Les erreurs à éviter lors de l’achat de biens immobiliers en Tunisie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un bien immobilier est rarement un acte anodin, et en Tunisie encore moins. Entre la complexité du cadre légal, la question des autorisations, la qualité de la construction et les contraintes de change, un achat mal préparé peut vite se transformer en casse-tête administratif ou en gouffre financier. Pourtant, la Tunisie offre un marché dynamique, des prix attractifs par rapport aux autres pays méditerranéens et de vraies opportunités, à condition de ne pas tomber dans les pièges les plus fréquents.

Bon à savoir :

Cet article détaille les erreurs fréquentes des acheteurs (Tunisiens, résidents à l’étranger et étrangers) et comment les éviter, en abordant les aspects pratiques des procédures : permis de construire, commissions, inspections, change et fiscalité.

Sommaire de l'article masquer

Mal choisir le type de bien et sous-estimer le contexte du marché

Avant même de parler de titres fonciers ou d’autorisations, une première erreur consiste à se précipiter sur un bien « coup de cœur » sans comprendre le marché tunisien ni la typologie de l’offre.

Le marché est globalement en hausse, avec des prix qui progressent en moyenne de 4 à 5 % par mètre carré pour les appartements. Les logements anciens représentent près de 68 % de l’offre, alors que les appartements neufs, très recherchés, tirent les prix vers le haut, surtout pour les surfaces S+2 et S+3 entre 90 et 180 m². Parallèlement, les promoteurs optimisent de plus en plus les surfaces pour rester dans des budgets abordables.

significatifs

Les écarts de prix entre régions et quartiers sont significatifs.

Zone / VillePrix moyen appart. (TND/m²)
Nord de Tunis3 200 – 4 500
La Marsa4 500 – 6 000
Hammamet3 000 – 4 500
Sfax2 500 – 3 200
Djerba2 000 – 3 000

Ne pas tenir compte de ces réalités conduit à plusieurs erreurs classiques : surestimer le potentiel de plus-value dans des zones saturées, négliger des villes dynamiques comme Sfax au profit exclusif du littoral, ou inversement se laisser séduire par un prix « bradé » dans un secteur peu liquide, difficile à revendre ou à louer.

Un autre piège fréquent est de ne pas relier son projet à un usage clair : résidence principale, pied-à-terre, location saisonnière, retraite, investissement locatif longue durée… Chaque objectif suppose une localisation, un type de bien et un niveau de finition différents, ainsi qu’un regard particulier sur la copropriété, les charges ou l’accessibilité.

Ignorer les spécificités légales pour les étrangers et les Tunisiens résidents à l’étranger

Un nombre important de problèmes naissent d’une méconnaissance des règles propres aux non-résidents et aux étrangers. Le droit tunisien permet l’acquisition, mais en encadrant strictement le type de biens et les modalités de financement.

Acheter un terrain agricole ou en zone non autorisée

Pour un étranger, tenter d’acheter un terrain agricole reste l’une des erreurs les plus lourdes de conséquences. La loi interdit aux non-Tunisiens d’acquérir des terres agricoles ; au mieux, ils peuvent les louer pour des durées limitées. Cette interdiction vaut aussi pour certains terrains en zones dites « stratégiques » ou sensibles (littoral, périmètres de sécurité, zones militaires).

Attention :

Il est fréquent qu’un compromis soit signé et un acompte versé, puis que les autorisations nécessaires ne puissent être obtenues. L’opération devient alors juridiquement nulle ou très difficile à régulariser, et la récupération de l’acompte peut donner lieu à un long contentieux.

Négliger l’autorisation du gouverneur et de la Banque centrale

Autre erreur récurrente chez les acheteurs étrangers : croire qu’un contrat signé devant un avocat ou un notaire suffit. En réalité, pour tout étranger qui acquiert un bien résidentiel en Tunisie, l’autorisation du gouverneur de la région est obligatoire. Sans cette décision, la vente est juridiquement incomplète et peut être frappée de nullité. La procédure est réputée longue – plusieurs mois, parfois jusqu’à un an – mais les refus restent rares lorsque le dossier est bien monté.

Dans la pratique, le parcours comprend : l’apprentissage des compétences nécessaires pour progresser dans le domaine choisi.

