Pendant longtemps, l’immobilier tunisien s’est résumé, pour beaucoup d’investisseurs, à l’achat d’un appartement en ville ou d’une villa au bord de la mer, destinée à la famille. Depuis quelques années, le décor a changé. La location saisonnière s’impose comme un véritable marché, soutenu par un tourisme en reprise, une demande locale en plein essor et un cadre réglementaire encore relativement souple. Résultat : des rendements supérieurs à ceux de la location classique, une offre qui se professionnalise, et des villes comme Tunis, Hammamet, Sousse ou Djerba qui deviennent de vrais laboratoires de l’Airbnb méditerranéen.
Un contexte économique et touristique favorable aux locations de vacances
Pour comprendre pourquoi la location saisonnière décolle en Tunisie, il faut d’abord regarder le décor macroéconomique et touristique. L’économie du pays sort progressivement de plusieurs chocs successifs – révolution, attentats, Covid – mais elle recommence à avancer. Le produit intérieur brut a progressé de 1,4 % en 2024, puis de 3,2 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2025, soit la meilleure performance depuis 2022. La Banque mondiale table sur une croissance de 2,6 %, le FMI sur 2,5 %. L’inflation se tasse autour de 5 %, signe que la pression sur les prix se calme quelque peu, même si le chômage reste élevé, à plus de 15 %.
Le tourisme génère près de 400 000 emplois en Tunisie.
Les arrivées internationales suivent la même trajectoire. La Tunisie a accueilli autour de 9,7 millions de visiteurs en 2024, et la barre des 11 millions devient un horizon crédible si la tendance actuelle se maintient. L’Europe reste le principal vivier, avec une forte présence des Français, rejoints par des Britanniques, Italiens, Suisses ou Irlandais. Le Maghreb alimente aussi massivement le flux : plus de 2,7 millions de touristes algériens et libyens à lui seul. Le pays est redevenu l’une des destinations les plus visitées d’Afrique, avec des records historiques atteints avant la pandémie.
Les voyageurs en Tunisie privilégient de plus en plus la location d’appartements, de villas ou de maisons d’hôtes pour une expérience plus flexible, authentique ou économique, délaissant les formules tout-inclus. Le tourisme se compose à la fois d’une clientèle étrangère et d’un tourisme intérieur local (environ 30% des déplacements), renforcé par la diaspora tunisienne très active l’été.
Autrement dit, la demande pour des logements de vacances existe, elle est diversifiée et elle progresse. C’est sur cette base que la location saisonnière se structure en véritable segment d’investissement.
Un marché immobilier qui se renforce, des prix encore compétitifs
Côté immobilier, la Tunisie connaît une remontée graduelle après une longue période de stagnation réelle. Les prix des appartements ont augmenté de près de 6,8 % en un an au troisième trimestre 2025 au niveau national, pour atteindre 329 dinars le pied carré, et ceux des maisons de 4,8 % à 261 dinars. En tenant compte de l’inflation, la progression reste modérée, ce qui rend le marché encore abordable pour des investisseurs disposant de budgets variés.
La dynamique varie cependant fortement d’une région à l’autre. Tunis, Sousse ou certaines zones balnéaires montrent une vraie tension sur l’appartement, alors que d’autres marchés restent plus sages ou même en repli.
Un comparatif des prix de vente dans plusieurs zones clés pour évaluer le ticket d’entrée dans un projet de location saisonnière.
Prix de vente élevés, reflétant la forte demande pour les locations en bord de mer.
Prix variables selon l’altitude et la proximité des stations de ski, souvent élevés en saison hivernale.
Prix très élevés dans les centres-villes touristiques, justifiés par la localisation et l’affluence.
Prix généralement plus accessibles, offrant un bon potentiel de retour sur investissement sur le long terme.
Prix modérés, en hausse avec le développement des infrastructures et l’engouement pour les séjours proches de la nature.
