Entre Méditerranée, lumière toute l’année et prix encore très loin des standards espagnols ou italiens, la Tunisie s’est imposée comme l’un des marchés immobiliers les plus accessibles du bassin méditerranéen. Le pays attire autant les Tunisiens de la diaspora que les retraités européens, les investisseurs du Golfe ou les jeunes actifs en quête de rendement locatif. Mais tous ceux qui s’y intéressent se posent la même question : dans quels quartiers investir, concrètement, pour allier sécurité, rendement et potentiel de plus‑value ?
Plusieurs territoires se distinguent pour l’investissement immobilier en Tunisie. Les beaux quartiers de la capitale (Les Berges du Lac, La Marsa, Carthage), les stations balnéaires (Hammamet, Sousse), les zones touristiques de Djerba, ainsi que des marchés plus abordables mais dynamiques comme Sfax et Bizerte offrent des opportunités, en croisant les critères de prix au m², de rendements locatifs, de dynamique touristique et de grands projets urbains.
La capitale concentre le pouvoir politique, l’essentiel des sièges de banques et de grandes entreprises, ainsi qu’un marché locatif parmi les plus tendus du pays. C’est aussi là que l’on trouve les quartiers les plus chers, mais aussi les plus liquides, où la revente reste fluide même en période de ralentissement économique.
Les Berges du Lac et La Perle du Lac : vitrine internationale et future smart city
Aménagé sur les berges du lac nord de Tunis, l’ensemble Les Berges du Lac I & II est devenu la carte postale moderne de la capitale : ambassades, sièges de multinationales, centres commerciaux (Tunisia Mall 1 et 2), restaurants, immeubles de bureaux et résidences haut de gamme. On y trouve quelques‑uns des prix au mètre carré les plus élevés du pays, notamment pour les bureaux à Lac 2, où les valeurs d’achat flirtent avec environ 6 450 TND/m² pour des plateaux bien situés, et où les loyers ont progressé d’environ 12 % récemment.
Dans le prolongement direct se dessine La Perle du Lac, immense projet de ville nouvelle sur les rives nord-ouest et sud-ouest du lac. Le masterplan recouvre près de 3 km², dont 65 hectares pour la première tranche, pour une capacité visée de plus de 46 000 habitants et près de 100 000 emplois. La programmation mélange logements (environ 31,5 % des surfaces), bureaux (plus de 40 %), commerces, hôtels, cliniques et équipements culturels.
L’intérêt pour un investisseur est double. D’abord, il s’agit clairement du futur cœur d’affaires de Tunis, avec des immeubles de standing, des “boulevards verts”, une large promenade sur le lac, une piste cyclable de 5 km et un raccordement aux transports en commun. Ensuite, la structure même du projet, piloté par Al Buhaira Invest en partenariat public‑privé, rassure sur la continuité des aménagements.
L’échelonnement des phases – La Perle du Lac 1 réalisée entre 2017 et 2019, La Perle du Lac 2 en cours, les zones 3 et 4 programmées jusqu’en 2030 – laisse entrevoir une progression graduelle des prix à mesure que les infrastructures se mettent en place. Les appartements neufs haut de gamme y sont vendus nettement au‑dessus de la moyenne de Tunis, mais dans une fourchette encore inférieure à de nombreuses capitales méditerranéennes, tout en visant clairement une clientèle solvable locale et internationale.
On peut résumer l’attractivité du secteur Lac / Perle du Lac ainsi :
| Atout | Effet sur l’investissement |
|---|---|
| Présence d’ambassades et de sièges de banques | Solvabilité des locataires, stabilité des loyers |
| Grands centres commerciaux (Tunisia Mall 1 & 2) | Trafic permanent, forte demande pour locaux commerciaux |
| Projet La Perle du Lac (smart city, bureaux, logements) | Potentiel important de plus‑value à moyen terme |
| Proximité de l’aéroport Tunis‑Carthage | Intérêt pour les cadres internationaux et le business travel |
| Espaces verts et promenades sur le lac | Surcote pour les biens avec vue et accès direct |
Pour un investisseur, les produits les plus recherchés restent les appartements S+2 ou S+3 bien agencés, faciles à mettre en location longue durée à des cadres, ambassades ou compagnies internationales. Les rendements bruts dans la capitale tournent en moyenne autour de 5–7 %, mais on observe souvent des valeurs supérieures pour les petites surfaces dans les quartiers premium.
