Les avantages fiscaux pour les investisseurs immobiliers en Moldavie

Publié le et rédigé par Cyril Jarnias

La Moldavie s’est imposée en quelques années comme l’un des environnements fiscaux les plus attractifs d’Europe de l’Est pour l’investissement immobilier. Entre fiscalité simple et modérée, absence de certaines taxes patrimoniales, conventions de non‑double imposition et procédures de déclaration largement digitalisées, le pays offre un cadre qui séduit autant les particuliers que les sociétés.

Bon à savoir :

L’image pro-investisseurs de la Moldavie repose sur un arsenal juridique et fiscal sophistiqué. Il est crucial de le décoder avant d’acheter un bien immobilier, qu’il s’agisse d’un appartement à Chișinău ou d’un local commercial dans une zone économique spéciale. Les avantages fiscaux sont accessibles aux investisseurs, qu’ils soient résidents ou non-résidents.

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Un environnement fiscal globalement favorable aux investisseurs

Le premier atout de la Moldavie, c’est la clarté de son cadre fiscal. Le pays applique des taux forfaitaires relativement bas, tant pour l’impôt sur le revenu des particuliers que pour l’impôt sur les sociétés. Cette simplicité réduit à la fois la facture fiscale et le coût de conformité.

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Taux unique de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés en vigueur.

Autre élément important pour les investisseurs internationaux : la Moldavie est considérée comme un État coopératif, sur « liste blanche », et non comme un paradis fiscal. Elle a signé plusieurs dizaines de conventions de non‑double imposition (entre 36 et plus de 50 selon les sources), applique les commentaires du Modèle OCDE pour interpréter ces traités et participe aux échanges d’informations fiscales. Le pays a aussi commencé à appliquer la norme commune de déclaration (CRS) pour l’échange automatique de données financières.

Ce positionnement encadré rassure les banques et les administrations étrangères, tout en permettant aux investisseurs de structurer leurs opérations de manière fiscalement optimisée, mais dans un cadre reconnu.

Une imposition des loyers particulièrement avantageuse

Pour les investisseurs immobiliers, le traitement fiscal des revenus locatifs est un élément décisif. Sur ce terrain, la Moldavie fait figure de juridiction très compétitive.

Un taux fixe réduit pour les particuliers résidents

Les particuliers résidents qui donnent un bien immobilier en location bénéficient d’un régime extrêmement simple : un taux d’impôt fixe et modéré appliqué au montant du loyer. Les textes les plus récents mentionnent un taux de 7 % sur le montant brut pour les personnes physiques non entrepreneuriales qui louent leur bien, y compris via des plateformes type Airbnb ou Booking. D’autres sources parlent d’un taux de 10 % sur le revenu net, mais le principe commun reste le même : une taxation forfaitaire bien inférieure au taux standard de 12 % et indépendante du niveau global de revenu du contribuable.

Ce système présente néanmoins une contrepartie : les particuliers ne peuvent pas, en principe, déduire les charges (entretien, réparations, amortissement). L’impôt est calculé sur le montant contractuel du loyer, ce qui simplifie au maximum les déclarations mais limite l’optimisation fine des coûts pour les petits bailleurs.

Exemple :

Pour un investisseur, le schéma d’investissement est particulièrement intéressant lorsque les frais d’exploitation restent modestes par rapport au revenu locatif. Cela concerne typiquement les appartements récents, les studios bien situés ou les locations meublées, où les charges structurantes importantes (comme les rénovations lourdes ou les mises aux normes) sont limitées.

Un taux uniforme pour les non‑résidents

Les investisseurs non résidents qui perçoivent des loyers d’un bien situé en Moldavie sont taxés sur ces seuls revenus de source moldave. Le taux applicable mentionné dans les sources est un forfait de 12 % sur le revenu locatif, souvent prélevé à la source.

