Financement immobilier en Moldavie : mode d’emploi complet pour décrocher son crédit

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

Acheter un logement en République de Moldavie est devenu, pour beaucoup de ménages, impossible sans recourir à un crédit immobilier. Le marché est dynamique, les prix montent, et les banques proposent de plus en plus de produits, avec l’appui d’un cadre légal spécifique et de programmes d’État comme « Prima Casă » et « Prima Casă Plus ». Mais entre les taux variables indexés sur la Banque nationale, les exigences de revenu, les règles de garantie et la jungle des documents, il est très facile de se perdre.

Bon à savoir :

Ce guide détaille les démarches, conditions, coûts et risques pour obtenir un prêt immobilier en Moldavie. Il s’appuie sur les textes juridiques, les données de la Banque nationale, les offres des principales banques (maib, Moldindconbank, Victoriabank, OTP Bank) et les programmes publics de soutien au logement.

Comprendre le contexte du crédit immobilier en Moldavie

Le crédit immobilier en Moldavie s’est développé tardivement, mais très vite. Un cadre juridique dédié – la Loi sur l’hypothèque adoptée en 2008 – a permis de structurer le marché, de sécuriser les garanties et d’ouvrir la voie à des produits plus sophistiqués, allant du prêt logement classique au crédit avec taux mixte, en passant par les programmes garantis par l’État.

Attention :

Le marché immobilier est sous forte tension, particulièrement dans la capitale moldave. Les prix au mètre carré y ont fortement augmenté, accompagnés d’une croissance du financement par crédit. Cette situation exerce une pression accrue sur les ménages, d’autant plus que les taux d’intérêt ont remonté après une période de détente monétaire.

Le crédit hypothécaire (au sens des statistiques de la Banque nationale) recouvre tous les prêts aux particuliers destinés à l’achat de biens immobiliers. En septembre 2025, le taux moyen observé sur ces produits tournait autour de 8,2 % par an, soit plus que les 7 % du début 2025, mais nettement en dessous des pics de plus de 12 % observés en 2022. À long terme, la moyenne historique depuis 2008 dépasse 10 %.

Le crédit immobilier pèse désormais lourd dans le système bancaire. Le portefeuille de prêts hypothécaires avoisine 24–25 milliards de lei et devrait dépasser 26 milliards de lei à la fin 2025, alors même que le nombre de transactions immobilières baisse. Autrement dit, sans crédit, une partie du marché résidentiel se serait probablement figée.

Cadre légal : ce que prévoit la loi hypothécaire moldave

Toute la mécanique du financement immobilier repose sur la notion d’hypothèque telle que définie dans le droit moldave. Une hypothèque est un droit réel sur un bien immeuble qui sert de garantie à une obligation monétaire (en général, un prêt). Si l’emprunteur ne rembourse pas, le créancier peut se faire payer en priorité sur la valeur de ce bien, par rapport aux autres créanciers.

Exemple :

La loi hypothécaire moldave (anciennement Loi n° 142‑XVI, complétée par d’autres textes) visait à consolider des règles auparavant dispersées, à faciliter le développement du marché primaire du crédit et à jeter les bases d’un marché secondaire pour la titrisation et le refinancement. Elle a établi des principes essentiels protégeant à la fois les droits de l’emprunteur et les intérêts de la banque.

D’abord, n’importe quelle institution financière correctement régulée peut accorder un prêt garanti par hypothèque : banques, mais aussi institutions non bancaires. Ensuite, l’hypothèque peut garantir non seulement une dette présente, mais aussi une dette future ou conditionnelle, et même des créances fluctuantes comme un découvert bancaire, y compris en devises étrangères.

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C’est le coût de base en lei pour l’enregistrement d’une hypothèque sur un bien immobilier en Roumanie.

La loi prévoit aussi des protections spécifiques pour les consommateurs inspirées des codes de conduite européens : information précontractuelle, transparence sur le coût global du crédit, protection des données personnelles, obligation de fournir au client un tableau détaillé du coût du prêt (taux nominal, taux effectif annuel, commissions, etc.).

Enfin, le texte consacre plusieurs règles sur la portée de l’hypothèque : la garantie s’étend en principe au terrain et aux constructions, aux améliorations, aux indemnisations versées par un tiers (par exemple en cas d’expropriation) et aux indemnités d’assurance. En revanche, les « fruits » du bien (loyers, récoltes) ne sont couverts que si cela a été prévu dans l’acte.

