Le marché des résidences secondaires en Slovaquie : entre nature, rendement et montée des prix

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le marché immobilier slovaque connaît depuis plusieurs années une phase d’expansion soutenue, portée par une économie solide, une intégration complète à la zone euro et une attractivité touristique en forte hausse. Dans ce contexte, les résidences secondaires – chalets, cottages, appartements de vacances en montagne ou au bord des lacs – occupent une place de plus en plus visible, même si elles restent minoritaires par rapport à la résidence principale dans un pays où le taux de propriétaires frôle 93 %.

Bon à savoir :

Cet article analyse le marché des résidences secondaires en Slovaquie en détaillant les prix, les dynamiques régionales, les rendements locatifs, le cadre légal et fiscal, ainsi que les tendances touristiques et sociétales influençant la demande.

Sommaire de l'article masquer

Un pays de propriétaires où la résidence secondaire reste un marché de niche

La Slovaquie se distingue en Europe par un taux de propriété parmi les plus élevés du continent : 93,1 % des ménages étaient propriétaires en 2024. Le marché locatif est sous-dimensionné : à peine 6,9 % des ménages sont locataires payants, et le parc de logements en location ne représente qu’un peu plus de 5 % du stock total. Cette culture de la propriété pèse directement sur la structuration du segment des résidences secondaires.

1,2

Seulement 1,2 % des Slovaques envisageant un achat immobilier projettent d’acquérir une résidence secondaire.

Pourtant, plusieurs tendances convergentes transforment progressivement ce segment :

montée en puissance du tourisme, notamment dans les régions de montagne et de lacs,

développement des plateformes de location de courte durée (Airbnb, Vrbo, Booking, etc.),

– recherche d’un refuge contre l’inflation et les fluctuations financières via la pierre,

– essor du télétravail, qui rend attractifs les séjours prolongés dans des zones rurales ou semi-rurales.

Le marché reste donc de niche en volume, mais il concentre de plus en plus d’attention de la part des investisseurs, locaux comme étrangers, en raison de la combinaison prix encore abordables / bonnes perspectives de plus-value / rendement locatif attractif dans les zones touristiques.

Un environnement macroéconomique et immobilier porteur

La Slovaquie bénéficie d’un environnement stabilisé qui rassure les investisseurs : membre de l’Union européenne et de la zone euro, notation souveraine « A‑ » avec perspective stable, croissance du PIB autour de 2 %, chômage voisin de 5 % et marchés du travail et du crédit relativement dynamiques. L’inflation a ralenti après un pic post‑pandémie mais reste non négligeable, autour de 4 %, ce qui renforce l’attrait des actifs réels.

Sur le plan immobilier, les données sont éloquentes :

Évolution du marché immobilier

Aperçu des tendances et des prix moyens sur le marché résidentiel français sur la dernière décennie.

Prix moyen au T2 2025

Le prix moyen résidentiel a atteint 2 777 €/m² au deuxième trimestre 2025, soit une hausse annuelle de 12,79 %.

Prix moyen et médian 2026

À l’échelle du pays, le prix moyen au mètre carré avoisine 2 700 € en 2026, avec un médian autour de 2 550 €.

Typologie des biens

Les appartements se négocient en moyenne autour de 3 041 €/m², les maisons individuelles environ 2 031 €/m².

Doublement en dix ans

En dix ans, les prix ont plus que doublé, passant d’environ 1 240 €/m² en 2015 à 2 700 €/m².

Après une phase de correction en 2023, les valeurs ont rapidement rebondi grâce à la détente progressive des taux de crédit et à une reprise de la demande. Les prévisions anticipent une poursuite de la hausse, mais à un rythme plus modéré, en dessous de 10 % par an à l’horizon 2026, avec une tendance de long terme proche de 3‑5 % par an.

Pour les acheteurs de résidences secondaires, ce contexte signifie que le marché slovaque reste en phase ascendante, mais que la fenêtre des « bonnes affaires » se referme graduellement, surtout dans les zones déjà très sollicitées.