Ce traitement présente un double avantage : d’une part, il reste compétitif par rapport à de nombreuses juridictions européennes où les loyers peuvent être imposés à des taux progressifs élevés ; d’autre part, il permet en général de bénéficier des crédits d’impôt prévus par les conventions de non‑double imposition signées par la Moldavie.

Articulation avec les sociétés : déduction des charges et amortissement

Lorsque les biens sont détenus par une société (moldave ou étrangère disposant d’un établissement stable en Moldavie), les revenus locatifs sont intégrés au résultat imposable au taux normal de 12 %. La différence majeure avec le régime des particuliers tient à la possibilité de déduire les charges liées à l’exploitation :

Astuce :

Plusieurs types de charges liées à un bien immobilier peuvent être déduites fiscalement. Cela inclut les dépenses d’entretien et de réparation, les frais de gestion et d’administration, l’amortissement comptable et fiscal du bâtiment, ainsi que les intérêts d’emprunt, sous réserve du respect de certaines limites prévues par la législation.

Le législateur a prévu des règles relativement souples en matière de déductibilité, à condition que les dépenses soient « ordinaires et nécessaires » à la génération de revenus imposables et correctement documentées. Depuis 2025, un mécanisme d’amortissement accéléré est même possible la première année d’utilisation de certains actifs, dans la limite de 50 % du coût d’entrée.

Pour des projets de taille moyenne à importante (immeubles de bureaux, centres commerciaux, résidences de grande surface, parc locatif diversifié), la détention via une structure sociétaire permet donc de transformer une partie de la charge fiscale en investissement amortissable et de lisser l’imposition dans le temps.

Procédures déclaratives modernisées

Les investisseurs qui louent un bien doivent déclarer leur contrat de location auprès du Serviciul Fiscal de Stat. Cette déclaration peut être faite dans un délai de sept jours après la signature du bail, notamment via la plateforme en ligne de l’administration, à condition de disposer d’une signature électronique ou mobile.

Attention :

Les impôts sur les loyers sont payés mensuellement, généralement avant le 25 du mois suivant. Le paiement peut s’effectuer via le portail gouvernemental Mpay, en banque ou au bureau de poste. Ce calendrier mensuel réduit le risque d’accumuler des arriérés importants et facilite le suivi de la trésorerie locative.

Les données publiques montrent que ce cadre a encouragé la formalisation du marché locatif : le nombre de contrats de location enregistrés a progressé de façon soutenue, avec par exemple plus de 23 000 baux recensés sur les neuf premiers mois de 2025, en hausse de près de 22 % par rapport à l’année précédente. Pour l’État, cela élargit l’assiette fiscale tout en maintenant des taux bas ; pour les investisseurs, cela renforce la sécurité juridique des contrats.

Une fiscalité des plus‑values structurée mais modérée

Autre point clé pour un investisseur immobilier : la manière dont la plus‑value à la revente est imposée. En Moldavie, il n’existe pas d’impôt distinct sur les plus‑values ; celles‑ci sont intégrées dans l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés, avec des règles de calcul qui renforcent l’attrait du marché.

Calcul de la plus‑value pour les particuliers

Pour les personnes physiques, la plus‑value imposable est calculée de manière simplifiée. La base taxable correspond à une fraction du gain brut, défini comme la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition (incluant les coûts d’achat).

Deux régimes sont évoqués dans les sources :

– dans certains cas, 50 % du gain est réputé imposable ;

– dans d’autres, la fraction retenue est de 20 % du gain.

Dans les deux hypothèses, la fraction imposable est ensuite intégrée au revenu global et soumise à l’impôt de 12 %. Le résultat effectif est une charge fiscale bien plus faible que si l’on appliquait 12 % à la totalité de la plus‑value.

Exemple :

Par exemple, un investisseur qui réalise un gain brut de 100 000 MDL (leu moldave) sur la vente d’un appartement. Ce montant représente le bénéfice avant déduction des éventuels frais ou impôts.

