Les erreurs courantes lors de l’achat de biens immobiliers à Oman

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un bien immobilier à Oman fait rêver beaucoup d’investisseurs et d’expatriés : stabilité politique, fiscalité douce, projets balnéaires spectaculaires, possibilité d’obtenir un titre de séjour, rendement locatif souvent attractif. Mais derrière cette image séduisante se cache un marché très encadré, une réglementation complexe pour les étrangers et une série de pièges qui reviennent encore et encore dans les dossiers de litige.

Attention :

Avant tout engagement financier pour un bien immobilier à Oman, il est crucial d’éviter des erreurs initiales. Celles-ci peuvent entraîner l’impossibilité d’enregistrer le bien, l’absence de titre de propriété et la perte totale du capital investi.

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Comprendre le terrain de jeu avant d’acheter

Entrer sur le marché immobilier omanais sans maîtriser le cadre légal, c’est un peu comme conduire de nuit sans phares sur une route de montagne. La première source d’erreurs tient souvent à une mauvaise compréhension de ce que l’on peut acheter, où, et sous quelle forme juridique.

À Oman, le droit de propriété est d’abord structuré par le Land Law de 1980, qui pose un principe très clair : toutes les terres appartiennent à l’État, et la propriété pleine n’est reconnue que pour les citoyens omanais, essentiellement via l’héritage. Sur cette base se sont greffées des règles spécifiques qui ouvrent des brèches contrôlées pour les investisseurs étrangers.

ITC, usufruit, freehold, leasehold : ne pas se tromper de régime

Pour un non-Omanais, il existe en pratique deux grandes voies d’accès à l’immobilier :

Bon à savoir :

Dans les Integrated Tourism Complexes (ITC) comme Al Mouj ou Muscat Bay, les étrangers peuvent acheter un bien en pleine propriété avec un titre officiel. Ce droit est encadré par le Sultani Decree 12/2006, aussi appelé ITC Law.

2. Le droit d’usufruit en dehors des ITC, dans un cadre très balisé Le régime d’usufruit, défini par le Sultani Decree 5/1981 et élargi par la Résolution 357/2020, donne le droit d’utiliser et d’exploiter un bien pour une très longue durée (jusqu’à 99 ans), sans en posséder le sol. Depuis 2020, certains étrangers peuvent ainsi acheter des appartements dans des immeubles plurifonctionnels hors ITC, sous réserve d’être âgés d’au moins 23 ans, de résider dans le pays depuis deux ans et de respecter des plafonds (un seul logement par acheteur, 40 % maximum des unités pour l’ensemble des expatriés, 20 % maximum pour une même nationalité dans un immeuble).

La première grande erreur des acheteurs étrangers consiste à confondre ces différentes catégories ou à laisser croire que tout ce qui ressemble à une résidence moderne en bord de mer est automatiquement éligible à la pleine propriété.

Acheter en dehors des zones autorisées : le faux bon plan le plus dangereux

L’écueil le plus grave – et pourtant fréquent – consiste à acheter en dehors du cadre légal d’ouverture aux étrangers, sur la base de promesses orales ou de documents ambigus fournis par des intermédiaires.

Exemple :

Un vendeur ou promoteur affirme qu’il est possible de mettre un bien au nom d’un étranger via une société, un montage local ou un contrat de longue durée équivalent à la propriété. Sur le papier, cela paraît crédible, mais dans la pratique, cela se heurte à deux réalités juridiques.

le bien n’est pas éligible à l’enregistrement en pleine propriété pour un étranger

le contrat utilisé n’offre pas les mêmes garanties qu’un titre de propriété inscrit au registre foncier

Résultat : absence de mulkhiya (titre de propriété) au nom de l’acheteur, impossibilité de revendre sereinement le bien, blocages bancaires et, parfois, litiges insolubles. Dans certains cas, l’investissement devient tout simplement irrécupérable.

