Les opportunités d’investissement dans l’immobilier commercial en Moldavie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

L’immobilier commercial en Moldavie est en train de passer du statut de marché de niche méconnu à celui de véritable terrain de jeu pour investisseurs à la recherche de rendement et de croissance. Porté par une intégration européenne accélérée, une économie en transition et un afflux de capitaux étrangers, ce segment combine prix d’entrée encore bas, rendement locatif élevé et potentiel d’appréciation significatif, le tout dans un cadre juridique de plus en plus aligné sur les standards européens.

Bon à savoir :

Le marché immobilier commercial moldave, typique d’une économie émergente, présente de nombreuses opportunités mais aussi des risques réels, avec une forte prime de risque. Pour un investisseur prêt à étudier la structure du marché, le cadre légal et les spécificités locales, il peut offrir des rendements difficiles à égaler sur les marchés matures d’Europe occidentale.

Un marché émergent en pleine transformation

La Moldavie est un petit pays d’Europe de l’Est coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, avec environ 2,5 millions d’habitants dont 43 % vivent en zone urbaine. Longtemps perçue comme l’un des pays les plus pauvres du continent, elle est aujourd’hui engagée dans une transformation profonde de son économie, avec un glissement progressif de l’agriculture vers les services, l’industrie manufacturière et surtout les technologies de l’information.

14.4

Le PIB du pays a atteint environ 14,4 milliards de dollars en 2024.

Ce mouvement est directement lié au rapprochement avec l’Union européenne. La Moldavie bénéficie d’un accord d’association, a obtenu le statut de pays candidat et a vu l’UE adopter un plan de croissance d’envergure, combinant subventions et prêts concessionnels. Cet ancrage européen se traduit par des flux d’investissements, par la modernisation du cadre législatif et par un processus accéléré de digitalisation des services publics, qui touchent aussi l’immobilier.

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Il représente environ 50 % des investissements immobiliers du pays.

Pourquoi l’immobilier commercial en Moldavie attire de plus en plus d’investisseurs

L’attrait du marché moldave repose sur trois piliers principaux : un niveau de prix encore très bas au regard de l’Europe, des rendements locatifs particulièrement élevés et un environnement réglementaire de plus en plus favorable aux investisseurs étrangers.

9 à 12

Le rendement brut qu’un immeuble commercial bien situé peut offrir en Moldavie, nettement supérieur aux marchés occidentaux saturés.

Dans un exemple emblématique, un immeuble commercial de 7 000 m² en front de rivière à Chișinău, loué à des locataires institutionnels comme une représentation diplomatique américaine, la loterie nationale ou encore une branche de la banque centrale, affiche un rendement brut revendiqué de 20 %. L’actif a été évalué autour de 34 millions d’euros, avec une participation minoritaire de 49 % proposée aux investisseurs pour 17 millions d’euros. Ce type de profil – locataires ultra-solides, emplacement prime, rendement très supérieur aux standards européens – illustre bien la prime de risque offerte par le marché moldave.

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Les retours totaux projetés sur cinq ans pour des surfaces commerciales en centre-ville de Chișinău, combinant une appréciation de valeur et un rendement locatif à deux chiffres.

Chișinău, épicentre du marché commercial moldave

Pour comprendre l’immobilier commercial en Moldavie, il faut d’abord comprendre Chișinău. La capitale concentre à elle seule environ 70 % de l’ensemble des transactions immobilières du pays et 42 % des transactions commerciales. C’est là que se trouvent la majorité des bureaux de classe A, les grands centres commerciaux, des zones industrielles modernisées et l’essentiel des projets de développement d’envergure.

Exemple :

Le marché commercial de Chișinău est caractérisé par une forte prédominance de l’immobilier industriel et des entrepôts, qui représentent environ 60% du stock. Viennent ensuite d’autres actifs générateurs de revenus (22%) et les bureaux (18%). Cette structure s’explique en grande partie par l’héritage soviétique, qui a laissé de vastes complexes industriels. Aujourd’hui, beaucoup de ces actifs nécessitent d’importants investissements pour être rénovés ou reconvertis.

Les prix y ont connu une progression soutenue. Entre 2016 et 2022, les prix unitaires moyens dans le segment commercial de Chișinău ont augmenté en moyenne de 6,8 % par an, malgré des fluctuations importantes liées aux chocs externes (pandémie, inflation, crise énergétique). Dans le même temps, la location y est particulièrement rémunératrice dans l’hyper-centre, où les loyers de locaux commerciaux atteignent 20 à 50 € par mètre carré et par mois, bien au-dessus des loyers de bureaux qui oscillent plutôt entre 4 et 7,5 €/m²/mois en dehors du noyau ultra-central.