– si 50 % du gain est imposable, la base est de 50 000 MDL, l’impôt à 12 % est de 6 000 MDL, soit un taux effectif de 6 % du gain ;

– si seulement 20 % du gain est retenu, la base est de 20 000 MDL, l’impôt est 2 400 MDL, soit un taux effectif de 2,4 %.

Même en tenant compte d’éventuelles variations entre textes et périodes, la logique reste très avantageuse : la fiscalité réelle sur la plus‑value des particuliers est sensiblement inférieure au taux facial de 12 %.

Exonération pour la résidence principale

Un avantage supplémentaire et majeur : la plus‑value sur la cession de la résidence principale peut être totalement exonérée. Pour cela, le bien doit avoir servi de domicile (abode permanent) au propriétaire pendant au moins trois ans avant la vente, et avoir été détenu pendant cette même période.

Pour un investisseur qui s’installe en Moldavie, occupe un logement pendant quelques années puis le revend pour monter en gamme ou libérer du capital, cette exonération permet de dégager un gain net de toute imposition nationale.

Traitement des plus‑values au niveau des sociétés

Les sociétés qui cèdent des biens immobiliers intègrent leurs gains dans le résultat imposable, taxé à 12 %. Certaines sources mentionnent que seulement 20 % de la plus‑value seraient retenus pour l’assiette, ce qui alignerait le régime des sociétés sur celui des particuliers en termes d’avantage. Dans tous les cas, l’imposition sur la plus‑value reste modérée comparée à d’autres juridictions.

Bon à savoir :

Les entreprises peuvent compenser leurs gains avec des déficits fiscaux reportables sur une période de cinq ans. Ce mécanisme permet de lisser les pics de taxation, notamment lors des phases de rotation du portefeuille d’investissements.

Exonérations et opérations non reconnues

Le droit moldave prévoit plusieurs situations où le gain n’est pas reconnu fiscalement, ce qui peut faciliter certaines restructurations patrimoniales :

redistribution de biens entre époux ou ex‑époux à la suite d’un divorce ;

rachat ou échange de certains titres de dette publique par le ministère des Finances ;

non‑reconnaissance de gains liés à la vente de véhicules détenus depuis au moins trois ans.

Pour un investisseur structurant son patrimoine familial, ces exceptions réduisent le risque de voir des opérations à caractère domestique ou de neutralité économique lourdement taxées.

Des taxes foncières et patrimoniales parmi les plus basses d’Europe

L’un des grands arguments en faveur de la Moldavie pour l’investissement immobilier tient au niveau très faible de la fiscalité récurrente sur la propriété.

Une base cadastrale inférieure au marché

La taxe foncière (taxe sur les biens immobiliers) est assise en Moldavie sur la valeur cadastrale des biens, et non sur leur valeur de marché. Or, la valeur cadastrale est généralement significativement inférieure aux prix pratiqués dans les transactions. Cette sous‑évaluation légale réduit mécaniquement le montant de la taxe à payer.

Les taux applicables sont décidés chaque année par les autorités locales, dans des limites fixées par la loi nationale. Pour les résidences, le taux minimal est de 0,05 % de la base imposable ; le taux maximal, historiquement fixé à 0,4 %, a été supprimé, ce qui laisse aux communes une certaine latitude mais à partir d’un seuil déjà très bas. Pour les immeubles non résidentiels, le taux plafonné est de 0,3 %.

À titre indicatif, le tableau ci‑dessous résume ces fourchettes :

Type de bienAssiette fiscaleTaux indicatifs (plancher/plafond légal)
Résidentiel (logements)Valeur cadastrale0,05 % min – (ancien max 0,4 % supprimé)
Non résidentiel (commerces, bureaux)Valeur cadastralejusqu’à 0,3 %
Terrains agricoles avec bâtimentsValeur cadastrale0,10 % min – (ancien max 0,3 % supprimé)

Pour un appartement moyen à Chișinău, dont la valeur de marché se situe autour de 600 à 700 euros par mètre carré, la combinaison « base cadastrale réduite + taux faible » aboutit à un montant annuel de taxe foncière qui reste très modeste à l’échelle de l’investissement.