Qui peut obtenir un crédit immobilier en Moldavie ?

L’accès au financement immobilier reste réservé à un profil assez encadré, surtout pour les résidents. Les banques affichent des critères convergents qui tournent autour de la résidence, de l’âge, de la stabilité professionnelle et du niveau de revenu.

Astuce :

Pour obtenir un crédit en République de Moldavie, il est essentiel d’être résident du pays. Cette condition s’applique aux citoyens moldaves, aux étrangers et aux apatrides, à condition qu’ils disposent d’un titre de séjour permanent et d’un document d’identité moldave valide. L’âge minimum pour accéder au crédit est de 18 ans. L’âge maximum à l’échéance du prêt dépend des produits financiers : il est souvent fixé à 65 ou 70 ans, ou peut simplement faire référence à l’âge normal de la retraite en vigueur.

La situation professionnelle est centrale : l’emprunteur doit être officiellement employé, avec une ancienneté minimale auprès de l’employeur actuel allant de 3 à 12 mois selon les banques. Pour les prêts en lei, beaucoup d’établissements exigent au moins six mois de stabilité ; pour les crédits en euros ou en dollars, la barrière est plutôt de douze mois.

Bon à savoir :

Pour un prêt en lei, un salaire net mensuel d’au moins 6 000 MDL est généralement requis. Pour un prêt en devise (EUR/USD) ou pour les travailleurs migrants, les banques exigent souvent un revenu net mensuel d’au moins 1 000 EUR, stable sur les 12 derniers mois. Les revenus en devises doivent être versés sur un compte bancaire et justifiés par un contrat de travail ainsi qu’une déclaration fiscale.

Le critère de capacité d’endettement est important : la somme de toutes les mensualités de crédit, y compris le nouveau prêt immobilier, ne doit en principe pas dépasser 70 % du revenu net officiel cumulé de l’emprunteur (et éventuellement de son conjoint ou des proches dont le revenu est pris en compte).

Quels revenus sont acceptés par les banques ?

Une des spécificités du marché moldave est la diversité des sources de revenus que les banques acceptent pour le calcul de la solvabilité. Outre le salaire classique ou la pension, un certain nombre d’activités ou de flux financiers peuvent entrer dans l’équation, à condition d’être tracés et déclarés.

Les prêteurs acceptent, par exemple, les revenus de professions libérales réglementées (avocat, notaire, huissier, expert judiciaire, traducteur, médiateur, régistrateur), dont les honoraires transitent sur des comptes bancaires. Dans ce cas, la banque exigera des relevés détaillant les encaissements, et parfois des pièces comptables supplémentaires, notamment pour les études notariales.

Attention :

Les dividendes perçus en tant qu’associé ou fondateur d’une entreprise enregistrée en Moldavie sont pris en compte, sous réserve de fournir les états financiers, les procès-verbaux d’assemblée et les relevés bancaires attestant des versements.

Les revenus locatifs sont éligibles à condition que le contrat de location soit enregistré auprès du Service fiscal d’État, et que les paiements de loyers soient prouvés par des reçus ou des extraits de compte. Les droits d’auteur ou redevances (royalties) peuvent aussi être intégrés, avec un contrat de cession de droits et la preuve des paiements.

Enfin, dans un pays où les transferts de la diaspora pèsent lourd dans le PIB, les banques tiennent compte des envois d’argent réguliers provenant de proches de premier degré à l’étranger, si ces flux sont stables et documentés. Cette ouverture permet à des familles dont le revenu principal vient de l’émigration de structurer un projet immobilier en Moldavie.

Quels projets peuvent être financés ?

Le crédit immobilier en Moldavie ne se limite pas à l’achat d’un appartement en ville. Les banques proposent des prêts pour divers types d’opérations, tant résidentielles que non résidentielles.

Les usages les plus fréquents sont l’achat d’un logement – appartement ou maison – situé en Moldavie, mais certaines offres couvrent aussi l’acquisition de biens immobiliers à l’étranger. L’achat d’un terrain destiné à la construction d’une maison individuelle fait partie des objectifs finançables, souvent à condition que le projet de construction soit également confié à la banque.