Attention :

Cette forte prime reflète la rareté du foncier de premier choix, la concentration des services et des flux piétons, ainsi que l’arrivée de marques internationales et de concepts de retail sophistiqués. Le développement de centres commerciaux depuis les années 2000, comme Shopping MallDova ou Megapolis Mall, a transformé l’offre, et de nouveaux projets, tels le futur « Mall Moldova » par un groupe international, accentueront cette polarisation.

Au-delà de la capitale : Bălți, Cahul, Comrat et les marchés secondaires

Si Chișinău concentre l’essentiel de l’attention, les villes secondaires constituent un gisement de rendement encore largement sous-exploité. Bălți, deuxième ville du pays, se distingue par une forte composante industrielle et un développement progressif d’un marché immobilier propre, avec des prix encore sensiblement inférieurs à ceux de la capitale.

Astuce :

Les loyers y sont plus modestes, mais la demande locative est en hausse grâce à l’installation de grands industriels, notamment dans l’automobile, souvent situés dans des zones économiques spéciales ou des parcs industriels. Pour un investisseur orienté sur des stratégies « value » ou des rendements élevés, ces marchés secondaires permettent de viser des taux de rendement supérieurs à ceux du centre de Chișinău, avec des valeurs d’acquisition plus faibles et des perspectives de rattrapage à moyen terme.

D’autres villes comme Cahul, Orhei ou Comrat voient également émerger des marchés commerciaux locaux, souvent liés à des secteurs spécifiques : tourisme thermal à Cahul, tourisme culturel à Orhei, agroalimentaire et viticulture dans certaines zones rurales. Dans ces contextes, des investissements dans des petits centres commerciaux de quartier, des locaux de logistique ou des projets hôteliers ciblés peuvent se révéler particulièrement intéressants, surtout lorsque des aides publiques locales ou nationales sont disponibles.

Offices, retail, logistique, hôtellerie : une mosaïque de segments

L’immobilier commercial moldave se répartit entre plusieurs grandes catégories : bureaux, commerces, industriel/logistique, multi-résidentiel à vocation locative et hôtellerie. Chacun possède ses propres moteurs, niveaux de prix et profils de risque.

Le bureau : un marché tiré par l’IT et les services

Le sous-segment des bureaux représente un peu moins de 12 % du stock non résidentiel des grandes villes, mais son importance économique est bien supérieure à ce chiffre. La croissance du secteur IT, qui pèse déjà environ 7 % du PIB, a généré une demande importante pour des espaces de bureaux modernes, climatisés, câblés et modulables. De grandes tours de bureaux comme INFINITY TOWER, ROYAL TOWER ou AVENUE à Chișinău accueillent un nombre croissant d’entreprises de technologies, de télécommunications ou de services externalisés.

Bon à savoir :

Les locataires recherchent désormais des surfaces de plus de 500 m² avec des entrées séparées, des parkings suffisants, des générateurs de secours et une haute connectivité. La tendance au coworking et aux espaces flexibles se renforce avec les nouveaux modes de travail post-Covid. Malgré une baisse temporaire de la demande pendant la pandémie, le marché a rebondi rapidement, soutenu par la solidité du secteur IT local et les avantages fiscaux du régime Moldova IT Park (taxe unique de 7 % sur le chiffre d’affaires pour les sociétés membres).

Le retail : centres commerciaux, commerces de proximité et formats spécialisés

Le retail représente un peu plus de 14 % du stock non résidentiel. À Chișinău, l’offre s’est structurée autour de grands centres commerciaux modernes, mais aussi de galeries de taille moyenne intégrées dans les nouveaux projets résidentiels et d’un réseau dense de commerces de proximité.

Les surfaces commerciales en centre administratif sont en moyenne 2,5 fois plus chères que celles situées en périphérie, et plus de deux fois plus onéreuses que les bureaux. Les loyers des boutiques sont environ deux fois supérieurs à ceux des bureaux, reflétant la valeur de l’emplacement dans un pays où le commerce physique reste très important et où la modernisation des formats de distribution est encore en cours.

