Les avantages fiscaux pour les investisseurs immobiliers au Nigéria

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Le Nigéria est souvent présenté comme un marché immobilier risqué mais extrêmement dynamique. Derrière les contraintes bien connues — titres fonciers complexes, coûts de financement élevés, lourdeurs administratives — se cache pourtant un écosystème fiscal de plus en plus structuré et, pour certains profils d’investisseurs, franchement attractif. Entre exonérations ciblées, allègements de TVA, régimes spéciaux pour les Real Estate Investment Companies, incitations à l’investissement productif ou encore nouvelles règles issues de la Nigeria Tax Act 2025, l’immobilier bénéficie d’un arsenal de dispositifs qu’il est essentiel de comprendre avant de déployer un capital significatif.

Bon à savoir :

Cet article détaille les avantages fiscaux pour les investisseurs immobiliers au Nigéria, en s’appuyant sur le cadre légal, les réformes récentes et les évolutions futures. Il montre concrètement comment la fiscalité peut devenir un levier de rentabilité et de structuration des projets, au-delà du simple coût immédiat.

Un environnement fiscal en mutation autour de l’immobilier

Le paysage fiscal nigérian n’est plus celui d’hier. La succession de textes — Finance Acts récents, révision du Capital Gains Tax Act, réformes de la TVA, nouveaux règlements sur les retenues à la source, sans oublier l’entrée en vigueur de la Nigeria Tax Act 2025 — dessine une trajectoire claire : élargir l’assiette, simplifier les régimes, mais en même temps utiliser la fiscalité comme outil de politique publique, notamment en matière de logement, d’industrialisation et d’investissement à long terme.

Attention :

Pour l’immobilier, le régime fiscal combine des contraintes renforcées (meilleure traçabilité des transactions, durcissement partiel de la fiscalité des plus-values pour certaines sociétés, contrôles accrus) avec des avantages réels. Ces derniers incluent des exemptions de TVA sur les ventes et loyers, des exonérations totales ou partielles pour certaines catégories d’investisseurs, des tax holidays via le Pioneer Status Incentive, des régimes très favorables pour les structures de type REIC ou REIT, ainsi que des allègements sur les droits de timbre et le capital gains tax dans des cas bien encadrés.

La clé, pour l’investisseur, est de lire ce cadre comme un tout cohérent plutôt que comme une liste dispersée d’articles de loi. Il s’agit de comprendre comment chaque niveau — impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, TVA, retenues à la source, droits de timbre, land use charges, plus-values — interagit avec les autres et comment organiser ses opérations pour en tirer le meilleur parti.

TVA et transactions immobilières : un avantage majeur pour les investisseurs

L’un des points les plus structurants pour l’immobilier au Nigéria est le traitement de la Value Added Tax (TVA). Contrairement à de nombreux pays où la vente de biens immobiliers ou certaines locations sont soumises à TVA, le Nigéria a clairement choisi de soustraire la quasi-totalité des opérations immobilières de cet impôt sur la consommation.

Bon à savoir :

La vente d’un terrain nu, la cession d’un immeuble bâti ou la location de biens immobiliers (résidentiels ou commerciaux) ne sont pas considérés comme des livraisons de biens ou de services soumises à la TVA. Cette règle, établie par la jurisprudence et des réformes, est définitivement inscrite dans la loi depuis l’entrée en vigueur de la Nigeria Tax Act 2025.

Cela signifie que, sur un projet de promotion ou de détention long terme, l’investisseur n’ajoute pas 7,5 % de TVA au prix de vente ou au loyer, ce qui améliore d’emblée la compétitivité des biens sur le marché. C’est un avantage particulièrement sensible pour les actifs résidentiels destinés aux classes moyennes et pour les surfaces commerciales ou bureaux dans les grandes agglomérations, où la concurrence est forte et la sensibilité au prix extrême.

Astuce :

Il existe une nuance importante concernant la TVA en amont, sur les intrants de construction (matériaux, équipements, certains services professionnels). Dans les régimes généraux, cette TVA supportée sur les coûts n’est pas toujours intégralement récupérable, car l’activité finale (vente ou location immobilière) est elle-même exonérée. Bien que des réformes récentes tendent à faciliter la récupération de la TVA d’amont pour certains producteurs de biens ou services « zero-rated », le promoteur purement immobilier reste généralement dans un schéma où la TVA sur les intrants se capitalise dans le coût du projet.