La Marsa, Carthage, Sidi Bou Saïd : le triangle d’or résidentiel
À quelques kilomètres au nord du centre de Tunis, le littoral forme un alignement de quartiers presque mythiques : Carthage, Sidi Bou Saïd et La Marsa. C’est le “triangle d’or” résidentiel, souvent décrit comme la bulle expatriée de la capitale.
La demande immobilière à La Marsa est soutenue par trois moteurs principaux : une forte demande locale de la classe moyenne et supérieure tunisienne (valeur refuge et symbole de statut), une clientèle de la diaspora, et des étrangers attirés par le cadre de vie, la corniche animée, les plages et la proximité des écoles internationales.
Les données de prix confirment ce positionnement haut de gamme. Les appartements s’y négocient en moyenne autour de 4 200 TND/m² pour du neuf, avec des valeurs qui montent facilement au‑delà de 5 500 TND/m² dans les secteurs les plus recherchés comme Marsa Plage. Les villas dépassent couramment 5 800 TND/m² et peuvent atteindre, voire dépasser, 7 000 TND/m² dans les secteurs les plus prisés. La mer agit comme un multiplicateur : la simple proximité du rivage fait grimper les valeurs d’environ 30 %, et une vraie vue mer peut valoir 40 % de plus qu’un bien équivalent sans vue.
Dans La Marsa même, la carte immobilière est loin d’être uniforme. Le centre historique, les secteurs balnéaires ou les nouveaux lotissements n’offrent pas exactement le même couple rendement / sécurité.
| Secteur de La Marsa | Prix moyen indicatif (TND/m²) | Profil d’investissement dominant |
|---|---|---|
| Marsa Plage | ≈ 5 500 | Résidence principale haut de gamme, location saisonnière premium |
| Centre historique | ≈ 4 800 | Rénovation de maisons de charme, location meublée long terme |
| Nouveaux quartiers résidentiels | ≈ 4 200 | Appartements récents, clientèle de cadres et jeunes familles |
| Marsa Cube (lotissements récents en hauteur) | > moyenne du secteur, hausse ~10 %/an | Paris sur la valorisation future et les vues dégagées |
Les rendements locatifs y restent contenus mais solides pour un marché aussi premium : en moyenne autour de 5,8 % par an, avec une différence nette entre les studios et S+1 (qui peuvent dépasser 6,5 % brut) et les très grandes villas, souvent en‑dessous de 4 %. Autrement dit, La Marsa n’est pas le terrain idéal pour qui recherche uniquement du rendement maximal. En revanche, c’est l’un des endroits les plus sûrs du pays en termes de liquidité et de plus‑value à moyen terme, avec des hausses de prix documentées autour de 8 % par an depuis 2020 et environ 32 % sur cinq ans.
Les quartiers urbains de Tunis : Jardins de Carthage, Ennasr, Aouina…
Juste à l’arrière de ce front maritime chic, plusieurs quartiers récents ont émergé comme alternatives plus “urbaines” et légèrement moins onéreuses. C’est le cas des Jardins de Carthage, de Cité Ennasr ou d’Ain Zaghouan Nord.
Le prix moyen de vente au mètre carré dans le secteur phare des Jardins de Carthage dépasse 5 200 TND.
Cité Ennasr, plus ancienne mais toujours perçue comme un quartier aisé au nord de la ville, affiche des loyers d’environ 1 400 TND pour un S+2. Pour un investisseur, l’intérêt réside dans une demande locative très profonde, portée par la proximité de nombreuses activités, cliniques, commerces et écoles privées.
D’autres quartiers comme Aouina ou Cité El Khadra offrent un ticket d’entrée plus bas. Les prix moyens relevés récemment tournent autour de 3 280 TND/m² à Aouina, contre un peu plus de 2 360 TND/m² à Cité El Khadra. Ce différentiel permet de viser des rendements légèrement supérieurs, au prix d’un positionnement moins “prestige” que les adresses citées plus haut.