Étape cléRisque si négligée
Vérifier que le bien est en zone autoriséeAchat d’un bien inéligible, refus d’autor.
Signer une promesse de vente conditionnelleEngagement ferme sans garanties légales
Déposer le dossier au gouvernoratBlocage du contrat, impossibilité de publier
Obtenir l’accord de la Banque centraleNon-répatriation des fonds, contentieux

Une seconde autorisation, souvent oubliée, relève de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Toutes les opérations impliquant des devises étrangères doivent être validées, et les fonds doivent arriver par virement bancaire en monnaie étrangère. Payer un bien en dinars « locaux » issus d’un compte tunisien, sans avoir correctement documenté l’importation de devises, fait perdre au non-résident la possibilité de rapatrier son capital et ses plus-values.

Pour les TRE : sous-utiliser les régimes avantageux

Les Tunisiens résidant à l’étranger bénéficient de dispositions spécifiques : enregistrement à taux préférentiel, exonération de certains droits pour les acquisitions payées en devises, procédures simplifiées, voire possibilité d’un taux réduit de 1 % sur certains droits d’enregistrement. Ne pas se déclarer comme TRE auprès des consulats ou ne pas payer intégralement en devises fait perdre ces avantages et augmente inutilement le coût global de l’achat.

Se lancer sans vérification juridique approfondie du titre et de la situation du bien

L’un des plus grands risques en Tunisie tient à l’opposition entre biens « bien titrés » et biens mal ou non enregistrés. Beaucoup d’acheteurs, attirés par un prix bas, sous-estiment l’importance du Registre Foncier et se contentent de papiers familiaux ou d’actes anciens.

Acheter un bien non immatriculé ou mal titré

Le système tunisien distingue les biens inscrits au Registre Foncier, avec un véritable titre foncier (souvent appelé « titre bleu »), et ceux qui ne le sont pas ou partiellement. Pour les premiers, le titre a une forte valeur probante : il prouve la propriété, décrit les limites de la parcelle, mentionne les hypothèques éventuelles, et permet une transmission claire.

Exemple :

Une part importante des biens issus d’anciennes transactions notariées, comme des ventes non publiées, des héritages non enregistrés ou des actes sous seing privé non transcrits, n’a pas été correctement répercutée dans les registres officiels. Cela crée des titres de propriété dits « gelés », où la réalité matérielle du bien (occupation, limites) ne correspond plus au dossier administratif, multipliant les risques juridiques et les conflits potentiels.

Les conséquences sont prévisibles : contestation de propriété par un héritier oublié, impossibilité d’hypothéquer le bien, difficultés à obtenir un permis de construire ou un certificat de conformité, voire blocage de toute future revente.

Avant de s’engager, il est donc impératif de :

Demander un certificat de propriété récent auprès de la Conservation de la Propriété Foncière.

– Vérifier l’identité du propriétaire inscrit, la superficie, les servitudes et les hypothèques.

– Examiner la chaîne de transmission (ventes, donations, successions) avec un avocat spécialisé.

Négliger les contentieux familiaux et les successions non réglées

Dans un pays où la succession est très souvent régie par le droit islamique (via le Code du Statut Personnel), il est fréquent qu’un bien appartienne en indivision à plusieurs héritiers, certains résidant à l’étranger ou non identifiés dans les anciens actes. Acheter dans ces conditions, sur la seule signature d’un ou deux membres de la famille, est une erreur fréquente.

Astuce :

Lors de l’achat d’un bien, il est crucial de vérifier l’identité de tous les héritiers légaux, car l’absence d’inscription de certains copropriétaires sur le titre de propriété ne leur fait pas perdre leurs droits s’ils prouvent leur qualité d’héritier. Un acheteur peut ainsi se retrouver engagé dans des litiges longs et coûteux, les tribunaux pouvant exiger la participation ou la renonciation de chacun des héritiers.

Faire l’impasse sur l’examen des charges et servitudes

Autre oubli classique : les servitudes, les droits de passage, ou les empiètements. Un terrain accessible seulement par une servitude non formalisée peut devenir quasi invendable si les relations avec le voisinage se dégradent. Un bâtiment qui mord sur une parcelle voisine ou sur le domaine public peut être frappé de mesures de régularisation, voire de démolition partielle.