Astuce :

La législation omanaise est stricte : un non-Omanais ne peut détenir de propriété foncière classique, sauf dans le cadre des Zones de Coopération Economique (ITC) ou des schémas d’usufruit expressément prévus par la loi. Toute tentative de contournement expose à un risque majeur : la transaction ne pourra pas être enregistrée auprès du Ministry of Housing and Urban Planning (MoHUP), l’autorité exclusive pour valider les transferts de propriété.

Les zones totalement interdites aux étrangers : un piège géographique

Autre erreur fréquente : s’intéresser à des terrains ou villas dans des zones qui, par définition, sont fermées aux étrangers. Le Sultani Decree 29/2018 a dressé une liste de régions et sites où la propriété est strictement réservée aux Omanais, y compris pour des acheteurs du CCG. Parmi ces zones :

les gouvernorats de Dhofar (hors Salalah), Musandam, Al Buraimi, Al Dhahira et Al Wusta

– certaines wilayas comme Liwa, Shinas ou Masirah

– les montagnes d’Al Jabal Al Akhdar et Jabal Shams

– les îles, les environs de palais et sites militaires

– les quartiers anciens et zones patrimoniales historiques

– les terres agricoles

Croire qu’un simple contrat privé suffit à contourner ces restrictions est une illusion dangereuse. Les non-Omanis qui possédaient déjà un bien dans ces secteurs ont d’ailleurs été contraints de le transférer à un citoyen omanais dans un délai de deux ans après l’entrée en vigueur du décret.

Mauvaise lecture de la valeur : quand l’émotion coûte très cher

Au-delà des questions juridiques, un autre grand classique des erreurs d’achat à Oman tient à la perception de la valeur. Le marché est en croissance, dopé par un accès élargi au crédit et une appétence accrue des jeunes ménages pour l’investissement. Dans ce climat, la peur de « rater l’occasion du siècle » pousse certains à acheter trop vite, trop cher, ou au mauvais endroit.

Les analystes du marché omanais constatent ainsi que de nombreux échecs proviennent d’un point simple : le bien est mal pricé par rapport à la réalité du marché.

Le piège du prix émotionnel

Dans plusieurs cas, le prix ne reflète pas la valeur réelle du bien, mais l’attachement affectif du propriétaire ou une croyance optimiste dans l’avenir du quartier. On parle de « prix émotionnel ». Les banques, lorsqu’elles mandatent un expert pour une évaluation, arrivent souvent à des montants différents, parfois nettement inférieurs, ce qui complique ou réduit le financement et expose l’acheteur à un risque de surpaiement.

Attention :

Pour éviter d’acheter un bien immobilier au-dessus de sa valeur réelle, il est crucial de demander une évaluation indépendante et de comparer le prix avec celui de ventes effectives récentes, et non pas seulement avec des annonces. Négliger ces étapes peut entraîner des difficultés à la revente et une rentabilité inférieure aux attentes.

Le faux bon plan de la propriété « pas chère »

Inversement, acheter uniquement parce que le prix est bas est une autre erreur répandue. À Oman, un prix de vente inférieur à la moyenne peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

Attention :

L’éloignement des services, écoles et axes principaux, combiné à une faible demande locative réelle, des retards sur les infrastructures promises et des problèmes de faisabilité économique (coûts d’entretien et charges élevés), constitue un risque important pour la viabilité du projet.

Sauter sur une bonne affaire apparente sans analyser la demande locative, les perspectives de revente et les projets de développement de la zone, c’est risquer de se retrouver avec un bien difficile à louer, encore plus difficile à revendre, et dont les charges mangent une grande partie du rendement.