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Le refinancement entre dans le champ des produits immobiliers : un emprunteur qui a déjà un crédit dans une autre banque ou auprès d’un organisme non bancaire peut le faire racheter, souvent pour bénéficier d’un taux plus avantageux ou d’une durée allongée.

Enfin, des prêts destinés aux biens non résidentiels existent : achat de bureaux, entrepôts, commerces, locaux mixtes, voire projets d’investissement locatif. Ces crédits peuvent être contractés par des particuliers ou des entreprises, avec des conditions de taux et de garanties spécifiques.

Montants, durées et quotités finançables

Les prêts immobiliers moldaves jouent désormais dans la cour des marchés matures en termes de durée et de niveau de financement. Sur la durée, les banques vont jusqu’à 30 ans, notamment pour les produits destinés à la résidence principale et pour les programmes publics de type « Prima Casă » ou « Prima Casă Plus ».

Les montants varient selon les banques et les programmes. Certaines offres standard démarrent autour de 600 000–800 000 MDL et montent jusqu’à 5 millions de lei, d’autres poussent le plafond à 7 millions de lei (ou l’équivalent en euros ou en dollars). Dans les programmes d’État, la limite est plus précisément encadrée : jusqu’à 2,5 millions de lei pour « Prima Casă Plus ».

Côté quotité, le spectre est large. Il existe des prêts qui couvrent jusqu’à 100 % du coût du logement ou du projet, mais cette possibilité reste encadrée et souvent conditionnée à des garanties complémentaires ou au cadre d’un programme garanti par l’État. De nombreuses offres commerciales plafonnent le financement à 90 % de la valeur d’achat, ce qui implique un apport personnel d’au moins 10 %.

Conseiller en financement immobilier

Les professionnels de l’immobilier recommandent, lorsque c’est possible, un apport de 20 % pour réduire le risque de sur‑endettement et améliorer les conditions de taux. Les banques, de leur côté, considèrent qu’un crédit avec 0 % d’apport est plus risqué et peuvent appliquer des marges plus élevées.

Pour les non‑résidents et certains profils jugés plus risqués, les exigences sont plus strictes : il n’est pas rare que les banques exigent 30 à 50 % d’apport pour des prêts à des étrangers, avec des durées raccourcies à 10–15 ans.

Comment fonctionnent les taux d’intérêt ?

Le paysage des taux immobiliers en Moldavie est directement influencé par la politique monétaire de la Banque nationale (BNM) et par les indices de référence internationaux en cas de prêts en devises. Trois grandes familles de taux coexistent : les taux fixes, les taux variables (ou flottants) et les taux mixtes.

Dans un schéma de taux fixe, le pourcentage appliqué au prêt reste identique pendant toute la durée ou pendant une période convenue. Certaines banques ont proposé des campagnes où le taux restait figé, par exemple à 7,5 % pendant 24 mois, avant de devenir variable. D’autres offres annoncent un taux fixe « à partir de 7,95 % », valable jusqu’à une date donnée, puis basculent en variable.

Bon à savoir :

Les taux variables pour les crédits en lei moldave sont révisés à dates fixes, généralement le 1er janvier et le 1er juillet. Ils sont calculés en ajoutant une marge bancaire (de 2,38 % à plus de 4 %) à un indice de référence publié par la Banque nationale, comme la moyenne des taux de dépôts à 6-12 mois, qui était par exemple autour de 5,57 %.

Pour les prêts en euros, les banques utilisent l’EURIBOR 6 mois comme référence, auquel elles ajoutent leur marge (par exemple 4 % ou 4,5 %). Pour les prêts en dollars, l’indice de base est le SOFR, avec des marges similaires. La combinaison donne un taux nominal qui peut se situer entre 7,5 % et plus de 10 % selon la période et le risque perçu.

Les offres mixtes combinent les deux logiques : un taux fixe sur une première période (un ou deux ans), puis un taux variable composé d’un indice + marge. Cela permet de sécuriser les premières années, souvent les plus sensibles pour le budget du ménage, tout en laissant la porte ouverte à une baisse (ou une hausse) future en fonction de la conjoncture.

Pour illustrer, certaines simulations bancaires pour un prêt de 800 000 MDL sur 20 ans à 8,3 % donnent une mensualité d’environ 6 845 MDL, avec un taux effectif autour de 8,6 % et un coût total dépassant 1,6 million de lei. Sur un prêt de 30 000 EUR à 8,56 % sur 20 ans, la mensualité tourne autour de 262 EUR, pour un remboursement total de plus de 62 000 EUR.