Le certificat foncier, l’examen du plan cadastral, et au besoin un relevé topographique par un ingénieur-géomètre sont des étapes qui doivent précéder tout compromis sérieux.

Négliger les permis de construire, l’urbanisme et la conformité des travaux

Acheter une maison ou un appartement sans vérifier son histoire administrative est un autre classique. Beaucoup de biens en Tunisie comportent des extensions, étages supplémentaires ou aménagements réalisés sans permis ou en dehors des plans approuvés.

S’acheter des problèmes en héritant de travaux non conformes

Dès qu’un projet nécessite un permis de construire, il doit respecter les paramètres d’urbanisme de la zone. La demande passe par les services municipaux, et à Tunis, par la commission technique communale des permis de construire et de démolir, composée d’architectes, d’ingénieurs et de représentants de nombreuses directions régionales (équipement, environnement, culture, transport, protection civile, etc.).

Lorsque les travaux sont terminés, la Direction des constructions délivre un rapport de constat (procès-verbal de récolement) qui vérifie la conformité des travaux avec le permis. Ce n’est qu’après ce constat conforme que le propriétaire peut obtenir un permis d’habiter.

Attention :

Acheter un bien qui n’a jamais fait l’objet d’un récolement ou dont le permis de construire n’a pas été respecté comporte plusieurs risques juridiques et financiers.

Refus du permis d’habiter.

Établissement d’un rapport de non-conformité listant les infractions.

Obligation de redéposer un nouveau dossier de permis, adapté à l’état réel du bâtiment.

Impossibilité de revendre sereinement, de louer dans certaines conditions, ou d’hypothéquer le bien.

Dans les cas les plus graves (construction hors limites de propriété, changement d’usage non autorisé, dépassement des hauteurs autorisées, atteinte à un monument protégé), la régularisation peut être impossible.

Ignorer les règles spécifiques en zones protégées ou patrimoniales

Les biens situés en médina, dans des ensembles historiques ou à proximité de monuments classés obéissent à des règles beaucoup plus strictes. Les délais d’instruction des permis sont plus longs (jusqu’à 90 jours), et des services spécialisés (Culture, Patrimoine, Environnement) doivent donner leur avis.

Attention :

Engager des travaux (façades, ouvertures, structure, surélévation) sans tenir compte des contraintes spécifiques aux immeubles anciens peut entraîner des sanctions et compliquer l’obtention du procès-verbal de récolement et du permis d’habiter, documents essentiels pour la valeur de revente.

Se désintéresser des commissions de sécurité et des certificats

Pour certains projets (immeubles de trois niveaux et plus, établissements recevant du public), un avis spécifique de la commission technique de sécurité est nécessaire, en lien avec la Protection civile et la STEG (électricité), entre autres. Là encore, la conformité aux exigences anti-incendie et de sécurité des installations techniques (électricité, gaz, ascenseurs) conditionne la délivrance des autorisations finales.

Les investisseurs professionnels disposent certes d’un guichet unique qui coordonne visite de chantier, certificats de prévention et raccordement aux réseaux (ONAS, SONEDE), mais ils commettent parfois l’erreur de traiter ces étapes comme de simples formalités. Résultat : retards, coûts supplémentaires pour mise en conformité, voire impossibilité d’exploiter les locaux.

Sous-estimer la qualité de construction et ignorer les contrôles techniques

Les problèmes de qualité ou de vices cachés touchent, selon certaines données, environ 15 % des acheteurs en Tunisie. L’enthousiasme pour un appartement neuf, bien situé, à prix serré, conduit souvent à négliger la question essentielle : comment a-t-il été construit, et par qui a-t-il été contrôlé ?

Oublier que l’inspection technique est encadrée et structurée

La législation tunisienne impose une inspection technique pour les nouvelles constructions ou celles soumises à déclaration de travaux. Des bureaux de contrôle agréés par le ministère de l’Équipement interviennent dès la phase de conception (rapport d’inspection initial), puis pendant le chantier, et enfin à la réception (rapport d’inspection final).

Leur rôle porte sur :

La solidité de la structure.

La sécurité des personnes (escaliers, garde-corps, issues de secours, etc.).

Les installations techniques (électricité, fluides, gaz, climatisation).

La sécurité incendie.

Le contrôle de certains procédés particuliers (étanchéité, isolation, etc.).