Exemple comparatif de prix et de rendements

On peut résumer certains repères de marché observés dans les principales villes omanaises :

Ville / zoneType de bien indicatifFourchette de prix observée*Rendement brut locatif estimé
Muscat (ITC Al Mouj)Appartement 2 chambres≈ 50 000 OMR et plus5,6 % à 8,3 %
Salalah (Hawana)Appartement en front de mer≈ 60 000 OMR et plusrendement potentiellement élevé
Sohar / DuqmAppartement en zone émergenteà partir d’environ 40 000 OMRvariable, selon projet
Villa 3 chambresQuartiers résidentiels bien situés≈ 200 000 OMR et plusdépend fortement de l’emplacement

Les valeurs sont indicatives, issues d’exemples mentionnés dans les études, et peuvent évoluer.

Ne pas replacer le prix demandé dans ce type de grille de lecture, ni questionner le rendement possible, revient à se priver d’un élément clé de décision.

Sous-estimer le coût réel d’une acquisition à Oman

Autre erreur très fréquente : raisonner uniquement en termes de « prix affiché » et oublier la myriade de frais annexes – légaux, administratifs, bancaires, techniques – qui viennent s’ajouter. La facture finale peut alors déborder largement de l’enveloppe initialement prévue.

Frais de transfert, taxes et coûts de clôture

À Oman, les principaux postes de coûts lors d’une acquisition sont les suivants :

Poste de coûtMontant ou fourchette typiquePayeur habituel
Droit de transfert / enregistrement3 % du prix pour les étrangers (1 % pour les Omanais depuis 2025)Acheteur
Droit de timbre (stamp duty)≈ 3 % du prix du bienAcheteur
Frais de titre de propriété (mulkhiya)112 OMR (forfaitaire)Acheteur
Honoraires juridiques1 à 2 % du prix du bien (ou 200 à 400 OMR pour un simple avis)Acheteur
Commission d’agent2 à 5 % du prix (souvent payée par le vendeur en pratique)Généralement vendeur
Évaluation indépendante50 à 150 OMRAcheteur / banque
Frais d’hypothèque (dossier, enregistrement)0,5 à 1 % du montant du prêt + 40 à 100 OMR de frais d’enregistrementEmprunteur

Ajouter à cela la TVA de 5 % sur certains services (honoraires de conseil, commissions, travaux) et des coûts plus modestes comme les traductions certifiées ou l’attestation de documents.

Ne pas intégrer ces montants dans son plan de financement, surtout lorsque l’on emprunte, peut provoquer un effet de ciseau : un apport personnel absorbé par les frais, un ratio d’endettement dégradé, voire l’impossibilité de finaliser l’opération.

Charges de copropriété, services et entretien : le budget souvent oublié

Dans les grands complexes ITC, les charges annuelles de services (gardiennage, piscines, jardins, équipements collectifs) sont un autre point de friction fréquent. Elles se situent en général entre 4 et 12 OMR par m² et par an dans ces communautés intégrées, soit aisément 500 à 1 500 OMR par an pour un appartement de taille moyenne.

On peut en donner un aperçu :

Aperçu
Type de bien / résidenceNiveau de servicesFourchette de charges annuelle typique
Immeuble simpleBasique20 à 35 OMR / mois
Résidence moyenneAvec piscine, sécurité35 à 55 OMR / mois
Communauté fermée haut de gamme / ITCServices étendus (clubs, marinas…)55 à 80 OMR / mois ou 5 à 10 OMR/m²/an

Sous-estimer ces frais revient à surestimer la rentabilité nette, notamment pour un investisseur locatif. D’autres coûts récurrents s’ajoutent, comme l’assurance habitation (souvent 0,1 à 0,3 % de la valeur du bien, soit 100 à 400 OMR/an pour un appartement) et la taxe municipale de 3 % sur les loyers bruts pour les propriétaires bailleurs.

Ne pas anticiper ce poste peut transformer un projet censé dégager 7 à 8 % de rendement brut en opération à 3 ou 4 % net, voire moins.

Mauvaise approche du financement : entre surestimation et blocages

Le financement est un autre terrain sur lequel les acheteurs étrangers se trompent souvent, par manque d’information ou par projection de ce qu’ils connaissent dans leur pays d’origine.

