Longtemps considéré comme un marché discret, le haut de gamme immobilier en Slovaquie est en train de sortir de l’ombre. Porté par la montée en puissance de Bratislava, l’attrait des montagnes des Hautes Tatras, le dynamisme industriel et une fiscalité plutôt bienveillante, le segment luxe s’impose désormais comme l’un des plus intéressants d’Europe centrale pour les investisseurs comme pour les particuliers fortunés.
Le marché immobilier slovaque offre des opportunités avec une progression des valeurs et des rendements locatifs corrects, tout en restant relativement accessible aux acheteurs étrangers. Cependant, il est caractérisé par une offre neuve chroniquement insuffisante, des écarts de prix spectaculaires entre les régions et un pouvoir d’achat local sous pression.
Un marché national en envolée, dopé par le haut de gamme
Sur l’ensemble du pays, les chiffres parlent d’eux‑mêmes. Entre 2010 et 2025, les prix résidentiels ont plus que doublé, avec une hausse moyenne d’environ 105 %. Les logements anciens ont pris près de 119 % sur la période, la construction neuve environ 75 %. Après une correction en 2023, la hausse a repris de plus belle : au deuxième trimestre 2025, le prix moyen national atteint 2 777 €/m², soit +12,79 % sur un an en nominal (plus de 8 % en termes réels).
C’est la plus forte progression annuelle des prix immobiliers enregistrée au deuxième trimestre 2025, observée dans la région de Košice.
Ce contexte global tire naturellement vers le haut le segment luxe, qui concentre une partie significative des nouvelles hausses. Selon un rapport dédié au marché résidentiel de luxe publié par 6Wresearch (75 pages, 35 graphiques, 20 tableaux), l’augmentation de la demande de la part des hauts revenus, combinée à la croissance des salaires et à un crédit redevenu plus abordable, alimente la progression des volumes et des prix sur ce créneau de 2021 à 2031.
Slovénie, Tchéquie, Autriche : où se place la Slovaquie ?
Pour mesurer le positionnement de la Slovaquie, la comparaison avec ses voisins est éclairante, en particulier sur le segment prime urbain.
| Ville | Prix moyen centre-ville (€/m²) | Prix hors centre (€/m²) |
|---|---|---|
| Vienne | 8 880 | 5 530 |
| Prague | 6 800 | 4 200 |
| Bratislava | 5 200 | 3 370–3 750 |
| Budapest | 4 000 | 2 630 |
Vienne reste hors d’atteinte, avec des prix 83 % plus élevés que ceux de Bratislava dans l’hyper‑centre, et 64 % plus élevés en périphérie. Prague domine également, mais l’écart se resserre. Bratislava se situe au‑dessus de Budapest d’environ 20 à 30 %, ce qui la place dans une zone intermédiaire intéressante : assez chère pour être perçue comme un marché mature, encore nettement moins chère que les capitales ouest‑européennes.
Le marché immobilier slovaque bénéficie d’une « décote relative » qui attire une clientèle internationale diversifiée. Pour l’investissement résidentiel, les acheteurs viennent principalement d’Autriche, de Tchéquie, d’Allemagne, mais aussi de Hongrie, du Royaume-Uni, de Suisse et de Singapour. Sur le segment commercial, les fonds d’investissement d’Europe centrale (notamment tchèques et hongrois) représentent plus de 50% des volumes, tandis que les capitaux d’Europe de l’Ouest (provenant de Suisse, du Royaume-Uni et d’Allemagne) constituent ensemble plus de 30% des investissements.
Bratislava, vitrine du luxe immobilier slovaque
S’il fallait un symbole de la montée en gamme du pays, ce serait Bratislava. La capitale concentre l’essentiel des propriétés de prestige, des tours résidentielles panoramiques aux villas historiques restaurées au pied du Slavín.
En juin 2025, le prix moyen résidentiel à Bratislava atteint 5 200 €/m², un record, soit +10,6 % en un an. Dans les quartiers les plus prisés, certaines hausses dépassent 27 % sur douze mois. Pour les programmes neufs, l’écart est encore plus marqué : l’appartement neuf moyen, TVA incluse, se négocie autour de 5 013 €/m² en 2024 et les prix demandés dans le neuf montent à 5 400 €/m² début 2025, avec une trajectoire projetée autour de 5 600 €/m² fin 2025 et près de 6 000 €/m² pendant 2026.
