impose désormais un système de permis et une conformité réglementaire accrue.

Une dynamique de prix nominale forte, des prix réels sous pression

En termes de progression des prix, la Turquie a enregistré certaines des hausses nominales les plus fortes du monde ces dernières années. Le Residential Property Price Index de la Banque centrale affiche par exemple une progression annuelle de 32,82 % en juillet 2025, avec une augmentation nationale des prix de l’ordre de 31,95 % en début d’année et d’environ 29,6 % sur Istanbul.

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Il s’agit du recul annuel moyen réel des prix immobiliers en Turquie sur plusieurs exercices récents, une fois corrigés de l’inflation.

Les projections pour 2026 sont plus nuancées. Les spécialistes envisagent une phase de stabilisation, avec des hausses nominales plus modérées – souvent situées entre 8 et 14 % selon les segments – à mesure que les politiques de resserrement monétaire commencent à freiner l’inflation, que les taux d’intérêt redescendent progressivement et que la croissance économique se normalise autour de 3 à 4 % par an.

Dans ce scénario, l’année 2026 est souvent présentée comme une fenêtre idéale d’entrée pour les investisseurs à long terme, combinant des prix encore décotés en devises fortes, une inflation en reflux, et la perspective de gains en capital “réels” et non plus seulement nominaux.

Fiscalité, coûts et retour sur investissement

Pour les acheteurs, le cadre fiscal turc reste relativement attractif sur le segment résidentiel, y compris en haut de gamme.

À l’acquisition, il faut principalement compter avec : les coûts de transaction, les conditions de marché, les intérêts des parties prenantes et la stratégie d’intégration.

Des frais de transfert de titre (Tapu) équivalents à 4 % de la valeur déclarée, en pratique souvent partagés entre vendeur et acheteur.

Une TVA pouvant aller de 1 à 18 % sur les biens neufs, avec des exemptions possibles pour les non-résidents dans certaines conditions (première livraison, paiement en devises depuis l’étranger, etc.).

– Un rapport d’expertise obligatoire (ekspertiz) pour les acheteurs étrangers, facturé quelques milliers de livres turques.

En détention, l’effort fiscal demeure relativement modéré : l’impôt foncier annuel varie de 0,1 à 0,6 % de la valeur cadastrale, avec des taux doublés dans les villes métropolitaines comme Istanbul. L’assurance sismique (DASK), obligatoire, représente quelques dizaines de dollars par an.

Bon à savoir :

En Turquie, une taxe progressive (15 à 40 %) s’applique sur la plus-value si le bien est revendu dans les 5 ans suivant son achat, avec une indexation sur l’indice des prix à la production. Après 5 ans de détention, une personne physique est exonérée. À Istanbul, certains textes prévoient une absence de taxation sur les gains en capital pour les biens personnels, favorisant les stratégies patrimoniales à long terme.

Les revenus locatifs, eux, sont soumis à un barème progressif, avec une tranche d’exonération pour les revenus modestes, puis des taux s’échelonnant autour de 15, 20, 27, 35 voire 40 % pour les revenus les plus élevés. Les propriétaires peuvent toutefois opter pour un forfait de charges ou déduire leurs dépenses réelles (entretien, gestion, intérêts d’emprunt, etc.) sur présentation de justificatifs.

En pratique, pour un investisseur international, l’équation de rendement net combinera :

– Une rentabilité brute souvent supérieure à 6–7 % dans les zones premium ou très touristiques

– Des coûts de gestion, d’entretien et de fiscalité ramenant ce rendement autour de 4–6 %

– Une appréciation en capital nominale soutenue, mais à confronter à l’inflation et à l’évolution du taux de change

Pour les investisseurs en cash, la force du marché turc tient aussi au fait que les taux d’intérêt des crédits immobiliers sont très élevés pour les locaux (plus de 30 % récemment), ce qui limite la concurrence d’acheteurs à crédit et permet souvent de négocier des remises de 5 à 15 % sur les prix de vente pour les paiements comptant.

Citoyenneté par investissement : un pilier du segment haut de gamme

Le marché des propriétés de luxe en Turquie est intimement lié à la politique de citoyenneté par investissement. Le pays figure parmi les États ayant mis en place un programme formel de CBI, qui a connu une forte montée en puissance, notamment pendant la période Covid : on estime qu’en trois mois seulement, environ 4 000 dossiers auraient été traités, représentant des flux de revenus de l’ordre de 17 millions de dollars par jour.