Croire que tous les biens sont finançables de la même manière

Les banques omanaises – Bank Muscat, NBO, Bank Dhofar, Oman Arab Bank, HSBC Oman et d’autres – proposent des prêts immobiliers aux expatriés, mais dans un cadre très particularisé :

Bon à savoir :

Les prêts pour les étrangers à Maurice concernent quasi exclusivement des biens en freehold dans les Integrated Resort Schemes (IRS), Real Estate Scheme (RES) ou Property Development Scheme (PDS). Les emprunteurs doivent généralement justifier d’un visa de résidence valide couvrant la durée du crédit et d’un salaire versé sur un compte bancaire mauricien depuis plusieurs mois. Les ratios de financement sont plus stricts que pour les nationaux : le Loan-to-Value (LTV) pratique est de 60 à 70 %, pouvant exceptionnellement atteindre 80 % pour les résidents bien établis, contre 80 à 90 % pour les Mauriciens.

De nombreux investisseurs découvrent trop tard que : les marchés financiers peuvent être imprévisibles et que des décisions hâtives peuvent entraîner des pertes significatives. D’où l’importance de bien se renseigner et de se préparer avant d’investir.

– le bien qu’ils visent (usufruit ou zone non ITC) n’est pas finançable par les banques locales,

– leur statut (non-résident, revenus à l’étranger) rend l’accès au prêt très compliqué,

– ou bien les conditions proposées (durée, taux) changent leur équation de rentabilité.

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Certains projets immobiliers pour étrangers peuvent afficher des taux d’intérêt aussi bas, notamment via des produits de financement islamique comme la murabaha ou l’ijara.

Négliger la pré-approbation et l’impact de la banque sur le prix

Ne pas demander de pré-approbation de crédit avant de faire des offres est une autre erreur fréquente. Sans cette étape, l’acheteur :

surestime la capacité d’emprunt que la banque sera prête à lui accorder,

– découvre au dernier moment que la valorisation bancaire du bien est inférieure au prix de vente négocié,

– doit trouver en urgence un complément d’apport non prévu.

Les écarts entre valorisation « marché » et estimation bancaire peuvent être significatifs, surtout si le bien est surévalué ou situé dans un secteur où les transactions comparables sont rares.

Le contrat de vente (SPA) : l’angle mort le plus risqué

Dans la plupart des litiges immobiliers impliquant des étrangers dans le Golfe, un document revient systématiquement au cœur des débats : le Sales and Purchase Agreement (SPA), ou en arabe Aqd Shira’a Aqar. À Oman comme ailleurs dans la région, beaucoup de problèmes auraient pu être évités si ce contrat avait été lu, compris, discuté et corrigé avant signature.

Signer sans lire ou payer avant de voir le contrat

Deux comportements sont particulièrement dangereux :

– verser un acompte de 10, 15 ou 20 % avant d’avoir reçu et examiné le SPA,

– signer un contrat rédigé par le promoteur sans assistance juridique, porté par l’enthousiasme du projet.

Dans certains projets, le promoteur envoie le SPA seulement après le paiement du dépôt, en le présentant comme une simple formalité à signer rapidement. Or ce document :

est juridiquement contraignant,

– est presque toujours rédigé par l’avocat du vendeur ou du développeur,

contient la quasi-totalité des éléments qui détermineront la réussite ou l’échec de l’investissement.

Ne pas l’examiner de près, ne pas faire préciser noir sur blanc ce qui a été promis verbalement ou dans les brochures, c’est accepter que « le diable se cache dans les détails ». Des acheteurs découvrent seulement en fin de chantier que :

la surface réelle diffère de ce qui était annoncé,

certains équipements « inclus » n’apparaissent pas dans le contrat,

– la date de livraison n’est assortie d’aucune sanction en cas de retard,

– le régime de charges ou les restrictions à la location (par exemple sur les locations de courte durée) sont beaucoup plus contraignants que prévu.