La tension est particulièrement visible quand on regarde les volumes de construction. Sur l’ensemble de la Slovaquie, 6 836 logements seulement ont été achevés au premier semestre 2025, en baisse de 19,4 % sur un an. Dans la région de Bratislava, la chute est encore plus brutale : 974 logements livrés, soit –54 % par rapport à l’année précédente. Les mises en chantier reculent de 14,5 % et les permis de construire de 13,7 % sur la période.
Nombre d’appartements neufs vendus à Bratislava au premier semestre 2025, soit une progression de plus de 42 % par rapport à l’année précédente.
Le paradoxe est frappant : l’offre neuve se raréfie alors que les ventes repartent à la hausse, dans un contexte de baisse des taux. Résultat : les prix continuent de grimper, avec un avantage net aux biens les mieux situés et les mieux équipés, c’est‑à‑dire le cœur du segment luxe.
Cartographie du haut de gamme bratislavois
Dans le détail, le marché de Bratislava est loin d’être homogène. Plusieurs sous‑marchés se détachent clairement.
| Quartier / secteur | Fourchette de prix typique (2026) | Prix moyen au m² (approx.) | Positionnement luxe |
|---|---|---|---|
| Staré Mesto & Downtown Eurovea | 350 000 € – 1,5 M€+ | 4 800 – 7 500 €/m² | Ultra‑prime |
| Koliba / Slavín / Palisády | 600 000 € – 4 M€ | 4 000 – 6 000 €/m² | Villas de prestige |
| Ružinov | 200 000 € – 450 000 € | 3 400 – 4 500 €/m² | Haut de gamme urbain |
| Petržalka | 150 000 € – 320 000 € | 3 000 – 3 900 €/m² | Milieu + projets vue Danube |
| Quartiers extérieurs (Vrakuna…) | < 250 000 € | 2 600 – 3 300 €/m² | Entrée de gamme |
Staré Mesto, le centre historique, reste l’épicentre du luxe. On y trouve des appartements avec vue sur la cathédrale, des duplex en dernier étage avec terrasses multiples (comme dans le projet Glória), ou encore des biens nichés au pied du château ou dans le nouveau quartier de bord de Danube. Les prix y dépassent aisément 4 000 €/m² et peuvent monter jusqu’à 7 500 €/m² dans les adresses ultra‑prime, par exemple aux derniers étages des tours Eurovea ou Sky Park.
Autour de Slavín et Koliba, le marché immobilier est caractérisé par des villas de haut standing, incluant des demeures historiques des années 1920 rénovées et des maisons contemporaines aux lignes épurées, souvent au sein de résidences sécurisées. Les prix varient généralement entre 1 et 4 millions de dollars pour les propriétés les plus abouties, avec des surfaces habitables dépassant fréquemment 400 à 500 m².
Exemples concrets de propriétés de luxe
Les listings compilés par des agences comme Slovakia Sotheby’s International Realty ou JamesEdition offrent une bonne photographie de ce segment.
| Type de bien | Localisation (résumé) | Prix affiché (USD) |
|---|---|---|
| Villa 4 niveaux près du Slavín (1928, rénovée) | Bratislava, quartier prestigieux | 3 638 600 – 3 993 900 |
| Villa contemporaine avec vue château | Bratislava, Old Town / Slavín | Prix sur demande |
| Villa design 4 chambres, complexe Eleven | Bratislava, Koliba | 1 985 200 |
| Villa résidentielle avec piscine intérieure | Bratislava, Bárdošova | 2 114 400 |
| Appartement 2 chambres, Staré Mesto | Mikulášska / Zámocká | 452 200 – 821 100 |
| Penthouse Eurovea Tower 4 pièces | Bratislava, Eurovea | 1 292 100 |
À côté de ces exemples emblématiques, les plateformes comme JamesEdition recensent environ 76 biens de luxe en Slovaquie, pour un prix moyen autour de 1,58 million de dollars et une surface moyenne d’environ 306 m². Les propriétés vont du loft urbain de deux chambres jusqu’aux domaines de plus de 30 pièces, en passant par des chalets de montagne ultra‑équipés.
