Acheter un bien immobilier en tant qu’étranger en Slovaquie : mode d’emploi complet

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un appartement à Bratislava, une maison à Košice ou un chalet près des Tatras est aujourd’hui parfaitement possible pour un non‑résident. La Slovaquie combine un marché encore abordable à l’échelle européenne, un cadre juridique plutôt protecteur et une fiscalité immobilière globalement modérée. Mais derrière cette simplicité apparente se cache un processus très codifié, avec des zones grises pour les étrangers, surtout dès qu’il est question de terrains agricoles, de financement ou de fiscalité.

Bon à savoir :

Cet article détaille le processus d’achat immobilier en Slovaquie pour les étrangers, étape par étape, en expliquant le droit en vigueur ainsi que les pratiques des banques et des professionnels locaux.

Qui peut acheter un bien en Slovaquie et où se situent les vraies limites ?

En Slovaquie, le principe de base est clair : la Constitution garantit le droit de propriété et les personnes étrangères – particuliers comme sociétés – peuvent, en règle générale, acquérir des biens immobiliers. Mais ce principe est modulé par plusieurs lois sectorielles.

Les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse bénéficient pratiquement des mêmes droits que les Slovaques pour l’achat de logements, d’immeubles, de terrains à bâtir ou de la plupart des autres catégories de biens. Ils ne sont pas soumis aux restrictions les plus sensibles, notamment sur les terres agricoles.

Astuce :

Les ressortissants de pays tiers peuvent acheter sans restriction des appartements, maisons, immeubles commerciaux et cottages. Cependant, l’acquisition de terrains agricoles, forestiers ou de biens situés en zone naturelle protégée est soumise au principe de réciprocité (loi n° 140/2014). Si le pays d’origine de l’investisseur n’autorise pas les citoyens slovaques à y acquérir de telles terres, l’achat est restreint. Une solution courante consiste alors à créer ou utiliser une société slovaque comme véhicule d’acquisition pour contourner cette limitation.

Des limitations existent aussi pour certaines catégories très spécifiques : biens classés monuments culturels, parcelles appartenant à l’État ou aux municipalités, ou encore actifs considérés comme propriété exclusive de la République slovaque (gisements minéraux, eaux souterraines, sources thermales, grottes, cours d’eau). Ces éléments ne sont pas cessibles à des investisseurs privés, étrangers ou non.

Bon à savoir :

La Slovaquie n’impose aucune limite légale sur le nombre de propriétaires étrangers dans un immeuble ou un quartier. Il est donc possible, notamment à Bratislava, qu’un immeuble résidentiel soit majoritairement détenu par des non-résidents.

Acheter sans visa ni résidence : ce que permet vraiment la loi

Un point clé pour les investisseurs : il n’est pas nécessaire de disposer d’un titre de séjour ni même d’un visa de long séjour pour acheter un bien immobilier. Une personne peut devenir propriétaire en Slovaquie en tant que simple touriste ou même sans avoir jamais mis les pieds dans le pays, à condition de respecter le formalisme des contrats et de la publicité foncière.

Attention :

L’achat d’un bien immobilier n’accorde pas automatiquement un droit de séjour ni ne constitue un raccourci vers la citoyenneté. Pour un séjour de plus de 90 jours sur 180, les voies classiques (emploi, création d’entreprise, études, regroupement familial) restent obligatoires. Bien que la possession d’un logement puisse renforcer un dossier de résidence en attestant d’un hébergement et d’un ancrage local, elle n’est jamais suffisante à elle seule.

Cette dissociation nette entre immigration et investissement suppose donc, pour un étranger, de bien distinguer deux démarches : l’acquisition immobilière d’un côté, et la question de son statut de séjour de l’autre.

Cadastre, droit civil et types de propriété : les règles du jeu

Le système foncier slovaque repose sur un registre public, le Cadastre immobilier (Cadastral Registry), régi par la loi n° 162/1995 Coll. C’est ce registre qui confère l’opposabilité des droits : tant que le transfert de propriété n’y est pas inscrit, l’acheteur n’est pas considéré comme propriétaire, même si le prix est payé et le contrat signé.