Bon à savoir :

En parallèle des grands centres commerciaux, les magasins spécialisés de quartier (caves à vin, boutiques artisanales, commerces de produits locaux) et les nouveaux formats de supermarchés ou « convenience stores » connaissent un essor rapide. Cette tendance représente une opportunité d’investissement pour les petits acteurs souhaitant développer ou acquérir des surfaces commerciales modestes, adaptées aux commerces de niche ou à la franchise.

L’industriel et la logistique : l’énorme réservoir de valeur cachée

Le secteur industriel/logistique domine largement le stock non résidentiel, avec plus de la moitié des surfaces. De nombreux actifs sont des bâtiments datant de l’époque soviétique, souvent mal isolés, énergivores et sous-utilisés. Pour un investisseur patient, ces friches industrielles offrent un potentiel de requalification important, que ce soit en procédant à des rénovations ciblées pour les repositionner comme entrepôts logistiques ou en les intégrant à des projets mixtes.

Les loyers dans l’industriel restent faibles en valeur absolue – autour de 3 à 5 €/m²/mois pour les produits récents et en bon état – mais les prix de vente sont également très bas, avec des moyennes inférieures à 300 €/m² sur de nombreux actifs, voire moins pour les bâtiments anciens. De telles valorisations permettent de dégager des rendements attractifs, d’autant plus que la demande en entrepôts modernes se renforce avec la montée du e‑commerce et l’essor des productions d’exportation (automobile, textile, agroalimentaire).

500

Plus de 500 hectares de terrains sont encore disponibles pour de nouveaux développements dans les zones économiques libres et parcs industriels.

Hôtellerie et tourisme : un potentiel encore sous-exploité

Le segment hôtelier ne représente qu’un peu plus de 1 % du stock non résidentiel dans les principales villes, mais c’est un secteur à fort potentiel. La Moldavie bénéficie d’atouts peu connus : vignobles de renommée internationale, paysages ruraux, villages pittoresques, patrimoine historique autour de sites comme Orheiul Vechi, sans oublier une montée progressive du tourisme d’affaires (MICE) dans la capitale.

Chișinău concentre à majorité des hôtels 3 à 5 étoiles, avec des taux d’occupation qui peuvent atteindre 60 à 70 % dans le haut de gamme, alors que la moyenne nationale est bien plus basse. Des tendances nettes se dessinent : montée des boutique‑hôtels, des pensions de charme en milieu rural et de l’agritourisme. Les taux de TVA réduits pour le secteur (10 % dans la restauration/hôtellerie) et la hausse du flux de touristes étrangers – tirés notamment par la Roumanie et d’autres pays de la région – soutiennent la rentabilité des projets hôteliers bien positionnés.

Un environnement juridique de plus en plus favorable aux investisseurs étrangers

L’une des forces du marché moldave tient à son ouverture aux capitaux étrangers dans l’immobilier urbain. Les personnes physiques et morales étrangères peuvent acheter et détenir librement des biens résidentiels ou commerciaux en ville, sans limitation de nombre ni de valeur. Les droits des investisseurs étrangers sont expressément protégés par la Constitution et le Code civil, et ils bénéficient des mêmes garanties que les citoyens moldaves.

Les restrictions concernent principalement les terres agricoles, qui ne peuvent être détenues directement par des non‑résidents, sauf via une société moldave sans majorité étrangère. En revanche, les terrains non agricoles – y compris de nombreux terrains situés en zone périurbaine à vocation de développement – sont accessibles aux étrangers moyennant certaines démarches supplémentaires.

Bon à savoir :

Les transactions sont encadrées par un système d’enregistrement public géré par l’Agence des services publics. L’authentification de l’acte de vente devant notaire est obligatoire, et le transfert de propriété n’est opposable qu’après inscription au registre immobilier, ce qui renforce la sécurité juridique. La procédure est stricte et nécessite souvent l’apostille des documents étrangers, suivie de leur traduction officielle en roumain.

Pour un investisseur international, le pays offre également plusieurs voies de séjour et de résidence liées à l’investissement : permis de séjour temporaire adossé à un achat immobilier ou à un investissement minimum, résidence permanente après plusieurs années de présence ou au‑delà d’un certain seuil d’investissement, et même une voie de citoyenneté par investissement, incluant une option immobilière, sous réserve de conserver le bien pendant au moins cinq ans.