Dans ce contexte, les incitations fiscales ciblées pour les fabricants locaux de matériaux de construction ou les dispositifs de « tax holiday » pour certaines opérations prennent tout leur sens : en réduisant la pression fiscale à d’autres niveaux, l’État compense partiellement la non-récupérabilité de la TVA en amont pour les intervenants purement immobiliers.

Plus-values immobilières : taux, exemptions et stratégies

L’un des sujets les plus sensibles pour tout investisseur immobilier reste le traitement des gains de cession. Le Capital Gains Tax Act prévoit en principe un taux de 10 % sur les gains réalisés lors de la vente d’un bien immobilier ou de titres d’une société immobilière. La mécanique reste classique : différence entre prix de vente et coût d’acquisition, après déduction des dépenses « exclusivement, entièrement et nécessairement » liées à l’acquisition ou à la cession (frais juridiques, publicité, évaluations, droits obligatoires, etc.).

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Dans certains États, l’évaluation d’office par les autorités fiscales peut conduire à un paiement équivalent à environ 1% de la valeur du bien immobilier résidentiel.

Les réformes récentes ajoutent toutefois plusieurs couches d’avantages ciblés, particulièrement intéressants pour les investisseurs :

ThèmeRègle généraleAvantages / Exemptions clés
Taux CGT standard10 % sur les gains de cessionDans la pratique, parfois assimilé à ~1 % de la valeur en immobilier résidentiel dans certains États
Report de pertesPertes capitalisées pouvant être reportées 5 ansPermet de lisser l’impôt pour des portefeuilles avec cessions gagnantes et perdantes
Résidence principaleExonération pour la cession de la résidence principale, dans certaines limitesAvantage fort pour les particuliers qui arbitrent leur logement principal
Roll-over reliefAchat d’un bien du même type dans les 12 moisDécale l’imposition de la plus-value et facilite le réinvestissement

L’exonération de la résidence principale est un élément majeur pour les particuliers : la vente d’une maison occupée par le propriétaire, sur un terrain d’une superficie limitée à un périmètre non commercial (généralement jusqu’à un acre), peut être totalement exonérée de capital gains tax, à condition qu’il s’agisse d’une opération unique à vie. Pour l’investisseur patrimonial qui se repositionne sur un autre bien, cela permet un arbitrage sans frottement fiscal immédiat.

Bon à savoir :

Pour les professionnels, la cession d’un bien immobilier (bureaux, terrain, etc.) suivie de l’acquisition d’un bien similaire dans les 12 mois permet de différer le paiement de la plus-value (CGT). Ce mécanisme est stratégique pour optimiser la trésorerie et réinvestir les capitaux.

À cela s’ajoutent des exonérations partielles ou totales pour certains acteurs institutionnels (fonds de pension, entités caritatives, institutions religieuses) lorsque les gains sont réinvestis dans des activités non commerciales. Même si ces structures ne sont pas typiquement des « investisseurs » au sens strict, elles jouent un rôle croissant dans le financement de projets immobiliers, et leur traitement fiscal allégé contribue à fluidifier les capitaux long terme vers la pierre.

Droits de timbre et baux : un coût maîtrisable, des allègements ciblés

Les stamp duties constituent l’un des postes de coût souvent sous-estimés dans une opération immobilière au Nigéria. Ils s’appliquent aux instruments juridiques matérialisant la transaction : deed of assignment, lease agreement, power of attorney lié à un terrain, etc. Le Stamp Duties Act prévoit à la fois des taux fixes (montants forfaitaires) et des taux ad valorem, calculés en pourcentage de la valeur de la transaction.

Pour l’investisseur, ce sont surtout les droits ad valorem qui comptent. Les grandes lignes sont les suivantes pour les opérations immobilières classiques :

Type d’instrumentTaux de droit de timbre (ad valorem)
Deed of Assignment / Conveyance (vente de terrain ou immeuble)1,5 % de la valeur
Deed of Gift (terre)1,5 %
Legal Mortgage / Debenture0,375 %
Bail 0–7 ans0,78 % sur le cumul de loyer
Bail 8–21 ans3 % sur le cumul de loyer
Bail > 21 ans6 % sur le cumul de loyer
Power of Attorney lié à un bien foncier1,5 %
Memorandum of Understanding lié à un transfert immobilier1,5 %

Les réformes récentes introduisent néanmoins plusieurs amortisseurs :

Bon à savoir :

Les transactions immobilières de moins de 10 millions de nairas sont exonérées de droits de timbre, un avantage significatif pour le logement abordable et les petits commerces. Le paiement des droits ad valorem bénéficie d’un délai harmonisé de 30 jours, facilitant la gestion de trésorerie à la clôture. De plus, des régimes fiscaux préférentiels s’appliquent aux restructurations intragroupe, avec des exemptions partielles ou totales sous conditions de détention et de durée.