Prix indicatifs au mètre carré dans les principaux pôles
| Zone / Type de bien | Fourchette de prix (TND/m²) | Commentaire synthétique |
|---|---|---|
| Grand Tunis (moyenne) | ~ 2 400 | Capitale, principal hub immobilier |
| Quartiers recherchés de Tunis | 3 000 – 5 000 | Centre, nord, Berges du Lac |
| La Marsa | 4 500 – 6 000 | Résidentiel haut de gamme, très prisé par les expatriés |
| Carthage / Gammarth (luxe) | jusqu’à 12 000 | Segment luxe, vue mer, villas et résidences fermées |
| Hammamet | 2 000 – 5 000 (moy. 3 000–4 500) | Station balnéaire phare, forte demande estivale |
| Sousse | 2 700 – 4 000 | Ville touristique et économique, plus abordable que Tunis |
| Monastir | 1 800 – 2 800 | Marché intermédiaire, bon rapport prix/mer |
| Djerba | 1 400 – 2 700 (moy. 2 000–3 000) | Île touristique, forte saisonnalité |
| Sfax | 1 000 – 1 500 (moy. 2 500–3 200 selon segment) | Ville industrielle, prix parmi les plus bas |
| Nabeul (Cap Bon) | ~ 3 345 (national appartements 2024) | Marché mixte, tourisme + résidentiel |
Ces niveaux restent très en dessous de la plupart des destinations méditerranéennes comparables. On peut trouver des appartements de standing à 1 000–1 500 dollars le mètre carré dans des emplacements considérés comme haut de gamme, ce qui séduit notamment des retraités européens, particulièrement français et italiens, attirés par le climat, le coût de la vie et une infrastructure touristique en expansion.
Dans le même temps, les loyers progressent plus vite que les prix de vente. Entre fin 2022 et fin 2023, les loyers ont bondi de près de 19 % au niveau national. À Tunis, un studio se loue autour de 358 dollars par mois, un T2 autour de 488 dollars, un T3 autour de 716 dollars. Cet écart entre hausse modérée des prix et croissance rapide des loyers tire mécaniquement les rendements vers le haut.
Des rendements locatifs séduisants pour la location saisonnière
Sur le marché de la location longue durée, les rendements bruts moyens tournent autour de 5,4 % au niveau national. À Tunis, ils s’échelonnent entre 5,8 % et un peu plus de 8 % selon la taille du bien, pour une moyenne de 7,2 %. Ariana gravite autour de 5,4 %, Ben Arous autour de 5,1 %, Nabeul autour de 3,9 %.
En location saisonnière, la photographie est encore plus favorable. Sur le segment vacances, les expertises recensent, selon le type de produit, les fourchettes suivantes de rendement attendu :
| Segment de location saisonnière | Rendement brut estimé |
|---|---|
| Appartements de plage haut de gamme | 4 % – 6 % |
| Appartements de vacances standard | 5 % – 8 % |
| Villas de vacances | 6 % – 9 % (saisonnier) |
| Maisons traditionnelles rénovées en hébergement de charme | 7 % – 10 % |
La logique est assez classique : plus l’emplacement est prestigieux et « premium » (La Marsa bord de mer, Sidi Bou Saïd, frontsea à Carthage ou Gammarth), plus les prix d’achat sont élevés, et plus le rendement locatif se tasse. Mais ces adresses offrent aussi un potentiel de valorisation et de revente plus fort. À l’inverse, des zones un peu moins huppées ou émergentes peuvent offrir des rendements supérieurs, au prix d’une valorisation moins spectaculaire.
Pour un investisseur, l’enjeu est de trouver le bon équilibre entre revenu immédiat (cash‑flow locatif) et plus‑value potentielle, en fonction de son horizon et de son aversion au risque. La Tunisie permet de jouer sur ces deux leviers.
Tunis, laboratoire de la location courte durée
La capitale concentre l’essentiel des données disponibles sur le marché des locations de courte durée. C’est aussi l’un des terrains les plus dynamiques et mieux structurés.
Sur une année glissante, on y recense environ 1 700 à 1 800 annonces actives de locations de vacances, très majoritairement des logements entiers (près de 90 %) et, dans l’immense majorité des cas, des appartements ou condos (environ 73 %). Les maisons représentent autour de 22 % de l’offre. Le format roi est le T1 : les annonces avec une chambre constituent plus de 40 % du marché, et les logements d’une à deux chambres près des trois quarts des offres.
Performances moyennes et dispersion des résultats
Les chiffres montrent un marché rentable, mais très segmenté selon la qualité de l’offre et la localisation.
On peut résumer les ordres de grandeur comme suit.