Le tableau suivant donne une idée des écarts à l’intérieur du Grand Tunis :
| Quartier (Grand Tunis) | Prix moyen vente (TND/m²) | Loyer S+2 indicatif (TND/mois) | Profil locatif dominant |
|---|---|---|---|
| Jardins de Carthage | ≈ 5 200 | ≈ 1 900 | Expatriés, cadres supérieurs |
| Aouina | ≈ 3 280 | ≈ 1 200–1 500 | Classes moyennes, jeunes familles |
| Cité El Khadra | ≈ 2 360 | < 1 200 | Fonctionnaires, étudiants, familles |
| Ain Zaghouan Nord | — | ≈ 1 800 pour S+2 | Profil mixte résidentiel et expatrié |
| La Soukra / Ariana périph. | < quartiers littoraux | Rendements corrects, demande stable | Locataires cherchant bon rapport qualité/prix |
Pour un investisseur strictement orienté rendement, ces quartiers urbains sont parfois plus intéressants que les adresses très clinquantes. Les loyers y sont solides, la vacance faible, et les prix d’achat encore “raisonnables” à l’échelle de la capitale, ce qui permet souvent de viser 6–7 % de rendement brut sur des petites et moyennes surfaces.
Hammamet : la valeur refuge balnéaire
Cap au sud de Tunis, sur le Cap Bon. Hammamet est un nom que l’on retrouve dans pratiquement tous les classements de “meilleurs endroits pour investir” en Tunisie. Station balnéaire historique, “ville-jardin” couverte de bougainvilliers, elle s’est progressivement repositionnée sur un tourisme plus diversifié : thalasso, bien‑être, résidences secondaires de la classe moyenne supérieure tunisienne et des retraités européens.
À Hammamet, les prix de l’immobilier, compris entre 2 000 et 5 000 TND/m², sont inférieurs à ceux pratiqués dans le nord de Tunis. Ce marché est particulièrement dynamique pour les villas neuves avec piscine, typologie très prisée à Yasmine Hammamet ou sur les hauteurs pour la location saisonnière et la résidence secondaire, profitant d’un environnement côtier de premier plan.
Plusieurs signaux confirment l’attrait durable du secteur. Les ventes de foncier constructible en bord de mer, avec des prix parfois autour de 270 TND/m² pour des parcelles bien situées, montrent que le potentiel de développement n’est pas épuisé. Par ailleurs, de nombreux hôtels 3 et 4 étoiles, parfois mis aux enchères ou mis en vente, représentent des opportunités pour des investisseurs souhaitant se positionner sur l’hôtellerie, la résidence services ou la reconversion en résidences de tourisme.
À Hammamet, l’investissement immobilier se polarise entre les gros portefeuilles ciblant les hôtels et aparthôtels de Yasmine Hammamet, et les particuliers (souvent de la diaspora) achetant des villas S+3/S+4 avec piscine pour un usage mixte (vacances et location saisonnière). La location courte durée, bien gérée, offre des rendements bruts supérieurs à la location classique, notamment grâce au développement d’un tourisme étalé sur toute l’année, au-delà de la seule haute saison estivale.
Sousse et Monastir : la côte animée, entre vacances et étudiants
Plus au sud encore, Sousse offre une combinaison rare pour un investisseur : une ville historique active toute l’année, une forte fréquentation touristique et une population étudiante importante grâce à ses universités. La médina classée à l’UNESCO, le front de mer, les centres commerciaux modernes comme le Mall of Sousse (le plus grand du pays) et la vie nocturne en font un pôle urbain à part entière.
Panorama des prix au m² et des publics cibles selon les zones de la ville.
Appartements entre 1 800 et 2 600 TND/m². Public cible : résidents permanents, étudiants, jeunes actifs et fonctionnaires.
Prix entre 2 300 et 2 800+ TND/m². Fort potentiel de location saisonnière.
La dynamique locative est portée par au moins trois moteurs : les résidents à l’année, les étudiants et les touristes. Ce mélange tend à limiter le risque de vacance prolongée, même en cas de ralentissement ponctuel du tourisme international.
Monastir, voisine immédiate de Sousse, se présente comme une ville plus calme mais dotée d’une belle promenade maritime, d’un aéroport international et d’un pôle de santé de qualité. Les prix y restent inférieurs, avec des maisons dans une fourchette d’environ 1 800 à 2 800 TND/m². Pour l’investisseur, Monastir peut jouer un rôle de complément : logements pour le personnel médical, résidences pour retraités, petites locations de vacances familiales, avec des coûts d’entrée plus bas que Sousse tout en bénéficiant de la proximité immédiate.