Bon à savoir :

Le cadastre slovaque (List vlastníctva) permet de vérifier en ligne, gratuitement et à distance, les informations essentielles sur un bien : propriétaires, description, parts indivises, hypothèques, servitudes, droits de préemption et certains baux longs. Cependant, les documents juridiques sous-jacents (contrats, jugements) ne sont consultables que par les parties concernées ou leurs représentants légaux.

Un principe important structure le marché : en droit slovaque, le bâtiment n’est pas automatiquement une partie intégrante du terrain. Un immeuble et la parcelle qu’il occupe peuvent donc appartenir à des personnes différentes. Cette dissociation impose une vigilance particulière lors de l’achat : l’investisseur doit s’assurer de la propriété non seulement du bâtiment, mais aussi du terrain, ou au minimum de l’existence de droits d’usage sécurisés (bail, servitude).

Bon à savoir :

Dans les immeubles collectifs, le régime est défini par la loi n° 182/1993. Chaque propriétaire possède un lot privatif (appartement, bureau) et une quote-part des parties communes (structure, toit, escaliers, équipements). La gestion est assurée par la communauté des copropriétaires ou une association, qui peut décider des appels de fonds, adopter un règlement et engager des travaux.

Les étapes clés du processus d’achat pour un étranger

Malgré les spécificités locales, le parcours type d’un achat immobilier en Slovaquie suit un schéma relativement classique : recherche, négociation, vérifications, contrat, paiement sécurisé, enregistrement.

Après la sélection du bien – souvent avec l’aide d’une agence, de plateformes en ligne ou d’un chasseur immobilier – l’acheteur étranger entre dans une phase de négociation avec le vendeur, portant à la fois sur le prix, les délais, les modalités de paiement, le mobilier éventuellement inclus, et les conditions suspensives (obtention de financement, régularisation d’un permis, etc.).

5 à 10

Pourcentage du prix d’un bien immobilier généralement versé comme dépôt lors de la signature d’un compromis ou d’une convention de réservation.

Vient ensuite le contrat de vente définitif (kúpna zmluva). La loi exige la forme écrite. Le document doit comporter un certain nombre d’éléments essentiels : identité complète des parties, description précise du bien selon les références cadastrales, prix et modalités de paiement, indication des droits annexes (part des parties communes, servitudes, baux en cours, etc.). Il est possible de rédiger le contrat en slovaque et dans une autre langue, ou d’y joindre une traduction assermentée. En pratique, le texte opposable au Cadastre est en slovaque ou en tchèque.

Attention :

La signature du vendeur doit obligatoirement être authentifiée par un notaire ou un avocat habilité pour l’inscription au Cadastre. Celle de l’acheteur, bien que non toujours exigée, est généralement aussi certifiée dans les transactions importantes pour une sécurité renforcée.

Enfin, l’ensemble – contrat signé, formulaires officiels, justificatifs – est déposé à l’office cadastral compétent. C’est cette étape qui fait juridiquement basculer la propriété, à l’issue d’un délai d’instruction standard de 30 jours ou accéléré de 15 jours. En cas de dépôt électronique, certaines taxes sont réduites, ce que les avocats et notaires locaux exploitent fréquemment.

Due diligence : l’étape que les étrangers ont le plus tendance à sous‑estimer

Les autorités et les praticiens insistent sur un point : en Slovaquie, la simple inscription au Cadastre ne garantit pas à 100 % que le titulaire enregistré soit bien le vrai propriétaire. Des erreurs historiques ou des irrégularités dans la chaîne des transferts peuvent subsister. Une étude juridique préalable sérieuse est donc considérée comme une composante essentielle de tout investissement.

Exemple :

Une due diligence de propriété reconstitue la chronologie des transmissions sur au moins dix ans, voire plus dans des contextes complexes comme les restitutions post-communistes, les partages successoraux délicats ou les divorces. Elle permet de détecter des vices tels qu’un contrat signé par un représentant sans pouvoir valide, une cession ayant ignoré le droit de préemption d’un copropriétaire, ou l’absence de consentement du conjoint pour un bien commun.

Elle inclut aussi la recherche de toutes les charges et servitudes enregistrées : hypothèques, gages au profit de banques, droits de passage, servitudes de canalisation, préemptions contractuelles. Certaines charges légales – comme des baux de plus courte durée – peuvent ne pas apparaître au Cadastre ; d’où l’importance de demander au vendeur tous les contrats de location et de vérifier la situation auprès du gestionnaire d’immeuble.