Fiscalité et structure d’investissement : un cadre compétitif

Sur le plan fiscal, la Moldavie adopte une approche relativement simple, avec un impôt sur le revenu unique de 12 % pour les personnes physiques et un taux d’impôt sur les sociétés également fixé à 12 %. Les revenus locatifs perçus par un particulier sont taxés à 12 % sur le bénéfice net, après déduction des charges admissibles (travaux, gestion, assurance, etc.). Pour une société, les mêmes dépenses sont déductibles avant calcul de l’impôt.

Bon à savoir :

La plus-value sur la revente d’un bien est imposée à 12 % si la détention est inférieure à 3 ans. Les achats sur le marché primaire (neuf) sont soumis à une TVA de 20 %, généralement absente sur le marché secondaire. La taxe foncière annuelle, modérée, varie entre 0,05 % et 0,3 % de la valeur du bien selon la municipalité.

Pour les investisseurs d’Amérique du Nord ou d’autres juridictions, des conventions de non‑double imposition existent (États‑Unis, Canada, Italie, etc.), permettant de créditer l’impôt payé en Moldavie dans leur pays de résidence fiscale. Les obligations déclaratives restent néanmoins à respecter dans les deux pays, ce qui rend vivement recommandable le recours à un conseil fiscal familier des deux systèmes.

Astuce :

L’investisseur peut opter pour une détention en direct à son nom, solution simple adaptée à un portefeuille restreint (1 ou 2 actifs). Pour des portefeuilles plus importants, la constitution d’une société à responsabilité limitée (SRL) moldave est avantageuse, offrant une meilleure protection de responsabilité et une plus grande capacité à déduire les charges. Pour les projets de développement d’envergure, une structure fréquente consiste à utiliser une holding basée dans l’UE (par exemple en Roumanie ou dans les pays baltes) avec une filiale moldave. Cette configuration permet de bénéficier de la reconnaissance des structures européennes auprès des partenaires financiers et de profiter de certains traités fiscaux.

Financement : entre limitations locales et solutions hybrides

La réalité du financement est moins favorable que dans les marchés matures. Les banques locales sont prudentes vis‑à‑vis des non‑résidents, et les prêts hypothécaires en faveur d’investisseurs étrangers sont rares, souvent conditionnés à un apport de 30 à 50 % et à un historique de revenus locaux. Les taux d’intérêt sur les prêts en euros se situent généralement entre 7 et 10 %, avec des durées souvent plus courtes que dans l’UE occidentale.

Astuce :

Plusieurs solutions de financement existent pour investir en Moldavie. Pour les projets neufs à Chișinău, certains promoteurs proposent des paiements échelonnés, avec un apport initial de 30 à 50 % et le solde étalé sur la durée des travaux. Par ailleurs, quelques banques de l’UE, notamment roumaines, peuvent financer des biens en Moldavie pour leurs clients existants. Enfin, une stratégie courante pour les investisseurs internationaux consiste à refinancer un bien détenu dans leur pays d’origine (en Europe ou en Amérique du Nord) via un crédit hypothécaire, afin de débloquer des fonds propres pour l’investissement moldave.

Le marché local propose également des produits dédiés à l’immobilier commercial pour les entreprises moldaves, avec des durées pouvant aller jusqu’à 30 ans et des possibilités de financement jusqu’à 100 % de la valeur du projet sous réserve de garanties complémentaires. Des offres spécifiques de « green mortgage » existent pour les projets certifiés en matière d’efficacité énergétique, avec des conditions bonifiées. Pour un investisseur étranger opérant via une société moldave, l’accès à ces lignes de crédit est facilité, même si la qualité du dossier et la solidité des flux locatifs restent déterminantes.

Les zones économiques libres, parcs industriels et IT Park : un levier puissant pour l’immobilier commercial

Un des atouts les plus sous-estimés de la Moldavie pour l’immobilier commercial réside dans son réseau de zones économiques spéciales : sept zones économiques libres, un port libre international, un aéroport libre, une dizaine de parcs industriels et un IT Park national.

Bon à savoir :

Les zones économiques libres offrent des avantages fiscaux significatifs pour l’immobilier commercial. Les entreprises exportatrices bénéficient de réductions d’impôt sur les sociétés (jusqu’à 50% des revenus d’exportation) et, sous conditions d’investissement (1 ou 5 millions de dollars), d’exonérations temporaires totales. La TVA est à 0% et les droits de douane sont supprimés pour les biens et services, à l’exception d’une taxe de traitement symbolique.