Chalets, cottages et maisons de campagne : un positionnement prix spécifique

Une étude académique récente portant sur plus de 1 000 biens à travers la Slovaquie a analysé les différences de prix selon le type de logement et la localisation. Elle distingue notamment : les différences de prix selon le type de logement et la localisation.

les appartements en ville (usage principal),

les maisons individuelles (ville ou campagne),

les chalets et maisons de week‑end (logements de courte durée, typiques de la résidence secondaire slovaque).

Les résultats sont éclairants :

– par rapport aux appartements, les maisons individuelles sont en moyenne 43 % moins chères au m²,

les chalets et maisons de loisirs sont environ 23 % moins chers au m² que les appartements.

1

La décote sur le prix d’un chalet est d’environ 1% par kilomètre supplémentaire l’éloignant du centre d’affaires local.

La présence ou l’absence d’infrastructures lourdes joue aussi un rôle clé. Dans les zones dépourvues d’autoroute au niveau local, les prix de l’immobilier sont sensiblement plus bas. À l’inverse, la connexion à un réseau autoroutier peut entraîner une hausse de l’ordre de 20 % du prix au m².

Pour un investisseur, cela signifie que les résidences secondaires « purement rurales » restent nettement plus abordables que les appartements des grandes villes, mais que ce différentiel tend à se réduire dès lors que l’on se rapproche d’un nœud touristique majeur bien desservi.

Des écarts régionaux marqués : de Bratislava aux régions montagneuses

Le marché slovaque est extrêmement polarisé. Bratislava et l’ouest du pays, grâce à des revenus plus élevés, un tissu économique dense et une forte attractivité internationale, concentrent les prix les plus élevés. Le centre et l’est du pays restent globalement plus abordables, à l’exception de poches très touristiques.

Comparatif des prix régionaux

Le tableau suivant résume les prix moyens au m² par région, toutes typologies confondues, au deuxième trimestre 2025 :

RégionPrix moyen €/m² (Q2 2025)
Bratislava3 549
Košice2 508
Prešov2 178
Žilina2 038
Banská Bystrica1 714
Trnava1 935
Trenčín1 690
Nitra1 503

Pour les résidences secondaires, l’enjeu est de croiser ces niveaux de prix avec le potentiel touristique et les rendements locatifs.

Attention :

Le marché immobilier de Bratislava est un marché premium, particulièrement pour les appartements urbains. Il présente peu de résidences secondaires classiques, mais un segment porteur pour la location courte durée de type city-break, surtout dans la Vieille Ville (Staré Mesto). Les prix y dépassent souvent 4 800 €/m² et peuvent atteindre 7 500 €/m². Le rendement brut locatif y est en moyenne d’environ 4 %, parfois moins.

Haute et Basse Tatras / Poprad / Liptovský Mikuláš / Demänovská Dolina : véritable cœur du marché de la résidence secondaire. Ces zones, proches des stations de ski et parcs nationaux, voient la demande de chalets, appartements de montagne et cottages exploser, avec des prix qui restent toutefois inférieurs, au m², à ceux de Bratislava, mais en forte progression.

Régions de lacs (Liptovská Mara, Zemplínska Šírava, Orava, Sunny Lakes à Senec) : combinaison de plaisance estivale, sports nautiques et proximité raisonnable avec des centres urbains ou autoroutiers. Ce sont des cibles privilégiées pour les maisons de vacances familiales, souvent avec jardin et accès direct à l’eau.

Exemple :

Les villes secondaires slovaques comme Žilina, Nitra, Banská Bystrica, Prešov et Košice présentent un marché immobilier dynamique et mixte. Ce marché combine l’immobilier résidentiel classique avec des opportunités d’investissement locatif. Un segment notable est celui des résidences secondaires, qui sont souvent orientées vers les courts séjours urbains. Cette demande est tirée par des activités telles que le tourisme culturel, la proximité de stations de ski et l’accès aux centres de thermalisme.