Rendements, loyers et dynamique locative
Pour un investisseur, le luxe bratislavois n’est pas seulement un pari sur l’appréciation du capital. Les rendements locatifs restent honorables, même s’ils ont tendance à se comprimer dans les quartiers les plus en vue.
Le rendement brut moyen national de l’immobilier en Slovaquie en juin 2025.
Les loyers bruts reflètent cette tension. Au deuxième trimestre 2025, le loyer moyen demandé pour un appartement à Bratislava est de 890 €/mois, mais les écarts entre quartiers sont marqués : Staré Mesto dépasse 1 180 €/mois en moyenne, Nové Mesto tourne autour de 849 €, Karlova Ves 796 €, Ružinov 790 €. Dans les tours emblématiques, un trois pièces haut perché avec vue sur le Danube peut se louer bien au‑delà, en particulier en location meublée de standing.
À noter que le marché locatif slovaque reste structurellement étroit : à peine 6,9 % des ménages sont locataires, la propriété occupant 93,1 % des résidences principales. Cela limite la profondeur de marché, mais contribue aussi à soutenir les loyers là où l’offre est limitée, en particulier dans la capitale et dans certains pôles régionaux.
Au‑delà de Bratislava : le luxe se diffuse en régions
Si Bratislava concentre le haut de gamme, d’autres régions slovaques construisent progressivement leur propre récit dans le segment luxe, avec des positionnements très différents.
Hautes Tatras et stations thermales : la version « lifestyle »
Le massif des Hautes Tatras et ses alentours sont devenus le terrain de jeu privilégié pour les résidences secondaires de prestige. À Tatranská Lomnica, une villa historique de 1909 signée par l’architecte Gedeon Rimanóczy, implantée sur plus de 4 000 m² de terrain en plein cœur de la station, est proposée comme une opportunité unique de transformation haut de gamme – à condition d’assumer une rénovation lourde.
Non loin de là, à Veľká Lomnica, des maisons en bois avec vues panoramiques sur les pics, à proximité immédiate du golf de Black Stork, se positionnent sur un créneau mêlant résidence principale et location saisonnière premium. Certains chalets, conçus pour être divisibles en deux unités indépendantes, sont dimensionnés pour jouer la carte du « mix usage » : une partie pour le propriétaire, une autre pour l’exploitation locative.
Le Grand Hotel Residence, près de Piešťany, est un hôtel-boutique de bien-être entièrement rénové, situé au bord d’un réservoir. Il combine immobilier de prestige et investissement hôtelier, avec une vingtaine de chambres, un spa et un restaurant dans un parc paysager. Il est à quelques minutes d’une station thermale réputée d’Europe centrale, fréquentée par plus de 40 000 curistes annuels, majoritairement étrangers.
Centres historiques secondaires : patrimoine et repositionnement
En dehors de Bratislava, certaines villes historiques slovaques voient émerger un segment luxe très lié au patrimoine bâti. À Kremnica, bourg minier médiéval célèbre pour sa Monnaie royale – l’une des plus anciennes au monde encore en activité –, un immeuble du XVe–XVIe siècle classé, en plein cœur de la place Štefánik, est proposé à la vente. Le potentiel ? Transformation en boutique‑hôtel, résidence d’artistes, maison de prestige. Même logique à Modra, dans les Petites Carpates, où une vaste villa 1905 nichée dans un parc de plus de 6 000 m² – dotée de piscine intérieure, salles de réception et design intérieur en collaboration avec Versace Home – se prête aussi bien à un usage privé qu’à des événements haut de gamme.
Dans la ville historique de Banská Štiavnica, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, le lotissement privé Grünerka incarne un luxe discret à la croisée de l’architecture durable et de l’héritage minier. Adossé à la colline du Calvaire, il propose des maisons passives au design contemporain. Les prestations vont du gros œuvre jusqu’au « tout inclus », avec des pré-équipements pour la domotique, le photovoltaïque, un jacuzzi ou encore une cave à vin.