Un impôt sur la fortune très ciblé

La Moldavie ne connaît pas de taxe générale sur la fortune. Un impôt patrimonial spécifique s’applique uniquement à certains biens résidentiels de très grande valeur.

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Taux de la taxe sur les résidences haut de gamme, applicable à la valeur des immeubles dépassant un certain seuil.

Autrement dit, cet impôt touche principalement les villas, penthouses ou grands appartements de luxe, et non le parc résidentiel standard. Pour l’immense majorité des investisseurs qui visent des logements de taille moyenne ou plusieurs petites unités, il n’y a donc pas de fiscalité patrimoniale additionnelle.

Exonérations et réductions

Certaines catégories de personnes bénéficient de réductions ou d’exonérations partielles de taxe foncière : retraités, personnes en situation de handicap, familles de militaires décédés, foyers avec enfants handicapés, etc. Pour un investisseur privé, ces exemptions n’ont pas d’effet direct sauf s’il remplit lui‑même ces critères, mais elles témoignent d’une approche sociale de la fiscalité locale plutôt que punitive.

Paiement de la taxe foncière

Modalités et délais pour régler votre avis de taxe foncière envoyé par l’administration fiscale.

Délai de paiement

Le paiement doit en principe intervenir avant la date limite du 30 juin.

Moyens de paiement

Règlement possible via votre banque, à la Poste ou sur la plateforme en ligne Mpay.

Propriétaires à l’étranger

La plateforme Mpay facilite particulièrement la gestion pour les propriétaires résidant hors du pays.

Des coûts de transaction contrôlés et transparents

La fiscalité de l’investissement immobilier ne se limite pas aux impôts récurrents et aux plus‑values. Les coûts d’acquisition et de cession sont aussi déterminants pour calculer la rentabilité nette.

En Moldavie, ces coûts restent dans une fourchette raisonnable, avec des droits fixes modérés et des frais de notaire dégressifs.

Poste de coût (achat/vente)Payeur habituelFourchette approximative du coût total
Droit d’enregistrement de l’ÉtatAcheteur0,5 % du prix
Honoraires de notaireAcheteur0,1 % à 1,3 % selon la valeur
Honoraires juridiquesAcheteur0 % à 1 %
Commission d’agence immobilièreVendeur2 % à 4 % du prix
Coût total côté acheteurAcheteurenviron 0,6 % à 2,8 %
Coût total côté vendeurVendeurenviron 2 % à 4 %
Coût « aller‑retour » cumuléLes deuxenviron 2,6 % à 6,8 %

Il n’y a pas de TVA sur l’acquisition de terrains et de logements résidentiels (sauf cas particuliers, comme certaines ventes neuves). Les transactions doivent être notariées et enregistrées au registre cadastral, ce qui garantit la sécurité des titres.

Pour un investisseur étranger, ces coûts d’entrée et de sortie modérés, combinés à des droits de mutation relativement bas, soutiennent la liquidité du marché et facilitent les arbitrages de portefeuille.

Conventions de non‑double imposition : un outil clé pour les investisseurs internationaux

Lorsqu’un investisseur relève de la fiscalité d’un autre pays que la Moldavie, la question de la double imposition se pose immédiatement. La Moldavie a anticipé ce problème en signant des conventions de non‑double imposition avec un large éventail de pays, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume‑Uni, Israël, le Canada, les États‑Unis, ou encore la Roumanie.

Ces conventions reposent généralement sur le Modèle OCDE et précisent plusieurs points essentiels :

quel État a le droit de taxer les revenus tirés de l’immobilier (en principe, l’État de situation du bien) ;

comment éviter une double imposition (méthode de l’exemption ou du crédit d’impôt) ;

– quels taux réduits s’appliquent pour certains flux (dividendes, intérêts, redevances).

