Les avantages fiscaux pour les investisseurs immobiliers au Pays-Bas

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Les Pays-Bas sont souvent présentés comme un environnement fiscalement attractif pour les investisseurs, et l’immobilier n’échappe pas à la règle. Entre régime de “wealth tax” en Box 3, déductions pour sociétés, réductions de droits de mutation, régimes spéciaux pour véhicules d’investissement et incitations à la rénovation énergétique, le cadre est riche… et en pleine mutation.

Bon à savoir :

Comprendre la fiscalité est indispensable pour tout investisseur, résident ou non-résident, afin de structurer efficacement un portefeuille immobilier aux Pays-Bas et d’anticiper les réformes déjà votées ou en discussion.

Le socle : comment l’immobilier est imposé aux particuliers

Avant de parler d’optimisation, il faut comprendre où et comment l’immobilier est taxé dans le système néerlandais. L’impôt sur le revenu est divisé en trois “Boxes” : Box 1 (travail et résidence principale), Box 2 (participations substantielles) et Box 3 (épargne et placements).

Un bien occupé à titre de résidence principale est imposé en Box 1, alors qu’un deuxième logement, un appartement locatif ou une maison de vacances est traité comme un investissement en Box 3. C’est précisément dans cette dernière catégorie que se jouent une grande partie des avantages – et des risques – pour les investisseurs privés.

Box 3 : de la “rente fictive” au rendement réel

Jusqu’en 2027 inclus, l’immobilier d’investissement des particuliers est taxé dans le cadre d’un régime transitoire fondé sur un rendement fictif. L’administration ne regarde pas le bénéfice réel, mais applique un pourcentage de rendement supposé à la valeur nette des actifs.

Pour les biens immobiliers et autres actifs de placement, ce rendement théorique est relativement élevé et en hausse. Le tableau ci-dessous illustre l’évolution des paramètres clefs pour un investisseur personne physique.

AnnéeType d’actif (Box 3)Taux de rendement fictif « investissements & autres actifs »Franchise (célibataire)Taux d’impôt Box 3
2024Immobilier d’investissement, actionsProvisoire, inférieur à 202557 000 €36 %
2025Immobilier d’investissement, actions5,88 %57 684 €36 %
2026Immobilier d’investissement, actions7,78 % (proposition)51 396 €36 %

Concrètement, un investisseur célibataire détenant en 2025 un patrimoine net immobilier de 500 000 € dans Box 3 se voit imputer un rendement de 5,88 %, soit 29 400 €. Après déduction de la franchise de 57 684 € (appliquée au patrimoine et non au rendement), puis application du taux de 36 %, l’impôt effectif correspond à un prélèvement sur un rendement que le propriétaire n’a peut‑être jamais perçu.

Attention :

Ce système a été sévèrement critiqué et jugé contraire au droit européen lorsqu’il taxe un rendement fictif supérieur au rendement réel. La Cour suprême néerlandaise a ouvert la voie à une évolution majeure.

Le “contre‑preuve” : un avantage nouveau pour les rendements faibles

À la suite d’un arrêt de la Cour suprême en juin 2024, les contribuables disposant d’actifs en Box 3 peuvent désormais demander à être imposés sur leur rendement réel lorsque celui‑ci est inférieur au rendement fictif.

Ce mécanisme de “contre‑preuve” passe par le formulaire “Opgaaf Werkelijk Rendement” (OWR), qui peut être transmis à partir de juillet 2025 via le portail en ligne de l’administration fiscale ou par l’intermédiaire d’un conseiller.

Pour l’immobilier, plusieurs règles importantes s’appliquent :

– La variation de valeur du bien est calculée sur la base de la valeur officielle WOZ au 1er janvier et au 31 décembre.

– En cas de vente en cours d’année, la plus‑value annuelle est répartie proportionnellement entre vendeur et acquéreur.

– Les loyers effectivement encaissés peuvent être intégrés dans le calcul du rendement.

– Les frais classiques d’entretien, coûts de transaction ou frais bancaires ne sont pas déductibles dans ce calcul.

– En revanche, la totalité des intérêts relatifs aux dettes Box 3 est déductible, sans application de seuil minimal.