On peut résumer la différence entre ces deux villes côtières ainsi :
| Ville / secteur | Profil principal | Intérêt pour l’investisseur |
|---|---|---|
| Sousse – centre | Ville active, universités | Demande locative stable à l’année, bons rendements sur S+1 / S+2 |
| Sousse – Kantaoui / Sahloul / Hammam Sousse | Station balnéaire animée | Potentiel fort en saisonnier, plus grande sensibilité au tourisme |
| Monastir – front de mer / Skanes | Ville plus calme, santé, aéroport | Ticket d’entrée faible, logement de retraités, soignants, familles |
Pour un portefeuille diversifié, associer un appartement urbain à Sousse (rendement longue durée) et un bien plus orienté vacances à Port El Kantaoui ou Monastir permet de lisser les risques tout en profitant de la vigueur du tourisme sur la côte centrale.
Djerba : insulaire, touristique et encore abordable
L’île de Djerba s’est construite une réputation solide auprès des voyageurs et des investisseurs. Paysage de palmeraies et de plages de sable, maisons traditionnelles (houche) et zones touristiques aménagées autour de Midoun, l’île se prête à des stratégies très différentes : acquisition d’une maison de charme à rénover pour une clientèle en quête d’authenticité, achat d’un appartement dans la zone touristique pour du locatif estival, ou encore investissement dans de petits complexes de type maison d’hôtes.
Les prix de l’immobilier à Djerba varient de 1 400 à 3 200 TND/m², restant inférieurs à ceux d’autres stations comme Hammamet ou Sousse.
Pour un investisseur étranger, Djerba séduit aussi par une atmosphère plus détendue que les grandes villes et par le coût relativement faible de la vie, ce qui facilite les séjours prolongés pour gérer son bien ou superviser des travaux.
Sfax : le pari économique plutôt que touristique
Deuxième ville du pays par la population, Sfax est souvent éclipsée dans les conversations immobilières par les stations balnéaires. C’est pourtant l’un des marchés les plus cohérents pour un investisseur qui privilégie les fondamentaux économiques à la carte postale.
Sfax est parfois qualifiée de “capitale économique” de la Tunisie, avec un tissu dense de PME, un port très actif, une tradition industrielle et une agriculture forte (notamment l’huile d’olive). Son économie est moins dépendante du tourisme que des villes comme Sousse ou Hammamet, ce qui amortit les chocs liés aux crises touristiques.
Les prix de l’immobilier sont parmi les plus abordables des grands centres urbains, avec des maisons autour de 1 000 à 1 500 TND/m² et des appartements à des évaluations raisonnables. Cette accessibilité, couplée à une demande locale réelle pour des logements, commerces et locaux d’activité, permet d’atteindre des rendements bruts élevés, particulièrement sur des biens modestes destinés aux familles ou aux travailleurs du port et des zones industrielles.
Sfax se distingue aussi par des projets structurants comme le programme Taparura, qui doit reconvertir plus de 400 hectares d’anciennes friches industrielles en quartier urbain mixte (logements, bureaux, loisirs). Une fois ce type de projet suffisamment avancé, certains secteurs du front de mer pourraient connaître une revalorisation comparable à celle observée autour du lac de Tunis.
Dans une stratégie de portefeuille, Sfax peut jouer un rôle de “pilier défensif” : beaucoup de demande locale, peu de spéculation, des prix bas et un risque de bulle faible. Idéal pour du locatif résidentiel classique ou des locaux à usage professionnel, voire de l’industriel léger ou du logistique près des grands axes et du port.
Bizerte, Mahdia, Tabarka : les outsiders côtiers
Au nord, Bizerte occupe une position singulière. Port ancien et ville industrielle, elle dispose aussi d’une corniche et d’une marina au potentiel touristique encore sous-exploité. Les appartements en front de mer y restent nettement moins chers que dans les banlieues nord de Tunis, avec des valeurs indicatives autour de 1 700–2 500 TND/m². À ce niveau de prix, une simple amélioration de l’offre touristique, l’arrivée de nouveaux services ou la mise en valeur du patrimoine portuaire pourraient suffire à déclencher une revalorisation sensible.