Ce que doit contenir un SPA bien rédigé

Même si chaque projet a ses particularités, un contrat d’achat solide doit, au minimum, traiter de façon claire :

Attention :

Un contrat d’acquisition immobilière à Oman doit impérativement préciser : l’identification détaillée du bien, le prix et le calendrier de paiement (incluant l’usage potentiel d’un compte séquestre), les délais de construction et de livraison, le mécanisme de transfert de titre auprès du MoHUP, les garanties du vendeur, les charges et fonds de réserve, les conditions de revente et de location (avec ses restrictions), les clauses de résiliation et pénalités, ainsi que le mode de règlement des différends.

Ne pas faire passer ce document entre les mains d’un avocat local expérimenté, habitué aux pratiques des promoteurs et aux subtilités du droit omanais, est une économie de court terme qui se transforme souvent en coût lourd à moyen terme.

Diligences juridiques bâclées : le risque d’acheter un problème

L’autre grande famille d’erreurs tient au manque de due diligence avant d’acheter. De nombreux acquéreurs, surtout étrangers, supposent que si un bien est en vitrine ou sur un portail, il est forcément en règle. C’est une illusion.

Ne pas vérifier le titre de propriété et les charges

La base, à Oman, reste la vérification auprès du Ministry of Housing and Urban Planning :

du titre de propriété actuel (mulkhiya ou certificat de propriété),

de la chaîne de propriété sur 10 à 15 ans,

de l’existence ou non d’hypothèques, de saisies, d’annotations judiciaires.

Attention :

Avant l’achat, il est impératif de vérifier si un bien est grevé d’un prêt non remboursé, d’un usufruit, d’une décision de justice ou d’un litige familial. Pour éviter de se retrouver avec un bien dont le vendeur ne peut disposer pleinement, l’acheteur doit exiger un certificat officiel d’entraves ou une lettre de mainlevée de la banque prêteuse.

Oublier de vérifier le zonage et l’usage autorisé

Autre oversight courant : ne pas vérifier l’affectation exacte du bien et les conditions d’usage autorisées par le titre et le plan directeur (masterplan) de l’ITC. Un appartement peut être strictement réservé à un usage résidentiel, alors que l’acheteur compte en faire un produit de location saisonnière de type « vacances ».

Or de nombreuses communautés imposent des règles internes très strictes sur :

la location de courte durée,

les activités commerciales,

les aménagements extérieurs visibles,

l’usage de parties communes (toits, jardins, parkings).

Attention :

Ne pas lire les règlements de la copropriété et ne pas les faire valider par un conseil juridique peut entraîner l’interdiction de votre modèle économique, des amendes, ou des poursuites judiciaires de la part de l’association des propriétaires.

Négliger l’inspection technique du bien

Sur le plan physique, signer sans avoir fait procéder à une inspection professionnelle est une autre pratique risquée. Dans un climat chaud et salin comme celui d’Oman, les pathologies de bâtiment peuvent être coûteuses : corrosion de la structure, problèmes d’étanchéité, climatisation défaillante, installations électriques non conformes.

Les coûts d’une inspection sérieuse (100 à 500 OMR) pour un appartement ou une villa, selon la taille et le niveau de détail, sont dérisoires comparés au prix d’achat et peuvent éviter des dépenses ultérieures colossales.

L’obsession du hors-plan : quand l’escrow ne suffit pas

Les achats sur plan (off-plan) séduisent beaucoup d’investisseurs par leurs prix d’entrée plus bas et leurs plans séduisants. À Oman, la réglementation a imposé un système de comptes séquestres (escrow accounts) pour mieux protéger les acquéreurs. Pourtant, les erreurs restent fréquentes.