Revenus, prix moyens et occupation à Tunis (locations de vacances)
| Indicateur clé | Valeur médiane / moyenne observée |
|---|---|
| Revenu annuel type par annonce | 8 000 – 9 000 $ environ |
| Revenu mensuel médian | ~ 690 $ |
| Revenu mensuel top 25 % | ≥ 1 190 $ |
| Revenu mensuel top 10 % | ≥ 1 984 $ |
| Revenu mensuel bas 25 % | ~ 323 $ |
| Taux d’occupation médian | ~ 41 % – 55 % selon les sources |
| Taux d’occupation top 25 % | ≥ 64 % |
| Taux d’occupation top 10 % | ≥ 80 % |
| Taux d’occupation bas 25 % | ~ 20 % |
| Prix moyen par nuit (ADR médian) | ~ 54 $ (base Airbnb) / ~ 46 $ sur d’autres bases |
| ADR top 25 % | ≥ 79 $ |
| ADR top 10 % | ≥ 128 $ |
| ADR bas 25 % | ~ 40 $ |
| Nuits réservées par an (typique) | ~ 200 nuits |
Sur une année, un « bon » logement bien positionné et correctement géré peut donc franchir assez facilement la barre des 1 500 dollars de revenus mensuels en haute saison, avec des taux d’occupation dépassant la moitié de l’année. À l’autre extrémité, un appartement mal situé, peu optimisé ou négligé peut stagner autour de quelques centaines de dollars mensuels, avec des vides importants.
Une forte saisonnalité, mais pas seulement estivale
Comme partout en Méditerranée, la demande suit un calendrier rythmé par l’été. Juillet, août et septembre constituent le pic, avec des revenus mensuels moyens autour de 1 300 dollars, des taux d’occupation qui approchent souvent la barre symbolique des 50 % et des prix à la nuitée de l’ordre de 80–85 dollars.
Les mois de février, mars et novembre représentent un creux saisonnier typique, avec des revenus moyens autour de 700 $, des taux d’occupation de 38 à 40 % et des prix par nuit légèrement plus bas (environ 70-72 $). À l’inverse, les périodes de mi-saison permettent de stabiliser les performances grâce à une clientèle diversifiée : voyageurs d’affaires, séjours culturels ou courts séjours touristiques (city breaks).
Le calendrier est donc très lisible : capitaliser au maximum sur la haute saison (été, mais aussi certaines périodes culturelles ou événementielles à l’automne), tout en optimisant le remplissage du reste de l’année par une stratégie de prix dynamique et des offres ciblant d’autres segments (télétravailleurs, digital nomads, longs séjours, etc.).
Qui loue à Tunis, et dans quelles conditions ?
Le profil des voyageurs est très international : près de 99 % des clients des locations de courte durée à Tunis viennent de l’étranger. Les marchés émetteurs dominants sont la France et l’Allemagne, mais l’anglais et le français sont largement pratiqués chez la clientèle. Un point intéressant : environ la moitié des hôtes appartiennent aux générations post‑2000 (Gen Z/Alpha), un public très à l’aise avec les plateformes digitales, les avis en ligne et les séjours courts.
Les séjours se réservent généralement une vingtaine de jours à l’avance. Pour les séjours en août, il est conseillé de réserver plus d’un mois à l’avance. Concernant les annulations, les politiques sont majoritairement favorables aux voyageurs : un tiers des annonces propose une option « Flexible » et, au total, près des deux tiers offrent des conditions souples (Flexible ou Modéré).
Côté exploitation, une part importante des annonces est disponible pratiquement toute l’année : près de la moitié des logements sont ouverts plus de 270 jours par an, et près de 80 % plus de 180 jours. Cependant, le nombre de jours réellement réservés varie fortement, signe que la concurrence se joue sur la qualité de l’offre, le marketing et la gestion.
Les quartiers phares pour la location saisonnière à Tunis
La capitale ne se résume pas à un seul marché. Plusieurs micro‑zones se distinguent par des positionnements très différents :
Découvrez les principaux quartiers de la capitale tunisienne, chacun offrant une atmosphère et des avantages distincts pour votre séjour.
Idéal pour les amateurs de culture, de souks animés et de vie urbaine authentique au cœur de l’histoire.
Pour un séjour « carte postale », entre sites antiques, maisons blanches aux volets bleus et plages privées.
Quartiers d’affaires et résidentiels modernes, très prisés des expatriés, cadres et digital nomads.
Secteurs bien desservis comme El Menzah, Bardo ou Ennasr, alliant accessibilité, services et tranquillité.
Les performances locatives varient d’un quartier à l’autre, mais ces zones concentrent la plupart des meilleures annonces, qu’il s’agisse d’appartements design, de maisons traditionnelles rénovées ou de villas avec piscine.