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Seuil d’investissement immobilier en dollars pour accéder à la citoyenneté, avec une procédure prenant généralement 6 à 8 mois.

Ce dispositif attire une clientèle très variée : Moyen-Orient, Russie, Europe, Asie, Amérique du Nord. Pour de nombreux UHNWI, il s’agit autant d’un “Plan B” politique et fiscal que d’un investissement immobilier. Il confère un passeport turc offrant un accès sans visa ou visa à l’arrivée à environ 116 pays, tout en autorisant la double nationalité et en incluant conjoint et enfants mineurs. De ce fait, le programme de citoyenneté joue un rôle de plancher sur le segment des propriétés de luxe, en soutenant la demande sur les biens éligibles (appartements haut de gamme, villas en front de mer, résidences de marque, etc.).

Bon à savoir :

La Turquie propose des permis de séjour de long terme conditionnés à l’achat d’un bien immobilier. Le seuil d’investissement, auparavant fixé à 75 000 dollars, devrait être rehaussé à environ 200 000 dollars. Cette opportunité, combinant résidence et perspectives de citoyenneté, attire particulièrement les investisseurs vers les grandes villes et les régions côtières, pour un usage financier, personnel ou comme porte d’entrée dans le pays.

Off-plan, projets gouvernementaux et urbanisme de demain

Un autre trait caractéristique du marché des propriétés de luxe en Turquie tient à l’importance des projets en VEFA (off-plan) et au rôle des grands développeurs, publics ou privés. Istanbul, en particulier, voit se multiplier les opérations d’urbanisme ambitieux dans des secteurs comme Şişli, Levent, Kağıthane, Başakşehir, Kadıköy ou Ümraniye, portées par des acteurs comme Artaş (marque Avrupa Konutları), Taş Yapı, Emlak Konut GYO, DAP, Seba, Mesa et bien d’autres.

Les projets off-plan offrent plusieurs avantages aux investisseurs :

Avantages de l’Investissement en VEFA

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Prix attractif et plus-value

Prix de lancement inférieurs au marché du neuf livré, avec un fort potentiel de revalorisation à la livraison (gains souvent cités de 30 à 45 %).

Flexibilité de paiement

Plans de paiement échelonnés : 30 à 50 % d’acompte, le solde étalé sur 12 à 36 mois sans intérêts, voire jusqu’à 10 ans pour les projets soutenus par l’État.

Conception performante

Conception moderne, généralement conforme aux derniers standards antisismiques et aux normes environnementales exigeantes (LEED, BREEAM, etc.).

Le segment haut de gamme est particulièrement représenté dans ces opérations, avec des résidences à services complets, des tours de grand standing, des ensembles de villas intégrés à de vastes espaces verts, ou encore des projets mixtes mêlant résidences, bureaux, hôtels, retail et espaces culturels.

Emlak Konut GYO, développeur adossé à l’État et coté en bourse, joue un rôle central dans ce mouvement. Ses programmes s’appuient sur des principes de construction durable, de mixité fonctionnelle, de sécurité renforcée et de services collectifs (écoles, mosquées, centres commerciaux, parcs). Pour les investisseurs, le label Emlak Konut est perçu comme une garantie de transparence, de qualité d’exécution et de pérennité, en particulier pour les acheteurs étrangers peu familiers du tissu local.

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Nombre de logements ayant obtenu un permis de construire au premier semestre 2025, soit une hausse de 28 % sur un an.

Cette dynamique de construction touche aussi le segment du luxe, via des projets de reconversion urbaine et des développements emblématiques comme Tersane Istanbul sur la Corne d’Or, qui réunit hôtels, musées, marina, boutiques de luxe et résidences de très haut niveau sous la houlette de marques comme Rixos. Ce type de projet repositionne des friches industrielles ou portuaires en nouveaux quartiers iconiques, mêlant patrimoine rénové et architecture contemporaine.

Enjeux macroéconomiques et risques pour les investisseurs

Pour autant, le marché des propriétés de luxe en Turquie n’échappe pas à un certain nombre de risques structurels que tout investisseur sérieux doit intégrer.

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L’inflation a atteint environ 65 % en 2023 avant de refluer.