Urbanité, ruralité et valeur des résidences secondaires

L’étude statistique nationale sur les prix de l’immobilier montre que le gradient urbain joue un rôle déterminant :

– par rapport au centre‑ville, les prix baissent d’environ 38 % dans les « clusters urbains » périphériques,

– et de l’ordre de 53 % dans les campagnes.

Les résidences secondaires installées en milieu rural bénéficient donc, à l’achat, d’une forte décote. Cependant, cela ne signifie pas que ces biens sont systématiquement de bonnes affaires : la demande locative peut être beaucoup plus volatile en dehors des grands axes touristiques ou des sites phares (stations de ski, lacs réputés, zones thermales).

Tourisme en plein essor : le carburant du marché des résidences secondaires

Le moteur principal de la demande de résidences secondaires en Slovaquie est la montée en puissance du tourisme, notamment dans les régions de montagne et de nature. Les chiffres récents sont parlants :

les arrivées touristiques ont bondi de 30,7 % en 2023 après une augmentation spectaculaire l’année précédente,

– le nombre d’établissements d’hébergement touristique a augmenté pour dépasser 3 600 unités,

– la région des Hautes Tatras a enregistré plus de 210 000 touristes en un mois de haute saison, soit une hausse de près de 130 % sur un an.

1600

Nombre de propriétés actives en location courte durée à Bratislava, générant près de 1000$ de revenu mensuel moyen avec un taux d’occupation de 43%.

Le marché des résidences secondaires se nourrit donc de deux segments touristiques complémentaires :

tourisme urbain et affaires (Bratislava, Košice, Banská Bystrica, Prešov), propices aux appartements de centre‑ville mis en location courte durée,

tourisme de nature et de montagne (Hautes Tatras, Liptov, Orava, Zemplínska Šírava, Donovaly), idéal pour les chalets, cottages et villas familiales.

Vacances à la montagne : le laboratoire de la résidence secondaire slovaque

Avec 36 stations de ski modernes et un taux de croissance du tourisme hivernal estimé à 5 % par an, les régions de montagne sont devenues le principal terrain de jeu des investisseurs en résidences secondaires. Par rapport aux Alpes françaises ou autrichiennes, la Slovaquie offre une barrière à l’entrée significativement plus basse en termes de prix, ce qui attire à la fois les Slovaques aisés et les acheteurs étrangers en quête de rendement.

Astuce :

Les propriétés de ski et de montagne offrent généralement un accès privilégié aux domaines skiables, des vues panoramiques, des services de conciergerie pour la location de matériel et la réservation de cours, ainsi qu’une atmosphère chaleureuse et conviviale, souvent avec des équipements comme des cheminées ou des spas.

des rendements bruts compris entre 4 % et 6 %,

une demande soutenue en haute saison hivernale et, de plus en plus, en été (randonnée, vélo, bien‑être).

Les stations et localités les plus recherchées pour ce type de résidence secondaire incluent notamment Vysoké Tatry, Tatranská Lomnica, Štrbské Pleso, Liptovský Mikuláš, Demänovská Dolina et Donovaly.

Le marché des locations de courte durée : un baromètre clé pour les résidences secondaires

Pour un acheteur de résidence secondaire qui vise un complément de revenus, la dynamique de la location saisonnière est essentielle. Les chiffres disponibles pour la location longue durée donnent un premier repère, même si les rendements de courte durée peuvent être supérieurs dans les spots touristiques.

Niveaux moyens de loyers par ville

Le tableau ci‑dessous montre les loyers moyens d’appartements proposés en location longue durée au deuxième trimestre 2025 :

Ville / RégionLoyer moyen mensuel (€)
Bratislava890
Košice723
Prešov607
Banská Bystrica575
Žilina626
Nitra637
Trnava617
Trenčín544
Poprad563

Même si ces données concernent surtout la location résidentielle, elles donnent un ordre de grandeur des niveaux de loyers de base. Dans les marchés saisonniers, les revenus peuvent être bien supérieurs, mais avec une occupation plus variable.