Des super‑hôtes très professionnels
Autre signe de la maturité du marché : la présence de « gros » hôtes qui gèrent des portefeuilles de plusieurs dizaines de biens. Certains opérateurs comme Kenza, Medhi ou Farouk pilotent entre 25 et 32 propriétés, avec des chiffres d’affaires allant de 350 000 à plus de 450 000 dollars par an. D’autres structures se positionnent carrément comme des gestionnaires professionnels, multipliant les annonces et standardisant les services (check‑in, ménage, maintenance, etc.).
Cette professionnalisation tire vers le haut les standards en matière de photos, de décoration, de propreté ou de réactivité, ce qui renforce la confiance des voyageurs… et élève le niveau d’exigence pour les nouveaux entrants.
Sousse, Hammamet, Djerba : la force du littoral et de l’été
Si Tunis est la vitrine urbaine de la location saisonnière, les stations balnéaires constituent le gros des bataillons estivaux.
Sousse, par exemple, affiche plus de 1 100 annonces actives sur les grandes plateformes, avec des revenus moyens annuels autour de 10 000 dollars, un taux d’occupation médian d’environ 46 % et un prix à la nuitée d’une soixantaine de dollars. La saisonnalité y est encore plus marquée : août domine nettement les autres mois, et les villas avec piscine ou les appartements en front de mer se louent très cher en haute saison.
Prix maximum de location par nuit pour une villa avec piscine dans des secteurs prisés comme El Kantaoui durant l’été.
Les appartements, eux, restent plus accessibles, avec des tarifs qui oscillent généralement entre 135 et 450 dinars la nuit pour un S+1 ou S+2, selon l’emplacement (centre, front de mer, résidence avec piscine, etc.). Cette polarisation se retrouve partout : d’un côté des produits très haut de gamme, ciblant une clientèle aisée ou la diaspora, de l’autre une offre plus modeste, mais très recherchée par les familles tunisiennes ou maghrébines en quête de vacances abordables.
Sur l’île de Djerba, le schéma est similaire. Les villas avec piscine ou architectures traditionnelles, transformées en maisons d’hôtes, jouent la carte du charme et de l’authenticité, en surfant sur le succès de l’île auprès des Européens comme des Tunisiens. Les prix d’achat des maisons restent inférieurs à ceux de la côte nord, ce qui permet souvent de dégager des rendements très compétitifs pour les investisseurs.
Une demande locale et diasporique qui change la donne
Contrairement à certaines destinations très dépendantes des tour‑opérateurs étrangers, la Tunisie bénéficie d’un moteur interne puissant : les Tunisiens eux‑mêmes et leur diaspora. Les séjours d’été, les vacances scolaires, les retours « au pays » pour les fêtes, les mariages ou les événements familiaux forment un socle de demande solide. Cette clientèle privilégie souvent les villas ou les grands appartements, capables d’héberger plusieurs générations sous le même toit.
Les locations saisonnières constituent un terrain emblématique de l’évasion fiscale tunisienne, dans un pays où celle‑ci représenterait jusqu’à la moitié des recettes potentielles pour l’État.
Certains spécialistes
Cette informalité a un impact direct sur le marché : manque de transparence sur les prix, concurrence difficilement mesurable, absence de normes de qualité ou de sécurité pour une partie de l’offre, mais aussi marge de progression considérable pour les acteurs qui choisissent de se professionnaliser et de se conformer à la réglementation.
Pour un investisseur qui veut bâtir un patrimoine durable, cette dualité formel/informel peut être vue comme un défi mais aussi comme une opportunité. En se positionnant sur un créneau plus transparent – contrat, déclaration fiscale, autorisations touristiques, gestion professionnelle – il est possible de se différencier de la masse et de viser une clientèle plus exigeante et prête à payer plus cher pour la fiabilité.
Un environnement réglementaire encore souple, mais à surveiller
À ce jour, la Tunisie reste beaucoup moins restrictive que d’autres pays méditerranéens qui ont encadré, voire limité, la location de courte durée dans certaines villes. Les études qui attribuent un « score de régulation » au marché tunisien qualifient Tunis, Sousse ou Ariana de juridictions « indulgentes », avec peu de contraintes formelles. Une donnée intrigue : sur certains échantillons de données, 0 % des annonces sont identifiées comme « licenciées », ce qui laisse penser que le cadre d’agrément touristique est encore peu appliqué, ou que les obligations en la matière sont mal connues des plateformes.
Les logements destinés principalement à une clientèle touristique doivent obtenir une autorisation du ministère du Tourisme et respecter des normes spécifiques (sécurité, capacité, catégorisation). Cependant, l’application de ces règles est inégale, notamment pour les appartements meublés, où la distinction entre location résidentielle et touristique peut être floue.