Astuce :

La due diligence en matière d’urbanisme implique de consulter systématiquement le plan de zonage (územný plán) de la commune, ainsi que les permis de construire et d’occupation et toute décision de mise en conformité. Cette étape est cruciale pour les projets de rénovation ou de développement, car l’acquisition d’un terrain non constructible ou d’un ‘chalet de week-end’ non autorisé pour un usage permanent peut présenter des risques importants. Il convient également de noter que des régimes particuliers, pouvant inclure un droit de préemption de l’État, s’appliquent aux zones naturelles protégées ou aux monuments historiques.

Enfin, il faut vérifier la situation environnementale : pollutions éventuelles des sols ou bâtiments, présence d’installations industrielles anciennes, proximité de décharges. En principe, le pollueur originel est responsable ; mais en pratique, le nouveau propriétaire peut se voir imposer des obligations de dépollution s’il reprend un site contaminé. La loi obligera le vendeur à signaler toute contamination dont il a connaissance, mais il n’est pas rare que les informations soient lacunaires, d’où l’intérêt d’audits techniques lorsque la suspicion existe.

Le rôle des co‑propriétaires, du conjoint et des droits de préemption

Le droit civil slovaque protège les copropriétaires et les conjoints à travers un mécanisme de préemption. Lorsqu’un bien est détenu en indivision ordinaire (hors régime matrimonial), chaque copropriétaire bénéficie d’un droit prioritaire pour racheter la part de celui qui souhaite vendre. Ce droit ne joue pas si la part est cédée à un proche parent, mais il doit être respecté dans les autres cas. À défaut, la vente est entachée d’une invalidité relative : les autres indivisaires peuvent contester l’opération en justice dans un délai de trois ans à compter de l’offre irrégulière.

Attention :

Pour la vente d’un bien relevant de la communauté conjugale, l’accord des deux époux est requis. Un contrat signé par un seul conjoint est nul. L’acheteur doit donc vérifier la situation matrimoniale du vendeur et exiger, le cas échéant, la signature conjointe ou une procuration valide.

À côté de ces préemptions privées, l’État dispose d’un droit de préférence sur les monuments culturels classés et sur certains terrains situés dans des zones protégées. Concrètement, lors de la vente d’un immeuble classé, le vendeur doit notifier l’offre à l’État, qui peut l’égaliser pour se porter acquéreur prioritaire. Si l’État ne peut aligner les conditions proposées par un tiers, ce droit tombe et la vente au privé devient possible.

Le financement : des banques ouvertes aux étrangers, mais sélectives

Les étrangers peuvent solliciter un crédit hypothécaire auprès des banques slovaques, mais les conditions sont plus strictes que pour les résidents nationaux. Le régulateur – la Banque nationale de Slovaquie (NBS) – encadre les ratios d’endettement, le niveau des apports et la part de prêts très fortement levierisés que les banques peuvent accorder.

Pour un non‑résident, les établissements pratiquent souvent des ratios de financement (Loan‑to‑Value) compris entre 70 et 80 % de la valeur du bien, contre 90 % possible pour certains profils locaux. En pratique, il est donc prudent de prévoir un apport personnel d’au moins 20 %, voire 30 % pour les profils jugés plus risqués. Les prêts au‑delà de 80 % sont contingentés et réservés aux dossiers les plus solides, avec une fréquence limitée par trimestre.

Bon à savoir :

Les banques évaluent rigoureusement plusieurs éléments pour accorder un crédit : le statut de résidence, le pays d’origine, ainsi que la nature et la source des revenus. Les ressortissants de l’UE/EEE avec un emploi stable en Slovaquie ou des revenus en euros facilement vérifiables sont les plus favorisés. Les chances d’obtention varient aussi selon le pays d’origine, car les établissements classent les États par catégories de risque, et les candidats de pays considérés à haut risque ont des possibilités fortement réduites.