La volatilité de la livre turque est l’autre grande inconnue : la devise reste soumise aux aléas politiques et financiers, et sa dépréciation, si elle crée des opportunités à l’achat pour les investisseurs en devise forte, peut aussi rogner les rendements lorsque ceux-ci sont rapatriés en dollars ou euros. En 2024, par exemple, la livre a encore perdu plus de 16 % par rapport au dirham des Émirats arabes unis.

Attention :

L’investissement immobilier au Portugal comporte des risques spécifiques au pays : une exposition sismique, des tensions politiques internes, une forte dépendance au tourisme dans certaines zones côtières, des coûts de construction en hausse, un durcissement de la réglementation sur les locations de courte durée et une complexité administrative pour les étrangers (gestion des documents, traductions, rapports d’expertise, délais des services d’enregistrement, etc.).

Ce contexte explique pourquoi le marché turc est souvent décrit comme en phase de transition : il s’éloigne d’une logique purement spéculative, fondée sur des hausses de prix nominales rapides, pour évoluer vers un schéma plus “institutionnel”, où l’on cherche des rendements réels positifs, une meilleure qualité de construction (notamment après les séismes), des opérations mieux régulées et des flux de capitaux plus stables.

Un marché du luxe structuré mais sélectif

Au final, le marché des propriétés de luxe en Turquie présente un profil contrasté mais cohérent pour un investisseur averti.

D’un côté, les forces sont considérables :

Prix en devises fortes sensiblement inférieurs à ceux des rivieras ou capitales d’Europe occidentale

Rendements locatifs bruts supérieurs, notamment dans les zones touristiques et les villes secondaires

– Moteurs structurels puissants : démographie jeune, urbanisation, tourisme de masse (près de 50 millions de visiteurs en 2023, plus de 60 millions attendus), essor des UHNWI (+9,7 % en 2023)

– Citoyenneté par investissement et permis de séjour qui créent une demande internationale peu corrélée aux cycles domestiques

– Projets d’infrastructures et d’urbanisme majeurs qui reconfigurent la carte de la valeur immobilière (nouveaux aéroports, lignes de métro, Canal d’Istanbul, renouvellement urbain, etc.)

Attention :

De l’autre, les risques ne doivent pas être sous-estimés :

Inflation ancienne et encore élevée, qui grève les gains réels

Dépréciation de la monnaie, qui crée un risque de change permanent

– Taux d’intérêt domestiques très élevés, qui fragilisent la demande locale à crédit et renchérissent le financement

– Aléas politiques, réglementaires et géopolitiques, notamment dans un contexte régional tendu

– Nécessité d’une expertise juridique et technique pour naviguer dans un cadre réglementaire complexe, surtout pour les étrangers

Astuce :

Pour un investisseur en quête de résidence secondaire, d’une base européenne élargie ou d’un ‘Plan B’ via la citoyenneté, la Turquie (Istanbul, Bodrum, Antalya, Izmir) offre un mélange unique de style de vie, de rendement et d’accès géopolitique. Pour un investisseur purement financier, l’équation reste séduisante à condition d’adopter une stratégie de portefeuille, de diversifier les villes et les formats (appart-hôtel, villas, appartements prime, projets off-plan bien choisis), et d’accepter une certaine volatilité macroéconomique en échange d’une prime de rendement et d’un potentiel de plus-value dans les prochaines années.

Dans ce contexte, le marché des propriétés de luxe en Turquie ne peut plus être regardé comme une simple alternative “bon marché” à l’Europe occidentale. Il s’impose comme un écosystème complexe, où se croisent grands fonds, familles fortunées, promoteurs internationaux, plateformes de location saisonnière, start-up de proptech et États en quête de capitaux. C’est précisément cette complexité, portée par une géographie et une histoire uniques, qui en fait l’un des terrains les plus fascinants – et exigeants – de l’immobilier de luxe mondial aujourd’hui.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie en Turquie

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Turquie pour rechercher du rendement locatif et une exposition à la lière turque. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Istanbul, Izmir, Antalya), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison de standing dans un quartier en croissance comme Kadıköy (Istanbul) ou Konyaaltı (Antalya), combinant un rendement locatif brut cible de 8–10 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société turque) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet de profiter des opportunités du marché turc tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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