Un élément clé pour l’emprunteur est la distinction entre taux nominal et taux effectif annuel (DAE). Le second intègre frais et commissions obligatoires, donnant une image plus réaliste du coût du crédit. Sur certaines offres, on observe ainsi des écarts entre un taux affiché autour de 8–9 % et un DAE proche de 9–10 %.

Frais annexes et commissions à prévoir

Au-delà des intérêts, un projet immobilier en Moldavie génère une série de frais, certains liés au crédit, d’autres aux formalités de propriété. Bien que plusieurs banques communiquent sur l’absence de commission de dossier ou de frais de gestion mensuelle, d’autres prélèvent une commission de mise en place du prêt, souvent autour de 1 % du montant.

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Coût total potentiel en MDL pour l’enregistrement d’un acte de vente et d’un acte d’hypothèque auprès de l’Agence des services publics en Moldavie.

Les honoraires de notaire s’ajoutent, calculés sur une échelle dégressive en fonction de la valeur de la transaction. S’y ajoutent parfois des frais de transcription ou de copies certifiées, selon la complexité du dossier. L’État prélève également une taxe sur le transfert de propriété, souvent de l’ordre de 0,5 % du prix de vente pour un appartement.

Enfin, il faut compter le coût de l’expertise immobilière, obligatoire pour toute hypothèque. Pour un appartement, les prix démarrent généralement autour de 1 100 MDL, et peuvent monter à 3 000 MDL pour une maison individuelle avec terrain et annexes.

Assurance obligatoire du bien hypothéqué

La loi moldave impose que tout bien donné en garantie soit assuré pendant toute la durée du prêt, au bénéfice de la banque. Cette obligation est reprise systématiquement dans les contrats de crédit : si l’emprunteur ne présente pas de preuve de paiement de la prime d’assurance, l’établissement peut refuser d’accorder le prêt ou exiger des garanties supplémentaires.

Astuce :

L’assurance immobilière couvre un ensemble de risques majeurs tels que l’incendie, l’explosion, les catastrophes naturelles, l’inondation, la tempête, le glissement de terrain, les actes malveillants de tiers (vol, vandalisme) et le bris de vitres. La couverture est calculée sur la base de la valeur de remplacement du bâtiment. Cela correspond au coût nécessaire pour le reconstruire ou le réparer à l’identique, et non à sa simple valeur comptable.

La prime moyenne pour cette assurance obligatoire tourne autour de 1 000 MDL par an pour un logement standard, le montant exact dépendant de la localisation, du type de construction, de la surface et du niveau de couverture. Beaucoup de compagnies proposent des garanties optionnelles supplémentaires (contenu, responsabilité civile, extension de garantie pour équipements, etc.) qui augmentent la prime.

Le contrat d’assurance doit désigner la banque comme bénéficiaire : en cas de sinistre majeur, l’indemnité sera utilisée en priorité pour rembourser tout ou partie du prêt. Si l’indemnisation dépasse le solde de la dette, le surplus est reversé au propriétaire.

Démarches et documents pour déposer son dossier

L’accès au crédit passe par une procédure relativement standardisée, même si chaque banque garde ses spécificités. Dans la plupart des cas, le processus commence par une simulation – soit en ligne via un simulateur de crédit, soit en agence avec un conseiller – afin de déterminer la capacité d’emprunt, la durée optimale et un montant indicatif.

Bon à savoir :

Pour déposer une demande de crédit, il faut remplir un formulaire en agence, dans un centre hypothécaire ou en ligne. La banque exige ensuite : une pièce d’identité (carte d’identité ou passeport), des justificatifs de revenus (bulletins de salaire, relevés bancaires, contrats, déclarations fiscales) et, le cas échéant, des preuves pour les autres sources de revenus (dividendes, loyers, droits d’auteur).

Parallèlement, l’emprunteur ou le vendeur doit fournir les titres de propriété du bien (acte de vente antérieur, certificat de privatisation, acte de donation ou de succession), un extrait du Registre des biens immobiliers, le passeport technique et les plans cadastraux pour les maisons, ainsi qu’un certificat d’absence d’arriérés fiscaux, lorsque cela est requis par le notaire.