Pôles industriels et villes moyennes : un luxe plus fonctionnel
À l’opposé des destinations de loisirs, certaines villes industrielles ou logistiques voient apparaître des propriétés haut de gamme très contemporaines, destinées aux entrepreneurs locaux ou aux cadres expatriés. C’est le cas autour de Nitra, hub automobile, ou de Stupava et Láb, au nord‑ouest de Bratislava, où de grands domaines mêlant villa de 400 à 500 m², dépendances, écuries, piscine et grands terrains (parfois près d’un hectare) sont mis sur le marché, avec une orientation claire vers l’agrément familial ou l’agrourbanisme.
En termes de prix au mètre carré, ces régions restent bien en dessous de la capitale – souvent entre 1 400 et 2 200 €/m² sur le marché résidentiel général – mais le ticket global d’entrée pour une propriété de prestige peut rapidement dépasser le million d’euros du fait des surfaces foncières et des équipements.
Une clientèle de plus en plus internationale et exigeante
Les études dédiées au marché de luxe mettent en avant plusieurs traits communs : montée en puissance des high‑net‑worth individuals, internationalisation des acquéreurs, et exigences accrues en matière de confort, de technologie et de durabilité.
Qui achète du luxe en Slovaquie ?
D’un côté, une clientèle locale enrichie, souvent issue des secteurs automobile, IT, finance ou des services, recherche maisons avec jardin, appartements familiaux avec terrasse, ou résidences secondaires à la montagne. L’âge moyen du primo‑accédant tourne aujourd’hui autour de 34 ans, mais dans le segment luxe, on est plus proche d’une clientèle installée, souhaitant souvent combiner résidence principale et investissement.
La demande non résidentielle en Slovaquie est portée par une clientèle étrangère variée. Les citoyens de l’Union européenne, en particulier les Autrichiens, Tchèques et Allemands, en constituent la majeure partie. Ils sont accompagnés d’investisseurs ukrainiens, serbes, britanniques et suisses. Dans le secteur commercial, les capitaux d’Europe centrale (Tchéquie, Hongrie et Slovaquie elle-même) dominent, mais les fonds suisses, britanniques et allemands sont également bien représentés.
Un élément clé : le cadre juridique est particulièrement ouvert. Les citoyens de l’UE disposent pratiquement des mêmes droits que les Slovaques pour acheter appartements, maisons et la plupart des terrains. Les citoyens non‑européens peuvent, eux aussi, acquérir librement des appartements et bâtiments ; les restrictions visent essentiellement les terres agricoles, les forêts et certaines zones protégées. La fiscalité de transaction est, de surcroît, très favorable : il n’existe plus de taxe de mutation immobilière depuis 2005.
Ce que recherchent les acheteurs haut de gamme
Les critères qui reviennent le plus souvent sont assez homogènes, qu’il s’agisse d’un penthouse à Bratislava ou d’un chalet de montagne :
Les caractéristiques les plus recherchées et valorisantes pour les biens d’exception, des emplacements privilégiés aux équipements haut de gamme.
Localisation centrale (Staré Mesto, Slavín) ou vue remarquable sur le Danube, les Tatras ou des monuments historiques comme le château de Devín.
Terrasses, jardins paysagers, piscines ou loggias. À Bratislava, les appartements avec terrasse et vue se vendent nettement au-dessus du prix moyen.
Domotique intégrale (chauffage, éclairage, audio), ventilation double flux, rafraîchissement de plafond, planchers chauffants et systèmes de sécurité sophistiqués (biométrie, caméras).
Maisons passives, panneaux solaires (progression de 25% en 2 ans), puits géothermiques, récupération d’eau de pluie et matériaux performants.
Piscines, spas privés (sauna, jacuzzi), salles de fitness, caves à vin, parkings souterrains et conciergerie avec surveillance 24/7 dans les résidences fermées.
Dans les projets neufs, la prime payée pour ce niveau d’équipement se voit clairement : à Bratislava, les programmes de standing affichent environ 35 % de surcoût au m² par rapport à des logements anciens comparables, mais ils se vendent rapidement et s’apprécient plus vite en valeur.