En matière fiscale, le régime est plutôt incitatif. Les locations non meublées ne supportent pas d’impôt spécifique, et les locations meublées bénéficient d’une fiscalité relativement légère. Les revenus locatifs s’ajoutent aux autres revenus du contribuable et sont soumis à un barème progressif, avec un abattement forfaitaire sur les recettes pour couvrir les charges (ce taux a été relevé récemment). Pour un non‑résident qui perçoit un revenu locatif mensuel de 1 500 dollars sans autre revenu en Tunisie, le taux effectif tourne autour de 24 %.
Les étrangers peuvent acquérir des appartements ou villas en zones urbaines ou touristiques, mais pas de terrains agricoles. L’achat nécessite une double autorisation : du gouverneur de la région et de la Banque centrale pour les opérations de change. La procédure, bien que longue, est désormais clarifiée. Il n’existe pas de « golden visa » automatique, mais la propriété immobilière peut faciliter l’obtention d’un visa de long séjour ou d’une carte de résidence.
Cela n’empêche pas le pays de rester attractif pour des retraités ou des télétravailleurs européens, qui profitent d’une gamme de visas, d’un coût de la vie sensiblement inférieur à celui de l’Europe du Sud, et d’une connexion internet correcte dans les grandes villes (une vingtaine de mégabits par seconde en moyenne, et un taux de pénétration mobile de plus de 90 %).
Pour un investisseur, la ligne de conduite est claire : rester à jour des exigences locales (autorisation touristique, inscription fiscale, règlementation municipale), travailler avec un conseil local fiable, et anticiper la possibilité que la Tunisie, à l’image d’autres pays, resserre progressivement le cadre de la location saisonnière dans les zones les plus tendues.
Le rôle croissant des gestionnaires et des outils professionnels
Gérer une location saisonnière demande du temps et une vraie organisation, surtout quand on commence à multiplier les biens ou à viser une clientèle internationale exigeante. C’est là qu’interviennent les sociétés de gestion spécialisée, de plus en plus présentes sur le marché tunisien.
Le pourcentage du chiffre d’affaires que coûtent généralement les services de gestion complète pour la location touristique de courte durée.
En parallèle, un écosystème d’outils numériques émerge : logiciels de gestion locative, systèmes de tarification dynamique qui ajustent automatiquement les prix selon l’offre et la demande, solutions d’automatisation des messages aux voyageurs, serrures connectées, intégration multi‑plateformes via des channel managers. Ces technologies, déjà banales dans d’autres marchés, s’installent progressivement en Tunisie et donnent un avantage non négligeable aux investisseurs qui les adoptent tôt.
Pour un propriétaire qui vit à l’étranger ou qui ne souhaite pas s’improviser hôtelier à plein temps, la combinaison : bon emplacement + gestionnaire fiable + outils pro devient un triptyque quasi indispensable.
Où se situent les meilleures fenêtres d’opportunité aujourd’hui ?
La Tunisie n’est pas un marché uniforme. Selon que l’on vise un budget modeste ou un portefeuille plus conséquent, un revenu immédiat ou une plus‑value future, les zones à privilégier ne sont pas les mêmes.
D’un côté, Tunis et ses banlieues nord (La Marsa, Carthage, Sidi Bou Saïd, Gammarth, Berges du Lac) représentent la vitrine haut de gamme, avec des prix d’achat élevés mais une demande soutenue toute l’année, portée par les expatriés, les cadres, les digital nomads et les touristes culturels. Les rendements y sont corrects, parfois un peu plus bas, mais compensés par la liquidité du marché et la perspective d’appréciation.
Les villes côtières tunisiennes comme Hammamet, Sousse, Monastir ou Djerba proposent des investissements immobiliers à l’entrée plus abordables et des rendements locatifs potentiellement élevés, mais concentrés sur la saison estivale. Une propriété de qualité (villa avec piscine, maison de charme, appartement en résidence sécurisée avec piscine) peut générer des revenus très importants sur trois à quatre mois. Cependant, ce modèle implique un taux d’occupation plus faible hors saison. Pour optimiser la rentabilité annuelle, il est conseillé de cibler également la clientèle locale en basse saison pour des événements (mariages, séminaires), des week-ends ou des séjours bien-être.