Les critères d’octroi incluent un âge minimum de 18 ans, un horizon de remboursement se terminant généralement avant 65‑70 ans, un historique professionnel d’au moins 6 à 12 mois pour les salariés, et une activité de un à deux exercices fiscaux complets pour les entrepreneurs. Les banques contrôlent les bases de données de crédit sur les cinq dernières années et refusent généralement les personnes figurant dans des registres de débiteurs. Par ailleurs, les règles de solvabilité imposent que la charge totale de remboursement ne dépasse pas un certain pourcentage du revenu net et que le niveau total d’endettement reste inférieur à un multiple du revenu annuel (ratio DTI).

150-300

Le coût d’une expertise immobilière requise pour un prêt hypothécaire en Slovaquie, généralement facturé entre 150 et 300 euros.

Les taux pratiqués dépendent de la durée de fixation et du profil de risque. Pour des étrangers finançant jusqu’à 80 % du prix, les barèmes observés se situent autour de 3 à 4,6 % pour des fixations de 3 à 5 ans, avec des variations selon les banques et les produits (prêt standard, refinancement, prêt hypothécaire de type « American mortgage » pour d’autres usages).

Coûts annexes et fiscalité de l’acquisition : une image globalement favorable

Un atout de la Slovaquie pour l’investisseur étranger tient à la suppression de plusieurs impôts classiques dans d’autres pays. Il n’existe plus ni taxe de mutation immobilière (droit d’enregistrement proportionnel au prix), ni droits de donation ou de succession. La cession de propriété en elle‑même n’est donc plus taxée depuis 2005, ce qui réduit sensiblement le coût d’entrée.

66

Les droits de dépôt au Cadastre pour une procédure standard d’achat immobilier s’élèvent à environ 66 euros.

En pratique, la plupart des analyses situent les coûts de transaction totaux pour l’acheteur entre 3 et 9 % du prix, avec une fourchette plus resserrée autour de 5 à 7 % lorsque le vendeur prend à sa charge la partie la plus lourde de la commission d’agent.

Bon à savoir :

Les ventes entre particuliers hors activité économique sont exonérées de TVA. La cession d’un immeuble neuf (généralement dans les 5 ans après achèvement) par un professionnel (promoteur, société) est soumise à la TVA au taux standard (20%). Les terrains nus sont exonérés, sauf les terrains à bâtir ou cédés avec un bâtiment. En B2B, un vendeur assujetti peut opter pour une taxation volontaire afin de récupérer la TVA.

En parallèle, un impôt de 0,4 % sur les paiements cashless effectués à partir de comptes professionnels a été introduit à compter de 2025, plafonné à 40 euros par transaction. Cela touche surtout les flux bancaires des entreprises, pas directement les particuliers, mais peut marginalement renchérir certains paiements de promoteurs ou de sociétés d’investissement.

La fiscalité de la détention et de la revente pour un étranger

Une fois propriétaire, l’investisseur étranger est redevable de plusieurs catégories d’impôts sur son bien et les revenus qu’il génère.

Chaque année, les municipalités prélèvent une taxe foncière composée de trois segments potentiels : taxe sur les terrains, taxe sur les bâtiments et taxe sur les appartements. Cette taxe est calculée non sur la valeur de marché, mais sur la superficie (m²) et la nature de l’usage. Les taux de base sont relativement faibles (quelques centimes par m²), mais les communes peuvent appliquer des coefficients multiplicateurs. Concrètement, un appartement standard supporte souvent entre 40 et 200 euros de taxe annuelle dans la plupart des villes, avec des montants plus élevés à Bratislava (souvent 100 à 500 euros). Une maison individuelle peut aller de l’ordre de 120 à 450 euros par an selon sa taille et sa localisation.

Bon à savoir :

Pour un propriétaire bailleur, les loyers perçus en Slovaquie constituent un revenu imposable dans le pays, que le contribuable y réside ou non. L’impôt sur le revenu des personnes physiques est progressif : 19 % jusqu’à un seuil annuel d’environ 47 500 €, puis 25 % au-delà. Les charges liées à la location (frais de gestion, travaux, assurances, intérêts d’emprunt, taxe foncière) sont déductibles, soit au réel, soit via des forfaits si la loi le permet. Les conventions de non-double imposition évitent une double imposition pour les non-résidents.