Financement, fiscalité et cadre réglementaire : un environnement plutôt pro‑investisseur
Pour un acheteur étranger ou un investisseur, le cadre slovaque présente plusieurs atouts distinctifs, tout en imposant quelques garde‑fous à connaître.
Taux bas, crédit en forte reprise
La politique monétaire de la Banque centrale européenne, entrée en phase d’assouplissement, a entraîné un reflux des taux hypothécaires. En Slovaquie, le taux moyen des nouveaux prêts logement tombe à 3,59 % en juillet 2025, contre 4,19 % un an plus tôt. Sur l’ensemble de l’Europe, le taux moyen de crédit immobilier est plus élevé (environ 4,36 % selon Deloitte), ce qui donne au pays un léger avantage comparatif.
Cette baisse alimente une véritable reprise du crédit : entre janvier et juillet 2025, le flux de nouveaux prêts immobiliers atteint 13,04 milliards d’euros, soit +76,1 % par rapport à la période équivalente de 2024. L’encours total de dettes logement s’élève à 42,3 milliards d’euros à l’été 2025.
Pour les étrangers, l’accès au crédit existe mais reste plus contraignant : apport de 20 à 30 % exigé, taux souvent 0,2 à 0,5 point plus élevés que pour les résidents, et nombre limité d’établissements acceptant les non‑résidents (notamment Slovenská sporiteľňa, Tatra banka ou VÚB).
Une fiscalité des transactions très légère
L’un des arguments majeurs en faveur de la Slovaquie est l’absence de véritable « droit de mutation » : aucun impôt spécifique n’est dû à l’État lors de l’acquisition d’un bien immobilier, contrairement à ce qui se pratique dans de nombreux pays européens.
Les coûts de transaction pour l’acheteur se composent donc essentiellement :
– d’honoraires d’agence (2 à 5 % du prix, parfois inclus côté vendeur),
– de frais juridiques (généralement autour de 1 %, souvent forfaitisés entre 500 et 2 000 €),
– de la taxe foncière annuelle (souvent entre 50 et 500 € pour un appartement),
– de frais de notaire et d’enregistrement au cadastre (quelques centaines d’euros).
Les coûts additionnels à prévoir sont d’un autre ordre : travaux de rénovation, ameublement, aménagement. Pour un bien ancien, il est courant de prévoir 8 à 18 % du prix pour ces dépenses ; pour un neuf, 4 à 7 % suffisent généralement.
À la revente, la fiscalité reste compétitive : la plus‑value est exonérée lorsque le bien est détenu plus de cinq ans ou qu’il a servi de résidence n’ayant pas un usage professionnel ; sinon, elle est imposée comme un revenu (19 % jusqu’à un certain plafond, puis 25 %). Les revenus locatifs, eux, sont soumis à ces mêmes tranches, avec possibilité de déduire des charges réelles ou un forfait de 60 % plafonné.
Un droit de propriété ouvert aux étrangers, mais des garde‑fous
Sur le plan juridique, la Slovaquie a largement libéralisé l’accès des non‑résidents à son marché immobilier depuis son entrée dans l’Union européenne. Les points clés :
Les citoyens de l’UE peuvent acheter librement tout type de bien immobilier. Les citoyens non-UE peuvent acquérir des biens bâtis (appartements, maisons) sans restriction majeure, mais l’achat de terres agricoles, de forêts ou dans des zones protégées est soumis à des limitations et parfois à des règles de réciprocité. Il est important de noter que l’achat d’un bien n’accorde pas automatiquement un titre de séjour ; il n’existe pas de programme ‘Golden Visa’. Cependant, posséder un bien peut appuyer une demande de résidence pour d’autres raisons (affaires, emploi, famille).
Le processus d’acquisition peut être mené à distance via une procuration, à condition de passer par un avocat ou un notaire local. En pratique, la sécurisation de la transaction repose sur une due diligence minutieuse du cadastre (vérification des titres, hypothèques, servitudes, droits de préemption, éventuelles réclamations de restitution post‑socialistes, conformité urbanistique). C’est là l’un des principaux points de vigilance pour les investisseurs étrangers.