Bon à savoir :

Refuser ou contourner les contrôles de construction pour économiser, ou acheter un bien dont l’historique de contrôle n’est pas traçable, expose l’acheteur à des risques majeurs. Même s’il n’a pas initié les travaux, il hérite de tous les défauts éventuels : fissures, malfaçons structurelles, réseaux sous-dimensionnés ou absence de dispositifs anti-incendie.

Ne pas recourir à un expert pour un bien ancien

Sur le marché de l’ancien, les problèmes peuvent être encore plus nombreux : humidité, affaissement des planchers, non-conformité des installations électriques aux normes actuelles, étanchéité des toitures. Beaucoup d’acquéreurs se contentent d’une visite visuelle et d’une simple estimation par un agent immobilier, alors qu’une expertise technique indépendante (ingénieur, bureau d’étude, voire bureau de contrôle) permet de chiffrer objectivement les travaux à prévoir.

Dans un contexte où 15 % des acheteurs se plaignent de malfaçons ou vices après coup, ne pas investir dans cette expertise est un pari risqué, surtout pour des immeubles anciens en centre-ville ou en médina.

Mal anticiper les coûts réels : taxes, frais, commissions et charges

Se focaliser uniquement sur le prix d’achat au mètre carré est une autre erreur fréquente. En Tunisie, comme ailleurs, les frais annexes alourdissent significativement la note, surtout pour les étrangers ou les non-résidents.

Minimiser les frais de transaction

D’après plusieurs sources, le coût global pour l’acheteur représente souvent entre 8,6 % et plus de 10 % du prix du bien, une fourchette qui peut monter encore selon le type de bien et le profil fiscal.

Poste de coût (acheteur)Ordre de grandeur (sur prix du bien)
Droit de mutation / enregistrement≈ 5 % (souvent)
Honoraires d’avocat / conseiller0,5 % – 1 %
Émoluments du notaire≈ 0,1 % à 1–1,5 % selon cas
Commission d’agence immobilière2 % – 3 % (réglementée)
TVA (bien neuf)7 % ou 19 % selon régime
Divers (timbres, dossiers, etc.)Frais fixes ou 0,5–1 %

Ne pas intégrer ces pourcentages dans le budget initial conduit à deux impasses typiques : se retrouver à court de liquidités lors de la signature définitive, ou accepter des conditions de crédit défavorables pour boucler l’opération.

Mal comprendre la fiscalité future : impôt foncier, plus-value, revenus locatifs

Une autre source d’erreurs tient à la fiscalité post-acquisition. Beaucoup de nouveaux propriétaires découvrent après coup :

Fiscalité de l’immobilier locatif en France

Principaux impôts auxquels sont soumis les propriétaires bailleurs en France.

Taxe foncière

Impôt annuel dû par tout propriétaire, calculé sur la base de la valeur locative cadastrale du bien.

Impôt sur les loyers

Les revenus locatifs sont intégrés au revenu global. Un abattement forfaitaire de 30% est appliqué pour les charges.

Plus-values immobilières

Taxée à la revente. Le taux varie selon la durée de détention (ex: 10% ou 15%). Le calcul déduit le prix d’acquisition, les frais et le coût des travaux.

Pour les profils patrimoniaux importants, vient s’ajouter l’impôt sur la fortune immobilière au-delà de certains seuils de valeur nette, avec des taux progressifs (0,5 % puis 1 % au-delà d’un palier).

Ignorer ces paramètres, c’est risquer de : perdre des opportunités importantes.

Sous-estimer le coût de détention à long terme.

Structurer mal son investissement (usage personnel vs locatif, détention en nom propre vs société).

Préparer une revente fiscalement pénalisante.

Contourner les règles de change et de financement : un faux bon plan

Les règles de change et de financement constituent un autre terrain miné, en particulier pour les étrangers et les Tunisiens considérés comme résidents de change.

Payer en espèces ou en dinars « locaux » sans traçabilité

En Tunisie, tous les flux en devises sont encadrés. Les non-résidents qui souhaitent acheter un bien doivent importer les fonds via le système bancaire, obtenir une « fiche d’investissement » après chaque transfert et veiller au respect strict des procédures de la Banque centrale.