Rendements locatifs moyens par région

Les rendements bruts résidentiels, tous usages confondus, permettent également de positionner les résidences secondaires :

ZoneRendement brut moyen (2025)
Slovaquie (moyenne)4,88 %
Bratislava3,92–4,4 %
Košice5,24–6 %
Nitra5,70–7‑8 % (selon segment)
Banská Bystrica5,16 %
Žilina~4,15 %
Zones ski / montagne4–6 % (locations vacances)

Les résidences secondaires bien situées – au pied des pistes, au bord de l’eau ou proche d’un parc national – tendent à se positionner dans le haut de ces fourchettes, voire au‑delà sur certaines périodes de l’année. En haute saison, les tarifs journaliers pour un appartement familial (2‑3 chambres) oscillent souvent entre 90 et 180 € la nuit dans les villes touristiques, et peuvent grimper entre 150 et 280 € dans les zones de montagne les plus prisées.

Bon à savoir :

Le taux d’occupation annuel moyen est de 40 à 45 %, mais chute significativement hors périodes de vacances. Cette forte saisonnalité nécessite une gestion rigoureuse du calendrier, une stratégie de prix dynamique et, souvent, le recours à un service de gestion locative, dont le coût représente généralement 8 à 12 % du loyer mensuel.

Un cadre légal plutôt ouvert pour les étrangers, mais avec des nuances

Pour les non‑résidents intéressés par une résidence secondaire en Slovaquie, le cadre réglementaire est globalement favorable.

Conditions d’acquisition pour les étrangers

Les grands principes sont les suivants :

les particuliers étrangers peuvent librement acheter des appartements, maisons, chalets, cottages ou villas,

les citoyens de l’UE bénéficient de droits quasi identiques à ceux des Slovaques,

– les ressortissants hors UE peuvent acquérir des bâtiments sans difficulté majeure, mais sont restreints pour l’achat de terres agricoles, de forêts ou de parcelles situées en zones naturelles protégées.

Attention :

La législation (Acte n° 140/2014) régissant l’acquisition de terres agricoles impose des limites, principalement pour les grandes parcelles. Pour les petits terrains intégrés à un chalet, les contraintes sont moindres. Il est crucial de vérifier la classification cadastrale, car un grand jardin attenant peut être juridiquement une ‘terre agricole’, entraînant des implications spécifiques.

L’achat d’un bien ne donne, en lui‑même, aucun droit automatique au séjour ni à la citoyenneté. Un non‑résident peut acheter en simple touriste, mais devra recourir à d’autres fondements juridiques (emploi, entreprise, regroupement familial, etc.) pour obtenir un titre de séjour.

Processus d’achat et coûts de transaction

La procédure agit comme dans de nombreux pays d’Europe centrale : sélection du bien, négociation, signature d’un contrat de vente (kúpna zmluva), enregistrement au cadastre. Les signatures du vendeur doivent être certifiées par notaire, et l’acte doit être en slovaque ou en tchèque, éventuellement accompagné d’une traduction assermentée.

30

Délai standard en jours pour l’enregistrement au cadastre, essentiel pour constituer la propriété légale.

Les coûts de transaction pour l’acheteur se situent généralement entre 3 % et 7 % du prix : honoraires d’avocat (500 à 2 000 €), frais de notaire, enregistrement au cadastre, frais d’agence (2 à 5 % du prix, le plus souvent à la charge de l’acheteur), évaluation pour le prêt, traductions, etc. La Slovaquie ne taxe pas le transfert de propriété : il n’existe pas de droit de mutation immobilier.

Pour une résidence secondaire destinée en partie à la location, il est conseillé de recourir à un avocat pour sécuriser l’opération (vérification des charges, hypothèques existantes, servitudes d’accès, conformité urbanistique, classification du bien, etc.).