Pour un investisseur immobilier, cela signifie que les locataires potentiels bénéficient d’un environnement très compétitif pour leur activité, ce qui augmente la probabilité de trouver des occupants solides, internationaux, et prêts à s’engager sur le long terme. Dans les parcs industriels, si les avantages fiscaux sont moins spectaculaires, l’État peut proposer des loyers fonciers réduits, la mise à disposition d’infrastructures ou la cession de terrains à des conditions préférentielles pour soutenir l’implantation industrielle. L’IT Park, quant à lui, attire une concentration d’entreprises technologiques en offrant un régime fiscal ultra‑simplifié, ce qui renforce la demande pour des bureaux modernes et des services associés.

Bon à savoir :

L’acquisition ou la rénovation de bâtiments industriels, logistiques ou de bureaux dans ou à proximité de zones d’activité est une stratégie cohérente. Elle est particulièrement adaptée aux investisseurs prêts à collaborer étroitement avec des opérateurs industriels ou informatiques recherchant des solutions clés en main (« plug-and-play »).

Rendements, valorisation et scénarios de performance

Les données disponibles convergent vers un constat clair : l’immobilier commercial moldave offre des rendements supérieurs à la moyenne régionale, tant en termes de revenus locatifs que de perspectives d’appréciation.

75 à 80

Rendement total sur cinq ans atteignable sur des surfaces commerciales bien situées à Chișinău, combinant rendement locatif et appréciation, sans recours massif à l’effet de levier.

Pour mieux illustrer la position du segment commercial par rapport à d’autres classes d’actifs immobiliers en Moldavie, on peut comparer les rendements attendus et les perspectives d’appréciation sur cinq ans :

Segment immobilierRendement locatif brut estiméAppréciation annuelle estiméePerformance totale sur 5 ans (ordre de grandeur)
Appartements centre de Chișinău6–8 %6–8 %65–70 %
Appartements quartiers secondaires7–9 %4–6 %60–70 %
Résidentiel villes secondaires8–10 %3–5 %65–75 %
Commerces (locaux commerciaux)9–12 %5–8 %75–80 %
Logistique / industriel moderne8–11 %4–7 %70–80 %
Immobilier touristique viticole5–15 % (saisonnier)4–7 %80–85 %

Ces chiffres restent des ordres de grandeur basés sur des études de marché et des simulations, mais ils donnent une idée claire du positionnement du segment commercial, qui se situe en haut de la fourchette en termes de couple rendement/risque, devant les appartements urbains classiques.

Processus d’acquisition : ce qu’un investisseur doit réellement anticiper

Sur le papier, le processus d’achat d’un bien commercial en Moldavie est relativement standard : recherche du bien, offres et négociations, due diligence juridique et technique, signature d’un compromis ou pré‑contrat, versement d’un dépôt de réservation, passage chez le notaire, transfert des fonds, enregistrement au registre immobilier, puis formalités post‑acquisition (raccordement des services, assurances, enregistrements fiscaux).

Dans la pratique, plusieurs spécificités méritent une attention particulière.

Bon à savoir :

La transparence sur les prix de transaction est limitée, car il n’existe pas de base de données publique exhaustive des montants réellement payés. Les professionnels se réfèrent souvent aux prix d’offre, qui peuvent différer des prix effectifs. Les marges de négociation sont généralement de 5 à 15 %, et peuvent être plus élevées pour les biens vieillissants ou mal positionnés. Pour les programmes neufs de standing, les rabais sont plus restreints, souvent entre 3 et 7 %.

Ensuite, la qualité de la documentation foncière doit être vérifiée avec soin, surtout pour les immeubles plus anciens ou résultant de privatisations successives. Des problèmes de titres incomplets, de extensions non autorisées ou de divergences entre la réalité physique et les données cadastrales demeurent courants. D’où l’importance d’un audit juridique couvrant au moins trois décennies d’historique, d’une vérification du « passeport technique » du bien et d’un contrôle des autorisations d’urbanisme.

3-6

Les coûts de transaction pour l’acquisition d’un bien immobilier, incluant tous les frais, représentent généralement entre 3 et 6 % du prix d’acquisition.

Principaux risques et moyens de les maîtriser

Investir en Moldavie n’est pas sans risques, et ceux‑ci sont à la mesure des opportunités. La liste est longue : instabilité politique, tensions régionales liées à la guerre en Ukraine et au dossier de la Transnistrie, rythme parfois imprévisible des réformes, corruption encore présente dans certaines institutions, fragilités démographiques (émigration, vieillissement), volatilité monétaire, qualité inégale du bâti, infrastructures parfois insuffisantes, liquidité limitée du marché, notamment en dehors de la capitale.