Bon à savoir :

La banque exige un rapport d’expertise établi par un évaluateur agréé. Ce rapport, souvent commandable via les partenaires de la banque (aux frais de l’emprunteur), est réalisé après une visite du bien et une comparaison avec des transactions récentes. Il est désormais rédigé selon des normes internationales de valorisation.

Sur le plan pratique, ce rapport peut être commandé et payé en ligne, un rendez‑vous d’inspection étant ensuite fixé. Le délai standard de production est de l’ordre de 72 heures. L’emprunteur récupère le rapport par email ou directement dans l’agence bancaire où il dépose sa demande de prêt.

Un tableau récapitulatif permet de visualiser les principaux documents généralement demandés.

Type de documentExemples de pièces acceptées
IdentitéCarte d’identité moldave, passeport
Revenus salariés locauxAttestation de salaire (3–6 mois), relevé de compte salaire, contrat de travail
Revenus de travail à l’étrangerContrat de travail traduit, relevés de carte bancaire, déclaration fiscale le cas échéant
PensionsCarnet de pension, relevé bancaire montrant les versements
DividendesÉtats financiers de l’entreprise, procès-verbaux d’assemblée, relevés bancaires
Professions libéralesRelevés des comptes professionnels, documents comptables (notaires notamment)
Revenus locatifsContrat de location enregistré au fisc, preuves de paiements
Droits d’auteur / redevancesContrat de cession, relevés bancaires
Documents immobiliersTitre de propriété, extrait du registre immobilier, passeport technique, plan cadastral
ExpertiseRapport d’évaluation établi par un évaluateur agréé et accepté par la banque

Les banques se gardent toujours la possibilité de demander des pièces supplémentaires « si nécessaire pour l’analyse », en particulier en cas de structure de revenus complexe ou de situation patrimoniale atypique.

Spécificités des prêts en devises (EUR/USD)

Certains établissements offrent des crédits immobiliers libellés en euros ou en dollars américains. Dans ces schémas, le montant du prêt et les mensualités théoriques sont fixés en devise, mais les flux se font en lei moldave.

Le principe est le suivant : à chaque échéance, la banque prélève sur le compte courant en MDL du client une somme correspondant au montant dû en EUR ou USD, converti au taux de change interne pour les opérations scripturales, à la date de paiement. L’emprunteur doit donc alimenter son compte en lei – ou laisser la banque convertir les devises versées.

Attention :

L’emprunt en devise (euro/dollar) expose à un risque de dépréciation du leu. Si celui-ci baisse, le montant en MDL des mensualités augmente. Il est recommandé de maintenir une marge sur son compte pour absorber la volatilité quotidienne des taux de change.

En contrepartie, ces prêts sont plus adaptés aux personnes dont les revenus sont en devises (travailleurs migrants, salariés d’entreprises étrangères), car ils évitent un décalage trop important entre le revenu et la dette. Ils permettent également de profiter d’indices de référence comme l’EURIBOR ou le SOFR, parfois inférieurs aux taux internes.

Exemples concrets d’offres bancaires

Plusieurs banques présentes sur le marché moldave ont développé des gammes assez détaillées de produits immobiliers, avec parfois des campagnes promotionnelles.

Maib, par exemple, propose des crédits immobiliers pour l’achat, la construction ou la modernisation de logements, avec des montants pouvant atteindre 7 millions de lei, des durées jusqu’à 30 ans et un financement pouvant atteindre 100 % de la valeur du bien. La banque met en avant l’absence de frais mensuels de gestion et la possibilité de rembourser par anticipation sans pénalité.

Types de taux et indices de référence

Présentation des différentes structures de taux d’intérêt pour les prêts, selon la devise et l’indice de référence utilisé, incluant des exemples de marges applicables.

Taux fixe initial

Taux d’intérêt fixe appliqué sur une période initiale déterminée du prêt, offrant une prévisibilité des mensualités.

Taux variable MDL (Leu moldave)

Taux structuré autour de l’indice de la Banque nationale (ex: ~5,57%), majoré d’une marge dépendant du profil client (ex: 2,38%, 2,73%, 3,43%).

Taux variable EUR (Euro)

Taux basé sur l’EURIBOR 6 mois (ex: 2,12%), auquel s’ajoute une marge fixe (ex: 4% ou 4,5%).