Attention :

Payer une partie d’un bien en liquide ou via des circuits informels (comme le marché parallèle des devises) prive l’acheteur de la possibilité de rapatrier légalement cet argent en cas de revente. De plus, cette pratique expose à des sanctions pour infraction à la réglementation des changes en cas de contrôle.

Mal choisir son mode de financement

Pour les étrangers, le crédit local est possible mais complexe. Les banques exigent généralement :

Un titre de séjour valide.

Des justificatifs de revenus solides.

Un apport conséquent, souvent de 30 à 50 % du prix du bien.

Les Tunisiens résidant à l’étranger peuvent accéder à des prêts immobiliers locaux via des comptes non-résidents, avec des conditions parfois préférentielles, mais ils doivent respecter des règles strictes de justification des revenus et de rapatriement des devises.

Ne pas comparer plusieurs offres bancaires, ignorer les implications des taux variables dans un système bancaire considéré comme fragile (taux d’impayés significatif, système encore en réforme), ou accepter des conditions mal comprises, ce sont autant d’erreurs qui pèsent lourd sur le coût total de l’investissement.

Faire l’économie d’un avocat, d’un notaire compétent et de professionnels fiables

L’illusion de pouvoir tout « gérer soi-même » est un autre piège partagé par de nombreux acheteurs. La complexité du droit tunisien, mélange de code civil, textes spéciaux et références au droit islamique (surtout pour l’héritage), rend hasardeux tout achat sans accompagnement.

Confondre le rôle du notaire et celui de l’avocat

Le notaire en Tunisie, comme ailleurs, est un officier public chargé d’authentifier les actes, d’en assurer la régularité formelle, de percevoir certains impôts et d’enregistrer la transaction. Il doit être neutre, au service à la fois du vendeur et de l’acheteur.

Son rôle ne remplace pas celui d’un avocat mandaté exclusivement par l’acheteur pour défendre ses intérêts, vérifier les titres, analyser les clauses, négocier les conditions suspensives (obtention de l’autorisation du gouverneur, de la Banque centrale, régularisation de telle ou telle situation urbanistique).

Rôle du notaire dans une transaction immobilière

Renoncer à l’assistance d’un avocat pour économiser des honoraires (souvent entre 0,5 % et 1 % du prix) revient à se priver d’un garde-fou indispensable face à des contrats parfois déséquilibrés ou à des dossiers incomplets.

Travailler avec des intermédiaires non habilités

Le marché regorge de pseudo-agents, « conseillers » ou intermédiaires sans carte professionnelle. Or les commissions d’agence sont encadrées par la loi, et les agences officiellement déclarées obéissent à des règles de transparence et de responsabilité.

S’en remettre à des intermédiaires informels, c’est multiplier les risques de :

Double commission.

Fausse promesse sur la situation juridique du bien.

Pressions pour signer rapidement un compromis sans que les vérifications soient faites.

Difficultés à engager la responsabilité de qui que ce soit en cas de litige.

Signer un compromis mal rédigé ou sans conditions suspensives

Le « compromis de vente » ou « promesse de vente » est souvent abordé avec légèreté, alors qu’il engage fortement les parties. L’erreur typique consiste à signer un document standard, parfois rédigé par l’agent immobilier, sans l’avoir fait relire par un avocat, et surtout sans y insérer les conditions suspensives adaptées.

Parmi les points critiques :

Bon à savoir :

Pour sécuriser l’achat d’un bien immobilier, il est conseillé d’inscrire plusieurs conditions suspensives dans le compromis de vente. Celles-ci incluent : l’obtention de l’autorisation du gouverneur pour un acheteur étranger, l’octroi d’un prêt bancaire, la délivrance d’un certificat foncier attestant l’absence de charges non déclarées, et, le cas échéant, la régularisation de la situation urbanistique du bien si des constructions ne sont pas conformes. La non-réalisation de l’une de ces conditions entraîne généralement la nullité de la vente et le remboursement de l’acheteur.

En l’absence de ces garde-fous, l’acheteur peut être tenu de finaliser la vente même si, par exemple, l’autorisation du gouverneur est refusée ou si la banque n’accorde pas le crédit. Le dépôt (souvent de 10 %) peut alors être perdu.

Oublier la suite : permis d’habiter, raccordements, exploitation et revente

Beaucoup d’acheteurs s’imaginent que tout est terminé à la signature de l’acte définitif. C’est ignorer un pan important de la vie du bien : sa mise en service, ses raccordements et, à terme, sa revente.