Astuce :

Pour un investisseur immobilier fortement endetté ou percevant des loyers modestes, le rendement réel (loyers nets + variation de la valeur WOZ) peut être faible, voire négatif. Dans ce cas, demander l’imposition sur la base de ce rendement réel à l’administration fiscale peut générer un remboursement ou une réduction d’impôt significative. Cet avantage est conditionné à une documentation précise et complète du rendement effectivement réalisé.

Vers 2028 : une réforme profonde du régime Box 3

Le système actuel n’est qu’un pont vers un nouveau régime. Un projet de loi, la “Wet werkelijk rendement box 3” (Loi sur le rendement réel en Box 3), prévoyait à partir de 2028 une taxation aussi proche que possible du rendement effectif.

Deux grandes catégories d’imposition seraient mises en place :

une taxe sur la croissance du capital pour la plupart des placements (comptes bancaires, actions), basée sur les revenus annuels et les plus‑values latentes ;

– une taxe sur les plus‑values pour les immeubles et certaines participations (start‑up notamment), où la hausse de valeur n’est taxée qu’à la réalisation.

Pour l’immobilier Box 3, les grands principes projetés sont les suivants :

328

Nombre de jours minimum de location par an pour qu’un bien immobilier soit imposé sur son revenu locatif net plutôt que sur une majoration forfaitaire.

Même si des débats politiques sont encore en cours – le Conseil d’État a rendu un avis critique fin 2024, et le texte doit encore passer sous les fourches caudines du Parlement – la direction générale est claire : pour l’immobilier, le système futur donnera davantage de poids au rendement réel, permettra la déduction des frais d’entretien et décalera la taxation des plus‑values au moment de la réalisation. Pour un investisseur de long terme à forte composante “buy & hold”, cet étalement dans le temps est potentiellement avantageux pour la trésorerie et la capitalisation des gains.

Avantages et arbitrages : investisseur privé ou société (BV) ?

Au‑delà du choix de Box 3, une question structurante est celle du véhicule d’investissement : investir en nom propre ou via une société de capitaux, généralement une besloten vennootschap (BV) ?

Fiscalité en BV : revenus et plus‑values à l’impôt sur les sociétés

Une BV est imposée à l’impôt sur les sociétés (CIT). Le barème prévu sur la période 2024‑2026 est le suivant :

AnnéeTranche de bénéfice imposableTaux CIT
2024Jusqu’à 200 000 €19 %
2024Au‑delà de 200 000 €25,8 %
2025Jusqu’à 200 000 € (projection)19 %
2025Au‑delà de 200 000 € (projection)25,8 %
2026Jusqu’à 200 000 € (projection)19 %
2026Au‑delà de 200 000 € (projection)25,8 %

Les loyers perçus, diminués des frais (entretien, impôts locaux, intérêts d’emprunt déductibles…) sont imposés à ces taux. Les plus‑values de cession sur les immeubles sont également taxées comme bénéfices.

Plusieurs éléments constituent toutefois de véritables leviers pour l’investisseur :

Bon à savoir :

L’amortissement fiscal du bâtiment est possible jusqu’à la valeur WOZ. Les intérêts d’emprunt sont généralement déductibles, mais les règles se durcissent à partir de 2025 pour les sociétés bailleurs. En cas de cession avec plus-value, une réserve de réinvestissement peut permettre un report d’imposition sous conditions.

À cela s’ajoute la faculté de constituer une “fiscal unity” entre une holding et ses filiales. Dans ce cadre, les profits et pertes de différentes entités peuvent se compenser, et les transactions intragroupe sont neutralisées pour l’IS. De quoi lisser dans le temps les flux fiscaux d’un portefeuille immobilier diversifié.

Comparaison globalisée : quel véhicule est le plus intéressant ?

Les calculs comparatifs effectués par divers cabinets montrent qu’il n’existe pas de réponse universelle. Un indicateur intéressant est le point d’équilibre de rendement estimé autour de 4,8 %.

– Pour un rendement prévisionnel supérieur à cette barre, l’investissement en nom propre, via Box 3, peut s’avérer plus avantageux à long terme.