La plus‑value en cas de revente bénéficie d’un régime intéressant : il n’existe pas de « taxe sur les gains immobiliers » comme impôt autonome. Le gain est intégré au revenu imposable, mais de larges exonérations s’appliquent. Deux cas principaux ouvrent droit à une exonération : lorsque le bien, utilisé hors activité commerciale, a été détenu depuis plus de cinq ans ; ou lorsqu’il s’agit de la résidence principale du cédant, occupée au moins deux ans, et non affectée à un usage professionnel au cours des cinq dernières années. Si ces conditions ne sont pas remplies, la plus‑value nette est taxée aux mêmes taux que les autres revenus des particuliers (19/25 %). Pour les sociétés, les gains de cession entrent dans l’assiette de l’impôt sur les sociétés (21 % en régime normal, 10 % pour les petites entreprises sous un certain seuil de bénéfice, 24 % pour les bénéfices très élevés à partir de 2025).

Bon à savoir :

Il n’existe pas d’impôt sur la fortune immobilière au niveau national, ni de droits spécifiques sur la détention d’un patrimoine élevé.

Acheter en direct ou via une société : deux logiques différentes

Un étranger peut acheter à son nom propre ou via une structure juridique immatriculée en Slovaquie. Le choix dépend du profil, du volume d’investissement et du projet (usage personnel pur, location, développement, revente rapide).

Bon à savoir :

La forme la plus courante est la société à responsabilité limitée (s.r.o.), nécessitant un capital social minimum de 5 000 € (dont 750 € minimum par associé). Les sociétés anonymes (a.s.) ou en commandite (k.s.) sont adaptées aux projets d’envergure ou aux montages d’investissement collectif. La création d’une structure engendre des frais, mais offre des avantages comme la responsabilité limitée, l’optimisation fiscale et la possibilité de transmettre des actifs via la cession de parts sociales plutôt qu’une vente immobilière directe.

Lorsque l’on rachète un bien détenu par une société, l’investisseur peut choisir de signer une vente de l’actif (Asset Deal) ou une cession de titres (Share Deal). Dans un Asset Deal, on achète directement l’immeuble, sans reprendre les autres engagements de la société vendeuse. Dans un Share Deal, on prend le contrôle de la société qui porte l’actif, en assumant du même coup ses passifs, ses contrats, ses litiges éventuels. Cette seconde option peut être fiscalement intéressante pour le vendeur, ou plus simple si le bien est très intégré dans l’activité de l’entreprise, mais elle impose une due diligence encore plus large : audit juridique et financier de la société, des contrats commerciaux, de la situation fiscale, de la conformité comptable.

Acheter depuis l’étranger : la puissance de la procuration

La législation slovaque permet à un non‑résident de mener l’intégralité de son investissement à distance. En pratique, de nombreux étrangers confient un mandat (pouvoir) à un avocat ou à un agent immobilier certifié, qui se charge des visites, des négociations, des signatures, du dépôt au Cadastre et des relations avec les banques.

Attention :

Pour être valable en Slovaquie, un pouvoir donné à un représentant doit être établi par écrit, légalisé (apostille ou légalisation consulaire selon le pays d’origine) et, si nécessaire, traduit de manière assermentée en slovaque. Ce processus formel, bien que crucial pour permettre à l’investisseur absent d’agir, nécessite de sélectionner un intermédiaire absolument fiable et expérimenté dans les affaires internationales.

La généralisation des visites virtuelles, des réunions en visioconférence et des échanges électroniques de documents facilite ce type d’opérations. Toutefois, il reste fortement recommandé d’effectuer au moins une visite physique avant de signer définitivement, notamment pour juger de la qualité du voisinage, de l’environnement immédiat, du niveau sonore, de la luminosité – des éléments que les images ne révèlent pas toujours.

Pourquoi s’entourer de professionnels locaux est quasi indispensable

La combinaison d’un droit civil spécifique, d’un formalisme cadastral fort, d’une fiscalité nuancée et d’un marché local très segmenté rend l’accompagnement professionnel particulièrement précieux pour un étranger.

Bon à savoir :

L’avocat slovaque est central dans une transaction immobilière. Son rôle va bien au-delà de la rédaction de contrats : il effectue des vérifications au Cadastre, analyse les titres de propriété antérieurs, identifie les risques (servitudes, baux, litiges, co-propriétaires introuvables), négocie les clauses de garantie, supervise les flux de paiement (parfois via un compte séquestre) et gère le dépôt d’inscription. Ses honoraires sont un coût marginal comparé aux risques d’un achat mal sécurisé, d’autant que la jurisprudence slovaque ne reconnaît pas toujours aussi facilement qu’en common law les mécanismes contractuels de « representations and warranties ».