Parmi les plus courantes :

Astuce :

Pour éviter les risques majeurs lors de l’achat d’un bien immobilier sur plan, il est crucial de : vérifier que le projet et le promoteur sont officiellement enregistrés et approuvés ; s’assurer que les paiements sont versés sur un compte séquestre dédié et contrôlé ; refuser tout calendrier de paiement qui ne reflète pas l’avancement réel du chantier ; et examiner l’historique du promoteur concernant les retards de livraison, les problèmes de qualité et les litiges en cours.

Un compte escrow est une sécurité importante, mais il ne remplace ni l’analyse de la solidité financière du développeur, ni la lecture rigoureuse du SPA, ni la vérification des autorisations administratives.

Résidence, visas et illusions de citoyenneté

Nombre d’acheteurs étrangers associent l’immobilier à Oman à une forme d’« immigration par l’investissement ». C’est partiellement vrai, mais de nombreux malentendus circulent.

Confondre résidence et citoyenneté

Acheter un bien dans un ITC ou investir un certain montant peut effectivement ouvrir la voie à un titre de séjour de long terme – notamment via des dispositifs de type Golden Residency ou des visas investisseurs. Des seuils d’investissement de 50 000, 100 000, 200 000 ou 250 000 OMR sont évoqués selon la durée et la nature du permis (résidence liée à la propriété, visa de 5 ans, visa de 10 ans renouvelable, etc.).

Attention :

Les programmes de résidence ne confèrent pas la nationalité omanaise. Les droits sont limités à un titre de séjour renouvelable sous conditions, comme le maintien de la propriété. Projeter une naturalisation automatique serait une erreur.

Croire qu’il faut un visa spécifique pour acheter

À l’inverse, certains croient qu’il est impossible d’entamer une procédure d’achat sans un visa très spécifique. En réalité, il est tout à fait possible de commencer un processus d’acquisition – en particulier dans un ITC – en étant simplement de passage, voire avec un visa touristique. Ce sont plutôt l’ouverture de compte bancaire local, l’accès au financement ou la gestion de long terme du bien qui deviendront difficiles sans statut de résident.

Culture des affaires et erreurs de posture

L’immobilier, comme toute activité économique dans le Golfe, s’inscrit dans un contexte culturel spécifique. Ne pas en tenir compte peut mener à des malentendus, voire à des occasions d’achat perdues.

Négocier « à l’occidentale » : un faux pas courant

Oman est une société à culture de haute contextualité : la relation, la confiance et la communication implicite y pèsent lourd. Arriver avec une approche trop directe, agressive, ou uniquement focalisée sur le prix peut braquer un interlocuteur omanais.

Les erreurs d’attitude les plus citées sont :

Bon à savoir :

Pour réussir une négociation, il est crucial de ne pas précipiter la décision lors d’une seule rencontre. Un « oui » immédiat doit être interprété avec prudence, car il peut simplement signifier « je vous ai entendu » et non un accord définitif. Il est important de ne pas négliger les échanges informels préalables, comme partager un café ou discuter de sujets personnels, avant d’aborder les aspects financiers. Enfin, il faut éviter de soulever des sujets sensibles tels que la politique, la religion ou les critiques des coutumes locales.

À l’inverse, prendre le temps de bâtir une relation, respecter les codes (salutations, modestie vestimentaire, respect des aînés, attention aux horaires de prière et au rythme du Ramadan) facilite grandement les discussions sur le fond, y compris sur les prix et les conditions.

Mal gérer la barrière linguistique

Autre écueil : se reposer exclusivement sur des traductions approximatives ou des applications automatiques pour les documents clés. Les contrats de vente sont généralement rédigés en arabe, la version anglaise faisant foi uniquement comme traduction. Une nuance mal rendue peut changer le sens d’une clause.

De même, utiliser dans la communication commerciale des dialectes arabes non omanais, ou des visuels qui ne respectent pas les codes de pudeur et de sensibilité religieuse, peut nuire à la crédibilité d’un vendeur étranger et compliquer la relation.