– En‑dessous de ce seuil, le recours à une BV – surtout si elle permet d’amortir beaucoup, de déduire largement les intérêts et de reporter des pertes – prend l’avantage.

Exemple :

Pour un particulier, les pertes latentes ou les années de faible rendement sur ses investissements (catégorie Box 3 aux Pays-Bas) ne créent pas un stock de pertes reportables pour compenser de futurs gains. En revanche, pour une société, les pertes fiscales peuvent généralement être reportées indéfiniment pour être imputées sur les bénéfices futurs, bien que ce report soit soumis à certaines limites réglementaires.

Il faut également tenir compte de la fiscalité en cascade : une fois l’impôt sur les sociétés payé, les dividendes versés au propriétaire (personne physique) sont ensuite imposés en Box 2, avec un barème qui, en 2024, s’étage de 24,5 % à 33 % selon le montant. Le montage BV + holding permet cependant de différer cette deuxième couche d’imposition tant que les profits restent capitalisés dans le groupe.

Les autres paramètres plaident parfois en faveur de la BV :

la responsabilité limitée, qui protège le patrimoine privé ;

– une plus grande souplesse pour transmettre le patrimoine à la génération suivante (via une holding et un jeu de dons de parts) ;

davantage d’options d’optimisation (financement intragroupe, structuration via des véhicules transparents, etc.).

En contrepartie, les coûts de constitution (environ 4 000 à 5 000 €) et de fonctionnement (10 000 à 20 000 € par an pour la gouvernance et l’administration) ne sont pas négligeables et doivent être pris en compte dans le calcul de rentabilité.

Les droits de mutation : un levier direct sur le coût d’entrée

Aux Pays‑Bas, l’acquisition d’un bien immobilier déclenche le paiement d’un droit de mutation, l’“overdrachtsbelasting”, géré par le notaire lors de la signature de l’acte. Pour un investisseur, le taux applicable conditionne fortement le coût d’entrée.

Un régime différencié selon l’usage du bien

Le régime distingue plusieurs cas :

Résidence principale acquise pour y habiter : 2 %.

Investissement résidentiel (location, seconde résidence, résidence de vacances, etc.) : 10,4 % en 2025, avec un abaissement à 8 % prévu à partir de 2026.

– Immeubles non résidentiels (bureaux, commerces, entrepôts, terrains nus) : 10,4 %.

– Certaines acquisitions de parts dans des sociétés immobilières : 4 % dans des cas spécifiques de “nouveaux” immeubles via deal de titres.

10,4

Il s’agit de la baisse annoncée de la fiscalité sur les biens résidentiels non occupés à titre de résidence principale, passant de ce taux à 8 %.

Le tableau suivant résume l’évolution de ces taux pour un bien résidentiel selon l’usage.

AnnéeUsage du bien résidentielTaux RETT
2024Résidence principale2 %
2024Investissement (location, résidence secondaire, etc.)10,4 %
2025Résidence principale2 %
2025Investissement10,4 %
2026Résidence principale2 %
2026Investissement (buy‑to‑let, second home, etc.)8 %

À cela s’ajoutent des exonérations ciblées, notamment pour les primo‑accédants de 18 à 35 ans qui achètent leur résidence principale. Même si ce n’est pas directement un avantage pour un investisseur locatif classique, cela structure néanmoins la demande en sortie et peut influencer la stratégie d’arbitrage patrimonial.

Exonérations de structuration : apport en société, deals de titres

Les Pays‑Bas prévoient un certain nombre d’exonérations ou de mécanismes pour ne pas faire obstacle à des réorganisations économiques jugées légitimes.

Dans le cadre d’un apport d’immeubles à une BV nouvellement créée, une “exonération de contribution” peut être appliquée si plusieurs conditions sont réunies, notamment :

au moins 90 % de la contrepartie doit consister en actions de la société ;

c’est l’ensemble d’une entreprise (et pas un immeuble isolé à usage privé) qui est apporté ;

la répartition des actions reflète fidèlement les droits économiques des apporteurs dans l’entreprise initiale.

En cas d’exonération, des conditions de maintien s’appliquent généralement pendant une période de trois ans (conservation des actions, poursuite de l’activité). La logique est de ne pas laisser l’impôt interférer avec une réorganisation purement économique.