Risques, tensions et perspectives : la face cachée du boom
Derrière l’attrait indéniable du luxe immobilier slovaque, plusieurs signaux invitent à la prudence.
Accessibilité en berne, pression sur les ménages
Les prix ayant flambé plus vite que les revenus, l’accessibilité au logement s’est nettement détériorée. Selon plusieurs études, trois villes slovaques figurent déjà parmi les sept marchés résidentiels les plus difficiles d’accès en Europe. Les ménages consacrent plus de 30 % de leurs dépenses au logement et à l’énergie, et cette part est appelée à croître.
Cette tension n’est pas sans risques pour le segment luxe. D’un côté, elle crée un fossé entre marché prime et marché de masse ; de l’autre, elle alimente les débats politiques sur une possible hausse de la fiscalité immobilière à moyen terme (notamment au niveau municipal), ce que les analystes mentionnent déjà parmi les facteurs susceptibles de freiner l’enthousiasme des investisseurs.
Volatilité macroéconomique et fiscalité mouvante
Sur le plan macroéconomique, la Slovaquie affiche une croissance modérée (autour de 2 % en 2024, 1,5 % attendus en 2025) et un chômage contenu (5,3 % au deuxième trimestre 2025), mais elle reste exposée à des risques structurels : dépendance aux exportations, vieillissement marqué de la population, déficits publics élevés (5,3 % du PIB en 2024) et dette en hausse (près de 60 % du PIB, avec une trajectoire vers 63 %).
Taux d’inflation atteint à l’été 2025, après une baisse sous les 3 % en 2024.
Certains investisseurs institutionnels slovaques envisagent déjà de déplacer une partie de leurs investissements immobiliers à l’étranger, invoquant la charge croissante sur les foyers et l’incertitude fiscale. À l’inverse, la stabilité politique relative, la notation souveraine « A‑ » avec perspective stable attribuée par Fitch, et le maintien des taux bas restent des éléments de soutien à moyen terme.
Offre insuffisante, risques de surchauffe locale
Sur le segment luxe, la rareté de l’offre constitue à la fois un moteur de prix et une source de vulnérabilité. Lorsque les livraisons de logements chutent de plus de 50 % en un an dans la région de la capitale, alors que le crédit s’envole de plus de 70 %, le cocktail est forcément explosif. À court terme, les signes d’une véritable bulle spéculative ne sont pas avérés : les hausses de prix restent globalement en ligne avec l’évolution des revenus des ménages et le taux de vacance ne dérape pas.
À l’échelle micro, certains sous-marchés immobiliers ultra-prime (petits appartements dans des tours iconiques, villas dans des quartiers en vue) sont plus exposés à un retournement. Ce risque peut se matérialiser si une partie de la demande internationale se retire ou en cas de remontée brutale des taux d’intérêt.
À quoi s’attendre pour les prochaines années ?
Les projections disponibles, qu’elles viennent de la Banque nationale de Slovaquie, de groupes bancaires ou de cabinets d’analyse, convergent sur plusieurs points.
Le prix moyen attendu pour les appartements à Bratislava vers 2026, en euros par mètre carré.
Pour les investisseurs et acquéreurs fortunés, la Slovaquie offre donc un profil singulier : un marché encore « jeune » en termes de notoriété internationale, mais déjà très performant en termes de croissance de prix, avec un environnement réglementaire plutôt accueillant, une fiscalité mesurée et une profondeur de produits qui s’étoffe rapidement – du penthouse urbain ultra‑design à la villa de campagne autosuffisante, en passant par les chalets de montagne premium et les demeures historiques restaurées.
Le marché immobilier de luxe slovaque doit maintenir sa dynamique sans exclure les ménages locaux et encadrer son essor pour éviter une bulle spéculative, condition essentielle pour rester l’un des marchés les plus attractifs et équilibrés d’Europe centrale.
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Slovaquie pour rechercher du rendement locatif et une exposition à une économie d’Europe centrale en croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Bratislava, Košice, Žilina), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison individuelle dans un quartier en développement de Bratislava, combinant un rendement locatif brut cible proche de 8 à 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection de la ville et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.
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