Financement, fiscalité et rentabilité des résidences secondaires

Le rendement net d’une résidence secondaire dépend étroitement des conditions de financement et du traitement fiscal des revenus locatifs et plus‑values. La Slovaquie présente un cadre relativement compétitif, mais complexe, avec plusieurs seuils et régimes particuliers.

Accès au crédit immobilier

Les banques slovaques accordent des prêts aux étrangers, y compris non‑résidents, à condition de justifier de revenus stables et vérifiables. Les principales caractéristiques observées sont :

taux d’intérêt sur les nouveaux prêts logement autour de 3,6 % en moyenne à l’été 2025, en baisse significative par rapport à l’année précédente,

– pour les non‑résidents, majoration fréquente de 0,2 à 0,5 point de pourcentage,

– apport personnel usuel de 20 à 30 % du prix pour un acheteur étranger (LTV 70‑80 %),

– durée d’amortissement pouvant atteindre 30 ans.

Deux grandes banques acceptent les dossiers de non‑résidents sans résidence permanente locale, ce qui ouvre la porte aux investisseurs purement internationaux. Le traitement d’un dossier hypothécaire prend typiquement 4 à 8 semaines.

Fiscalité des loyers et des plus‑values

Sur le plan fiscal, les principaux éléments à connaître pour un particulier sont : 1. Le revenu imposable, qui détermine le montant de l’impôt à payer. 2. Les déductions fiscales, qui peuvent réduire le revenu imposable. 3. Les crédits d’impôt, qui sont des sommes déduites directement de l’impôt dû. 4. Les taux d’imposition, qui varient en fonction des tranches de revenu. 5. Les obligations de déclaration, car chaque particulier doit remplir une déclaration de revenus chaque année.

Bon à savoir :

Les loyers sont imposés selon un barème progressif de l’impôt sur le revenu (19%, 25%, 35%). Les 500 premiers euros annuels sont exonérés. La déductibilité des charges diffère selon le statut du bien : pour un bien ‘non professionnel’, seules les charges directes sont déductibles ; pour un bien inscrit comme ‘actif professionnel’, une gamme plus large de frais (amortissements, intérêts d’emprunt, taxe foncière, etc.) peut être imputée.

Les plus‑values de cession de biens détenus à titre privé bénéficient d’une exonération importante : au‑delà de cinq ans de détention, la vente est en principe hors champ de l’impôt sur le revenu, à condition que le bien n’ait pas été explicitement comptabilisé comme actif d’entreprise. En deçà de cinq ans, la plus‑value (prix de vente moins coût d’acquisition) est taxée selon les barèmes de 19 %, 25 % ou 35 %.

Bon à savoir :

La TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) est une taxe qui s’applique principalement aux opérations réalisées dans un cadre professionnel. Elle concerne donc les activités économiques des entreprises et des indépendants.

la location d’un logement à usage d’habitation est en général exonérée de TVA,

les prestations para‑hôtelières (hébergement touristique avec services) peuvent être soumises à TVA,

– la vente d’un bâtiment neuf ou de moins de cinq ans est en principe soumise au taux standard de 23 %, sauf option contraire ou régime particulier.

Taxe foncière et autres coûts récurrents

La taxe foncière en Slovaquie est peu élevée par rapport à d’autres pays européens et repose sur la surface et des barèmes municipaux, non sur la valeur de marché. Pour un appartement de taille moyenne à Bratislava, elle varie souvent entre 40 et 200 € par an ; pour une maison, entre 120 et 450 €. Les municipalités fixent librement leurs coefficients, avec une forte variabilité locale.

À ces montants s’ajoutent les charges d’assurance (en général 80 à 250 €/an pour un appartement, 180 à 600 €/an pour une maison), les frais de copropriété et d’entretien courant, et éventuellement les honoraires d’un gestionnaire si la résidence secondaire est exploitée en location saisonnière.

Où acheter sa résidence secondaire en Slovaquie ? Focus sur quelques zones phares

Le marché slovaque des résidences secondaires est très segmenté. Chaque région combine un certain niveau de prix, un potentiel locatif et un profil de risque différent.