Sur les deals de titres, enfin, un point important pour les club deals : lorsqu’un investisseur indépendant achète moins d’un tiers des parts d’une société immobilière, une exonération de droit de mutation peut s’appliquer. Cette fenêtre est souvent exploitée pour structurer des participations syndiquées sans surtaxe de RETT.

Incitations et régimes spéciaux pour sociétés d’investissement

Pour les investisseurs institutionnels et certains fonds, les Pays‑Bas ont mis en place deux grands régimes : la fiscale beleggingsinstelling (FBI) et la vrijgestelde beleggingsinstelling (VBI). Ils visent à offrir un cadre fiscal compétitif, même si le curseur est progressivement déplacé pour l’immobilier domestique.

Le régime FBI : 0 % d’IS sous conditions

Une FBI, qui peut prendre la forme d’une NV, d’une BV, d’un fonds commun de placement (FGR) ou d’un véhicule étranger assimilé, bénéficie d’un taux de 0 % d’impôt sur les sociétés sur ses revenus mondiaux. En contrepartie, plusieurs contraintes s’appliquent :

l’obligation de distribuer l’intégralité du bénéfice fiscal (hors plus‑values) dans les huit mois suivant la clôture ;

– des exigences strictes de dispersion de l’actionnariat (pas de contrôle par un seul actionnaire) ;

– des limites d’endettement : jusqu’à 60 % de la valeur comptable des actifs immobiliers et 20 % pour les autres actifs ;

– des règles de gouvernance et de transparence précises.

Bon à savoir :

Les distributions d’une Fondation de Placement Immobilier (FBI) sont soumises à une retenue à la source néerlandaise de 15 % sur les dividendes. Cette retenue peut être réduite ou supprimée si une convention fiscale internationale applicable le prévoit. De plus, les impôts étrangers déjà payés en amont sur ces revenus peuvent être imputés sur le montant de cette retenue néerlandaise.

Sur le plan immobilier, la FBI a longtemps été un véhicule privilégié, y compris pour des groupes cotés comme Unibail‑Rodamco, Wereldhave ou Eurocommercial Properties. Mais le gouvernement estime aujourd’hui que ce régime permettait à des investisseurs étrangers de contourner indûment l’impôt néerlandais sur certaines plus‑values immobilières.

Une réforme majeure a donc été engagée : à compter du 1er janvier 2025, une FBI ne peut plus appliquer le taux de 0 % sur des investissements directs dans l’immobilier néerlandais. Elle reste en revanche éligible pour des investissements indirects (via une filiale imposable) ou pour de l’immobilier étranger. Pour faciliter les restructurations, une exonération temporaire de droit de mutation est prévue en 2024 pour les FBI qui se convertissent en fonds transparents.

Le régime VBI : un outil désormais réservé aux fonds régulés

La VBI est quant à elle un véhicule totalement exonéré d’impôt sur les sociétés. Elle n’a pas d’obligation de distribution et ses distributions ne sont pas soumises à retenue à la source néerlandaise, mais elle ne peut pas non plus récupérer les retenues étrangères. Son domaine naturel est celui des instruments financiers : l’investissement direct en immobilier néerlandais n’y est pas autorisé.

Bon à savoir :

Depuis 2024, le régime du VBI (Véhicule de Gestion de Patrimoine) est strictement réservé aux véhicules soumis à la réglementation financière (AFM, DNB). Les anciens ‘family VBI’, souvent utilisés pour optimiser la fiscalité des portefeuilles internationaux, doivent désormais adopter un traitement fiscal transparent. Des mécanismes transitoires, comme l’étalement du paiement de l’impôt ou la conversion en société via échange de parts, sont prévus pour atténuer l’impact de cette transition.

Pour un investisseur immobilier, le message est clair : les Pays‑Bas veulent réserver ces régimes très privilégiés à des véhicules régulés et décourager l’usage de coquilles opaques pour loger directement des immeubles néerlandais.