Négliger le permis d’habiter et le procès-verbal de récolement

Sans permis d’habiter et sans rapport de récolement conforme, un bien peut poser problème pour :

La mise sous hypothèque.

– Certaines assurances.

La location à des entreprises ou des organismes exigeant des documents complets.

La revente à un acheteur bien conseillé.

Astuce :

Les investisseurs disposent d’un guichet unique pour coordonner les formalités essentielles (comme le raccordement eau/assainissement via l’ONAS et la SONEDE, ou l’obtention du certificat de prévention incendie). Cependant, qu’ils soient particuliers ou professionnels, ils doivent impérativement mener ce processus à son terme. Négliger ou laisser traîner ces démarches est une erreur fréquente, dont les conséquences financières se font sentir au moment de la revente du bien.

Sous-estimer le temps et la complexité des procédures

Qu’il s’agisse du traitement des permis de construire (en général 45 jours, prolongés à 60 ou 90 jours dans certains cas), des autorisations pour étrangers ou des démarches fiscales, la Tunisie reste marquée par une bureaucratie lourde. Le moindre dossier incomplet peut retarder de semaines, voire de mois, un projet.

Ne pas intégrer ces délais dans son calendrier d’achat-vente, de déménagement ou de lancement d’activité, c’est s’exposer à des surcoûts (loyers transitoires, pénalités contractuelles, immobilisation de capital).

Comment acheter en Tunisie sans tomber dans ces pièges ?

Les erreurs décrites ne sont pas inévitables. Chaque point de friction correspond, en réalité, à une bonne pratique à adopter systématiquement.

En synthèse, un achat solide en Tunisie repose sur quelques lignes directrices :

Étapes clés pour un investissement immobilier sécurisé au Portugal

Un guide structuré pour naviguer dans le processus d’acquisition immobilière, de l’analyse du marché à la signature des contrats, en minimisant les risques.

Comprendre son marché

Analyser la localisation, le prix au m², les tendances de la demande et le type de bien recherché pour un investissement éclairé.

Vérifier la légalité

S’assurer du statut du bien (agricole ou non), de la zone autorisée et des obligations spécifiques pour étrangers ou résidents non habituels (TRE).

Sécuriser le titre de propriété

Exiger un certificat foncier récent, vérifier la chaîne de propriété et l’absence de contentieux ou d’hypothèques non déclarées.

Contrôler la construction

Vérifier l’historique des permis, la conformité des travaux, les rapports d’inspection et opter pour une expertise indépendante pour l’ancien.

Anticiper tous les coûts

Prévoir les frais de mutation, honoraires, commissions et taxes futures (foncier, revenus, plus-values, impôt sur la fortune).

Respecter les règles de change

Effectuer les transferts via une banque, avec fiche d’investissement et une traçabilité complète des fonds.

S’entourer de professionnels

Collaborer avec un avocat spécialisé, un notaire expérimenté, une agence agréée et un bureau de contrôle reconnu.

Soigner les contrats

Élaborer un compromis détaillé avec conditions suspensives adaptées, un calendrier réaliste et des clauses de désistement encadrées.

Lorsque ces étapes sont suivies avec rigueur, l’achat immobilier en Tunisie cesse d’être un parcours du combattant pour devenir ce qu’il devrait toujours être : un projet patrimonial cohérent, protégé juridiquement, et adapté à la réalité du pays comme aux objectifs de l’acheteur.

Bon à savoir :

Les difficultés ne proviennent généralement pas des réglementations elles-mêmes, mais d’une préparation insuffisante. L’improvisation est à l’origine des erreurs courantes. Une méthode adaptée, un accompagnement professionnel et de la vigilance permettent de transformer un marché perçu comme risqué en une réelle opportunité, que vous soyez Tunisien, résident à l’étranger ou investisseur étranger attiré par les atouts du pays.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie en Tunisie

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Tunisie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au dinar tunisien et au tourisme méditerranéen. Budget alloué : 400 000 à 600 000 €, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Grand Tunis, Sousse, Hammamet), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans une zone à fort potentiel touristique et démographique, combinant un rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – en gardant en tête que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 500 000 €.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, notaire, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, en intégrant les spécificités juridiques et fiscales tunisiennes.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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