Bon à savoir :

Les conventions fiscales prévoient que les loyers et plus-values issus de biens immobiliers sont imposables dans le pays où se situe le bien, ici la Moldavie. Le pays de résidence de l’investisseur accorde ensuite un crédit d’impôt équivalent à l’impôt payé en Moldavie, dans la limite du montant qu’il aurait lui-même perçu sur ces revenus.

Pour bénéficier des taux conventionnels, l’investisseur doit fournir un certificat de résidence fiscale de son pays d’origine aux autorités ou au payeur moldave. Dans la pratique, cette démarche permet souvent de réduire la retenue à la source sur les dividendes versés par une société moldave détenue par un non‑résident, par exemple à 5 % voire 0 % dans certains cas, au lieu du taux interne standard de 6 %.

Zones économiques spéciales et régimes incitatifs : un levier pour l’immobilier d’entreprise

Au‑delà de l’investissement locatif résidentiel classique, la Moldavie a mis en place tout un écosystème de zones spéciales et de régimes incitatifs qui peuvent intéresser les investisseurs immobiliers tournés vers l’entreprise : entrepôts, usines, bâtiments de logistique, parcs industriels, bureaux dans des IT parks, etc.

Free Economic Zones (ZEL / FEZ)

Les sept zones économiques libres du pays, auxquelles s’ajoutent le port international de Giurgiulești et l’aéroport de Mărculești, offrent des avantages fiscaux substantiels pour les sociétés résidentes, notamment :

réduction de 50 % du taux d’impôt sur les bénéfices liés à l’exportation de biens et services hors de Moldavie ou aux opérations entre résidents de zones ;

réduction à 75 % du taux standard pour d’autres activités ;

– exonération totale d’impôt sur les bénéfices d’exportation pendant 1, 3 ou 5 ans selon le montant investi (seuils de 1, 3 et 5 millions de dollars américains).

Bon à savoir :

Les investissements dans une Zone Économique Logistique (ZEL) bénéficient d’exemptions de TVA, d’accises et de droits de douane sur les biens importés ou exportés. Pour un investisseur développant un parc logistique, industriel ou un complexe de production, la combinaison des revenus locatifs et de cette fiscalité réduite pour les locataires ou la structure d’exploitation peut générer des rendements très attractifs.

IT Parks : un cas particulier

Les IT parks, au premier rang desquels « Moldova IT Park », constituent un autre dispositif phare. Les entreprises qui y sont enregistrées paient un impôt unique de 7 % sur leur chiffre d’affaires (hors TVA), en lieu et place :

de l’impôt sur les sociétés ;

de l’impôt sur le revenu des salariés ;

des cotisations de sécurité sociale et d’assurance santé ;

– de plusieurs taxes locales, dont la taxe immobilière.

Astuce :

Pour un investisseur immobilier, l’intérêt est double. D’une part, installer un immeuble de bureaux ou un campus dans ou à proximité d’un IT park peut sécuriser une demande locative élevée de la part de sociétés bénéficiaires de ce régime fiscal avantageux. D’autre part, si la structure d’investissement opère elle-même dans un domaine éligible (développement logiciel, services IT exportés, centres d’appels…) et devient résidente du parc, l’imposition globale, y compris sur les actifs immobiliers utilisés, est drastiquement réduite.

Parcs industriels et incitations foncières

Les parcs industriels, régis par une loi spécifique, profitent d’avantages liés à la terre et aux bâtiments :

conversion facilitée de terrains agricoles en terrains industriels ;

transfert à titre gratuit ou à prix privilégié de certains biens publics ;

loyers fonciers préférentiels pour les terrains ou propriétés de l’État.

Un investisseur qui développe une plateforme industrielle de plusieurs hectares peut bénéficier, au‑delà des allègements fiscaux sur les sociétés locataires, de conditions très attractives sur le foncier lui‑même, ce qui réduit le coût total de revient des projets immobiliers.