Rénovation énergétique : déductions et subventions à fort effet de levier

La transition énergétique offre un autre pan d’avantages fiscaux et financiers aux investisseurs immobiliers. Les Pays‑Bas ont généralisé l’obligation d’étiquettes énergétiques (energielabel) pour les logements et les bureaux, avec même un plancher minimum (label C) pour les bureaux, sous peine de sanctions. Dans le même temps, une batterie de dispositifs fiscaux vise à encourager l’amélioration de la performance énergétique.

EIA, MIA, VAMIL : quand la fiscalité finance la rénovation

Trois grands régimes se détachent pour les sociétés :

Bon à savoir :

Aux Pays-Bas, trois dispositifs fiscaux principaux encouragent les investissements durables dans les bâtiments. L’EIA permet une déduction fiscale de 40 à 45,5% pour des équipements listés (pompes à chaleur, isolation…). La MIA accorde une déduction supplémentaire de 27 à 45% selon la performance environnementale du bâtiment, avec un plafond de 25M€. Enfin, le régime VAMIL autorise un amortissement libre jusqu’à 75% du coût d’équipements verts, offrant une flexibilité de trésorerie.

L’effet combiné de ces dispositifs, à un taux d’IS de 25,8 %, peut réduire le coût net d’investissement de l’ordre de 7 à plus de 10 %. Pour un investisseur patrimonial, cette réduction de capex se cumule avec l’augmentation de valeur de marché généralement constatée pour les immeubles plus efficaces énergétiquement ainsi qu’avec une meilleure liquidité à la revente.

Le tableau suivant donne un ordre de grandeur de l’impact sur le coût net d’un investissement environnemental.

DispositifBase de calculDéduction supplémentaire max.Effet estimé sur le coût net (à 25,8 % d’IS)
EIAMontant investi (actifs listés énergie)~40–45,5 %Jusqu’à ~10,3 % de réduction de capex
MIAMontant investi (actifs liste environnement)27–45 % (≤ 25 M€)~7–11,5 % de réduction de capex
VAMILMontant investi (actifs listés environnement)75 % amortissables librementAvantage de trésorerie, pas de réduction “nominale”

Des subventions d’exploitation, comme le dispositif SDE++, complètent cet arsenal pour les projets de production d’énergie renouvelable (solaire, éolien, hydraulique) intégrés aux bâtiments. L’octroi de ces subsides dépend toutefois de la structuration juridique (propriété des panneaux, statut de “producteur”) et fait souvent l’objet de rescrits avec l’administration et l’agence RVO.

Impact marché des labels énergétiques : un bonus de valeur

Au‑delà de l’avantage purement fiscal, l’amélioration du label énergétique d’un immeuble génère un gain de valeur que les études du marché résidentiel néerlandais confirment. Selon l’association des agents immobiliers (NVM), un logement avec un label C se vend en moyenne 12 % plus cher qu’un logement comparable avec un label G, soit un différentiel d’environ 50 000 € sur un bien standard. Dans certaines zones moins tendues, cet écart peut monter à 15 %.

Bon à savoir :

Les logements très énergivores subissent des décotes de prix croissantes. À l’inverse, les biens performants (labellisés ‘verts’) bénéficient d’une prime de marché, renforcée par des conditions de financement plus avantageuses pour les acheteurs, comme la possibilité d’obtenir des montants d’emprunt supplémentaires.

Autrement dit, les incitations fiscales (EIA, MIA, VAMIL, SDE++), la contrainte réglementaire (label C pour les bureaux, amendes pour absence de label) et la réaction du marché convergent : pour un investisseur immobilier, investir dans l’amélioration énergétique est de plus en plus une stratégie à triple dividende fiscal, réglementaire et patrimonial.

Non‑résidents, expatriés et conventions : protéger le rendement net

Les Pays‑Bas n’imposent pas de restriction à la détention immobilière par des non‑résidents. Du point de vue de l’impôt sur le revenu, un non‑résident qui possède un bien néerlandais doit déclarer les loyers et plus‑values aux Pays‑Bas, l’immeuble étant généralement considéré comme imposable au lieu de situation.