Mahdia, plus au sud, est une perle discrète avec une médina authentique, une belle plage et un rythme de vie plus lent. Elle attire un public plus restreint mais souvent plus fidèle. Pour un investisseur patient, miser sur un bien de caractère dans la vieille ville ou un appartement avec vue mer constitue un pari sur l’essor progressif d’un tourisme « slow » et d’une demande résidentielle de retraités. Cette stratégie permet de profiter dès aujourd’hui de prix nettement inférieurs à ceux des destinations plus connues.
Tabarka, enfin, combine littoral, montagnes et un passé de destination de plongée et de festivals. Les prix des appartements dans la zone marina restent relativement modestes, dans une fourchette de 1 500–2 200 TND/m². La région souffre encore d’un déficit d’infrastructures et de visibilité, mais c’est précisément ce qui en fait un marché spéculatif potentiel, surtout si des investissements publics et privés venaient relancer l’offre touristique dans les prochaines années.
Comprendre les rendements : ce que disent les chiffres
Pour juger de “meilleurs quartiers”, il ne suffit pas de regarder les cartes postales ou les prix de vente. Il faut aussi, et surtout, analyser les rendements locatifs et le profil de risque.
Au niveau national, les données récentes indiquent un rendement locatif brut moyen autour de 5,35–5,43 %. Mais cette moyenne cache de fortes disparités. Tunis, par exemple, affiche un rendement brut moyen des appartements aux environs de 7,5 %, avec un pic sur les petites surfaces. Les studios peuvent produire des rendements proches de 9,5 %, les S+1 autour de 8 %, puis une décroissance progressive à mesure que la surface augmente. Ariana tourne autour de 5,4 %, tandis que des villes balnéaires comme Nabeul se situent plus bas, autour de 3,5–4 % en moyenne, du fait de prix élevés et d’une demande plus saisonnière.
Les calculs de ratio prix/revenu et prix/loyer indiquent que la Tunisie reste abordable pour les investisseurs en capital, mais exigeante pour les ménages locaux achetant à crédit. Dans certaines zones, le prix d’un logement peut représenter plus de vingt années de revenu net moyen, ce qui contribue à l’essor de la location à long terme dans les grandes villes.
Ces données plaident pour des stratégies nuancées : viser les rendements élevés sur les petites surfaces dans des quartiers urbains (Tunis centre, Ennasr, Sousse ville) et privilégier la plus‑value sur des adresses premium (La Marsa, Carthage, Les Berges du Lac, Hammamet front de mer), quitte à accepter un rendement locatif brut un peu moindre.
Cadre juridique et fiscal : un environnement favorable mais encadré
Investir en Tunisie implique aussi de maîtriser les règles du jeu. Le pays a modernisé son cadre d’investissement depuis la loi de 2016, en ouvrant plus largement la porte aux capitaux étrangers et en simplifiant certaines procédures. Toutefois, l’immobilier reste soumis à quelques contraintes spécifiques, surtout pour les non‑résidents.
Les étrangers peuvent acquérir des biens bâtis (appartements, maisons, locaux) dans les zones urbaines et touristiques autorisées, mais l’achat de terres agricoles est généralement réservé aux Tunisiens. Presque toutes les transactions nécessitent une autorisation du gouverneur régional et, pour les non-résidents, un accord de la Banque centrale. Ces démarches administratives, pouvant prendre plusieurs mois, exigent patience et préparation minutieuse du dossier.
Sur le plan des coûts, il faut intégrer, au-delà du prix d’achat, les droits d’enregistrement (environ 5 %), la taxe de timbre (1 %), les frais de conservation foncière (autour de 1,5 %), les honoraires de notaire (1–2 %) et les commissions d’agence (jusqu’à 2–3 %, souvent partagées). Au total, la facture de transaction pour un étranger tourne généralement entre 9 et 15 % du prix du bien.
Les revenus locatifs sont imposés selon un barème progressif (15 à 35 %) avec un abattement standard sur les charges. La taxe foncière annuelle est modérée (0,2 à 1 % de la valeur estimée du bien). Pour la plus-value immobilière, la taxation dépend de la durée de détention : 10 % si revente avant 5 ans, 5 % au-delà de 5 ans, avec des exonérations possibles après une certaine période.