Comment éviter ces erreurs : quelques principes simples

Même si chaque dossier est unique, la plupart des erreurs recensées relèvent d’un même défaut : vouloir gagner du temps ou de l’argent en sautant des étapes essentielles. Quelques principes permettent de sécuriser fortement un achat immobilier à Oman :

Astuce :

Pour un achat immobilier sécurisé à Oman, il est crucial de vérifier le régime juridique du bien (ITC, freehold, usufruit) et les restrictions géographiques pour les non-Omanais. Confirmez le titre de propriété et les charges via le Ministère du Logement et de l’Urbanisme (MoHUP), en demandant un certificat d’entraves et en contrôlant la chaîne de propriété. Faites relire tous les contrats, notamment le contrat de vente (SPA), les règlements de copropriété et, pour les achats sur plan, les documents relatifs au compte séquestre (escrow) et au calendrier de paiement, par un avocat local. Obtenez une évaluation indépendante et des comparables de marché pour éviter un prix excessif. Chiffrez l’ensemble des coûts : droits de transfert, honoraires juridiques, commissions, charges annuelles, taxe municipale sur les loyers, frais d’assurance et coûts d’entretien. Faites inspecter le bien, neuf ou ancien, par un professionnel avant la finalisation. Ne transférez jamais de fonds significatifs avant d’avoir un contrat signé et vérifié, et d’être certain de la capacité du vendeur à transférer un titre valide. Enfin, travaillez exclusivement avec des professionnels agréés : agents immobiliers enregistrés auprès du MoHUP, promoteurs approuvés, notaires et avocats qualifiés.

En résumé : un marché attractif, mais qui ne pardonne pas l’improvisation

Oman offre, sur le papier, quelques-uns des atouts les plus séduisants de la région : stabilité, absence d’impôt sur le revenu, pas de taxe foncière récurrente, possibilité de rentabilités brutes proches de 7 à 8 % sur certains segments, programmes de résidence liés à l’investissement immobilier. Mais cette attractivité s’accompagne d’un cadre légal particulièrement structuré pour les étrangers, centré sur les ITC et l’usufruit, et d’une pratique contractuelle où le rapport de force initial penche souvent vers le promoteur ou le vendeur.

Bon à savoir :

Les erreurs les plus graves lors de l’achat d’un bien immobilier sont généralement liées à une précipitation excessive. Il est crucial d’éviter d’acheter en dehors des zones autorisées, de signer un compromis de vente (SPA) déséquilibré sans conseil juridique préalable, et de négliger l’évaluation des charges à long terme ou le respect des règles de la copropriété. Ces écueils surviennent souvent en raison d’une volonté d’aller trop vite, en se fiant à des promesses verbales ou à des pratiques habituelles sur d’autres marchés, qui ne s’appliquent pas nécessairement.

À l’inverse, ceux qui prennent le temps de comprendre la réglementation, de se faire accompagner, de challenger les chiffres et les contrats, découvrent un marché qui, bien maîtrisé, peut devenir un pilier solide d’une stratégie patrimoniale ou d’un projet de vie dans la péninsule Arabique.

À Oman plus qu’ailleurs, acheter un bien immobilier n’est pas seulement une question de m², de vue mer ou de rendement affiché. C’est d’abord un exercice de précision juridique et financière. C’est en évitant ces erreurs courantes que l’on transforme un rêve d’investissement en réalité durable – plutôt qu’en mauvaise surprise irrémédiable.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel à Oman pour rechercher du rendement locatif et une exposition au rial omanais et au dynamisme économique du Golfe. Budget alloué : 400 000 à 600 000 USD, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Mascate, Sohar, Duqm), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une villa en pleine propriété dans une zone autorisée aux étrangers, située dans un quartier en développement de Mascate, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 8 à 10 % (« plus le rendement est grand, plus le risque est important ») et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + ameublement/travaux légers) d’environ 500 000 USD. La mission a inclus : sélection de la zone et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification progressive à Oman.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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