Pour un investisseur institutionnel, la question des droits de timbre devient alors une variable de structuration : achat direct d’un actif, ou rachat de la société détentrice de l’actif, réorganisation intragroupe, schémas avec prêts hypothécaires plutôt que cession pure, etc. Et pour les bailleurs, la modulation des droits de timbre selon la durée des baux peut inciter à privilégier des durées courtes renouvelables plutôt que des leases ultra-long terme, lorsque le modèle d’affaires le permet.

L’arsenal d’incitations : Pioneer Status, PSI et immobilier

Au-delà des règles générales, le Nigéria a mis en place un régime très particulier : le Pioneer Status Incentive (PSI). Il s’agit d’un dispositif de « tax holiday » qui offre à certaines entreprises un congé d’impôt sur les sociétés (CIT) pouvant aller jusqu’à cinq ans. Historiquement conçu pour les industries jugées stratégiques ou insuffisamment développées au Nigéria, ce régime a été progressivement ouvert à des segments liés à la construction et à l’immobilier.

Exemple :

Le principe de l’exonération fiscale pour les sociétés investissant dans des activités classées comme ‘pionnières’ prévoit une exonération totale d’impôt sur les sociétés pendant trois ans. Cette période peut être prolongée de un à deux ans après un examen. En pratique, certaines entreprises ont obtenu des certificats couvrant directement une période complète de cinq ans dès l’octroi.

Pour l’immobilier, deux points sont particulièrement notables :

1. Le secteur « Construction », incluant la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels, est éligible au PSI. Une société de développement qui crée un projet significatif peut donc, si elle répond aux critères, voir ses bénéfices exonérés d’impôt sur les sociétés pendant plusieurs années. 2. Les Real Estate Investment Trusts et certains véhicules assimilés peuvent être reconnus dans le cadre du PSI, en particulier lorsque leur activité participe à la diversification économique, à la création d’emplois et à l’industrialisation du pays.

Attention :

Pour bénéficier du PSI, les entreprises doivent satisfaire à des critères stricts : un capital investi minimal, une conformité réglementaire, et la démonstration de l’impact du projet sur l’emploi, les exportations, la substitution aux importations et le développement régional. Elles sont également tenues de verser une redevance annuelle sur leur « pioneer profit » et de fournir des rapports de performance détaillés chaque année.

Malgré ces contraintes, le gain est considérable : pendant la période de tax holiday, les résultats bénéficiaires servent pleinement au désendettement, à l’expansion et à la distribution aux investisseurs sans frottement fiscal au niveau société. De plus, les dividendes versés à partir des profits de la période pionnière sont exonérés de retenue à la source, ce qui renforce l’attrait du dispositif pour les investisseurs étrangers et les fonds.

Dans un pays où le coût du capital est élevé et où la marge de manœuvre des développeurs est parfois limitée, ce genre de mécanisme fait clairement la différence entre un projet marginal et un projet rentable.

REIC, REIT et structuration collective : la fiscalité comme catalyseur

Autre pivot majeur des avantages fiscaux : le statut de Real Estate Investment Company (REIC) et, plus largement, de véhicules d’investissement collectif comme les Real Estate Investment Trusts (REIT) et unit trusts immobiliers. Le législateur a choisi de traiter ces entités comme des véhicules « transparents », à condition qu’elles respectent certaines obligations de distribution et de conformité.

Bon à savoir :

Pour une société immobilière enregistrée comme REIC, les revenus locatifs et les dividendes reçus sont exonérés d’impôt sur les sociétés, rendant ce niveau fiscalement neutre. Cette exonération est conditionnée au respect de critères, notamment la distribution d’au moins 75 % des revenus nets sous forme de dividendes dans les 12 mois suivant la clôture de l’exercice.

Dans le même temps, les loyers ou dividendes versés à une REIC par des locataires ou des sociétés sous-jacentes ne supportent pas de retenue à la source. La retenue n’intervient qu’au moment où la REIC redistribue ses dividendes aux investisseurs finaux, généralement au taux de 10 %, ce qui correspond à une forme de taxation unique au niveau de l’investisseur.