Taux variable USD (Dollar US)

Taux utilisant le SOFR comme indice de référence (ex: 4,12%), avec l’application de marges similaires à celles des prêts en euros.

Victoriabank a, de son côté, proposé des offres de type taux mixte, par exemple un prêt de 750 000 MDL sur 25 ans avec un taux fixe de 7,5 % pendant les 24 premiers mois, puis un taux variable (8,82 % dans l’exemple), pour une mensualité initiale un peu inférieure à 5 550 MDL qui remonte ensuite au‑delà de 6 100 MDL.

16,99

Taux de départ pour les crédits à taux entièrement flottants, une catégorie de prêts considérée comme plus risquée.

Au‑delà des banques, certaines agences immobilières comme Acces Imobil se positionnent comme intermédiaires en proposant un accompagnement gratuit dans le choix du crédit : l’agence aide le client à comparer les offres, à rassembler les documents et à entrer en relation avec les banques partenaires.

Le programme « Prima Casă » et sa version renforcée

Pour de nombreux Moldaves, surtout les plus jeunes, la seule voie réaliste vers la propriété passe par le dispositif « Prima Casă ». Lancé en 2018 pour soutenir le marché immobilier et freiner le départ des jeunes, ce programme associe des banques commerciales et une garantie de l’État.

Bon à savoir :

La dernière version du programme a étendu son éligibilité : le prix maximum du logement est désormais de 2,5 millions de lei (contre 1 million) et la durée de remboursement maximale est portée à 30 ans (au lieu de 25). De plus, les travailleurs indépendants (avocats, artistes, chauffeurs de taxi, freelances, etc.) peuvent désormais postuler, même s’ils ne sont pas employés en Moldavie.

Un avantage majeur du dispositif est la possibilité d’obtenir un financement sans apport personnel : théoriquement, l’emprunteur peut couvrir 100 % du prix du logement par le prêt, le reste étant sécurisé par une garantie de l’État pouvant atteindre 70 % du capital restant dû, notamment pour les biens situés en dehors de la municipalité de Chișinău.

9-10

Le taux effectif annuel des prêts à taux flottant, révisé semestriellement, se situe autour de 9 à 10 %.

Pour être éligible, il faut être citoyen moldave, résident, disposer de revenus officiels, ne pas dépasser un certain âge à l’échéance (en général l’âge légal de la retraite), justifier d’au moins six mois d’activité, et respecter le ratio d’endettement maximal (les mensualités totales de crédit ne doivent pas excéder 70 % du revenu net). Une autre condition importante : le ménage ne doit pas déjà posséder un logement de plus de 50 m² de surface habitable. Les personnes disposant d’un petit logement peuvent toutefois réintégrer le programme pour acheter plus grand.

Le succès du programme est manifeste : depuis 2018, il a permis à plus de 8 000 ménages d’accéder à la propriété. Mais rapporté à l’ensemble des besoins en logement, cela reste encore modeste.

Rôle central de l’expertise immobilière

Le rapport d’évaluation est l’un des pivots du financement immobilier en Moldavie. Sans lui, pas de prêt : la banque se base sur cette estimation pour déterminer la valeur de la garantie, fixer le montant maximal finançable et parfois moduler les conditions de taux.

Bon à savoir :

Après avoir longtemps utilisé un règlement provisoire de 2003, la Moldavie, suite à l’intégration de son AGCC à l’International Valuation Standards Council, a décidé d’adopter les normes internationales. Celles-ci, traduites en roumain avec l’aide de l’ANEVAR, deviendront applicables à partir de juillet 2025.

Concrètement, cela signifie que les rapports d’expertise doivent désormais suivre un canevas beaucoup plus détaillé, incluant des analyses de marché et de contexte macroéconomique, des justifications explicites de la méthode retenue (comparaison, coût, revenu), des données de référence vérifiables et des explications sur le choix des comparables et des ajustements. Toutes les valeurs chiffrées doivent être étayées.

Bon à savoir :

La mise en œuvre des nouvelles normes entraîne des difficultés concrètes : les banques renvoient fréquemment les rapports pour des raisons formelles (section manquante, interprétation divergente), ce qui allonge le temps et augmente le coût de leur préparation. Ces retards peuvent également prolonger le délai entre la demande de crédit et la décision finale.