TVA et projets immobiliers : risques et opportunités

La TVA en Moldavie est prélevée au taux standard de 20 %, avec un taux réduit de 8 % pour certains biens et services, et un taux de 0 % pour les exportations et certaines opérations spécifiques. Pour l’immobilier, plusieurs règles jouent en faveur des investisseurs, même si la matière reste technique.

Exonération sur l’achat de logements et terrains

Les acquisitions de terrains et de biens résidentiels sur le marché secondaire ne sont, en principe, pas soumises à la TVA. L’investisseur ne supporte donc pas de TVA en plus du prix de vente pour ces opérations, ce qui allège significativement le coût d’entrée par rapport à des marchés où la TVA grève les logements neufs ou certains terrains.

Bon à savoir :

Certains immeubles neufs ou commerciaux peuvent être soumis à la TVA, notamment lors de ventes directes par des développeurs assujettis. La TVA est alors facturée en supplément du prix, mais elle est récupérable pour l’acheteur si celui-ci est également assujetti à la TVA et utilise l’immeuble pour des activités taxables, comme la location soumise à TVA ou la revente.

Droit à déduction pour les projets de développement

Les autorités fiscales moldaves ont parfois contesté le droit à déduction de la TVA en amont dans des projets immobiliers en phase préliminaire (études géotechniques, plans et permis, avances sur travaux alors que le chantier n’a pas encore démarré). Cependant, la jurisprudence et la doctrine administrative récentes ont réaffirmé un principe fondamental : dès lors que les dépenses sont engagées dans le but de réaliser à terme des opérations taxables, l’investisseur a droit à la déduction de la TVA payée.

Bon à savoir :

La jurisprudence confirme que les actes préparatoires (acquisition de terrains, études, démarches administratives) d’un projet de construction sont considérés comme une activité économique taxable. Ainsi, la TVA sur ces dépenses est récupérable, même si le projet n’aboutit pas finalement. Cette position est cruciale pour les promoteurs et investisseurs institutionnels, car elle sécurise la récupération de la TVA engagée sur des budgets de développement importants.

Complexité et prudence nécessaires

La TVA reste néanmoins un domaine où l’administration exerce un contrôle pointilleux. Les investisseurs sont donc bien avisés de documenter précisément la destination taxable de leurs opérations (location commerciale, revente avec TVA, intégration dans une activité de zone économique spéciale, etc.) et de se faire assister dans la structuration. Bien maîtrisé, ce cadre permet de neutraliser en grande partie le coût de la TVA, qui n’est plus qu’un flux de trésorerie temporaire.

Un cadre protecteur pour les investisseurs étrangers

L’attractivité fiscale ne serait rien sans stabilité et protection juridique. Sur ce plan, la Moldavie a multiplié les signaux positifs à destination des investisseurs internationaux.

Les droits de propriété sont garantis par la Constitution et le Code civil, et les titres doivent être enregistrés au registre immobilier géré par l’Agence des services publics. Les biens ne peuvent être expropriés que dans des conditions strictes, avec indemnisation. Les investisseurs bénéficient aussi de la liberté de rapatrier leurs profits après acquittement des impôts dus.

Bon à savoir :

Une personne physique est considérée comme résidente fiscale si elle séjourne au moins 183 jours dans le pays ou y a son domicile, et devient alors imposable sur son revenu mondial. Les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source moldave. Pour les sociétés, la résidence fiscale dépend du lieu d’incorporation ou du lieu de direction effective.

Enfin, l’obligation de transparence sur les bénéficiaires effectifs des sociétés, l’adhésion à la norme CRS et la présence de conventions bilatérales d’investissement renforcent le cadre juridique, tout en évitant à la Moldavie l’étiquette de juridiction à risque.