Hautes Tatras et Liptov : le cœur de la demande internationale

Les Hautes Tatras, accessibles depuis Poprad ou Liptovský Mikuláš, concentrent l’essentiel de la demande de chalets de ski et d’appartements de montagne. Les stations comme Tatranská Lomnica, Starý Smokovec ou Štrbské Pleso bénéficient d’un double effet : renommée touristique en hausse et investissements massifs dans les infrastructures (remontées mécaniques, hôtels, spas).

Les rendements bruts dans ces zones se situent souvent entre 5 et 7 %, avec une forte demande en haute saison hivernale. Les tarifs journaliers pour un chalet haut de gamme avec sauna et bain à remous peuvent allègrement dépasser 250 € la nuit en pointe.

Lacs et stations balnéaires intérieures : une saisonnalité estivale marquée

Des zones comme Liptovská Mara, Zemplínska Šírava, Oravská priehrada ou les Sunny Lakes de Senec offrent un profil différent : les résidences secondaires y sont orientées vers la villégiature estivale, avec baignade, sports nautiques et randonnées. La saison est plus concentrée, mais les prix d’achat peuvent être plus modérés que dans les stations de ski les plus prestigieuses.

4-6

Les rendements locatifs bruts des propriétés au bord des lacs, selon l’emplacement et la capacité à attirer une clientèle internationale.

Villes thermales et tourisme de santé

Des villes comme Piešťany, célèbre pour son thermalisme, accueillent chaque année des dizaines de milliers de curistes, dont une majorité venue de l’étranger. La demande en hébergements longs séjours, meublés et confortables, est structurelle. Pour un investisseur, une résidence secondaire dans ce type de station permet de lisser la saisonnalité, le tourisme de santé se répartissant davantage sur l’année.

Villes universitaires et centres régionaux

Košice, Prešov, Žilina ou encore Nitra sont des villes universitaires ou industrielles dynamiques. Elles combinent tourisme urbain, présence de grandes entreprises (automobile, logistique, IT) et population étudiante. Le segment de la résidence secondaire y prend la forme d’appartements en centre‑ville utilisés quelques semaines par an par le propriétaire, puis loués aux étudiants, aux expatriés ou en courte durée le reste du temps.

5-6

Les rendements locatifs à Košice peuvent atteindre 5 à 6 %, avec des loyers moyens d’environ 723 € par mois.

Un marché sous tension : manque d’offre et pression sur les prix

Si les fondamentaux de la demande sont solides, le principal frein au développement équilibré du marché des résidences secondaires réside dans l’offre. La construction de nouveaux logements, tous segments confondus, reste insuffisante pour répondre aux besoins.

Au premier semestre 2025, seulement 6 836 logements ont été achevés dans tout le pays, soit une baisse de près de 20 % sur un an et un niveau inférieur de 17 % à la moyenne des dix dernières années. Bratislava a connu une chute spectaculaire de la production neuve, avec 974 logements livrés seulement, soit une baisse de 54 % sur un an.

300

C’est le nombre moyen de jours nécessaires pour obtenir un permis de construire en France, soit près du double de la moyenne des pays de l’OCDE.

Cette pénurie structurelle d’offre alimente la hausse des prix, y compris sur les segments secondaires. Elle explique que certaines agglomérations slovaques figurent désormais parmi les villes les moins abordables d’Europe en termes de ratio prix/revenus.

Pour les acquéreurs de résidences secondaires, cette tension se traduit par :

des prix d’entrée plus élevés dans les zones déjà tendues (Tatras, Bratislava, stations thermales),

– un risque de renchérissement des coûts de rénovation,

– mais aussi par une rareté qui soutient la valeur du patrimoine à long terme.

Tendances de fond : efficacité énergétique, télétravail et vieillissement

Au‑delà des chiffres, le marché des résidences secondaires slovaques est influencé par plusieurs tendances de fond.