Des zones plus industrielles ou moins touristiques comme Sfax ou certaines villes de l’intérieur présentent, elles, des prix d’achat très bas, mais un potentiel saisonnier plus limité, sauf à cibler des niches spécifiques (tourisme saharien, oenotourisme, écotourisme, etc.). Dans le sud, des villes comme Tozeur ou Douz misent de plus en plus sur un tourisme de désert ou de bien‑être, avec l’ouverture d’unités de très haut de gamme qui tirent vers le haut les tarifs des maisons d’hôtes alentours.
Des programmes neufs, comme les résidences de Jardins de Carthage ou des lotissements intégrés avec golf et marina dans la banlieue nord de Tunis, illustrent un repositionnement de la destination vers un segment plus premium. Ces projets proposent des villas high‑tech, des résidences sécurisées, et une proximité avec un parcours de golf ou un centre commercial géant. Ils ciblent principalement des investisseurs à long terme, attirés par la perspective d’une montée en gamme future de la zone.
Atouts et risques : ce que l’investisseur doit garder en tête
La location saisonnière en Tunisie coche de nombreuses cases attractives : prix d’achat encore raisonnables, rendements supérieurs à la location classique, demande touristique solide et diversifiée, présence d’une diaspora et d’un tourisme intérieur, cadre réglementaire relativement souple, fiscalité locative plutôt modérée.
Mais le tableau comporte aussi des zones d’ombre qu’il faut regarder en face.
Le financement par crédit immobilier en Tunisie couvre rarement plus de 80 à 90 % de la valeur du bien, nécessitant un apport personnel conséquent.
Les risques politiques et sécuritaires ne sont pas totalement derrière le pays. La mémoire des attaques de 2015 reste vive chez les professionnels du tourisme, même si la situation s’est nettement améliorée. Des fluctuations du taux de change peuvent également impacter le rendement réel pour un investisseur en euros ou en dollars.
Le marché locatif est marqué par un manque de transparence et une forte part d’informalité, surtout en été. Si des milliers d’annonces sont recensées sur les plateformes, une partie du marché échappe à tout contrôle. Les autorités pourraient à l’avenir renforcer la régulation du secteur, pour des motifs fiscaux ou d’urbanisme, modifiant ainsi les règles établies.
Pour un investisseur sérieux, la clé réside donc dans la sélection rigoureuse : choisir des emplacements porteurs sur le long terme, sécuriser les autorisations nécessaires, structurer la propriété et l’exploitation de façon conforme, et diversifier les sources de demande (tourisme étranger, diaspora, clientèle locale, télétravailleurs, etc.), plutôt que de reposer uniquement sur le rush de juillet‑août.
Une conclusion sans triomphalisme : un marché prometteur, à aborder avec méthode
La Tunisie se trouve aujourd’hui dans une situation singulière sur la carte de la Méditerranée. Les pays voisins ou concurrents ont, pour beaucoup, durci leurs législations sur la location de courte durée, ou atteint des niveaux de prix qui restreignent fortement l’accès à la propriété d’investissement. Ici, le mouvement est inverse : le tourisme redémarre, le parc immobilier s’est modernisé, les prix demeurent abordables, et une partie du marché des locations de vacances est encore en cours de structuration.
Investir dans l’immobilier en Tunisie (studio/T2 à Tunis, villa à Hammamet ou Djerba, appartement avec piscine à Sousse) peut générer des revenus confortables et constituer un actif tangible, grâce au fort potentiel touristique du pays. Cette approche nécessite un investissement à long terme et une démarche professionnelle.
Mais cette opportunité ne se résume pas à acheter un bien et à le mettre en ligne sur une plateforme internationale. Elle suppose de comprendre la saisonnalité fine du marché, d’ajuster les prix en temps réel, d’investir dans le confort et l’esthétique, de fournir des services irréprochables et de s’entourer de partenaires locaux (agents, gestionnaires, fiscalistes) capables de naviguer les spécificités réglementaires tunisiennes.
La Tunisie n’est pas un marché de rente facile, mais offre des opportunités de se positionner avant une éventuelle maturité réglementaire et tarifaire. La location saisonnière y combine mer, soleil, culture et rendement, avec des perspectives et des niveaux de prix peu égalés sur d’autres rives méditerranéennes.
Cas pratique : un investisseur français qui diversifie en Tunisie
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Tunisie pour chercher du rendement locatif et une exposition au dinar tunisien. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Grand Tunis, Sahel, Sfax), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une villa dans une zone en forte demande locative comme La Marsa ou Hammamet, combinant un rendement locatif brut cible autour de 8 à 10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 450 000 euros.
La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, notaire, conseiller fiscal), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin de maîtriser les risques juridiques, fiscaux et locatifs.
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