Le notaire, de son côté, intervient principalement pour authentifier les signatures et parfois pour conserver le prix dans le cadre d’un séquestre notarial. Il ne remplace pas l’avocat dans l’analyse des risques juridiques.

Bon à savoir :

L’agent immobilier agit comme un filtre et un facilitateur. Grâce à ses bases de données internes sur les transactions, il aide à fixer un prix réaliste et à éviter de surpayer. Il possède une connaissance approfondie des quartiers, des projets d’urbanisme et des pratiques du marché. Son accompagnement peut également inclure l’aide à la constitution d’un dossier de financement, la préparation des documents pour la banque et la coordination entre toutes les parties (vendeur, banque, notaire, avocat, gestionnaire).

Exemple de répartition indicative des coûts d’une acquisition

Le tableau ci‑dessous illustre, à titre indicatif, la structure de coûts pour l’achat d’un appartement de 250 000 euros financé en partie par crédit :

Poste de coûtMontant approximatifCommentaire
Cadastre (procédure standard)66 €Inscription de la propriété
Certification de signatures20–40 €Plusieurs signatures chez le notaire
Honoraires d’avocat1 500–2 000 €Représente 0,6–0,8 % du prix
Expertise pour la banque150–300 €Évaluation du bien
Traductions assermentées200–500 €Selon volume de documents
Commission d’agence (si à charge)5 000–12 500 € (2–5 %)Variable selon mandat et négociation
Total charges hors mobilier/travauxEnviron 3–8 % du prixSelon qui paie la commission et l’enveloppe juridique

Ces chiffres, fondés sur les fourchettes fournies par les textes, montrent que la majeure partie des coûts n’est pas fiscale, mais provient des prestations de marché (intermédiation, conseil, traductions).

Où investir ? Aperçu des grandes villes et des fourchettes de prix

Pour un étranger, la première décision stratégique consiste à choisir la ville ou la région d’investissement. La Slovaquie offre un spectre assez large, allant des quartiers prime de Bratislava aux villes régionales à haut rendement locatif.

Le tableau ci‑dessous résume quelques ordres de grandeur de prix moyens au mètre carré et de rendements bruts repérés dans les principales agglomérations :

Ville / RégionPrix moyen appart. (€/m²)Rendement locatif approximatif
Bratislava2 700–3 041 €4–4,4 %
Košice1 200–1 350 €5–6 %
Prešov< 1 000 €Forte croissance des loyers
Žilina≈ 1 400 €≈ 5,8 %
Trnava≈ 1 500 €4–5 %
Banská Bystrica1 100–1 300 €Variable
Trenčín≈ 1 200 €Variable
Poprad / Martin900–1 100 €Marchés émergents
Ružomberok< 1 200 €Marché émergent

Bratislava concentre logiquement la plupart des acheteurs internationaux, notamment dans les arrondissements de Staré Mesto (centre historique), Ružinov et Petržalka, où l’offre se répartit entre bâtiments anciens rénovés, ensembles de l’ère socialiste et programmes neufs. Les prix de certains biens de luxe peuvent largement dépasser 4 000 à 7 500 euros/m² dans les emplacements premium.

Bon à savoir :

Les villes comme Košice, Prešov, Žilina ou Trnava proposent des prix d’achat immobiliers nettement inférieurs à Bratislava, avec des rendements locatifs parfois plus élevés. Cette dynamique est soutenue par la présence d’universités ou d’industries spécifiques : secteur technologique à Košice, logistique à Žilina, et proximité de la capitale pour Trnava.

Les régions de montagne (Vysoké Tatry et environs) et les stations thermales (Piešťany, par exemple) attirent aussi des investisseurs intéressés par les résidences secondaires ou les locations touristiques, avec des rendements bruts pouvant atteindre 5 à 7 % sur certains produits.

Risques spécifiques et erreurs fréquentes des acheteurs étrangers

Malgré un cadre juridique protecteur, de nombreux étrangers commettent des erreurs évitables, souvent par manque de préparation ou de compréhension fine du contexte local.