Le régime des 30 % et la fin du statut de non‑résident partiel

Pour les salariés hautement qualifiés recrutés à l’étranger, les Pays‑Bas proposent un régime dit des “30 %”, permettant de percevoir jusqu’à 30 % (27 % à partir de 2027) du salaire brut sous forme d’indemnité nette, en compensation des frais extraterritoriaux. Ce régime est plafonné dans le temps (60 mois) et soumis à des seuils de salaire.

Bon à savoir :

Jusqu’au 1er janvier 2025, un régime transitoire permettait aux expatriés de bénéficier d’un statut de non-résident partiel. Ce statut permettait d’être considéré comme non-résident pour les impôts sur les revenus de capitaux mobiliers (Box 2) et sur la fortune (Box 3), à l’exception des biens immobiliers situés aux Pays-Bas. Sous certaines conditions, un expatrié pouvait ainsi détenir un portefeuille de placements non immobiliers sans être imposé en Box 3.

Ce statut de non‑résident partiel est maintenant aboli pour les nouveaux entrants. Un mécanisme transitoire permet aux bénéficiaires du régime 30 % en décembre 2023 de conserver ce statut pour les années 2025 et 2026, mais il disparaîtra définitivement à compter de 2027. Pour les investisseurs immobiliers expatriés, cela se traduit par un rapprochement du régime fiscal avec celui des autres résidents, tout en maintenant une exclusion de Box 3 pour les actifs non néerlandais pendant la période transitoire.

Conventions fiscales : éviter la double imposition

Les Pays‑Bas ont signé des conventions de non‑double imposition avec plus d’une centaine de pays, dont les États‑Unis, le Canada, la France, la Belgique, l’Espagne et bien d’autres. Dans la grande majorité des cas, ces traités confirment le principe selon lequel les revenus et plus‑values liés à l’immobilier sont imposables dans l’État de situation du bien, l’État de résidence devant octroyer un crédit d’impôt ou une exemption.

Bon à savoir :

Un investisseur français détenant un bien locatif à Amsterdam paie d’abord l’impôt néerlandais sur les revenus et la plus-value, la France appliquant ensuite ses règles pour éviter la double imposition. Un investisseur américain doit aussi déclarer ces revenus aux États-Unis, mais peut généralement créditer l’impôt déjà payé aux Pays-Bas.

L’existence de ces conventions n’est pas un “avantage fiscal” en tant que tel, mais un élément de sécurité qui permet de structurer l’investissement en ayant une visibilité sur la charge globale.

Un environnement favorable, mais technique et en mouvement

Pris dans leur ensemble, les dispositifs néerlandais offrent aux investisseurs immobiliers une combinaison rare : taux de droits de mutation attractifs pour l’investissement locatif, possibilité de choisir entre imposition patrimoniale (Box 3) et société (BV), régimes privilégiés (FBI, VBI) pour les grands portefeuilles, incitations puissantes pour l’amélioration énergétique, et bientôt un régime de taxation des rendements réels qui devrait corriger les excès de l’ancien système de rente fictive.

Attention :

L’abolition progressive d’avantages (statut de non-résident partiel, FBI immobilier direct, VBI ‘famille’), le durcissement des règles sur l’endettement, la réforme annoncée de Box 3 et l’attention accrue portée aux structures perçues comme abusives (StAK, structures hybrides) obligent les investisseurs à suivre de près les évolutions législatives.

Au final, les Pays‑Bas restent l’une des places les plus structurées et prévisibles pour l’investissement immobilier, à condition d’accepter une certaine technicité et de s’appuyer sur une expertise locale pour tirer pleinement parti des nombreux leviers fiscaux disponibles, sans franchir les lignes rouges de l’anti‑abus.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel aux Pays-Bas pour rechercher du rendement locatif et une exposition à l’euro dans un marché dynamique d’Europe du Nord. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Randstad, Brabant-Septentrional, Groningue), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une maison de ville dans une ville en forte croissance comme Amsterdam, Utrecht ou Rotterdam, combinant un rendement locatif brut cible de 6–7 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + légers travaux) d’environ 500 000 euros.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, notaire, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société néerlandaise) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet de profiter des opportunités du marché néerlandais tout en maîtrisant les risques (juridiques, fiscaux, locatifs) et en l’intégrant dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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