NiveauTraitement fiscal principal pour une REIC conforme
Revenus locatifs encaissésExonérés d’impôt sur les sociétés
Dividendes reçus sur des actifs immobiliers sous-jacentsExonérés d’impôt sur les sociétés
Retenue à la source sur loyers perçus par la REICNon applicable
Dividendes versés aux investisseursWHT 10 % (impôt final pour de nombreux investisseurs)

Ce régime est particulièrement attrayant pour les investisseurs institutionnels locaux (fonds de pension, assureurs, banques) et pour les épargnants cherchant une exposition immobilière sans les contraintes opérationnelles de la gestion directe d’actifs. Il favorise aussi l’émergence de marchés immobiliers cotés, plus liquides et plus transparents.

Bon à savoir :

L’extension du régime fiscal aux Real Estate Unit Trusts permet que les intérêts versés à ces trusts soient soumis à une retenue à la source, qui est considérée comme un impôt définitif. Cela simplifie le traitement fiscal pour les investisseurs individuels.

Pour un développeur, structurer un portefeuille via un REIT ou un REIC plutôt que de conserver les actifs dans une société classique permet de réduire considérablement la double imposition (au niveau société puis au niveau actionnaire) et de rendre le véhicule beaucoup plus compétitif en termes de rendement net pour l’investisseur final.

Impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés : zones d’optimisation pour l’immobilier

Sur le terrain de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés, le Nigéria a adopté une approche modulée qui favorise clairement certaines catégories d’acteurs et certains usages des biens immobiliers.

Bon à savoir :

Pour les sociétés, le taux d’imposition standard peut atteindre 30%, complété par un prélèvement de développement de 4% sur le bénéfice imposable. Les petites entreprises, définies par un chiffre d’affaires annuel inférieur à 100 millions de nairas et un actif immobilisé limité, sont exemptées de l’impôt sur les sociétés, de la taxe sur les plus-values et du prélèvement de développement.

Sur le marché immobilier, cela ouvre une brèche intéressante pour les investisseurs de taille moyenne, capables de structurer leurs opérations dans plusieurs véhicules juridiques distincts, chacun restant en-deçà de certains seuils de chiffre d’affaires, tout en respectant les règles anti-fragmentation. Combiné au PSI pour les projets plus lourds, ce type de stratégie permet de réduire fortement la facture fiscale au niveau corporate.

Bon à savoir :

La Nigeria Tax Act 2025 introduit un seuil d’exonération de 800 000 nairas de revenu annuel et des taux d’imposition progressifs plafonnés à 25 %. Elle inclut un mécanisme de « rent relief » permettant de déduire jusqu’à 20 % de son loyer annuel de son revenu imposable, avec un plafond de déduction fixé à 500 000 nairas. Cette mesure, destinée aux locataires, peut indirectement soutenir le marché immobilier en augmentant le pouvoir d’achat net des ménages et en renforçant la demande locative.

Pour les propriétaires bailleurs, les règles de déductibilité des charges restent décisives : les frais de réparation et d’entretien, les coûts de gestion, les commissions d’agents, les dépenses de sécurité et de nettoyage, ainsi que certains frais juridiques et professionnels liés aux titres et à la défense de la propriété sont fiscalement déductibles du revenu foncier. Bien gérées, ces déductions peuvent réduire fortement l’assiette imposable d’un portefeuille locatif, en particulier dans les premières années, où les dépenses d’entretien et de mise aux normes sont plus grandes.

Retenues à la source, loyers, construction : un équilibre délicat

La retenue à la source (withholding tax, WHT) joue un rôle pivot dans le cash-flow effectif des investisseurs et dans leur stratégie de structuration. En matière immobilière, trois volets se détachent particulièrement :

Bon à savoir :

Pour les loyers versés à un propriétaire, une retenue de 10% s’applique, servant d’acompte fiscal. Pour les services de construction, le taux est de 2% pour les entrepreneurs locaux et 5% pour les non-résidents, impactant significativement la trésorerie. Les Real Estate Investment Companies (REIC) bénéficient d’une exemption sur les loyers et dividendes, améliorant leur cash-flow.

Ce jeu de taux incite les développeurs à privilégier, autant que possible, des prestataires locaux pour les travaux de construction et de gestion technique, tout en structurant leurs véhicules de détention de manière à bénéficier des exonérations de WHT offertes aux REIC et aux REIT. Il pousse également les investisseurs à tenir compte des conventions de double imposition dans le choix de la juridiction de leurs holdings et des modalités de rapatriement de leurs profits.