Synthèse : un écosystème fiscal pensé pour l’immobilier productif

En croisant l’ensemble de ces éléments, le profil fiscal de la Moldavie pour un investisseur immobilier se dessine clairement :

Avantages fiscaux pour l’investissement immobilier en Moldavie

La Moldavie offre un cadre fiscal attractif et compétitif pour les investisseurs immobiliers, combinant des taux modérés, des régimes spécifiques et des incitations ciblées.

Impôts sur le revenu et régimes favorables

Taux nominaux modérés : 12% pour l’impôt sur le revenu et sur les sociétés. Régimes spécifiques avantageux pour les loyers des particuliers (forfait de 7 à 10%) et pour les sociétés (déductibilité des charges, amortissement).

Imposition des plus-values et taxes foncières

Imposition effective des plus-values réduite (fraction du gain imposée) avec exonération pour la résidence principale. Taxes foncières et patrimoniales parmi les plus basses d’Europe, calculées sur une base cadastrale inférieure à la valeur de marché.

Coûts de transaction et conventions internationales

Coûts de transaction raisonnables et absence de TVA sur la plupart des achats résidentiels. Large réseau de conventions de non-double imposition pour une intégration optimale dans la stratégie patrimoniale.

Régimes spéciaux et incitations économiques

Régimes spéciaux puissants (zones économiques libres, IT parks, parcs industriels) qui dopent la rentabilité des projets d’immobilier d’entreprise, bien que ne visant pas directement l’immobilier résidentiel.

Cette combinaison de fiscalité modérée, de procédures digitalisées et de sécurité juridique fait de la Moldavie un terrain de jeu particulièrement intéressant pour les investisseurs à la recherche d’un compromis entre rendement locatif, maîtrise des charges fiscales et perspectives de valorisation à moyen terme.

Attention :

Les règles fiscales moldaves, bien qu’avantageuses, sont techniques et évolutives. Avant tout investissement immobilier significatif, il est fortement recommandé de confronter le projet aux textes en vigueur et de consulter un conseil fiscal local ou le Serviciul Fiscal de Stat pour en sécuriser la pleine réussite.

Pourquoi il est préférable de me contacter ? Voilà un exemple concret :

Un chef d’entreprise français d’environ 50 ans, avec un patrimoine déjà bien structuré en Europe, souhaitait diversifier une partie de son capital dans l’immobilier résidentiel en Moldavie pour rechercher du rendement locatif et une exposition au leu moldave. Budget alloué : 200 000 à 300 000 euros, sans recours au crédit.
Après analyse de plusieurs marchés (Chișinău, Bălți, Orhei), la stratégie retenue a consisté à cibler un appartement ou une petite maison individuelle dans un quartier en développement de Chișinău, combinant un rendement locatif brut cible d’environ 8 à 10 % – en gardant à l’esprit que « plus le rendement est grand, plus le risque est important » – et un potentiel de valorisation à moyen terme, avec un ticket global (acquisition + frais + éventuels travaux) d’environ 250 000 euros.

La mission a inclus : sélection du marché et du quartier, mise en relation avec un réseau local (agent immobilier, avocat, expert fiscal moldave), choix de la structure la plus adaptée (propriété directe ou société locale) et définition d’un plan de diversification dans le temps.
Ce type d’accompagnement permet de profiter des opportunités du marché moldave tout en maîtrisant les risques juridiques, fiscaux et locatifs.

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A propos de l'auteur
Cyril Jarnias

Expert en gestion de patrimoine internationale depuis plus de 20 ans, j’accompagne mes clients dans la diversification stratégique de leur patrimoine à l’étranger, un impératif face à l’instabilité géopolitique et fiscale mondiale. Au-delà de la recherche de revenus et d’optimisation fiscale, ma mission est d’apporter des solutions concrètes, sécurisées et personnalisées. Je conseille également sur la création de sociétés à l’étranger pour renforcer l’activité professionnelle et réduire la fiscalité globale. L’expatriation, souvent liée à ces enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux, fait partie intégrante de mon accompagnement sur mesure.

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