Cette architecture fiscale, combinée à des rendements bruts souvent supérieurs à 5 %, laisse une marge intéressante pour un investisseur qui structure correctement son projet (choix du statut, usage des conventions de non‑double imposition, éventuel recours à une structure locale).
Stratégies par profil d’investisseur
Tous les quartiers cités plus haut ne conviennent pas à tous les profils. Selon que l’on soit épargnant prudent, chasseur de plus‑value ou amateur de projets de rénovation, la carte des “meilleurs quartiers” se redessine.
Un profil prudent, en quête de revenus réguliers et de risque maîtrisé, trouvera son bonheur dans les appartements de taille moyenne (S+2, S+3) à Tunis (Ennasr, Aouina, Ain Zaghouan Nord, certains secteurs des Jardins de Carthage) ou à Sousse centre. Ces marchés reposent sur une demande locale profonde, peu exposée aux aléas du tourisme international, et affichent des rendements bruts de 5–7 % avec peu de vacance.
Le rabais maximum pouvant être négocié sur le prix affiché d’un bien immobilier en Tunisie, notamment hors saison.
Les amateurs de projets “value‑add” auront, quant à eux, intérêt à regarder du côté des médinas (Tunis, Sousse, Mahdia, Djerba Houmt Souk) et des quartiers historiques comme le centre de La Marsa. La rénovation d’une maison traditionnelle ou d’un appartement ancien, bien menée, peut générer une plus‑value substantielle, d’autant que la demande pour des biens de caractère équipés au standard moderne ne faiblit pas, en particulier dans les zones touristiques.
Panorama des actifs spécialisés accessibles aux investisseurs institutionnels ou groupes d’épargnants en Tunisie.
Immeubles de bureaux dans les quartiers d’affaires prestigieux comme le Lac 2 ou La Perle du Lac.
Locaux commerciaux en pied d’immeuble dans les grands centres commerciaux.
Actifs hôteliers ou aparthotels dans les stations balnéaires de Hammamet et Djerba.
Entrepôts le long des grands axes logistiques (Sfax, Tunis sud, Sousse).
Conclusion : une carte à lire avec finesse
Parler des “meilleurs quartiers pour investir en Tunisie” n’a de sens qu’en tenant compte des objectifs de l’investisseur, de son horizon de temps, de son appétit pour le risque et de sa capacité à gérer un bien à distance. Les chiffres montrent toutefois quelques constantes.
Les banlieues nord de Tunis (Berges du Lac, La Marsa, Carthage, Gammarth) constituent le cœur du marché premium, avec des prix élevés, une demande soutenue et des perspectives de valorisation portées par des grands projets. Des quartiers comme Jardins de Carthage, Ennasr, Aouina ou Ain Zaghouan offrent un bon compromis entre rendement, liquidité et prix d’entrée plus accessible.
Les stations balnéaires de Hammamet et Sousse, complétées par Monastir et Djerba, constituent l’autre pilier de la carte tunisienne de l’investissement, avec un fort potentiel sur la location saisonnière, au prix d’une sensibilité accrue aux cycles touristiques. Sfax, Bizerte, Mahdia ou Tabarka dessinent, enfin, une couronne d’outsiders et de marchés de niche où les investisseurs les plus patients ou les plus opportunistes peuvent encore trouver des valorisations très attractives.
Le marché immobilier tunisien présente un potentiel avec une croissance modérée, près de 11 millions de touristes annuels et des prix compétitifs. Le cadre juridique s’améliore. Une analyse approfondie des dynamiques locales (quartiers, demande) est cruciale pour réussir, dans un pays à 70% urbain et en cours d’urbanisation, plutôt que de se fier à un simple coup de cœur.
Cas pratique : un investisseur français qui diversifie en Tunisie
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Tunisie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dinar tunisien. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Grand Tunis, Sahel, zones touristiques comme Hammamet ou Sousse), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble ou un appartement haut de gamme dans un quartier en développement, combinant un rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection de la ville et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, notaire, fiscaliste), choix de la structure d’investissement (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification progressive.
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