L’un des faux pas les plus courants consiste à ne pas vérifier correctement la classification du terrain. En zone rurale, il arrive que des maisons ou cottages soient construits sur des parcelles officiellement agricoles ou forestières, avec des restrictions fortes à la construction, à la rénovation ou au changement d’usage. Acheter ce type de bien sans évaluation claire expose à des refus de permis, voire à des mesures de remise en état.

Attention :

Avant l’achat d’un bien rustique, il est crucial de vérifier son accès. Certains biens ne sont desservis que par des chemins privés appartenant à des tiers et sans servitude de passage officielle au Cadastre. L’acheteur peut ainsi devenir dépendant de la bonne volonté d’un voisin, ce qui peut compromettre toute valorisation future du bien.

Les omissions liées aux encumbrances (hypothèques non levées, servitudes défavorables, baux commerciaux à long terme) constituent un troisième type de risque. Les textes rappellent que la non‑divulgation par le vendeur d’un défaut connu, qu’il soit matériel (pollution, vices structurels) ou juridique (charge, litige, droit de tiers), ouvre à l’acheteur des recours : réduction du prix, voire résolution du contrat. Mais ces actions doivent être intentées dans des délais relativement courts (en principe 24 mois pour les défauts, trois ans pour la plupart des actions civiles), ce qui impose de détecter les problèmes rapidement.

Astuce :

Les stratégies visant à réduire les coûts en renonçant à un conseil juridique peuvent s’avérer contre-productives. Économiser quelques centaines ou milliers d’euros sur les honoraires d’un avocat expose à des risques majeurs. Cela peut facilement se transformer en un litige bien plus coûteux, en particulier pour des opérations sensibles comme les Share Deals (cession de parts) ou les transactions impliquant des terrains ou des situations complexes.

Enfin, il ne faut pas surestimer les possibilités d’acquisition de terres agricoles pour des non‑ressortissants de l’UE. La loi sur les terrains agricoles, fondée sur la réciprocité, et les règles relatives à la division minimale des parcelles (interdiction de morceler sous 3 000 m² pour les terres agricoles, 5 000 m² pour les forêts, avec contributions supplémentaires entre certains seuils) limitent les possibilités d’investissement spéculatif sur les petites parcelles.

En résumé : un marché accessible mais exigeant en préparation

Le cadre slovaque offre aux étrangers un accès large à la propriété résidentielle et commerciale, sans quotas, sans droits de mutation proportionnels et avec des perspectives de rendement correctes, en particulier dans les villes régionales. Les banques sont ouvertes au financement des non‑résidents, à condition de présenter un dossier solide et un apport significatif. La fiscalité de la détention et de la revente reste compétitive, surtout pour ceux qui s’inscrivent sur un horizon de plus de cinq ans.

Attention :

L’acquisition d’une fermette en France exige une préparation rigoureuse, incluant la compréhension des règles sur les terrains agricoles, la vigilance sur la dissociation entre le terrain et le bâtiment, une étude minutieuse des titres cadastraux, la prise en compte des droits des co‑propriétaires et conjoints, la vérification des plans d’urbanisme et des autorisations de construire, ainsi que la gestion des aspects bancaires, fiscaux et linguistiques.

Pour un étranger prêt à s’appuyer sur des professionnels locaux – avocats, notaires, agences sérieuses, conseillers fiscaux – le processus d’achat immobilier en Slovaquie est parfaitement maîtrisable. À condition de respecter le temps de la due diligence et de ne pas confondre rapidité d’exécution et précipitation, il permet de se positionner sur un marché encore en croissance, au cœur de l’Europe, avec un niveau de sécurité juridique et économique solide.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique exemple : un investisseur français qui diversifie en Slovaquie
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe de l’Ouest, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Slovaquie pour chercher du rendement locatif et une exposition à un marché d’Europe centrale en croissance. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Bratislava, Košice, Žilina), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison individuelle dans un quartier en développement de Bratislava, combinant un rendement locatif brut cible de 7 à 8 % – « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure d’investissement (propriété directe ou via société slovaque) et définition d’un plan de diversification patrimoniale dans le temps.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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