Cependant, de nombreuses stratégies permettent d’en réduire l’impact.

Astuce :

Sur le plan juridique, la meilleure défense consiste à travailler avec des avocats spécialisés en immobilier à Chișinău, à recourir à des notaires ayant l’habitude des dossiers étrangers et, autant que possible, à utiliser des comptes séquestres pour sécuriser les flux financiers. La vérification approfondie des titres, des servitudes, de la conformité des constructions et des éventuels litiges est incontournable.

Sur le plan financier, la plupart des investisseurs optent pour une indexation en euros de leurs baux commerciaux, afin de limiter le risque lié au leu moldave. Beaucoup structurent leurs investissements via des sociétés afin de compartimenter les risques et d’optimiser la fiscalité. La diversification des actifs – par localisation, type de bien et catégorie de locataires – est particulièrement recommandée dans un marché encore peu profond.

Attention :

L’industrie de la gestion locative en Pologne est en développement avec un cadre réglementaire moins strict qu’en Europe occidentale. Pour les investisseurs non-résidents, un contrat de gestion détaillé est indispensable. Il doit inclure des indicateurs de performance, une politique claire de sélection des locataires et un reporting régulier.

Une fenêtre d’opportunité liée à l’intégration européenne

Au‑delà des chiffres et des cas concrets, l’élément le plus structurant pour la décennie à venir est l’ancrage européen de la Moldavie. Le statut de candidat à l’UE, l’ouverture des négociations d’adhésion et les programmes financiers massifs adoptés par Bruxelles pour soutenir les réformes et la croissance laissent présager plusieurs vagues successives de réévaluation des actifs.

Bon à savoir :

Les marchés immobiliers des pays en voie d’adhésion à l’UE suivent généralement un cycle en trois phases : anticipation par les investisseurs audacieux avant l’adhésion, hausse progressive des prix avec la diminution du risque perçu, puis arrivée des capitaux institutionnels après consolidation des réformes. La Moldavie se situe actuellement dans les premières phases de ce cycle.

Pour un investisseur capable d’accepter un horizon de détention moyen/long (cinq à dix ans), positionner du capital sur des actifs commerciaux bien choisis – bureaux modernes loués à des locataires IT dans des parcs bénéficiant du régime fiscal du IT Park, centres commerciaux ou retail parks dans des zones urbaines en croissance, plateformes logistiques à proximité des routes vers l’UE, immeubles mixtes dans l’hyper‑centre de Chișinău – revient à parier sur une convergence progressive des valorisations moldaves vers celles de marchés voisins plus avancés.

Bon à savoir :

L’intégration européenne de l’Ukraine comporte une part d’incertitude liée au calendrier exact et à la capacité du pays à maîtriser la corruption et consolider l’État de droit. Cependant, plusieurs signaux actuels vont dans le sens d’une réduction graduelle du risque : réformes judiciaires, renforcement des institutions anticorruption, digitalisation massive des services publics, alignement législatif et augmentation continue des investissements directs européens.

Dans ce contexte, l’immobilier commercial en Moldavie apparaît comme une classe d’actifs de niche, réservée à des investisseurs informés et organisés, mais doté d’un potentiel de création de valeur particulièrement élevé. La combinaison entre des rendements locatifs rarement vus sur le continent, des perspectives d’appréciation liées à la convergence européenne et un cadre légal qui se rapproche rapidement des standards de l’UE fait de ce marché une opportunité à considérer sérieusement pour qui cherche à diversifier son exposition en Europe au‑delà des grandes capitales saturées.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Moldavie pour rechercher du rendement locatif et une exposition à une économie en transition. Budget alloué : 400 000 à 600 000 euros, sans recours au crédit.

Après analyse de plusieurs marchés (Chișinău, Bălți, zones périurbaines dynamiques), la stratégie retenue a consisté à cibler un immeuble résidentiel de petite taille ou un ensemble d’appartements dans un quartier en développement de Chișinău, combinant un rendement locatif brut cible de 9–10 % — « plus le rendement est grand, plus le risque est important » — et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 500 000 euros. La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, expert-comptable), choix de la structure d’investissement la plus adaptée et intégration de l’actif moldave dans une stratégie patrimoniale globale.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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