En parallèle, un débat technique agite le secteur sur la notion de « valeur durable à long terme » (Mortgage Lending Value), différente de la valeur de marché immédiate. L’idée est de déterminer une valeur prudente, reflétant ce qu’une banque pourrait raisonnablement récupérer en cas de réalisation de la garantie à n’importe quel moment de la vie du prêt, en tenant compte des cycles, des coûts de procédure et des risques de baisse des prix. Ce concept, déjà utilisé en Allemagne, pourrait renforcer la résilience du système de crédit mais exigerait encore plus de rigueur dans les évaluations.

Procédure d’enregistrement et sécurité juridique

Une fois la banque d’accord sur le montant, le taux et les garanties, l’opération se formalise par deux actes principaux : le contrat de vente entre le vendeur et l’acheteur, et le contrat d’hypothèque entre l’emprunteur (souvent le nouvel acquéreur) et la banque. Les deux actes doivent être authentifiés chez un notaire.

Bon à savoir :

Le notaire vérifie plusieurs éléments essentiels : l’identité et la capacité des parties, la validité des titres de propriété, l’absence de dettes fiscales ou de blocage sur le bien, la conformité de la description cadastrale, et la cohérence entre le prix et la valeur déclarée. Il s’assure également de l’accord du conjoint si le bien relève de la communauté. Parfois, les occupants sont invités à signer une reconnaissance les informant des risques de saisie et d’expulsion en cas de défaut de paiement, afin de prévenir les litiges futurs.

Après signature, l’ensemble est transmis au bureau cadastral pour enregistrement. La réception du dossier donne lieu à la date officielle d’enregistrement, même si l’examen peut prendre jusqu’à sept jours (voire quarante en cas exceptionnel). En cas d’achat financé par crédit, le registre enregistre d’abord le transfert de propriété vers l’acheteur, puis l’hypothèque en faveur de la banque.

La publicité foncière joue un rôle clé en garantissant à tous le droit de vérifier si un bien est grevé de charges. Toute personne peut consulter le registre et obtenir un extrait mentionnant les hypothèques et autres sûretés. Si une erreur dans les informations publiées cause un dommage, l’office cadastral peut voir sa responsabilité engagée.

Remboursement du crédit et gestion quotidienne

Une fois le prêt débloqué et la propriété enregistrée, l’emprunteur entre dans la phase longue : le remboursement. Les mensualités peuvent être réglées de plusieurs façons : prélèvement automatique depuis un compte courant, versement via applications mobiles, services de banque en ligne, guichets automatiques de type Cash‑In ou directement au guichet d’une agence.

Pour les prêts en lei, la mensualité est exprimée directement en MDL et calculée selon le taux et la durée. Les intérêts sont généralement calculés au jour le jour sur le capital restant dû, en utilisant une base de 365 ou 366 jours.

Attention :

Pour les prêts en devise, les mensualités sont converties en lei au cours interne de la banque le jour de l’échéance. Les emprunteurs doivent surveiller les mouvements de change pour éviter les mauvaises surprises.

La plupart des banques autorisent le remboursement anticipé, total ou partiel, sans pénalité – un point important à confirmer noir sur blanc dans le contrat, certaines exceptions pouvant exister. Cette flexibilité permet de réduire la durée résiduelle du prêt ou de diminuer la mensualité, en cas d’augmentation des revenus ou de rentrée d’argent exceptionnelle.

En cas de difficultés, un dialogue précoce avec la banque est essentiel. Les textes rappellent que l’emprunteur reste légalement responsable du remboursement et qu’il doit évaluer avec prudence sa capacité avant de signer. Mais les établissements peuvent parfois accepter un rééchelonnement, une restructuration ou un allongement de la durée pour éviter un défaut pur et simple.

Accès au crédit pour les étrangers : possibilités et limites

Du point de vue de la propriété, les étrangers peuvent acheter des logements et des biens commerciaux en zone urbaine sans restriction de nombre ou de valeur, à condition de respecter les interdictions d’acquisition de terres agricoles et forestières. Sur ce plan, les règles sont relativement libérales.