Fiscalité foncière locale, Land Use Act et coûts annexes

Si la plupart des avantages fiscaux décrits jusqu’ici relèvent de la sphère fédérale, la réalité de l’investissement immobilier au Nigéria ne peut être comprise sans évoquer les charges foncières locales : land use charges, ground rents, tenement rates, frais de consentement du gouverneur, frais d’enregistrement des titres, etc.

Le Land Use Act de 1978, qui confie la gestion et l’attribution des terres aux gouverneurs des États, a instauré un système dans lequel chaque transfert significatif de droit foncier requiert le consentement explicite du gouverneur. En pratique, ce consentement donne lieu à des frais souvent compris entre 3 % et 5 % de la valeur de la transaction, auxquels s’ajoutent des frais d’enregistrement pouvant atteindre 3 % supplémentaires dans certains États comme Lagos.

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À Lagos, les taux des land use charges peuvent approcher 0,4 % de la valeur des propriétés commerciales ou industrielles.

Pris isolément, ces coûts paraissent lourds. Mais, mis en perspective avec l’absence de TVA sur les transactions, les tax holidays potentiels, les exonérations de CGT sur la résidence principale, la neutralité fiscale des REIC et certains allègements sur les droits de timbre, l’ensemble du package reste compétitif pour des investisseurs capables de structurer intelligemment leurs projets.

Réformes en cours et perspectives : un cadre de plus en plus lisible

Les dernières années ont vu une intensification des réformes fiscales au Nigéria, souvent perçues comme un durcissement. Mais pour l’immobilier, une autre lecture est possible : celle d’une clarification et d’une consolidation qui, à terme, peuvent rendre le marché plus attractif.

La Nigeria Tax Act 2025, qui agrège et modernise de nombreuses lois fiscales, est emblématique : clarification des exemptions de TVA sur les ventes et loyers immobiliers, introduction de mécanismes d’exonération de capital gains ciblés, réforme de la taxation des gains sur actions, amélioration des règles de report des pertes, consolidation des prélèvements parafiscaux en un développement levy unique, définition plus précise du statut des petites entreprises, digitalisation des procédures de déclaration et de paiement.

Astuce :

Plusieurs initiatives politiques ciblent directement le secteur du logement : un projet de réforme vise à supprimer tout reliquat de TVA sur les transactions immobilières, une exonération de droits de timbre (stamp duty) est prévue pour les baux modestes, et des incitations sont mises en place pour la production locale de matériaux de construction. De plus, une exonération fiscale de sept ans (tax holiday) est accordée à certaines industries pionnières situées dans des zones économiquement défavorisées, et un soutien explicite est apporté aux développeurs de logements abordables.

Pour l’investisseur, ces changements signifient deux choses. D’abord, que le coût réel de l’impôt, calculé sur le cycle total de vie d’un projet, peut être sensiblement inférieur à ce que la lecture brute des taux laisse penser. Ensuite, que la capacité à maîtriser la technique fiscale — ou à s’entourer de conseils compétents — devient un avantage concurrentiel décisif sur ce marché.

Astuce :

Les avantages fiscaux pour les investisseurs immobiliers au Nigéria forment un système complexe incluant exemptions croisées, régimes préférentiels, périodes d’exonération fiscale, protections pour les petites structures, véhicules d’investissement transparents et réformes constantes. Comprendre et intégrer ces mécanismes dans sa stratégie de montage et de financement permet d’absorber les aléas d’un marché parfois volatil et de maximiser le rendement net des opérations.

Dans un pays confronté à un déficit de logements colossal, à une urbanisation rapide et à un besoin pressant de capitaux privés pour financer infrastructures et parcs immobiliers, cette architecture fiscale constitue autant une opportunité qu’un message politique : l’État nigérian veut que l’argent privé vienne se loger dans la pierre, à condition qu’il le fasse dans la durée et avec une contribution mesurable au développement économique national.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Cas pratique : un investisseur français qui diversifie au Nigéria
Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel au Nigéria pour chercher du rendement locatif élevé et une exposition au naira, couplée à des revenus en devises lorsque possible. Budget alloué : 400 000 à 600 000 dollars, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Lagos, Abuja, Port Harcourt), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel ou une maison individuelle dans un quartier en forte croissance comme Lekki ou Victoria Island, combinant rendement locatif brut cible proche de 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, pour un ticket global (acquisition + frais + aménagements de sécurité et de confort) d’environ 500 000 dollars. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, constitution d’un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste, property manager), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps afin d’intégrer cet actif dans une stratégie patrimoniale globale tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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