Une forte demande de logements éco‑énergétiques

La hausse des prix de l’énergie et l’objectif national de neutralité carbone d’ici 2050 poussent propriétaires et investisseurs vers des biens plus performants. Les logements dotés de certificats énergétiques A0, A1 ou B se vendent plus cher et trouvent plus facilement preneur. Des programmes publics, comme « Zelená domácnostiam » (Vert pour les ménages), subventionnent l’installation d’équipements renouvelables ; plus de 86 000 systèmes ont ainsi été financés.

Astuce :

Pour une résidence secondaire, l’installation de panneaux photovoltaïques, le renforcement de l’isolation ou la mise en place d’un chauffage moderne permettent d’améliorer simultanément son attractivité locative et sa valeur de revente, tout en réduisant les charges d’exploitation.

Télétravail et nouvelles pratiques de villégiature

Le télétravail permet à une partie des actifs de s’éloigner des métropoles sans rompre totalement avec leur employeur. Cela ouvre la voie à des séjours prolongés dans des chalets ou maisons de campagne, combinant travail à distance et vie au vert. Certaines résidences secondaires se positionnent désormais comme « workation » : bonne connexion Internet, espaces de travail, et cadre naturel.

Bon à savoir :

Cette tendance permet de soutenir la demande dans des zones traditionnellement très saisonnières en comblant une partie du calendrier en dehors des périodes de vacances scolaires.

Vieillissement de la population et demande de confort

Avec un âge médian de 41,8 ans et une part des 65 ans et plus qui devrait doubler d’ici 2050, la Slovaquie vieillit rapidement. Ce phénomène crée une demande croissante pour des logements accessibles, de plain‑pied ou avec ascenseur, y compris dans le segment des résidences secondaires : maisons de campagne adaptées, appartements de vacances dans des stations disposant d’une bonne offre de soins et de services.

Certaines résidences services pour seniors, comme « SeniorHouse – Dúbravská oáza », illustrent déjà cette convergence entre immobilier résidentiel, santé et loisirs.

Conclusion : un marché attractif mais sélectif

Le marché des résidences secondaires en Slovaquie se trouve à la croisée de plusieurs dynamiques : croissance économique modérée mais stable, forte culture de la propriété, déficit chronique d’offre de logements, essor rapide du tourisme – en particulier dans les montagnes et au bord des lacs – et structuration en cours du marché des locations de courte durée.

Pour un investisseur ou un particulier qui envisage une résidence secondaire dans le pays, plusieurs enseignements se dégagent :

Astuce :

Le marché immobilier slovène présente des opportunités avec des prix encore inférieurs à ceux de l’Europe de l’Ouest, malgré une forte hausse, notamment dans les zones touristiques. Les chalets et cottages bénéficient d’une décote par rapport aux appartements urbains, mais celle-ci se réduit dans les stations prisées. Des rendements locatifs bruts de 4 à 6 % sont accessibles dans de nombreuses zones touristiques, avec des pics plus élevés dans certaines vallées alpines ou villes dynamiques. Le cadre légal est ouvert aux étrangers, sous réserve de respecter les règles sur les terres agricoles et de bénéficier d’un accompagnement juridique. La fiscalité est favorable, sans droit de mutation et avec une exonération potentielle des plus-values après cinq ans, à condition de bien structurer les revenus locatifs.

Dans ce paysage en mutation, la Slovaquie confirme sa place de marché encore « intermédiaire » en Europe : ni aussi cher ni aussi mature que les grandes destinations alpines classiques, mais déjà suffisamment développée pour offrir un couple rendement/risque intéressant sur les résidences secondaires, à condition de choisir soigneusement la localisation, de maîtriser les aspects réglementaires et de raisonner à horizon long terme.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Slovaquie pour chercher du rendement locatif et une exposition à une économie d’Europe centrale en croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Bratislava, Košice, Žilina), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison individuelle dans un quartier en développement de Bratislava, combinant rendement locatif brut cible de 8 à 10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’investissement (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps, afin d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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