Bon à savoir :

L’accès au crédit immobilier en Moldavie est principalement réservé aux résidents avec des revenus locaux. Pour les étrangers, les banques imposent généralement des conditions strictes : un apport personnel élevé (30 à 50% du prix), des durées de prêt plus courtes et un dossier documentaire complet (passeport apostillé, numéro fiscal moldave, preuve de domicile, justificatifs de revenus du pays d’origine, etc.).

De ce fait, nombre d’investisseurs étrangers préfèrent financer leurs achats en Moldavie via des crédits contractés dans leur pays d’origine (par exemple en refinançant un bien déjà détenu), auprès de banques européennes actives dans la région, ou au comptant. Certaines banques roumaines ou européennes peuvent financer des opérations en Moldavie pour des clients déjà établis, mais cela reste une niche.

Stratégies pratiques pour maximiser ses chances

Obtenir un financement immobilier en Moldavie suppose donc de combiner une bonne préparation, une compréhension du cadre légal et une vraie prudence sur les risques de taux et de change. Quelques stratégies se dégagent clairement de l’observation du marché et des règles en vigueur.

Le premier réflexe consiste à faire un diagnostic honnête de sa capacité d’endettement, en utilisant les simulateurs des banques ou l’aide d’un conseiller. Il est déconseillé de s’approcher du seuil maximal de 70 % de revenu net, surtout dans un contexte de taux variables : une remontée de l’indice de référence peut rapidement augmenter la mensualité.

Astuce :

Avant de constituer un dossier, il est conseillé de sécuriser son emploi en obtenant un contrat à durée indéterminée (CDI). Il faut également accumuler plusieurs mois de revenus réguliers sur un compte bancaire moldave, déclarer toutes ses rémunérations de manière transparente et, si nécessaire, régulariser ses revenus provenant de la location ou d’une activité indépendante.

Le choix entre taux fixe, variable ou mixte doit être fait en tenant compte de l’environnement macroéconomique et de l’horizon de détention du bien. Un taux fixe long protège d’une remontée des taux mais peut être plus élevé au départ. Un taux mixte offre un compromis intéressant, avec une période initiale de visibilité et la possibilité de profiter ensuite d’une baisse des indices, au prix d’une incertitude.

Bon à savoir :

Pour un investissement immobilier plus sûr, il est conseillé de choisir des logements déjà mis en service et entièrement raccordés aux réseaux, plutôt que des constructions inachevées ou des projets ‘off-plan’ sans garanties solides. De plus, les banques exigent généralement que l’immeuble soit en exploitation, inscrit au registre et considéré comme liquide sur le marché pour accorder un financement.

Enfin, il ne faut pas négliger l’accompagnement professionnel : un notaire expérimenté, un avocat habitué aux transactions avec hypothèque, un agent immobilier maîtrisant la réalité des prix locaux, et éventuellement une agence spécialisée dans le conseil en crédit (comme certaines structures privées) peuvent faire gagner du temps et réduire le risque d’erreur.

En résumé

Le financement immobilier en Moldavie repose aujourd’hui sur un socle juridique relativement moderne, une offre bancaire diversifiée et des mécanismes de soutien public ciblés comme « Prima Casă ». Les conditions d’accès – revenu, stabilité professionnelle, apport, garanties – sont exigeantes mais clairement définies, et le risque est encadré par des obligations d’assurance, de valorisation indépendante et de transparence.

Bon à savoir :

L’obtention d’un crédit hypothécaire implique une charge administrative importante : accumulation de documents, échanges avec les évaluateurs et notaires, suivi des indices de référence, et gestion possible d’un crédit en devise. Pour un ménage bien préparé, discipliné et bien conseillé, ces contraintes sont surmontables et permettent l’accès à la propriété dans un marché où les prix progressent et où le crédit est souvent essentiel face à la hausse du coût du logement.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine financier déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Moldavie pour chercher du rendement locatif et une exposition à une économie en transition. Budget alloué : 200 000 à 300 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Chișinău, Bălți, zones périurbaines dynamiques), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison dans un quartier en développement de Chișinău, combinant rendement locatif brut cible de 8 à 10 % – plus le rendement est grand, plus le risque est important – et potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + travaux légers) d’environ 250 000 euros.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation et prise en charge par un réseau local (agent immobilier, avocat, fiscaliste), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou via société moldave) et définition d’un plan de diversification progressive.
Ce type d’accompagnement permet à l’investisseur de bénéficier des opportunités du marché moldave tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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